Hunter S. Thompson Journaliste & hors la loi de William McKeen

Quatrième de couverture :

Hunter S. Thompson (1937-2005) est devenu un mythe de son vivant, comme d’autres écrivains américains avant lui – Twain, Hemingway, Mailer, Kerouac, Burroughs, Capote – avec lesquels il avait en commun cette propension peut-être typiquement américaine : transformer la littérature en spectacle et le spectacle en littérature.

Poussant cette logique jusqu’au délire, chargé d’alcool et de drogues, ne respectant que ses propres règles, se mettant lui même en scène dans des reportages épiques et férocement drôles, notamment pour le magazine Rolling Stone, il a inventé une sorte de journalisme hors-la-loi : le Gonzo.

En trois livres – le récit de sa vie avec un gang de motards (Hell’s Angels), une virée à Las Vegas à la poursuite du Rêve Américain (Las Vegas Parano) et son compte rendu au jour le jour de la campagne de réélection de Richard Nixon (Fear and Loathing : on the campaign trail ‘72) – il a donné voix et sens à l’effondrement des idéaux de la jeunesse des années 1960. Son influence sur les générations suivantes d’écrivains et de journalistes est colossale.

Une biographie de grande ampleur s’imposait, capable de faire la part entre l’homme, l’écrivain et le personnage. C’est le défi qu’a relevé William McKeen. Comme l’écrit Philippe Manœuvre dans sa préface : « Le livre que vous allez lire est captivant, fascinant, bien documenté et surtout relativement détaché. Pas facile de le rester en écrivant sur ce Hunter Thompson qui continue d’exercer une destructrice fascinante sur sa descendance. »

Et oui, ENCORE un livre sur le Dr (oui, le monsieur s’était autoproclamé Docteur en journalisme) Hunter S. Thompson. Et cette fois, nous avons le droit à une biographie !

Une biographie faite avec des mots simples, des témoignages parfois crus, dur, vrais. Pas de langage extravagant. Ce livre parle avant tout et surtout de l’homme, l’être humain, plutôt que de l’artiste. Même si les deux sont liés.

Mais me voilà encore face à un dilemme pour écrire cette article. Essayer de ne pas trop en dévoiler sur l’œuvre et sur l’homme pour vous laisser le plaisir de lire cette biographie qui s’avère être une des plus intéressante sur une personnalité de la littérature américaine. Je ne voudrai pas, en aucun cas, vous gâcher le plaisir que j’ai pris à le lire.

Mais voilà ce que j’ai appris, en faisant large.

L’homme était un « gentlemen du sud » avec ses proches, et un personnage avec le publique. Ce personnage était censé être un rebelle bourré à la cocaïne, au whisky et tirant avec son revolver à n’importe qu’elle heure du jour et de la nuit. L’homme quand à lui était très lunatique, parfois violent mais plus souvent agréable, érudit, ouvert d’esprit fidèle et directe. L’homme s’est parfois, et surtout à la fin de sa vie, fait manger par son propre personnage. Coureur de jupons invétéré. Il était un père souvent distant, un frère tout aussi distant et un fils… distant.

Hunter S. Thompson, journaliste & hors la loi… mais toujours à la recherche de ce quelque chose, du rêve américain ? De l’amour parfait et inconditionnel d’une femme ? Torturé et enfermé par le personnage qu’il s’est lui même créé et laissé enfermer avec ? À vous de vous faire votre avis. Mais ce qui est sur c’est que vous découvrirez l’homme derrière la cigarette.

Extrait :

[La première visite de Thompson dans les locaux de Rolling Stone]

Puis Hunter fit son apparition, vêtu d’une chemise hawaïenne, coiffée d’une perruque de femme blonde, mâchoires crispées sur son fume-cigarette : on aurait dit une sorte de Franklin Roosevelt pris de folie. Il portait une sacoche contenant des chapeaux, d’autres perruques, des sirènes de polices, des couteaux, des fusées éclairantes, quelque manuscrits, et maintint sur ses genoux deux cartons de bières en se vautrant sur le sofa. […]

Hunter parlait comme il écrivait. Il se mit à cracher son venin sur les avocats, les promoteurs cupides d’Aspen, les agents immobiliers, les développeurs, les stars de ciné bidon… Toute la création ou presque. […] Personne d’autre n’eut la chance de parler. « Du rock oral » dira Lombardi. […]

Jaskiers

5 réflexions sur “Hunter S. Thompson Journaliste & hors la loi de William McKeen

  1. Oui c’est l’éternel dilemme pour écrire un article sur un bouquin et comme tu le dis, en essayant de ne pas trop en dévoiler sur l’œuvre et sur l’homme pour laisser le plaisir de lire la biographie.
    Ça a l’air d’être un « bon » ce Hunter avec son « il parlait comme il écrivait » et moi j’aime bien aussi lire du « il écrit comme il parle » surtout dans ce monde frileux qui se retient au nom de je ne sais quoi…
    Ils sont « bons » tes billets si puis me permettre.
    Un bonjour blogueusement amical

    Aimé par 1 personne

    • Merci beaucoup ! Votre commentaire me touche beaucoup !
      Je crois que si vous aimer les gens qui ne tournent pas autour du pot, je vous conseil Hunter S. Thompson, il ne se retient pas, sa correspondance montre à quel point il n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait, qu’importe l’interlocuteur ! Maintenant, il serait plus difficile d’avoir des journalistes/écrivain comme ça, comme vous dite parfaitement, le monde est devenu « frileux ».
      Bonne journée à vous et merci !

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