Défense du titre de Ernest Hemingway

Quatrième de couverture :

« J’ai commencé en douceur, avec une victoire sur M. Tourgueniev. Après un entraînement intensif, j’ai envoyé M. de Maupassant au tapis. J’ai livré deux rounds contre M. Stendhal, avec un léger avantage pour moi dans le second. Mais personne ne me fera monter sur le ring pour me mesurer avec M. Tolstoï. Il faudrai que je sois devenu fou ou que je passe une fois pour toutes dans la catégorie supérieure. »

Tout Hemingway est dans ce trait ; pour lui, la passion de la littérature n’est en rien séparable de la vie aventureuse qu’il a mené, car elle tient à la fois de la boxe et de la tauromachie, de la chasse au lion et de la pêche à l’espadon. Mais sous le côté hâbleur, c’est un homme finalement plutôt ironique à l’égard de lui-même que nous livrent ces trente-huit entretiens, publiés entre 1919 et 1965 pour le compte de divers journaux américains, et qui tracent, comme en pointillé, l’autobiographie intellectuelle d’un écrivain devenu presque une légende de son vivant.

Avant de commencer cet article, j’ai trouvé dans se livre, acheté d’occasion, cette belle carte postale qui semble représenter une feria dans les rues de Pampelune. Je ne sais pas si elle appartient à l’ancien propriétaire du livre ou si le libraire qui me l’as expédié l’a mis dedans comme un petit bonus. La tauromachie était la plus grande passion d’Hemingway, ainsi que l’Espagne.

Si vous connaissez l’espagnole, pourriez vous traduire ce qu’il y a de marqué ? Merci d’avance si vous le pouvez !
L’envers de la carte postale.

L’ouvrage est relativement court, mais truffé de magnifique leçon que l’écrivain souhaitait distiller dans ses interviews, même si il détestait se faire interviewer.

L’ouvrage se concentre beaucoup sur les années 50.

J’ai choisi plusieurs extraits et phrases mais les choix ont été difficiles. Il y avait tellement de phrases magnifiques que j’avais envie de partager avec vous, mais j’ai dû me réfréner car j’espère qu’un jour vous aurez le plaisir de le lire.

Même si j’ai noté plus haut qu’il détestait les interviews, il semble vouloir partager sa passion de l’écriture, son art, l’artisanat, l’alchimie comme il le décrit souvent. Certains journalistes le disaient timide, peut-être, certains disaient qu’il rechignait de parler de ses collègues, ami(e)s ou ennemi(e)s, écrivain, cela peut s’avérer vrai. Car quand il daigne parler d’eux, des mots crus qui pour moi son une certaine preuve de décontenance envers ses connaissances. Ne sachant pas comment répondre à ces questions il attaque.

« Pour me donner des coups, la vie, le plus souvent ne m’a pas demandé mon avis » – Ernest Hemingway

En parlant d’attaque, comme écrit sur la quatrième de couverture du livre, Hemingway parle beaucoup en terme de combat, de lutte, il rapporte et s’exprime avec maintes comparaisons à la violence, physique. Ernest ne croyait pas à la psychiatrie. Un jour qu’il rencontra Ava Gardner, la célèbre actrice américaine, cette dernière lui confia qu’elle voyait un psychologue et demanda à Hemingway comment lui pouvait faire sans. Il répondit que pour lui, son psychiatre était une machine à écrire Smith-Corona (s’il vous plaît, pas de mention du virus, ceci est une vraie et bonne marque de machine à écrire).

« – La machine à écrire… elle change le plomb en or, murmura Hemingway. »

Un superbe article relate l’échange entre Hemingway et un apprenti écrivain. Ernest y donne ses méthodes, ses règles, sa vision, sa technique pour écrire. L’article se déroule comme un dialogue et est une mine d’or pour tous ceux qui s’intéressent à l’écriture et/ou s’intéressent à Hemingway et à son processus créatif.

L’article où il prédit l’attaque de Pearl Harbor

Je pense que les journalistes et lecteurs se posent encore trop de question sur Ernest Hemingway, et je crois que les réponses ne tienne qu’à une seule réponse : tout est dans l’écriture. Comme il le fait remarquer dans son discours lors de la réception de son prix Nobel : « Je suis un écrivain et je vous parle depuis trop longtemps. Plutôt que d’exprimer mes pensées à hautes voix, nous devrions toujours prendre la plume. »

Extrait 1 :

Tous les jours, à sept heures du matin, je suis au travail et je m’y tiens jusqu’au début de l’après-midi. Ma première tâche consiste à relire ce qui précède, de façon à me replonger dans le récit avant de prendre une page blanche. J’aligne les mots l’un après l’autre, avec autant de soi qu’un maçon disposant ses briques, à la main, toujours. J’ai bien essayé des techniques d’écriture rapide en repoussant à plus tard le travail de mise en forme, mais comment savoir où est la place du roman dans le chaos qui s’installe inévitablement ?

Extrait 2 :

« Le premier devoir de l’écrivain est la sincérité. Brasseur de fiction, le romancier doit puiser ses sujets dans sa propre expérience. Non pour offrir une photographie banale de la vie, sombrer dans le réalisme, mais pour faire preuve de hardiesse tout en étant fidèle à ce qu’il sait de la réalité. Être original, pour un écrivain, c’est être soi-même. »

Jaskiers

15 réflexions sur “Défense du titre de Ernest Hemingway

  1. Cette carte postale est un objet de collection. Beaucoup d’espagnols s’arracheraient les cheveux pour l’avoir. Les fêtes de San Fermin sont organisées, tous les ans, à Pamplona, dans le Pays Basque. Le mot « feria » n’a pas vraiment de synonyme en français, car il est typiquement espagnol. Malaga et Sevilla ont leurs ferias aussi. « Festivités et fêtes du 6 au 20 juillet. Grande corrida de toureaux. » L’encierro c’est quand les toureaux sont lâchés dans les rues de Pamplona et les gens courent derrière. Tout le monde est habillé en blanc et porte un foulard rouge en hommage au sang des toureaux. Hemingway était un ferveur « aficionado », contrairement à moi. Dans la « corrida » il y a des toureauxet des chevaliers qui les piquent. Néanmoins, à l' »encierro » les toureaux sont livrés à eux-mêmes. J’ai vécu pas loin de Pamplona, mais je ne suis jamais allée à un San Fermín.

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    • Je vous remercie énormément pour l’information !
      Je ne connais la corrida que par les œuvres de Hemingway, mais quand j’ai trouvé cette carte j’ai été très surpris et curieux !
      C’est sur que la Corrida n’est pas pour tous le monde, même Hemingway le dit, je n’en ai jamais vu mais après avoir lu Hemingway, je pense que je voudrai en voir au moins une pour me faire mon propre avis mais vu mon amour pour les animaux je doute d’aimer…
      En tous cas je vous remercie énormément pour votre commentaire, et je suis toujours fasciné par votre culture et votre connaissance !

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      • Cela me fait vraiment plaisir de partager ces informations avec vous. J’ai assisté à une corrida à Sevilla il y a longtemps. Je pense qu’avant de critiquer il fait le faire, au moins une fois. C’est un spectacle grandiose, même si je ne suis pas d’accord avec le principe de maltraiter le toureau. Federico García Lorca le décrit très bien dans ses poèmes. Hemingway est aussi un de mes écrivains préférés. J’ai lu mon premier livre quand j’avais 18 ans. Tard…Je sais, mais je me suis rattrapée. Jaskers, vous avez une grande culture générale et j’apprends toujours des nouvelles choses quand je lis vos articles, si bien écrits. Prenez bien soin de votre livre et de cette carte. Merci!

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    • Merci Filipa,
      j’allais moi aussi donner une explication mais j’arrive trop tard 😉 !!!
      Bravo et merci
      à l’occasion quand j’aurai le temps je raconterai mon arrivée à Pampelue en pleine fête de San Fermin, après avoir marché pendant 60 km…
      C’est un souvenir horrible et très intense !!!
      Et je crois qu’il y a 2 fête de la San Fermin dans l’année ?
      C’est une fête impressionnante, et d’une rare puissance.
      des bisous à tous à toi Seb et à Filipa !!!

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    • Hemingway est mon auteur préféré et je suis jaloux de vous ! Quand vous devez lire ses livres, vous devez reconnaître les lieux et ce doit être magique !
      Quel est votre écrivain(e) préféré ?
      Toujours très content de lire vos articles et commentaires, merci beaucoup !

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      • Difficile à choisir un… J’aime beaucoup Marguerite Duras, Hemingway, Milan Kundera, Kafka, Federico García Lorca, Luís Sepúlveda, Vargas Llosa.. Et puis il y a ceux de mon pays: Fernando Pessoa, Eça de Queiroz, Sophia de Mello Breyner… J’aime lire et je suis ravie de découvrir de nouveaux auteurs grâce à vous. 😊

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      • Je vous remercie, je vais voir si je peux trouver quelques livres des auteurs de votre pays, c’est important de s’ouvrir à d’autre culture, à des auteurs venant d’horizon différents.
        Et moi j’aime beaucoup vos poèmes et vos photos, bien sur je ne comprends pas vraiment l’espagnol ni le portugais mais, des fois, je pense pouvoir « ressentir » l’émotion ou le thème de vos poésies.
        Encore merci à vous !

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      • Oh cela me touche énormément! Je suis curieuse et communicative. Parler et écrire en plusieurs langues est un véritable plaisir, même si parfois je pense que mon vocabulaire français est assez basique. Cela fait des années que je pensais à un blog, mais je n’ai jamais osé franchir le pas. La situation actuelle m’a poussé et je suis si contente, car cela me permet de rencontrer des personnes comme vous avec qui j’apprends énormément.

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      • Votre français est excellent ! C’est très dur d’apprendre le français, la plupart des français, comme moi, font des fautes toute leurs vies. Vous parlez déjà pas mal de langue et cela est déjà impressionnant.
        Vous avez bien fais de faire ce blog, c’est super de découvrir des nouvelles personnes et de partager avec eux. Je suis ravi d’avoir des abonnés comme vous avec qui ont peux partager tellement !

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      • Oui, et j’ai trouvé que toutes les deux vous avez beaucoup de points communs. Je suis fier de vous voir toute les deux et j’espère que vous serez toujours là, d’une manière ou d’une autre pour me dire si je fais du bon travail ou non. J’aime aussi vous lire toutes les deux !
        Gros bisous à vous deux !

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