Histoire vraie et personnelle n#7 : Un message de l’inconscient ?

L’entrée dans la chambre funéraire fût la chose la plus dure.

La vue d’un corps sans vie provoque une blessure dans l’âme. Cette blessure ne se refermera pas. La douleur peut s’atténuer mais c’est tout.

Encore plus quand le corps est celui d’un proche.

L’odeur d’une de ces chambre est caractéristique. Elle s’imprimera dans votre cerveau et reviendra vous hantez des années après, au milieu de la journée ou de la nuit.

La froideur du corps après l’épreuve de l’entrée de la chambre détruit toute résistance. Vous n’êtes plus rien, bien que vous soyez le seul vivant dans cette salle. En fait, vous mourrez un peu. Quelque chose part en vous. Un peu de votre innocence enfantine, une part de ce que vous étiez se retire. Surtout car vous ne vous posiez pas les bonnes questions vous et votre proche. Les non-dits, l’affection, les secrets, tous ça resteront en vous tout en vous enlevant une partie de vous même. C’est la vie. La vie est un paradoxe, de mon point de vue.

C’est à se demander si à la vue du corps inanimé d’un être aimé ou d’un inconnu, votre propre corps, votre cerveau, votre organisme, vos cellules, se demandent « Est-ce possible ? ».

Ne me dite pas que vous n’avez pas peur de la mort. On peux faire les malins à se dire que l’on n’en a pas peur, mais je pense que quand elle vient vous chercher, quand le souffle de la vie vous ai retiré, la terreur du « et après ? » doit vous submerger. Une sorte d’attente, un temps de latence terrible, de quelque millisecondes, une antichambre avant de quitter se monde.

Votre corps a une mémoire, vous avez votre conscience, les deux sont peut-être lié par l’inconscient, je n’en sais rien, je présume juste. Cette entité s’exprime souvent sans que vous vous en rendiez compte.

La nuit, vous faite se rêve. Ou se cauchemar. Vous choisissez.

Vous rentrez encore dans cette chambre à l’odeur ténue, froide, pathétiquement décorée. Votre proche est allongé la. Rien ne bouge. Vous vous approchez doucement. Ses yeux s’ouvrent. Ses iris sont rouge. Vif. Vous vous approchez, se rouge est en faite une rose. L’être aimé ne cligne pas des yeux, il ne bouge pas il est mort. Mais ses yeux sont ouverts, ses yeux vous offrent deux rose rouges pourpres. Et vous vous réveillez.

Vous ne savez plus quand exactement vous avez fais se rêve. Une semaine ? Deux mois ? Un an après l’enterrement ?

Dans tous les cas se rêve reste avec vous. Son sens vous échappe. L’inconscient a communiqué son message, à vous de le décrypter.

Et aucune réponse ne semble être la bonne ou la mauvaise. Et vous vivez avec. Hanté.

Je crois que pour l’Homme vivant, la mort est un désert, chaque grain de sable est une question. Peut-être devrions nous pensez à la vie, la mort elle est une énigme insoluble. Pendant que l’on se pose des questions sur la mort, le sablier de notre vie s’écoule. Irrémédiablement. Le temps ne se rattrape pas, ne s’achète pas. Il est notre ennemi. Il nous soumet. Corps et âme.

Demain sera toujours un autre jour, jusqu’à ce que le sablier se vide.

Vivons.

Jaskiers

20 réflexions sur “Histoire vraie et personnelle n#7 : Un message de l’inconscient ?

  1. Hi,
    I have first-hand experience, it was interesting that at the end, everything was suddenly calm, quiet, warm, if it weren’t for my girlfriend’s voice calling me and I came back, I wouldn’t even defend myself, I didn’t have a place at the end of the tunnel fear, or I didn’t feel resistance, it was something … like another level, the only thing that bothered me at the moment was that I wouldn’t see my loved ones, it wasn’t something we should be afraid of, there was definitely SOMETHING!
    Keep up the good work, I like to read your articles, even if only translated, unfortunately I don’t speak French, my daughter is learning in high school 🙂 Still … it’s worth living, loving, trying everything … that is, if you are not going to rob a bank 🙂 See you later!

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    • Hello Poet !
      I never have had a near death experience and it’s enlightening to read yours.
      Just reading your comment terrify me, you were just living your life and that accident almost took you away, a blink of eyes and your whole life change.
      Yes life is worth living, but We don’t grasp the preciousness of life unless you’re confronted to death. Like you for exemple. It’s important to read you’r comment, you’r experience and see that you have still love for life.
      Thank you for sharing and thank for you’r nice words !

      Aimé par 2 personnes

    • Bonsoir à vous,
      C’est se ressenti que je voulais partager. Malheureusement, je l’ai affronté deux fois et il est très dur à digérer.
      Je ne crois plus à ce mot de « deuil », il ne termine jamais. Il n’a pas de sens pour moi maintenant. À trop y réfléchir je fini dans ce foutu désert.
      Merci pour votre commentaire !

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  2. Bonjour Seb,
    Merci pour ton témoignage et je te félicite de nous le livrer avec autant de sincérité.
    C’est un fait, la vision de la mort dans la chair d’êtres aimés nous est presque surnaturelle, tellement nous ne vivons et ne savons vivre qu’à distance et loin, loin de l’image ou de l’idée même de la mort.
    La première fois que j’ai vu un mort, c’était ma grand-mère bien- aimée, que j’aime pour l’éternité mon âme. Sans elle je ne serait rien. Son amour m’a apporté le goût de vivre et de supporter toute mon enfance.
    Et pourtant, le jour où elle est morte, j’ai ressenti le plus grand soulagement. Elle ne souffrait plus.
    Je suis allée la voir. j’étais très impressionnée, parce que la vue d’un mort est toujours très impressionnante. Nous ne travaillons pas dans l’univers funéraire et croiserons au final bien peu la vue d’un mort gisant sur sa table de présentation ultime.
    Il me reste tout de même de cet amour très vivace encore, le souvenir brûlant de sa voie, de son regard, de son sourire, de son immense bienveillance, c’est mon héritage : tout son amour.
    il est éternel, à preuve, j’en ressens chaque jour les bénéfices, je sens son ombre généreuse ployer au dessus de mon cœur, de ma tête, de ma vie… elle est partout, peut-être parce que je le veux, peut-être aussi parce que tout ce que je ressens est réel…qui sait ?
    Je te remercie Seb , tu partages ce souvenir douloureux, et dans ton cas, il est doublement douloureux. Le temps n’efface pas les non-dits, l’insupportable absence, le désert des mots, des gestes, de la voix et des regards. Mais ceux que nous avons aimé se tiennent là, bien droits dans nos cœurs, ils sont pour chacun de nous comme des tuteurs en dedans, et contribuent à faire fleurir le rosier ardent que nous avons besoin de continuer d’être, en honorant la vie qui coule en nos veines.

    je t’embrasse très fort Seb.
    Corinne

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    • Merci pour se magnifique commentaire, surtout qu’en se moment les choses sont un peu difficile pour moi (et sûrement pour toi aussi…).
      Le soucis pour moi c’est la « marque » qu’ont laissé ces morts. Je ne comprends juste pas même si je sais que la mort fait partie de la vie. Avec se problème de la mort vient le problème du « deuil » que je ne comprend pas non plus, malgré le temps passé.
      J’aimerai ressentir comme toi l’amour et le soutien d’un proche disparu mais de mon côté, sois je ne le ressens pas ou je ne veux pas le ressentir, car au final, même depuis tous ce temps, je n’accepte pas leurs disparitions. Le déni fait parti de la première phase d’un deuil je crois, mais elle dure pour moi depuis des années.
      J’espère un jour être en paix avec tous ça, merci pour tes mots et ton expérience. Désolé de ta perte.
      J’espère que tu va bien et je t’embrasse aussi !

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      • Quand j’ai compris le sens de Maladie d’Alzeihmer, j’ai sombré dans un immense chagrin. J’allais la perdre à petits feux. Elle allais m’oublier, elle allait oublier notre amour.
        Alors je me suis beaucoup occupée d’elle, j’ai pris soin des derniers petits tisons vivants de notre amour. Et puis elle a sombré totalement dans la maladie. cela a duré 7 ans. C’est horrible d’aller voir une personne que l’on aime plus que soi, et qui est gisante, comme un légume, alimentée pr un tube qui passe dans le ventre. 7 ans.
        C’est pourquoi le jour où j’ai appris sa mort, j’étais heureuse, enfin les portes de sa nouvelle vie s’ouvrait loin des tourments de la maladie. Pour ne pas sombrer je me suis rapprochée d’un groupe bouddhiste. J’ai découvert quelque chose de fondamental, la mort est constitutive de la vie, l’une et l’autre s’épousent, nous n’avons pas le choix, il faut le comprendre et l’accepter Sion nous nous condamnons à la souffrance, à l’incompréhension, aux tourments. Je suis restée dans cette philosophie le temps que j’en ai eu besoin, et vraiment cela m’a ouvert les yeux sur ce chagrin. À cette époque là je lisais es livres d’auteurs chinois ou japonais, et c’est là que j’ai aussi découvert que les asiatiques pratiquent naturellement un culte des morts. Ils les aiment dans la continuité, les honorent quotidiennement, les font participer aux évènements familiaux au travers d rituels, de prières…Et bien depuis, dans mon cœur et dans mon esprit, je vis avec une sorte de petit autel virtuel, où je trouve la photo des êtres que j’aime et qui sont partis, je couvre cet autel de fleurs, d’encens, de pièces d’or, d’oranges juteuses…
        Et cet autel fictif m’aide beaucoup, je puise beaucoup de ma force en lui, j’ai décidé que je ne suis jamais seule et que tous ces êtres si vivants en moi , vivent avec moi 😉
        Je te parle de quelque chose de complètement surréaliste et de très personnel, j’espère que cela ne te choquera pas.
        Tu verras, tu finiras par être en paix avec tout cela, c’est sûr, en te libérant, tu les libèrera aussi. De là-haut, ils veillent déjà sur toi.

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      • Non non tu me choque pas au contraire. J’ai pas souvent l’occasion de parler de deuil, parce que je reste renfermé sur moi à ce propos, et m’écrire sur ton « expérience » à toi sa m’aide à comprendre et voir un autre point de vu, le point de vu de quelqu’un qui a fait un deuil.
        Ce qui m’empêche de le faire, c’est aussi que je me demande pourquoi je suis en vie, alors qu’eux sont partis si jeune, notamment mon frère.
        D’un côté, Alzeihmer est une maladie tellement cruelle, j’espère ne jamais voir un proche en souffrir, ce doit être terrible.
        As tu mise du temps à « comprendre », à trouver ce qui te laisserai aller de l’avant ?
        En tous cas merci de prendre du temps pour échanger avec moi sur ce sujet. J’espère un jour pouvoir faire la paix avec la mort.

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      • Je prends le temps de réfléchir à ta question et j’y reviendrai demain avec plaisir.
        J’aime aborder ce genre de sujet, il est capital.
        Je vais te livrer une phrase de Luc Ferry, l’ancien ministre philisophe.
        Il disait » la philosophie n’existe que pour nous faire accepter notre condition de mortels. »
        J’aime cette phrase.
        Et fort heureusement il existe de nombreuses philosophie.
        Il faut essayer de trouver celle qui saura nous faire accepter notre condition de mortels et par conséquence, la mort.
        Je t’embrasse fort
        À bientôt Seb.
        Co

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  3. Je reviens à notre échange, je crois que j’ai cessé de souffrir le jour où j’ai vraiment accepté sincèrement, et pleinement l’idée de la mort. J’avais décidé que ma grand-mère était immortelle, parce que je le voulais, et parce qu’elle était indispensable à ma vie. Je me leurrais, ma croyance reposait sur une folie pure…
    La vie est finitude, nul n’en connait ni l’heure ni le protocole.
    C’est terrifiant mais c’est une vérité qu’il faut entendre et accepter.
    Cela rend la vie encore plus appréciable et moins infernale. D’où l’importance d’apprécier le temps présent, de ne pas vivre dans le passé, et ne pas avoir la tête trop dans le futur…
    Des bisous Seb

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    • C’est bizarre que tu me parles de ta grand-mère, car la mienne est actuellement hospitalisée…
      Le plus gros problème, tu le dis, la vie a une fin, mais c’est terrifiant de voir quelqu’un partir et de rester en vie, là à se poser des questions sur l’après, sur le sens de tous ça. Je suis content que tu ai pu trouver la paix, d’avoir une preuve qu’on peux avancer, mais j’ai encore du chemin pour comprendre le sens du mot « deuil », un dictionnaire donne une définition, j’en ai parlé dans mon enfance à des professionnels, mais toujours de la colère, je marche encore sur ce chemin.
      Merci beaucoup de prendre le temps de parler avec moi sur ce sujet.
      Gros bisous à toi !

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      • Pour la colère, que je connais aussi très bien…
        il y a un livre qui peut t’aider, La colère de Tich Nath Hanh

        La colère quand tu décides que c’est une émotion qui mérite d’être respectée tu la voit autrement. C’est une énergie formidable, j’ai appris quand je la voyais arriver et monter en moi, à l’accueillir en conscience et à cet instant je réduisais l’incendie de moitié et plus si je me recentrais bien !

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  4. Quelle claque ton récit. Tu fais preuve d’une sincérité, d’une justesse dans le choix des mots qui permet réellement d’être secoué et traversé par un tas d’émotions. Franchement, un grand bravo. La mort de nos proches est un sujet sensible et tabou.. et tu réussis avec brio à en parler. Bravo bravo bravo. Quel courage.
    Prends soin de toi

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