Caryl Chessman, un écrivain dans le couloir de la mort | Innocent ?

Caryl Chessman était dans le couloir de la mort quand il écrivit Cell 2454 qui eu un important succès, succès qui l’aida à plaider sa cause. À clamer son innocence. Et a se battre contre la Justice américaine pendant plus d’une décennie.

Car Caryl était accusé d’être le tueur en série appelé Le bandit à la lanterne rouge, The Red Light Bandit, surnommé ainsi car le tueur agressait ses victimes dans des lieux isolés et sombres, utilisant une lumière rouge sur sa voiture, imitant celles de la police, pour les appréhender.

Chessman capturé, condamné pour une série d’agressions sexuels qu’il niera jusqu’à sa mort. Condamné à la peine capitale, la chaise électrique, il écrira pour se défendre. Il se proclame innocent et écrit sur la difficulté de se battre contre la justice américaine.

Il mourut dans une chambre à gaz, après bien des reports et une lutte acharnée contre la justice.

Dix minutes après son exécution, le téléphone sonne. C’était pour annoncer que Caryl Chessman bénéficiait d’un nouveau report.

On blâmera cette erreur sur une greffière s’étant trompé d’un chiffre dans le numéro d’identification administratif de la prison de Saint-Quentin lors de l’appel. Bien sur, cela déclenchera les théories du complot.

Peut-être était-ce un mensonge délibéré ou à moitié faux, peut-être l’état de Californie voulait en finir avec cette rocambolesque histoire et mettre Caryl et l’histoire du The Red Light Bandit derrière lui. Chessman devenus influent et dont la cause a fais le tour du monde était devenu gênant pour la Californie et dangereux pour le système pénal américain en place à l’époque.

Voici trois de ses 3 ouvrages majeurs:

Cellule 2455 – Autobiographie romancée et essais sur son combat contre la justice américaine et pamphlet contre la peine de mort.

À travers les barreaux – Autobiographie qui reprend directement la suite du précédent ouvrage.

Face à la justice – pamphlet contre l’injuste système carcéral américain et dernière autobiographie.

Un autre ouvrage de lui existe : This kid was a killer. Après avoir lu des avis sur internet, j’ai décidé de ne pas prendre se livre. Il s’agit d’un roman écrits dans le couloir de la mort.

Ces 3 ouvrages sont les principaux et les plus intéressants de Caryl Chessman.

Cellule 2455 Couloir de la Mort

Pas de quatrième de couverture

Passons donc tout de suite à mon ressenti.

La narration, la manière d’agencer son livre est déroutante, surprenante et il faut l’avouer, efficace.

Il commence le récit de sa jeunesse, la première partie du livre, en écrivant une nouvelle. Dans se récit, il se nomme Witt.

Tout commencé pour le mieux pour le jeune Witt, avant qu’une maladie et les aléas de la vie ne déstabilise son jeune psyché.

Voles, agressions, cambriolages. Direction le centre de redressement. École de la criminalité.

Je vais partager avec vous la dernière page de la nouvelle. Ce n’est pas vraiment un spoiler, juste qu’il affirme que cette nouvelle était bien autobiographique.

Extrait :

L’exécution de l’homme de la cellule 2455 ne prouvera rien, excepté qu’il sera mort. Que prouvera cette mort ?

Le problème du crime et des criminels ne disparaîtra pas avec lui. La société peut le détruire, lui et ses semblables, mais le crime existera toujours, il y aura encore et toujours des criminels.

La vengeance de la société est une inutilité humiliante.

L’auteur de ce livre le sait.

Car c’est lui l’homme de la cellule 2455.

Ceci est son histoire, racontée par lui-même, cependant qu’il attend encore que le bourreau frappe à sa porte.

Puis suit une petite partie sur une réflexion de Chessman sur la délinquance juvénile et le système de justice américaine de l’époque.

Extrait :

Un jour prochain, je marcherai vers la chambre d’exécution. Si cela arrive, ne seriez-vous pas tenté de penser : « Par la grâce de Dieu, cet homme, c’est moi »?

Ne vous trompez pas. Je ne nie pas les fautes que j’ai commises. Je ne blâme que moi-même et j’accepte la pleine responsabilité de mes actes. Je sais que ce qui m’arrive ne vous arrivera probablement jamais. Lorsque je serai mort, vous aurez encore le droit de dire : « Il l’a voulu, on l’a assez souvent averti, mais il n’a pas voulu écouter. Il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. »

Ainsi soit-il. Je suis prêt à me trouver face à face avec la mort et à accepter ce jugement commode.

Mais je veux essayer d’abord de vous ouvrir les yeux et de vous prouver que les histoires qui entourent le problème du crime, comme d’un brouillard mortel, sont mensongères et dangereuses.

Le livre, après cet « intermède » prends une tournure totalement autobiographique, utilisant son vrai nom, il narre son histoire, ses crimes, des braquages et des courses poursuites folles avec la police. Le récit est palpitant. Je lis le livre d’un criminel, et ce dernier est un très bon écrivain. Je ne peux m’arrêter de tourner les pages. C’est un polar, ou presque car les événements qu’il narre sont vrais. Parfois, il coupe son récit pour revenir sur le système carcéral, on y apprend que dans notre esprit cartésien, il y a une raison à tout. On vole car on a besoin d’argent. Sauf que Caryl Chessman avoue, même si il a une raison, que les explications qu’il avance pour ses crimes ne convainc personne. L’homme veut garder une part de mystère, semble-t-il.

Il est de toute façon très intéressant de lire les aventures d’un truand, écrit avec talent par ce dernier. Car l’auteur aime écrire. C’en est presque gênant d’avouer que l’on apprécie le récit d’un criminel, ses mots, sa prose.

Extrait:

Oui, je désire écrire, et je le désire désespérément. Mais je refuse d’écrire des bêtises, ou de me courber devant une hypocrisie bigote et stupide. Un écrivain doit avoir la foi. Il doit croire en autre chose qu’en cette réalité dure, terrible et finale qui s’appelle la jungle. Il droit croire en sa propre force, pour pouvoir survivre dans cette jungle. Il doit se sentir libre.

Extrait éclatant et palpitant digne d’un roman :

Les copains et moi avions un besoin urgent d’argent. En une nuit, nous cambriolâmes sept ou huit maison, l’une après l’autre. Pour la plupart des magasins de liqueurs, des postes d’essences. Tout marchait comme sur des roulettes, jusqu’au jour où la police nous prit en flagrant délit. Des balles sifflèrent. Tuffy, refusant obstinément de quitter les lieux avant d’avoir le fric, ne revient vers la voiture que quinze secondes après mon coup de klaxon avertisseur. Les policiers eurent tout le loisir de se mettre en position de tir. Ils voulaient nous montrer qu’ils étaient les plus forts. Pourtant, nous nous en tirâmes à ce moment-là sans trop de casse. Une balle solitaire vint frapper le toit de la voiture.

– je crois que j’arriverai à les semer, dis-je. Sinon, casse la fenêtre arrière et on renverra ces salopards d’où ils viennent.

Je pris tous les virages à la corde et j’étais sur le point de prendre une avance sérieuse lorsque soudain, sur le pavé gras, un de nos pneus avant creva. La Ford fit une embardée. J’entendis un déclic et le volant se mit à vibrer dans mes mains.

Caryl ne souhaite pas retourner dans le droit chemin. Il appel la société la « jungle », les soucis d’argents semblent être son excuse pour commettre des crimes. Mais il avoue aimer les commettre. Il se dit presque obligé d’avoir dû faire ces crimes. Il blâme la société, incapable de remettre les jeunes délinquants dans le droit chemin.

Extrait :

L’avenir ne peut pas être bâti sur la violence, sur la haine et sur la férocité humaine. Avant de construire un avenir, l’homme doit avoir la certitude que la lutte engagée a un but, qu’elle conduit vers une paix certaine, vers une paix qui a un sens et dans laquelle l’homme peut vivre une existence utile et constructive, sans menaces et sans haines et sans discordes. Mais une paix pareille n’existe que dans l’imagination. En réalité, c’est la jungle qui existe. Et quelle jungle !

Plusieurs séjours en prison, une idée folle lui vient lors de l’un de ses séjours. Tuer de ses propres mains Adolf Hitler pour rentrer dans l’histoire. Il s’évade (une énièmes fois) pour essayer de mener à bien son projet impossible.

Bien sur ce projet ne réussira pas du tous. Et l’emmènera en enfer.

Il est retrouvé et arrêté après de nombreux crimes. Les policiers trouvent des objets ressemblant à ceux utilisé par « le tueur à la lanterne ». Il clame avoir été violenté par la police pour le pousser à avouer les crimes du Serial Killer.

Extrait :

Cette prétendue confession n’avait été faite qu’oralement. Je maintiens encore aujourd’hui qu’elle m’a été extorquée de force. Je maintiens qu’on m’a battu férocement et qu’on m’a traité comme il n’est pas permis de traiter un être humain. J’invite toutes les polices du monde à me soumettre à un sérum de vérité. Si ce test montre que j’ai menti en ce qui concerne les mauvais traitements, j’abandonne volontairement toutes les possibilités qui me reste pour sauver ma vie, je retire toutes mes plaintes et je cesse toute activité légale. Les policiers qui sont venus témoigner à mon procès ont nié bien entendue avoir obtenue mes aveux par des moyens illégaux, mais, moi, je jure que je dis la vérité. Je répète que je suis persuadé que le président du tribunal ignorait que ces aveux avaient été obtenus en violation de la Constitution. Mais je maintiens ma plainte. Depuis mon arrestation, je n’ai cessé de réclamer l’épreuve du sérum de vérité en ce qui concerne mon innocence ou ma culpabilité des crimes dont on m’accuse, mais on le l’a toujours refusée. Si jamais on me fait subir cette épreuve, j’exige qu’on le pose deux questions : si oui ou non j’ai été maltraité lors de mon arrestations, et si oui ou non je suis le « bandit à la lanterne rouge ». Si le test révèle que j’ai menti sans scrupules et que j’ai par conséquent commis les crimes pour lesquels j’attends la mort, alors j’abandonne la lutte…

Suit un procès médiatique, il se défend seul. Après de mauvaises décisions, il est jugé coupable de plusieurs crimes, est condamner à mort dans une chambre à gaz.

Il ne s’avoue pas vaincu et se bat contre un système judiciaire qui semble vouloir lui mettre des bâtons dans les roues.

Utilisant plus de 12 années de prison et ses expériences personnelles et ceux d’autres criminels, il pose la question de la place du jeune délinquant en difficulté et de la punition approprié. Humilier ? Respecter ? Ferme ? Compréhensif ? Sanctionner ? Pour lui le problème du crime vient de la société. Elle punie, mal, sans voir plus loin. La prison est la punition. Mais qu’apprend le délinquant en prison ? Pourquoi mettre un délinquant avec des criminels endurcis et penser qu’il en sortira assagi ?

Son récit est « vieux », plus de 60 ans, mais la question de la prison et de la réinsertion des prisonniers reste d’actualité. Autant en France qu’en Amérique.

Son récit inclut aussi ce que nous pensons au fur et à mesure de la lecture, Chessman était intelligent, il avait un talent certain pour l’écriture par exemple. Ses résultats scolaires étaient très bon avant qu’il ne rentre dans une vie de crime. Nous pourrions penser qu’il avait des regrets à ce propos mais pas vraiment. Un directeur de prison le lui dira, Chessman fataliste ou trop égoïste et fier de ses méfaits utilisa son intelligence pour commettre des crimes. Diagnostiqué psychopathe, il utilisera ce terme comme explication de ses actes criminels, de son passé plutôt que de réfléchir sur ce qu’aurait pu être sa vie. « Avec des Si on refait le monde » comme on le dit en France.

Extrait :

Le même argument revenait toujours comme un leitmotiv : je devais être coupable. Pourquoi ? Parce qu’en ces temps modernes, les tribunaux fonctionnent de telle manière qu’il est impossible, n’est-ce pas ? de condamner à mort un innocent. Il y avait donc un élément d’audace et d’immoralité scandaleuses dans mes protestations d’innocence. J’étais sûrement coupable, puisque j’avais été condamné. J’aurai dû pleurer de remords et passer mon temps à demander pardon, afin que nul n’en ignore.

L’innocence n’est pas un avantage si le fait de la clamer est considéré comme une impertinence.

Lors de ma lecture, apprenant que l’auteur était intelligent et souffrait de psychopathie, j’ai pris mes distances sur sa défense. Il sait séduire, manipuler. Il sait aussi très bien utiliser sa plume. De là à penser qu’il est le Bandit à la lanterne rouge, j’ai des doutes mais je pense qu’il savait qui était le bandit. Il n’a jamais voulu le dire à la police pour protéger sa famille, il ne « balance » jamais. Cela lui a sûrement coûté la vie. Ça et se battre seul contre le système judiciaire américain.

Ses arguments contre la peine de mort et son combat contre elle sont importants à lire. Je suis d’accord, la peine de mort n’arrange rien. Il est intéressant de lire un de ces hommes condamnés à mort en parler.

À travers les barreaux

Quatrième de couverture :

« Vous mourez seul, mais on vous regarde mourir.

« Une mort rituelle, laide et dépourvue de signification.

« Ils vous font entrer dans la chambre aux huit murs verts et vous garrotent sur l’une de ses chaises métalliques à dossier droit.

« Puis ils s’en vont, en scellant la porte derrière eux. Déclenché, le gaz mortel monte en spirale avides de trouver vos poumons.

« Vous aspirez les exhalations incolores et fatales. L’univers se désintègre sans bruit. C’est seulement pendant un instant affreux que vous planez en liberté : un vague noire, épaisse et sans appel a tôt fait de vous engouffrer.

« Ensuite… Quoi ?

« Un ciel improbable ?

« Ou simplement l’oubli ?

« Bientôt tu le sauras. Après de longues, de brutales années de bataille pour survivre, tes jours tirent à leur fin. »

Caryl Chessman

Cellule 2455

La cour suprême ordonne la révision du procès de Caryl Chessman

Washington, 11 juin (U.P.).

« La Cour suprême des États-Unis a ordonné hier lundi la révision du procès de Caryl Chessman, le condamné à mort de San Francisco, dont le roman, « Cellule 2455, couloir de la mort », a été un best-seller dans le monde entier. La Cour suprême a reconnu que le compte rendu de son procès contenait des faits volontairement déformés. »

Chessman avait été condamné en 1948 pour dix-sept cas d’enlèvements, de vols et crimes sadiques. Il avait fait l’objet d’une double condamnation à mort à laquelle s’ajoutaient quinze ans de reclusion.

Caryl Chessman a été exécuté le 2 mai 1960

À travers les barreaux est la suite directe de Cellule 2455 (ou Cell 2455). Si la première partie de l’article vous a donné envie de lire l’histoire de Caryl Chessman, ne continuez pas la lecture de cet article.

Caryl reprend son récit, il est à l’aube de rentrer dans la chambre à gaz quand son livre est publié est déclenche un phénomène d’intérêt international. Il se voit obtenir un sursit de quelques mois.

Des écrivains, des religieux et des personnes de tous bords se mettent à le soutenir. Certains médias, surtout papier, se mêlent à l’histoire.

Il y a bien évidement ceux qui veulent l’exécution de Chessman et s’acharnent, des journaliste et hommes politiques principalement.

Le livre est écrit sur le mince fil de vie sur lequel Chessman marche. Grâce à son livre, son histoire, la criminalité et le couloir de la mort sont passé aux premiers rangs des sujets de préoccupation de la population américaine et même mondiale.

Jamais vous ne lirez de tel livre que ceux de Chessman. Car il écrit pour sauver sa peau ! Sa plume a réussi à lui donner une plus ample marge de manœuvre. Certaines personnes, bien sur, diront qu’il a manipulé là son monde pour sortir de l’impasse dans lequel il s’était retrouvé.

Le livre suit le décompte des jours jusqu’à sa prochaine exécutions, titres, articles et lettres à l’appuie. Jusqu’au sacro-saint report d’exécution.

Dans sa lutte, il n’est plus seul. Il a maintenant une femme, Frances et les deux enfants de cette dernière. Grâce à l’argent du premier livre, il a deux avocats et l’attention des journalistes. Mais plus que tout, l’écriture et son potentiel rôle de père de famille sont ce qui le fait tenir.

En fait, c’est Claude Gueux, sauf que le condamner EST l’écrivain et que l’écrivain n’a tué personne et demande un nouveau procès équitable.

Caryl émet comme hypothèse d’avenir qu’en cas de liberation, il continuerai à écrire et se porterai comme « cobaye » pour étudier comment un enfant ayant grandi dans un foyer « normal » puisse devenir un criminel.

Il ajoute, comme dans son premier ouvrage, que l’écriture et son nouveau statu d’écrivain lui on permit de se délivrer et de continuer à combattre. Écrire était cathartique. Dire qu’il a écris tous ses ouvrages dans une cellule d’un couloir de la mort déclenche en nous, et en lui, un sentiment dithyrambique. Le couloir de la mort l’a-t-il aidé à réaliser qui il était vraiment, qui il aurait pu être et la dimension de ses crimes (excluant meurtres et viols dont il se proclame innocent) ? Le problème, c’est que dans l’écrasante majorité des cas, le couloir de la mort mène… à la mort. Le criminel condamné à la peine capitale n’a aucun moyen de prouver à la société qu’il a changé, qu’il s’est repenti. Il n’est là que pour mourrir. Quand bien même l’État libérerait un détenu ou lui infligerait une peine moins dure, qu’est ce qui prouverait que le criminel repenti n’est pas manipulé son monde pour sortir et recommencer ses méfaits ?

Dans son récit, il n’oublie pas ces autres criminels avec qui il vit et ceux qu’il voit passer devant sa cellule pour aller mourrir dans la chambre à gaz.

Il se lance ensuite dans une analyse du système judiciaire américain de l’époque et de ses failles. De l’injustice flagrante qu’un criminel riche puisse se défendre beaucoup plus efficacement qu’un criminel pauvre. Il analyse avec les connaissances du système judiciaire glanées après des années de crimes et de déboires avec la justice les failles du système. Bien que le récit soit daté, il n’en reste pas moins intéressant de voir que certaines tares concernant la justice et son fonctionnement restent cruellement d’actualité. Et quand la politique et les médias s’en mêle, la justice, la sentence peut s’en trouver influencée. Pour le pire ou pour le meilleur, cela dépend de quel côté nous nous trouvons.

Le condamner Chessman dresse le portrait des différents « types » de criminels présent dans le couloir de la mort. Donnant des exemples de nombreux détenus qu’il a eu l’occasion de croiser.

Il s’attaque ensuite amplement à décrire comment l’écriture l’a amener à continuer le combat ainsi que la lecture d’ouvrages de Droit. Il expose ainsi ses propres théories, très interessante au demeurant, sur comment un procureur et un tribunal conçoivent un procès. Il est épineux, pour moi, sans aucune connaissance du Droit de trop écrire sur ce passage dans cet article.

Toujours est-il que même durant la rédaction de se livre, Caryl est encore dans le couloir de la mort et se bat. Il écrit et travail pendant des dizaines d’heures chaque jour, tout en prenant le temps d’aider, de conseiller et parfois de sauver, des détenus condamner à mort à la suite d’un procès ou d’une défense bâclée.

Il est dommage que Caryl Chessman ai été exécuté. Bien qu’il ai commis des crimes, je pense que ses réflexions et son intellect aurait pu être grandement utile. J’aurai aimé avoir son opinion sur le « phénomène » des tueurs en série car à l’époque où il écrit, ces tueurs ne sont pas « légion », du moins Caryl ne les mentionnes pas. Logique car le terme sera crée des décennies plus tard par un agent spécial de FBI.

Quel aurait été son opinion sur la fascination qu’exercent ces tueurs sur une partie de la population ? Qu’aurait-il dis au sujet des médias et de leurs couvertures sensationnalistes à l’extrême ? Comment aurait-il analysé, lui, le pourquoi et le comment de l’existence de tels criminels ?

Certaines réponses à ces questions sont ébauchées mais l’époque n’était pas encore à la psychanalyse criminelle et aux « profilers ». Il reste néanmoins étonnant de lucidité, propre aux grands écrivains. Suivant cette logique de l’époque, l’homosexualité était malheureusement considéré comme un crime, une maladie psychiatrique quand ce n’était pas une possession démoniaque. Caryl expose, de manière un peu bancale, que Oscar Wilde et Gide étaient homosexuels et n’avaient jamais causés de tords à quiconque mais ont payé de leurs libertés leur orientation sexuelle. Ces deux artistes à part, sa réflexion et un peu maigre, elle sent encore une certaine homophobie , homophobie qui a l’époque, comme noté précédemment, était la « norme ». Le manque d’éducation, la religion et les tabous de l’époque (ect…) étaient la cause de cette homophobie. Il est courageux de la part de Caryl de parler d’homosexualité dans son livre, considéré par énormément de personne comme une personne à abattre, il prend le risque de défendre la cause homosexuelle, de manière maladroite certes, bien que les gens l’attendent au tournant et que ces derniers sont ostensiblement homophobes et racistes.

Le livre se termine sur un hypothétique « Quand vous lirez se livre je serai peut-être déjà mort. »

Extrait :

Mon message aux jeunes en difficulté, le voici : le crime est une sale affaire. Sors-en ! Il n’y a aucun prestige à tirer de la prison, aucun prestige à ce qu’on vous casse la tête, aucun à finir dans le Couloir de la Mort. Bien sûr, je sais ce qu’il en est des provocations, des sermons, des coups de gueule et des passages à tabac dans les arrières-salles des commissariats. Mais il ne faut pas être une bille. Il ne faut pas gaspiller sa vie. Ça ne vaut pas le coup.

Que je vive ou que je meure, j’espérais fervemment que le récit de mes épreuves et de mes expériences, joint à ce j’ai appris des unes comme des autres, contribuerait en fin de compte à convaincre la Société que la chambre d’exécution et la justice vengeresse ne répondait à rien.

Le passé, le présent et l’avenir convergèrent vers le milieu de février. Ce fut d’abord au parloir avec Frances qui me confia, presque timidement, qu’elle était tombée amoureuse de moi. David et Cheryl me faisaient dire qu’il fallait que je rentre à la maison pour être leur papa. Ainsi, il existait pour moi un avenir, un beau rêve que tenait en échec le présent et qu’obscurcissait le passé. Ici, la mort était plus réelle, plus certaine que la vie. La chambre à gaz continuait à réclamer ceux qui lui appartenaient.

– Sauf pour nous et quelques amis, ma mort n’a pas vraiment d’importance. Mais je prie pour que le livre que je laisse derrière moi contribue à empêcher d’autres parents de se retrouver devant une tragédie pareille à celle que les miens ont vécue.

En fait, je lisais et écoutais avec une fascination détachée tout ce qui se publiait au sujet de cet énigmatique condamné qui avait nom Caryl Chessman. Je me demandais : « Est-ce vraiment à moi que cela arrive ? » Mes relation avec le temps et les événements semblaient s’entourer d’une sorte d’irréalité, d’un inadmissible surréalisme. Et, pourtant, la chambre à gaz n’en manquait pas, elle, de réalité.

De lui [le juge Charles W. Fricke] les journaux citaient le propos suivant :

« Si un homme qui méritait la mort à laquelle il a été condamné par le jury a droit à une mesure de clémence uniquement parce qu’il était capable d’écrire et de faire publier un livre, autant flanquer tout le code criminel à la poubelle ! »

Sûrement, c’avait été folie que de rêver que Cellule 2455, Couloir de la mort, pouvait être écrit ici, contre la montre, en dépit de la pression, de la tension, des obstacles ; qu’il pourrait trouver un éditeur, que son message atteindrait le monde entier. Pourtant, le rêve c’était métamorphosé en fait.

Une fois de plus, je défis mon lit, pliai les draps, les couvertures et rendus à la cellule son aspect anonyme. Une fois de plus, je pris l’écoute pour entendre un speaker qui déjà me voyait virtuellement dans la chambre à gaz. Dans de pareils moments, on a le choix entre l’épouvante et la folie.

Quoi que j’aie pu être et quoi que j’ai pu faire, je n’avais pas commis les crimes de la lumière [ou lanterne] rouge. Ce n’est pas moi, je le jure, ce Bandit à la lumière rouge.

Face à la justice

Onze ans de sursis

Pas de quatrième de couverture

Nous somme donc à la dernière œuvre de Caryl Chessman.

Après avoir raconté sa vie et sa descente aux enfers jusqu’au couloir et ébauché une nouvelle compréhension pour la société de la criminalité juvénile dans le premier ouvrage.

Après avoir écrit son deuxième livre sur son combat au jour le jour contre la chambre à gaz et une justice implacable, affirmé sa théorie sur la criminalité et découvert que l’écriture était son futur, si futur il y avait et après avoir rendu son cas célèbre à travers le monde entier tout en proclamant ne pas être le Tueur à la lanterne rouge, Chessman écrit ici son dernier livre.

Grosse déception, pas de l’auteur, mais du vendeur. Arrivé à la page 83, j’ai remarqué que plusieurs pages avaient été arrachés ! Je suis donc passé de la page 82 à 89. Une leçon que j’ai apprise donc : quand vous achetez des livres d’occasions, faites attention !

J’ai pu déduire tant bien que mal que Caryl et ses avocats Georges Davis et Rosalie Asher avaient réussis à faire passer un Habeas Corpus devant le juge Goodman. Mais avant, celui-ci avait essayé de transférer Chessman à Alcatraz en lui promettant de meilleures conditions de détention, qui aurait permis à l’accuser de travailler sur son cas avec ses deux avocats plus facilement et discrètement. C’était un piège, et Caryl Chessman et ses deux avocats s’en sortirent in extremis.

La confrontation devant le juge, la stratégie de Chessman et de ses défenseurs, les échanges et les débats, compliqués pour un non-initié comme moi a été dur à suivre. Ces ouvrages seraient importants à lire à tous ceux qui étudient le droit. Toujours est-il que j’ai compris que le juge Goodman n’était pas, loin de là, impartial. Le combat de Chessman était celui de David contre Goliath.

L’écriture en prison devient dangereux car l’administration pénitentiaire de Saint-Quentin rend illégal tout manuscrit. Caryl écrira donc son roman avec une ingéniosité sans pareil, camouflant son roman dans ses papiers de justice. Rien n’est simple dans le couloir de la Mort.

Son habeas corpus est rejeté par le président du tribunal de Californie Gooodman. Sa requête devant la Cour Suprême des États-Unis aussi. Mais ce n’est pas encore la fin pour Chessman, l’écrivain bagniard. Il a encore une pièce maîtresse à jouer.

Malheureusement, son manuscrit est trouvé et confisqué. Il se retrouve en isolement. Le directeur de la prison ne l’ayant pas à la bonne, Caryl ayant conféré à la prison de San Quentin une mauvaise réputation, il attendait le moment opportun pour le faire taire une bonne fois pour toute, son récit est terminé, il ne peux plus écrire. Il avait réussis néanmoins à faire passer son roman Le fils de la haine et cet ouvrage hors de la prison. Le livre se termine par une lettre de son éditeur, s’adressant autant à nous qu’à lui, en décrivant la situation inextricable dans laquelle Caryl Chessman se trouve.

Caryl sera exécuter le 3 mai 1960 après 12 ans de luttes dans le couloir de la mort.

Extraits :

Un autre nom défrayait la chronique : celui d’un jeune Californien qui, du fond du couloir d’une cellule de condamné à mort, écrivait des livres et luttait contre le Gouvernement qui voulait trancher ses jours. « Mieux vaut un coup nul qu’un coup dur » avait-il dit à l’annonce que, contre toute attente, il était arrivé à garder la vie, sans pour autant être parvenu à faire annuler deux condamnation à mort…

J’avais probablement été un salue en toutes sortes de genres et un bagarreur imbécile dans tous les genres possibles, seulement il se trouvait que je n’étais pas le bandit à la Lumière Rouge. Je n’étais pas un satyre qui traînait et rôdait dans les sentiers amoureux ; j’étais un bandit qui, les derniers temps, menait la vie dure à un syndicat de bookmakers protégés par la police en matraquant ses encaisseurs et en razziant ses repaires. Et il y avait une rude différence entre un satyre et un bandit, ainsi qu’aller le constater les braves gens qui m’avaient tamponné de bout en bout à mon procès et jusqu’à la condamnation incluse.

Comme j’ai dans le crâne que, en puissance, j’ai l’étoffe d’un écrivain, il se peut que je démontre à la société que je suis capable de faire œuvre de créateur et que que, tout compte fait, je peux servir la communauté. Cela si le bourreau ne se met pas en travers avant, s’entend.

Au bout de sept ans, trois moi et quelques jours de bataille, et en somme, de lutte pour la vie, j’avais remporté ma victoire de la dernière chance à la Cour Suprême. La Cour de district des États-Unis avait reçus des instructions qui lui enjoignaient d’étudier entre autres les accusations que je formulais concernant la préparation frauduleuse d’un compte rendu de sténographe dont on s’était servi pour confirmer mes deux condamnations à mort et mes quinze condamnations à la prison.

Il insistait vigoureusement sur les tracasseries dont nous étions l’objet. On ne nous avait donné qu’un délai restreint pour nous préparer. Pourtant, chaque fois que Rosalie ou lui venaient à la prison, ils étaient inutilement retardés. Des bonshommes qui n’avaient rien à faire là venaient compter mes papiers. Ils les dénombraient à mon entrée dans la cage [parloir] et les recomptaient ma sortie. Un gardien restait assis en permanence à trois mètres de moi. Chaque fois que nous nous mettions au travail, nous étions interrompus. […] on se trouvait en présence d’un harcèlement aussi méthodique qu’ininterrompu.

– Nous en arrivons, Monsieur le Président [du tribunal], à un stade que je [Georges Davies, avocat de Caryl] n’ai jamais connu en quelque vingt-quatre ans d’exercices de ma profession. J’ai eu d’innombrables conférences dans les prisons tant en Amérique que dans les pays étrangers et nulle part je ne me suis heurté à un harcèlement et à des tracasseries goutte à goutte de ce genre.

– Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ? Dis-je. Le très honorable Louis Goodman nous déclare et clame à tous les échos qu’il nous propose une affaire merveilleuse et assure qu’il s’en est entretenu avec le directeur d’Alcatraz. Là-dessus le directeur viens vous raconter qu’il n’a jamais entendu parler du juge. Tout ce qu’il sait de l’affaire, c’est ce qu’il en a lu dans les journaux et il nous met en garde pour que nous ne venions pas. Si tout ce que je souhaite est d’être mis au secret, j’y arriverai aussi bien ici.

– Sans qu’il y ait de notre faute, nous n’avons pas pu vraiment mettre nos dossier au point comme nous l’aurions dû. Depuis que la Cour suprême a ordonné ces débats, on n’a pas cessé de rencontrer des pierres d’achoppement et des pièges à andouilles, et en plus, on a l’impression qu’on butte sur un juge qui est prévenue contre nous. Il continue refuser des témoins qui nous sont indispensables. Sans leurs dépositions, sans des débats complets et équitables, nous perdons notre temps.

L’enjeu, c’était une vie humaine. La mienne.

« Âgé de trente-quatre ans, l’écrivain du Couloir de la Mort se présenta armé d’un monceau de documents et une liste de quelque trente témoins dès l’ouverture des débats, notait David Pearlman de la Chronicle de San Francisco. L’Etat s’efforce depuis 1948 d’envoyer Chessman à la chambre à gaz… Écrivain brillant, celui-ci a pu apprendre tout seul le droit dans sa cellule de condamné à mort, esquiver six rendez-vous avec le bourreau et faire à neuf reprises appel à la Cour suprême des États-Unis…

À présent, Chessman conteste la validité de la toute première décision de justice qui confirma la condamnation à mort par la Cour. »

La presse mettait l’accent sur les « mesures de sécurité sans précédent » qu’on avait prises « parce qu’on ne sait jamais ».

Je n’avais pas oublié que, à plusieurs reprises depuis quelque temps, le contenu de certaines communications confidentielles qui m’étaient destinées avait été révélé à la presse ou au Parquet par le directeur [de la prison] et qu’on s’en était servi pour me faire du tort, parfois en les isolant de leur contexte. Cela s’était même produit une fois avant que la lettre ne me fût remise. Je n’allais pas laisser cela recommencer.

Le Couloir de la Mort fut l’objet d’une nouvelle fouille générale et un des gardiens fit tomber presque « accidentellement » ma machine à écrire de l’escabeau. Je la rattrapai à temps et le gratifiai d’un sourire.

Ainsi allaient les choses. Quotidiennement, d’une petite façon ou d’une autre, on me « remettait à ma place ». Les forçats appellent ce traitement plein d’égards « satonner » son bonhomme. J’étalais la tempête, souriant extérieurement et bouillant au-dedans.

La médaille à son revers : le prix sur j’ai payé pour ces neuf années passées à ce travail de Sisyphe a été prohibitif. Tous mes rêves d’un avenir honorable sont mangés aux vers et rien n’est plus terrible que de regarder mourir l’espérance, pour la voir renaître et mourrir encore, étranglé et sans pitié.

Les fumées qui m’environnent sont bien plus mortelles, bien plus anéantissantes que celles qui m’attendent dans la chambre à gaz, là en bas.

En fin de compte, de même que les deux premiers ouvrages de la trilogie, celui-ci est en fait une histoire écrite à l’intention des gens qui accordent quelques importances au fait que pour un de leurs semblables la descente aux enfers, la perte de son âme et la déchéance de toute humanité n’aient pas été, à l’origine, le résultat d’un choix par lui librement consenti.

Jusqu’à dix heures, je lisais, causais, étudiais et, pendant une demie-heure au moins, j’arpentais la cellule en réfléchissant au travail de la nuit et en revivant la période passée que j’allais évoquer. À partir de dix heure, je couchais les phrases sur le papier. Je me contraignais à rédiger au moins l’équivalent de trois pages du manuscrit final, ce qui, entre le projet jet et le texte définitif représentait de dix à quinze pages d’écritures d’écriture courante. C’était une besogne à l’arraché. Il n’était pas question d’attendre « l’inspiration » ou l’état d’âme approprié. Quand je fléchissais, j’empoignais un memento homo que je conservais spécialement pour cela : une image en couleur de la chambre à gaz d’en bas. Je la regardais, j’aurais un bon coup, rigolais et, mon démon aidant, je me remettais au travail.

Comme depuis des années je ne m’étais servis que d’une machine et que je n’avais plus guère écrit à la main que ma signature, au bout de deux semaines de séances nocturnes à gratter du papier, je n’arrivais plus à tenir mon stylo à bille. Je tâtai d’une douzaine de position, mais ma main droite s’obstinait à trembler et à se crisper, mes doigts devenaient des ergots arthritiques et je souffrais de façon intense. Je n’avais pas le choix, je ne pouvais pas lâcher, quitte à faire une pause de temps pour m’imposer des flexions à mes phalanges et à me masser la main. À la longue, les douleurs disparurent. À ceux qui prétendent que le crampe des écrivains est un phénomène purement psychologique, je ne puis que rétorquer qu’ils font erreur.

Peu après que j’eus commencé mon bouquin, de nouveaux ordres tendirent à rendre plus compliquées les tentatives de suicide. La littérature clandestine, bien qu’elle ne fût pas visée, souffrit aussi de ces mesures. Je ne pouvais pas lever le nez sans constater qu’un gardien de service recensait son monde et, à en juger par le nombre de ses tournées, l’homme de ronde avait tout l’air de s’entraîner pour le marathon.

À la fin septembre, le directeur, Teets, vint un matin visiter le Couloir de la Mort. Il arriva à ma cellule au moment même où les deux spécialistes de la fouille en sortaient après une minutieuse inspection. On ne m’avait pas encore renfermé. Le garde armé, sur la passerelle, nous surveillait attentivement.

– Eh bien Caryl ! me dit le directeur, avec un sourire avenant, ont-ils trouvé de la contrebande ? des manuscrits ?

Mon regard suivant le sien, se porta dans la cellule 2455. Là, sur la table, sur le devant de la cellule, se trouvait le manuscrit inachevé. Un pas et le directeur aurait pu le prendre… s’il l’avait reconnu pour ce qu’il était. En déménageant mon « fratras » pour ses investigations, l’équipe de fouille l’avait mis là avec diverses copies et dossiers.

– Non, répondis-je en lui retournant son sourire.

Ils n’ont trouvé ni manuscrit, ni contrebande. Mais ce n’était pas faute de chercher.

Ils ne s’en étaient, certes, pas privés. J’avais de longues minutes sur des charbons ardents, avec un air d’indifférence totale. L’un des gardiens avait ouvert la boîte plate qui contenait mon manuscrit et en avait examiné les feuilles. Heureusement, il ne les avait pas regardées dans le bon sens. Il fallait les considérer d’une façon particulière, sans cela toute détections étaient impossible et le camouflage endormait d’autant plus les soupçons que l’ensemble se trouvait bien en évidence et comme offert à l’inspection.

Convaincu qu’une génération ultérieure m’écoutera, voici ce que j’ai fait :

Avec l’aide de quelques amis, j’ai mis au point un volumineux « colis » d’une nature toute particulière et qui se trouve garé en un endroit où on ne peut le découvrir, le saisir, le supprimer ou le détruire sans mon consentement. On y trouve, outre des preuves qui démontrent indiscutablement que je ne suis pas le Bandit à la Lumière Rouge, un document qui désigne nommément les Bandits (car ils sont plusieurs) à la Lumière Rouge. En fait, ils sont deux, bien qu’un seul présente une certaine importance. Ainsi, la vérité éclatera de façon si patente que l’opinion publique sera stupéfaite qu’on ai pu le condamner et que cette erreur judiciaire, sinistrement voulue, ternira plus gravement encore le blason, taché de boue et de sang, de la Californie.

J’ai lu un jour qu’un homme fait ce qu’il a la conviction de faire, ou qu’alors ce n’est pas un homme.

[À son avocate Rosalie Asher] – C’est le nom, l’identité et une partie de l’histoire du Bandit à la Lumière Rouge. Du principal et aussi d’un pantin qui s’est trouvé avoir affaire avec lui, ainsi qu’à moi, d’ailleurs, dans une autre combinaison.

Dures lectures que ces trois ouvrages de Caryl Chessman. Écrits dans un endroit où les hommes sont destiné à la mort.

Certains passages où il décrit sa cellule et comment il travail me fait penser à Écriture Memoire d’un métier de Stephen Kings où Stephen démontre l’exercice presque télépathique qu’est l’écriture en décrivant lui aussi l’endroit où il travail. D’ailleurs un passage sur une sourie dans le deuxième ouvrage de Caryl m’a fais penser à La ligne verte du King

Pour ce qui est de la peine de mort, moi, né français, cette peine capitale est moyenâgeuse. Je me rappel un cour de primaire ou une professeure nous en avez parlé et nous avions tous été choqués. Déjà, à notre jeune âge, nous ne comprenions pas pourquoi on pouvait tuer un criminel. Cela ne réglé rien. C’était inhumain. Que tuer un tueur ne change rien.

Passé ces quelques jours à lire Caryl a été une experience violente. Je ne savais que peu sur les couloirs de la mort, de la vie des détenus à l’intérieur. Après cette lecture, cette carence en information est comblée bien que les ouvrages soient datés.

De mes lectures, je pense que Caryl Chessman n’était pas le Bandit à la Lumière Rouge. Bien que diagnostiqué psychopathe, ayant un casier judiciaire long comme le bras, braquages à mains armées, voles de voitures, cambriolages, courses poursuites et échanges de coups de feux avec la police, il n’a jamais tué personne. Bien qu’il ne sache pas entièrement pourquoi il se comportait comme cela, ses crimes avaient pour but principal l’argent. Et non le meurtre et encore moins le viol et l’assassinat de femmes.

Caryl Chessman était innocent des crimes dont il a été jugé coupable et exécuté pour. Cela reste mon avis.

Il s’est battu comme un diable, dans sa minuscule cellule pour rester en vie. Il a trouvé son salut dans l’écriture, son talent l’a amené à ce que le monde entier le connaisse. Bien loin de n’avoir que des soutiens, ses détracteurs étaient nombreux.

Il se sera battu jusqu’au bout contre un système qui ne voulait pas discuter son sort. Le monde contre lui et sa seule plume pour se défendre.

Il aurait été intéressant de savoir son point de vue sur la situation actuelle de la Justice aux États-Unis, surtout sur la police qui semble jouer de la gâchette plus facilement qu’avant ou plutôt en entendons-nous parler plus car les réseaux sociaux et les chaînes d’informations sont omniprésents à notre époque…

Bizarrement, dans les derniers extraits que j’ai partagé avec vous, ce fameux colis n’a jamais du être découvert car encore aujourd’hui, le Bandit à la Lumière Rouge n’a jamais été identifié.

Je me suis renseigné sur Wikipedia ( https://en.wikipedia.org/wiki/Caryl_Chessman?wprov=sfti1 ) à propos de son exécution.

Il fit des signes aux journalistes présents pour avertir que l’exécution était douloureuse.

Sa dernière demande d’Habeas Corpus. comme écrit au début l’article, aurait pu (dû ?) encore délayer son exécution. La Californie avait peut-être envie d’en finir avec se prisonnier qui lui tenait tête depuis plus d’une décennie.

Des livres qui ont leurs places dans la bibliothèque d’un étudiant en Droit ou pour tous juriste. Et à ceux qui pensent encore que la peine de mort sert à quelque chose. Non. La mort n’arrange rien. Tout le monde perd dans la mort. Le bourreau comme la victime ainsi que la société.

Jaskiers

4 réflexions sur “Caryl Chessman, un écrivain dans le couloir de la mort | Innocent ?

    • Beaucoup trop de cas similaire. La loi du plus fort prends aussi racine dans la justice, les riches s’en sortent plus facilement que les pauvres.
      Avec la technologie d’aujourd’hui (ADN ect…) il y a eu une poignée de remises en liberté de personnes coincées dans le couloir de la mort.
      La justice s’avère brutale et injuste parfois (souvent ?) comme tu le dis. Et quand elle est injuste elle n’épargne personne.
      Merci pour ton commentaire Filipa, passe un bon week-end toi aussi !

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