Dante’s Dusty Roads – Chapitre 14

Le gratte-papier s’alluma une cigarette, tendit son paquet à Springsteen qui se servit.

« – Je venais de m’acheter des clopes quand il est venu m’en réclamer.
– Sacré crevard !
– Il savait qui j’étais.
– Ouai, j’lui ai envoyé un message avec mon téléphone portab’.
– Pourquoi ?
– Bah, c’pas souvent qu’on croise des Yankees comme toi.
– Et il m’a accosté pour quelle raison ?
– Euh… la terre est p’tite hein, coinci’ machin comme tu dis !
– C’est quand même étrange non ?
– Ça oui !
– Juste un message que tu lui a envoyé… il y avait quoi dans ce message ?
– Détends-toi merde ! Juste un message comme quoi une pédale de Yankee était dans les parages et qu’il se pavanait avec sa berline allemande.
– Ah…
– Bon bah, merci pour la clope…
– Non ça s’est rien, merci à toi vraiment. Le hasard fait bien les choses parfois.
– Ouai… coinci’ machin truc comme tu dis.
– Coincidence. Bon, j’ai dû te retarder, tu as sûrement de la route à faire !
– Nan…
– Non ? Tu faisais juste une balade en camion et Boum, tu tombes sur moi !
– Ecoute c’est un truc pas vraiment déclaré ce que j’livre tu vois… un truc qui est pas légal légal. »

Peter fit mine de tirer avec un fusil.

« – Des flingues ?
– Ouai mais tu gardes ça pour toi.
– Qu’est-ce… merde !
– Ouai ! La vérité c’est que j’pensais qu’t’étais un d’ces fédéraux.
– Quoi ?
– Ecoute, un type bien habillé, tout beau avec une belle berline. Quand j’ai vu ça j’ai pensé ça y’est. Quand j’t’ai questionné, tu m’as sorti une histoire que t’écrivait des livres et tout.
– Donc tu as prévenu ton petit copain Franky pour qu’il garde un œil sur moi ?
– Ouai. Et j’ai appelé le flic là.
– Attends, le flic qui m’a arrêté ?!
– Ouai, il est dans la magouille le poulet là.
– Mais il m’a reconnu ! Il a lu mon bouquin !
– Ah !
– Tu lui as pas demandé d’information quand il t’a dit qu’il m’avait chopé ?
– Bah il m’a dit que t’étais reglo mais j’le croyais pas. Les fédéraux ils peuvent te tenir un type comme ça, par les couilles !
– Merde, tu m’as suivis donc ?
– Un peu ! Mais quand j’ai vu que tu prenait la bonne direction, j’ai dis ouai, il est reglo. J’allai t’laisser tranquille tu vois. Je t’ai laissé à la dernière p’tite ville là, et c’matin j’vais pour reprendre la route et j’te retrouve là avec un pneu en moins !
– Lâche-moi maintenant d’accord ? Et regarde sur Internet mon putain de nom ! Regarde les photos merde !
– Bah internet… moi j’connais pas trop.
– Et bien fais-le quand même ! »

Rand ouvrit la portière de sa voiture.

« – Attends désolé l’ami ! T’veux pas savoir c’que je transporte vraiment et surtout à qui ? Pour ton bouquin, ça serait une bonne idée !
– J’en ai rien à foutre. Et tu devrais garder ça pour toi. Pas très réglo de déballer que tu deal des flingues à un quasi-inconnu. Je sais pas qui t’a engagé, mais il doit être aussi con que toi. »

Il claqua la porte, démarra encore une fois en trombe. Dans le rétro, le bouseux retournait dans son camion en courant. Si à la prochaine intersection, il avait le moindre doute que Peter le suivait, il s’arrêterait au premier commissariat. Avec un peu de chance, les flics ne seraient pas corrompus jusqu’à la moelle.

Jaskiers

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