Les fous du Président par Carl Bernstein & Bob Woodward (prix Pulitzer 1973)

Le seul livre de première main sur l’Affaire par ceux qui l’ont révélée : les deux journalistes du Washington Post

Quatrième de couverture :

Carl Bernstein et Bob Woodward (photo Ken Feil – The Washington Post)

L’enquête politico-policière la plus dévastatrice du siècle, voilà ce que fut la révélation progressive du scandale de Watergate à l’opinion américaine et mondiale. Deux jeunes journalistes, chargés des affaires locales et des faits divers, se trouvent de permanence à la rédaction du Washington Post la nuit où se produit le coup de main d’inconnus sur le QG du Parti démocrate. Ils collectent aussitôt quelques renseignements, pensant qu’il s’agit d’un cambriolage un peu spectaculaire. Et de fil en aiguille, Rouletabille et flanqué de Sherlock Holmes détruisent la première puissance politique au monde.

Voici leur stupéfiante histoire, racontée par eux-mêmes. Voici l’un des exploits les plus admirables du journalismes de tous les temps. À partir des premiers soupçons, Woodward et Bernstein ont creusé peu à peu les galeries souterraines qui les conduisirent à la vérité, malgré les pièges, les mensonges, les fausses pistes, les pressions politiques. Ils nous font vivre avec eux, minute par minute, cette aventure angoissante et excitante et ils nous amènent jusqu’à l’instant où, grâce à leur courage et à leur rigueur intellectuelle, ils furent en mesure de réunir toutes les pièces du gigantesque puzzle que la Maison Blanche avait voulu enterrer.

Carl Bernstein est né à Washing. Études inachevées en l’Université de Maryland. Comme sa carrière de journaliste à 16 ans au Washington Star, comme copy boy (porteur des dépêches aux divers collaborateurs concernés). Devient reporter à plein temps à 19 ans. Entre au Washington Post en 1996, dans le service des affaires locales de la ville de Washington.

Bob Woodward travaillait au service des Informations générales et faits divers du District de Columbia (zone et faubourgs de la capitale) du Washington Post lorsque eut lieu l’effraction des bureaux du Parti démocrate dans l’immeuble dit Watergate, le 17 juin 1972. Né à Chicago, il obtient ses diplômes universitaires à Yale en 1965. Passé cinq ans ensuite dans la marine, au service des transmissions. Fait ses débuts dans un petit journal local : La sentinelle du Comté de Montgomery, puis entre au Post en 1971.

Carl Bernstein et Bob Woodward (« Woodstein » comme on les appelle souvent aux États-Unis depuis qu’ils signent toujours leurs articles ensemble) ont obtenu en 1973 le Prix Pulitzer (catégorie du « reportage investigatif ») pour la série d’enquêtes qu’ils ont publiées dans le Washington Post en juin 1972 et juin 1973 sur l’affaire Watergate et ses ramifications.

Le titre du livre « Les fous du président » fait allusion à une comptine anglophone, « All the King’s men ». Les fous du roi est traditionnellement la traduction du titre de cette comptine. Des fous ? En tous cas, le scandale du Watergate et ce qui s’en ai suivi en est une, histoire de fou.

Bernstein et Woodward, aux parcours complètement différents s’allient pour enquêter sur ce qui deviendra le scandal qui mènera le tout puissant président Nixon a démissionner.

Mais imaginez vous l’époque, l’ambiance, l’esthétique. Car oui, ce livre n’est pas un roman, mais comme souvent, la réalité dépasse la fiction !

Vous êtes un ou une jeune reporter. Cigarette au bec, chemise, cravate, pantalon trop large, chaussure bateau (ou robe et talons pour les femmes si elles le veulent). Vous rentrez dans l’open space d’un grand journal. Vous êtes jeune et avez secrètement de l’ambition. La fumée de votre cigarette se mêle à celle de vos collègues. Les machines à écrire crépitent sans arrêt, les téléphones sonnent toutes les cinq minutes, ont crie, la deadline approche, ça débat dans des meetings improvisés autour des bureaux des collègues. Des bureaux avec des piles de dossier telles que l’on ne voit plus la personne derrière. Vous vous asseyez. Écrasez votre clope. Buvez un café et BOUM, l’histoire, l’événement, le fait que vous attendez, que vous rêviez s’amène à vous, il se présente. Il est dur à attraper, encore plus à le comprendre mais c’est votre boulot, informer et expliquer. Vos compétences, votre instinct, votre flair vous le dit. Cette affaire est plus importante qu’elle n’y parait et vous devez partir en chasse !

Bref, désolé, je suis parti dans mon délire. Passons au livre voulez-vous ?

J’ai trouvé le livre passionnant. Je ne pourrai pas vous raconter en détail le Watergate tellement l’affaire est compliquée et contient de ramifications et de protagonistes. Mais j’ai été plongé dans l’ambiance des reporters des années 70.

L’enquête menée par Woodstein les emmènent dans un dédale de mensonges, de manipulations, de secrets, de violences, d’injustices à travers les deux cotes Est-Ouest des États-Unis avec comme Minotaure le Président des États-Unis. Est-il possible qu’il ai espionné et essayé de saboter l’autre camp, les Démocrates, pour sa réélection en utilisant des méthodes dignes de la mafia ?

Comment vont-ils démêler cette affaire quand le FBI couvre le Président ?

Qui va vouloir (pouvoir?) parler à découvert ?

Comment éviter les pièges tendus par les hommes du Président ?

Comment se protéger contre d’éventuelles représailles ?

L’histoire est folle. Compliquée mais tellement incroyable que l’on reste scotché au livre.

Suivre ces deux jeunes gens qui n’ont presque pas 30 ans dans cette enquête rocambolesque, à portée mondiale, est une expérience peu commune. Avec des « personnages » mystérieux tel que deep throat, l’informateur qui en sait tellement mais qui impose un anonymat total à Woodward. Ils se rencontrent dans des parkings sombres, la nuit pour parler et essayer de tirer au clair l’affaire qui fera tomber le président.

Nous savons maintenant qui était deep throat mais je vous laisse faire vos recherche sur cette personne vous même, un peu de mystère, faite votre petite enquête vous même (attention à ne pas tomber sur des choses un peu tendancieux si vous voyez ce que je veux dire…).

Le livre n’est pas dénué d’humour. Certaines scènes sont cocasses, il faut parfois lire un peu entre les lignes pour comprendre que ces jeunes gens ont découvert une histoire plus grande qu’ils ne pensaient et qu’avant tout ils restent humains. Il font des erreurs. Ils ont une vie. Ils sont jeunes, l’expérience leur manque mais ils ont le soutient indéfectible de leur patron.

Je sais qu’un film avec Robert Redford et Dustin Hoffman existe, appelé Les hommes du Président, mais je ne l’ai pas vu. Si vous l’avez vu, pourquoi ne pas partager votre avis sur ce film ?

En tous cas, c’est une lecture que je conseil. La narration est intéressante, presque atypique sachant que le livre a été écrit par deux personnes. C’est un page-turner ! Et tout est vrai !

Le livre reste aussi une leçon, un avertissement, de ce que les puissants de notre monde peuvent faire dans notre dos. Il est aussi un totem pour la liberté de la presse et la défense des journalistes, d’investigations en tous cas. Sans une presse libre, pas de démocratie. Sans une presse libre, les puissants de ce monde se joueraient de nous encore plus qu’ils ne le font actuellement.

Un livre percutant, passionnant et parfois effrayant ! N’hésitez pas à le lire si l’envie vous en prend !

Voici une compilation d’extraits montrant à quel point l’enquête était difficile et dangereuse :

[…] le 22 juin, au cours d’une conférence de presse, le président Nixon fait son premier commentaire officiel sur l’effraction du Watergate : « La Maison-Blanch, dit-il, n’est pas impliquée en aucune manière dans cet incident-là. »

Bernstein et Woodward m’éditent sur l’expression « cet incident-là ». Il y a déjà trop de coïncidence dans cette affaire que la définition ne saurait englober.

Les gens de la Maison-Blanche et du C.R.P. [Comité de Réélection du Président Nixon] emploient toute leur énergie à lancer les journalistes sur de fausses pistes. Une fuite indique que l’effraction du Watergate est le fait de Cubains anticastristes qui voulaient faire croire que les Démocrates recevaient des fonds de Cuba.

L’affaire Watergate piétine, elle a peut-être fait long feu. Les deux journalistes n’y comprennent rien.

[…] les relations de travail entre Bernstein et Woodward reposent essentiellement sur l’émulation. […] Depuis, tous les articles sur Watergate portent la double signature. Leurs collègues les confondent d’en un seul personnage qu’ils appellent en riant Woodstein.

Ceux qui voisine avec lui dans la salle de rédaction sont bien forcés de constater que Woodstein ne donne pas toujours l’image d’un rouage parfaitement huilé de la machine journalistique. Les deux moitiés se querellent, souvent ouvertement. Il leur arrive de peine un quart d’heure sur une seule phrase. […] il n’est pas rare de voir l’un quitter majestueusement le bureau de l’autre.

[…] Woodward, qui écrit plus vite, se charge du brouillon que Bernstein récrit ensuite. Bernstein n’a souvent que le temps de récrire la première partie, et la suite, dans le style de Woodward […]

Ils finissent par essayer de se lier d’amitié. […] Ils restent souvent dans la salle de rédaction fort avant dans la nuit, faisant des vérifications, compulsant des coupures, discutant du prochain pas à faire, échangeant leurs hypothèses.

Dean : « Je peux vous dire catégoriquement [qu’] il n’y a personne à la Maison-Blanche, pas un seul membre de cette administration, actuellement en place, qui ait été impliqué dans cet incident [Watergate] vraiment bizarre. »

Une source : « Ça ne sortira jamais, toute la vérité. Vous ne saurez jamais la vérité. Ça n’est pas les reporters qui la découvriront, ils faudraient qu’ils s’adressent seulement aux gens honnêtes. Ils savent que vous sortez le soir parler aux gens. Quelqu’un du service de presse [de la Maison-Blanche] est venu dans mon bureau aujourd’hui et a dit : « J’aimerais drôlement savoir qui, au comité [C.R.P.], est en cheville avec Carl Bernstein et Bob Woodward. »

Woodward à un contact, au gouvernement, qui a accès à des informations en provenance aussi bien du C.R.P. que de la Maison-Blanche. Woodward est le seul à connaître son identité. Il ne peut le joindre qu’en cas grave. […] surnommé en plaisantant « Deep Throat » — Gorge Profonde, titre d’un film pornographique qui fait alors fureur. Le sobriquet lui est resté.

Mitchell : Vous les gars, vous ne savez pas ce qui vous attend. Dès que vous aurez fini de payer Ed Williams [avocat du Washington Post] et consorts, c’est nous qui allons monter une histoire du vous tous.

On a dit à Bernstein qu’un ancien agent du FBI avait participé à l’opération Watergate et qu’il avait prévenu les enquêteurs que la quartier général démocrate était sous surveillance électronique depuis déjà trois semaines lorsque les cambrioleurs ont été arrêtés.

Après avoir travaillé quatre mois ensemble, Woodward et Bernstein ont développé une sorte d’affinité intellectuelle.

Leurs collègues au journal les taquinent parfois, prétendent qu’ils veulent la peau du Président. Et que se passerait-il s’ils se trouvaient soudain dans cette situation : non pas en position d’avoir la peau du Président, mais d’obtenir la preuve flagrante qu’il est impliqué dans cette affaire ?

Au cours de ces conversations, Deep Throat lui a raconté que la politique s’est infiltré dans les moindres recoins de l’appareil gouvernemental, que la Maison-Blanche de Nixon a pris la haute main, et une main de fer, sur tous les services.

« Vérifiez chaque indice, conseil Deep Throat. Cela recouvre tout le pays, ce qui est important. Vous pourriez écrire des articles jusqu’à Noël et même au-delà… Il n’y a pas un seul de ces jeux (son terme pour opération secrète) qui ait été lancé sur une initiative personnelle. C’est important. Ils sont tous liés. »

Deep Throat lui lance alors un avertissement : « Ils veulent se débarrasser du Post. Ils veulent aller en justice pour découvrir vos sources. »

Pose de micros, filatures, faux tuyaux à la presse, fausses lettres, meetings politiques décommandés, enquêtes sur la vie privée des candidats adversaires, mise en place d’espions, vol de documents, provocateurs dans les manifestations politiques.

Jusqu’où seraient-ils allés si les cambrioleurs de Watergate n’avaient pas eu l’incroyable bêtise de bloquer de pêne des portes, donnant sur la cage d’escalier avec les bandes adhésives, ce qui avait incité le gardien à appeler la police ?

Un juriste : « Le FBI se comporte de façon étrange… quelqu’un, au sommet, s’intéresse à tout ceci » Mais il ne veut pas dire à quelle altitude se situe ce sommet.

Le ministère de la Justice s’est gardée d’enquêter sur le véritable complot qui a produit Watergate ; à concentrer ses efforts sur l’incident limité de l’effraction commise au quartier général démocrate — sur l’I.O.C. (Interception de Communications Orales), comme l’appellent les Fédés — et a ignoré la vaste conspiration ourdie par les hommes du Président pour saboter le processus électoral.

Bradlee : « J’ai parlé jusqu’ici à mots couverts, leur dit-il. Cette affaire, c’est un jeu serré, le plus serré qu’on ait jamais vu dans cette capitale. Il va falloir que nous fassions très attention, tous, au bureau et à l’extérieur. Je ne veux rien savoir de votre vie privée […] Faites attention à qui vous parler, et qui vous voyez; soyez prudents au téléphone; commencez à mettre de côté tous vos reçus en vue de vos déclarations d’impôts, et prenez un avoué pour s’occuper de tout ce qui touche à vos futurs impôts; faites attention à ce que personne n’apporte de la drogue chez vous; soyez mesuré dans tout ce que vous dites sur le Président et l’administration. »

[…] les téléphones de plusieurs reporters et directeurs du Post sont sur table d’écoute.

Le procès dure encore deux semaines. Woodward et Bernstein continuent d’y assister, à trier les preuves matérielles et documents présentés à la Cour. Woodward copie les numéros de téléphone inscrits dans les carnets d’adresses des prévenus, qui font partie des pièces à conviction, et se met un soir à appeler quelques numéros. « Le FBI ? » lui demande un de ses interlocuteurs. « Ils ne sont jamais, jamais entres en contact avec moi. Je ne leur ai jamais parlé. »

Woodward raccroche brutalement le téléphone. C’est ça, l’enquête la plus importante, la plus vaste menée en Amérique depuis l’assassinat du président Kennedy : le FBI n’a même pas appelé les numéros inscrits dans les carnets d’adresse des prévenus ?

Bernstein et Woodward font une longue analyse de l’ensemble du procès sous le titre : « Qui a engagé les Espions, Pourquoi : Toujours un Secret. » Ils soulignent que ce qui a marqué ce procès de seize jours ce sont les questions qui n’ont pas été données, les témoins qui ont pas été cités et les trous de mémoire de ceux qui étaient présents.

[Edward] Kennedy lui-même a confié à Bernstein, au cours d’une interview […] qu’à moins qu’une commission parlementaire exerce rapidement son droit de réquisition pour obtenir les dossiers et documents que les enquêteurs fédéraux semblent négliger, sa chance de mener une bien une enquête approfondie risque de disparaître des incinérateurs et machines à l fêter les dossiers. […] « je connais l’entourage de Nixon, a-t-il ajouté, et c’est assez. Ce sont des crapules. »

[…] le vaisseau Kennedy est étanche et ne fuit pas.

Jusqu’à ce que la cour suprême déclare la chose illégale, le 19 juin 1972 — deux jours après l’effraction de Watergate — le ministère de la Justice a utilisé des systèmes d’écoute téléphoniques pour contrôler les faits et gestes de tous ceux qui étaient soupçonnés d’activités « subversives » contre les institutions et cela sans l’autorisation des tribunaux. Les « radicaux [la Gauche/Démocrate] » et les défenseurs des libertés civiles proclament depuis longtemps que les autorités brandissent de mot de « subversion » pour s’attaquer en fait à ceux qui manifestent trop ouvertement leur hostilité à la politique du gouvernement Nixon. Les deux garçons décident d’essayer de découvrir si certains de leurs collègues font partie de ces « éléments subversifs » que le ministère s’est arrogé le droit d’écouter.

[…] Woodward rend visite à un fonctionnaire bien placé du C.R.P. L’homme semble désenchanté, dégoûté de la Maison-Blanche et des tactiques qui ont été utilisées pour aider à la réélection du Président. « S’il y a une manière honnête de faire les choses et une manière malhonnête, tout cela pour arriver au même résultat. Nous avons sûrement choisi la seconde, confie-t-il. »

Deep Throat : « Notre Président est parti en campagne contre les fuites qui concernent Watergate. Il a dit aux gens compétents : « Faites tout ce qui est en votre pouvoir » pour mettre fin à la chose. Quand il dit cela, il veut du sérieux. Des enquêtes intérieures, et il veut aussi utiliser les tribunaux. Ils ont discuté pour savoir s’il valait mieux d’abord attaquer en droit commun ou en droit civil. Nixon a déclaré dans une réunion qu’ils géraient aussi bien d’utiliser l’argent qui leur reste de la campagne, 5 millions de dollars à peu près, pour rabattre un œuf le caquet du Post. D’où vos citations à comparaître et les autres.

« En 1969, le premiers à faire l’objet de ces écoutes agressives ont été les reporters et les membres de l’administration suspects de déloyauté, explique Deep Throat; puis, à l’époque des manifestations pacifistes, ils ont porté leur effort sur l’opposition radicale. A l’approche des élections, il était tout naturel qu’ils s’attaquent aux Démocrates. Les arrestations de Watergate les ont pris au dépourvu, parce que l’effraction risquait de mettre toute l’opération à nu. »

Mais le message, haut et clair, confirme que ceux qui ont dans le passé servi Richard Nixon comme un seul homme, et érigé, à la Maison-Blanche, cette muraille rigide de discipline et de contrôle de soi, sont aujourd’hui ouvertement à couteaux tirés.

Deep Throat : « Voilà la situation, dit-il enfin. Il faut que je vous quitte à la seconde. Vous me comprenez. Soyez, eh bien, je dirai, soyez très prudent. »

Que se passe-t-il demande Bernstein. À la porte d’entrée de l’immeuble de Woodward. D’un doigt sur les lèvres, il lui fait signe de se taire.

Bernstein se demande si Woodward a perdu la tête, ou s’il le fait marcher. Ils longent le corridor jusqu’à l’appartement de Woodward. Une fois à l’intérieur, Woodward met un disque en marche. Un concerto pour piano de Rachmaninov. Bernstein se dit que Woodward a un goût épouvantable, en musique classique. Woodward tire ensuite les rideaux devant les grandes fenêtres qui donnent sur les quarters est de la ville. Puis, assis devant la table de la salle à manger, il tape une note à la machine et la passe à Bernstein.

La vie de tout le monde est menacée.

« Tout l’appareil de renseignements des U.S.A. a collaboré aux activités secrètes qui sont incroyables. Deep Throat à refuser d’en donner les détails parce que c’est contre la loi

S’ils ont étouffé l’affaire ce n’est pas vraiment à cause de Watergate mais surtout pour protéger leurs activités secrètes. »

C’est l’indication la plus clair qu’ils aient jamais recueillie que le Président savait que l’on étouffait l’affaire, et y participait lui-même de son plein gré.

« C’était le Washington Post, je vous dis. Je lui ai formellement ordonné de détruire le Washington Post, réplique Corson [homme du Président] sur un ton parfaitement uni. Je voulais détruire le Washington Post. »

[…] le Président s’est incliné devant l’opinion publique et devant l’ordre lancé par un tribunal, et a remis sept des bandes [audios] incriminées aux enquêteurs. Les deux autres n’ont jamais existé, disent les avocats.

Le message de Deep Throat est simple est bref : une ou deux des bandes magnétiques ont été partiellement et volontairement gommées.

Bernstein commence à appeler ses contacts à la Maison-Blanche. Quatre d’entre eux lui disent avoir appris que les bandes étaient de qualité médiocre, qu’il y a des « trous » dans certaines conversations, mais qu’ils ne savent pas si ces accidents ont été délibérément provoqués.

Bernstein et Woodward regardant le président Nixon annonçant sa démission
Le complexe hôtelier du Watergate où s’est déroulé le cambriolage

Il est terrifiant de voir le pouvoir de l’argent, en politique et partout en faite. Tous ce qu’ont fais Woodward et Bernstein était « simple », suivre la piste de l’argent. Simple ne serait pas le mot approprié, plutôt, je dirais que le début de leur enquête a été facilité par la trace qu’a laissé l’argent, les échanges, les pots-de-vin et autres méthodes consistant à payer gracieusement des personnes pour faire le « sale » boulot.

Malheureusement pour ces personnes, ‘Woodstein’ veillait au grain et n’a pas abandonné. Il faut avoir un certain courage pour oser accuser l’homme le plus puissant du monde de crime.

Le journalisme d’investigations est passionnant, autant que dangereux. Avoir une presse libre est une chose rare.

Je dédie cet article à tous les journalistes risquants leurs vies pour informer, et à ceux qui l’ont perdu.

Jaskiers

Le vin de la colère divine par Kenneth Cook

Quatrième de couverture :

Aller combattre le communisme pour sauver le monde : tel est le motif qui conduit un jeune homme de vingt ans à se retrouver au cœur de la jungle du Vietnam. Confronté à la mort, il ne peut se raccrocher qu’aux valeurs chrétiennes et occidentales auxquelles il croit. Mais survivre au crescendo des bombes et de napalm mène à accepter les pires atrocités. Et à oublier la « guerre juste », lorsque se répand, dans une vision d’apocalypse, le vin de la colère divine.

« Dans une narration à couper le souffle, l’écrivain australien Kenneth Cook fait acte de foi en la littérature, celle qui réveille les consciences. Le vin de la colère divine est un cataclysme. » – Télérama

Kenneth Cook, écrivain couronné de succès, journaliste et leader d’un parti politique opposé à la guerre du Vietnam, fut un personnage hors norme. Il est également l’auteur du Koala tueur, de La vengeance du wombat et L’ivresse du kangourou, tous parus aux Éditions Autrement.

Ceci est un roman, l’histoire n’est pas tirée du vécu de l’auteur. C’est un changement, pour moi, amateur de récits de guerres écrient par des anciens soldats. Mais ce petit roman s’avère être au final un bon changement dans ma routine de lecture.

Ce jeune homme narre son histoire accoudé à un bar. C’est comme si vous étiez son ami de beuverie pour un soir, vous rencontrer ce jeune bidasse de 20 ans, qui a l’air d’en faire 10 de plus, et il vous narre son expérience.

Fervent catholique, il s’engage volontairement dans l’armée américaine pour combattre le communisme. Parce que, selon lui, les communistes sont les ennemis de Dieu. Il semblait presque parti pour une croisade, bien qu’il ne le mentionne pas tout au long de son récit, tout comme il ne mentionne pas les Vietnamiens, les Nord-Vietnamiens, les Viet-congs. Non, tous le long du récit, il les appelle « communistes ».

Jeune, croyant et bon soldat, l’expérience de la guerre du Vietnam va le plonger dans une grande confusion. Sa foie est ébranlée. N’est-il pas marqué dans les 10 Commandements : « Tu ne tuera point ? »

De plus en plus confus devant l’horreur, devant la mort, les valeurs qu’il a appris enfant auprès d’un père aimant et d’une mère française se désagrège. Il cherche à comprendre tout en ne cherchant pas. Il s’exprime par contradictions, sophismes, répond à ses propres questions pour les remettre en doute tout de suite après.

Sa rencontre avec Karl, venu remplacer un camarade de guerre du narrateur (ce dernier n’a d’ailleurs pas de nom, il n’est du moins pas mentionné dans le récit), qui s’autoproclame militariste-pacifiste n’arrange pas sa remise en question perpétuelle de sa foi, de sa place sur Terre, des Hommes, de leur natures, de la politique et de la guerre.

Durant une permission dans une ville de L’Asie de l’Est, qu’il ne nomme pas, il rencontrera Santi, un Vietnamien, avec qui il se saoul. Le narrateur notera avec quelle bienveillance, quel respect il est traité par cet homme. Il pourrait être un ennemi, ce qu’il a fait dans se bar, se lier avec un vietnamien est déconseillé par l’armée, mais Santi est bon, loin des stéréotypes racistes véhiculés par l’armée. La confusion qui s’exerce dans sa tête devient obsédante. Que penser de cette guerre ? S’est-il trompé d’ennemi ? S’est-il fait manipuler pour aller combattre si loin de chez lui des hommes qui, bien qu’ayant des croyances différentes, restent des hommes comme lui ?

Entre questionnement, au bord de la folie, de la confusion la plus extrême, le jeune homme plongera en plein enfer, le napalm, les bombes, les balles, les cadavres, les agonisants. Il ne sait même plus si il pleur. Le peut-il encore ? Sait-il encore ce qu’est se sentiment ? Les sentiments ?

La fin de son récit termine en apothéose. Un enfer sur Terre, une vision d’apocalypse.

Son récit terminé, le jeune homme ne vous dit ni au revoir ni à la prochaine. C’est nous qui partons, car il semble avoir déversé toute sa confusion et ses réflexions sur vous, jusqu’à ces derniers paroles.

Une réflexion sur la jeunesse, l’éducation, la religion et la guerre. Une dure expérience, qui remet en doute certaines de vos valeurs, sans les changer, peut-être, mais vous pousse à vous remettre en question comme le narrateur le fait. Sur vos croyances, votre éducation, l’autorité exercée sur vous et sur le monde en général.

Voici quelques extraits qui, je pense, montre la confusion et la peur du narrateur, qui le suivent tout au long de l’ouvrage :

Mais chaque fois que je pense, il m’apparaît qu’en ce bas monde, un homme sain d’esprit n’a d’autre choix que de devenir fou.

Nous ne pensions pas vraiment tuer. Nous ne pensions pas beaucoup, en réalité ; enfin, c’est ce qui m’apparaît maintenant. Il était impossible de penser. Qu’est-ce que veut dire « penser » de toute façon ?

En y repensant aujourd’hui, je dois reconnaître que j’étais le roi des cons. Ma seule consolation, c’est que nous étions tous les rois des cons.

Si ça se trouve, le monde foisonne de gens qui réalisent que leurs actions sont insensées mais qui craignent de passez pour des fous s’ils se comportaient raisonnablement. J’espère qu’il en est ainsi, mais je n’en suis pas si sûr.

Je m’étais attendu à quoi en partant à la guerre ? À ce que toutes les balles finissent dans les parties les plus charnues de la jambe et à ce que les ennemis soient les seules victimes ?

En général, l’idée qu’on enterre les gens, ou même qu’on les incinère, me dérange. Le principe même que les gens meurent me dérange. Je préférerai que ça n’existe pas.

La raison en était sans doute évidente. Mais je soupçonnais que le vraie raison n’était pas la raison évidente. Rien de ce qui est évident ne semble être vrai.

[…] Sans parler de cette bonne vielle maxime qui raconte plus ou moins qu’il faut prendre les armes pour faire taire les armes. Ils sont tous fous.

– Qui est fou ?

– Tout le monde. […]

Si tous les hommes qui en ont tué d’autres, depuis qu’il y a des hommes, étaient alignés les uns à côté des autres, combien de fois feraient-ils le tour de la Terre ? Et tous les morts ? Lesquels représentent le plus grand nombre, ceux qui ont tué ou ceux qui ont été tués ?

[…] il s’y inscrivait si il y avait une logique. S’il n’y en avait pas, eh bien, il n’y en avait pas. Mais il devait bien y en avoir une, car s’il n’y en avait pas, comment concevoir l’idée qu’il y en ait une ? Est-ce possible ?

[…] – Justement. Je trouve difficile d’imaginer un contexte permettant de justifier moralement une guerre moderne : on doit tuer trop de gens qui n’ont rien à voir avec la guerre.

L’armée vous aide à créer des illusions. Elle offre quelque chose de rassurant et convenable, avec le son du clairon, des tambours, et le rythme des soldats qui marchent au pas, sans compter qu’on vous tient occupé la plupart du temps, limitant tout loisir d’entretenir des pensées subversives. C’est sans doute la grande découverte qu’ont dû faire les généraux : le premier homme qui s’est dit « Je dois absolument occuper les lascars pour qu’ils n’aient pas le temps de penser. » a sans doute ouvert la voie à toutes les armées du monde.

[…] Mais ce qui m’inquiète – enfin, ça ne m’inquiète pas vraiment, pas trop en tous cas – bref ces actes que nous devons commettre… Les combats sont si atroces que je me demande s’ils sont justifiables.

Tous les bruits [dans la jungle] étaient ceux de chasseurs et de proies : les bruits de la violence. Aucun d’eux n’arrivait à la cheville de la violence que nous avion perpétrée […] L’idée de violence est d’ailleurs enracinée dans la nature […]

Il y a peut-être une logique à tout. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas – mais elle m’échappe. En fait, il y a forcément une logique ; la pure futilité, apparemment aveugle, de tous ça exige qu’il y ait une logique.

Je crois que j’essayais d’organiser mes pensées de manière ordonnée et civilisée, comme j’avais appris à le faire, ce qui est en triste contradiction avec les faits. En réalité, mon esprit paniqué tournait en rond. Réaction typique de l’esprit…

Un soldat doit se sacrifier pour la victoire. Savoir qui le tue n’est qu’une question théorique. Ça ne fait pas grande différence après coups, et si l’on accepte que la victoire représente le but ultime et que la mort est un mal nécessaire, ça ne fait pas une grande différence avant non plus. À moins d’avoir l’infortune d’être partis les soldats qui vont se faire tuer. Ça avait de l’importance à mes yeux.

Affirmation, infirmation, dans la même phrase. La confusion est le maître mot de se roman, de l’esprit devenu torturé et fragmenté par la guerre et ses visions d’horreurs. Sa lucidité, son intelligence ont été ses pires ennemis. Il est dur d’imaginer le futur du narrateur tant sa vie est maintenant entachée, et sa foi, pilier de son psyché, ébranlé, ébréché, craquelé, d’une manière violente à cause de manipulations, de mensonges et de l’expérience de soldat. À nous lecteurs de nous faire notre propre histoire sur ce que serait devenu ce « jeune homme » après avoir entendu son histoire. Et de se poser la question de tout ces autres jeunes hommes qui ont vécut un enfer similaire. Et qui sont sûrement accoudés aux bars, un verre à la main, attendant un badaud pour lui conter une énième fois son histoire. Peut-être pensent-ils avoir encore 20 ans d’ailleurs. Car il semble que personne ne sort grandi de la guerre, elle semble plutôt vous traumatiser au point que plus rien ne puisse vous faire avancer. Rester coincé mentalement au moment ou l’horreur du conflit vous touche. Une frontière mentale. Vous n’avancerez plus.

Jaskiers

Le dernier ermite de Michael Finkel

Quatrième de couverture :

En 1986, Christopher Knight, un jeune homme intelligent et timide, décide de quitter la société des hommes pour vivre dans une solitude totale au cœur de la forêt du Maine. Pendant près de trente ans, il ne parlera à personne, fuira tout contact, apprenant à survivre au froid et à la faim grâce à son courage et à son ingéniosité. Pendant toutes ces années aussi, il réussira à s’introduire dans des cottages pour trouver des vêtements, des livres, des piles, de la nourriture… qui lui permettront de traverser sous sa tente les terribles hivers de cette région américaine, jusqu’à son arrestation en 2014.

Michael Finkel a été le seul journaliste auquel Christopher Knight a accepté d’accorder de nombreux entretiens. Un ouvrage qui n’est pas seulement un récit de survie mais qui pose des questions fondamentales sur la solitude et les contrastes de notre société.

J’avais acheté ce livre durant le deuxième confinement, à la fin de l’année dernière. Je m’étais dis qu’il serait intéressant de voir comment un homme avait pu être isolé de tout et de tous durant 27 ans. Et il s’avère que même après cette lecture, finie durant ces temps de déconfinement, se livre m’a beaucoup apporté.

Étant un solitaire, je me suis reconnus dans certains traits de caractères de l’homme, Christopher Knight, l’Ermite. Devenu une légende de son vivant.

Les gens racontaient des histoires sur un homme des bois mystérieux qui volait de la nourriture dans les petits chalets des vacanciers du camp de Pine Tree, au bord du North Pond à l’ouest d’Albion, dans l’état du Maine.

En 27 ans, Christopher Knight, l’ermite du Maine, au nord-est des États-Unis n’a prononcé qu’un seul mot : « Bonjour », à un randonneur passant près de la forêt où il vivait.

Il vivait de petit larcins, de cambriolages, effectués dans les petites cabines des vacanciers. Il volait de la nourriture et des habits, des piles et des batteries de voitures, quelquefois des deodorants et de vieilles consoles de jeux vidéos. Il ne cassait jamais rien, ne volait jamais d’objets précieux. Il n’était jamais armé. Les propriétaires de ces cabines ne l’ont jamais attrapés. Quelques images sur des caméras de surveillances mais rien de plus. Il aura fallu le garde du camps de vacanciers et quelques ami(e)s à lui pour réussir à l’attraper. Pendant 27 ans, il a réussis à échapper à ces hommes et femmes. Malgré les battues, les vacanciers, les randonneurs, personne ne savait qui il était. Ni où il vivait. Son campement n’était pas extrêmement loin des chalets. Même plutôt proche. Mais Knight connaissait par cœur son environnement, il pouvait le faire lors de nuit sans Lune, sans faire un seul bruit. Les types de sols, les branches, il connaissait son environnement comme si il l’avait créé. La nature a créé son environnement, il s’est juste adapté.

L’Homme a une capacité d’adaptation à son environnement incroyable. Chris l’a utilisé avec intelligence pendant plus de deux décennies.

Son camps était extrêmement difficile d’accès aussi bien qu’il était caché. Il y survivra durant les terribles hivers qui s’abattent sur le Maine chaque année.

Le camp de Christopher Knight.

Lire, méditer, construire, voler. Ça vie se résumait à ces quatre mots. Surtout, ne jamais rencontrer d’être humain. Il ne les comprends pas. Il n’est pas méchant, ni violent. Mais les interactions avec autrui étaient trop compliquées pour lui. Certains psychiatres soupçonnent que Chris souffrirai du syndrome autistique, plus précisément d’Asperger. Mais cela ne reste que des suppositions.

Une fois arrêté, en prison, c’est un enfer qu’il affronte, intérieurement, dans son âme. Le bruit, les prisonniers, les gardes, les murs. Il est perdu, inconsolable. Michael Finkel, l’auteur, qui lui rendra plusieurs fois visite, ne croisera que très peu son regard.

Michael est froid, distant, parfois arrogant. Il a une vision bien à lui de la vie. Chaque interaction avec un autre être humain est un supplice.

Après son procès, sa vie changera, il sait qu’il ne pourra jamais retourner dans SES bois. Dans son univers, à lui. Dans son silence. Il se voulait être l’ermite « ultime », il l’a été, de son point de vue, pendant toutes ces années.

Apprendra à vivre avec les autres, travailler, parler à des psychothérapeutes. Autant de défi, pour celui qui n’a prononcer qu’un seul et unique mot pendant 27 ans.

Christopher Knight durant son procès.

J’ai moi même de l’affection pour le silence, c’est rare de nos jours, le silence. C’est un luxe, une rareté. Le bruit est une pollution qui agit grandement sur la santé mentale, pouvant entraîner des problèmes de santés physiques. Pour moi, et pour Christopher Knight aussi, le silence va de pair avec la solitude. Se retrouver face à soi-même peut être terrifiant, mais je pense qu’il faut s’affronter parfois.

J’ai découvert que personnellement, la solitude est presque addictive. Personne pour vous juger, personne pour critiquer ou déranger. Malheureusement, se déconnecter de la société est dangereux, surtout en France où les relations humaines priment. Le contact humain est important en France. Bien sur, il n’y a pas que dans l’hexagone. Mais la France a sa culture, et elle aime le contact.

Certaines personnes devraient comprendre qu’avoir envie d’être seul est aussi normal qu’avoir envie d’être avec le monde. Même, les solitaires sont solitaires et n’ont pas à être jugés comme égoïstes ou égocentriques, comme nous ne jugeons pas négativement les personnes ultra-sociable, être solitaire ne devrait pas être une tare. Nous sommes qui nous sommes, même la science nous le dit. Vivez votre vie comme vous l’entendez, mais ne jugez pas les personnes qui pensent et vivent différemment de vous comme mauvais.

Pas d’enfant, pas de mari/femme, pas de maison ni de voiture à rembourser. Certains veulent vivres comme ils l’entendent, rien ne force à suivre les mêmes routes. Nous sommes libres et certains prennent cette liberté et la bichonne et l’utilise, la polisse comme bon leur semble.

Ne vous engagez à rien avant d’avoir bien réfléchis, si comme moi, ou Chris, votre liberté est le bien le plus précieux que vous avez.

Laissez nous être. Laissez vous vivre.

Le silence est d’or et la parole et d’argent. Comme nous disons en France. Lequel de ces deux métaux est le plus précieux ?

Voici pour vous de nombreux extraits, à méditer, à débattre ou juste à lire.

Extraits :

Après un quart de siècle d’enquêtes décousues, assorties de battues, de survols et de relevés d’empreintes, menées par qu’âtre force de maintien de l’ordre distinctes […] personne n’avait jamais pu découvrir l’identité de l’ermite.

Christopher Knight, pourrait-on avancer, est de toute l’histoire de l’humanité l’être le plus solitaire qu’il nous ait été donné de connaître.

« […] Que le silence intimide, cela me rend perplexe. Pour moi, le silence est normal, confortable. » Plus tard il ajoutait : « J’admets ressentir un peu de mépris envers ceux qui sont incapables de se taire. »

La mousse recouvrant les rochers, mon pied a ripé et le poids de mon sac à dos, bourré de matériel […], m’a fait perdre l’équilibre d’un coup. J’ai roulé-boulé la tête la première, me suis cogné le front contre une roche […] L’une de mes chaussures de marches, pas adaptées à ces bois, s’était déchiquetée. Knight arpentait ces lieux sans arrêt. En silence. Sans se blesser. De nuit. Comment était-ce possible ?

[…] Un marteau arrache-clou presque avalé par un tronc était devenu impossible à retirer, et Terry Hughes [le Shérif] m’a confié que c’était ce marteau, plus que tout le reste, qui lui avait fait comprendre combien de temps l’ermite avait vécu là.

Le désir d’être seuls, ont découvert les biologistes, est en partie génétique et quantifiable, dans une certaine mesure. Si vous présentez de bas niveau d’ocytocine, neuropeptide sécrété par l’hypophyse – parfois qualifiée de principale composante chimique de la sociabilité – et de fortes concentrations d’une hormone, la vasopressine, susceptible de réduire votre besoin d’affection, vous aurez tendance à moins exiger de relations personnelles.

Sa famille n’avait apparement jamais contacté la police au sujet de la disparition de Chris.

Une force qui le dépassait l’avait attiré loin du monde avec toute le persistance de la gravité. Il aura été l’un des solitaires les plus endurants qui soient, et parmi les plus fervents. Christopher Knight était un véritable ermite.

Il souhaitait vivre une solitude inconditionnelle, un exilé dans une île de sa propre création, former la tribu d’un homme seul, sans aucun contact extérieur.

Les saletés qui comptent, les mauvaises bactéries, le virus malfaisant, tout cela se transmet généralement par la toux, les éternuements, les poignées de mains et les baissés. Notre santé et parfois le prix à payer de notre sociabilité. Il s’était placé en quarantaine loin de l’espèce humaine et s’évitait nos dangers biologiques. Il restait d’une santé phénoménale.

La lecture était sa principale forme de divertissement. […] À l’intérieur d’un livre, la vie lui semblait toujours accueillante. Elle ne lui imposait aucune exigence, alors que le monde des relations humaines étaient si complexes.

Les physiologistes pensent que, dans des environnements naturellement silencieux, notre organisme se détend, parce que c’est le cadre dans lequel nous avons longtemps évolué. Nos sens ont mûri dans les prairies et les bois, et restent calibrés sur cette base.

Il a pu se considérer comme l’un des rares individus sains d’esprits qui restent. Il était déconcerté de ce que passer les meilleurs années de sa vie dans le box d’un bureau, de passer des heures, tous les jours, devant un ordinateur, contre de l’argent, soit jugé acceptable, mais que se détendre dans une tente au fond des bois soit la marque d’un être dérangé.

Il renonçait à tout artifice ; il devenait à la fois personne et tout le monde. […] Il existait, simplement, pour l’essentiel, dans un maintenant perpétuel.

Il obéissait à un appel très étrange et demeurait fidèle à lui-même, plus que nous ne l’oserons jamais.

En espérant que ces lignes vous aiderons à comprendre le besoin de certains d’être seuls, d’avoir besoin de silence et d’introspection. De vivre leurs vies comme bon leurs sembles.

Jaskiers

Have You Ever Seen The Rain par Creedance Clearwater Revival

Have You Ever Seen The Rain par Creedance Clearwater Revival sur YouTube

Nous sommes en 1971, quelque part au Vietnam du Sud.

De retour d’une patrouille en pleine jungle qui a tourné au vinaigre, vous avez gagné le droit à un peu de repos à l’arrière.

Vous n’êtes sûrement pas loin de Saigon, certains frères d’armes y sont partis pour s’amuser, filles de joies, opium, herbe et LCD, les boys l’ont bien mérités comme l’a dis votre vieux commandant.

Vous ? Vous avez besoin d’un peu de repos, allongé sur la première chose qui vous semblez confortable. Ou plutôt affalé. La nuit ne vous a pas apaisé. Toutes ces foutues scènes d’horreurs vous reviennent en mémoire. Et les fameux « et si ». Ça vous détruit un homme autant qu’une balle en pleine tête. Ou presque.

Un gars dans la tente allume sa radio. Un type y gueule « Goooooood mooorning Vietnam ! ». Il a l’air sympa se type à la radio. Vous ne savez pas ce qu’il fume pour être d’aussi bonne humeur le matin. Ou peut-être est-ce comme ça pour ceux qui ne cauchemardent pas, qui n’ont pas cette fièvre qui s’allonge sur vous à la fin d’une méchante escarmouche et vous tiens compagnie jusqu’aux petit matin comme une fidèle amante.

Il lance une chanson. La mélodie est entraînante. Presque douce. La voix du chanteur est nasillarde, il semble la pousser aussi fort qu’il peut, c’est à dire pas beaucoup. Vous l’avez déjà entendu se type, se groupe, chanter à propos d’un fils malchanceux ou un truc comme ça.

Là, il vous demande si vous avez déjà vue la pluie tomber un jour ensoleillé.

« Oh que oui » vous avez envie de lui dire. De la pluie orange même. Même une pluie de feu. Vous aimerez bien lui dire de venir voir par lui même, mais qui voudrai venir ici ? À par les couillons « draftés » comme toi et ces têtes brûlées avec leurs appareils photos qui s’embarquent avec vous aussi tranquillement qu’une mouche se pose sur la merde.

La vraie pluie ici au Vietnam, vous avez envie de lui dire, quand elle tombe, elle ne fait pas semblant la garce ! On appelle ça la mousson. Enfin elle rafraîchie. Comme une gaze, imbibée d’onguent qui pue, qui se pose sur votre chair rougeâtre, parfois noircie et brûlante. Tellement froide cette gaze que quant elle se pose au contact de votre moignon, vous pourriez penser y voir de la fumée sortir. Et puis elle disparaît sous le bandage.

Ah oui, vous avez perdu une jambe.

Ça sera bientôt le retour au pays.

Ça gronde sévère là-bas aussi, à la maison. Comme la tempête dans la musique qui passe dans vos oreille tel un mirage. Elle est trop courte cette musique. Trop longue cette guerre.

Vous n’avez rien demandé vous. Les Vietnamiens ne vous ont jamais rien fais de mal. Mais c’était la loi. De retour au pays, vous savez que deux clans vous attends, ceux qui pensent que vous avez fais votre devoir et ceux qui pensent que vous êtes un bourreau de plus.

Pour être franc vous n’en savez rien. Vous voulez juste la paix. Vous êtes fatigué.

Il fait chier cet animateur radio… Pourquoi il a pas mis se Hendrix avec sa guitare bourrée de LSD ?

Votre pied commence à vous faire mal, même si se dernier est quelque part dans la jungle, à des centaines de kilomètres de votre jambe. Vous ressentez une douleur… une douleur fantôme.

Vous avez envie d’entendre la pluie, la fraîcheur oui, la pluie vous berce, son rythme vous hypnotise. Se concentrer sur autre chose que la douleur lancinante, qui vous élance à chaque battements de votre cœur. Finalement, cette musique n’était pas si mal…

I want to know,
Have you ever seen the rain
I want to know,
Have you ever seen the rain
Comin’ down on a sunny day ?

Jaskiers

Ernest Hemingway VS William Faulkner : une guerre de style.

Faulkner : « Il [Hemingway] n’a jamais été connu comme un écrivain utilisant des mots forçant le lecteur à ouvrir un dictionnaire. » Hemingway : « Pauvre Faulkner. Est-ce qu’il pense vraiment que les grandes émotions viennent des grands mots ? »
Suite de la réponse d’Hemingway : « Il pense que je ne connais pas les mots qui rapportent gros. Je les connais tous. Mais il y a des mots plus vieux, plus simple, des mots meilleurs, et ceux là sont les mots que j’utilise. »

Pour ceux qui n’étaient pas au courant, Hemingway et Faulkner ne s’appréciaient pas. Leur clash était équivalent à celui de vos rappeurs américains préférés ! (Sans les insultes sur les mères et autres immondices.)

Cela a commencé avec Faulkner, disant qu’Hemingway n’utilisait pas de mots savants, compliqués. Et Hemingway était du genre à répondre férocement quant l’envie lui en prenait. Et on connaît l’ego que peuvent avoir certains écrivains, voir les jalousies qu’ils entretiennent.

Mais je n’écris pas cet article pour parler de leur clash en détail. Je voulais exposer mon avis sur ces deux différentes vues sur l’écriture.

Je ne crois pas qu’il faille utiliser des mots compliquer pour écrire ou s’exprimer. Les discours de Churchill n’utilisaient pas de mots compliqués, ils étaient juste parfaitements agencés. Il était un orateur exceptionnel, sa tonalité tapée et rythmée avec son accent, sa prestance et son charisme finissaient le travail.

Je pense que les personnalités politiques utilisent des mots simples pour toucher et se faire comprendre de la masse et des mots compliqués pour éluder une question, pour embrouiller l’auditeur lambda.

On pourrait parler de sémantique, de la dialectique, voir, si on pousse, de la réthorique. La manipulation, pour pousser les trois termes dans un cadre politique et/ou d’agenda divers, est un ingrédient essentiel pour gouverner/manipuler une masse. En tirant un peu, nous en avons l’exemple avec la crise de la Covid-19. Nos politiques (en France) ont usé de mots nouveaux (reconfinement, cluster…) et de manipulation de masse (attention je ne parle pas ici de théorie du complot, ni de la crise sanitaire en profondeur, ce n’est pas le sujet) quand par exemple au début de la pandémie, il nous a été dit que les masques n’étaient pas nécessaires pour ensuite nous dire qu’ils étaient indispensables quelques semaines plus tard. L’académie française s’est même penchée sur le genre du mot « Covid-19 » (il est féminin). Il y a moult exemples mais je pense que pour cet article, nous en avons assez.

On pourrait presque parler de la Novlangue de Georges Orwell, se génie dont le livre, 1984, est tellement puissant qu’il semble avoir été écrit ces dernières années. Je pense qu’Orwell a puisé son Novlangue en observant l’URSS et le régime Nazi et leurs méthodes de communications verbales, leurs propagandes, aux masses. Mais j’ai encore pris une tangente à la Thompson, bien que les tangentes de cette tête brûlée étaient bien plus marrantes et intelligentes. Ceci reste mon article donc mes avis, mes erreurs.

On reprochais à Hemingway sa prose simple, pourtant il accuse à son palmarès littéraire un prix Nobel. Mais Faulkner aussi a été le lauréat de se fameux prix littéraire.

Peut-on aimer Faulkner en même temps qu’Hemingway ? Il serait grave, de mon point de vue de répondre non. Les deux hommes étaient en concurrences, étaient talentueux, compétitifs et avaient chacun leur propre style. C’est une histoire de style. De mon point de vue.

Bien sur, étant un grand amateur de littérature américaine, j’aime les deux. Mais si vous me connaissez, j’ai mon champion. Hemingway.

Comme je l’ai écris plus haut, je pense qu’écrire et la qualité d’un écrit ne tient pas au nombre de mots compliqués insérés dans le texte. Écrire tiens plus d’un besoin de s’exprimer, de raconter, de partager, d’exorciser, d’expliquer. D’abord. Puis ensuite et tout naturellement vient le style, qui se développe au fur et à mesure de la pratique, du temps, de l’expérience. Un style direct, « simple », bien organisé visera le lecteur en pleine face, sans pitié. Tandis qu’un texte contenant ces fameux mots compliqués vise à quelque chose qui tend à me dépasser. Mais qui n’en est pas moins dénué de beauté. Ni d’intérêt. Ni de sens, cela va de soi. Mais je dois le dire que parfois, je me perds à la rencontre de ces mots trop compliqués, trop nombreux.

Lire un récit contenant trop de mot qui me sont inconnus ou abstraits me frustre. Que cherche l’auteur écrivant avec se style ? Personnellement, j’ai l’impression que la personne derrière la plume cherche à étaler son savoir, son érudition, un « je connais des mots compliqués, voyez vous comment je suis intelligent et à quel point je suis un très bon auteur ? ». Ont-ils quelque chose à prouver ?

De même, utiliser des mots « simples », juste, précis ne fait pas de l’auteur une personne non-instruite, sans culture, sans intelligence. Loin de là. Il faut d’ailleurs, je pense, avoir une connaissance, comme le dit Hemingway, de ces mots compliqués pour pouvoir écrire avec des mots simples.

Utiliser des mots compliqués avec parcimonie ne me dérange nullement, mais un texte truffé de mots savants m’amène à vite bâcler ma lecture.

Je ne blâme en aucun cas ces auteurs, chacun a ses préférences et ses goûts. Peut-être que je juge trop sévèrement, que je changerai d’avis (et de goûts ?) dans le futur. Mais pour l’instant, je cherche des lectures qui atteignent mon esprit et mon cœur plutôt que mon vocabulaire. Et il faut dire que je suis une sacré tête de bois. J’apprends un mot nouveau pour l’oublier dans les minutes qui suivent. Peut-être lisez vous actuellement quelqu’un de frustré de ne pas avoir une connaissance des mots en béton, ni une bonne mémoire. C’est même sur.

J’ajouterai, et là encore c’est un avis purement personnel que c’est très français d’utiliser des mots compliqués. Les mots simples ont plus de poids car ils atteignent beaucoup plus de personnes. Et c’est ce que l’on veux à la fin non ? Partagez au plus grand nombre et se faire comprendre ? Ou peut-être voulons-nous attirer un groupe de lecteur spécifique grâce à notre style ? Le style est-il quelque chose d’innée, qui peut évoluer, s’améliorer mais ne pas changer, fondamentalement ? Sommes nous cantonnés à une certaine audience/public à cause de notre style ?

En tous cas, j’essaie actuellement d’écrire une nouvelle en anglais, c’est un exercice difficile donc un bon challenge. Je sais que je ferai des erreurs mais j’avais envie d’essayer et je ne trouve pas l’exercice repoussant. Et comme je ne suis pas totalement bilingue, je peux me permettre d’écrire mon histoire sans trop de fioriture et de mot « à 10 dollars » car j’ai cette excuse et donc une pression en moins. Mais cela est personnel. Et si ça se trouve, je ne finirai jamais se projet. Je procrastine. ( J’ai utilisé un mot savant ! Je vous vois de ma fenêtre avec vos fourches ! « Mais s’est quoi cet article de merde ! »)

Je pense que le plus important est de prendre du plaisir à écrire. Et à lire. Le reste n’est que fioriture.

« La meilleure fiction est bien plus vraie que n’importe quel journalisme »

Et les deux ennemis avec cette citation de Faulkner se trouvent un terrain d’entente. Hemingway revendiquait lui aussi l’utilisation de la fiction pour parler d’expériences ou de faits réelles. Voir ses nombreux récits autobiographiques qu’il a écris en mettant en scène un personnage, Nick Adams, qui n’est autre que Hemingway lui même.

Jack Kerouac : Un jour je trouverai les bons mots, et se seront les plus simples.
En attendant, j’ai choisis mon champion.

P.S : Je ne déteste pas Faulkner pour autant, bien au contraire !

Jaskier

J’ai trouvé une perle

TA DA !

Vous vous rappelez quand je vous ai dis que j’avais sûrement tout lu sur Hemingway, hey bien non !

Avec Hemingway, je suis comme un(e) ex qui ne veut pas admettre que la relation est terminée. Je suis en chasse, tous les jours, pour voir si je n’ai pas un peu d’Hemingway à me mettre sous les yeux ! Et j’ai trouvé se livre, d’occasion, pas excessivement cher. Je l’ai reçus aujourd’hui bien que je l’attendais, selon les informations de livraison, courant fin mai. Mon étonnement était énorme. Encore plus quand j’ai vu se mastodonte de livre. Je l’ai juste feuilleté, et j’ai été, pendant un bref instant dans se monde difficile, le plus heureux des Hommes.

Des photographies et des lettres d’enfances d’Ernest.
Page prise au hasard dans le livre, juste pour montrer un peu se qu’il a dans le ventre.

J’ai lu, je crois, 3 biographies d’Hemingway. Je ne pense pas apprendre pleins de nouvelles choses sur le bonhomme, je pense par contre apprendre des petits bouts de vies et découvrir des photographies que je n’ai jamais vu.

Le livre est est présenté par une certaine Mariel Hemingway ! Une des petites filles d’Ernest ! (Voyez la photo plus bas pour plus d’infos.)

D’ailleurs, j’avais prévu de parler d’une autre petite-fille d’Hemingway, Margaux Hemingway, elle aussi actrice, elle était aussi mannequin. « Était » car elle n’est plus de se monde. Le problème est : comment vais-je bien pouvoir parler de cette femme ? Je procrastine sur cet article. Et sur un autre, concernant la Malédictions des Hemingway. Terme que je déteste et sujet au combien délicat car il traite des suicides dans la famille Hemingway. Je n’ai aucune idée de quand ou si j’écrirai ces articles. Je voudrai être juste, prudent et respectueux envers les personnes sur lesquelles je veux écrire. C’est un « exercice » que je dois faire, c’est personnel.

Margaux Hemingway, petite fille d’Ernest Hemingway, actrice et mannequin. (Photo : Wikipedia)

Vous êtes ici, si vous êtes nouveau/nouvelle sur le blog, dans le domaine d’un aficionados d’Hemingway.

L’article n’est d’ailleurs pas terminé.

J’ai revendiqué avoir presque tout lu d’Hemingway et sur Hemingway. Cet article prouve que c’est faux. Et comme je suis loin de vouloir passer à autre chose, j’ai décidé de (re)lire ses livres en anglais. Je ne suis pas fou, ça se tient !

Le style Hemingway, est d’abord un style anglais. Bien que le monsieur parlait français, italien, espagnol et même un peu d’allemand, Hemingway écrivait en anglais.

J’attends donc une autre cargaison d’Hemingway, cette fois dans la langue de Shakespeare. J’ai déjà trouvé un ouvrage sur ses poésies, certaines inédites. Le voici :

La folie Hemingway ne semble pas me quitter d’aussi tôt. Et j’en suis heureux.

Je pense avoir tout dis… en faite non ! Bientôt arrivera un article sur Hemingway et son meilleur ennemi, Faulkner. Celui la est déjà écrit, mais en cour de révision.

Hemingway Much ?

Jaskiers

Les nus et les morts – Norman Mailer

Quatrième de couverture :

« Le plus grand roman sur la Seconde Guerre Mondiale… et peut-être sur toutes les guerres. »

San Francisco Chronicle

Provocateur, iconoclaste, talentueux, Norman Mailer a été l’un des enfants terribles de la littérature américaine tout comme l’observateur subversif d’un pays dont il n’a cessé de condamner les dérives.

Lorsqu’il publie Les nus et les morts en 1948, il n’a que vingt-cinq ans mais a déjà vécu l’expérience de la guerre. Traduit en 25 langues, ce récit fulgurant de réalisme et de révolte, qui met en scène des hommes envoyés en mission derrière les îles japonaises pour conquérir une petite île du Pacifique Sud, connaît un retentissement immédiat. Couronné par le prix Pulitzer, il marque l’entrée en littérature mais aussi dans la légende l’un des plus grands romanciers américains.

« Brutal, angoissant, incroyablement puissant. »

Newsweek

« Un livre éclatant de vie, vibrant de vrais personnages, de scènes mémorables. Bien plus qu’un formidable récit sur la Seconde Guerre Mondiale, une œuvre à part entière. »

The Philadephia Inquirer

« Sept cents pages de bruit et de fureur raconté avec un stylo en guise de lance-flammes. »

Éric Neuhoff, Le Figaro

Depuis Les nus et les morts, Norman Mailer (1923-2007) n’a cessé d’occuper le devant de la scène internationale. Ravageur, survolté, vigilant, il fut, avec Un rêve américain, Les armées de la nuit ou Le chant du bourreau, l’écrivain à la « démesure » de l’Amérique de la seconde moitié du XXe siècle.

J’avais tellement entendu parler de Norman Mailer et il semble que je sois tomber sur une de ses meilleurs œuvres.

À 25 ans, publier un ouvrage de 600 pages avec comme sujet son expérience de la guerre et en sortir le prix Pulitzer… l’écrivain doit-être d’un autre monde.

Le premier paragraphe, la première ligne donne le ton et est peut-être une des meilleurs entames romanesque que j’ai lu.

Rien qu’en lisant ces lignes, vous savez le drame qui s’annonce. Surtout qu’au long du roman, vous êtes au côté de ces hommes, qui parlent crûment, comme des charretiers.

Le roman traite plus de la psychologie des soldats que des combats. Mailer démonte avec se roman l’incroyable « fraternité », la relation de frères d’armes qu’Hollywood et même d’autres livres nous ont colporté.

Entre jalousies, manipulations, traîtrises, et disputes, l’image des soldats frères d’armes prends une balle en pleine tête.

La narration utilisée par Norman est atypique, comme noté précédemment, les soldats s’insultent, se révolte, s’énervent, se rebiffent. Le roman est entrecoupé de petits récits, des flash-back, tantôt avec un style journalistique ou l’auteur semble interviewer les proches des soldats sur leurs enfances, d’autres où ils rentrent directement dans l’intimité et l’ancienne vie des soldats. C’est cru. La vraie violence du roman est la cruauté et la haine, pas nécessairement contre les japonais, mais envers eux même, leurs proches, leurs femmes. Fait encore rare dans se genre de roman, l’antisémitisme dans les rangs de l’armée américaine. Le sujet est traité du point de vue d’un soldat juif et pratiquant et d’un soldat juif mais dont la religion n’as aucun poids dans sa vie. Il est intéressant de voir l’antisémitisme dans les rangs américains durant la guerre du Pacifique, tandis qu’en Europe, des américains se battent contre l’Allemagne Nazie et découvrent les horreurs de l’Holocaust.

Encore plus intéressant et rare, l’auteur parle énormément de sexualité, omniprésente jusqu’à la fin. Les hommes parlent de femmes, la peur d’être trompé par la femme restée au pays, l’envie charnelle qui les hantes, les souvenirs d’amours passés et avec espérance, ceux à venir.

Vous aurez vos préférés, ceux envers qui vous vous identifierez, et ceux que vous détesterez. Et certains d’entre eux mourront.

Jaskiers

Héroïne : Catherine Leroy, photographe de guerre française, saute en parachute avec l’armée américaine, prisonnière au Vietnam, elle s’évade.

1 mètre 48 pour 40 kg, Catherine Leroy s’apprête à décoller avec la 173éme compagnie aéroportée américaine.

Catherine Leroy était une reporter et une photographe de guerre française. Elle remportera le prix Capa, une première pour une femme, pour sa couverture de la guerre civile au Liban et le prix George Polk pour celle du Vietnam.

Catherine Leroy avant son saut avec la 173è aéroportée, Opération ‘Junction City’, Vietnam. 22 février 1967 © Bob Cole

Elle fut faite prisonnière au Vietnam par les troupes Nord-Vietnamienne. Ces derniers lui donneront comme mission de prendre en photo leurs quotidiens. Elle s’évadera et ramènera des photos rares de la guerre côté Nord-Vietnamien pour Life.

Catherine Leroy avec les forces Nord Vietnamiennes dont elle fut prisonnière, Hué, Vietnam. Février 1968 © DCL (courtesy François Mazure)

Elle réalisera un film The Last Patrol sur l’histoire des mouvements contestataires contre la guerre du Vietnam.

Photographie de soldats Nord-Vietnamiens, prise par Catherine durant sa détention.

Elle couvrira plusieurs conflits : Vietnam, Somalie, Afghanistan, Libye, Iran, Irak…

Catherine Leroy au milieu de soldat américain au Vietnam.

Je n’ai pu trouver aucun livre sur elle, pas de biographie, rien. J’ai trouvé un ouvrage de photographies et de reportages compilés par Catherine : Under Fire: Great Photographers and Writers In Vietnam.

Peut-être ses photographies les plus connus. Celle prise durant la bataille pour la cote 881, ou un jeune soldat américain, Vernon Wike essai d’écouter si le cœur de son frère d’arme bat toujours. Catherine sera blessée lors de cette bataille.

Une grande femme oubliée par l’Histoire et la France.

Site internet dédié à Catherine Leroy et à ses travaux : https://dotationcatherineleroy.org/fr/

Jaskiers

Girl from the North Country – Bob Dylan featuring Johnny Cash

Pauvre Bob qui reçoit une bonne grosse tape de Johnny Cash sur le torse !

Girl from the North Country – Bob Dylan featuring Johnny Cash sur YouTube

Un magnifique « Folk Song » interprété par deux légendes de la musique américaine. Bob Dylan le vagabond avec Johnny Cash, l’ex-tollard ! Magie et douceur de la folk (country ?) américaine !

J’espère que vous apprécierez ces deux hommes en duo !

Je dédicace cette article à můj přítel Midian Poet !

So, if you’re travelin’ in the north country fair
Where the winds hit heavy on the borderline
Remember me to one who lives there
She once was a true love of mine

Jaskiers

Ma petite trouvaille personnelle. Ou pas !

Quand je lisais En Ligne, recueil d’article d’Hemingway, j’ai lu un article dont un passage me rappelai fortement une photographie de lui sur le front espagnol à Teruel, lors de la guerre civile espagnole. Voici l’extrait :

La chute de Teruel (dépêche de la North American Newspaper Alliance).

[…] Le soldat près duquel j’étais allongé avait des ennuis avec son fusil qui se bloquait après chaque coup de feu et je lui montrai comment ouvrir la culasse avec un cailloux […]

Et voici la photographie que je me souvenais avoir vu :

Je n’ai malheureusement pas pu trouver l’auteur de la photo, j’ai pensé à Robert Capa mais je n’ai rien trouvé.

Je ne pense pas avoir fait une découverte inédite, beaucoup de gens ont dû faire le rapprochement, mais je voulais juste partager avec vous ma petite trouvaille personnelle.

Si cela se trouve, j’ai complètement faux sur toute la ligne mais la photographie a bel et bien était prise sur le front de Teruel.

Jaskiers