Carnets de Guerre 1914-1918 par Ernst Jünger

Quatrième de couverture :

Les Carnets de guerre 1914-1918 constituent la face cachée d’Orage d’acier, qui pour André Gide, était « incontestablement le plus beau livre de guerre » qu’il ait jamais lu. Écrits directement dans le feu de l’action, ces quinze petits carnets d’écolier nous révèlent la matière brute sur laquelle Jünger se livra, une fois la paix revenue, à un savant travail de réécriture.

Fort peu de témoins sont restés autant d’années que lui en première ligne des combats, sans jamais cesser de prendre des notes d’une acuité stupéfiante. Sept fois blessé, Jünger a pu relater avec une objectivité volontaire glaciale les souffrances du fantassin.

Ce témoignage sans fard d’un engagé volontaire de dix-neuf ans ne cache rien des horreurs de la guerre. Mais il ne dissimule pas non plus l’enthousiasme de départ, la joie de se battre et le délire meurtrier qui s’empare des hommes au moment de l’assaut. D’où l’incontestable intérêt historique et documentaire de ces carnets qui révèlent également des aspects inconnus de la personnalité complexe d’Ernst Jünger.

J’ai lu Orage d’acier il y a de ça longtemps, j’avoue ne pas me rappeler de ce livre, enfin, il ne me rest en tête que de courtes bribes de l’ouvrage. Je me suis donc lancé dans la lecture de ce journal de guerre plus pour lire l’expérience d’un soldat allemand dans les tranchées en 14-18 que pour l’ouvrage que Jünger en sortira pour écrire Orage d’acier.

De tous les journaux personnels de guerre que j’ai eu la chance de lire, celui-ci est le plus brutal, le plus effrayant et réaliste que j’ai lu.

Ernst Jünger veut de l’aventure, il s’engage à 17 ans seulement dans la légion étrangère française. Son père le ramènera au bercail grâce à un avocat. L’entrée en guerre de l’Allemagne est pour lui l’opportunité de partir à « l’aventure ». Il voudrait même être un héros. Il s’engage dans l’armée allemande, paré à rentrer couronner de médaille et adulé.

Il écrira son journal dans les tranchées même, dans des cratères d’obus à 20 mètres des anglais. Au milieu des cadavres et de leurs restes, sous les balles et sous les innombrables types d’obus qui pleuvent autour de lui.

Soldat courageux et volontaire, il gagne en grade mais aussi en blessures. Et les amis disparaissent.

Il mène ses soldats à l’attaque, tue et voit ses hommes et amis se faire tuer. Le carnage et la terreur des bombardements de jour et de nuit. La folie de certains camarades dont les nerfs lâchent.

Plus surprenant, quelques conquêtes amoureuses avec les maladies vénériennes qui vont avec. Une honte, à cette époque, surtout quand on veut être un héros.

Ce qui est fascinant dans ce journal, c’est qu’il est écrit au jour le jour, comme noté plus haut, dans la boue, le sang, les balles et les bombes. Et du côté allemand, ce qui est intéressant pour moi, français, qui n’ai lu des récits de la guerre 14-18 que du côté de nos chers Poilus. En omettant Jünger et Erich Maria Remarque.

Certains passages sont surprenants, voir émouvants, comme ce jour ou les soldats allemands et anglais décident de sortir de leurs tranchées et de discuter, de boire, de plaisanter et d’échanger. Ils fraternisent ! La reprise du combat sera difficile car ils réaliseront qu’en face, les soldats sont des êtres humains comme eux et non des monstres.

L’ouvrage contient des extraits extrêmement violents et glauques. Jünger fera toute la guerre en première ligne (en omettant les nombreux séjours à l’hôpital et les permissions), témoignage extrêmement rare et de qualité.

Son corp, meurtri de cicatrices, c’est la guerre qui a marqué son passage comme lui l’a marqué et écrit sur ses petits carnets de notes. Survivre en première ligne durant toute cette guerre tient du miracle, son témoignage en est encore plus important.

Je vous ai choisi quelques extraits, certains montre la violence dont il est témoin et acteur :

L’indifférence envers les morts est massive, à peine les infirmiers en ont-ils traîné un derrière le parapet suivant qu’on recommence à plaisanter et à rire.

Les interpellations réciproques avec les tranchées adverses ne sont pas rares et souvent d’un certain comique. Par exemple : « Wilhlelm, est-ce que t’es encore là ? » « Oui ! » « Alors planque ta tête, j’vais tirer. » BOUMS ! « Ouais, trop haut ! » « Pas si vite, faut d’abord que je recharge! »

Disparus ! Disparus, et peut-être à jamais. Sur le front, les villages détruits, les arbres déchiquetés, les puits effondrés, les champs tout retournés par les obus […]

Lorsque j’ai quitté l’abri ce matin, un étonnant spectacle s’est offert dehors à mes yeux. Nos hommes avaient grimpés sur les parapets et parlaient avec les Anglais par-dessus les barbelés.

Il y a ici toute une jeunesse déjà vouée à la mort, aujourd’hui ou demain.

Dans les jardins, j’ai trouvé un os du bassin auquel étaient encore collés des lambeaux d’étoffe rouge française. Peu à peu, on acquiert ici des connaissances anatomiques.

En y mettant la meilleure volonté du monde, nous ne pouvions pas creuser un trou sans tomber sur des monceaux de cadavres. Une tête émerge ici, là un postérieur, plus loin un bras sort de la terre, là-bas gît une tête de mort.

Le lieutenant Pape me raconta qu’il avait trouvé dans une maison une toute petite fille morte. Certains civils devaient être encore couchés dans leur lit.

Chaque millimètre du sol a été retourné encore et encore, les arbres sont attachés, déchiquetés et pulvérisés comme sciure. Les maisons rasées par les obus, les pierres broyées en poussière. Les rails du chemin de fer tordus en spirales, les collines déplacées, bref, tout a été transformé en désert.

L’un des deux avait eu la tête arrachée, et le cou surmontait le tronc comme une grosse éponge sanguinolente. Le deuxième avait un bras fracassé d’où sortait des esquilles d’os, et une grande blessure à la poitrine. Le troisième avait été éventré, ses intestins et des organes internes s’étaient répandus sur le sol.

Au final, si vous avez lu Orage d’acier, je ne pense pas que ce livre vous apporte énormément car les faits relatés dans le journal sont présent dans le roman. A part si le roman vous a tellement happé que vous voulez en savoir plus. Ou vous pouvez choisir de lire ce journal à la place du roman. Qu’importe, les deux ouvrages sont puissants et importants pour la mémoire collective.

Une vraie et terrible expérience de la guerre, la lire et la ressentir dans vos tripes. Grâce à l’écriture.

Jaskiers

Onoda. Seul en guerre dans la jungle. 1944 – 1974. par Bernard Cendron & Gérard Chenu

Quatrième de couverture :

« Les subordonnés doivent considérer les ordres de leurs supérieurs comme directement émis par l’empereur. Toute désobéissance prend le caractère d’un sacrilège. »

Rester trente ans dans la jungle en croyant que la guerre continue : le sous-lieutenant Onoda n’a jamais capitulé. Envoyé aux Philippines en 1944, dans l’île de Lubang, pour organiser la guérilla, cet officier japonais refuse d’admettre que l’empire aurait perdu la guerre et mène une résistance inlassable contre un ennemi fantôme jusqu’en 1974. À cette date seulement, après avoir perdu ses trois compagnons d’armes et vécu dans une solitude absolue, Onoda consent à renouer avec le fil de l’histoire et à sortir de la jungle…

Bernard Cendron, diplômé des langues orientales, vit et travail au Japon depuis plusieurs années.

Gérard Chenu, journaliste, était spécialisé dans le domaine de l’armée et de l’espionnage.

Onoda, 30 années seul dans la jungle, à se battre contre personne mais persuadé que son empereur n’a jamais signé l’armistice, est une histoire vraie qui a attisé ma curiosité.

Malgré l’annonce de la reddition faites par ses camarades, les appels de ses anciens compagnons d’arme, de tract lancés par avions, par des annonces diffusées par haut-parleur, par des journaux, Onoda trouve toujours une excuse, une faille dans ces preuves de paix. Les américains sont très intelligents, ils savent manipuler, Onoda en est du moins persuadé et sa mission est de tenir jusqu’à l’arrivé d’une garnison de l’armée impériale sur l’île de Lubang aux Philippines. Qui ne viendra jamais.

Onoda seul en guerre ? Le titre du livre est légèrement trompeur, son camarade simple soldat du rang, Kozuka, l’accompagne pendant plus de deux décennies. Ils étaient 4 à ne pas croire à la fin de la guerre, Onoda était leur supérieur. Je ne n’écrirais pas ici ce qui leurs est arrivés pour ne pas vous gâcher une potentielle lecture.

Pour survivre, ils se nourriront de fruits et du vol de bétails appartenant aux paysans de l’île. Onoda et Kozuka iront même voler chez l’habitant, des échauffourées, des combats même auront lieux entre les deux soldats et les paysans, terrorisés et énervés par ces japonais bornés et malins. Onoda recevra le surnom de « Démon de la jungle » par les paysans et les habitants de l’île souvent désemparés par les agissements, les provocations et même les sabotages que les deux Nippons commettent.

Le livre retrace son enfance et sa formation très spéciale (et secrète) de militaire. C’est cette formation qui le poussera à douter de toutes les preuves de paix que les autorités des Philippines et du Japon lui apporteront. Il lui faut un ordre directe de reddition de son chef Taniguchi, sinon il ne renoncera pas et prendra toute tentative de communication comme de la propagande américaine.

L’ouvrage est relativement court, et je ne peux trop en parler sous risque de vous dévoiler l’histoire des trois décennies dans la jungle d’Onoda.

J’ai, bien sur, choisi quelques extraits, dont un révélant l’immense conviction d’Onoda que la guerre n’est pas finie et que les américains essaient de le piéger.

Extraits :

Le relief de Lubang ne ressemble pas à celui des autres îles du Pacifique. Il est accidenté : plusieurs montagnes y atteignent six cents à sept cents mètres et sont coupées de gorges où coulent des torrents, dévastateurs pendant la saison des pluies et presque à sec le reste de l’année.

Les contradictions émaillent les déclarations d’Onoda. Il en est conscient mais, pour simplifier, il a pris l’habitude de rejeter purement et simplement tout élément qui ne s’intègre pas dans son système.

Au cours de l’année 1959, les recherches reprennent. Les haut-parleurs poursuivent les deux hommes jusque dans la forêt, des tracts jonchent la jungle. Cette agitation a du bon : les deux japonais qui suivent leurs poursuivants à la trace, recueillent après leur passage des boîtes de conserve, des piles électriques, des mégots de cigarette, etc. : ils renouvellent ainsi facilement leur stock sans avoir à dévaliser les paysans de Lubang.

De mai à octobre, on continue de les chercher. Un jour, poussé par la curiosité, Onoda suit la ligne des crêtes pour voir où se trouve « l’ennemi ». Une voix qu’il connaît bien, à peine déformée par le haut-parleur, lui parvient brusquement :

« Hiroo [Onoda], sors de la jungle. C’est ton frère Toshio qui te parle ! Le frère de Kozuka, Fujiki San, est également ici. Nous repartons demain. Alors, je t’en prie, montre toi. »

La voix a les mêmes intonations distinguées et gracieuses que celle de son frère. « Ce doit être une bande magnétique », pense Onoda qui ne voit pas celui qui parle. Il arrive en rampant à cent cinquante mètres de la crête et voit alors deux hommes ; l’un qui lui tourne le dos, à un micro à la main, l’autre, un soldat, porte le gros haut-parleur. Le premier ressemble bien, dans cette position, à son frère. « Ou bien il est leur prisonnier, ou bien on l’a menacé de s’attaquer à sa femme s’il ne venait pas ici de lui-même. Des vrais salauds, ces Yankees ! »

Ému, il écoute maintenant Toshio chanter une chanson de lycéen qu’il aimait beaucoup. Mais il surmonte vite son émotion, car il ne doute pas que ce spectacle ne soit qu’une mise en scène destinée à affaiblir ses capacité de résistance. […] Onoda entend encore :

« Sayonara, Onoda ! Sayonara Kozuka ! »

Puis les deux hommes s’éloignent

Cette apparition de sa famille – si tant est que l’homme qu’il a entrevu est bien son frère – trouble quelque peu le scepticisme chronique du sous-lieutenant Onoda qui, tout songeur, rejoins Kozuka. Le surlendemain, ils découvrent une pile de journaux et de revues laissée par les membres de l’expédition à leur intention. […] Devant cette abondance de journaux, leur première pensée est que le Japon est toujours vivant.

Cette réaction est parfaitement logique de leur part, dans la mesure où il ont entendu autour d’eux des civiles jurer qu’ils se suicideraient au poison si le Japon était défait, ou encore qu’ils attaqueraient l’ennemi avec des bambous taillés en pointe… « Si le Japon avait été vaincu, il n’y aurait pas de journaux ! Nous tenons la preuve que la guerre continue. »

De retour au Japon, après avoir compris que la Japon avait capitulé et après maintes péripéties pour enfin lui prouver que la guerre est finie depuis des décennies, il sera accueilli comme une star de cinéma.

Onoda de retour au Japon

Une info surprenante, plusieurs milliers de soldats japonais seraient restés à leurs postes, refusant de croire à la reddition. L’énorme majorité d’entre eux n’ont jamais été retrouvés.

Pour terminer, un film sur son aventure sortira bientôt (ou est déjà sorti) au cinéma. Je vous promet que le timing est une coïncidence. À voir… peut-être. Mais quelle histoire !

Jaskiers

Mythologie : les fières Amazones ont bel et bien existé – National Geographic

Extraits de National Geographic :

« Les Grecs considéraient les Amazones comme étant les « égales des hommes », aussi courageuses et qualifiées au combat que leurs homologues masculins. Dans l’art et la littérature de la Grèce antique, les Amazones étaient présentées comme de belles et vaillantes guerrières, toujours armées et dangereuses. »

« Les découvertes archéologiques récentes de sépultures datant du 5e siècle avant notre ère suggèrent que les Amazones de la mythologie grecque auraient été inspirées d’un authentique peuple de cavaliers nomades vivant en Eurasie. D’après les mythes grecs, les Amazones menaient une vie trépidante : elles passaient le plus clair de leur temps en plein air sur les terrains de chasse ou les champs de bataille et jouissaient d’une entière liberté sexuelle. »

« Au 5e siècle avant notre ère, Hérodote et d’autres écrivains évoquaient ces femmes de Scythie qui se battaient à cheval aux côtés des hommes, tout comme les Amazones de la mythologie. Les historiens de l’Empire romain et de la Grèce antique affirmaient que Cyrus de Perse, Alexandre le Grand et le général Pompée de Rome avaient tous fait la rencontre en Orient de femmes ressemblant à des Amazones. »

« L’étude archéologique des sépultures scythes révèle un niveau d’égalité des sexes qui aurait fait pâlir les Grecs. »

« […] quel que soit leur sexe, les nomades menaient une vie difficile dans un environnement hostile. Les tribus se déplaçaient constamment pour trouver de nouveaux pâturages pouvant accueillir leurs chevaux, chasser, piller ou se battre contre des tribus adverses. Chaque membre, homme ou femme, adulte ou enfant, contribuait à défendre le groupe et garantir sa pérennité. Il était non seulement logique mais également indispensable de former les jeunes filles autant que les jeunes garçons à monter à cheval, tirer à l’arc, chasser et combattre. Leur mode de vie encourageait l’égalité. Chez les nomades, cette égalité entre hommes et femmes était principalement rendue possible par l’association entre chevaux et tir à l’arc. Montée sur un cheval rapide, une femme armée d’un arc est aussi meurtrière qu’un homme. »

« Le mode de vie égalitaire des Scythes était en tout point différent de celui des Grecs, sédentaire et axé sur l’agriculture. L’idée que les femmes puissent être mises sur un pied d’égalité avec les hommes faisait naître une certaine ambivalence, un sentiment mêlant crainte et admiration qui allait inspirer une myriade d’histoires palpitantes au sujet de femmes barbares aussi vaillantes et douées que les hommes sur les champs de bataille. À travers leurs mythes sur les intrépides Amazones, il semblerait que les Grecs se soient aménagé un espace pour explorer le concept de parité entre les sexes, un rêve inaccessible au sein de leur propre société paternaliste où les hommes dominaient et contrôlaient les femmes. »

« Dans les années 1940, les premières exhumations de kourganes, les tertres funéraires scythes, ont révélé des squelettes enterrés avec des lances, des flèches, des haches et des chevaux. Dans un premier temps présumés de sexe masculin, ce n’est que plusieurs dizaines d’années plus tard avec l’avènement des tests ADN que les chercheurs ont pu déterminer que les ossements n’appartenaient pas tous à des hommes. Bon nombre d’entre eux étaient des femmes. »

« À ce jour, environ un tiers des femmes scythes exhumées ont été découvertes avec des armes. Leurs os portaient les traces de blessures infligées au combat : côtes tailladées, crânes fracturés et bras cassés. En 2017, des archéologues ont mis au jour un squelette de femme en Arménie avec une pointe de flèche plantée dans le fémur et d’autres séquelles caractéristiques des champs de bataille. »

« Fin 2019, les fouilles menées par des archéologues dans la province russe de Voronej ont abouti à la découverte d’une sépulture contenant les dépouilles de quatre femmes. La plus jeune était une adolescente et la plus âgée une quarantenaire. Cette dernière était enterrée avec des armes et une coiffe élaborée. Une autre femme, âgée d’une vingtaine d’années, était enterrée en position de cavalier. »

« Tout comme l’archéologie a montré que les Amazones ne relevaient pas de la pure fantaisie, elle a également permis de rejeter certaines fausses idées à leur sujet. D’après l’une d’entre elles, transmise depuis plus de 2 500 ans, les Amazones auraient eu pour « tradition » de se couper un sein afin de mieux armer leur arc.

Cette allégation apparaît pour la première fois en 490 avant notre ère avec la tentative de l’historien grec Hellanicos de traduire dans sa langue le terme étranger Amazone. « Amazone » n’était pas un terme grec mais « mazone » ressemblait phonétiquement au mot « sein » et le préfixe « a » signifiait « sans ». Pour Hellanicos, ce terme signifiait donc que les Amazones sectionnaient leur sein dans le but d’armer leur arc. Son hypothèse fut rejetée par ses contemporains et jamais un artiste de l’antiquité ne l’intégra à ses travaux : toutes les Amazones représentées dans l’art grec et romain l’étaient avec leurs deux seins intacts. En outre, les archères n’étaient en aucun cas gênées par leur poitrine. »

« Selon une autre croyance à la peau dure diffusée par les Grecs de l’antiquité, les Amazones étaient une tribu de femmes dominatrices qui méprisaient les hommes, les asservissaient, les mutilaient, les tuaient et allaient même jusqu’à renier les bébés garçons. Cette idée provient probablement du fait que les Grecs eux-mêmes opprimaient leurs femmes. En suivant leur propre logique, si les femmes étaient fortes et indépendantes, les hommes étaient forcément des lâches soumis à leur autorité. Néanmoins, certaines sources n’hésitaient pas à faire les louanges des Amazones : Homère utilisait par exemple un terme pour qualifier les Amazones que l’on pourrait traduire par « les égales des hommes » et bon nombre de poètes grecs les décrivaient comme étant « éprises des hommes. »

« L’archéologie apporte également son lot de preuves réfutant l’absence de responsabilité maternelle chez les Amazones avec la découverte des sépultures d’archères montées nomades dont l’existence aurait inspiré les Amazones de la mythologie grecque il y a 2 500 ans. À côté des squelettes de guerrières enterrées avec leurs armes, les archéologues ont également mis au jour des nourrissons et des enfants. Les combattantes étaient également des mères, cela ne fait aucun doute. »

« Les récits d’aventures et témoignages historiques au sujet de combattantes rappelant les Amazones apparaissent en Égypte, en Perse, au Caucase, en Asie Centrale, en Inde et même en Chine. »

« Dans ses Histoires, Hérodote explique comment un groupe d’Amazones ayant fait naufrage s’éprennent d’amour pour les Scythes venus à leur rencontre. Ces derniers proposent aux Amazones de devenir leurs femmes et de regagner avec eux la terre de leurs ancêtres, ce à quoi elles répondent :

« Nous ne pourrions pas, répondirent les Amazones, demeurer avec les femmes de votre pays. Leurs coutumes ne ressemblent en rien aux nôtres : nous tirons de l’arc, nous lançons le javelot, nous montons à cheval […]. Vos femmes ne font rien de ce que nous venons de dire […]. Nous ne pourrions par conséquent jamais nous accorder ensemble. Mais si vous voulez nous avoir pour femmes, et montrer de la justice, allez trouver vos pères, demandez-leur la partie de leurs biens qui vous appartient ; revenez après l’avoir reçue, et nous vivrons en notre particulier. »

« La présentation des Amazones faite par Hérodote révèle une vision équilibrée de ces femmes indépendantes. »

« À l’époque de Platon, le 4e siècle. En comparant les authentiques guerrières Scythes aux Amazones de la mythologie, Platon introduit l’idée qu’une éducation militaire idéale se doit de reposer sur la notion d’égalité :

Si j’en suis cru, la loi prescrira aux femmes les mêmes exercices qu’aux hommes ; et je ne crains pas que la course à cheval et la gymnastique ne conviennent qu’aux hommes et point du tout aux femmes. Je suis persuadé du contraire sur d’anciens récits […]. »

« Platon précise […] que les jeunes filles soient « soient formées de l’exacte même manière que les jeunes garçons » à l’athlétisme, l’équitation et le maniement des armes, les femmes grecques pourraient, en cas d’urgence, « se saisir des arcs et des flèches comme le feraient les Amazones et appuyer les hommes » dans leur combat contre l’ennemi. »

« Le philosophe déclare savoir « à n’en pas douter qu’aujourd’hui même il y a aux environs du Pont [nom donné à une région englobant la Scythie, ndlr] un nombre prodigieux de femmes appelées Sauromates [nom donné aux peuples nomades des steppes, ndlr] qui s’exercent ni plus ni moins que les hommes, non seulement à monter à cheval, mais à tirer de l’arc et à manier toute sorte d’armes. » Avant de poursuivre, « il n’y a rien de plus insensé que l’usage reçu dans notre Grèce, en vertu duquel les femmes et les hommes ne s’appliquent pas tous et de toutes leurs forces et de concert aux mêmes exercices. »

« Comme l’affirme Platon, ce type de coopération mutuelle et de formation paritaire est inhérent à la réussite d’une société. Pour le philosophe, il est tout bonnement « insensé » qu’un État puisse songer à faire autrement, car sans la participation des femmes, « un État n’est que la moitié de ce qu’il serait, si tous avaient mêmes travaux et contribuaient également aux charges publiques. » Platon établit un parallèle entre, d’un côté, cette approche inclusive et égalitaire et, de l’autre, la célèbre capacité des archers scythes à décocher leurs flèches « indifféremment des deux mains ». Une telle ambidextrie est cruciale dans les combats à l’arc ou au javelot et pour Platon, chaque garçon et chaque fille devraient prétendre en grandissant à utiliser leurs deux mains avec la même dextérité.

Les femmes scythes, déclarait Platon, ont démontré qu’il était possible et bénéfique pour un État de décider qu’en « éducation et tout autre domaine, les femmes devaient pouvoir être sur un pied d’égalité avec les hommes et suivre le même mode de vie qu’eux. »

« L’égalité entre hommes et femmes était un concept déconcertant pour les Grecs de l’antiquité, mais ils aimaient l’explorer à travers les mythes, l’art, le théâtre et la philosophie. Ainsi, Athènes a vu naître des idéaux démocratiques prônant l’égalité et bon nombre de dramaturges mettaient en scène des femmes fortes et indépendantes dans leurs pièces. Les innombrables mythes au sujet des Amazones ont offert aux hommes et femmes de l’époque une échappatoire pour imaginer l’égalité entre les sexes. »

« Le noyau commun à la plupart des légendes au sujet des Amazones semble être l’éternelle recherche d’une relation harmonieuse et équilibrée entre l’homme et la femme ; une lutte universelle et intemporelle. Leurs récits laissent toujours apparaître la possibilité d’une égalité des sexes, mais ce qui était possible hier l’est encore aujourd’hui. »

Adrienne Mayor pour National Geographic

L’article entier : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/06/mythologie-les-fieres-amazones-ont-bel-et-bien-existe

Source photographies : Pinterest

Jaskiers

Génocidé de Révérien Rurangwa

Quatrième de couverture :

Le témoignage insoutenable et nécessaire d’un homme qui, le 20 avril 1994, a vu sa vie basculer dans l’horreur en assistant au massacre de quarante-trois personnes de sa famille par des gens qu’il croyait ses amis.

Révérien Rurangwa raconte l’atrocité du génocide des Tutsi au Rwanda mais surtout la douleur insurmontable de se souvenir et de survivre malgré la mort des siens, la haine, et le sentiment d’une injustice que rien ne pourra réparer.

« Dans un récit émouvant, ce « génocidé » revient sobrement et sans fausse pudeur sur son expérience traumatisante. » – Le Point

Révérien Rurangwa vit aujourd’hui en Suisse où il tente de se reconstruire en perpétuant le souvenir des victimes et en se battant pour que justice soit faite.

Après avoir lu le témoignage d’un casque bleu français, Guillaume Ancel, intervenu dans le cadre de l’opération Turquoise lors du génocide Tutsi au Rwanda, je trouvais important de lire le témoignage d’un survivant.

Ce que j’attendais donc de ce livre, c’était le récit d’un rwandais, d’un survivant, pour savoir ce qu’il c’était passé, avoir un « ressenti » de ce génocide du point de vue d’une victime.

J’ai ouvert le livre, dès le prologue, je savais que ce témoignage serai vrai, sans fard, cru. Rurangwa écrira les horreurs qu’il a vu et vécus sans nous épargner. Les détails sont présents, on n’est jamais prêt à lire ce genre de récit, mais on est encore moins prêt de se rappeler que les êtres humains sont encore capables du pire. Que l’Homme dans sa volonté d’anéantir ne tari pas d’effort.

Il m’est impossible de partager avec vous les details sordides du livre, je ne crois pas que leurs présences ici soient justifiés. Il n’empêche que l’auteur a dû replonger dans cet enfer pour raconter, pour que quelqu’un, vous et moi, le lisions, pour savoir et ne pas oublier. Pour la justice aussi.

Dès le déclenchement du carnage, l’auteur et sa famille se cache sur une colline appelée Mugina avec comme dernier refuge une église, déserté par ses ecclésiastiques européens qui prirent la fuite sans essayer de raisonner la horde meurtrière hutu, cette dernière étant pourtant réceptive et influençable du point de vue religieux.

Les hordes de hutu assoiffés de sang et déterminées à violer (plus de la moitié des femmes violées pendant le génocide et qui ont survécues seraient atteintes du sida), torturer, tuer, et massacrer méthodiquement leurs anciens voisins, collègues et ami(e)s, galvanisés dans leurs horribles projets par les horreurs propagée par Radio Mille Collines, assaillent les 43 membres de la famille de Révérien ainsi que ce derniers. Il sera le seul survivant. Le récit est un cauchemar.

Laissez moi vous donner un extrait, représentatif de la lecture du livre :

Ce qui pèse, c’est le sang d’un Tutsi. Chaque raid hutu fait des victimes dans nos rangs et laisse dans l’herbe des dizaines de corps abattus. C’est si facile de tailler dans une foule aux mains nues ! Mais voir des femmes éventrées, des amis fracassés à coups de gourdins cloutés, des voisins tailladés se vider de leurs sangs en gémissants […]

C’est ce qui vous attends pour cette lecture, je ne posterai pas les passages plus détaillés des massacres et de l’assassinats de la famille de l’auteur.

Rurangwa écrit aussi sur son peuple, l’arrivée des allemands catholiques puis des belges, qui pour contrôler les rwandais ont décidé de diviser pour mieux régner. « Toi tu es un Tutsi et toi un hutu ». Puis deux puissances colonialistes s’en mêlent. Les Hutu, supportés par les français, et les Tutsi, par les anglais. Ce passage du livre est fait pour éduquer le lecteur, comprendre l’origine du mal, pourquoi tout a basculer si rapidement (et facilement) dans l’horreur.

Après le récit effroyable du massacre dont Révérand a été témoin ET victime, il y a le retour à la vie, lui qui a cherché à mourrir pour que son supplice s’achève.

Des enfants, des femmes et des hommes massacrés par des enfants, des femmes et des hommes, avec une violence, une haine et une terreur telle que j’ose la comparaison avec celle subie par les Juifs dans les pogromes, les camps de concentration et d’exterminations. Guillaume Ancel dit vrai quant il parle compare dans son ouvrage, Rwanda, la fin du silence, les hutu et leurs alliés comme des nazis. Rurangwa ira d’ailleurs visiter Auswichtz avec d’autres rescapés de différents genocides, il ne pourra s’empêcher de faire la comparaison avec son enfer à lui, à la place des Blocks et des chambres à gaz, des collines verdoyantes, entachées de cadavres et de sangs.

Mais être un survivant du génocide Tutsi, c’est de souffrir physiquement et mentalement mais aussi, risquer la mort, encore, car les hutus sont rentrés au Rwanda sans aucuns problèmes, ou presque, et un rescapé Tutsi voulant retourner au pays peut amener avec lui l’envie, l’espoir et surtout le besoin de justice. Et cela, les hutu ne le veulent pas, poussé et réconforté dans leur position par la politique de réconciliation bancale de Paul Kagame. Même en Belgique, l’auteur sera passé a tabac par des hutu venus étudier en Belgique.

Extrait : Comme le dira mon amie Esther Mujawayo : « Un rescapé qui ose demander des comptes est un rescapé de trop . »

Extrait : Un génocide est une machine infernale, une horreur qui ne veut pas cesser, une destruction qui se poursuit dans la tête des victimes lorsque leurs bourreaux ont interrompu leurs tueries et sont retournés chez eux boire une bière.

Pardonner ? Pour Révérien, le mot n’a pas, plus, de sens. Sa famille d’accueil en Suisse essaie par le biais de la Bible et de l’histoire de Caïn de trouver un échappatoire, une aide, pour guider l’auteur vers un sacro-saint pardon. En effet dans le livre de la Genèse, Caïn tue son frère Abel par jalousie. C’est le premier meurtre de la Bible (et selon les croyances, le premier de l’humanité). Fratricide. Comme les meurtres durant le génocide du Rwanda ? Il est certain qu’un hutu est tué un Tutsi de sa famille, la jalousie d’un Caïn peut être comparé à la haine, et à une certaine jalousie, d’un hutu, poussé et endoctriné a tué par la propagande qui lui susurre à l’oreille que son « frère » Tutsi est la cause de ses malheurs. Les tensions entre les deux peuples sont beaucoup plus complexes et profonds que cette histoire mais on peux remarquer une « similarité », en dehors de l’aspect religieux et avec un certains degré, un certain recul, avec une certaine distance, entre l’histoire du premier meurtre de la Bible et le calvaire Tutsi du Rwanda. Un génocide fratricide. Histoire que la famille d’accueil conte à Révérien dans l’espoir qu’elle puisse le faire avancer dans sa quête du pardon, que ce dernier n’acceptera d’effleurer que quand la justice sera rendu.

Extrait : Ah, le pardon… Le mot qui tue ! Je vois rouge dès que je l’entends. Il a été biffé de ma vie à coups de machette et je l’ai vomi de mon vocabulaire.

L’écrivain n’écrit pas beaucoup sur l’influence des pays étrangers notamment Occidentaux dans le massacre, mais il ne les oublies pas pour autant et leur dédie quelques lignes, puissantes.

Jusque dans les hôpitaux de campagnes de la Croix-Rouge, les convalescents, soignés ou du moins pansés, étaient exécutés par les hutu sous les yeux des docteurs et infirmiers sans moyens de défense. Les « patients » étaient allongés dehors, fautes de places et de moyens, les hutu purent « finirent le travail » comme le leur demandait Radio Mille Collines, outil de propagande des hutu extrêmement efficace dans un pays où la radio était la principale source d’information pour les acteurs du massacre.

Extrait : Abandonné par les miens – ils n’y peuvent rien -, par ceux qui auraient dû me défendre et me protéger, par les instances internationales, par la justice de mon pays…

Extrait : Cet abattage de neuf Tutsi sur dix – soit un Rwandais sur sept – s’est déroulé dans un silence assourdissant, au moment même où le musée de l’Holocauste était inauguré à Washington et où les chefs des grandes puissances occidentales célébraient le cinquantième anniversaire du Débarquement allié en Normandie en s’adjurant unanimement : « Plus jamais ça ! »

Extrait : Nous [les survivants] gênons les Occidentaux qui préfèreraient enterrer une bonne fois pour toutes ce génocide qui les couvre de honte, et le dissimuler derrière des « massacres interethniques » ou des « guerres tribales » – quand ils ne nient pas, purement et simplement, leur implication. Tout génocide s’accompagne de sa négation.

Les médias couvrant l’exode des hutu (le FPR, armée Tutsi ayant libéré le pays, les hutu s’enfuirent) poussèrent le public à penser que les hutu étaient les victimes et les Tutsi les génocidaires. Quelques caméras, quelques journalistes, placés à un certains endroits et à un certains moments influencèrent la communauté internationale à supporter les vrais génocidaires et à incriminer les victimes.

Extrait : L’arbre de l’exode hutu cacha la forêt du génocide tutsi. Et nous, les survivants, que toutes les grandes puissances avaient laissés tomber, nous avons vu ces mêmes nations se pencher sur nos tueurs pour les cajoler, les nourrir, les soigner, les assurer de la compassion internationale. Et nous aurions hurlé si nous n’avions pas été sidérés par l’horreur de ce que nous venions de vivre : « Mais ce sont des assassins ! Pourquoi aidez-vous nos assassins alors que vous n’avez rien fait pour nous ! »

L’ouvrage se finit avec l’auteur, demandant des comptes à Dieu. Un moment personnel qu’il partage avec nous, exprimant une tristesse, une détresse inouïe. Un fantôme vivant, demandant des comptes à un Dieu muet.

L’annexe du livre contient un rapport psychologique sur Révérien Rurangwa, apportant une preuve scientifique de l’horreur vécue par l’auteur.

Le livre est éprouvant à lire, ce n’est rien comparé à l’horreur qu’a vécu l’auteur et son combat pour continuer à vivre malgré les cicatrices, physiques et mentales qui le hantent jours et nuits.

Il a écrit se livre, taché de son sang et de celui des 43 membres de sa famille, il est le seul survivant. Écrit pour la mémoire. Pour ne pas oublier. Pour la première fois dans ma vie de « lecteur », j’ai eu cette terrifiante sensation de lire les mots d’un fantôme… vivant.

Il est de notre devoir à nous, français, de le lire. Il vous faut passer par se témoignage, par se cri de justice cerné de terreur, pour demander justice aux criminels ayant apporté assistance aux génocidaires : l’armée française, et surtout les politiciens à la manœuvres, faisant partie des coupables.

Voici ce que le président français a dis à propos de cette horreur à l’époque même où se déroulé le massacre : « Dans ces pays-là, un génocide c’est pas trop important. » François Mitterand, été 1994.

Cette année, le président Emmanuel Macron a présenté ses excuses au peuple Rwandais. C’est un (petit) début, place maintenant à la justice, à mettre en avant cette dernière les cadres politiques impliqués, débloquer toute les archives, aux coupables français de dire la vérité. Je pense que la justice aura besoin de la collaboration d’ex-membres du gouvernement et de l’entourage de François Mitterand, des personnalités des plus hautes strates de la république française de l’époque, dont les agissements sont plus que suspects et demandent des éclaircissements. Des réponses sur qui a tiré sur l’avion du président hutu Habyarimana, qui a déclenché un bain de sang. Ces « acteurs français » profondément impliqués parleront, à force de demander des comptes et des réponses, car plus que le politiciens, c’est l’homme qui, responsable, se regarde tous les matins devant le miroir et entends sa conscience le juger, comme Révérien Rurangwa se regarde dans le miroir pour voir son visage marqué éternellement par la haine qui s’est déchaînée grâce à l’aide de ces hommes politiques français. J’ai appris que tôt ou tard, dans la vie, tout fini par se savoir, et les jeunes générations, la mienne et les plus jeunes encore demanderont des comptes. Grâce au travail de mémoire d’un Rurangwa, grâce à la recherche frénétique de vérité d’un Exupery, grâce au témoignage d’un Ancel, la vérité se force un chemin.

Nous apprenons à l’école ce qu’était la Résistance française mais aussi la Collaboration, peut-être apprendrons un jour à nos enfants l’influence négative française dans le génocide d’un millions d’innocents grâce à ces nombreux combats que mènent survivants, témoins, victimes,« observateurs » et coupables.

Ces secrets enfouis en Bosnie dans les ruines de Sarajevo, sous le chaud soleil d’Algérie, dans les collines du Rwanda, ces secrets sortiront un jour. Tout fini par se savoir, je le répète, j’en suis sûr. Le temps fera son travail de mémoire lui aussi. Impitoyable est le temps et la justice qui l’accompagne.

Maintenant que la vérité semble vouloir se montrer, en tant que français, je pense qu’il faut allumer les projecteurs, et mettre les acteurs criminels en pleine lumière.

Si les militaires français et politiques ne veulent pas parler, à nous de leurs faire entendre que la justice doit-être rendu aux victimes et survivants du génocide Tutsi au Rwanda.

Ne passer pas à côté de se livre, ne chercher pas d’excuses, vous vous devez de le lire. Il le faut. C’est un fait compréhensible de ne pas vouloir lire d’horreurs, c’est aussi un fait que Révérien a vécu et vit un calvaire tout ça à cause de démons qu’aucunes mythologies ni religions n’ont contés dans leurs histoires. Si lire un livre comme celui-ci est difficile pour vous, que penser de l’auteur qui a vu et subit les pires choses que l’être humain peut faire à son voisin et ami(e), qui a non seulement vécut, survécut et survit encore mais qui a décidé d’écrire, de replonger dans l’indicible, la cruelle réalité de ce qu’il a vécu ? Injustice que de laisser le témoignage de cet homme de côté.

Sur le confort de votre canapé, lit, ou fauteuil, vous lirez se livre, ne serait-ce que pour savoir que la France a apporté assistance au massacre d’un millions d’innocents, que les criminels, eux aussi probablement confortablement installés vont devoir un jour se lever et rendre des comptes. Car ses crimes ont été assistés par les politiques français, en notre nom, nous refusons qu’ils passent leurs restants de leurs jours sans payer et les forcer à dévoiler la vérité pour, du moins nous l’espérons, donner un semblant de repos à ce millions d’âmes perdues et aux survivants, fantômes parmi les vivants. Ne sommes-nous pas le pays des Droits de l’Homme ? Ne devons nous pas agir ? Nous regarder en face ? Ne pas nous contenter de bons mots mais d’actions ? C’est au peuple français de décider si il veut la vérité. Et trop peu d’entre nous semble vouloir essayer de chercher cette justice. Certains même la nie.

Commandez le livre sur internet, dans votre librairie ou votre bibliothèque, française, français, vous n’avez aucune excuse. Lisez le, éduquez vous pour qu’aucun autre de ces crimes ne puissent se dérouler ainsi impunément encore une fois. Car le savoir est une arme, amenons donc les coupables à parler, ils ne pourront plus se cacher, car vous le savez, et la justice, la vraie, est le point de départ pour qu’un Révérien Rurangwa puisse un jour ne serait-ce que considérer la possibilité de pardonner.

Peuple français, communauté internationale, il est temps de demander aux coupables de parler. Sinon l’Histoire s’en chargera, et les prochaines générations demanderont des comptes.

Comme le dit le proverbe : Qui ne dit mots consent, Révérien Rurangwa le cite dans son livre, c’est à nous d’aider, de lire, d’écouter les survivants pour briser le silence.

L’auteur, Révérien Rurangwa.

Voici une liste d’association portant aide et assistance aux survivants et à leurs famille : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27associations_rwandaises

Jaskiers

Rwanda, la fin du silence par Guillaume Ancel

Quatrième de couverture :

Au lourd secret qui entoure le véritable rôle de la France et de son armée lors du génocide des Tutsi au Rwanda, Guillaume Ancel oppose la vérité de ses carnets de terrain, témoignage des missions auxquelles il a participé durant l’opération Turquoise. La fin du silence est aussi le récit du combat mené par cet ancien officier pour faire savoir ce qui s’est réellement passé durant cet été 1994 et « rendre hommage, dignement, aux centaines de milliers de victimes rwandaises que nous n’avons pas su empêcher. »

Officier de la Force d’action rapide, détaché au sein d’une unité de la Légion étrangère, le capitaine Ancel mène avec ses hommes des opérations d’extractions de personnes menacées. Sous couvert d’une opération humanitaire destinée à mettre fin aux massacres, cet officier comprend vite que la France soutient le gouvernement génocidaire rwandais dont elle a formé l’armée. Il décrit les errements de l’armée française, ballottée au gré de décisions politiques dont les motivations sont toujours tenues secrètes, les archives officielles restent inaccessible. Ce témoignage dévoile également certains épisodes méconnus de cette opération « humanitaire » durant laquelle l’armée française a tué. Parfois pour se défendre, parfois pour des raisons moins avouables.

Je préfère vous informez avant que que vous commenciez à lire cet article. Je communique avec l’auteur, Guillaume Ancel, via son blog et par mail. Nous avons beaucoup échangé. J’ai lu Vent glacial sur Sarajevo il y a presque un an, et après une recherche internet plutôt sommaire, j’ai trouvé le blog d’Ancel.

Et je dois aussi avouer que j’ai commencé à bloguer à cause de lui.

J’admets avoir eu peur d’entamer cet ouvrage, et surtout d’écrire cet article. J’ai déjà lu 2 – 3 ouvrages concernant le génocide Tutsi au Rwanda, j’ai eu un aperçus de cette horreur par le biais de ces livres, tous écrits soit par un journaliste ou un historien, des personnes qui étaient certes très bien renseignées, mais pas sur le terrain comme Guillaume.

J’ai été surpris par l’ouvrage d’Ancel.

Il faut dire que Guillaume n’est pas journaliste ni historien, mais un ancien soldat, casque bleu, qui a été sur le terrain. Ce point de vue est unique et important, car si vous lisez le blog d’Ancel, se dernier dévoile que les soldats français sont priés de Fermez leurs gueules, d’où le peu d’ouvrage écrit, ou de témoignage, d’ancien soldat du rang français. À l’inverse, les gros bonnets de l’armée, eux, ne se gêne pas pour écrire leurs « mémoires » et autres ouvrages. Édulcorant, se justifiant, se trouvant des excuses, ces mémoires de hauts gradés sont peu intéressants. Les récits de ceux qui décident dans leurs bureaux, loins de la réalité du terrain et de l’horreur n’apportent rien. Du moins de mon point de vue.

J’ai toujours préféré la lecture des récits des soldats sur le terrain, aux contact du danger et loin des commodités, au contraire des généraux. Cette proximité de l’auteur avec le théâtre d’opération permet aussi une meilleure compréhension des raisons d’un conflit. Les livres de Guillaume en sont un exemple probant.

Ce qu’il me fallait pour bien comprendre le génocide au Rwanda et l’influence de l’armée française se trouvait bien dans se livre. Le récit d’un témoin oculaire, d’un soldat français.

Écrit comme un « journal » personnel, nous suivons Guillaume dans l’opération Turquoise. À ses côtés, nous comprenons mieux la situation, les belligérants et la politique menée par la France. Il est extrêmement intéressant de voir le basculement de Turquoise, à la base une mission « offensive », chargé d’aider le FAR (les forces gouvernementales ET génocidaire du Rwanda, bien qu’à l’époque de l’intervention de Guillaume, le FAR, les Hutu, n’étaient PAS reconnus comme les génocidaires, Ancel ne le découvrira que plus tard) pour devenir, brusquement, une mission « humanitaire ». Mission humanitaire étant ici un terme trompeur, étant devenu une assistance au génocidaire. Appelée Mission Humanitaire pour camoufler « l’aide » des français envers les assassins, pour aveugler les observateurs extérieurs et le public. Un excellent usage de la sémantique.

Mais que peut bien faire Guillaume Ancel, opérateur TACP, c’est à dire qu’il guide du sol les avions de combats, leurs indiquants les cibles à détruire, sur le terrain, dans une mission humanitaire ? Vous plongerez avec lui dans la confusion. Et dans l’action.

Guillaume fera face à des situations qui le mettent dans la plus grande des confusions, il commence à réaliser de quel côté la France penche dans le conflit.

Amené à visiter un « havre de paix », en plein génocide, un petit village accueil Guillaume. Le « maire » se félicite d’avoir « éliminé » tous les Tutsi, et pire, il est heureux de montrer à Guillaume sa cache d’arme au cas où un Tutsi repasserai. Problème, le village se situe dans la Zone Humanitaire Sûre. Toutes les armes y sont confisquées. Ahurissement quand leader de se petit village indique qu’un officier français l’a autorisé à garder ses armes.

Ce n’est qu’une situation, assez significative, déjà, de l’influence française au Rwanda. Le massacre qui s’est déroulé à Bisero est le symbole de cette intervention française, massacre stoppé par quelques soldats français d’une manière peu conventionnelle, mais malgré tout tardive. Le récit de cette horreur est présent dans le livre.

Guillaume, d’opérateur TACP donc, devient un « simple » officier, s’occupant de l’extraction de civile, de personnalité étrangère pour la plupart européen et/ou ayant des contacts avec avec l’Europe.

Ces extractions ne sont pas des promenades de santé, le danger, l’angoisse et l’horreur sont omniprésents. La manière dont Guillaume écrit me fait penser à un film d’action. Exactement comme il l’a fais pour son intervention à Sarajevo, et même mieux. Le même ressentiment m’a assailli lors de cette lecture que lors de la lecture de Vent glacial sur Sarajevo, la frustration, l’incompréhension et la confusion de l’action des français dans ces conflits. Lien que j’ai aussi découvert, celui de la négociation avec l’ennemi. Dans les deux livres, les négociations, toujours tendues pouvant se finir dans un bain de sang, sont présentes et nombreuses. La tension des opérations d’exfiltrations est incroyable, avec ses lots de rebondissements.

Ancel aurait pu ajouter négociateur à son CV. On découvre une autre facette du travail de militaire, la négociation. Je ne sais pas si il a appris cet art à St-Cyr, sûrement que oui, car comme noté précédemment, ces négociations peuvent tourner au drame juste à cause d’un regard ou d’un mauvais mouvement. Ce sont des moments d’extrêmes tensions. Je ne savais pas qu’un soldat devait faire avec sur le terrain. Les casques bleues semblent être négociateurs autant que soldats.

Guillaume parle avec émotion du racket que les forces Zaïroises (maintenant la République Démocratique du Congo) useront sur les pauvres rescapés épuisés et démunis du génocide fuyant les massacres à la frontière. Les militaires français ne pouvaient pas les aider. L’impuissance, la frustration, confusion, mensonge, secret. il semble que ce soit le lot des soldats français durant ces interventions.

Ce n’est pas un exercice facile de parler de la qualité de la plume d’un auteur quand se dernier écrit sur des événements terribles. Il doit être tout autant difficile d’écrire sur ces moments horribles. Choisir les bons mots, le ton adéquate. Guillaume, lui, a réussis. Tout en n’oubliant pas d’exprimer son propre ressenti, durant et même des années après cette mission.

L’humour y est présent, de façon subtile, car oui, Guillaume use d’ironie et partage des moments cocasses, le lieutenant-colonel a de la répartie. Jamais au dépend des victimes du génocide et du terrible drame, je tiens à le préciser.

Guillaume Ancel finira par rentrer en France, et c’est une partie des plus intéressante du livre. Le retour dans la société, la famille, après avoir vu l’horreur d’un génocide fratricide. Et les questionnements incessants sur le rôle de la France au Rwanda qu’il ne cesse de ressasser. Qu’à t’il vraiment fait au Rwanda ?

J’ai très apprécié le lien subtile que Guillaume a créé entre son ouvrage sur Sarajevo et le Rwanda. Deux opérations françaises où l’hexagone a pris des positions plus que douteuses en faveur des criminels. Ce qui fait de la France une complice ? Pour Guillaume définitivement. Pour le lecteur, les faits sont sous ses yeux, à lui de creuser et de faire sa propre opinion.

Il est intéressant aussi de faire le lien avec la guerre d’Algérie, que Guillaume fait d’ailleurs allusion dans son livre. Le silence des vétérans sur cette guerre est une preuve de plus que les soldats sont priés de se taire. Même à Saint-Cyr, les instructeurs ne parlent pas de se conflit. Pourquoi ?

L’opération Turquoise s’est déroulée en 1994, année de ma naissance. J’aurai pu apprendre à l’école à propos de ces conflits, mais ils n’ont jamais été mentionné dans aucun de mes cours d’histoires. Si ils l’étaient, je sais pertinemment qu’ils auraient été édulcorés, minimisant ou glorifiant l’intervention d’une France, gardienne des valeurs du pays des droits de l’Homme. Droits dont elle se proclame la garante, en tous cas c’est comme cela que je le ressentais. Comment pouvait-il en être autrement, quand les militaires sont priés de « fermez leurs gueules » ? Le mythe d’une France exempte de tout reproches s’effondre pour moi. La remise en question est nécessaire, brutale mais nécessaire.

Est-ce la fin du silence sur l’aide apportée au génocidaire par la France au Rwanda ?

C’est un début, le président Macron ayant commencé, doucement et presque discrètement, à ouvrir cette boîte de Pandore bien française. [À l’heure où j’écris cet article, le président est allé au Rwanda, pas pour s’excuser, semble-t-il, mais pour apaiser les tensions et admettre qu’il y a peut-être eux des fautes commises.] La « Francafrique » recèle bien des secrets que les vieux de la vielle semblent vouloir garder… à tous prix ? Saurons nous un jour, une bonne fois pour toute qui a tiré sur l’avion du président Habyarimana, attentat qui marquera le début d’un génocide faisant 1 millions de victimes en une poignée de jours ? En tous cas, des français, surtout des jeunes, veulent des réponses. Autant pour eux que pour les victimes. Le massacre des Tutsi a flirté avec le million de mort, dans se tout petit pays au milieux de l’Afrique des Grands Lacs. Hommes, femmes, enfants, aucun Tutsi n’étaient épargnés. Une folie meurtrière fratricide, entre voisin. Le Rwanda a besoin de réponse pour continuer à panser ses plaies, et nous savons où les réponses se cachent après la lecture de se livre. Comme me l’a dit Guillaume, « l’Histoire est un puzzle. » Je lui demanderai qui à la tache de le rassembler ? En espérant que le président Macron continu ses efforts pour révéler les secrets bien enfouis d’une intervention qui aujourd’hui ne fais presque plus de doute, la France a aider des génocidaires.

Pour en savoir plus sur le combat (car il s’agit d’un combat, avec menace physique et autres joyeusetés) de Guillaume Ancel et ses ami(e)s, dont Stéphane Audoin-Rouzeau qui signe une excellente préface dans se livre, laissez moi vous donnez le lien menant sur les articles du Rwanda que l’ancien lieutenant-colonel tient, avec ténacité et brio sur son blog : https://nepassubir.home.blog/category/democratie-politique-et-defense/rwanda-genocide-des-tutsi/

Voici deux extraits extrêmement importants que je partage, avec l’autorisation de l’auteur (pour une fois) :

Extrait 1 :

[…]Je suis sidéré.

– Attendez, on les désarmes et ensuite on va leur livrer des armes, dans des camps de réfugiés, alors que ce sont des unités en déroute, sans doute liées aux milices et, pire encore, au ravage de ce pays ?

Garoh me répond avec son calme imperturbable,

– Oui, parce que les FAR sont à deux doigts d’imploser et d’alimenter effectivement les bandes de pillards. En donnant ces armes à leurs chefs, nous espérons affermir leur autorité. De plus, nous ne sommes que quelques centaines de combattants sur le terrain et nous ne pouvons pas nous permettre le risque qu’ils se retournent contre nous, alors que le FPR nous menace déjà.

Lemoine, son adjoint, ajoute pour l’aider,

– Ancel, nous payons aussi leur solde, en liquide, pour éviter qu’ils ne deviennent incontrôlables, ce que nous sommes souvent obligés de faire dans ces situations.

Je trouve le raisonnement court-termiste et indéfendable : comment avaler qu’en livrant des armes à ces militaires, nous améliorons notre propre sécurité ? Je leur rappelle que nous n’avons plus vraiment de doute sur l’implication des FAR dans les Massacres de grande ampleur qu’aucun d’entre nous ne nomme encore génocide. […]

Extrait 2 :

Pour résumer, nous avons reçus l’ordre de livrer des armes à des génocidaires dans des camps de réfugiés pendant une opération humanitaire et alors que nous étions sous embargo de l’ONU.

Nous avons ainsi transformé ces camps de réfugiés en bases militaires qui allaient ensanglanter l’est du Zaïre pour des décennies. Je ne l’avais pas compris à l’époque parce que je n’osais même pas l’imaginer.

Petite note : le Zaïre est actuellement connu sous le nom de République Démocratique du Congo.

Quelques photos issues du blog de Guillaume, avec l’autorisation de se dernier.

Camp de rescapés Nyarushishi, 1994. Crédit : Guillaume Ancel.
Guillaume Ancel, au centre, opération d’extraction de la famille Correa, juillet 1994. Crédit : Guillaume Ancel.

Je précise que malgré mes contacts avec Guillaume, je vous direz la vérité. Si le livre ne m’avait pas plu, je vous l’aurai dit. Je fais beaucoup d’erreurs (d’orthographes, de grammaires, de conjugaisons je sais…) mais je ne mentirai pas si l’ouvrage m’avait déplu, je le dirais. Mentir dans mes écrits est une chose que je trouve injuste, envers moi-même déjà, et envers le lecteur ensuite. Même si l’auteur de cet (excellent) ouvrage est un ancien lieutenant-colonel de l’armée de terre qui pourrait facilement venir m’influencer en venant frapper à la porte de mon petit appartement avec quelque vieux amis à lui. Dommage pour lui, mon chihuahua, petit mais teigneux ne négocie pas, lui.

Pour finir, j’ai trouvé que Rwanda : la fin du silence aussi bon et intéressant que Vent glacial sur Sarajevo, même, je dirai que Guillaume s’est amélioré dans son écriture et dans le partage de son expérience. Se dévoilant plus, mais toujours aussi clair et « ludique », le conflit, autant de Bosnie que le génocide Tutsi au Rwanda me sont devenus bien plus clairs, plus compréhensibles grâce aux livres de Ancel. Lui qui ne se voyait pas être écrivain. Lui qui semble hanté par sa mission au Rwanda, au point de ne pas lâcher les hauts responsables français, des décennies après, du massacre d’innocents, hommes, femmes et enfants, que la France aurait pu sauver, semble avoir trouver un nouveau combat, car l’écriture est un combat. Et un soldat reste un soldat, du moins mentalement. Ou peut-être pas, c’est à lui de nous le dire, mais son esprit combatif ne semble pas s’être atténué après sa sortie de l’armée. Guillaume ne lâchera pas avant que justice pour les victimes du génocide du Rwanda ne soie rendue. Du moins, c’est mon avis.

Sur ces dernier mots, Guillaume Ancel a sorti sont dernier ouvrage : Un casque bleu chez les Khmers rouges : Journal d’un soldat de la paix, Cambodge 1992.

Impatient de voir dans quelles situations Guillaume va nous mener cette fois. Car c’est à ses côté que nous nous sentons quand on le lis. Impatient de comprendre encore un pan de l’histoire française que je ne connaissais absolument pas.

Je vous laisse, on cogne de manière assez martiale à ma porte et mon Chihuahua se fait nerveux…

Jaskiers

Paris : Les lieux de la résistance de Anne Thoraval

Quatrième de couverture :

La vie quotidienne de l’armée des ombres dans la capitale.

Dès l’été 1940, refusant l’armistice, quelques poignées de Parisiens se cherchent, désireux de « faire quelque chose ». Un premier groupe se forme, au musée de l’Homme ; d’autres suivront.

Résister à Paris de 1940 à 1944, c’est recopier un tract, imprimer une feuille qu’on hésite à qualifier de journal, tracer à la va-vite un graffiti sur un mur, glaner des renseignements dans l’espoir de les retransmettre à Londres… plus tard cacher des prisonniers évadés, des réfractaires au STO, trouver des faux papiers… L’action quotidienne est humble et obstinée plus que spectaculaire, même si elle expose à de grands dangers. C’est cet ordinaire qui transparaît dans l’évocation des lieux de la résistance parisienne : où dormir, où tenir une réunion, où imprimer un journal, où trouver des camarades… Une géographie se dessine d’un Paris clandestin, dérisoire par le nombre, immense par sa foie inébranlable dans la victoire.

J’ai eu se livre en cadeau. Je n’aurai pas choisi se livre, parce que je ne connais pas du tout la géographie de Paris. J’aurai pu lire se livre avec Google map ouvert à mes côtés mais les lieux ont changées. Certains bâtiments ont été démolis.

Je me suis plus focalisé sur les individus et leurs actions. Il y a tellement de chose à raconter, de personnes à citer, de lieux, d’actions clandestines que je me suis perdu dans se livre, perdu dans Paris. Je n’ai pas su par quel bout prendre cette œuvre. Nous passons d’un article (car le texte, dans son ensemble, ressemble à des regroupements d’articles), d’une action se passant en 1940 pour passer à un tout autre article, sur un autre groupe de Résistant se passant en 1943. J’ai lu l’ouvrage jusqu’au bout malgré tous. Hey c’était un cadeau !

J’ai quand même trouvé, en comparaison avec la quatrième de couverture, que beaucoup de parisiens se sont mobilisés. Des femmes autant que des hommes, parfois très jeunes. Les photographies illustrant le livre sont parfois un peu « légères », il y en a de très intéressantes, comme celle d’un gestapiste guettant sa cible à la sortie d’une bouche de métro, où les lieux où se sont déroulé des événements importants. Le livre contient beaucoup de photographies des résistants en états d’arrestations.

La collaboration de la police et de la gendarmerie française avec les forces allemande est omniprésente dans l’ouvrage. Une honte de lire de telles choses. Bien qu’il faut noter qu’il y avait des résistants dans les forces de l’ordre française.

La Résistance était aussi (et surtout ?) le fait de petites gens dont les actes anonymes, les petits coups de mains, faisaient une grande différence.

Il est intéressant de voir où a été imprimer Le silence de la mer de Vercors.

Un reproche que je ferais au livre, il n’y a aucune carte de Paris ! Je ne connais pas Paris, à part les grands monuments et bâtiments mais c’est tout. Une carte complète et légendée aurait beaucoup aidé ma lecture.

Je vous le conseil uniquement si vous connaissez Paris comme votre poche et/ou que la Résistance vous passionne. Car on vous balance les noms, les lieux, comme si vous étiez déjà un fin connaisseur de l’histoire, de la géographie de la ville et de la Résistance. Malheureusement je ne le suis pas. Le travail d’historienne fournie par l’auteure est impressionnant. Le travail de documentation est monumental.

Ne pas oublier les actes de sacrifices et de résilience de gens lambdas qui se sont battus et exposés à leurs risques et périls, je crois que c’est le but de cet ouvrage. Et c’est réussi sur se point.

Ce n’est donc pas vraiment une review du livre en profondeur, je voulais juste avertir un potentiel lecteur/lectrice. Pour appréciez pleinement, il vous faut connaître Paris comme si vous l’aviez construite.

Jaskiers

Sylvain Tesson et 120 personnes du monde des Arts appellent à soutenir l’Arménie et l’Artsakh dans Le Figaro Magazine

J’espère que vous pouvez lire la page du magazine avec ma photographie. Merci de m’avertir en commentaire si ce n’est pas le cas.

En espérant que les choses changent… Comme d’habitude.

En attendant : #jesoutienslarmenie – #jesoutienslartsakh

Jaskiers