Mauthausen Crimes Impunis par le Docteur Paul Le Caer

Quand le livre des morts

Quatrième de couverture :

Yves, élève de terminale, est arrêté en cours d’anglais dans son collège par la Gestapo de Caen.

Ce résistant de 19 ans est placé dans une cellule d’une prison. Il est gardé « au secret » pendant trois semaines. Chaque jour, il subit un brutal interrogatoire.

Le 16 avril 1943, il est transféré au camp de Mauthausen, en Autriche.

Septs mois plus tard, il est réduit à l’état de squelette, suite aux coups et aux 11 heures de travail de nuit, avec une pelle cassée.

Un dimanche soir de décembre, épuisé, il se présente de lui-même à l’infirmerie. Un médecin polonais, francophile et francophone l’accepte au vu de son état.

Trente-six heures plus tard, il sort de son coma.

Le Professeur polonais lui apprend l’anatomie, la pathologie concentrationnaire, l’art de l’osculation mais aussi l’écoute et la compréhension des multiples langues de ses malades. Adroits, c’est pendant 14 heures par jour, qu’il réalise ses travaux pratique.

Son professeur est appelé dans un camp plus important. Yves reste seul, avec toute la responsabilité médicale de ses 400 compagnons et pendant l’hiver, de la santé de la troupe SS.

Dans cette usine secrète des paramétrages des réacteurs dès fusées V2 et de productions et du comburant à base d’oxygène liquide mélangé à de l’alcool méthylique, deux explosions se produisent, les ingénieurs civiles prennent peur de cette usine du diable.

Le 3 mai 1945, le camp est évacué, Yves part à pied vers un autre camp déjà surchargé. Ayant emporté sur lui, les cahiers des morts et divers documents, il ne peut entrer dans un autre camp, il décide de s’évader.

Avec lui, cinq compagnons – qui ne sont pas informés de son trésor – grimpent dans la montagne. Ces documents seront sa raison de vivre à la recherche des assassins connus de lui seul, par leurs noms.

Les cahiers des morts sont déposés aux Archives Nationales, ainsi que d’autres documents.

Cet ouvrage et ma dernière lecture sur le camp de concentration de Mauthausen. Après avoir lu le livre Le photographe de Mauthausen, puis la bande-dessinée éponyme et le film Netflix, avec le même titre encore une fois (j’ai écrit un article pour chaque œuvre sur le blog si vous voulez approfondir le sujet), je me suis plongé maintenant dans l’expérience du docteur Le Caer à Mauthausen. Après celui de photographe.

Yves et Le Breton sont le nom de code de l’auteur, Paul Le Caer. Paul décide de raconter son histoire à la troisième personne du singulier. Plusieurs auteurs choisissent ce mode de narration leurs permettant de mettre une certaine distance entre eux et leurs expériences traumatisantes.

La première partie du livre est dédié à son enfance, ses passions, ses amis, ses écoles et son entrée dans la Résistance. Viendra malheureusement l’arrestation, les passages à tabac, les transfers.

Puis le transport en wagon à bestiaux vers Mauthausen, ou l’enfer l’attend.

De la carrière Wienergraben, il sera transféré dans un camp annexe, camp de Schlier près de Redl-Zipf pour creuser des galeries souterraines dans le but de construire des éléments des fusées V2 tout en étant à l’abris des bombardements alliés.

Vue d’une partie du camp de Schlier.

Son été physique se détériore gravement. L’infirmerie, anti-chambre de la mort, et sa seule option, mais la chance lui sourira.

Un médecin polonais francophone et francophile lui vient en aide, le guérit et lui apprend les rudiments du métier tout comme les langues parlées dans le camp.

Du travail, il y en a. Dans se camp dédié à la construction, secrète, de fusée V2, les détenus sont voué à la mort par l’épuisement au travail, la malnutrition, les violences des SS et des Kapos.

Gif du décollage d’un missile V2.

Yves, aussi surnommé Le Breton, a ainsi une place plus « privilégiée » que celle des autres détenus.

Il soigne tout autant les déportés que les détenus. Mais soigner, ce n’est pas tous ce qu’il fait.

Dans se livre, Yves, ou Docteur Le Caer nous dévoile les crimes commit par les SS avec un précision extrême. Il possède les noms de ces derniers, les noms de leurs victimes, leurs dates, il est contacté par les familles d’anciens déportés et des déportés eux même !

Fusée V2 sur sa rampe de lancement.

Un des crimes sordides et celui d’un détenu français, tombé dans une coulée de ciment dans l’immense abris de construction souterraine de fusée V2. Le français appel à l’aide, mais le SS en charge laisse le ciment le recouvrir entièrement. Son cadavre est encore dans un des murs de l’usine.

Intérieur d’un tunnel à Schlier.

Le Breton décrit de nombreux crimes comme celui-ci, mais ce qui différencie cette ouvrage concentrationnaire des autres? C’est que Le Breton a toute la documentation, ou presque, pour permettre d’incriminer les SS ayant échappé à la justice.

Intérieur d’un tunnel où travaillaient les déportés à Schlier.

Ainsi, grâce à son travail, un SS s’étant tranquillement installé après la guerre aux U.S. se voit extrader vers l’Allemagne et l’Autriche pour répondre de ses crimes.

Intérieur d’une usine de missile V2 sous-terrain à Dora – Mittlebau/Nordhausen.

Il relate aussi les nombreux sabotages et incidents se déroulant dans les souterrains.

Tunnel à Schlier.

Puis arrive la défaite allemande sur les deux fronts, le camp est évacué. Certains détenus restent pour brûler le camp.

Reste du camp de Schlier- Redl-Zipf, aujourd’hui.

Durant la marche, Paul s’enfuit avec d’autres français et un belge. Il rencontrera une unité de l’armée américaine, grâce à leurs aide, il aidera à évacuer un groupe de femme détenu dans un camp annexe de Ravensbruck, à arrêter un SS caché en autre.

Entrée d’un tunnel amenant aux sous-terrains des usines de missile V2 aujourd’hui.

Puis s’est le retour. Difficile. Difficile de se réhabituer à un monde civilisé, impossible pour lui de dormir dans un lit confortable.

Ayant pris le maximum qu’il pouvait, il met en fin d’ouvrage des dessins faits par un prisonnier de l’infirmerie avant sa mort. Émouvant.

Je n’ai jamais lu un ouvrage pareil. Paul Le Caer n’a jamais rien lâché, même après sa libération, il traquera autant qu’il le peut les anciens bourreaux. Il sera couronné de succès plusieurs fois. Sans jamais rien attendre en retour que la justice.

Après être devenu dentiste, le Dr Le Caer s’engage dans un devoir de mémoire grâce à l’amical des déportés de Mauthausen, témoigne dans les écoles, voyage en Autriche avec ses anciens compagnons d’infortunes et continu de d’amasser des preuves. Les autrichiens doivent aussi connaître la vérité.

Entre voyage scolaire et rencontre avec d’anciens détenus, Le Caer ne tarit par d’effort pour ne pas que les prochaines générations oublient.

La fin du livre contient les fac-similés du Livre des morts, carnets où sont marqué les décès, les causes, la date, la nationalité… Ces noms sont marquant, et vous mets en face d’une réalité qui a existé et qui continue à exister, sous d’autres formes.

Paul Le Caer, alias Le Breton, alias Yves. Deux mois après sa libération.

Petite note de fin : L’ouvrage contient une photographie prise par Boix. Je vois cela comme un bel hommage au Photographe de Mauthausen.

Voici commencé se termine ma lecture des 3 ouvrages sur Mauthausen avec un film pour compléter le tout. Ces lectures sont épuisantes moralement. Pourquoi je continue à lire se genre de livre ? Pour ne pas oublier, essayer d’informer et surtout réagir quand se genre d’horreur se reproduisent. Je vous remercie si vous avez suivi lu les articles sur ce sujet difficile. J’ai parfois peiné à trouver les mots, me suis creusé la tête pour savoir que mettre, quoi omettre, quoi raconter, quoi dévoiler. J’espère avoir réussis tant bien que mal à vous aidez à apprendre un peu plus sur le camp. Dans le cas contraire, j’en suis désolé.

Jaskiers

Le photographe de Mauthausen (bande-dessinée) par

Quatrième de couverture :

Et si le vole du siècle avait eu lieu… dans un camp de concentration nazi ?

En 1941, Francisco Boix, matricule 5385, du camp de concentration de Mauthausen, échafaude avec ses camarades un plan pour voler des photographies témoignant dans crimes commis dans le camp et incriminant les plus hauts dignitaires nazis. Ce plan risqué n’est que le début de son périple pour révéler la vérité.

Une histoire vraie, basée sur des faits réels.

Après avoir lu le livre dont j’ai déjà rédigé l’article et se trouve sur le blog, je devais m’attaquer à la BD.

Je ne suis pas le plus grand connaisseur de bandes dessinés même si je pense avoir lu quelques classiques.

Le scénario prends quelques « liberté » avec la réalité, mais l’auteur, Salva Rubio le mentionne. La réalité a été modifié pour le bien du scénario. Au moins c’est sincère, et cela apporte pas mal de perspectives sur la vie dans le camp de Francisco.

Les photographies de Boix sont inséré en dessin dans la BD, et rends le récit encore plus réel, les manières et les raisons dont celle-ci ont été prises est parfaitement incluse dans l’histoire.

Les dessins sont bons et ressemblent au vrai camp. Je pense que le dessinateur Pedro J. Colombo a dû être influencé par le manga, car par moment, je retrouve l’esthétisme propre à cet art japonais. Ayant lu ma dose de manga dans la jeunesse, je ne pense pas me tromper, en tous cas c’est comme cela que je l’ai ressenti. Cela ne nie en rien à la qualité de la BD. Les transitions sont subtiles, intelligentes et s’harmonisent bien avec le récit.

Le travail sur la couleur est excellente. Sans trop spoiler, les scènes se passant dans le camp sont sombres, grises, oppressantes tandis que les scènes dehors sont colorées pleines de vies et de lumières.

Partie documentaire :

Cette partie est extrêmement intéressante, vraiment un ajout important pour l’œuvre.

Une biographie simple avec beaucoup de photos de Boix, petit, des anecdotes, les vraies photographies que l’ont peux trouver en dessin dans la BD qui apportent énormément à l’ensemble de votre lecture et à la compréhension de celle-ci ainsi que de l’épopée de Bloix.

À la fin, les mots très intimes et pleins de courage des auteurs espagnols de cette ouvrage, mettant en avant leurs jeunesses et leurs quêtes de vérités.

Un atout majeure après la BD, une vraie bonne addition.

J’aimerai ajouter que, personnellement, l’école ne m’avait jamais appris le sort des réfugiés républicains, et encore moins de leurs traitements inhumains de certains français à leurs égards.

Je vous laisse avec un extrait de la partie documentaire :

[…] Boix a lui même affirmé possède plus de 20 000 négatifs, […] et qui sont peut-être reste à Paris. Si tel est le cas, il se peut qu’un jour ils soient retrouvés, comme la célèbre « valise mexicaine » de Robert Capa.

Une telle découverte ne serait pas une première : en 2013, un nouveau lot 706 photos de la guerre civile espagnole a été retrouvé. Les photos ont été identifiées par l’association Fotoconnexio comment ayant été prise par un tout jeune Boix. Les autres photos de Mauthausen ainsi que le livre que Boix a écrit en captivité, intitulé Spaniaker, seront-ils un jour retrouvés ?

— Dedico este artículo a los refugiados españoles de la Segunda Guerra Mundial a quienes Francia traicionó. —

Jaskiers

Le photographe de Mauthausen par Benito Bermejo

L’histoire de Francisco Boix et des photos dérobées aux S.S. avec les préfaces de Anne Hidalgo et Daniel Simon.

Quatrième de couverture :

Témoignage unique au monde sur le camp d’extermination nazi de Mauthausen : des centaines de photos nous montrent, de l’intérieur, toute la cruauté du système concentrationnaire nazi. Ces images furent prises par les S.S. eux-mêmes lorsque le camp était en pleine activité, comme tant d’autres détruites par les nazis au moment de leurs défaite. Comment celles-ci ont-elles pu être sauvées ? Grâce à Francisco Bloix, un jeune homme à l’esprit vif, courageux et doté d’un fort caractère. Prisonnier à Mauthausen, employé au laboratoire photographique, il parvint, avec l’aide de ses compagnons, à les soustraire et à les cacher pendant des années.

ATTENTION ! CONTENUS CHOQUANTS !

Francisco Boix, au milieu, lors du procès de Dachau.

Francisco Boix est née le 31 août 1920 à Barcelone dans une famille de commerçant plutot aisée avec des idéaux politiques penchants vers la gauche. Le petit Francisco est énergique et se trouve une passion pour la photographie.

Lorsque la guerre civile espagnole éclate, il se fait recruter comme photographe reporter dans un magasine pour jeunes de gauche. Malgré son très jeune âge, il suit les Républicains sur le front.

À la défaite des Républicains suit la Retirada, la fuite des réfugiés espagnole en France.

La France les accueillera de manière plus qu’irrespectueuse et indigne d’un pays qui se voulait être le Pays des droits de l’Homme. Beaucoup mourront de malnutrition, de maladie et même de maltraitance avant même le début de la guerre.

La plupart des républicains réfugiés seront recruté dans des CTE, Compagnies de Travails Etrangers, la plupart de force d’autres dans la Légion Étrangère ou d’autres branches de l’armée.

À la défaire de la France, les soldats espagnols sont emprisonnés dans les Stalag, considérés comme prisonniers de guerre, puis peu à peu déportés à Mauthausen car Franco ne voulant pas d’eux, ils laissent ces espagnoles dans les mains des bourreaux nazis. Dans les camps, ils porteront le triangle bleu, couleur des apatrides, avec un ‘S’ cousu dessus pour ‘espagnole’… Paradox.

Ici commence l’enfer de Francisco et ses compatriotes.

Les prisonniers de Mauthausen ne sont pas censé sortirent vivant du camps. « Vous sortirez par la cheminée [du crématorium] », ce sont pas ces paroles que sont accueillis tous les prisonniers.

Les détenus du camp de Mauthausen sont classé NN, Nacht und Nebel, en français, Nuit et Brouillard, c’est à dire qu’ils sont voué à une mort certaine après avoir été soumis à l’esclavage au profit du Reich.

Mauthausen est classé parmi les camps de type III, c’est à dire, la mort par le travail, aucun survivant, la brutalité des SS et surtout des Kapos y était extrême. Pour exemple, Auschwitz était classé type I.

Le jeune Boix arriva au Erkennungsdient, le service d’identification et de photographie du camps en décembre 1941. Après être passé au Kommando (groupe de travail) de la carrière Wienergraben. Il était interné à Mauthausen depuis la fin août 1941. Sa place au sein du service d’identification lui a été trouvé par un camarade communiste. Très vite, il est considéré comme le « leader » du service, place qu’il acquerra grâce à son caractère fort et courageux, surtout parce qu’il deviendra l’assistant du SS Paul Ricken, photographe du camp, chargé de prendre des photographies de la vie quotidienne du camp et des morts. Le SS mettra en scène les cadavres, couvrira les meurtres en suicide, il était obsédé par la mort dans l’Art, au grand dégoût de Francisco.

Boix est celui à qui l’on doit d’avoir sauvé de nombreuses photographies et à témoigner lors du procès de Nuremberg après le témoignage de la grande résistante françaises Vaillant-Couturier. Il témoignera aussi lors du procès de Dachau qui jugera aussi les crimes et criminels de Mauthausen.

Jacinto Cortés Garcia, lui aussi réfugié espagnol déporté à Mauthausen, ayant « l’opportunité » de travailler en dehors du camp, faisant parti du Kommando Poschacher, kommando composé de jeunes espagnoles travaillant pour l’entreprise privée Poschacher, sortira les photos volés aux SS pour les donnés à une dame d’un village à proximité du camps. Boix les retrouvera chez cette dame après la guerre. Il retrouvera aussi d’autres négatifs cachés grâce à l’aide de d’autres détenus dans le camp. Pour la petite information, l’entreprise Poschacher existe encore…

À la libération du camp par les américains, Boix reprendra son métier de reporter de guerre. Il photographiera l’interrogatoire de Ziereis, commandant du camp. Agonisant, car en essayant de fuir, il fut retrouvé par des soldats américains. Il mourra peu après l’interrogatoire.

Francisco Boix après la libération du camp. Il reprendra immédiatement son métier de reporter/photographe de guerre.

À sa sortie de Mauthausen, ne pouvant revenir en Espagne à cause de la dictature de Franco, Boix ira à Paris, vivre avec d’anciens détenus et, comme d’habitude, reprendra son travail de photographe pour des magazines communiste. Il perdra un peu espoir à cause des déclarations de Staline, disant que les détenus communistes auraient dû mourrir dans les camps, les armes à la mains, ceux ayant survécus seront dorénavant considérés comme des traîtres.

Il rencontrera d’autres personnalités espagnoles en France tel que Pablo Picasso, Dolorès Ibarruri Gomez aussi connue sous le nom de La Pasionaria ou l’auteur espagnol Jorge Semprun, lui aussi ancien déporté à Buchenwald.

Francisco Boix, photographiant Pablo Picasso. Picasso dira de Francisco qu’il était un jeune très dynamique et passionné.

Son état de santé est mauvaise, même avec son très jeune âge et sa position dans le camp plutôt « aisée » (on appelais ces détenus des Prominenten. Secrétaires coiffeurs cuisinier, photographes, docteurs, infirmiers étaient des places très prisées par les détenus mais les places étaient extrêmement rares…), son séjour en détention a détruit son corps.

Il décèdera à 30 ans. Enterré dans une banlieue parisienne, sa dépouille sera transférée au cimetière du Père-Lachaise en 2017.

Il ne reverra jamais sa sœur Nuria, seule survivante de sa famille.

Transfère de la dépouille de Francisco Boix au cimetière du Pere-Lachaise en présence de la maire de Paris, Anne Hildago. 16 juin 2017

Il est dur de mettre des mots sur le livre. Déjà parce que le sujet est dur et que le livre est basé sur l’histoire d’un tout jeune espagnol déporté dans l’enfer concentrationnaire. Il est donc difficile de parler de se livre sans trop vous en dévoiler.

L’ouvrage se base principalement sur les témoignages de ceux qui ont connus Francisco Boix, en Espagne durant la guerre civile, au camp et après. L’ouvrage peut paraître un peu confus au vu de son organisation. La traduction peut manquer de panache et contient quelques coquilles (oui, d’accord, là c’est l’hôpital qui se fou de la charité), mais vraiment rien de très dérangeant.

Le livre se concentre principalement sur les détenus espagnols du camp et les différents protagonistes ayant aidés à la sortie des négatifs. Mauthausen est le camp contenant le plus de déporté espagnols. Tous déporté de France après leurs fuites d’Espagne.

Une des parties les plus intéressante et la déposition et le témoignage de Boix au procès de Nuremberg avec les photographies utilisées pour prouver ses dires. S’est aussi la partie la plus dur, car ces photographies sont terrifiantes.

D’autres ouvrages et un film sur Mauthausen sont à venir sur le blog, j’ai donc décidé de poster plusieurs photographies non présenté dans se livre et poster quelques passages du livre pour exposer l’horreur de Mauthausen et de ne plus avoir nécessairement à le faire pour les futurs articles. Ce n’est pas forcément un des articles les plus facile, émotionnellement du moins, à écrire.

Je vous laisse avec des témoignages, extraits (écrits en italique), informations et photographies sur Mauthausen.

Le contenu est EXTRÊMEMENT CHOQUANT !

On peut chiffrer à un peu moins de 200 000 les prisonniers passés par Mauthausen entre 1938 et 1945, dont la moitié y trouva la mort.

Cadavres de détenus découvert au camp de Mauthausen. 1945.

Normalement, lorsqu’on évoque un camp de concentration nazi, on pense à des morts cruelles dans les chambres à gaz. Dans le cas de Mauthausen, les détenus (nous devons inclure ici les espagnols), meurent en général d’épuisement associé à la faim. Il y avait un triangle létal formé de trois éléments : l’alimentation insuffisante, le travail dur sous les intempéries et une série de maladies ; chacun de ces éléments renforçait les deux autres.

Francisco Boix déclara ceci à Nuremberg au sujet de cette photographie : Ceci est une mascarade faite au sujet d’un Autrichien [Bonarewitz] qui s’était évadé. Il était menuisier au garage, il a pu faire une caisse où on pouvait tenir et sortir ainsi du camp. Mais, au bout de quelque temps, il a été repris. On l’a mis sur une brouette [à l’extrême gauche sur la photo] qui servait à transporter chaque jour les morts au crématoire ; il y avait des écriteaux en allemand disant : « Alle Vogel sind schon da », ce qui veut dire « Tout les oiseaux sont de retour ». Il a été condamné, promené devant 10 000 déportés ; il y avait un orchestre de gitans, qui pendant tout ce temps, jouait l’air de J’attendrai. Quand il a été pendu, il se balançait à cause du vent qu’il faisait et on jouait une musique très connue qui s’appelle Bill Black Polka. Photographie prise par le SS Ricken.

La carrière Wienergraben est le principal lieu de travail pour les détenus. Qui consiste à casser des pierres toutes la journées, sous tous les temps. Les SS pouvaient prendre en grippe un ou plusieurs détenus, leur faire transporter des lourds blocs de granits sur une longue distance, et leurs faire faire demi tour pour tous recommencer jusqu’à l’épuisement. Un travail de Sisyphe comme le déclarera Lope Massaguer.

[…]Le camp annexe de Gusen, situé à cinq kilomètres à peine de celui de Mauthausen. […] Le complexe de Gusen qui compta finalement trois camps était situé près des collines où l’on installa deux carrières. […] Mais il possédait une particularité tristement célèbre : un espace pour douche en plein air avec bassin au sol. C’est là que beaucoup de détenus furent soumis au supplice des jets d’eau froide par des températures hivernales extrêmes, jusqu’à mourrir sous les coups ou noyés.

Les camps annexes de Mauthausen-Gosen.

Une logique privilégiait l’extermination des détenus du camp, l’autre visait à utiliser cette main d’oeuvre au profit des entreprises des SS et à la louer à des firmes extérieurs . […] les détenus devaient s’épuiser au travail et c’était leur capacité à exercer un labeur productif avec le moindre coût de maintenance qui déterminait leur espérance de vie. […]

Détenus espagnoles cantonnés aux travaux forcés. Ici, ils traînent un wagon de terre. Le SS Paul Ricken dont Boix était l’assistant, est l’auteur de cette photographie.

La construction d’un terrain de football pour les SS coutera la vie à 1 000 prisonniers selon Francisco Bloix.

Détenus humiliés et forcés à faire du sport jusqu’à épuisement.

L’anarchiste catalan Lope Massaguer témoigne de son sentiment devant les souffrances et le destin tragique des Juifs Hollandais :

« Un jour un Kommando [groupe de travail] de 1 000 hommes arriva à la carrière, parmi lesquels près de 300 Juifs, la plupart portant des chaussures à semelles de bois. Les SS placèrent ces détenus en tête du rang, qu’ils fermaient eux-mêmes accompagnés de quelques chiens policiers. Lorsque la première centaine de Juifs atteignît la moitié de l’escalier, ils reçurent l’ordre de s’arrêter. Ils obéirent en tremblant, devinant probablement l’horreur qui les attendait (…) Les chiens (…) furent lâchés par les soldats sur les Juifs qui, terrorisés, commencèrent à descendre sous les risées des nazis. Pris d’une panique indescriptible, les plus forts écrasaient les plus faibles dans leur course effrénée pour arriver les premiers. Les galoches en bois les faisaient déraper sur les marches tandis que les chiens déchiquetaient leurs chairs ensanglantées. Les victimes lançaient des cris horribles qui provoquaient aussi bien notre effroi que celui des Juifs qui n’avaient pas encore été attrapés par les chiens. Et par-dessus toute cette horreur, les rires et les moqueries des kapos [prisonniers désignés comme gardien par les SS] et des SS. Lorsque tout fut fini, les marches étaient couvertes de cadavres, de blessés agonisant et de morceaux de membres arrachés.

Détenus montant « L’escalier de la mort », chacun portant une lourde charge de granite. Les chutes arrivaient fréquemment, écrasant, blessant grièvement et tuant des détenus. L’escalier avait 186 marches.
L’escalier de la mort aujourd’hui.

Le docteur Podhala, éminent chirurgien et doyen de la Faculté de médecine de Brno (Tchécoslovaquie) déclara au procès de Dachau que plusieurs docteurs SS réalisèrent à Mauthausen et à Gusen des interventions chirurgicales (qui pouvaient inclure l’ablation de l’estomac ou d’autres organes) sur des détenus sains, dans le but de fournir des exercices pratiques au personnel médical SS et de satisfaire la curiosité de certains médecins. Un gros pourcentages des détenus soumis à ces expériences trouva la mort à la suite des interventions.

Je me permet d’ajouter qu’ayant lu le livre de Michel Cymes « Hyppocrate aux enfers », aucunes expériences médicales nazies n’ont fais avancer la médecine. C’était juste du pur sadisme.

Détenu décédé en tombant dans la carrière de Wienergraben (chute de 70 mètres). Photographie de Francisco Boix exposée au procès de Nuremberg. Ils y avaient plusieurs chutes par jour. Suicide, meurtre ou accident, la mort à Mauthausen prenait différente forme.

Un détenu, Marcial Mayans raconte la réaction des SS après le suicide d’un détenu et celui de son fils : « Ils [les SS] rigolaient et nous montraient du doigt en disant ‘Alle kaput’, vous crèverez tous. »

Photographie d’un détenu qui s’est suicidé en touchant les barbelés électrifiés du camp. « Un fait du quotidien » diront les rescapés du camps. Boix dira de cette photo : détenu politique autrichien, 1943. Au fond on distingue l’Appellplatz. Le panneau prévient du danger de mort par la haute tension. Photo prise par le SS Ricken.
La libération du camp par la 3ème Armée Armée U.S. La photographie a été mise en scène, prise un jour après la véritable libération. La banderole accrochée à l’entrée du camps dit : Les espagnols anti-fasciste saluent les forces de libération.

Des 9 328 Espagnols internés dans les camps, 7 532 le furent à Mauthausen. 4 817 furent assassinés (Il convient de garder à l’esprit que les chiffres sont uniquement ceux qui sont attestés. Il se peut donc que les chiffres réels soient plus élevés.)

— Dedico este artículo a los refugiados españoles de la Segunda Guerra Mundial a quienes Francia traicionó. —

Jaskiers