Un peu de mes nouvelles (ou comment mon corps me lâche).

Ça faisait longtemps hein ? Longtemps que je n’ai pas écris un article sur ma petite personne ! Mon égo surdimensionné en a besoin.

Parlons d’abord des mauvaises nouvelles, comme ça, on est débarrassé.

Comme indiqué dans le titre, mon corps me lâche, ce n’était qu’une question de temps honnêtement. Depuis environ 2 mois, j’ai des vertiges, des sortes de torpeurs, l’impression que mon cerveau fait des bonds dans ma tête, mes oreilles bourdonnent et j’ai cette sensation que vous avez déjà sûrement tous vécue, celle où quand vous êtes à deux doigts de vous endormir, vous faite ce rêve ou vous tombez et vous vous réveillez en sursaut. Hey bien j’ai cela, en moins intense mais à répétition et éveillé. Avec l’impression que je sors de mon corps. Ajoutons à cela des « bouffées » de chaleurs et des nausées avant de me coucher.

Évidement, j’ai pris rendez-vous avec mon médecin traitant qui, évidemment, n’était pas là et était remplacée par une jeune femme d’environ 35 ans. Résultat : 10 de tension. Pour elle, je ne mange pas assez. Sacré blague, je mange comme un porc à cause du Norset (médicament antidépresseurs qui fait aussi somnifère).

Je n’ai jamais été « gros » dans ma vie, mais maintenant, si. Mon ventre ressort, mes pectoraux s’emplissent des graisses. Je sens des plis dans ma peau que je peux attraper à pleines mains. J’ai des vergetures, des « stretch marks » (comme disent les anglophones) sur mes hanches. Je ne rentre que difficilement dans mes jeans et mes ceintures ne me sont plus d’aucunes utilités.

Ma mère mets ça sur le compte de la vieillesse. Je ne sais pas si elle est sérieuse, j’arrive doucement vers mes 28 ans… déjà ?

Vous me direz, « t’as qu’à faire du sport ». Viens en Normandie ou ça pleut et sa caille tous les jours. Pas les sous pour un abonnement à la salle de sport. Et avec 10 de tension, j’ai pas envie de m’éclater la tête.

Je ne dors que 6 heures par nuit, impossible, ou presque, de me rendormir. Je prends 2 Norset mais l’insomnie est coriace.

Je fais un cauchemar récurent : je me retrouve en plein champ de bataille, en plein milieu du conflit ukraino-russe (ça se dit ça « ukraino-russe ?).

J’avais écrit dans mon article de bonne année que je pensais que le monde irait de mal en pis cette année. Je ne crois pas me tromper. Une bonne chose cependant, le « pass vaccinal » semble passer à la trappe fin mars. Tant mieux, je n’ai pas fais ma troisième dose.

Les élections présidentielles (et législatives) approchent et déjà, les gens se crachent leurs venins. Cette morosité ambiante devient pesante.

Le positif sinon ?

Malgré ces déboires physiques, je vais plutôt bien niveau psychique.

J’écris entre 500 et 2 000 mots par jours. Pas sûr un seul projet, sur plusieurs. J’écris sur quelque chose qui m’inspire, souvent mes lectures du moment.

Niveau lecture : j’ai commencé l’année en lisant les récits d’Homère puis j’avance dans le temps en prenant certains virages suivant une logique de lecture bien à moi.

J’ai commandé toutes les œuvres de Francis Scott Fitzgerald, j’ai écris un article dessus, j’attends de recevoir un livre, livre qui doit traverser l’Atlantique sous peu, pour poster l’article.

J’ai aussi, grâce à mes pérégrinations littéraire, découvert Stefan Zweig. Comment ai-je pu passer au travers de ses œuvres pendant mes (presque) 28 ans de vie ?

Et Herman Hesse aussi.

Et Marcel Proust ! Merde, Proust !

Et Dickens ! Mince !

Et pire, Shakespeare !

Mais je me rassure. Je lis actuellement Moby-Dick (dick lol) de Herman Melville. Dans l’édition que je me suis procuré (Quarto Gallimard), nous avons le droit à un dossier bien étoffé, dans lequel j’ai pu découvrir que Melville, lui aussi, a découvert Shakespeare sur le tard… à 28 ans !

Avec la littérature, j’ai l’impression que j’ouvre une porte, qui s’ouvre sur une autre, puis 3 autres et ainsi de suite. L’impression que je serai un éternel apprenti de la littérature, et c’est une bonne chose, aimer quelque chose qui ne semble pas avoir de fin. Après tout ces deuils, cette impression de perte de contrôle injustifiée et injuste, j’ai trouvé quelque chose qui ne me quittera pas. C’est peut-être quelque chose de mal, ou bien une bonne catharsis.

La découverte Stefan Zweig et la psychologie de ses personnages a été une agréable surprise, j’étais passé à côté de cette porte sans m’en rendre compte. Enfin, je traiterai le sujet Stefan Zweig dans un autre article. Je passe du coq à l’âne. Désolé, mais vous êtes habitués n’est-ce pas ?

Niveau blog :

J’ai cette frustration de ne pas partager avec vous mes lectures et mes découvertes. Ça m’agace, j’aime l’échange et j’apprends beaucoup de ceux qui me lisent. Et j’aime aussi faire découvrir aux autres d’autres horizons. C’est pour cela que j’écris des petits textes « inspiré par X ou Y ». Plus qu’une indication, j’ai envie de vous tenir au courant de mes lectures mais cela m’amènerait à retomber dans la « review » de livre, que j’ai arrêté, si je continus.

Partager mes écrits me fait encore peur, mais j’ose. La série « California Rocket Fuel », écrit avec un style plutôt atypique, a été une sorte de test, voir si mes lecteurs resteraient, ou me liraient, qu’importe le sujet, le style.

Le style ? Ce foutu terme m’obnubile. Je cherche, je me cherche. J’ai découvert que la littérature cachée bien des arcanes qui semblent insondables. Elles ne le sont pas si nous plongeons et explorons.

C’est pour cela que je vais relire mes classiques, déjà lu ou pas. Il me faut apprendre et emmagasiner ce que les maîtres nous ont laissé pour évoluer. Enfin c’est ce que je pense.

J’ai aussi acheté des livres, en anglais et en français, sur l’écriture. Je n’ai pas pris les premiers ouvrages sur lesquelles ont tombe en recherchant sur internet, j’ai fais mes recherches. « A year of writing dangerously » de Barbara Abercrombie n’est pas mauvais, d’ailleurs, je poste ici les quelques « writing prompts » qu’elle nous propose en fin d’ouvrage. Certains sont très… intimes et je ne vois pas l’utilité de les poster ici.

On parlait du style non ? Donc, Zweig ! Encore. Les personnages, la psychologie, c’était cela que je cherchais depuis tous ce temps sans vraiment m’en rendre compte. J’écris maintenant en prenant conscience que mes personnages ont une vie, une pensée. En prenant en compte l’aspect social, la communication, l’environnement, les mœurs et tutti quanti. C’est très dur, pas si simple d’écrire mais c’est passionnant.

Enfin, j’ai parlé de Fitzgerald, et j’ai dis qu’un article sur lui allait arriver. Mais je voulais vous dire que « Gatsby le Magnifique » m’obsède actuellement. Le personnage de Gatsby, son aura, ses mystères, son charisme forgés par les mains de Fitzgerald. Est-ce que Gatbsy est pour Fitzgerald ce que la voute de La Chapelle Sixtine était à Michel Ange ou ce que Le Penseur était à Rodin ?

J’aime, je me ruine (économiquement parlant), je dépense beaucoup pour des livres. Le monde s’arrêtera de tourner peut-être demain, ou dans un mois, ou dans deux ans, pourquoi me priver ? Tous ce que je veux, honnêtement, c’est de lire des œuvres, apprendre et pouvoir écrire comme je l’ambitionne.

Lire et écrire me permet de m’accrocher, un pilier majeur de ma vie.

Cet article a dépassé les 1 000 mots, merci de m’avoir lu jusqu’ici. Merci à ceux qui me lisent. C’est énorme, d’être lu. On ne s’en rend pas compte mais quelle aubaine internet parfois. Je m’avance peut-être un peu, mais j’ai écrit deux nouvelles, aux antipodes de « California Rocket Fuel » qui seront peut-être poster dans les prochaines semaines. Pas de promesses, mais je suis curieux, impatient, de voir ce que vous en penserez si je décide de les partager.

Avant de finir, rapidement, un article sur New-York et sa littérature devait faire son apparition. Je n’ai pas tous les livres que je voulais, manque d’argent, et je n’ai aucune idée de comment le traiter ce sujet. Donc, pour l’instant, New-York attendra.

Merci de m’avoir lu ! Et j’espère que vous allez bien, prenez bien soin de vous et de ceux que vous aimez ! À la prochaine si une bombe nucléaires ne nous anéantit pas avant !

Quelques ouvrages de mon immense pile à lire :

Jaskiers

Chez Ithaque (texte inspiré par James Joyce.)

Accoudés au bars, les trois joyeux lurons étaient déjà bougrement pintés bien que l’horloge a cou-cou n’indiquait que 22h.

« – Hey O’culer ton tour de payer ta tournée plait-il hein !

  • La blonde va gueuler.
    Dommage qu’elle n’aiment pas se mettre une pété de temps en temps
    , dit O’cullaigh.
  • C’moi qui lui met la fessé à ta donze ! Dit Dedlumrgh.
  • Hey Bloom, on refais un tour. C’moi qui passe à la caisse.
  • Prendrez quoi m’ssieurs ?
  • Guinnes, répondit Dedlumrgh
  • Patriote le Catho ! Remarqua Kolvalsk. J’prends un baby !
  • Moi pareil. Répondit O’Cullaigh. »

O’cullaigh piocha tant bien que mal dans sa poche, approcha les shillings à quelques centimètres de ses yeux, ses deux yeux verts louchants.

« – Hey p’tain les gars j’suis riche !

  • Tu vois double surtout !
  • Tu veux j’t’aide à compter ?
  • Ah surtout pas toi Dedlumrgh !
  • Bah demerde toi alors !
  • Hey Bloom, tiens. Il tendit ses pièces et les fit tomber sur la table. Avec ça y’a sûrement assez vas-y donne.
  • Vas y Bloom on commence a rouiller t’es vraiment pas fais pour servir, donne moi l’pub tu va voir c’mment je vais l’gerer ton café ! Proposa Kolvalsk.
  • Autant le donner aux Anglais !
  • Ah ! Breton de l’Ouest de mes couilles j’savais bien que t’était un des leur ! Cria Kolvalsk.
  • Moi j’dis, hoquetât O’Cullaigh, qu’un bon Albion, c’est un Albion mort !
  • Putain ouai mon con ! »

Bloom déposa les verres, ramassa les pièces éparpillées sur le comptoir, fit un rapide compte puis déposa les shillings et pièces en trop.

« – Fortune les gars ! C’est le barman qui me paie pour boire ! »

Tous trois rigolaient quand Antoine entra.

« – Manquait plus que le petit français ! Cria le dockers Kolvalsk

  • Un français ! Sacre Bleu ! Hey prépare la prochaine tournée Bloom c’est La Marianne qui paît !
  • Toi tu perd rien pour attendre sale radin !
  • Voyez vous ça messieurs, hurla Kolvalsk debout, les bras écartés ! Le français qui dit au Catho qu’il est radin !
  • Si c’est pas du foutage de gueule ça mon con !
  • Toujours à s’plaindre ces maudits français ! Aller ‘monsieur Cock’ corico ! vient donc boire un godet ! »

Le français s’avança, serra les fortes mains calleuses du dockers Kolvalsk, les mains douces du botaniste O’Cullaigh et celle bien manucurées du comptable Dedlumrgh.

« – C’est quoi s’t’histoire de catho ? Demanda Antoine.

  • J’en sais rien c’est Kolvalsk qui sort sa d’nul part !
  • C’est qu’mon père s’est un converti, l’était Juifs avant !
  • Ah bah d’accord.
  • C’tais pour rester ici !
  • C’est pas plutôt un protestant ?
  • Ah nous les français on sait protester nous ! Dreyfus oui laisser-le tranquille !
  • C’est triste quand même moi j’dis, hoqueta O’Cullaigh, la religion la vraie, c’est la boisson ! Plus d’bois t’vois bah plus t’es heureux !
  • On s’en fou du type au Calvaire on préfère le Calva ! Éructa le dockers.
  • Moi j’dis, la religion c’est pour éviter de dormir avec la femme du voisin c’tout. Et pour nous casser les couilles avec la boisson ! Dit le français.
  • Bien dit Antoine ! Mais Sacre bleu ça m’empêche pas de baiser la tienne de femme ! Dis le comptable.
  • J’en ai pas donc comme ça t’es bien avancé.
  • Ta mère alors.
  • Pas les mères ça c’est pas Irlandais ! Hurla Kolvalsk, les yeux révulsés ouvrant grand la bouche à chaque syllabe. On accueille bien les étrangers NOUS !
  • L’a pas inventé l’eau chaude le français ! Dit O’cullaigh.
  • C’est qui d’ailleurs qu’la inventé, demanda Dedlumrgh.
  • C’est Prométhée ! Répondit Antoine.
  • Ephaïstos ! Beugla Kolvalsk.
  • Mais non ! C’est…

À cet instant résonna un bruit régulier, les quatre poivreaux se retournèrent pour jeter leurs yeux sur la porte d’entrée du pub.

Y rentra Félix, l’aveugle, qui devait changer de canne plusieurs fois par an à force de la frapper avec force sur sols et obstacles pour tâter son chemin.

« – Hey salut bigleu !

  • Hey j’suis peut-être aveugle mais pas con ! Bloom, y’a une lettre pour moi ?
  • C’est pas la poste ici Félix. Non t’a rien.
  • Bah j’reviendrai demain p’tetre y’aura.
  • Nan je te dis ici c’est un pub ! Pas de lettre, jamais, nada !
  • Attend c’est qui croit que c’est la poste ici ? Demanda O’Cullaigh.
  • Vient tous les jours. Répondit Bloom
  • Fel’ ! T’es con en plus d’être aveugle.
  • Le con de ta mère, répliqua Félix.
  • L’est aveugle depuis qu’il a vu le minou de la reine Victoria, dit Dedlumrgh. Acide sa minette !
  • Broute minou ! Cria Kolvalsk.
  • Dis t’utilise t’a canne pour aut’ chose que marcher pour la casser si souvent ! Pour ça que tu t’assois jamais ! Hurla Dedlumrgh, rouge comme une pivoine. L’était bonne celle-là hein mes cons !
  • Aussi bonne que ta femme à la cuisine, rétorqua l’aveugle.
  • Broute minou t’va brouter le gazon dans pas long !
  • T’es comptable et t’sais meme pas compter !
  • Heureusement que t’a pas à voir ta tronche dans un miroir t’ferai des cauchemars !
  • Enculé !
  • Ordure !
  • Escroc !
  • Poivreau !
  • Pignouf ! »

Dedlumrgh s’avança brusquement, portant difficilement une chaise sur l’épaule, les yeux injecté de sang.

« –Arretez vos connerie, commanda Bloom. Pose cette chaise – tu casse tu paie – et tu va me faire avoir des emmerdes ! Et Félix y’a pas de lettre taille ta route maintenant ! »

Kolvalsk, de loin le plus costaud des alcoolos ramenait le comptable, éructant d’un rire gras.
« – Faut être sacrément siphonné pour vouloir frapper un aveugle » dit le français à O’Cullaigh.
Ce dernier était affalé la tête posée dans ses bras. Le français dit triomphant :

« –C’est une première Bloom ! Un français qui couche un irlandais à la beuverie ! T’as jamais vu ça dans ton pub j’paris !

  • Il a commencé avant toi faut dire ! Et j’en vois pas beaucoup des froggies par ici.
  • Ta ta ta pas d’excuses ! Sert m’en don’ une peinte t’va voir c’que le français il taquine du gosier !
  • Les français hein ? Monsieur Antoine ! Brailla le comptablequisavaitpascompter, bon à rien à part baiser !
  • Mais tu sais ce qu’ils te disent les François ?
  • M’en fou, bon a rien ! On vous donnes tout pour casser de l’anglois et vous arrivez à perdre ! Et Dreyfus hein ?! Z’etes que des mauvais italiens !
  • Mais qu’est-ce que j’ai à voir dans tous ça moi merde j’suis marchant !
  • Va bouffer tes cuisses de grenouilles !
  • Trop occuper à manger celles de ta donzelle ! »

Puis, c’est à ce moment on ne peut plus poétique que le garde civile se pointa.

« – Messieurs !

  • Oui c’est ceux là oui j’les reconnais !
  • Mais vous êtes aveugle cher monsieur !
  • J’suis p’tetre aveugle mais pô’ sourd !
  • Silence ! Tonna la voix de stentor du garde.
  • Désolé monsieur, ils sont agités se soir. Dit Bloom
  • Comme tous les soirs dans votre gargotes on en ramasse toujours quelque pingres !
  • C’pas nous m’sieur, c’est l’aveugle qu’a commencé, plaida O’Cullaigh.
  • Ouai c’est lui, il pense que c’est un guichet de poste ici ! Comment vous pouvez le croire après ça ?! Dit le français.
  • Dans tous les cas, messieurs, vous nous offrez un magnifique tintamarre. Je crois que vous avez le droit à une loge en cellule !
  • Ah bah j’suis franc-maçon j’suis habitué ! »Répondit Dedlumrgh.

A ces mots, le colossegardecivilepascommode prit les trois pintés, les poussa dehors. Nuit noires, froidetresfroid.

« –Fais chier demain j’dois aller voir la pièce de Beats là ! Dit François.


Bah attends, demain, demain c’est loin ! Répondit Kolvalsk.


Hey il peut dire des choses intelligentes parfois lui ! Dit Dedlumrgh, se laissant trainé par le garde.

Je proteste en Protestant ! Cria Antoine.

Par Saint-Barthélémy ! » Cria O’cullaigh

Les trois mousquetaires de la Guiness furent jetés dans la berline. Cette dernière démarrât àfonddetrainlesgrelôts, les chevaux frigorifiés ne se faisaient pas prier pour galoper et la berline de faire des bonds stratosphériques à chaque mauvais tronçon de route, c’est à dire tout les 10 secondeshorlogeenmain. Cou-cou. Oiseau de malheur, plus tu l’entend, moins longtemps que tu as à vivre.

Des Icares ennivrés sarcophagés, carambolages encagés, ces têtes bosselées n’apprendront donc jamais. Ils s’envolent ces artistes de l’ivrogne Bacchus. Peut-être un Pan au tournant. Et ce manger un pin.

Il était exquis d’entendre les passagers gémirent et pour certains, vomirent, pour Félix qui annonça à Bloomlefacteurquestpasvraimentfacteur qu’il reviendrai bah… demain !

« – On va en entendre parler dans tous L’village demain à la première heure… C’est foutrement petit Dublin. Hey James, grattepapier, j’paie ma tournée, tous va bien j’espère ? Pas taché ton beau papier ? Dit Bloom.

Tutto è perfetto ! » Répondit Joyce.


Cette nouvelle est inspirée de mes lectures de Ulysse et Dubliners de James Joyce. Je me suis inspiré de son style, j’ai pioché ces mots et son style parfois atypique principalement dans son Ulysse.

Jaskiers

Le Horla par Guy de Maupassant

Quatrième de couverture :

Le Horla raconte la lente désagrégation d’un esprit, de la dépression à la folie – des maux que connaissait bien Maupassant. Le héros se sent peu à peu envahi par un autre, qui agit à travers lui : le Horla, puissance invisible, inconsciente qui le manipule. S’installent alors l’incompréhension, la peur, l’angoisse. Jusqu’à l’irréparable.

Prenant la forme du journal intime, la nouvelle illustre ce que Freud nommera l’inquiétante étrangeté, cette intrusion progressive du malaise dans le quotidien. Modèle de nouvelle fantastique, Le Horla est aussi un description clinique du dédoublement de personnalité qui menace toute conscience.

« D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre conscience en détresse ? »

Puisqu’il s’agit d’un classique que l’immense majorité d’entre vous avez sûrement déjà lu, je me contente donc de juste poster les extraits que j’ai trouvé intéressant (sans spoiler les personnes qui ne l’auraient pas lu.)

Extraits

À gauche, là-bas, Rouen, la vaste ville aux toits bleus, sous le peuple pointu des clochers gothiques. Ils sont innombrables, frêles ou larges, dominés par la flèche de fonte de la cathédrale, et pleins de cloches qui sonnent dans l’air bleu des belles matinées, jetant jusqu’à moi leur doux et lointain bourdonnement de fer, leur chant d’airain que la brise m’apporte, tantôt plus fort et tantôt plus affaibli, suivant qu’elle s’éveille ou s’assoupit.

Crédit : Wikipedia

Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, à sur nous, sur nos organes, et, par eux, sur nos idées, sur notre cœur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables ?

« Est-ce que nous voyons la cent millième partie de ce qui existe ? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracines les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jette au brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, – l’avez-vous, et pouvez-vous le voir ? Il existe, pourtant. »

Quand on est atteint par certaines maladies, tous les ressorts de l’être physique semblent brisés, toutes les énergies anéanties, tous les muscles relâchés, les os devenus mous comme la chair et la chair liquide comme de l’eau. J’éprouve cela dans mon être moral, d’une façon étrange et désolante. Je n’ai plus aucune force, aucun courage, aucune domination sur moi, aucun pouvoir de mettre en mouvement la volonté. Je ne peux plus vouloir, mais quelqu’un veut pour moi ; et j’obéis.

On dirait que l’homme, depuis qu’il pense, à pressenti et redouté un être nouveau, plus fort que lui, son successeur en ce monde, et que, le sentant proche et ne pouvant prévoir la nature de ce maître, il a créé, dans sa terreur, tout le peuple fantastique des êtres occultes, fantômes vagues nés de la peur.

Source : Pinterest

Les étoiles avaient au fond du ciel noir des scintillements frémissants. Qui habite ces mondes ? Quelles formes, quels vivants, quels animaux, quelles plantes sont là-bas ? Ceux qui pensent dans ces univers lointains, que savent-ils plus que nous ? Que peuvent-ils plus que nous ? Que voient-ils que nous ne connaissons point ?

Nous sommes si infirmes, si désarmés, si ignorants, si petits, nous autres, sur ce grain de boue qui tourne délayé dans une goutte d’eau.

Guy de Maupassant Le Horla

Jaskiers