Atterrissage forcé

Ce récit fait presque 2 000 mots. Je n’ai pas pensé judicieux de le diviser en chapitres. Lisez-le à votre rythme.

Aux humains qui liront ce témoignage, j’ai utilisé votre langue et essayé de simplifier au maximum sa rédaction pour une compréhension plus simple pour vous.

Je n’ai pas pu identifier avec précision les causes de notre atterrissage forcé sur la planète bleue.

Un de nos moteur anti-gravitationnel a cessé de fonctionner, ainsi que les commandes permettant à notre vaisseaux de reprendre de l’altitude. Quelque chose semble avoir brouillé notre technologie. Je présume que cette panne provient d’un élément naturel de votre planète, et non d’un acte humain tel un missile ou une quelconque technologie défensive de votre part.

L’exploration des planètes, dont mon unité est chargée, réserve parfois quelques surprises. Votre planète n’est pas sans danger même avec notre technologie qui dépasse grandement la vôtre.

Mes camarades ont fait leur possible pour essayer de redresser notre vaisseau. Mon rôle dans l’organisation inter-galactique à laquelle j’appartiens été de coordonner les différentes unités et de les dispatcher selon leur domaine de recherche respectif. J’étais en quelque sorte le chef de l’expédition hors du vaisseau, je n’avais aucune responsabilité quant à l’état, l’entretien, le contrôle de notre engin.

Nous avions repéré votre planète depuis plus de 500 ans, selon votre philosophie du temps.

La manière dont vous avez organisé votre temps, seconde, heure, minute, jour, semaine, mois, année, est unique et pathétique. Chaque planètes habitées par des entités ont leur propre mesure du temps. Comme vous, elle est souvent basée sur les changements climatiques, les saisons.

Seule change la manière dont les entités utilisent ce temps. Vous, humain, êtes limités par votre petite espérance de vie. Votre vie est la plus courte de toute les entités intelligentes de votre petite galaxie.

Mon but, en tant que chef d’expédition planétaire inter-galactique, est de rentrer en contact avec les êtres intelligents habitant une planète, d’apprendre et d’étudier leurs philosophies de vie, leurs habitudes, leurs connaissances.

Nous avions une unité pour l’environnement, prenant en charge l’étude des espèces vivantes, végétale et animalières, ainsi que le climat et le fonctionnement de cette biodiversité et son influence sur la planète.

La votre, selon les renseignements de cette unité et après plusieurs milliers visités sur votre planète, est gravement endommagée par vos agissements. Le profit, l’argent, cette méthode de rétribution à vous, vous a fortement poussée à exploiter vos ressources sans chercher d’alternatives. Résultat : nous venions pour observer les résultats de vos agissement sur votre planète. J’étais donc en charge de votre étude, vous diriez dans votre vocabulaire que je suis un anthropologue.

Revenons au crash du vaisseau Dedalus, mon vaisseau.

Notre vitesse de descente étant extrêmement élevée, je ne pu que donner l’ordre, si nous survivions, de nous mêler aux humains de la planète Terre jusqu’à ce qu’un appareil de la division Minotorus vienne à notre secours.

Notre vaisseaux termina sa course dans le pays appelé États Unis d’Amérique, dans le désert dit de l’Arizona.

Je peux dire que je suis le seul survivant du crash. Mes camarades sont « morts ». La mort chez nous n’a pas la même signification que la vôtre. C’est pourquoi je ne les pleure pas et, après être sorti des débris du site du crash, j’ai erré pendant de longues heures, seul, avant d’atteindre un poste de votre civilisation, appelé « ville » dans votre jargon. Mes compétences m’on permît de me fondre dans votre société, au moins physiquement grâce à l’aptitude inée, que nous avons développé pendant des millénaires chez nous, qui consiste simplement à transformer nos corps d’origines en n’importe quel autre forme vivante. Je suis donc devenu un humain, physiquement.

Votre corps est extraordinaire mais il nécessite beaucoup d’entretien.

La faim, la soif, le sommeil. J’ai expérimenté avec ces phénomènes. Pour fonctionner correctement, vous avez besoin de ces 3 choses. Mon être physique extraterrestre n’en a aucunement besoin. Il a fallut du temps pour comprendre le fonctionnement du votre. J’ai même dû plusieurs fois me métamorphoser en mon être physique normal pour réfléchir et éviter de mourir de faim ou de soif.

Il est étonnant de voir comment fonctionne votre cerveau, encore plus de découvrir que vous ne l’utilisez que très peu. Ses capacités sont importante, peut-être aussi complexe que le mien, mais vous ne l’utilisez pas au maximum de ses capacités. Peut-être est-ce parce que vous êtes des êtres encore récent. Le temps, espérons le, vous amènera a l’utiliser à fond. J’ai remarqué que beaucoup d’entres vous, ceux qui se forcent à l’utiliser et à le maîtriser, tende à être désarçonné et que vous tombez régulièrement victime de la puissance de ce cerveau, en résulte une sorte de torpeur psychique que vos médecins appellent « dépression ».

Les capacités de votre corps sont aussi très intéressants. Saviez-vous que votre peau supporterait d’être sans protection dans l’espace ?

Le fonctionnement de vos organes, votre mécanique, est complexe, ce qui est fascinant. Votre système nerveux m’a demandé beaucoup de temps pour le comprendre. Votre cerveau est lié à votre physique. Ce système nerveux est sensible a l’extrême, vous en négligez trop son existence et l’importance qu’il a dans votre vie.

J’ai compris votre obsession du temps à la vue de votre très courte espérance de vie. Vos corps dépérissent rapidement ainsi que votre cerveau.

Vous êtes ainsi obsédé par ce que vous appelez « la mort ». Vous avez créé des idoles, inventé des histoires pour vous rassurez, auxquelles vous croyez dur comme fer, trop peut-être. Cela vous mène à des confrontations terribles. Beaucoup d’entre-vous êtes prêt à tuer pour vos idoles.

La mort mais surtout la vie après la mort est une des causes de vos grands heurts. Je ne peux vous éclairer sur ce sujet, n’étant jamais mort sur la planète Terre, mais je puis vous direz ce qu’il se passe pour nous.

Nous vivons, nous les extraterrestres, des milliers et des milliers d’années si l’on compare notre temps au vôtre.

Nos corps ne dépérissent pas ou très peu. Contrairement à vous qui êtes une espèce très jeune, la notre est infiniment plus vielle, à tel point que vous n’avez pas de mots pour la mesurer.

Je pense que notre longue existence a débuté quand nous avons appris à dompter notre cerveau. Je pense que pour vous, cela sera pareil, mais des milliards d’années sont nécessaires à l’acquisition et à la maîtrise des pleines capacités de vos cerveaux

Nous mourrons, suite aussi au dépérissement de nos corps, mais cela comme écrit avant, ce déroule sur les milliers d’années.

Pensons-nous a une vie après la mort ? Non, des milliers d’années sont suffisantes, notre vie a été remplie. Nous appelons la mort le grand sommeil. Nous ne prétendons pas, ni ne voulons, une autre vie après la mort, ayant eu assez de temps de vie durant notre existence.

Évidement nous ne croyons pas en des idoles, des dieux ou autres.

Je passe maintenant au fonctionnement de votre société, très succinctement.

Ce n’est pas forcément la loi du plus fort, mais plutôt celle du plus malin ou intelligent, qui vous gouverne.

Ce qui vous gouverne profite de vous, nous pouvons descendre jusqu’à vos « patrons » et « pdg ». Vous semblez avoir accepter de travailler pour autrui.

Sur ma planète, pas d’argent. Nous avons un but commun, l’exploration. Nous travaillons comme nous le voulons et où nous le voulons. Pas vraiment d’élite ni de gouvernement. Toutes les décisions sont prises naturellement, aucune concertations, nous savons où nous allons et quoi faire. Cela est dû à notre société qui existe et subsiste depuis plusieurs centaines de milliers d’années.

Votre technologie est avancée, de votre point de vue, mais elle reste très en retard par rapport à la notre. Évidemment, cela est dû, ici aussi, à notre longue existence comparée à la vôtre et encore une fois, à vos pauvres capacités intellectuelles.

Si il y a une chose que je n’ai pas compris, c’est ce que vous appelez l’ « amour ». J’ai vu des humains « mariés », ils s’appartenaient l’un à l’autre. Quelque chose dans votre cerveau vous pousse à tomber « amoureux ».

Je me suis grandement amusé de ce stupide attachement que vous pouviez avoir pour une personne. Le contact physique, les sentiments, la fornication dans le seul but du plaisir, cela m’était totalement étranger et me semblait puérile, digne d’une des plus méprisable et arriéré espèce que j’avais étudié jusque-là. Jusqu’au jour où, ayant forme humaine, je suis tombé « amoureux ».

Dès que j’ai découvert ce sentiment, qui me rendait aussi joyeux que triste, je décida de me métamorphosé en mon être physique extraterrestre dans le but de supprimer et de guérir de ce sentiment comme je le faisais avec la faim et de la soif. Mais, à mon grand désarroi, ce sentiment ne disparut pas. Je devais même me retransformer en humain pour pouvoir voir l’humain que j’aimais et pouvoir l’approcher.

Je ne me rappelle pas, dans l’histoire de l’évolution de mon espèce, avoir entendu parler d’amour, d’un attachement avec un autre être, un sentiment très puissant, addictif et déstabilisant. Je présume que nos ancêtre ont supprimés ces sentiments en les réprimants jusqu’à ce qu’ils disparaissent. Pour une existence, une société plus sage et compétente.

Notre espèce s’accouple artificiellement, par le biais de nos médecins. Une opération bénigne, pour le mâle et la femme, une seule, pour créer une progéniture qui grandit dans une sorte de caisson. Un enfant pour chacun d’entre nous, de manière à garder une population relativement stable. Jamais nous ne rencontrons notre enfant, ni la personne avec qui nous partageons sa mise au monde.

Mon existence sur la planète Terre a été bousculée. Je ne voulais plus retourné sur ma planète mais rester avec l’humain que j’aimais. Mes compagnons ont envoyés une équipe de secours qui est venu me récupérer mais j’ai refusé.

Je leur ai expliqué la cause de mon refus. Ils pensèrent que j’étais atteint d’une maladie humaine, inconnue et puissante, une sorte de virus. Ils voulurent m’emmener de force retrouver mon peuple. J’ai combattu fortement, envoyant un message à ma communauté, en leur exposant ma situation.

Ils décident actuellement du sort qu’ils me réservent. Pour eux je suis atteint d’une maladie propre à l’être humain, que vous appelez l’amour.

Je me suis métamorphosé en homme de plus en plus souvent car après avoir observé votre société, j’ai réalisé à quel point il était relativement plus beau d’être un Homme amoureux.

Je suis tomber amoureux d’un homme, de sexe mâle. J’ai réalisé que j’étais, après plusieurs observation, ce que vous appelez « Homosexuelle ». Là, j’ai découvert à quel point certains d’entres vous exècre quand deux personnes du memes sexe s’aiment.

Vous êtes une espèce compliquée, conflictuelle, cruelle, injuste, violente, faible, stupide, lente, homophobique, raciste et j’en passe mais vous avez ce phénomène appelé « Amour » qui n’appartient qu’à vous. Je n’ai jamais vu d’autre espèce « s’aimer », je n’avais jamais vue de « tendresse », « d’affection », « d’attachement » dans aucune autre espèce, et j’en ai vu des milliers.

Je fus atteint de ce phénomène. J’utilisais mes connaissances sur votre espèce et l’homme que j’aimais s’avéra m’aimer en retour.

Je ne pourrais vous décrire ce que cela fait d’être aimé pour la toute première fois après plusieurs milliers d’années d’existences. Vos livres, vos contes, vos fables, vos histoires, vos musique aussi vieux qu’ils soient ne parlent pas d’un être qui découvre l’amour après tant de temps.

J’appris doucement à aimer, à connaître mon amoureux comme jamais je n’avais connu d’autre entités, d’autres personnes, d’autres êtres.

Découvert aussi à quel point l’ « amour » est dangereux et parfois attire la haine. La haine, la colère est un trait que partage toute les entités intelligentes que j’ai pu rencontrer. Mais rare était le niveau de violence dont j’ai fais l’expérience chez vous. Vous excellez dans le domaine de l’horreur, signe d’une espèce encore loin d’être intelligente et évoluée.

Il ne m’aime plus, mon amoureux, apparement, il est possible de ne plus aimer. Ce n’est pas mon cas.

J’ai décidé d’attendre, peut-être repartirai-je un jour de votre planète, j’attends comme écrit plus haut la décision des miens quand à mon sort. Je voudrais rester et continuer à aimer et surtout à être aimer.

Peut-être nous croiserons-nous.

Jaskiers

Je t’aimerai hier et je t’aimais demain.

Si ce ne fut qu’un moment fugace, entre fumées, vapeurs et relents d’alcool, sous la chape de musique électronique tellement romantique et pleine de sens que j’en ai oublié l’air, ce n’était qu’un moment pour nous deux. Je ne l’ai pas oublié, loin de là.

Lèvres sucrées, langue douce. C’était il y a tellement longtemps mais ce moment revient parfois, dans mes rêves ou en journée. Quand je vois quelque chose de beau ou du bonheur chez les autres, je me rappelle le notre si fugace.

C’est toi après tout qui avais décidée que non. Mais un moment suspendu comme celui la, où tout se tût pour nous… Je ne peux pas être le seul à avoir ressenti ça. Toi aussi, j’en suis presque sûr, mais tu m’as répondue que tu ne savais pas.

C’est toujours difficile d’y repenser, autant doux que dur. Qui étais-tu à ce moment ? Et ces deux mots « je t’aime » c’est toi qui me les as dit, pas moi.

Mais après, nous deux, selon toi, c’était impossible. Jamais tu n’a posée de mot, jamais nous n’en avons parler tous les deux à têtes reposées.

Quand nous nous sommes revus la première fois, je t’avais dis que c’était oublié. Non non, tu voulais en discuter, j’ai vu dans tes yeux que tu voulais en parler, mais tes lèvres disaient non.

Je te revois parfois dans d’autres femmes. Jamais elles n’ont ton visage, sculpté dans une pierre de caractère par un artiste aux mains de velours et au burin de fer. Jamais je n’ai revu de visage si beau.

Je suis désolé de ta perte, désolé de n’avoir pas été là pour toi et lui. Tu le sais, il était mon ami, et toi, quelqu’un que je portais au nues.

J’ai été exécrable, insolent, irrespectueux. C’était mes preuves d’amours. Mais il ne me fallait qu’un message de toi, un mot et rien d’autre pour être à tes côtés pour endurer ses derniers moments.

Je n’ai su qu’à la fin que ton frère, mon vieil ami, était parti. Si jeune contre ce crabe de malheur. Après mon paternel, lui. Les gens qui me connaissent meurent seuls, pourquoi ? Il te fallait juste un message. Juste un.

Je n’aurais pas pu le sauver, mais être à ses côtés et avec toi. Rien de plus qu’une épaule sur laquelle tu pouvais pleurer. Je n’aurai rien tenter, si quelque chose serait arrivée, elle serait venue de toi, mais je n’aurais rien attendu. Juste d’être là pour vous m’aurais suffis.

Est-ce les paroles d’un fou que je vais dire là, mais toi et moi, c’était quelque chose de fort non ? C’était la deuxième fois de ma vie que j’étais amoureux, rien ne pourrait remplacer l’intensité de mon premier amour, je lui écrirai d’ailleurs peut-être un jour. Mais toi, c’était quelque chose que je sentais dans mon âme, comme deux vieilles âmes se rencontrant après des années d’exiles et d’épreuves. C’était dans les tripes, un peu, physique oui mais c’était quelque chose d’inexplicable.

Penses-tu encore à moi parfois ? Me détestes-tu ? Es-tu heureuse ?

Jamais tu ne me lira, car nos âmes sont éloignées pour encore un long moment, peut-être se rencontreront-elles dans une autre vie. Peut-être saura-tu ce que tu veux, peut-être serai-je plus gentil.

Si un jour tu lis ces mots, je sais que tu te reconnaîtra. Je ne t’oublie pas. J’ai laissé ton image partir, elle peut revenir au moindre signe de toi.

Le premier mot que j’aurai à te dire serait : désolé.

Jaskiers

Le dessinateur et ses sujets.

Fiction (2 700 mots)

Assis au café des Reflets, le carnet de dessin sur sa table, une tasse de café dans les mains, Édouard ne donnait pas l’air de travailler. C’était là le secret de son succès.

Il y venait avec son carnet à croquis et dessinait les gens, qu’importent qui ils étaient, d’où ils venaient, ce qu’ils portaient.

Le bar était situé au cœur de la capitale, le dessinateur n’était donc jamais à court de sujet, toujours il y avait cette personne qui l’inspirait. De part l’apparence, la démarche, la voix, il trouvait toujours un sujet à croquer. Il apposait à côté de ses dessins quelques mots, quelques adjectifs qui ne pouvaient pas être transfigurés sur le dessin, du moins, pas immédiatement, c’était à son studio qu’il travaillerait à faire transparaître la personnalité de ses sujets. C’était traduire en dessin un caractère, une attitude, une mentalité, une personnalité.

Les serveurs avaient pour habitudes de ne pas le servir quand il dessinait. En pleins travail, dans une sorte de transe silencieuse, il ne répondrait pas à leur question. Ils savaient que c’était un artiste, il avait gagné en notoriété dans son milieu, mais très peu de personne le reconnaissait dans la rue. Peu de gens connaissent le visage d’un dessinateur, surtout quand il refuse la publicité. Son travail à lui, c’était dessiner, pas de faire le VRP de sa petite personne dans le monde hypocrite et faux du show-business.

Il commandait toujours la même chose, café très sucré avec un verre d’eau. Puis il partait s’assoir en terrasse, fumait une cigarette, buvait quelques gorgées de sa tasse puis prenait son carnet de croquis et son crayon de papier, le posait sur ses genoux et observait de manière innocente les passants et touristes.

Quand il repérait son sujet, il griffonnait en lui jetant des regards rapides, le crayon toujours posé sur la feuille, à croire qu’il pouvait dessiner en ne regardant que sa muse du moment, sans vérifier ses traits sur le carnet.

Pour lui, chaque personne qui passait avait une histoire qui se reflétait dans leur apparence. Une histoire qu’il créait de toute pièce au seul jugement de son regard, il ne parlait jamais avec ses sujets, tout était question d’instinct, d’inspiration.

Parfois, en finissant une planche dans son studio, il se demandait si un de ses lecteurs se reconnaîtrait, ou si il était déjà arrivé qu’une personne ouvrit l’une de ses bandes-dessinées ou visita un musée, où ses portraits étaient exposés, et s’était reconnu.

Était-il dans le vrai ? Avait-il deviné le caractère de ses sujets juste en l’observant déambuler le temps d’une minute ou deux ?

Cette exercice, il l’avait fais des milliers de fois, avec des proches, des amis, des petites amies, conquêtes d’un soir ou tentative de relation durable.

Il était convaincu qu’il y avait une relation entre le corps et l’esprit. Le corps faisant ressortir les caractéristiques de l’esprit. Dans les rides, sur le visage, dans leur manière de se mouvoir, de parler, dans le regard, les sourires ou les mous.

Jamais, depuis les 2 années qu’il venait dans se bar régulièrement, il ne repartait sans avoir griffonné un personnage. Parfois même, les histoires venaient d’elles-mêmes. Les gens ne se rendent pas compte de la manière dont leur vécus peut transpirer à travers leur être.

C’était une source d’inspiration intarissable que ce bar. Jusqu’aux jour où le virus arrêta net les habitudes d’Edouard. Plus de bar, pire, les masques cachaient les visages de ses sujets.

Il ne dessina plus et étant resté confiné avec ses sujets croqués sur le papier, il devint ce que les gens appellent « un fou ».

C’était le prix à payer de son art, une fois la source d’inspiration tarie ou disparue, l’artiste se doit d’évoluer et de trouver d’autres moyens. Et si il n’y en avait pas d’autres, il restait coincé dans le passé, au jour où tout basculât. Accusant le coup. Puis se rassurant en regardant ses anciens travaux, il décida de les retravailler, d’en extirper tout ce qu’il pouvait, de faire ressortir chaque pore, chaque fibre. Le temps qu’il passait seul, il le passait dans son univers, et l’obsession de justesse, de vérité l’amena vers des chemins dangereux, là où l’esprit sain se perd.

Rien de plus normal, donc, de devenir fou. Mais le cas d’Edouard est beaucoup plus grave.

En pleine journée, il attira un couple de touriste anglais coincé en France dans son atelier. Leur promettant de les loger gratuitement. En effet, il les logea gratuitement, nous, nous appelons ça un kidnapping.

Edouard avait tout prévu, une cage rectangulaire, en métal leur servait de chambre. L’artiste l’avait construite spécialement pour son projet. Avoir des sujets 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

Aucune intimité, les toilette étaient dans un angle, le lit dans un autre, un table en plastique avec ses chaises au milieu.

Le dessinateur s’installait où bon lui semblait, choisissait soigneusement où il posait son matériel de dessin et travaillait. Le couple demandait de l’aide, pitié, éclatait de colère contre Edouard ou entre eux, se rejetant la faute à l’un ou à l’autre, frappait les barreaux en métal, cassait les chaise pour en envoyer des morceaux à leur bourreau, pleurait, se lamentait, restait allongé, sans rien faire.

C’était du pain béni pour leur tortionnaire, il avait un couple dont les humeurs et comportements lui permettaient de dessiner l’Homme dans tout ses états. Sachant qu’il avait tout son temps et que l’occasion d’avoir de tel modèles à sa merci ne se renouvellerait pas de si tôt, il dessinait avec une extrême précision les traits de leurs visages, leurs muscles, leurs peaux. Profusion de mouvements, les membres, les tendons, torsions, pronations, supinations.

Ses prisonniers lui donnaient aussi l’opportunité qu’il n’avait jamais eu auparavant, celle d’étudier des êtres humains dans une détresse extrême. C’était une aubaine.

Quand il voulait des réactions spécifiques, Édouard n’hésitait pas à les priver de nourritures où à les empêcher de dormir. Toutes leurs réactions finissaient en croquis sur ses carnets, annotés de ses remarques.

Le couple réalisa après quelques jours que l’artiste semblait les garder captifs pour étudier leurs comportements. Ils essayèrent de l’amadouer, lui demandant de leur laisser la liberté, et qu’en échange ils poseraient pour lui, autant qu’il le désirerait. Mais Édouard ne se laissa pas berner, d’ailleurs il ne leur parlait presque pas.

Ils changèrent de stratégie, celle de ne plus rien faire, ni bouger, ni parler, ni se nourrir.

Pour le dessinateur, ce comportement était encore une fois l’opportunité de voir une facette de l’être humain et de son comportement dans une situation d’extrême détresse. Ce fut une bénédiction.

Même quand il vit ses sujets dépérirent. De la détresse, le dessinateur allait étudier la mort. Le lent déclin du psyché et du corps. Les multiples changements, la réaction d’un être humain devant la mort d’un être aimé. La folie, le suicide. Edouard jubilait quand arriva ce moment où le couple décida de mourir. C’était une fresque du côté obscur de l’âme humaine qui se présentait à lui.

Son crayon virevoltait sur le papier, il dessinait leur lente agonie, crayonnant la mort, qui jamais n’aurait pu se présenter comme sujet à lui dans une situation normale.

Le début du jeun forcé n’était pas très intéressant mais l’artiste trouvait des détails, des soupirs, des larmes, des visages et des corps résignés, des mots violents.

Puis, ce fut le moment de latence, entre la conscience encore vive et celle de leur privation de nourriture les esprits et les corps réagissaient curieusement. Le couple jubilait, des sourires, des paroles, ils firent même l’amour devant lui. L’extase pour l’artiste. Deux corps en mouvements, s’offrant à l’un et à l’autre. L’amour, même dans des situations difficiles trouvait un chemin.

Puis se fut le déclin, morale, psychique d’abord et physique ensuite.

La faim et la soif les poussaient au délire, à la violence. Edouard avait compris ce qu’ils faisaient ; mourir. Ne surtout pas perdre mes sujets pensait-il. Il les tenta en leur offrant des repas succulents, fumant. Il mangeait et buvait devant eux. Le couple céda et mangea.

Encore une victoire pour l’artiste, qui dessina l’être humain et ses réflexes de survie. La tentation, la manipulation, des histoires lui venaient en tête grâce à leurs faiblesses naturelles.

Ils recommencèrent à demander pitié. Le dessinateur ne leur parlait jamais, c’était son credo, ne pas les influencer, deux humains libres de toutes influences extérieures.

Il dessina la pitié, la sienne car malgré tout il restait lui aussi un humain, il devint sujet pour quelque temps, dessinant et annotant ses propres réactions et sentiments.

Puis ce fut encore une fois la rébellion, le refus de manger. Allongés sur leur lit, ils n’y bougèrent plus. Ne parlèrent, ne mangèrent plus, firent leurs besoins dans les draps.

Le dessinateur, après deux jours de ce comportement se décida à leur parler. Passée la surprise d’entendre leur bourreau parler pour la première fois, ils se concertèrent, en chuchotant et restèrent dans le lit à attendre la mort.

Mais l’artiste trouva encore de matière à être inspiré, dessinant le suicide, la détermination à mettre fin à leur vie.

L’artiste décida de ressortir la méthode de la tentation, leur offrant des mets succulent, du fast-food. Il mangeait devant eux, buvait devant eux. Quand il observa que cela ne marchait pas, il mit à exécution une torture qu’il n’avait pas pratiqué jusqu’ici, les empêcher de se réfugier dans le sommeil.

Il mit de la musique, au début, il changeait de chanson. La folie les guettaient encore, ils se disputaient. La femme voulait manger, survivre car un jour ou l’autre, ils sortiraient. L’homme faisait son possible pour lui faire comprendre que leur tortionnaire ne s’arrêterait pas, que leur mort lui servirait d’inspiration. Le manque de sommeil ajouté aux supplices de la faim et de la soif les poussa encore une fois à craquer.

Edouard s’en réjouissait, mais ses sujets commençaient à l’ennuyer. Il décida de continuer à les influencer en passant toujours la même musique, une vielle balade française. Au début il nota que le couple n’était pas très affecté mais passé une journée et une nuit, ils demandèrent à ce que la musique s’arrête. Il ne fit rien, dessinant leur désespoir.

Les tourtereaux entamèrent une nouvelle stratégie. Il y avait bien longtemps qu’ils avaient compris ce que voulait le dessinateur, faire d’eux ses modèles, cobayes, pour ses « desseins » artistiques.

Le mari décida de se couvrir le corps avec les couvertures, de manière à ce que le dessinateur ne puisse plus les dessiner. Edouard trouva évidement ressources à tirer de ce comportement. Mais le couple continuait à se cacher le visage.

La marche à suivre pour le dessinateur était toute trouvée ; monter le son de la musique, les priver de nourriture et de boisson.

Les amoureux comprirent son manège mais durent se découvrir pour se nourrir.

L’artiste était exalté, il commença à mettre de la drogue dans leur nourriture. Du LSD.

Les délires commencèrent pour le couple. Des éclats de rires, des exclamations de peurs, ils hallucinaient et devenait une nouvelle fois de parfaits cobayes pour le dessinateur qui jouissait d’avoir deux êtres-humains à sa merci pour son travail.

Il expérimenta avec d’autres drogues, marijuana et cocaïne.

Les deux drogues étants aux antipodes l’une de l’autre, le comportement du couple était erratique. Puis, Édouard décida de les rendre dépendant. Les endormants avec des somnifères toujours cachés dans leur nourriture, il décida de leur injecter de l’héroïne.

Ils se réveillèrent, se posant des questions, perdus. Il leur balança des seringues et du black tharp, une héroïne puissante.

Il sembla que d’instinct, ils savaient ce qu’ils avaient à faire. Peut-être n’était-ce pas la première fois que les amoureux se droguaient. Arrachant leurs guenilles pour en faire des garrots, utilisant des cuillers et un briquet, ils s’injectèrent le smack.

Bientôt, ils semblaient heureux, n’avaient plus besoin de manger. Ne se plaignait plus tant qu’ils avaient leur dose.

L’artiste dessina leurs corps qui se dégradaient, leurs peaux changeant de couleurs et même de textures. Leur comportement était devenu docile, ils passaient la plupart de leurs temps allongés après leur shoot. Parfois, ils faisaient l’amour, où ce qui semblait être l’acte car leurs corps ne semblaient plus capables de grand chose.

L’addiction était devenue un objet d’étude importante. Et Edouard passait des heures à les dessiner, à les écouter. Ils ne parlaient que de leur prochaine dose, rien d’autre.

Après deux semaines de shoot intensif, l’artiste passa à une autre étape, réduire les doses. Les amoureux découvrir immédiatement, juste à la vue et au poids de la substance, que quelque gramme manquaient. Mais le shoot qu’ils se faisaient les calmer. Puis il ne leur donna qu’une seule dose pour deux. Les disputes commencèrent. C’était violent, passés les mots et insultes, les bagarres éclatèrent très rapidement. C’était à celui qui était le plus fort que revenait l’unique dose. La plupart du temps, l’homme l’emportait sur la femme mais l’inverse arrivait aussi. Les disputes faisaient couler le sang.

Quand l’un avait mis l’autre hors d’état de nuire, il se shootait sous les yeux implorant et avides du perdant. Le supplice de Tantale. C’était là encore un sujet rêvé, les yeux de ses victimes exorbités, l’un d’envie, l’autre de réconfort et d’extase.

Le dessinateur passa à la moitié d’une dose. Les amants maintenant se battaient, griffé le sol avec leurs ongles, ils étaient en manque, la petite dose n’était pas suffisante. Ils implorèrent l’artiste qui décida de les torturer en les narguants. Il prenait le black tharp, le leur tendait puis ramener la substance à lui. Ils déclamèrent des paroles de pitié, des appelles à sa générosité. Puis se fut les propositions innombrables d’échange de relations sexuelles et même d’organes pour une simple dose.

Il réalisa que le couple était à bout, c’était la fin. Car Edouard n’avait plus de drogue, dehors, tout était confiné et les dealers ne couraient plus les rues. Et qu’importe, il avait assez de matériel pour des années.

Il regarda le couple en manque, trembler, transpirer, vomir leur bile. Ils trouvait le moyen, la force de se battre, accusant l’un et l’autre, pensant aussi qu’en punissant l’autre, leur bourreau leur donnerait ce qu’ils voulaient. Mais c’était fini. Soit il se désintoxiquaient seuls, soit il mourraient. Édouard engrangeait encore des matériaux, l’agoni de l’être humain. Il le savait, c’était ses dernières études car il n’avait plus que la mort à étudier.

Il arrêta aussi des les nourrir. Ils tombèrent dans un état catatonique après les crises de manques. Leurs corps n’étaient plus que squelettes.

Il vit leur dernier souffle, qui étaient un râle roque. Leurs dernières paroles, des hallucinations. Plus rien, ils n’étaient plus rien, leur dernier souffle se fit doucement. L’homme mourut avant la femme. La femme resta encore vivante deux jours après la mort de son mari.

L’artiste dessina l’agonie du corps et les derniers sursauts de leurs esprits. Ces deux sujets ayant rendus l’âme, il dessina leurs cadavres. Il décida de garder les corps pour voir leur décompositions. Les corps n’était déjà plus rien, l’odeur devint insupportable. Il dessina ce qu’il put. Puis, il prit le risque de sortir avec sa voiture avec les deux cadavres enroulés dans un vieux tapis. Il s’arrêta au bord de la Seine, dans un endroit calme. Il lesta le tapis de pierre, le ferma comme il put avec des cordes, puis y mît le feu.

L’odeur intolérable et la fumée allaient le faire repérer, mais s’armant de patience et de sang froid, il laissa les flammes consumer le tapis aussi longtemps qu’il le pensait utile puis, ramassant ce qu’il resta après avoir étouffé les flammes avec un extincteur et du sable, il ramassa les restes qui n’étaient qu’une matière noirâtre et compacte. Il balança tout cela dans la Seine. Restant encore quelque instant pour voir si les débris allaient remonter, il sortit vite son carnet de croquis pour immortaliser l’endroit où il se sépara du couple pour toujours.

Il rentra chez lui et dessina ses histoires. Le confinement étant levé, il donna son travail à son éditeur qui était extatique quant à la qualité de sa nouvelle œuvre.

Il garda encore de la matière pour plus tard. Ce contentant de la bonne sommes d’argent tiré de son album qui devint un best-seller. Il resta toujours discret, refusant toute promotion, ce qui accroissait sa popularité et les ventes de ses œuvres.

Puis, le bar rouvrit ses portes et le dessinateur reprit ses anciennes habitudes.

Il était heureux d’avoir pu passer cette époque difficile, heureux d’être resté au meilleur de sa créativité et dessina.

On dit qu’il dessine encore, peut-être ferez vous un jour parti de son œuvre sans le savoir.

Jaskiers

Mon homme à la mer

C’était une croisière d’été. Il y avait un melting-pot de personnes de tout bord sur le paquebot.

Faby faisait sa première croisière, mais ce n’était pas des vacances, non. En tant qu’animateur, son job n’était pas de tout repos. Il fallait divertir les vacanciers, leurs proposer des activités variées. Carnavals, karaoké, sport, spectacles. Ses collègues étaient pour la plupart des jeunes gens, comme lui. Il avait des affinités avec certains et avec d’autres, juste une entente cordiale. Ne surtout pas faire de vague, aucun conflit n’était toléré, du moins aucun conflit qui nuirait au bon déroulé de la croisière. Les conflits venaient principalement des vacanciers. Tout les âges, toutes les origines s’y mêlaient. Et bien sûr, tout les caractères.

Des disputes éclataient, bien plus souvent que les gens peuvent peuvent le croire. On avait beau être sur un immense paquebot dernier cri, avec tout ce que pouvait désirer un vacancier, rester dans un lieu clôt, sans possibilité de s’en écarter entraînait des disputes, des bagarres, des heurts de toutes sortes. C’est pour cette raison que Faby et ses collègues avaient pour objectif de divertirent cette masse.

Sauf que, malgré toutes ces activités, les vacanciers semblaient toujours trouver un prétexte pour provoquer des disputes. Faby pensait que c’eut été une opportunité en or pour un anthropologue d’observer ces êtres humains ayant dépensés une coquette somme pour voguer autour du monde, prendre du bon temps mais qui trouvaient le moyen de pimenter leur séjour de péripéties. Péripéties puériles la plupart du temps. Ils s’étaient divisés en groupes, comme dans les télé-réalités, et cherchaient à nuire aux autres groupes. Les adultes se comportaient comme des enfants gâtés, pendant que leurs enfants, eux, profitez pleinement de leur pause estivale, ne donnant aux organisateur qu’à soigner leurs petits bobos.

Ils étaient devenus de vrais enfants, ces adultes. Toujours, ils devaient garder un œil sur les tensions prêtes à éclater. Toujours être sur ses gardes. Ne jamais élever la voix, c’était l’une des directives de la compagnie : surtout ne jamais élever la voix, ni gronder un client. Ils avaient payer et n’étaient pas là pour recevoir une semonce. Le client est roi.

Tout allaient plus ou moins bien sur le paquebot, deux semaines s’étaient écoulées. Tout basculât dans la matinée du lundi de la troisième semaine.

Faby avait le droit à un peu de repos le lundi matin après avoir occupé ces adultes-adolescents pendant tout le week-end. Il pensait que les touristes profiteraient eux aussi de leur lundi pour se reposer, flâner, profiter de leurs vacances bien méritées (et dûment payées !) mais c’était être trop optimiste.

Une sirène retentît, le levant du lit, lui et ses autres collègues en congés. C’était l’alarme qui signalait la pire chose qu’il puisse arriver à quelqu’un sur un paquebot au milieu de l’Atlantique ; c’était le signal d’avertissement d’urgence, une personne avait disparue.

Faby enfila son short kaki clair et son polo blanc floqué de son nom et du logo de la compagnie. Tel des militaires appelés au combat, lui et ses collègues s’habillèrent en vitesse et sortirent en direction du pont principal, là où il y avait du mouvement, où il y avait le plus de vacancier.

Des visages crispés, des femmes et des enfants qui pleurent, cela ne présageait rien de bon, pensait Faby.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? » C’était les mots de chaque employés, on leur répondait, entre les pleurs des enfants et les lamentations des parents qu’une dispute entre un couple avait éclatée et que l’homme avait apparement sauté à la mer.

Faby sentit son estomac se crisper, c’était peu probable que cela arrive, la compagnie leur avait dit de laisser ce genre de problème au capitaine du bâtiment et ses hommes. Mais aucun homme ou femme du capitaine n’était sur le pont. Ils n’étaient nul part à première vue.

Quand on demanda qui avait déclenché l’alarme, un passager se justifia, c’était lui mais pour une bonne raison, quelqu’un s’était jeté à la mer !

Entre les pleurs, les cris, les paroles des hommes qui se montraient courageux, seulement par leurs paroles et propositions insensées, il fallait se frayer un chemin et atteindre la barrière de sécurité.

C’était ici, que l’homme, après s’être disputé avec sa compagne, avait sauté. Où était la femme ? On l’avait ramenée dans sa chambre, accompagnée d’autres femmes pour la conforter dans son malheur.

Une question taraudait Faby, avait-il été victime d’une agression ? S’était-il vraiment jeté par dessus bord de son plein gré ?

Le capitaine arriva. Lui aussi, posa les mêmes questions que Faby et ses collègues, ils obtint les mêmes réponses. Il demanda à un de ses matelots de sortir sur le pont supérieur, réservé au capitaine et à ses mousses, pour scruter la mer avec des jumelles spéciales, dernières pointes de la technologie, pouvant capter la chaleur d’un corps en pleine mer. Il y avait bien plus de cinq minutes qu’il avait sauté, les chances de le retrouver vivant était quasi-nul, pauvre diable au beau milieu de l’Ocean Atlantique.

Le capitaine donna ses ordres par talkie-walkie, mettre le bateau au point mort et scruter. Faire marche arrière était impossible car ils perdraient la position exacte, ou supposée, de l’homme.

Le capitaine c’était sûrement posé la même question que Faby, l’avait-on poussé à la mer ? C’était presque impossible qu’une personne puisse, de son plein gré, sauter de si haut, dans une mer froide, au milieu de nul part. Si ça avait été un suicide, il y avait des moyens plus rapide pour se donner la mort.

Le capitaine au cheveux poivre et sel et à la barbe longue et bien taillée (il ne lui manquait qu’une pipe et il était l’archétype du capitaine de bateau des romans et des films) demanda à ce qu’on aille chercher la femme du plongeur. Il allait falloir poser les questions, les vraies, difficiles, celles qui fâchent même dans une situation pareille, le capitaine se sentait chargé de les poser et d’éclaircir la situation. Il savait aussi que jamais ils ne retrouveraient cet homme, il était perdu, mort, il allait rejoindre les Léviathan de Melville, il était peut-être même déjà parmi eux. Sauf que lui avait rejoins Achab et ses fidèles en enfer. L’animal ne séjourne jamais en enfer.

La femme arriva. Faby fut surpris, aucun chagrin ne semblait marquer son visage, aucune inquiétude, aucune tristesse.

Le capitaine ne prit pas de gants et lui demanda tout de go ce qu’il s’était passé.

La femme répondit que son homme était jaloux, possessif. C’était devenus impossible à vivre, il avait choisis de sauter.

Avait-il eu des idées suicidaires avant ? Oui, il menaçait sans cesse de se tuer. Maintenant c’était fait.

Que ressentait-elle ? À la stupeur générale, voici ce qu’elle répondit :

Il y a pleins d’autres hommes dans le monde. Autant qu’il y a de poissons dans la mer.

Tous étaient resté bouche-bées. Certains émirent un son de surprise et même de protestation.

Puis elle reprit la direction de sa cabine.

Faby était lui aussi resté coi. Que penser de cette réaction ? Fallait-il blâmer cette femme qui, au final, n’avait dit que ce qu’elle pensait, même si cela était violent ?

Faby décida de ne pas juger, l’être humain est plein de ressource et parfois cache ses traumas sous une forme atypique.

L’escale à New-York vit l’interventions de la police, des interrogatoires, une investigation. La croisière fut annulée.

C’était la première et dernière croisière de Faby, car au milieu de la mer, l’Homme semble trop dangereux, versatile, fragile, pour être côtoyé. Il fallait sûrement être né sur la mer ou dans un port pour supporter de réaliser que l’être humain est infime devant l’immensité de la mer, de la planète. De n’être rien et l’accepter. Qu’importe qui l’on est, qui l’on était ou qui nous serons, l’immensité des océans et des mers étaient là pour nous le rappeler. Et à ceux qui ne l’acceptaient pas, parfois, ils plongeaient en pleine mer et finissait par ne faire qu’un avec l’immensité. Peut-être était-ce là leur seule vraie contribution à l’univers.

Jaskiers

Abercrombie writing prompt 3 : Les secrets de nos aïeux.

-Le writing prompt 2 était un exercice personnel que j’ai préféré ne pas partager sur le blog –

Sabine avait toujours était curieuse de cette grand cabane au fond du jardin de grand-mère. Elle était en mauvaise état, elle penchait dangereusement. Son bois semblait fatigué et la rouille avait prise possession des petites fenêtres. Elle faisait peur à voir, semblant pouvoir s’écrouler au moindre coup de vent mais Sabine avait tellement l’habitude de la voir qu’elle n’en n’avait plus peur depuis longtemps. C’était un travail solide puisque depuis des décennies, cette cabane était encore là, malgré l’épreuve impitoyable du temps et des attaques de la nature.

La curiosité la piquait tellement. Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir là dedans ?

Nourrissant encore plus son envie d’y aller, grand-mère et papa lui avaient formellement interdit d’y rentrer. C’était trop dangereux disait mamie et papa, lui, disait qu’il n’y avait que du vieux matériels pour l’entretien du jardin.

Et si ils mentaient ? Et si il y avait, en faite, une créature qui s’y logeait ? Ou un trésor ? Ou un passage secret menant à un lieu que personne ne devait connaître ?

Elle n’était pas du genre, Sabine, à désobéir. Le conflit, elle en avait déjà assez vécus et plus que tout, subit. Entre ses parents surtout. Moins il y avait de conflit, mieux elle se portait, naturellement. Elle ne faisait rien, ne désobéissait jamais par crainte de la dispute, de la confrontation qui menaient souvent à de stupides et injustes conséquences.

Mais là, c’était trop tentant.

Un jour, papa partit au bar et grand-mère s’était endormie. Elle sauta sur l’occasion.

Elle ne prit aucune précaution. Pas le temps et quelle précaution prendre ?

Elle s’avança jusqu’à la porte de la cabane. Un petit loquet cylindrique rouillé fermait la porte. Tout simplement. Saisissant la petite tige pour tirer le loquet, elle rencontra la résistance de la rouille. Elle secoua avec sa force à elle le loquet, de bas en haut, le métal grinçait. Heureusement que la cabane était à une petite distance de la maison et que les voisins était tous vieux. Vieux et sourds !

Elle continua de travailler le mécanisme, le tube cylindrique cédait du terrain, il reculait doucement de son encoche. La porte se libéra après 5 bonnes minutes de lutte.

La porte penchée s’ouvrait vers l’intérieure raclant le sol qui s’avérait être en terre. Mais elle avait beau pousser de toutes ses forces, la porte ne fit que s’entrouvrir, ne laissant la place que de s’y faufiler. Enfin elle pouvait jeter un coup d’œil à l’intérieur.

Des matériaux de jardin rouillés, des papiers, beaucoup, beaucoup de papiers. C’était eux qui semblait bloquer la porte de l’intérieur.

Elle se faufila pour rentrer, évitant des clous rouillés entreposés sur une étagère en bois pourrie.

La lumière rentrait par les petits interstices entre les charpentes de bois. Elle vit dès étagères, encore. Posé dessus, des vieilles boîtes de clous, des bouteilles en verre vides, des bidons, des bocaux et beaucoup de toiles d’araignées.

Elle n’aimait pas les araignées, ça non, mais elle semblait toute planquées ou absentes. Elle n’allait pas repartir avant d’avoir fouillée un peu, sa curiosité passait outre sa phobie des arachides.

À sa surprise, il y avait une échelle, et une grande plateforme à mi-hauteur de la cabane, où cette échelle était accolée. Sur la pointe des pieds, elle vît que la plateforme était emplie de paille et d’herbes pourries.

Elle voulut atteindre l’échelle mais pour cela, il fallait marcher sur ces tas de feuilles blanches. Elle en ramassa une. Il semblait que ces feuilles n’étaient qu’en faite des bons de commandes de l’époque où son grand-père travaillait comme menuisier. Ils étaient tous vierges. Mais à vue d’œil, il y en avait plusieurs centaines.

En se frayant un chemin sur ces feuilles, en espérant ne pas se blesser ou se fouler la cheville, elle remarqua un vieux meuble, juste en dessous de la fenêtre.

Elle ne pouvait le voir de l’extérieur car la vitre était sale, rongée dans ses contours par la rouille, poussiéreuse et avec des toiles d’araignées la couvrant de l’intérieur.

Quand enfin elle s’en approcha, elle remarqua un verrou. À sa surprise, elle le tourna facilement. Et s’ouvrît sur une pile de vieilles feuilles jaunies.

Elle ne ressemblait pas aux bons de commande éparpillés partout dans la cabane.

Elle les ramassa délicatement et vît une écriture très fine et élégantes. C’était des lettres !

Elle n’avait jamais lu ce genre de lettre, comme à l’époque, l’époque des vieux. Les lettres, les mots avaient de grandes et majestueuses lignes.

Elle peinait à déchiffrer ce qu’il était écrit tellement l’écriture était fine et les feuilles tachées, des taches marrons. C’était du français, évidemment, mais du vieux français, elle arrivait avec difficultés à déchiffrer certains mots. Elle trouva un rayon de soleil et y exposa une lettre.

Elle était adressée à « Ma chère Aline » ! Qui était Aline ? Elle ne connaissait aucune Aline dans sa famille. La lettre, quant elle arrivait à déchiffrer l’écriture, parlait d’hommes partant à la recherche de chevaux, de « sections », de « brigades », de « combats », des « allemands », des noms de hameaux ou de villes qu’elle ne connaissait pas.

C’était une lettre d’un homme à sa femme. D’un soldat ! Et c’était plein d’amour. Des « mon amour », « ma tendre », « tu me manque », « pense beaucoup à toi », « à mon retour ». Elle regarda la signature, elle pensait voir un M, un R et elle finissait par un S. Marius ? Quelque chose dans le genre pensa-t-elle, un vieux prénom de l’époque.

Elle avait encore plusieurs lettres dans les mains. C’était donc vrai, il y avait un petit trésor dans cette cabane ! Mais que faisaient ces lettres si belles, autant visuellement que dans leurs contenues, dans le meuble d’une cabane pourrissante ? Il fallait les ramener dehors, les ramener à la vie ! À la lumière !

Des larmes d’excitations coulaient le long de ses joues. Enfin de l’aventure ! C’était peut-être ça de braver un interdit ; une aventure. Mais braver un interdit n’était pas sans conséquences, surtout si on se faisait attraper.

Elle n’entendît pas son père arriver. L’herbe ne fait pas raisonner les pas. Elle ne le remarqua que quant elle sortit, difficilement, en rampant presque à même le sol, de la cabane.

Il se tenait là, dos au soleil, les mains sur les hanches. Le temps de se réhabituer à la lumière du jour, elle comprit que c’était son papa. Ses joues étaient rouges, il semblait ne pas bien tenir sur ses jambes. Elle savait, il avait bu.

Elle reçus une claque sur la joue gauche mais elle ne pleura pas et resta immobile et stoïque. Il lui arracha les lettres des mains, lui cria dessus, ce n’était qu’une petite insolente, une idiote, se rendait-elle compte à quel point c’était dangereux ?

Il l’attrapa par les cheveux, ceux juste au dessus de l’oreille et la ramena à la maison tout en fulminant à haute voix.

Elle fut envoyée dans sa chambre. Elle pleurait. Non pas à cause de son père, de la claque, de l’engueulade ni de la douleur, mais des lettres ! Qu’allaitent-ils faire des lettres ? C’était incroyable d’avoir trouvé ça !

Quand elle fut autorisé à sortir de sa chambre elle n’osa pas demander où elles étaient tellement la colère de son père avait été brutale.

Jamais elle ne les a revue.

Quand des années plus tard, elle en reparla à son père, il ne s’en souvenait plus. Sa grand-mère non plus. Elle savait qu’ils mentaient. Ces lettres étaient importantes. Peut-être cachaient-elles un de ces secrets de familles qu’il ne faut surtout par ressortir. Une blessure qui, depuis quelques générations, ne s’était pas refermée. Jamais elle ne retrouvera ces lettres, pense-t-elle, mais elle garde et chérie en elle leurs souvenirs, ces belles lettres tracées finement, ces mots d’amours qu’elle a cru déchiffrer, ces mots de tristesses, misérables, des mots de soldats. D’un soldat à son amoureuse.

Il lui semblait qu’en faisant disparaître ces lettres, avaient aussi disparut l’amour entre ces deux personnes. Amour gâché par une guerre et maintenant, par le souvenir, car trop difficile pour certains de le faire ressurgir. Elle se pensait et se pense toujours la gardienne de leurs amours et de ce drame.

Intérieurement, ils vivent en elles, un jour peut-être, elle a ce fol espoir, retrouvera-t-elle ces lettres. Un jour peut-être, même si elle ne les retrouve pas, elle refera vivre leurs amour et leurs souvenirs, que ça plaise ou non.

Car ce serait une injustice de les oublier, encore.

Jaskiers

La dernière once d’humanité d’Achille (inspiré par « Le chant d’Achille » de Madeline Miller)

Achille traine le cadavre d’Hector par son casque. Le corps sans vie laisse un sillon sanglant derrière lui. La foule qui, à l’instant était emplie d’une violence terrible, s’est arrêtée de combattre. Silencieux, troyens comme grecs regardent Achille ramener Hector en direction du camp achéen. Personne ne bouge, personne ne respire.

« – Que les aèdes ouvrent grand leurs oreilles ! Vous poètes, tous des menteurs ! Chantez ma gloire si cela plait aux dieux, moi je n’en ai cure. Mais ne chantez pas la beauté de ce drame, ne chantez pas mon histoire, si vous le faites, dites la vérité !

Non, mon visage n’est pas beau à voir. Regardé ma barbe qui goutte de sang et de sueur !

Regarder mon casque, mon bouclier, il étincelle parce qu’il m’a été donné par Ephaïstos le Boiteux, par un de ces dieux, lâches, belliqueux et manipulateurs ! Ils m’ont donné des outils pour mener à bien mon projet, qui était aussi le leur, détruire, anéantir !

Oui je sais que vous m’entendez. Zeus Fils de Cronos, ma mère, la Néréide, sale chien, tu l’as trahis. Et tu as eu peur de moi ! Je le sais, je suis plus fort que toi, je devais être plus fort que toi mais tu as été un lâche ! Qu’une vie éternelle doit être épuisante ! J’attends que la mort me libère, et toi, je te le dis, jamais tu ne vivras en paix avec toi même. Une éternité de tourments ! Si je ne peux pas te battre dans ce monde, je ferai en sorte de hanter tes songes ! Je serai aussi terribles dans tes pensées que je ne le suis sur le champ de bataille, pire même !

Aèdes, ne chantez pas mon nom, je ne suis qu’un tueur. Je n’ai aucune pitié, aucune peine à ôter la vie ! Aucun remord ! Regarder mon visage ! »

Le Péléide enlève son casque, un éclair tombe sur Troie.

« -Voyez ! Ma jeunesse, dans ces rides sur mon front, la voyez-vous ? Et mes cernes, mes yeux verts cernés de rouge, est-ce cela que vous chanterez ? Et c’est bouts de cervelles dans ma barbe ? Et mes mains ? Regardez mes mains ! Calleuses, usées, elles ont massacrée ! Des fils, des frères, des maris, des oncles, des pères, des amants, des jeunes, des vieux, des princes et des rois ! Regardez !
Voilà ce que voulez les dieux ! »

Il prend le cadavre du fils aîné de Priam dans ses bras.

« – Et lui, tout pareil que moi. Etait-il comme je l’étais durant mon enfance ? Oh Chiron, comme j’aurai aimé rester près de toi avec mon Patrocle. Dans cette grotte, à apprendre de ta sagesse, à écouter tes histoires avec notre Patrocle ! Philtatos ! Comme nous étions innocents et beaux ! Il a fallu qu’un des divins olympiens éveillent en moi l’hubris. Cet hubris est la lie de notre âme, mortels !

Non aèdes, si notre destiné est guidée par les Parques, cette vie ici, n’a aucun sens ! Je ne suis pas un jouet ! J’aimerai oh Seigneur Porteur du tonnerre et de la foudre, que vous m’ameniez Apollon le Flamboyant, l’un des plus cruel, plus qu’Arés qui lui au moins revendique sa soif de sang humain ! Apollon l’Archer céleste, ce lâche, manipulateur, qu’il vienne, tout immortel qu’il est, je veux blesser son égo, qu’il me tue, mais pas avant qu’Aristos Achaion ne fracasse à jamais sa gloire !

Chantez aèdes, la cruauté des dieux, leurs folies car elle est la notre aussi !

Pâris le lâche devait mourrir des mains de Ménélas, mais ce bellâtre, l’élu d’Appolon le Miséricordieux (car maintenant il est le sauveur des lâches), s’est enfuit. Encore ! Par qui a-t-il été sauvé ? Vous le savez autant que moi. Et combien de morts inutiles depuis ?

Hector, tu ne m’avais rien fais. Rien ! Jusqu’à ce que ta maudite main m’êtes fin à la vie de ma moitié. Si j’ai évité la confrontation avec toi, c’était car tu ne m’avais fais aucun mal ! Parce qu’une prophétie clamait que je perdrai ma vie si j’ôtai la tienne. Maintenant voici chose faite ! Nous savons maintenant qui est le plus fort sur ce sol, dans ce monde. Le plus fort ici-bas. Mais dites moi, à quoi cela nous avance-t-il ? Peut-on ramener les morts à la vie ? Non ! Il n’y a que ces lâches en haut de la montagne sacrée pour s’autoriser cela ! »

Il relâche la dépouille d’Hector, lui perce les chevilles. Aucun sang, ou presque, ne s’échappe du cadavre, son cœur a arrêté de battre depuis quelques temps maintenant. Achille passe à travers les plaies nouvellement infligées au fils aîné de Priam, une corde épaisse. Il l’a noue sur l’attelage de son char et monte sur ce dernier. Il arrache les rênes des mains d’Automedon et d’un crie bref et rauque, Xhante et Balios se mirent au galop, leurs sabots semblent ne jamais toucher le sol d’Ilion tellement sont prompts les chevaux divins de son père Pélée.

Le cadavre d’Hector le dernier brave Troyen traîne derrière le char, sa tête percute les gravats, les pierres et les vestiges laissés par près de dix années de guerre. Le sang s’arrache doucement de sa peau, laissant des traînées disparates et noires dans le sillon de la course folle d’Achille. À la surprise de tous, il fait demi-tour et fonce tout droit vers la cité de Priam. Personne ne bouge, tétanisés par l’extrême cruauté du prince de Phtie.

Arrivé devant les immenses portes Scées protégeant la cité troyenne, il crie :

«- Priam, voici ton fils, Andromaque, ton mari ! Voyez ce qu’il va subir ! Si l’un de vos aèdes survit, car nous détruirons votre cité, qu’il chante quel a été le sort cruel du grand Hector défenseur de Troie que lui a infligé Achille le Tueur d’homme. »

À ces mots, Achille fait le tour de la cité, lâchant des cris inhumains et terrifiants. Des cris et des pleurs retentissent depuis les hauteurs des remparts de la ville fondée par Dardanos.

Après trois tour de la cité, il s’arrête à nouveau devant les imposantes portes et crie :

« – Voyez votre Hector, il en sera ainsi jusqu’à ce que son corps perde sa peau, et j’accrocherai ses os et son crâne sur mon char. Chantez le cruel Achille qui naquit paisiblement à Larissa, élevé à l’art de la musique, la médecine, le chasse et la guerre dans la grotte du sage Chiron, avec son Patrocle. Son sang, ses os, sa chair et son agonie, sont vengés par le terrible sort qu’il inflige au grand Hector ! Astyanax, regarde ton père, dans la défaite ! Tu es son sang, et je me ferai un plaisir de t’égorger sous les yeux de ta mère ! »

Il repart en direction du champ de bataille, toujours calme. Les membres sont las, les esprits confus et terrorisés par le comportement cruel et brutal du péléide.

Achille traverse cette foule qui ne manque pas de s’écarter promptement sur son passage.

Il passe le mur affaissé des achéen, se dirige vers sa tente, l’ouvre et crit à Briséis de sortir.

Elle lâche le corps sans vie de Patrocle qui reposait sous des couvertures, passe devant Achille en soutenant son regard. Il sent sa douleur, mais sent-elle la sienne ?

« – Chienne ! Dégages ! Dégages avant que je ne t’égorge. Ceci, la mort de mon Patrocle, c’est ta faute, et non la mienne !

– Regardes toi Achille, tu me blâme aujourd’hui car ton esprit est embrumé par la fureur, tu réalisera que c’est ton ego qui l’a mené à sa chute. »

Achille lève son menton et frappe la jeune captive troyenne du revers de sa main droite.

Elle redresse la tête, l’œil droit tuméfié. Puis sort.

« – Patrocle, regardes ce que je t’amène ! »

Achille sort de la tente, défait le noeud de son char et traîne Hector jusqu’à l’intérieur.

« – Regarde ! Ton… notre honneur est sauf ! Regarde, celui qui tue par derrière n’est plus rien. »

Il sentit une présence, puis une voix :

« – Regarde toi Achille !

– Chiron c’est toi ? Regarde ce qu’ils ont fais à mon Patrocle. Je me devais de sauver notre honneur !

– Honneur ? Quel honneur ? Regardes toi plutôt, tu parle à deux cadavres dans ta tente. Ta vengeance est misérable, indigne de mon enseignement. J’ai honte de toi, tu es fou. Je savais que tu partais pour ne plus jamais revenir, tu as choisis la gloire en échange d’une courte vie mais je pensais que tu mourrais dignement, mais ce que je vois en face de moi n’est plus humain, ce n’est plus qu’une enveloppe charnelle vidée de son âme. Tu es déjà mort à mes yeux Achille. Ton corps périra peut-être sur le champ de bataille, mais ton âme, ton humanité t’ont déjà quittées à jamais. Si Patrocle pouvait te parler, il te dirait qu’il aurait honte de toi Achille. Mais va, torture le vieux Priam. Finis ce que tu as commencé, mais le Tartare t’attends. Ta déesse de mère ne peut plus rien faire pour toi. Je serai toi, je me jetterai sur ma propre lame pour garder un peu d’honneur. Honte à toi !

– La ferme sale bête ! Tu n’es qu’un vieux ! Tu n’es plus rien toi ! Regardes mes richesses, regardes ma gloire, regardes comment tous les autres m’admirent ou me craignent ! Je suis Aristos Achaion !

– Les autres ? Tu t’enquiert des autres ? Et que penserait Patrocle ? Tu ne pense déjà plus à lui, il te manque car c’était la seule âme qui puisse t’apaiser, tu avait besoin de lui. Mais son regard à lui ? Qu’est-ce qu’il penserait si il te voyait ? Tu as scellé ta mort aujourd’hui, et ta légende est brutale, mais elle n’apporte rien d’autre. Les hommes te verront comme un chien enragé plutôt que comme un lion digne jusque dans la mort. C’était Patrocle le lion !

– La ferme ! »

Achille éructe et les yeux emplis de rages lance sa javeline sur la silouhette du centaure, qui s’évapore quand la lance le traverse. La brutalité du jet de la lance fait s’écrouler la tente.

Affolé, les larmes coulant sur ses joues, le valeureux Achille fouille et arrache les tissus à la recherche du corps enseveli de Patrocle.

« – Fils, regarde toi, tu n’est plus rien. Les aèdes ne chanteront pas tes exploits, il chanteront ta démise et ta folie. Achille, le terrible tueur de troyen pleurant et se débattant comme un enfant au milieu d’un tas de tissus. Même ton adolescent de fils a plus de dignité que toi ! Je te renie sache le ! »

Ainsi s’exprime Thétis avant de retourner dans la mer.

Achille se relève, balance son glaive dans la mer salé, espérant blesser sa déesse de mère. L’arme d’airain coule à pique dans les flots calmes.

Agenouillé, il prend le poignard qu’il avait donné à Patrocle pour partir sur le champ de bataille, le pointe sur sa gorge et d’un geste précis et rapide l’enfonce. Son immense ossature s’affale en avant tel un platane scié par les mains expertes d’un bûcheron. Le sang jaillit de sa gorge à chaque battement de son cœur. La mer, autour de son corps, rougie, des soubresauts agitent ses muscles, comme un poisson échoué sur un rivage, comme si au dernier moment, il essayait de se relever pour partir à la guerre. Puis il s’immobilise. Atropos l’Inflexible coupe le fil.

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 3

Index : Chapitre 1Chapitre 2

Rappel : California Rocket Fuel est une fiction

Vous êtes encore là chers lecteurs et lectrices ? Z’avez pas mieux à faire ? Fermer cette page et soyez un membre productif de la société, allez travailler et surtout payer vos impôts car c’est à ça qu’on sert au final, les employés de l’état, qu’importe votre métier. Si vous êtes malade, on veut vous soignez le plus vite possible non par bonté mais parce qu’il vous faut retourner travailler pour payer vos impôts. Et ceux qui gagnent des milliards et payent moins d’impôt que l’infirmière ? Ou mieux qui ne paie rien du tout (coucou Amazon) ? On s’en fiche, si t’es riche, tu peux faire ce que tu veux dans ce monde.

Pour ceux qui restent, et bien je ne vous juge pas. Merci d’avoir arrêter votre vidéo porno pour me lire.

Enfin on rentre dans le Super U, les trucs de sécurité n’ont pas sonné. Y’a le gel hydroalcoolique à l’entrée, ma demoiselle de dire :

« Ils vont finir par nous le faire boire ce gel !

Trump voulait nous mettre des lampes UV dans le derches donc je serais pas étonné qu’on nous le propose. D’ailleurs je fais pas la troisième dose c’est mort, on parle déjà de la quatrième. J’sais bien que l’acupuncture c’est une bonne thérapie mais on va se calmer. Et puis ça va bien se calmer un jour hein ?!»

Directe à l’entrée, y’a des galettes, j’m’y précipite mais y’a déjà une vielle sur mes talons, j’vois frangipane, j’en prends trois, j’laisse rien à mamie après tout elle va peut-être nous faire un arrêt cardiaque et personne les bouffera ces galettes donc je suis légitime. Jeune, con et insolent en plus de ça !

Bref on continue, rayons gâteaux. Je jette un œil sur mes galettes et je vois que c’est marqué sur l’emballage ‘frangipane aux amandes grises´. Amandes grises ? Jamais entendu parler de ça et j’ai ce mauvais pressentiment tu vois, que c’est pas la bonne frangipane foutrement putain de normale ! Qu’est-ce qui s’est passé avec les galettes cette année ? Sérieusement ! On peux pas avoir une foutue galette à la frangipane NORMALE !

Merde, le virus, mon cerveau en bouillit, ma copine au bout du rouleau qui veut pas me le montrer et en plus pas foutu de trouver une galette des rois digne de ce nom !

J’pose la question à ma dame au cas ou, mais non, jamais entendue parler non plus d’amande grise… faute de mieux, je garde. En plus j’ai pas envie que mamie se réjouisse de ma déconvenue donc.

Rayons bouffe, je prends des brioches aux pépites de chocolat, deux marques différentes, des PIMs framboises, ça s’est bon ! Jamais déçus. Quoi ? Qui a dis que c’était des gâteaux de vieux ?! Madame prends des céréales Trésor avec du chocolat dedans. Ça me fais bien envie aussi mais je digère plus le lait.

I’M LACTOSE INTOLERENT HAAAAAAAANN I’M A VALLEY GIRL YAH HAN HAN TINDER PREGNANT HAAANNN FUCK BOY MOI J’ÉCOUTE BILLIE EILISH TU VOIS QUOI J’SUIS DEPRESSED À MORT QUOI !

J’aime Billie Eillish au passage, et l’article n’est pas sponsorisé par kellogs, ok ? Bon continuons.

Le norset donne faim 24h sur 24. Ce n’est pas une plaisanterie. Je n’ai jamais eu si faim de toute ma vie. Non seulement ça donne faim, mais ça vous donne la gorge sèche. Et ça vous endors comme un somnifère, voir pire. Du coup vous mangez et vous dormez. Les kilos s’agglutinent à vitesse grand V. Ça ne vous rappelle pas une certaines drogue ? Cannabis ? C’est exactement la même chose. Parfois, j’espère que la France comprendra les effets thérapeutiques du cannabis. Mais on peut encore rêvé, par contre l’alcool, vrai poison, continue à détruire des vies et personnes ne dit rien. Enfin où on en était déjà ?!

Mademoiselle, prends aussi des gaufres nappées de chocolat. Et puis un autre truc mais j’regarde pas. J’ai des moments de déconnexion voyez vous, on peux me parler, j’écoute, mais je comprends pas. C’est comme si l’interlocuteur (interlocutrice aussi je vous oublie pas mesdames) parlait un langage barbare, un charabia. Donc je souri niaisement j’dis « Ah ouai… oui » et j’espère que c’était une réponse adéquate parce que sinon la personne va répéter ce qu’elle a dis et se demander ce qui va pas chez moi. C’est naturel on juge, on est tous de sacré connard quand même !

On va à la caisse, bien sûr, des articles seuls sur le tapis en face de nous. La caissière nous dit que la femme devant nous est partie à sa voiture mais nous fait passer quand même. Cool.

Je paie finalement, le sans-contact marche pas, ça m’aurait étonné. J’enfonce ma carte dans le lecteur, ça mets carte muette, pas étonnant non plus. J’attends que la caissière appuie sur un bouton pour que le lecteur se remette à la normale. J’essuie ma carte avec ma veste en espérant que ça passe.

Oui !

J’tape mon code et j’attends de voir si mon paiement passe. Toujours cette crainte d’être à sec sans le savoir bien que je sache que je ne le suis pas.

Ça passe ! Et non madame vous pouvez garder le ticket. Merci au revoir, à vous aussi, bonne journée, au revoir. Merci.

On sort, j’ai même pas stressé à cause des portiques antivols.

On fourre tout dans le coffre, madame, prévoyante avait mis des sacs au cas ou et elle a bien fais. Que ferais-je sans elle ?

Et ça repart comme en 14. Direction la maison.

On se revoit au prochain chapitre n’est-ce pas ? Merci !

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 2

Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Index : Chapitre 1

Chapitre 2

Te revoilà cher(e)s lecteur ou lectrice ou n’importe. Ici, tu peux être illuminati et profiter de mes divagations, moi Télémaque, viens, viens on est bien. Viens, mets toi à l’aise, enlève ton sous-tif’ si tu veux. Nan j’deconne, c’est une ligne de Scary Movie 1, j’adore les Scary Movie, j’adore les frères Wayans, j’adore l’humour subtile. J’adooooore, regarder danser les gens…

Donc on est parti pour le Super U avec ma dame et c’est silencieux, on oublie d’mettre la musique maintenant, on est vieux, la trentaine à tout casser. Ça évite les engueulades aussi, chacun a ses goûts et on déteste les goûts de l’autre.

Je regarde les gens déambuler dans la rue et j’me demande où il vont, à quoi ils pensent, si ce matin ils ont fait l’amour mais vu leurs gueules non. Si y’avait pas les masques ce serait plus simple.

J’suis mentaliste vois-tu, Simon Baker, Red John, tu vois l’truc, tu connais. J’aime m’imaginer la vie des gens. Comme j’aime m’imaginer m’approcher d’une personne lentement et lui susurrer : je suis de la police. Et c’est tous. Juste voir leurs réactions tu vois. Comme imagines tu rentres dans un ascenseur et une fois dedans tu restes en face du mur, tu ne te retourne pas pour faire face aux portes automatiques comme tous le monde fait. Juste tu rentre et tu fixe le mur pendant que l’ascenseur monte (ou descend). Apparemment ça mets les gens très mal a l’aise, j’le sais car j’ai regardé MindHunter sur Netflix.

« Ils nous faut quoi pour les courses ?

Je sais pas. »

Je laisse tout à faire à ma copine parce que je ne suis plus bon à rien et que je ne veux pas faire d’effort. Elle répond pas, la pauvre. A sa place je me quitterai et fissa. Mais elle reste. Elle serait moche je comprendrai, mais elle est belle. Elle reste avec moi car sinon elle serait toute seule mais elle est belle et elle reste. Je crois qu’elle m’aime vraiment et que c’est son seul défaut. Tu vois, Dieu a crée l’Homme à son image et l’Homme, lui, a crée l’a connerie et la dépendance affective. Y’a des choses qui s’expliquent et d’autres pas. Comme quand une femme t’aime vraiment. Toi tu comprends pas.

« Bah il me reste un peu de galette ?

Non et puis c’est passé la période y’en aura plus. »

J’aime la galette, oui comme dans la chanson. J’en boufferai matin, midi, soir et la nuit. La vraie galette, à la frangipane ! Si tu prends de la galette à la pomme, je suis désolé mais tu devrais consulter cher(e) lecteur et lectrice. C’est pas normal. Parfois j’enlève la patte de ma part et je sens la frangipane t’vois ? Je renifle l’odeur du nectar des Dieux t’vois ? L’Ambroisie j’crois qu’on appel ça, bah c’est ça.

« C’est à ton tour de payer » qu’elle me dis. J’aime pas payer. C’est comme ça. Elle, elle paie et ne se plaint pas, mais quand c’est à moi, je questionne tout ce qu’elle fourre dans le cadis. J’ai peur d’être endetté, ça va tellement vite. Le pire avec les cartes bleus c’est que tu vois pas l’argent sortir et moi, ça me donne l’impression d’être dans un jeu vidéo, je vois mon argent que sur un écran. Et je m’angoisse car c’est pas un jeu et y’a pas de code de triche pour remédier à un découvert.

Le parking est plein, on est en milieu de semaine il est à peine 11h et bien sûr, on attends qu’une mamie sorte pour lui prendre sa place de parking. Le temps, elle le prends la vieille mais j’aimerai lui dire que le temps qu’elle passe sur ce parking et débité de son temps de vie qui commence sûrement à arriver au bout. T’imagine, mourir sur le parking de Super U ?

« Mesdames, messieurs, nous recueillons aujourd’hui pour honorer la mémoire de Thérèse, morte sur le parking de Super U.

Ah putain Super U avec leurs foutus parking !

Ta gueule Jackie merde !

Bah t’façon elle est morte ça doit pas la déranger. »

Donc on prends la place, il y a le débat du chariot. Tout dépend de ce qu’on va prendre et vu que mon cocktail médicamenteux me donne faim H24 on peux être sûr que y’aura au moins quelques gâteaux. Et j’ai toujours la chance de prendre le cadis avec la roue de travers tu vois c’que je veux dire ?

Donc on prends pas de chariot en faite car il n’y en a plus.

On rentre dans le magasin et comme vous sûrement, j’ai cette foutue sensation quand je passe les portiques de sécurités, même en entrant. Ces trucs ont déjà sonné sur un type qui rentrait juste j’en suis sûr. T’imagine l’angoisse ?

Le pire c’est ceux des caisses, t’a rien fais d’mal mais tu passe ces portiques avec parfois un p’tit pas chaloupé parce qu’on sait jamais. Là si ça sonne c’est la sueur ! Tous le monde te regarde, et la caissière te gratifie automatiquement d’un : « Monsieur ? » et là bah tu fais quoi ? Immédiatement tu penses à baisser ton froc devant elle, te déshabiller façon Magic Mike sauf que, cher lecteur, t’es sûrement pas Channing Tatum.

Mais on vient juste d’entrer dans le Super U là. On se retrouve à l’intérieur ?! Allons-y !

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 1

CALIFORNIA ROCKET FUEL EST UNE FICTION

California Rocket Fuel : un traitement psychiatrique mélangeant Venlafaxine et Mirtazapine pour traiter les dépressions aiguës, névroses sévères, insomnies coriaces entre autres.

Chapitre 1

M’éclater la gueule contre le bureau.

Oui ! Tu vois, prendre de l’élan même, me cambrer en arrière le plus possible et BAM ! Rapide, efficace, surprenant ! Le front qui percute le bureau en bois massif de la psychiatre, sentir l’onde de choc résonner dans ma boîte crânienne et surtout, voir leurs réactions !

J’imagine l’infirmière, elle pousse un crie et la psychiatre qui se recule et me regarde ébahit !

« Oh là y’a un cas là ! »

Hey ouai l’amie, t’as un gros cas là ! Tu va en avoir pour ton argent. Et puis je recommence à prendre de l’élan avec l’envie cette fois d’ajouter mon gros pif dans le coup. BAAM !

C’est ce que je m’imagine planté là, devant elles. J’aimerai le faire juste pour voir leurs réactions. Leurs visages pétrifiés, terrorisées.

Foutu métier que d’être psychiatre. Est-ce que c’est impossible d’être fou quand t’es psy ? Tu t’autodiagnostique ? Ta vie est réglé au millimètre près, à la pensée près ? T’es parfait ? Et si tu te suicide c’est un peu la loose non ? Limite faute professionnelle !

Et si je me levais doucement, et que je commençais à faire d’amples mouvements avec les bras et mon bassin et que j’entonnais un « hmmmmmm » même, je pourrais dire quelque chose comme : « Vous sentez vous aussi cette tension ?! Oh oui chuuut j’invoque ! » Et je gueule d’un seul coup d’un seul « WE WANT THE WORLD AND WE WANT IT… NOW » et je me dandine comme Jim Morrison. Et je finis par un « All right all right ! »

Une performance psychédélique pour la psychiatre acariâtre, dame maigre, cheveux blanc qui ressemble à la tante avec qui votre mère se prends la tête. Elle a toujours les yeux sur l’écran, peut-être qu’elle se tape un solitaire.

L’infirmière est trentenaire. On l’a sens terrorisé par cette femme, acquiesçant à tous ce qu’elle dit, la psy’. Elle aide aussi la docteur avec son ordinateur.

« Non madame, il faut cliquer juste là.

Là ?

Non là.

Là ?

Oui. »

Sacré duo !

La pauvre. Travailler avec une femme comme ça, la panacée !

Et j’attends les médicaments. Ce sera duoxetine et norset.

« Et si vous avez peur du traitement, vous n’avez qu’a vous renseigner. »

Bien sûr, au lieu d’expliquer au patient, autant qu’il ou elle cherche sur internet. Internet ça fait tous maintenant. Vous voulez savoir pourquoi vous avez la diarrhée aujourd’hui, et bah doctissimo vous dira que c’est sûrement un cancer du cerveau. Panique pas, internet a des remèdes miracles ! Tu peux même grossir ton penis à l’aide d’une pilule magique ! En plus, elle guérira ton cancer mais aussi ta dépression et en prime, si tu l’a mélange à des herbes aromatisées elles te feront maigrir et tu aura une réduction d’impôts ! Et pendant que tu y es lecteur, accepte l’offre du prince saoudiens super riche qui t’a contacté par mail et qui a besoin de toi pour fuir en France. C’est pas une arnaque tu verra !

Toujours est-il que je sors. Je croise des cou-cous comme moi. Des types de toutes les couleurs des femmes, des hommes, des cyborgs !

« Quand est-ce que vous êtes disponible Telemaque ? »

J’adore cette question. Je ne travail pas, en faite si, ma vie c’est de rester en vie. Un peu comme tous le monde, ou presque, peut-être comme les Kardashian mais moi j’suis en mode hardcore, sans sex-tape ni les millions. Pas moi qu’est décidé vraiment d’être déglingué du cerveau. Bon j’lui ai pas répondu ça bien sûr car je suis conscient. Enfin je crois.

« N’importe, comme ça vous arrange.

Mardi 12 à 15h ? »

Non j’ai pas envie mais je réponds

« Oui oui merci. »

Je dis merci tous le temps comme ça.

« Et pour voir l’infirmière, jeudi 7 a 10 h ?

Oui oui, merci. Au revoir. »

Et j’me tire. J’en ai pleins le cul de ces rendez-vous. Je viens pour faire le plein du cocktail de médocs qu’on appelle « California Rocket Fuel ». Je sais car je me suis renseigné sur internet. La vielle psychiatre est en faite une ricaine qui va pécho du jeunot en Floride pendant le spring-break. J’savais bien qu’y’ avais un truc avec elle. Au détour elle va a une conférence de psychiatre, un truc, j’en suis sûr, qui doit ressembler à un rite de la Bohemian Grove Society. Puis elle répare pour Vegas et se fracasse la tête comme Hunter S. Thompson, et se fait bourlinguer par des escorts boys qui profiterons de son coma pour lui faire les poches mais, pas surprise, elle avait tout prévu avant. Il reparte la queue entre les jambes, avec sûrement quelques toiles d’araignée dessus. Et une MST et la coronavirus variant VegasCon. Ça se soigne par inhalation de poudre de coca.

Je sors.

Et ça klaxonne. Là, dans la voiture de marque japonaise blanche, c’est ma blonde, qui est brune. Nan chèr(e)s lecteurs et lectrices, c’est pas une bière qui conduit. C’est les Canadiens nos cousins qui surnomment leurs demoiselles comme cela. Et pour eux des « gosses » ce n’est pas des marmots mais des testicules. Enfin j’crois. Ils sont taquins les cousins canadien tabernacle !

Quand elle klaxonne ça veut dire qu’il faut que je me grouille le cul. La pauvre.

J’ouvre la portière et c’est des discussions bateaux :

« Ça s’est bien passé ?

Oui

T’a donné quoi comme médicaments ?

Ça.

C’est quand le prochaine rendez-vous ?

J’m’en rappel plus mais ils m’ont donné un carton, c’est marqué dessus tient garde le s’il te plaît car moi je vais le perdre. C’était pas trop long ?

Non. »

Mais là, je sais qu’elle veut dire oui. Mais elle garde ça pour elle. C’est pas parce qu’elle est gentille, enfin elle l’est mais c’est pour me ressortir en cas d’engueulade :

« Et c’est qui qui t’emmène aux psy et qui t’attend une plombe hein ? »

Mais c’est de bonne guerre tu vois, moi je lui ai dis que c’était une pute par exemple. Juste pour la blesser. C’est le but d’une dispute, blesser l’autre le plus possible et après t’as gagné. J’ai aussi dis qu’elle pourrait aller faire le tapin quand même histoire de ramener plus d’argent à la maison qui est en faite un appartement minable où le gamin du haut passe ses journées à courir. D’ailleurs dans des pensées inavouables tu rêve de balancer le gamin par la fenêtre et de te taper sa mère, avec consentement bien sûr tu vois, t’es érotomane, fou et t’a déjà défenestré un gamin donc va pas trop loin dans le délire.

C’est la dame qui conduit. J’aimerai lui dire qu’elle est belle et gentille et tous mais je ne peux plus. Ni la toucher. Y’a un truc qui a merdé dans mon cerveau. La pauvre. Et en plus de ça je n’ai même plus envie de coucher avec elle, elle est belle tu vois, mais le traitement fait que tu pourrais avoir Rihanna, Beyoncé, Miss Univers et Patrick Sébastien nus devant toi que tu ressentirais même pas le désir qui fait monter ton penis en toile de tente. Et même si d’avenir tu l’as, hey bien bonjour l’orgasme ! Tiens, au moins tu tiendras pour celui de ta dame, pour une fois, mais le tiens AhAh tu peux aller te faire foutre (haha).

On sort du parking et on va sûrement faire des courses. Attends t’vas voir le prochain épisode sera peut-être folklorique. À tal’heure !

Jaskiers

Far From Any Road par The Handsome Family

The handsome family

Cela faisait longtemps que je n’avais pas partagé de musique avec vous. Je vous présente donc :

Far From Any Road – The Handsome Family (sur YouTube)

Cette musique est spéciale pour moi, car c’est celle du générique de la saison 1 de True detective, l’une des meilleurs séries que j’ai vu. Je n’ai pas vu la saison 2. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être car je ne pense pas que l’on peux battre le duo Matthew McConaughey – Woody Harrelson. Leurs complicités, leurs énormes talents et leurs longues amitié dans la vraie vie en font une série incroyable.

Regardez déjà l’esthétique du générique, et cette magnifique musique, je pense que l’on pourrais appeler cette musique de Folk ? Doit-on définir le genre d’une musique obligatoirement ? Je pense que non, du moment que nous l’aimons et qu’elle nous donne ces fameux frissons !

En tous cas, les paroles sont enivrantes, mystérieuses, poétique et la mélodie accompagnée d’instruments qui n’ont que rarement dévoilés leurs magies à mes oreilles en font une musique très spéciale pour moi, car liée à une de mes séries préférées.

J’espère que vous aimerez, je vous conseil aussi la saison 1 de True Detective et si vous l’avez déjà vu, je vous conseil une tout autre série, sur laquelle j’écrirai peut-être un jour un article, j’ai nommé The OA. Là encore, la saison 1 est magique, la deuxième m’a moins plus.

Bonne écoute (et bon visionnage si vous décidez de regarder ces séries) !

Jaskiers