Les ombres de Katyn par Philip Ker

Quatrième de couverture :

Mars 1943. Le Reich vient de perdre Stalingrad. Pour Joseph Goebbels, il faut absolument redonner le moral à l’armée allemande et porter un coup aux Alliés. Or sur le territoire soviétique, près de la frontière biélorusse, à Smolensk, ville occupée par les Allemands depuis 1941, la rumeur enfle. Des milliers de soldats polonais auraient été assassinés et enterrés dans des fosses communes. L’armée Rouge serait responsable de ce massacre. Goebbels, qui voit là l’occasion de discréditer les Russes et d’affaiblir les Alliés, décide l’ouverture d’une enquête. Le capitaine Bernie Gunther, du Bureau des crimes de guerre, organisme réputé antinazi, est la personne idéale pour accomplir cette mission.

Fini les bd sur le blog, du moins pour l’instant, on repasse au format original pour ce plonger en pleine Seconde Guerre Mondiale.

Partons dans un roman historique policier basé durant la période de la Seconde Guerre Mondiale, plus précisément après la défaite allemande à Stalingrad.

Bernie Gunther, capitaine du Bureau des crimes de guerre est chargé par Goebbels en personne d’enquêter sur un potentiel massacre commis par les Russes envers des officiers et sous-officiers Polonais durant l’occupation orientale de la Pologne par l’URSS, une Pologne divisée en deux, la partie occidentale étant occupée par l’Allemagne nazie et orientale par l’U.R.S.S., avant le déclenchement de la guerre, grâce au traité Molotov-Ribentrop.

Gunther, antinazi qui ne s’en cache pas vraiment part pour Smolensk pour commencer son enquête. Mais c’est sans compter sur les habituelles rivalités entre les différentes branches de l’Armée, les exigences et les projets de certains haut-gradés. Bernie se retrouve avec plusieurs meurtres qu’il doit résoudre, dans un pays qui le terrorise et entouré d’ennemis, même dans son propre camps. Et avec ceci, des généraux allemands essayant d’assassiner Hitler.

C’est un vrai roman policier en milieu militaire. Plusieurs enquêtes et péripéties s’entremêlent, incluant des personnalités allemandes ayant vraiment existé.

Le scénario est bien fixé et semble crédible. La tension et le suspens sont omniprésent. Ne devinant que sur la fin le dénouement de l’histoire. Le détective Gunther est plutôt brute de décoffrage, n’a pas sa langue dans sa poche et est un véritable séducteur même si il est un peu bizarre de voir un détective allemand avec un humour anglais (l’auteur est British !) on reste toutefois inquiet pour son futur. Histoire très bien maniée de la part de l’auteur.

Bien sûr, certains passages sont assez dures et glauques, certains personnages détestables et certaines scènes crues. Exactement l’atmosphère dans laquelle devait baigner la région de Smolensk et la forêt de Katyn durant cette période terriblement sombre de l’histoire.

J’ai apprécié cette lecture d’une enquête policière d’un détective anti-nazi sur un massacre commis par l’armée Rouge. Si le détective trouve les preuves, Goebbels utilisera ce massacre pour sa propagande tout en omettant, évidement, de divulguer le massacres de millions de Juifs et de Russes par les nazis et leurs alliés.

Ce massacre pourrait provoquer des dissensions au sein des Alliés. Ce qui en fait, s’est vraiment passé.

L’auteur semble s’être très bien renseigné sur le massacre de Katyn et les personnes impliquées dans ce massacre. Vérité et crédibilité dans un roman policier historique, l’exercice semble très difficiles mais est relevé haut la main par Kerr.

Je conseil ce livre si l’Histoire de Katyn vous intéresse et que les romans policiers avec une dimension historique (ici la Seconde guerre mondiale) vous intéresse.

Le massacre de Katyn s’est vraiment déroulé. Un massacre oublié de cette guerre immonde. Quelle guerre n’est pas immonde d’ailleurs ?

Comme d’habitude, quelques extraits sans spoilers bien sûr.

Extraits :

– Laissez-moi vérifier ma sténographie mentale, messieurs, dis-je. À propos de ce que voulez que je fasse. Que je ne commette pas d’erreur. Si cette fosse commune est remplie de Juifs, alors je dois l’oublier. Mais si elle est remplie d’officier polonais, cela fera le bonheur du Bureau.

— Ce n’est pas une manière très élégante de résumer la chose. Mais oui, voilà exactement ce que nous attendons de vous, capitaine Gunther.

Je n’étais guère enclin à retourner à Smolensk, ni nulle part en Russie, d’ailleurs. Le pays tout entier me remplissait d’un mélange de peur et de honte, car il ne faisait aucun doute que, quels que soient les crimes que l’armée Rouge avait commis au nom de communisme, la SS en avait commis de non moins atroces au nom du nazisme. Les nôtres étaient probablement encore plus atroces. Exécuter des officiers ennemis était une chose – je possédais moi-même une certaine expérience en la matière -, mais assassiner des femmes et des enfants en était une tout autre.

« Oui. J’irai. Bien entendu.

— Merci, dit le juge. Comme je vous l’ai déjà expliqué, s’il existe. Le moindre indice que c’est l’œuvre de ces brutes de la SS, ne faites rien. Quittez Smolensk le plus vite possible, rentrez tout de suite et faites comme si vous n’étiez pas au courant.

L’horreur n’a pas besoin des ténèbres, et il arrive qu’une action foncièrement mauvaise fuie l’ombre.

Ce sont toujours les femmes qui reconstruisent les civilisations que les hommes se sont appliqués à détruire.

Parce que la vie est de la merde, mais que la solution de rechange est toujours pire. Du moins, c’est mon avis. Je suis dans un endroit sombre, mais l’autre cote du rideau m’a l’air encore plus ombres. Et ça me fait peur.

Nous faisons semblant de vivre car mourrir dépasse de loin la dose de réalité que nous sommes capables d’assumer.

Ils souhaitent se livrer à une petite comédie de l’horreur pendant qu’on mettra au jour les cadavres de centaines d’officiers polonais, tout en évitant soigneusement les fosses communes dont ils [les allemands] sont eux même responsables.

De quoi sont capables les êtres humains. Hallucinant.

Une écriture brute mais aussi, parfois, fine. Beaucoup d’action et d’émotion. Le sujet est terrible, il est traité du point de vue d’un détective qui ne se fait plus d’illusion (il ne s’en ai jamais fais je pense) et dont l’anti nazisme ne fait pas de doute. Entre rendre justice, donner ou non satisfaction à ses supérieurs, les pièges tendus sur sa route, la peur et la mort omniprésente, l’ouvrage réserve quelques surprises et nous aide de manière surprenante à mieux saisir les événements qui ont eu lieux dans l’Est de l’Europe à feu et à sang durant le second conflit mondial.

Jaskiers

R.I.P tome 1-Derrick, Je ne survivrai pas à la mort par Gaet’s & Monier

Quatrième de couverture :

Tu veux savoir ce que je fous de mes journées ? Attends un peu que je te raconte. Ça vaut pas un cachou ma vie, mais je suis prêt à parier que tu ne tiendras pas jusqu’au bout.

Ayant vu ce livre sur pas mal de blog et de bon retour, je me suis dis, « pourquoi pas ? »

Le scénario ? Celui d’un homme et de ses collègues dont le métier est de nettoyer les endroits où des personnes sont décédées (crime, suicide ect…). Curiosité malsaine doublée par une quatrième de couverture provocante. J’ai cédé.

Suis-je resté jusqu’au bout ?

C’est l’histoire d’un mec (salut Coluche si tu nous regarde d’en haut) dont le job est de nettoyer les maisons des personnes décédées dans leurs demeures et sans famille.

Il déteste ce travail et va commettre une erreur en essayant de trouver une porte de sortie pour ne plus faire ce métier plus que glauque.

Parlons de glauque. L’ambiance est crade, dégoûtante. Les personnages, les cadavres sont aussi déroutant les uns que les autres. C’est morbide. Des hommes dont le psyché est atteint par leur vie professionnelle atypique. Ou peut-être étaient-ils déjà atteints avant de commencer ce job des plus… révulsants.

Une des premières planches de l’ouvrage. Glauque à souhait. Ça annonce la couleur !

Il faut avoir le cœur bien accroché. Les couleurs portent sur le spectre de la saleté, la poussière, les insectes mangeant les cadavres, la pourriture. Et la misère humaine à son paroxysme, mourrir seul, vieux et souvent dans la misère. Un ouvrage coupe-faim et pas forcément là pour vous donner le moral.

Le dessin est bien sûr excellent.

L’histoire est des plus originale, et les deux artistes l’ont bien développé.

La narration et les dialogues reflètent bien le feeling de types complètement pommés dont le futur semble être aussi morose que leurs gagne-pain.

Je conseil, si vous aimez le glauque, les scénarios originaux et le cœur bien accroché !

Plusieurs tomes sont disponibles, un tome pour chaque employé de cette morbide entreprise, si le coeur vous en dit… enfin si il est toujours à sa place !

Bon courage pour cette lecture cauchemardesque si l’aventure de cette bande de déglinguée vous tente !

Jaskiers

Mauvaise réputation, La véritable histoire d’Emmet Dalton Tome 1 par Ozanam & Bazin

Quatrième de couverture :

– Pourquoi raconter la vie des Dalton ? Vous devriez prendre des héros.

– Oui, mais le public préféra voir un film de bandits dont ils ont entendu le nom.

– Putain de célébrité.

Tagada tagada voilà les Daltons !

Oui j’ai osé la chanson de Joe Dassin !

Allons, nous avons tous dans notre inconscient collectif, en France du moins, les personnages de bandits que sont les Daltons dans la célèbre BD Lucky Luck. Mais saviez-vous qu’ils avaient vraiment existé ?! Moi non.

Hey bien, cette BD est surprenante. J’ai appris, selon le point de vue d’Emmet Dalton, l’histoire du gang des frères Dalton. Rien à voir évidement avec ceux du Lonesome Cowboy Lucky Luck… Quoique…

Je ne saurais dire si cette version est vraie ou non, il serait intéressant de voir quel documents et sources ont été utilisé pour écrire cet ouvrage. Je sais qu’Emmet Dalton a écris un livre sur la vraie histoire des frères hors-la-loi, je me le suis d’ailleurs procuré, mais je ne l’ai pas encore lu.

En tous cas, les bandits et justiciers du Farwest nous fascinent n’est-ce pas ? Si oui, vous serez servis avec cet album.

Les dessins sont épurés, simples mais efficaces. Les décors sont parfois laissés un peu de côté au profit des personnages et de l’action mais ce n’est point dérangeant.

L’utilisation de la couleur est plutôt atypique, de mon point de vue, car les planches ont l’air d’avoir été recouverts d’un filtre vert. Pourquoi ? Aucune idée pour ma part. C’est curieux, original, atypique et mystérieux.

Peut-être aurais-je des réponses dans le tome 2, car cette histoire est en deux tomes. Comme souvent, je trouve les BD trop courtes mais c’est un art… et un business.

Je conseil cet ouvrage si vous aimez les westerns et les légendes du far west et si vous aussi, vous avez envie de connaître la vraie histoire derrières la légende des Daltons. Par contre, pas de Lucky Luck dans les parages ! Même pas son ombre !

Les Dalton et leurs crimes semblent refléter l’époque difficile qu’était l’Ouest Américain à cette période. Par eux, les artistes de cet album nous donnent la possibilité de voir ce qu’était l’Amérique à l’époque où la modernité s’imposait dans une partie du pays encore sauvage et parfois inexploré, ne se laissant pas facilement amadouer par le « progrès ».

Jaskiers

Tyler Cross par Nury & Brüno

Quatrième de couverture :

Tyler Cross transporte 17 kilos de came, d’une valeur d’un demi-million à la revente au détail.

Et il a exactement 21 dollars et 80 cents en poche.

Il note l’ironie de la chose et se met en marche.

Mais que se passe-t-il Jaskiers ? Est-ce que le blog est devenu un blog spécial BD ?!

Hey bien disons que je me suis procuré une bonne poignée de bandes dessinées car l’envie m’a pris de renouer un peu avec cet art qui a bercé mon enfance (merci Astérix et Obelix ! Sempé et Goscinny !).

Cette fois-ci, j’ai donc choisis une histoire de gangster, pour changer un peu…

L’histoire semble se passer dans les années post prohibition au Sud-Ouest des États-Unis. Une histoire de deal de drogue qui tourne au vinaigre et dont le personnage principal, Tyler personnage énigmatique, essaiera de prendre la tangente avec 17 kilos de cocaine mexicaine. Mais bien sûr, c’est loin d’être un partie de plaisir pour Tyler.

Le dessin des visages est original, ça change et ça ne gêne pas la lecture. Les décors et l’encrage sont bons.

Les dialogues sont crédibles, certains passages se veulent stéréotypés, voir caricaturaux, mais cela ne pèse pas sur la lecture et l’on sent que les artistes l’assument pleinement, en fait, ça ajoute un certain côté comique. Ces passages sont, je pense, revendiqués et assumés et… ça passe !

Bien sûr, encore une BD ou ça castagne et tire de partout. Voir même un peu d’amour ! C’est ce que l’on veut dans une histoire de gangster non ? A noter que c’est un BD pour adulte, ou plutôt un public averti.

Le scénario est bien ficelé, certaines scènes sont très violentes, l’ouvrage ne plaisante pas du tous.

J’ai beaucoup aimé et je conseil !

Pour ceux qui ont le cœur bien accroché !

Jaskiers

Trou de mémoire – tome 1 : Gila Monster – par Regnauld & Seiter

Quatrième de couverture :

Imaginez un type qui se réveille au petit matin sur le port de San Francisco avec une blessure à la tête, un flingue à ses côtés et le cadavre d’une fille quelques mètres plus loin. Même si il est sonné et a mal au crâne, il comprend immédiatement qu’il est dans la merde et qu’il va avoir les flics sur le dos. S’il ne veut pas finir sur la chaise électrique, il a intérêt à se barrer vite fait. Mais pour aller où ? Car il réalise tout à coup qu’il a totalement perdu la mémoire. Il ne se souvient ni de son nom, ni de sa vie. Le voilà obligé de fuir la police tout en menant une enquête sur lui-même.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il va aller de surprise en surprise…

GILA MONSTER n.m [angl. Gila monster, lat. heloderma suspectum]

L’heloderma suspectum est un gros lézard venimeux d’Amérique du Nord. Son venin est un neurotoxique aussi puissant que celui du serpent corail. L’attaque du Monstre de Gila est fulgurante et quand il a mordu, il est pratiquement impossible de lui faire lâcher prise. En cas de morsure, la seule solution est de plonger l’animal entier dans l’eau pour le forcer à ouvrir ses mâchoires. Un remède peu pratique quand il s’agit d’un lézard vivant essentiellement dans les zones désertiques de l’Ouest américain…

Encore un polar Jaskiers ?

Tant qu’à faire ! J’avais envie de me plonger dans le côté sombre de l’univers de la bande dessiné.

Donc c’est parti pour cette histoire qui semble prometteuse n’est-il point ? Et cette fameuse description de lézard dans la quatrième de couverture… effrayant non ?

D’abord, parlons du dessin, les personnages ont tous un air patibulaire ! Tous le monde semblent mauvais dans cette bd ! L’artiste a joué sur les couleurs pour jouer sur les différentes ambiances durant le récit.

L’histoire prend son temps, ce n’est pas une tare, au contraire, au début, nous nous retrouvons comme le personnage principal, que ce passe-t-il et qu’elle est ce fichu bordel ? Des indices nous sont données au fur et à mesure de l’histoire (encore heureux !).

La bd ne fait pas dans le gore ni dans le glauque. Peu de violence mais plus de psychologie.

Je trouve la partie enquête policière un peu simple, trop facile. Elle aurait sûrement gagnée à être plus développée.

L’ouvrage reste malgré tout un bon polar. Bien sûr, il y a 2 tomes et celui-ci finit sur un bon petit cliffhanger sans être trop frustrant.

Bien sûr, comme souvent avec les bandes dessinées, elle est très courte.

Je vous la conseil donc mais procurez-vous aussi le tome 2 !

Jaskiers

Pulp par Ed Brubaker & Sean Phillips

Quatrième de couverture :

Que decide-tu de faire de ta vie quand tu t’attends à mourrir jeune, mais que cela n’arrive pas ?…

Auparavant, Max Winter portait un autre nom. Mais c’était dans une autre vie, il y a longtemps.

Maintenant, ce sont les années 1930 à New-York, et Max survit en écrivant des histoires romancées de l’homme qu’il était pour les pulps ; des récits qui parlent d’une frontière oubliée et de hors-la-loi du Far West qui faisaient régner la justice des revolvers à la main.

Mais alors que sa vie s’effiloche, et qu’il voit le monde s’engouffrer lentement vers la guerre face aux nazis en Europe aussi bien que dans les rues de New-York, Max se remet à penser comme un hors-la-loi…

Et une fois engagé sur cette voie, il n’y a pas de retour en arrière possible.

La Dream Team composée de Ed Brubaker & Sean Phillips fait à nouveau mouche, en proposant un récit complet plein de fureur et de sang, situé dans un New York des années 1930, gangrené par les guerres des gangs et la présence rampante des nazis.

Le titre Pulp m’a directement attiré. Les pulps dans les années 1930 à 1960 étaient, aux États-Unis, de courtes histoires souvent violentes, gores, stéréotypées, hyper sexuées (limite sexistes disons-le) et très populaires dû au fait qu’ils étaient à bas prix, imprimés sur du papier de très mauvaise qualité. D’ailleurs, un certain Stephen King a grandi avec ces pulps et ont été et son encore une de ses inspirations.

Bon le titre est une chose, mais la couverture. Ça sentait un peu le western, et un sacré coup de crayon !

Et puis, j’avais entendu parler de Ed Brubaker. Scénaristes de BD à succès, écrivant pour un public adulte (attention, quand je dis public adulte, je ne parle pas de BD holé holé on se comprend !) et dont le nom apparaît sur plusieurs ouvrages qui semblent vraiment intéressant.

Donc, j’ai pris cette bande-dessinée et voici ce que j’en pense.

Une claque magistrale ! Le genre de bande dessinée que vous pouvez donner à un snob des BD et qui peut lui faire oublier ses aprioris sur cet art.

Un scénario brutale, pourtant tellement humain, des dialogues qui tiennent la route. Pas de pathos. Le rythme est parfais. Les dessins sont impressionnants. J’ai adoré les gros-plans sur les personnages comme dans les vieux westerns spaghettis, tellement de talent, tellement réel !

L’encrage est excellent, atypique mais pas dérangeant pour autant. C’est beau. Le jeu sur les ombres est magnifique. Maitrise parfaite du sujet.

C’est violent et émouvant. On sent la colère du personnage principal, on comprend ses motifs, on frissonne. Ça bastonne, ça tire mais c’est aussi psychologique, tendu, plein de suspens. Je l’ai déjà dis, le rythme est excellent. Je n’en dirai pas plus, je vous réserve la surprise de l’histoire, surprenante mais qui tient la route.

On le lit d’une traite. Malheureusement, comme la plupart des BD, je l’ai trouvé trop court, mais j’ai adoré et j’ai encore beaucoup à découvrir du duo Brubaker et Phillips. Ces deux là semblent maîtriser leur sujet à la perfection.

Laissez une chance à cette BD et je doute que vous le regrettiez !

Jaskiers

Blacksad : Quelque part entre les ombres par Díaz Canales et Quarnido

Quatrième de couverture :

« Parfois, quand j’entre dans mon bureau, j’ai l’impression de marcher dans les ruines d’une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l’être civilisé que je fus jadis. »

J’avais cette bande dessinée depuis longtemps dans ma liste d’achat. Je n’aime pas trop les séries, je préfère les bd en One-shot, c’est à dire une histoire complète dans une seule BD. Non pas que je trouve les séries mauvaises, mais parce qu’il me faut acheter la suite si le tome 1 me plait. Et ça devient vite un investissement !

Mais j’ai tellement entendu (disons plutôt lu) de bonnes choses sur cette série que j’ai décidé d’essayer, au moins le tome 1 !

Un polar en BD où les personnages sont des animaux ? Intéressant ! Mais en plus, le personnage principal est un chat ? Animal des plus beaux et mystérieux ! Ils me fascinent. Le dessin de couverture est très beau, c’est pour cela aussi que j’ai craqué !

Mais quant est-il de ce matou détective ?

Les dessins sont époustouflants. Ils nous plongent en plein dans l’univers du polar, c’est impressionnant. L’esthétique est parfaite, l’ambiance d’une ville malsaine parfaitement représentée. C’est impressionnant.

Extrait d’une planche

Comment parler du scénario sans ne rien vous révélez ? Cela va s’avérer être difficile car la BD est courte, 48 pages…

Disons qu’un chat détective se mêle à une affaire très personnelle. Et que la vengeance est un plat qui se mange froid…

C’est violent, ça castagne et parfois ça canarde !

Une certaine dose d’humour qui pour moi n’a pas vraiment fais mouche mais ce n’est pas dérangeant. L’histoire, dans ce tome du moins, se déroule vite, pas le temps de s’ennuyer.

Bizarrement, je sais qu’il y a au moins 6 ou 7 tomes à cette série, mais ce tome 1 ne termine pas vraiment sur un cliffhanger. Comme si les auteurs nous disaient : « Vous avez appréciez ? Rendez-vous au Tome 2 pour une nouvelle histoire ! » Et je trouve ça génial. Je pensais que l’histoire dans ce tome 1 allait traîner et qu’il me faudrai me procurer les autres tomes mais non, les auteurs ont été généreux sur ce coup-là !

Les personnages sont tous des animaux :

Chat, chien, souris, rats, lézards, renards, crocodiles, rhinocéros, singes, gorilles et j’en passe !

Remplacer l’humain par l’animal, l’anthropomorphisme, est souvent intéressant dans l’art, et on se remet en question, presque inconsciemment, en lisant ce genre ouvrage. Je pense aux Fables de Lafontaine ou La ferme des animaux de Orwell par exemple. Il y a dans cette BD, un message que les artistes ont voulu faire passer. À chacun son interprétation.

Qui de l’Homme ou de l’Animal est vraiment une bête ? J’aime la quatrième de couverture qui mentionne la civilité. L’Homme « civilisé », ça veut dire quoi exactement ? Ne sommes-nous pas des animaux, nous aussi, à qui on a donné (par erreur ?) une conscience (qui ne nous empêche pas d’être méchant et cruel envers les autres) ? Coucou les fans de True Detective saison 1 !

Jaskiers

Patricia Cornwell is back on the blog !

Madame Cornwell est de retour sur le blog !

Après avoir lu « Une peine d’exception » (et écris un article dessus) j’ai eu l’opportunité d’acheter pour une poignée d’euros deux autres ouvrages de cette auteure.

D’abord, Le Registre des Morts qui continue l’aventure de Kay Scarpetta et un autre, La Griffe du Sud qui suit l’aventure d’une autre héroïne créé par Patricia Cornwell ; Judy Hammer.

Si vous avez lu mon article précédant sur celui d’Une peine d’exception, ce n’est pas ma première expérience avec la légiste Scarpetta, ce le sera par contre avec Judy Hammer.

Allons-y !

Registre des morts

Quatrième de couverture :

À la morgue, tous les décès sont consignés au Registre des morts. Ce livre va bientôt revêtir une signification différente pour Kay Scarpetta. Lorsqu’elle s’installe à Charleston, en Caroline-du-Sud, pour y ouvrir, avec sa nièce Lucy et Pete Marino, un cabinet de médecine légale, elle pense commencer une nouvelle vie. Mais très vite, elle entre en conflit avec des politiciens locaux, et on cherche visiblement à saboter son projet. C’est alors que va se produire une série de morts violentes : un meurtre rituel, un enfant victime de sévices, une joueuse de tennis retrouvée mutilée à Rome, sans autre lien entre ces affaires qu’une certaine patiente d’un prestigieux hôpital psychiatrique de Nouvelle-Angleterre. D’autres noms vont s’ajouter au Registre des morts, peut-être même celui de Kay…

Patricia Cornwell

Il m’est difficile de parler d’un roman, d’un livre de fiction. (Je me répète beaucoup non ?) Il faut trouver de quoi parler, sans rien dévoiler de l’intrigue tout en vous gardant intéressé par l’article.

Il n’est pas très utile donc que je vous fasse un résumé si vous avez lu la quatrième de couverture plus haut.

Je parlerai donc de mon ressenti.

L’ouvrage est bien ficelé. Patricia Cornwell sait exactement de quoi elle parle est maitrise son sujet à la perfection, il faut dire que son ancien métier de légiste l’a sûrement bien accompagné. Sa plume est sure !

Elle maîtrise aussi parfaitement la narration, le suspens et sait aussi construire un scénario compliqué mêlant des personnages à la psychologie développée. Aucun doute avec elle, vous ne devinerez jamais comment l’histoire finira grâce à sa plume finement maniée. Je trouve parfois des similarités avec Stephen King, auteur qu’elle apprécie, du moins je crois l’avoir lu quelque part.

Maintenant ce qui me déroute un peu : les dialogues ne semblent pas naturels, les personnages s’expriment de manière un peu trop soutenue.

Mêler à cela, les termes scientifiques précis de la médecine légale, il faudrait avoir un bac +10 pour comprendre certains passages où l’auteure nous étales des procédures scientifiques précis, du coup, j’ai continuer ma lecture sans trop m’en accommoder. Ces termes ne dérange pas vraiment la lecture, les dialogues par contre son un peu plus gênants, pas de là à stopper la lecture mais ce genre de dialogue : soit trop soutenue soit familier jusqu’au pathos peu déranger.

Comme avec le premier roman que j’ai lu d’elle, la fin fini avec LA révélation mais laisse place au prochain tome, c’est à dire que la fin vous laisse un peu… sur la faim ! (Wow ont vous l’avez jamais faite celle-là hein ?…)

Je pense que pour vraiment apprécier pleinement les romans dont Kay Scarpetta est l’héroïne, il faut avoir lu les autres tomes.

La Griffe du Sud

Quatrième de couverture :

Judy Hammer, l’héroïne de La Ville des frelons, est nommé à Richmond (Virginie). Sa mission : réorganiser la police, lutter coûte que coûte contre une criminalité qui a fait de l’ancienne capitale sudiste une jungle urbaine. Auprès d’elle, ses adjoints, Virginia West et Andy Brazil.

Il leur faudra se battre sur tous les fronts : réformer une police corrompue et récalcitrante, braver des mentalités racistes et bornées, et venir à bout d’une délinquance souvent formée souvent de très jeunes criminels, soumis à la loi de fer des gangs. Comme celle que fait régner Smoke, véritable psychopathe qui sème la terreur et tue de sang-froid.

Noirceur et humour forment un mélange détonnant, où l’efficacité n’empêche pas la lucidité. Dans cette nouvelle série, Patricia Cornwell brosse le tableau sans concession d’une société à la dérive.

Comme à l’accoutumé, votre serviteur n’a pas lu La Ville des frelons, donc je ne peux pas parler de la continuité de ce roman avec celui là.

Le roman est basé sur la ville de Richmond au Sud des États-Unis dans les années 90, où les mentalités sont encore ancrées, malheureusement, dans la vielle rivalité entre sudiste et nordiste, confédères et unionistes. Autrement dit, le racisme est encore présent. Même aujourd’hui d’ailleurs.

Ce polar se veut different de la série des Kay Scarpetta. Plus d’action, une réflexion sur le racisme, la pauvreté, le milieu criminel et policier et même des réflexions politiques.

Comme dans les ouvrages précédents, le scénario est mené de mains de maître, peut-être un petit peu moins pointu que les autres mais cela ne nuit pas vraiment à la lecture car j’ai trouvé plus d’action dans cet ouvrage.

J’ai trouvé les dialogues plus réalistes cette fois, même si certains passages et échanges me gênent encore un peu. Ils peuvent s’avérer plutôt clichés, trop faciles. Malheureusement, l’auteure utilise aussi, bien que rarement, un language informatique pointu. Cornwell a l’air de connaître à la perfection l’informatique. Le codage ne semble avoir aucun secret pour elle, mais pour moi, qui suis complètement étranger et sans beaucoup de connaissances dans ce domaine, je n’ai pas cherché à comprendre plus loin lors de ces (petits) passages. Heureusement, ces passages n’empêchent pas la bonne compréhension de l’histoire.

J’ai aimé, vraiment. Il semble que cette série soit plus accessible que la série sur Kay Scarpetta. Un avis personnel bien sûr.

Je conseil vivement les ouvrages de Patricia Cornwell si vous aimez les polars axés principalement sur les techniques scientifiques (le personnage de Kay Scarpetta est une médecin légiste), basé sur l’informatique et avec un scénario bien travaillé.

Pour la série Judy Hammer, il semble, pour le seul ouvrage que j’ai lu d’elle, être axée sur la police de terrain, la politique interne au sein du système policier, avec une réflexion importante sur la politique et la société américaine qui est aujourd’hui encore (La Griffe du Sud date de 1998) d’actualité.

Le seul bémol, pour moi, reste qu’il faut avoir lu tous les autres livres de la série pour bien être immergé dans l’histoire.

Patricia Cornwell est une de mes découvertes cette année, j’en suis heureux, une leçon d’écriture que cette auteure nous livre sur la construction d’un scénario et sa crédibilité, une maitrise du suspens et une connaissance parfaite de ses sujets.

Jaskiers

Les fous du Président par Carl Bernstein & Bob Woodward (prix Pulitzer 1973)

Le seul livre de première main sur l’Affaire par ceux qui l’ont révélée : les deux journalistes du Washington Post

Quatrième de couverture :

Carl Bernstein et Bob Woodward (photo Ken Feil – The Washington Post)

L’enquête politico-policière la plus dévastatrice du siècle, voilà ce que fut la révélation progressive du scandale de Watergate à l’opinion américaine et mondiale. Deux jeunes journalistes, chargés des affaires locales et des faits divers, se trouvent de permanence à la rédaction du Washington Post la nuit où se produit le coup de main d’inconnus sur le QG du Parti démocrate. Ils collectent aussitôt quelques renseignements, pensant qu’il s’agit d’un cambriolage un peu spectaculaire. Et de fil en aiguille, Rouletabille et flanqué de Sherlock Holmes détruisent la première puissance politique au monde.

Voici leur stupéfiante histoire, racontée par eux-mêmes. Voici l’un des exploits les plus admirables du journalismes de tous les temps. À partir des premiers soupçons, Woodward et Bernstein ont creusé peu à peu les galeries souterraines qui les conduisirent à la vérité, malgré les pièges, les mensonges, les fausses pistes, les pressions politiques. Ils nous font vivre avec eux, minute par minute, cette aventure angoissante et excitante et ils nous amènent jusqu’à l’instant où, grâce à leur courage et à leur rigueur intellectuelle, ils furent en mesure de réunir toutes les pièces du gigantesque puzzle que la Maison Blanche avait voulu enterrer.

Carl Bernstein est né à Washing. Études inachevées en l’Université de Maryland. Comme sa carrière de journaliste à 16 ans au Washington Star, comme copy boy (porteur des dépêches aux divers collaborateurs concernés). Devient reporter à plein temps à 19 ans. Entre au Washington Post en 1996, dans le service des affaires locales de la ville de Washington.

Bob Woodward travaillait au service des Informations générales et faits divers du District de Columbia (zone et faubourgs de la capitale) du Washington Post lorsque eut lieu l’effraction des bureaux du Parti démocrate dans l’immeuble dit Watergate, le 17 juin 1972. Né à Chicago, il obtient ses diplômes universitaires à Yale en 1965. Passé cinq ans ensuite dans la marine, au service des transmissions. Fait ses débuts dans un petit journal local : La sentinelle du Comté de Montgomery, puis entre au Post en 1971.

Carl Bernstein et Bob Woodward (« Woodstein » comme on les appelle souvent aux États-Unis depuis qu’ils signent toujours leurs articles ensemble) ont obtenu en 1973 le Prix Pulitzer (catégorie du « reportage investigatif ») pour la série d’enquêtes qu’ils ont publiées dans le Washington Post en juin 1972 et juin 1973 sur l’affaire Watergate et ses ramifications.

Le titre du livre « Les fous du président » fait allusion à une comptine anglophone, « All the King’s men ». Les fous du roi est traditionnellement la traduction du titre de cette comptine. Des fous ? En tous cas, le scandale du Watergate et ce qui s’en ai suivi en est une, histoire de fou.

Bernstein et Woodward, aux parcours complètement différents s’allient pour enquêter sur ce qui deviendra le scandal qui mènera le tout puissant président Nixon a démissionner.

Mais imaginez vous l’époque, l’ambiance, l’esthétique. Car oui, ce livre n’est pas un roman, mais comme souvent, la réalité dépasse la fiction !

Vous êtes un ou une jeune reporter. Cigarette au bec, chemise, cravate, pantalon trop large, chaussure bateau (ou robe et talons pour les femmes si elles le veulent). Vous rentrez dans l’open space d’un grand journal. Vous êtes jeune et avez secrètement de l’ambition. La fumée de votre cigarette se mêle à celle de vos collègues. Les machines à écrire crépitent sans arrêt, les téléphones sonnent toutes les cinq minutes, ont crie, la deadline approche, ça débat dans des meetings improvisés autour des bureaux des collègues. Des bureaux avec des piles de dossier telles que l’on ne voit plus la personne derrière. Vous vous asseyez. Écrasez votre clope. Buvez un café et BOUM, l’histoire, l’événement, le fait que vous attendez, que vous rêviez s’amène à vous, il se présente. Il est dur à attraper, encore plus à le comprendre mais c’est votre boulot, informer et expliquer. Vos compétences, votre instinct, votre flair vous le dit. Cette affaire est plus importante qu’elle n’y parait et vous devez partir en chasse !

Bref, désolé, je suis parti dans mon délire. Passons au livre voulez-vous ?

J’ai trouvé le livre passionnant. Je ne pourrai pas vous raconter en détail le Watergate tellement l’affaire est compliquée et contient de ramifications et de protagonistes. Mais j’ai été plongé dans l’ambiance des reporters des années 70.

L’enquête menée par Woodstein les emmènent dans un dédale de mensonges, de manipulations, de secrets, de violences, d’injustices à travers les deux cotes Est-Ouest des États-Unis avec comme Minotaure le Président des États-Unis. Est-il possible qu’il ai espionné et essayé de saboter l’autre camp, les Démocrates, pour sa réélection en utilisant des méthodes dignes de la mafia ?

Comment vont-ils démêler cette affaire quand le FBI couvre le Président ?

Qui va vouloir (pouvoir?) parler à découvert ?

Comment éviter les pièges tendus par les hommes du Président ?

Comment se protéger contre d’éventuelles représailles ?

L’histoire est folle. Compliquée mais tellement incroyable que l’on reste scotché au livre.

Suivre ces deux jeunes gens qui n’ont presque pas 30 ans dans cette enquête rocambolesque, à portée mondiale, est une expérience peu commune. Avec des « personnages » mystérieux tel que deep throat, l’informateur qui en sait tellement mais qui impose un anonymat total à Woodward. Ils se rencontrent dans des parkings sombres, la nuit pour parler et essayer de tirer au clair l’affaire qui fera tomber le président.

Nous savons maintenant qui était deep throat mais je vous laisse faire vos recherche sur cette personne vous même, un peu de mystère, faite votre petite enquête vous même (attention à ne pas tomber sur des choses un peu tendancieux si vous voyez ce que je veux dire…).

Le livre n’est pas dénué d’humour. Certaines scènes sont cocasses, il faut parfois lire un peu entre les lignes pour comprendre que ces jeunes gens ont découvert une histoire plus grande qu’ils ne pensaient et qu’avant tout ils restent humains. Il font des erreurs. Ils ont une vie. Ils sont jeunes, l’expérience leur manque mais ils ont le soutient indéfectible de leur patron.

Je sais qu’un film avec Robert Redford et Dustin Hoffman existe, appelé Les hommes du Président, mais je ne l’ai pas vu. Si vous l’avez vu, pourquoi ne pas partager votre avis sur ce film ?

En tous cas, c’est une lecture que je conseil. La narration est intéressante, presque atypique sachant que le livre a été écrit par deux personnes. C’est un page-turner ! Et tout est vrai !

Le livre reste aussi une leçon, un avertissement, de ce que les puissants de notre monde peuvent faire dans notre dos. Il est aussi un totem pour la liberté de la presse et la défense des journalistes, d’investigations en tous cas. Sans une presse libre, pas de démocratie. Sans une presse libre, les puissants de ce monde se joueraient de nous encore plus qu’ils ne le font actuellement.

Un livre percutant, passionnant et parfois effrayant ! N’hésitez pas à le lire si l’envie vous en prend !

Voici une compilation d’extraits montrant à quel point l’enquête était difficile et dangereuse :

[…] le 22 juin, au cours d’une conférence de presse, le président Nixon fait son premier commentaire officiel sur l’effraction du Watergate : « La Maison-Blanch, dit-il, n’est pas impliquée en aucune manière dans cet incident-là. »

Bernstein et Woodward m’éditent sur l’expression « cet incident-là ». Il y a déjà trop de coïncidence dans cette affaire que la définition ne saurait englober.

Les gens de la Maison-Blanche et du C.R.P. [Comité de Réélection du Président Nixon] emploient toute leur énergie à lancer les journalistes sur de fausses pistes. Une fuite indique que l’effraction du Watergate est le fait de Cubains anticastristes qui voulaient faire croire que les Démocrates recevaient des fonds de Cuba.

L’affaire Watergate piétine, elle a peut-être fait long feu. Les deux journalistes n’y comprennent rien.

[…] les relations de travail entre Bernstein et Woodward reposent essentiellement sur l’émulation. […] Depuis, tous les articles sur Watergate portent la double signature. Leurs collègues les confondent d’en un seul personnage qu’ils appellent en riant Woodstein.

Ceux qui voisine avec lui dans la salle de rédaction sont bien forcés de constater que Woodstein ne donne pas toujours l’image d’un rouage parfaitement huilé de la machine journalistique. Les deux moitiés se querellent, souvent ouvertement. Il leur arrive de peine un quart d’heure sur une seule phrase. […] il n’est pas rare de voir l’un quitter majestueusement le bureau de l’autre.

[…] Woodward, qui écrit plus vite, se charge du brouillon que Bernstein récrit ensuite. Bernstein n’a souvent que le temps de récrire la première partie, et la suite, dans le style de Woodward […]

Ils finissent par essayer de se lier d’amitié. […] Ils restent souvent dans la salle de rédaction fort avant dans la nuit, faisant des vérifications, compulsant des coupures, discutant du prochain pas à faire, échangeant leurs hypothèses.

Dean : « Je peux vous dire catégoriquement [qu’] il n’y a personne à la Maison-Blanche, pas un seul membre de cette administration, actuellement en place, qui ait été impliqué dans cet incident [Watergate] vraiment bizarre. »

Une source : « Ça ne sortira jamais, toute la vérité. Vous ne saurez jamais la vérité. Ça n’est pas les reporters qui la découvriront, ils faudraient qu’ils s’adressent seulement aux gens honnêtes. Ils savent que vous sortez le soir parler aux gens. Quelqu’un du service de presse [de la Maison-Blanche] est venu dans mon bureau aujourd’hui et a dit : « J’aimerais drôlement savoir qui, au comité [C.R.P.], est en cheville avec Carl Bernstein et Bob Woodward. »

Woodward à un contact, au gouvernement, qui a accès à des informations en provenance aussi bien du C.R.P. que de la Maison-Blanche. Woodward est le seul à connaître son identité. Il ne peut le joindre qu’en cas grave. […] surnommé en plaisantant « Deep Throat » — Gorge Profonde, titre d’un film pornographique qui fait alors fureur. Le sobriquet lui est resté.

Mitchell : Vous les gars, vous ne savez pas ce qui vous attend. Dès que vous aurez fini de payer Ed Williams [avocat du Washington Post] et consorts, c’est nous qui allons monter une histoire du vous tous.

On a dit à Bernstein qu’un ancien agent du FBI avait participé à l’opération Watergate et qu’il avait prévenu les enquêteurs que la quartier général démocrate était sous surveillance électronique depuis déjà trois semaines lorsque les cambrioleurs ont été arrêtés.

Après avoir travaillé quatre mois ensemble, Woodward et Bernstein ont développé une sorte d’affinité intellectuelle.

Leurs collègues au journal les taquinent parfois, prétendent qu’ils veulent la peau du Président. Et que se passerait-il s’ils se trouvaient soudain dans cette situation : non pas en position d’avoir la peau du Président, mais d’obtenir la preuve flagrante qu’il est impliqué dans cette affaire ?

Au cours de ces conversations, Deep Throat lui a raconté que la politique s’est infiltré dans les moindres recoins de l’appareil gouvernemental, que la Maison-Blanche de Nixon a pris la haute main, et une main de fer, sur tous les services.

« Vérifiez chaque indice, conseil Deep Throat. Cela recouvre tout le pays, ce qui est important. Vous pourriez écrire des articles jusqu’à Noël et même au-delà… Il n’y a pas un seul de ces jeux (son terme pour opération secrète) qui ait été lancé sur une initiative personnelle. C’est important. Ils sont tous liés. »

Deep Throat lui lance alors un avertissement : « Ils veulent se débarrasser du Post. Ils veulent aller en justice pour découvrir vos sources. »

Pose de micros, filatures, faux tuyaux à la presse, fausses lettres, meetings politiques décommandés, enquêtes sur la vie privée des candidats adversaires, mise en place d’espions, vol de documents, provocateurs dans les manifestations politiques.

Jusqu’où seraient-ils allés si les cambrioleurs de Watergate n’avaient pas eu l’incroyable bêtise de bloquer de pêne des portes, donnant sur la cage d’escalier avec les bandes adhésives, ce qui avait incité le gardien à appeler la police ?

Un juriste : « Le FBI se comporte de façon étrange… quelqu’un, au sommet, s’intéresse à tout ceci » Mais il ne veut pas dire à quelle altitude se situe ce sommet.

Le ministère de la Justice s’est gardée d’enquêter sur le véritable complot qui a produit Watergate ; à concentrer ses efforts sur l’incident limité de l’effraction commise au quartier général démocrate — sur l’I.O.C. (Interception de Communications Orales), comme l’appellent les Fédés — et a ignoré la vaste conspiration ourdie par les hommes du Président pour saboter le processus électoral.

Bradlee : « J’ai parlé jusqu’ici à mots couverts, leur dit-il. Cette affaire, c’est un jeu serré, le plus serré qu’on ait jamais vu dans cette capitale. Il va falloir que nous fassions très attention, tous, au bureau et à l’extérieur. Je ne veux rien savoir de votre vie privée […] Faites attention à qui vous parler, et qui vous voyez; soyez prudents au téléphone; commencez à mettre de côté tous vos reçus en vue de vos déclarations d’impôts, et prenez un avoué pour s’occuper de tout ce qui touche à vos futurs impôts; faites attention à ce que personne n’apporte de la drogue chez vous; soyez mesuré dans tout ce que vous dites sur le Président et l’administration. »

[…] les téléphones de plusieurs reporters et directeurs du Post sont sur table d’écoute.

Le procès dure encore deux semaines. Woodward et Bernstein continuent d’y assister, à trier les preuves matérielles et documents présentés à la Cour. Woodward copie les numéros de téléphone inscrits dans les carnets d’adresses des prévenus, qui font partie des pièces à conviction, et se met un soir à appeler quelques numéros. « Le FBI ? » lui demande un de ses interlocuteurs. « Ils ne sont jamais, jamais entres en contact avec moi. Je ne leur ai jamais parlé. »

Woodward raccroche brutalement le téléphone. C’est ça, l’enquête la plus importante, la plus vaste menée en Amérique depuis l’assassinat du président Kennedy : le FBI n’a même pas appelé les numéros inscrits dans les carnets d’adresse des prévenus ?

Bernstein et Woodward font une longue analyse de l’ensemble du procès sous le titre : « Qui a engagé les Espions, Pourquoi : Toujours un Secret. » Ils soulignent que ce qui a marqué ce procès de seize jours ce sont les questions qui n’ont pas été données, les témoins qui ont pas été cités et les trous de mémoire de ceux qui étaient présents.

[Edward] Kennedy lui-même a confié à Bernstein, au cours d’une interview […] qu’à moins qu’une commission parlementaire exerce rapidement son droit de réquisition pour obtenir les dossiers et documents que les enquêteurs fédéraux semblent négliger, sa chance de mener une bien une enquête approfondie risque de disparaître des incinérateurs et machines à l fêter les dossiers. […] « je connais l’entourage de Nixon, a-t-il ajouté, et c’est assez. Ce sont des crapules. »

[…] le vaisseau Kennedy est étanche et ne fuit pas.

Jusqu’à ce que la cour suprême déclare la chose illégale, le 19 juin 1972 — deux jours après l’effraction de Watergate — le ministère de la Justice a utilisé des systèmes d’écoute téléphoniques pour contrôler les faits et gestes de tous ceux qui étaient soupçonnés d’activités « subversives » contre les institutions et cela sans l’autorisation des tribunaux. Les « radicaux [la Gauche/Démocrate] » et les défenseurs des libertés civiles proclament depuis longtemps que les autorités brandissent de mot de « subversion » pour s’attaquer en fait à ceux qui manifestent trop ouvertement leur hostilité à la politique du gouvernement Nixon. Les deux garçons décident d’essayer de découvrir si certains de leurs collègues font partie de ces « éléments subversifs » que le ministère s’est arrogé le droit d’écouter.

[…] Woodward rend visite à un fonctionnaire bien placé du C.R.P. L’homme semble désenchanté, dégoûté de la Maison-Blanche et des tactiques qui ont été utilisées pour aider à la réélection du Président. « S’il y a une manière honnête de faire les choses et une manière malhonnête, tout cela pour arriver au même résultat. Nous avons sûrement choisi la seconde, confie-t-il. »

Deep Throat : « Notre Président est parti en campagne contre les fuites qui concernent Watergate. Il a dit aux gens compétents : « Faites tout ce qui est en votre pouvoir » pour mettre fin à la chose. Quand il dit cela, il veut du sérieux. Des enquêtes intérieures, et il veut aussi utiliser les tribunaux. Ils ont discuté pour savoir s’il valait mieux d’abord attaquer en droit commun ou en droit civil. Nixon a déclaré dans une réunion qu’ils géraient aussi bien d’utiliser l’argent qui leur reste de la campagne, 5 millions de dollars à peu près, pour rabattre un œuf le caquet du Post. D’où vos citations à comparaître et les autres.

« En 1969, le premiers à faire l’objet de ces écoutes agressives ont été les reporters et les membres de l’administration suspects de déloyauté, explique Deep Throat; puis, à l’époque des manifestations pacifistes, ils ont porté leur effort sur l’opposition radicale. A l’approche des élections, il était tout naturel qu’ils s’attaquent aux Démocrates. Les arrestations de Watergate les ont pris au dépourvu, parce que l’effraction risquait de mettre toute l’opération à nu. »

Mais le message, haut et clair, confirme que ceux qui ont dans le passé servi Richard Nixon comme un seul homme, et érigé, à la Maison-Blanche, cette muraille rigide de discipline et de contrôle de soi, sont aujourd’hui ouvertement à couteaux tirés.

Deep Throat : « Voilà la situation, dit-il enfin. Il faut que je vous quitte à la seconde. Vous me comprenez. Soyez, eh bien, je dirai, soyez très prudent. »

Que se passe-t-il demande Bernstein. À la porte d’entrée de l’immeuble de Woodward. D’un doigt sur les lèvres, il lui fait signe de se taire.

Bernstein se demande si Woodward a perdu la tête, ou s’il le fait marcher. Ils longent le corridor jusqu’à l’appartement de Woodward. Une fois à l’intérieur, Woodward met un disque en marche. Un concerto pour piano de Rachmaninov. Bernstein se dit que Woodward a un goût épouvantable, en musique classique. Woodward tire ensuite les rideaux devant les grandes fenêtres qui donnent sur les quarters est de la ville. Puis, assis devant la table de la salle à manger, il tape une note à la machine et la passe à Bernstein.

La vie de tout le monde est menacée.

« Tout l’appareil de renseignements des U.S.A. a collaboré aux activités secrètes qui sont incroyables. Deep Throat à refuser d’en donner les détails parce que c’est contre la loi

S’ils ont étouffé l’affaire ce n’est pas vraiment à cause de Watergate mais surtout pour protéger leurs activités secrètes. »

C’est l’indication la plus clair qu’ils aient jamais recueillie que le Président savait que l’on étouffait l’affaire, et y participait lui-même de son plein gré.

« C’était le Washington Post, je vous dis. Je lui ai formellement ordonné de détruire le Washington Post, réplique Corson [homme du Président] sur un ton parfaitement uni. Je voulais détruire le Washington Post. »

[…] le Président s’est incliné devant l’opinion publique et devant l’ordre lancé par un tribunal, et a remis sept des bandes [audios] incriminées aux enquêteurs. Les deux autres n’ont jamais existé, disent les avocats.

Le message de Deep Throat est simple est bref : une ou deux des bandes magnétiques ont été partiellement et volontairement gommées.

Bernstein commence à appeler ses contacts à la Maison-Blanche. Quatre d’entre eux lui disent avoir appris que les bandes étaient de qualité médiocre, qu’il y a des « trous » dans certaines conversations, mais qu’ils ne savent pas si ces accidents ont été délibérément provoqués.

Bernstein et Woodward regardant le président Nixon annonçant sa démission
Le complexe hôtelier du Watergate où s’est déroulé le cambriolage

Il est terrifiant de voir le pouvoir de l’argent, en politique et partout en faite. Tous ce qu’ont fais Woodward et Bernstein était « simple », suivre la piste de l’argent. Simple ne serait pas le mot approprié, plutôt, je dirais que le début de leur enquête a été facilité par la trace qu’a laissé l’argent, les échanges, les pots-de-vin et autres méthodes consistant à payer gracieusement des personnes pour faire le « sale » boulot.

Malheureusement pour ces personnes, ‘Woodstein’ veillait au grain et n’a pas abandonné. Il faut avoir un certain courage pour oser accuser l’homme le plus puissant du monde de crime.

Le journalisme d’investigations est passionnant, autant que dangereux. Avoir une presse libre est une chose rare.

Je dédie cet article à tous les journalistes risquants leurs vies pour informer, et à ceux qui l’ont perdu.

Jaskiers

Une peine d’exception par Patricia Cornwell

Quatrième de couverture :

Étrange cérémonial que de préparer l’autopsie d’un homme qui n’est pas encore mort…

C’est pourtant à quoi s’occupe le médecin-légiste Kay Scarpetta, en ce soir de décembre, en attendant le corps de Ronnie Joe Waddell, qui ne sera officiellement déclaré mort sur la chaise électrique qu’à 23 h 05.

Cette même nuit, le corps d’un adolescent de treize ans est découvert, mutilé, contre une benne à ordures. Et l’on relève sur les lieux du crime l’empreinte digitale d’un homme qui ne peut pas être coupable – cette même empreinte qui a fait condamner Waddell…

L’auteur de Postmortem, lauréate du célèbre prix Edgar Poe, nous offre ici une intrigue et un suspens à couper le souffle.

Un polar. Cela faisait longtemps que je n’en avais pas lu.

Dans les derniers temps, j’étais plongé dans les récits d’histoires vraies, cela m’a fais bizarre de replonger dans « l’imaginaire », dans la création pure.

Il m’a été un peu difficile de faire avec le sentiment que ce que je lis est une fiction, tellement je me suis gavé (et me gaverai encore!) de récits vrais, d’histoire vécues.

Toujours est-il que cette lecture était intéressante. La quatrième de couverture était attirante, j’aime ces livres à mystère, comme peuvent (ou pouvait) le faire Stephen King, Arthur Conan Doyle et consœurs.

Suivre Scarpetta, une légiste dans un mystère entourant un tueur en série, un exécutions sur la chaise électrique, des manipulations informatiques, des drames familiaux et un flic au bout du rouleau, c’est ce qui nous attends dans ce roman policier.

Le scénario est bon. Peut-être un peu trop car l’auteure semble s’être un tout petit peu perdue ou en manque de quelque chose vers la fin du roman. L’ouvrage déroule presque dès le début des notions d’informatiques qui pourraient perdre l’intention du lecteur, notamment pour ceux qui ne s’intéressent pas à l’informatique. Ça a été le cas pour moi, je ne suis pas un professionnel du codage, même si j’ai pu comprendre, en gros et difficilement, l’utilisation de cette partie informatique et son incorporation dans le récit.

Malgré cela, l’auteure avait une très bonne idée de scénario qui je pense aurait pu être poussée bien plus loin. Plus développée, plus creusée.

Il n’en reste pas moins un beau, violent et dur récit, sur la famille, les amis et le combat d’une femme pour la vérité.

Les différentes ramifications de l’histoire, les nombreux protagonistes, les événements, tout cela est parfaitement rythmé mais je pense que l’auteure aurait pu encore plus en tirer, elle aurait pu bien plus étirer l’histoire et son intrigue mais j’aime les histoires longues, peut-être est-ce une question de goûts. Peut-être ai-je tout faux car je n’ai pas lu assez de roman policier/thriller, peut-être que ce sentiment vient uniquement de moi et que l’histoire et ses subtilités me sont passé à côté. C’est d’ailleurs fort possible.

Les dialogues sonnent parfois un peu faux, par là je veux dire que les protagonistes ne parleraient pas de cette façon dans la vraie vie. Leurs échanges ne semblent pas totalement naturels. Question de goût là aussi.

Je ne dirais pas que le fin est décevante, le livre terminé sur une sorte de cliffhanger, on se doute que l’auteur avait sûrement en tête un deuxième tome. C’est ce que je n’aime pas vraiment quand je finis un livre. Pour savoir la vraie fin, il faut acheter le tome 2. Et après recherche pour ce livre, votre serviteur à découvert qu’il existait d’autres aventures, beaucoup d’autres, du docteur Kay Scarpetta… Donc je reste confus par la fin ou bien ai-je mal compris le message que voulait faire passer l’auteure. Sûrement, je n’en ai compris qu’une petite partie. Peut-être ai-je carrément mal compris certaine partie de l’histoire me poussant à dire que certains évènements restent sans réponses ou que, là encore, ils n’ont pas été développés à fond. Je suis sûrement et complètement passé à côté du style d’écriture de l’artiste. Un jour peut-être achèterais-je les autres ouvrages mettant en scène docteur Scarpetta. Peut-être même le devrais-je ? Une deuxième chance s’impose !

J’ai donc des réserves sur ce roman mais ces réserves sont uniquement personnelles. Je ne voudrai pas gâcher le plaisir d’un potentiel lecteur avec mon manque certain d’intellect.

Les passages psychologiques, tenant sur le psyché de/des tueurs sont intéressants surtout Cornwell fait intervenir un agent profiler du FBI. La fameuse unité de recherche comportementale, comme dans Le Silence des Agneaux, la série Esprits Criminels ou Minds Hunter (que je vous conseil expressément si vous aimez les sciences comportementales visant les criminels). L’auteur aurait pu developer ces passages, mais cela est dû à mon goût personnel pour ce genre de sujet et peut-être, encore une fois, là n’était peut-être pas le message ou le but du roman.

Nous avons même le droit à des cours d’informatiques qui peuvent s’avérer compliqués et embrouiller le lecteur (ce qui m’ai arrivé). Ça et même un peu d’ésotérisme, ce dernier sujet étant utilisé avec parcimonie. Accrochez vous donc pour les parties techniques informatiques.

Toujours est-il que j’ai apprécié une bonne partie du roman bien que j’ai été déçus par certaines choses. Peut-être le lirez vous, ou l’avez déjà lu et que votre opinion est complètement différente de la mienne, que vous êtes fan du Docteur Scarpetta, donc pourquoi pas partagez vos ressentis et conseils ?

Voici quelques extraits :

Je ne peux pas aller au gogues, me moucher ni fumer sans que les gardiens notent mes moindres gestes. Il n’y a pas d’horloges. Je ne sais jamais quel temps il fait. J’ouvre les yeux et je vois un mur nu qui court à l’infini. Qu’est-ce qu’un homme est censé éprouver quand il est à la veille de faire le grand saut ?

Comme une chanson triste, triste à mourir. Je ne connais pas les paroles. Je ne me souviens pas. Ils disent que ça s’est passé en septembre, quand le ciel était couleur d’œuf de merle, que les feuilles des arbres s’embrasaient et tombaient sur le sol. Ils disent qu’une bête féroce a terrorisé la ville. Après présent, il y a un bruit en moins.

Me tuer ne tuer à pas la bête. L’obscurité est sa complice, la chair et le sang son régal. Quand tu crois pouvoir cesser d’être aux aguets, alors, mon frère, c’est là qu’il faut te remettre à ouvrir l’œil.

Un péché entraîne l’autre.

Je me sent si abattue, engourdie. Je détestais les exécutions. Je détestais attendre qu’un homme meure, puis enfoncer mon bistouri dans une chair aussi chaude que la mienne. J’étais médecin et juriste. On l’avait enseigné ce qui donnait la vie et ce qui la supprimait, on m’avait appris la distinction entre le bien et le mal. Ensuite c’est l’expérience qui avait été mon maître, et elle avait foulé aux pieds cette innocente partie de moi-même encore idéaliste et analytique. Que quelqu’un qui réfléchit soit obligé de reconnaître que de nombreux clichés ont une réalité est décourageant. Il n’y a pas de justice sur cette terre.

Merde. Chaque fois qu’on se débarrasse d’un fumier, y’en a un autre pour prendre sa place.

– Quand je rentre à la maison, il n’aime pas que je lui raconte ma journée. Il le dit que c’est un travail horrible, que ce n’est pas bon pour moi. Il a raison. Je n’arrive pas toujours à décompresser. J’en ai assez de voir défiler des cadavres décomposés, des femmes violés, des gens mutilés ou tués par balle. J’en ai assez des bébés morts et des accidents de la route. Je ne veux plus de violence. (Elle le regarda, la lèvre tremblante.) je ne veux plus de mort.

[…] Il y a des tas de gens qui attendent depuis des années de vous voir saigner.

– je n’ai aucune intention de me laisser faire, dis-je en repoussant mon assiette.

– Doc, fit-il en soufflant un nuage de fumée, vous perdrez déjà votre sang. Et quand vous commencez à saigner au milieu d’une bande de requins, vous avez intérêt à sortir de l’eau en vitesse.

– Voyez-vous, j’ai senti très vite qu’il y avait quelque chose de malsain dans l’affaire Waddell. Lui et moi n’avons jamais réussi à établir une relation, ce qui est déjà très inhabituel. En général, un avocat et son client deviennent vite proches. En tant qu’avocat, je suis le seul à vouloir vous sauvez la vie dans un système qui veut votre mort, le seul à travailler pour vous dans un système qui travail contre vous. Or Robbie s’était montré si distant envers son premier avocat que celui-ci avait jugé l’affaire sans espoir et avait renoncé. Quand j’ai repris le dossier, Robbie s’est montré tout aussi distant. C’en était démoralisant. Chaque fois qu’une certaine confiance commençait à s’instaurer, un nouveau mur s’élevait soudain entre lui et moi. Il se réfugiait dans le silence et se mettait, littéralement, à transpirer.

-Quand la violence virus touche de près, vous êtes forcément éclaboussé. Sali.

– Je suis plus qu’éclaboussée. J’ai l’impression que je suis en train de me noyer.

– Le principe fondamentale ? Le corps ne ment pas

Si je le conseil ? Bien sur, le roman est loin d’être mauvais est contient quelques passages qui vous scotche au livre, un petit page-turner sympathique mais de ma part, pas plus, car il manquait quelque chose… Encore une fois, je suis peut-être passé à côté de l’histoire. Ne surtout pas se borner à ma lecture mais à la vôtre !

Jaskiers