Cette matinée très bizarre

La journée avait commencé comme n’importe quelle autre. Rien de différent, la routine d’une famille moyenne dans un HLM pourrie de l’hexagone.

Les samedis, on glande au lit, on ne fait rien, on déguste bien comme il faut une grasse matinée bien méritée. Je suis le plus jeune de la famille, mon frère a 22 ans et vit encore à la maison. Pour lui, ça n’a rien de mal à ce qu’on soit encore chez ses parents à 22 ans, ce n’est plus l’époque formidable de nos parents, mais une autre.

J’ai mon père qui travaille comme cheminot. J’ai toujours trouvé ce mot rigolo.

« – Tu fais quoi dans la vie ?

  • Cheminot ! »

Peut-être que ça me fait rire parce que ca rime avec poivrot. En faite, ces deux mots se marient plutôt bien dans la vraie vie. Quand mon père ne travail pas, il est souvent au bar du quartier à « jouer au ‘Paix Aime U’», « à dilapider de l’argent pour des ‘chies mères’ », dit maman. Je présume que des ‘chies mères’, c’est des femmes, je suis un grand garçon je sais des choses, je les comprends mais je donne l’impression que non, comme ça, je garde un certain avantage sur les autres. Mais il joue aussi aux jeux d’argent. J’ai jamais entendu papa revenir à l’appartement en criant : « Chéri les enfants j’ai gagné ! À nous les Bahamas ! ». Non lui c’est plutôt : « T’as fait quoi à manger ? – Steak frite mais c’est froid, si t’en veux, fais les réchauffer, je vais pas passer mes soirées à t’attendre. »

Souvent, après, ça gueule et sa part dans des histoires pas possibles de « baise », de « putain », de « feignasse ». Ce dernier mot , il aime le dire car ma mère ne travail pas. Quand on lui demande ce qu’elle fait dans la vie elle répond « mère au foyer ». Moi je pensais qu’elle disait « maire » au foyer au début, ce qui, en fait, a du sens. C’est elle qui commande, qui gère les comptes et on l’aime tous, chacun a notre manière, donc c’est comme si on l’avait élue avec notre cœur et notre affection, unanimement !

Enfin je reviens à ce jour où tout avait commencé comme d’habitude. Je suis le plus jeune, moi je fais pas de grasse matinée car je préfère jouer. Dormir quel gâchis de temps !

Donc je me lève, normalement, mais je sens au fin fond de moi que quelque chose est bizarre. Mais je suis parfois angoissé, ma mère dit que je suis déjà ‘nez rosé’. Je sais pas ce que ça veut dire mais je pense que c’est lié à mes angoisses.

Je sors mes céréales, le lait, ma cuillère fétiche et je bouffe. Très sucré les céréales donc je vais me brosser les dents. Vous pensez peut-être que je suis bien élevé mais c’est juste que je déteste le dentiste, donc je brosse mes dents pour éviter d’y aller.

Là, en me regardant dans le miroir au-dessus de l’évier, j’observais mon visage et y’avait quelque chose qui clochait. Parfois j’y réfléchis et je pense que en faite, les traits de mon visage… bougeaient. Oui, comme quand on regarde son reflet dans l’eau, mais c’était très léger.

Il m’en a pas fallu plus pour gerber. Mais j’ai eu le réflexe de le faire dans la baignoire ! Mais je vomissais un peu violet.

Et c’est là que tout est parti en vrille.

Mon père est sorti de sa chambre en caleçon comme un taureau ! BAM la tête la première, il saignait et il gueulait !

« Holà gros connard ! Holé ! No pasarán! »

Ah oui, le père de mon père il était espagnole, ça explique maintenant ses paroles quand j’y repense.

Et là mon frère sort en t-shirt de sa chambre, et il semble marcher comme les deux américains qui ont un jour marchés sur la Lune (papa dit que c’est un prénommé Stanley ‘Cubique’ qui a filmer ça dans un hangar sur Terre, et mis en scène par la CIA). Il me regardait, la bouche en « O » et les yeux pareils ! Et il répétait, péniblement : « Mais putain on est où ».

Et là ma mère est sortie mais moi je voyais sa peau toute verte, juste verte, rien d’autre, comme si elle avait sauté dans la peinture.

Et là mon père il s’est encore mis à gueuler : « Holà ! No pasarán ! » et il faisait semblant d’être un torero. Il pensait que ma mère était un taureau. Mais je peux vous dire qu’elle n’avait rien d’un taureau.

Elle commença à parler une autre langue, enfin une langue étrange, faite de sortes de rots, de cris brefs, rauques et faisait claquer sa langue. Et elle nous regardait comme si nous étions des fous, comme si le fait que nous ne lui répondions pas était outrageant.

Mon frère continuait à marcher sur la Lune, il me demandait avec une voix lente comment nous avions atterri ici et, immédiatement, je vis les murs de l’appartement s’écrouler, comme si ils étaient en cartons, pas en ciment ni rien juste comme ça, et leur chute révéla que nous étions effectivement sur une autre planète.

Tout était rouge, l’atmosphère, l’air, le sol, j’avais peur ! Et ma mère était là, à marcher bizarrement comme si elle était un ours et mon père se mit à courir devant elle et il fit un saut et il disparut.

Je commençais à pleurer et je demandais à maman ce qui était en train de se passer. Elle me fixa du regard et me répondit. Bizarrement, d’un coup, je comprenais sa langue et elle me demandait de parler en français. Mon frère disait qu’on était sur Mars, moi je disais qu’on était en enfer et ma mère continuait à copieusement nous engueuler car nous parlions une langue inconnue.

J’entendais des cris, c’était comme si les voix parlaient à l’envers, comme si quelqu’un vous disait bonjour et qu’en faite vous disait « roujnob ». Ça fait un effet bizarre et y en avait au moins deux ou trois et évidemment je ne comprenais rien. En plus, elles était graves ces voix et je m’imaginais qu’un monstre extraterrestre venait nous tuer avec ses amis.

Donc je pleurais encore et mon frère me disait de me calmer car si ça se trouve les voix étaient gentilles mais ma mère s’approcha de moi, mit son bras autour de mon cou et criait de lui rendre son fils. En plus, elle commençait à serrer fort son bras contre ma gorge, je me débattais comme je pouvais mais elle était forte ! Genre une force comme si elle était en pierre, c’était impressionnant ! Donc je pleurais encore plus mais je ne pouvais pas crier.

Mon frère essayait de venir à ma rescousse mais il marchait encore au ralenti, j’avais le temps de mourir étouffé au moins trois fois avant qu’il arrive.

Et ma mère, toute verte, criait encore et encore de lui rendre son fils. Je bougeais comme une anguille en espérant glisser de sa prise mais aucun espoir.

Puis j’entendis un gros « boum » et les voix inversées de tout à l’heure se rapprochèrent !

Mais je commençais à avoir la vue qui se brouillait, comme un voile noir qui se posait devant mes yeux et là, à ce moment, je vis un énorme bras violet et poilus et un autre de couleur jaune ! Ils prenaient le bras de ma mère qui était autour de mon cou pour l’enlever et ils criaient dans cet étrange langage. Je pouvais respirer et en gigotant encore je pu sortir de l’étreinte de fer de ma mère mais là, un des monstres, le jaune, m’attrapa. J’en avais marre d’être maltraité donc je lui filais des coups de poings et de pieds et la voix du monstre se faisait encore plus grave.

Un autre monstre, de couleur orange, se jeta sur mon frère. Je criais et je frappais le monstre qui me ceinturait et je vis des lumières clignoter dans l’atmosphère et encore plus de cris !

J’étais épuisé j’en avais assez et je vis une navette, c’était elle qui émettait ces lumières qui était apparu peu avant l’intervention des créatures colorées. Et je vis des astronautes en sortir et je leur criais à l’aide car c’étaient les seuls humains que je voyais, depuis le début de cet étrange mâtiné, qui n’étaient pas des monstres ou juste bizarres.

L’un s’arrêta devant moi, ses lèvres bougeaient mais aucun son n’en sortait. Puis il sortit un pistolet, l’appuya sur mon torse et plus rien.

Je me réveillais à l’hôpital, plus de planète rouge ni rien. Une infirmière entra, elle était normale et parlait normalement. Elle était toute gentille et me dit qu’elle allait avertir le docteur et d’attendre sagement. Donc j’attendis.

Un vieux docteur arriva avec ma mère, mon frère et mon père, ce dernier en béquilles.

Ils m’expliquèrent que nous avions été empoisonnés à l’oxycarboné. Il y avait eu une sorte de fuite dans notre appartement et ce gaz empoisonne et peut donner des hallucinations ! Mais les nôtres, d’hallucinations. étaient très importantes donc ça voulait dire une grosse fuite de gaz, donc ma mère elle disait qu’on allait porter plainte contre l’immeuble. Je savais pas qu’on pouvait porter plainte contre un immeuble.

On m’expliqua comment mon père avait fini en béquille. Il avait sauté du balcon car il pensait que ma mère était un taureau ! Heureusement, nous n’étions qu’au premier étage donc il ne se fit qu’une méchante blessure à la jambe droite. Là, des habitants vinrent l’aider et ils comprenaient que mon père était drogué. Ils entendaient ma mère gueuler dans l’appartement et moi pleurer. Ils ont appelés les pompiers et réussit à rentrer dans notre appartement pour séparer ma mère qui m’étranglait !

Et puis les pompiers sont arrivés et m’ont faits une piqure.

Voyez, pas typique cette matinée !

Jaskiers

Cauchemar d’enfance

Était-ce le milieu de la nuit ? Au début ? À l’aube ?

Je ne me rappelle plus, seulement, je sais que la chambre était plongée dans la pénombre.

Pourquoi étais-je réveillé ? Je ne me rappelle plus.

Pourquoi je fixais la porte de ma chambre ? Vous avez deviné, je ne me souviens plus.

Est-ce que j’étais éveillé ou encore dans les bras de Morphée ? Encore une question sans réponse.

Ce dont je me rappelle, ce sont ces mannequins de boutiques, ceux que je voyais quand je passais devant cette boutique de prêt-à-porter, boutique qui dans mes souvenirs n’était jamais ouverte. Les mannequins n’étaient jamais habillés, il semblait y avoir de la poussière sur eux, de la crasse. Ces mannequins n’étaient pas ceux que l’on trouve habituellement dans les boutiques. Ils étaient plats, grands, aucunes formes, asexuelles. On distinguait évidemment la tête, les bras, peut-être un peu de hanche, les jambes et c’est tout. Mais ils étaient plats et chacun avaient sa couleur, bleu, rouge, gris, blanc, noir, vert.

Je passais devant souvent. La boutique était dans une galerie marchande où ma mère m’emmenait pour faire les courses et je jetai toujours un coup d’œil à ces mannequins, abandonnés au regard de tout le monde.

La nuit dont je parle, ces mannequins ont ouvert la porte de ma chambre, ils étaient toujours aussi plats, leur bras et jambes bougeaient et c’était tout. Qu’ils étaient maigres ces bras et ces jambes ! Mais ils étaient sûrs de leur mouvement. Celui (ou celle…) qui avait ouvert la porte était le mannequin de couleur jaune, j’ai vu sa main et son avant-bras lentement redescendre à ses flancs après avoir ouvert la porte pour lui et ses camarades.

Ils rentrèrent tous, toutes les couleurs et s’installèrent debout, devant mon lit et ne bougèrent plus.

Attendaient-ils de moi quelque chose ? Voulaient-ils que je les habille ? Que je leur parle ?

Je n’en sais rien car j’ai crié et me suis caché sous ma couette. Le temps que ma mère arrive pour demander ce qu’il se passait et me rassurer, ils avaient disparus.

Cauchemar… Cauchemar ? J’avais environ 6 ans, je me rappelle distinctement les voir rentrer doucement, et même si leur visage n’était qu’un vulgaire ovale sans traits aucuns, j’étais persuadé qu’ils me regardaient. Maintenant encore, quand il m’arrive de repenser à cette horreur onirique, je ne m’en rappelle pas comme d’un cauchemar mais comme un vrai souvenir, comme si j’étais éveillé et que ces mannequins étaient vraiment entrées dans ma chambre. Qu’ils étaient vivants, avec une conscience. Si je me concentre, j’ai presque l’impression qu’ils m’ont parlé, pas physiquement, ils n’avaient pas de bouches mais communiquaient par télépathie.

Pourquoi étaient-ils venus ME voir, moi un enfant et pas un autre ? Que me voulaient-ils ? Que me serait-il arrivé si ma mère n’était pas venues à mon secours ?

Peut-être qu’en fin de compte, tout ceci était un rêve, enfin un cauchemar. Même si ma mère ne s’en souvient pas du tout, et pourtant, je n’étais pas le genre d’enfant à crier et à appeler à l’aide après un mauvais voyage onirique.

Après tout, pourquoi, après cette nuit, les mannequins avaient disparu de la boutique ?

Tant de questions, dans un monde qui est obsédé par les réponses. Je ne cherche pas plus loin, les choses sont parfois mieux laissées sans réponses.

Jaskiers

Une histoire de fantôme (une histoire vraie… si si !)

J’étais enfant, je dirais que je devais avoir 8 ou 9 ans. J’étais en vacances chez mon père qui m’avait amené à la campagne, dans la maison de ma grand-mère. Une vielle maison qui nous appartient depuis plusieurs générations, si j’ai bien calculé.

C’était (et est toujours) une vieille bâtisse, avec de massifs volets en bois, un étage, un immense jardin, une petite cour devant et l’atelier de menuisier datant de mon arrière-grand-père juste en face. En faite je pense même que l’atelier a été construit à l’époque de mon arrière-arrière-grand-père, mais je ne suis pas sûr.

Toujours est-il que cet été, je jouais dans la cour de devant, une cour pas bien grande mais constituée de cailloux, de sable et de mauvaises herbes qui semblent pousser en une nuit.

Mon père bricolait dans l’atelier et moi, j’avais découvert comment faire du ciment, du moins je pensais que j’avais découvert comment en faire.

J’avais décidé de créer une sorte de petit fort en utilisant le sable et les cailloux de la cour mélangés avec du ciment « prêt à l’emploi ».

Autant vous dire que mon fort ressemblait plutôt à une sorte de montagne. Qu’à cela ne tienne, j’avais sorti mes petites voitures et avait créé des chemins avec une balayette qui passaient autour de la montagne, j’étais content.

Je jouais tranquillement, mon père toujours en train de bricoler je ne sais quoi dans l’atelier, ma grand-mère, handicapée, devant sa télé quand j’entendis quelqu’un cogner dans une vitre.

Je me retournais pour voir si c’était ma grand-mère qui cognait à une des vitres du rez-de-chaussée, personne.

Trois nouveaux coups retentirent à ce même moment et je levais ma tête. Une femme pâle, brune, un visage fin, avec sur la tête une sorte de voile, me faisait signe, avec un grand sourire.

Je lui rendis son signe amical et recommença à jouer. Je pensais que c’était une nouvelle femme de ménage qui était venue aider ma grand mère, sans que je ne m’en rende compte. Je n’ai pas plus été surpris que ça.

Après une demi-heure de course poursuite effrénée autour de la montagne de ciment, appelons cette montagne ce à quoi elle ressemblait vraiment, un monticule de sable, de cailloux mélangé avec du « ciment » et de l’eau, je décidais de rentrer pour prendre mon goûter.

En rentrant dans la cuisine, je dis à ma grand-mère, qui était devant sa télévision, que je ne savais pas qu’elle avait une nouvelle femme de ménage. Elle me répondit qu’elle n’avait pas changée de femme de ménage depuis plus de 10 ans. Je lui demandais donc qui était cette personne à l’étage qui m’avait fait « coucou ». Elle me répondit par un silence, une expression un peu inquiétante, comme si elle parlait à un fou. Elle me répondit que personne n’était monté là-haut, les femmes de ménages ne pouvant faire le ménage que dans les espaces de vies de la bénéficiaire. Ma grand-mère étant lourdement handicapée, l’étage n’était pas un espace de vie. Aussi, personne n’était venu faire une visite de courtoisie à ma grand-mère, ce qui était chose courante à cette époque pas si lointaine.

L’étage n’était occupé par personne, excepté par mon père et moi quand nous y dormions.

J’affirmais avec certitude avoir vu quelqu’un à l’étage, une femme. Mais ma grand-mère trouva l’explication : j’avais imaginé ça, j’étais tellement pris dans mes courses de petites voitures que j’ai imaginé une femme me faisant un signe de la main et un sourire.

Depuis ce jour, c’est la chose la plus inexplicable qui m’est arrivée. Je suis persuadé que j’ai vu cette femme car je me rappelle exactement à quoi elle ressemblait, et surtout, je me souviens avoir entendu distinctement les coups sur la vitre, le signe de la main, le sourire, le beau visage de la femme et son châle de marié.

En regardant des vieilles photos de famille, je crois avoir reconnu mon arrière-grand-mère, une femme brune au visage fin, je n’ai que cette photo d’elle… en robe de marié. Je n’avais jamais vu cette photo auparavant, c’était en fouillant il y a 3 ou 4 ans dans une vieille armoire que j’ai trouvé cette photographie.

J’ai demandé des renseignements à ma grand-mère, elle m’a dit que c’était une femme très belle, avec des cheveux magnifiques, mais avec une personnalité des plus… extravagantes. Elle croyait aux extraterrestres par exemple, ce qui n’est pas rien quand on sait qu’à l’époque, cette croyance était très mal vue.

Parfois, ma grand-mère me dit parfois qu’elle entend quelqu’un cogner à une vitre la nuit. Elle et moi ne croyons pas aux fantômes. J’aimerais qu’ils existent, cela rendrait la vie plus intéressante, mais je ne peux expliquer ce que j’ai vu ce jour-là. Je m’en rappelle comme ci c’était hier.

J’ai dormi des années et passées plus de dix ans dans cette maison et je n’ai jamais vécu quelque chose de paranormal. Je n’ai jamais entendu les bruits que ma grand-mère entends la nuit, jamais vu d’autre apparition ni senti de présence.

Mais j’ai vu, j’en suis sûr et certain, ce que je crois être le fantôme de mon arrière-grand-mère, dont je porte le prénom en troisième prénom (ça se dit ça ?).

Je préfère cette théorie là, celle du fantôme, à celle d’une personne qui vivait en cachette dans la maison familiale, à l’insu de ma grand-mère, et même de moi et de mon père.

Je sais ce que j’ai vu, et jamais je n’ai vécu d’autres expériences. Et honnêtement, j’aime à me souvenir de son beau visage.

Jaskiers

On voulait refaire le monde.

Ceci est une FICTION

On descendait du train, revenant du lycée. C’était un vendredi, nos ami(e)s du week-end qui étaient en internat revenaient avec nous.

Ces jours étaient agréables pour nous les demi-pensionnaires car on se retrouvait tous dans le train avec nos ami(e)s pensionnaires qui nous ramènerait chez nous pour un week-end bien mérité. C’était la pagaille dans les wagons !

Cette fois on avait même prévus quelque chose de très spécial. Deux de mes amis et moi avions prévu une petite fin d’après midi rien qu’entre nous..

La fatigue mêlée à l’excitation du week-end faisait qu’on avait encore assez d’énergie pour, une fois arrivés, traîner encore un peu ensemble dans le village.

Nous étions donc arrivé à notre gare, on était descendu. Après des au revoir plutôt mouvementés agrémentés de petites insultes, quelques coups sans méchancetés et des vœux de bon week-end échangés, mon pote demi pensionnaire et camarade de train et un autre, pote pensionnaire celui-là, décidâmes de mener à bien notre petit projet d’aventure.

Nous avons traversé la moitié du village, trouvé un petit chemin en terre longeant un champ immense. On était jamais aller ici, autant les uns que les autres. Moi j’avais un peu l’impression de partir en exploration pendant que mes potes, eux, avaient l’air plus excités par ce que nous allions faire que notre petite balade champêtre.

Voyez-vous, pour faire ce genre de chose quand on habite un village, mieux vaut rester discret. La rumeur ce propage très vite, avec bien sûr, les sacro-saintes exagérations et inventions que chacun agrémente à sa sauce au fil de son parcours. Il n’y pas personne à blâmer car nous le faisons tous, d’une manière ou d’une autre. C’est un moyen de ce fondre dans la vie du village, de faire partie de la communauté. Et Dieu sait que c’est difficile de faire partie d’un village quand vous n’y êtes pas né. C’est un peu comme-ci les gens vous prenez pour un étranger. Ce n’est pas que vous n’êtes pas le bienvenue, c’est juste que vous ne ferez jamais vraiment partie de la communauté, même si vous y mettez du cœur. Pire, si vous mettez trop de cœur à l’ouvrage, vous serrez encore plus louche à leurs yeux. En tous cas, c’était mon ressenti à l’époque. Rentrer dans un microcosme de gens qui se connaissaient depuis l’enfance n’est pas chose aisé. Même intégré, j’avais cette impression de vivre dans un pays à l’intérieur même du village.

Parfois c’était frustrant. Mais vous ne pouvez rien y changer. Il faut avoir les nerfs bien accrochés et être prêt à mettre votre ego de côté.

Nous étions arrivé à un renfoncement sur la gauche du chemin terreux. Des pierres y étaient disposées comme si un rituel druidique c’était déroulé ici la veille. Un coin mystérieux cerné par de vieux arbres. À droite, un immense champ, des vaches au loin, le soleil qui se couchait lentement. On était, le pensait-on du moins, tranquille.

Mon pote d’habitude, le demi pensionnaire et camarade de train sorti le nécessaire pour se rouler un joint de marijuana.

On profita que je sois le seul fumeur de notre trio pour rouler la cigarette magique.

Au final c’est plutôt simple, il suffit de bien tasser votre tabac en le roulant dans la feuille, de manière à ce que le tabac (et la substance que vous y mettez) prenne une forme cylindrique puis d’enrouler la feuille autour du cylindre de tabac mélangé. Bien sûr, vous aurez placer avant le « toncar », le carton en verlan, un filtre. Juste un petit bout de carton, ou un ersatz, la plupart du temps nous utilisions le cartons qui contenait les feuilles à rouler. Il vous faut des grandes feuilles pour mener à bien votre petit projet. Le toncar donc, est un petit « truc » que vous transformer en tube. Il sert aussi d’indicateur pour la quantité de tabac et autres ingrédients à insérer. Mieux vaut que le cylindre de substance ne soit pas plus gros que le toncar car cela signifie que vous avez trop mis ou mal égalé votre cylindre, et pas assez gros pourrait être encore pire, le joint pourrait se briser et vous aurez tout perdu. Trouvez le juste milieu. Et si vous bravez cette règle, votre cigarette ou votre joint risque d’être inégal et cela va être un sacré carnage et un triste gâchis une fois allumé.

Rouler est un art.

Donc qui roule craque (allume le joint), qui fournit suit. C’est l’adage à respecter pour éviter les prises de têtes. Vous n’avez vraiment pas besoin de ça avant de fumer votre joint avec les copains et copines.

Bref. J’ai fumer ma latte, honnêtement, le shit ne m’a jamais vraiment plus. L’euphorie est passable au mieux, mais là c’était de la marijuana, de l’herbe, que j’ai distillé, saupoudré le long du joint. Pas besoin de faire fondre le bout de shit et de se bruler le bout des doigts, juste de prendre l’herbe, l’effritée et la repartir avec égalité sur tous le joint. Souvent il arrive qu’une partie du joint soit plus « chargé » que l’autre, mais en aucun cas vous n’avez le droit de vous réserver cette partie, le mieux quand on fume de l’herbe en société, c’est le partage. Comme la vinasse chez les vieux et vielles du villages.

Nous étions donc là, au milieu de presque nul part, un champ avec un couché de soleil, une température douce, et des discussions qui mènent partout et nul part. Des rires, on avait soif, on avait faim. Prévoyez de prendre un petit truc à boire, de l’eau ou un soda, pas d’alcool, ne tentez pas trop le diable, et des gâteaux à manger. Le mieux sont les gâteaux apéros et chips car tous le monde peut se servir à l’envie. Prévoyez une bonne quantité de bouffe quand même.

Mais nous, nous n’avions que notre bouffe du self de midi dans l’estomac… et la fatigue des allées – retours entre la ville et le lycée, celle des cours, des profs, des sacs trop lourd à se coltiner toute la journée, les devoirs qu’on aura à faire le week-end, et recommencer ça jusqu’aux prochaines vacances.

On avait 15 – 16 ans et on pensait déjà que nous méritions bien un petit joint. De décompresser.

Je me rappel m’être adossé à un arbre, de sourire béatement et tiré sur le joint en le faisant passer.

Petit moment suspendu. On refaisait notre monde, en rigolant à chaques paroles car tout est drôle sans raison avec le cannabis.

Le toncar devient humide à force de le passer, on appelle ça « mouillé ». La plupart du temps, c’est quand un des fumeurs aux lèvres trop humides à tiré une latte. Souvent on lui reproche. Il y a aussi « la carotte », une partie du joint se consume d’un côté mais pas de l’autre, ce qui fait du gâchis et comporte un risque assez élevé que le joint soit en trop mauvais état pour être consommé. Et c’est une catastrophe si le joint vient à s’éteindre car le rallumer est presque impossible, limite inutile. La plupart du temps, c’est celui qui l’a « craqué » qui se fait engueuler. Mais ce phénomène ne tient pas que de ça, il tient de la manière dont on a « tiré » dessus et aussi, un peu, de la manière dont il a été roulé.

Notre joint était juste humide, c’est un peu désagréable mais on le fumait quand même. Et on parlait, on riait, on oubliait un peu cette semaine infernale qui recommencerait bien trop tôt.

C’était un moment ou rien ne semblait plus nous atteindre, plus à s’occuper du regard des autres, ni réflexions des parents et des professeurs, ni de l’immense poids du travail scolaire. Tout était oublié pour un temps.

La discussion était passée des événements du lycée à des réflexions plus philosophiques voir même sérieuses sur notre monde et son futur. Bien que nous étions perchés, la discutions était cohérente, parfois un peu loufoque, mais nous étions des gamins et pensions que le monde, durant ce tout petit instant, était à nous. Nous parlions culture, politique, philosophie pour finalement déborder sur le sujet qui nous préoccupez le plus, les filles.

Le temps était vite passé, plus vite qu’en cour, ça s’est sur !

Le soleil dardait ses derniers rayons, nous décidâmes de rentrer chacun chez nous. Avec ce petit pincement au cœur. Oui, j’allai rentrer chez moi, me reposer mais je quittait mes amis.

Nous avons eux après cela quelques années encore de fumette entre amis, avec de l’alcool cette fois. Beaucoup de bon souvenir, certains plutôt cocasses. Jeunesse s’est faite, certains sont partis de l’autre côté de la vie à cause de ça, d’autres ont eux leurs vies ruinées. D’autres ont réussis, certains moins qu’ils le pensaient et certains plus qu’il ne s’en sentaient capable.

Plus je vois notre présent et notre futur, plus je me dis que les jeunes n’auront pas l’opportunité que nous avons eux, nous, de faire des expériences et de vivres dans l’allégresse de notre jeunesse. Des erreurs parfois certes mais la vie est un apprentissage. On apprend beaucoup par l’erreur. C’est injuste pour eux, les nouvelles générations mais peut-être n’avons nous pas besoin de ces expériences de paradis artificiels pour profitez de notre jeunesse. Mais sortir entre ami(e)s, c’est tellement important.

Jaskiers

Trois ouvrages sur Kurt Cobain

Je n’en ai pas fini avec Kurt Cobain ! Je suis tombé par hasard sur internet sur Cobain Unseen, j’ai tout de suite eu un coup de cœur et je me devais de le commander. Le livre semble intéressant, sortant des livres lambdas, différents.

Les deux autres, le livre et la BD sont des cadeaux d’une de mes proches. Je ne pense pas qu’elle lira ces lignes mais je l’a remercie.

Nirvana en BD… j’ai des doutes mais on ne sait jamais !

Un livre écrit par le manager de Kurt, sur Kurt ? Espérons que ce ne soit pas un ramassis de mensonges pour se faire de l’argent…

Enfin je suis comme ça, quand ça touche à Cobain, le travail doit être sérieux. Sans plus attendre, allons vite découvrir !

Cobain Unseen par Charles R. Cross

Cette photo de couverture était une des photos préférées de Kurt Cobain. Lui qui n’aimait pas se faire prendre en photo.

Quatrième de couverture :

A private tour of the Kurt Cobain Archives, featuring drawings, handwritten documents, photographs, and artifacts seen here for the first time

The first in-depth illustrated biography of the legendary creative force behind Nirvana, Cobain Unseen sheds light on the visual dimension of Kurt Cobain’s too-short life through previously unpublished photographs, documents, and other personal items. More than twenty interactive features make the book a treasure trove of extraordinary memorabilia, with facsimiles of handwritten song lyrics, journal pages, and artwork, and an audio CD that includes never-before-released spoken-word material.

With a compelling narrative by the noted Cobain biographer Charles Q. Cross, Cobain Unseen presents a raw and intimate portrait of the genius and madness of Kurt Cobain.

Charles S. Cross is the author of five books, including the New York Time bestseller Heavier Than Heaven : A Biography of Kurt Cobain, which the Los Angeles Times called « one of the most moving and revealing books ever written about a rock star. » In 2002, Heavier Than Heaven won the ASCAP Timothy White Award for outstanding biography. Cross’s writing has appeared in hundreds of publications, including Rolling Stone, Esquire, and Spin. He lives in Seattle.

D’emblée les fac-similés sont vraiment le plus de ce livre, un petit exemple :

Le fac-similé est encastré dans la page de droite dans cet exemple.
Remarquez qu’à 13 ans, Kurt Cobain avait déjà apposé sa trademark !
Carte de vœux offerte pour Thanksgiving à son beau père.

J’ai appris qu’une de ses tantes avaient sortie un album en 1985. Elle l’aidera à ses débuts de musicien et l’encouragera.

Qu’il a vu le corps pendu du frère de l’un de ses amis en rentrant de l’école. Depuis, son obsession pour le suicide et la mort ne l’ont pas quitté. Une théorie de l’auteur.

L’histoire selon laquelle il aurait dit à un de ses camarades de classe qu’un jour il deviendrait riche et célèbre, une rock star, et qu’il se suiciderait semble vraie. J’avais entendu cette histoire sans être sur de sa véracité.

Très talentueux en dessin, connu à Aberdeen pour ses talents d’artiste graphique, il avait gagné en notoriété pour avoir décoré le van des Melvins, un des groupe de punk-rock ayant aidé et influencé Kurt Cobain.

Vient la partie de l’échec scolaire, bien que très intelligent et très bon à l’école, ses notes, son assiduité et sa fréquentation chute, Kurt donne des signes de dépressions et d’hyperactivité, le divorce de ses parents en aurait été le déclencheur.

Ses nombreuses œuvres d’arts ont pour thème principal le corp humain. Collage, dessins, peinture… selon l’auteur, des problèmes d’estomacs seraient à l’origine de ce thème récurent.

Les débuts de Nirvana ont été très difficile, Kurt n’ayant pas de domicile fixe ni d’argent, c’est la débrouille. Kurt dédaigne travailler, il préfère donner de son temps à la musique plutôt que de le perdre à travailler. Il se repose financièrement sur sa première petite amie.

Depuis sa rencontre avec Buzz Osborne des Melvins, Kurt s’est ouvert à un univers musical punk plus important. Ses capacités à écrire des chansons se sont vues grandement améliorées.

Après un premier album, Bleach, Nirvana enchaîné les tournés dans des petits clubs, ils se font une réputation et gagne en notoriété. Ensuite, c’est la signature avec un grand label de musique, d’où sortira Nevermind. Smell Like Teen Spirit changera la donne du groupe et du monde musical entier.

L’ouvrage contient un magnifique fac-similé de la page où Kurt Cobain a écris les paroles de Smell like teens spirit. Le document semble tellement réaliste ! Ainsi que les premiers stickers Nirvana que Cobain a crée et collé dans tout Aberdeen à tel point que l’on en retrouverait encore dans la ville. Le livre a carrément recréé ces stickers !

Après le succès de Nevermind et sa rencontre avec Courtney Love, Kurt semblait être plus intéressé par l’art plastique et la peinture que la musique. Krist dira que c’est à ce moment là que Kurt se déconnecta de la réalité. Son addiction à la drogue empire. La célébrité lui pèse.

Le CD du livre consiste en deux pistes, une de 8 minutes ou Kurt lit un passage de son journal. Entre phrases scatologiques, poèmes, proses, paroles et rimes. Il rigole, répète plusieurs fois que c’est ridicule et s’amuse à utiliser plusieurs voix parfois grotesques.

La deuxième piste est une interview de l’auteur où il décrit l’émotion de fouiller dans les affaires (nombreuses) de Kurt, qui était un collectionneur compulsif (à mon avis), il sélectionne photos, dessins, peintures, cassettes… Il relate sa relation personnelle avec l’univers de Kurt, quand il était journaliste musical , jusqu’à l’écriture de ce livre et les diverses émotions qu’il a ressenti en voyant ces objets ayant appartenu à l’univers de Cobain, objets parfois créés et/ou modifiées par ce dernier.

Le fac-similé du fax qu’il a envoyé à William Burroughs a été un pur bonheur pour moi à découvrir. (Voir photos plus bas.)

Suit la descente aux enfers de Kurt, sa maladie à l’estomac, sa scoliose et les douleurs qui vont avec, sa dépérissions dû à sa dépression et sa dépendance à l’héroïne.

Il est dur de lire et de voir que Kurt ne savait plus où il voulait aller artistiquement parlant. Il pensait et projetait de dissoudre Nirvana, du moins virer Krist Novoselic et Dave Grohl pour repartir sur un nouveau genre de musique bien qu’il ne savait pas quel genre et si il le voulait vraiment.

Ajouter à ça de nombreux séjours en centres de désintoxication (séjours qu’il ne complétera jamais et dont il s’échappa lors de sa dernière hospitalisation).

Juste une page sur son suicide, ce qui, je trouve, est une bonne décision de l’auteur. Kurt et sa vie, son art repose bien plus que sur son suicide bien qu’il ai marqué sa génération et toutes les autres. Mais sa musique et son art, eux, sont immortels et le resteront. Son art est ce qu’il nous reste de lui.

J’ai écris un article sur Cobain qui aurait pu, à mon avis, devenir un écrivain. En fait, je suis un peu hanté par ce que Cobain serait devenu, quel art aurait-il choisis ? Je pense qu’il aurait continué la musique, peut-être dans un univers plus acoustique où se tourner vers la production.

Ce livre aurait du être celui qui est attaché au documentaire Montage of Heck, le livre original de ce documentaire est plus anecdotique, celui-ci aurait été un vrai plus avec le documentaire.

Ce livre est un MUST-HAVE pour tous les fans de Nirvana et/ou de Kurt Cobain. Réellement, grâce aux Fac-Similés, au CD de Kurt lisant son propre journal, on a l’impression de fouiller dans les affaires de Kurt Cobain !

J’ai découvert plus en détail la passion pour Cobain pour le dessin, la peinture et l’art en général. Extrêmement créatif et talentueux dans de nombreux domaines artistiques autre que la musique. Ses dessins de jeunesses sont impressionnants et je ne suis pas étonné de voir que sa fille, Frances Bean Cobain, est devenue une artiste graphique. L’héritage d’un père parti trop tôt. Apparement, il n’y a pas que l’argent qu’il a légué à sa fille, mais aussi son talent créatif.

Quand vous ouvrerez ce livre, souvenez vous des paroles de Cobain écrits sur un de ses journals : If you read, You judge.

J’ai adoré et je vous le conseil grandement. Le prix en vaut la peine, ayez confiance !

Extraits :

« I feel this society has somewhere lost its sense of what art is. Art is expression. In expression you need 100 percent full freedom, and our freedom to express our art is seriously being fucked with. »

⁃ An entry in one of Kurt Cobain’s journals

At seven, Kurt was given Ritalin to control his hyperactivity and attention deficit. In his adult life, Kurt frequently cited his early medication as one of the reasons he later became a drug addict. He wasn’t aware of the fact that some research study support his claim in suggesting that children who are heavily medicated are more likely to abuse drugs as adults. The hyperactivity didn’t particularly help Kurt, and his parents eventually took him off the medication, though he later said that he felt the damage had already been done.

As for Nirvana, Kurt was attracted to the Eastern mysticism it suggested, but mostly he picked it because it sounded sophisticated. Almost all of the other names he considered came from scatological references. Skid Row referenced « skid marks », fecal stains on underwear, rather than a desolate street. His first group had been called Fecal Matter. The fact that he managed to name the band Nirvana, and not Gut Bomb, as he had at one point insisted, was a minor miracle.

Kurt : « I can’t work among people. I may as well try and make a career out of this. All my life, my dream has been to be a big rock star — just may as well abuse it while you can. »

Kurt et sa relation avec William S. Burroughs :

Kurt had also extensively planned the video for « Heart-Shaped Box, » going as far as to draw stills in his journal. The year before, Kurt had recorded a spoken-word piece with William S. Burroughs, and now he decided that Burroughs would be the ideal actor for his new video. Kurt had long been a fan of Burroughs but hadn’t met him during the recording project — they’d simply exchanged tapes — so he saw the video as an opportunity. On August 2, 1993, Kurt send Burroughs a fax asking him if he’d appear in the video. « I really enjoyed the opportunity to do the record », Kurt wrote. « It’s a great honor to be pictured alongside you on the back cover. » Kurt wanted Burroughs to appear as a crucified man on a cross in the video.

In his fax, Kurt sought to assure Burroughs that it wasn’t the writer’s famous heroin addiction that Kurt sought an association with. « Let me assure you, this is not the case, » Kurt wrote. « As a fan and student of your work, I would cherish the opportunity to work directly with you. To the extent that you may want to avoid any direct use of your image (thus avoiding the aforementioned link for the press to devour), I would be happy to have my director look into make-up techniques that could conceal your identity. While I would be proud to have William Burroughs appear as himself in my video, I am more concerned with getting the opportunity to work with you than I am with letting the public know (should that be your wish). » What Burroughs might get out of appearing disguised in a video was never outlined.

Burroughs declined the offer, but when Nirvana went on the road to promote In Utero, and the tour took them near Lawrence, Kansas, where Burroughs lived, Kurt finally met the writer. They spend several hours talking, and Kurt gave Burroughs a biography of Leadbelly — Kurt once said that it was a quote from Burroughs that first made him interested in the folksinger. Burroughs later told a reporter that Kurt was « very shy, very polite, and obviously enjoyed the fact that I wasn’t awestruck at meeting him. » Burroughs said that, despite much speculation, no drugs were consumed during their visit and that they talked about art. Burroughs, like Cobain, considered himself an amateur artist, and he gave Kurt a copy of the original art from their spoken-word collaboration, complete with bullet holes in it.

The meeting was not the end of their relationship. A few weeks later, Burroughs sent Kurt an autographed copy of his book The Cat Inside. And in February 1994, Burroughs mailed a present for Kurt’s twenty-seventh birthday. It was a watercolor collage Burroughs had done around a photograph of Kurt peering from an outhouse window. Burroughs later observed, « There was something about him, fragile and engagingly lost. »

Page de gauche : En haut à gauche, The Cat Inside dédicacé par Burroughs pour Kurt. En haut à droite, Burroughs et Kurt dans le jardin de William. En bas, un fac-similé du fax de Kurt à Burroughs. Page de droite, création de Burroughs avec comme titre « The priest They Called Him », titre de leur collaboration. Burroughs a tiré dessus à balle réelles créant les trous.

Nirvana en BD par Sophie Blitman & Simon Léturgie

Quatrième de couverture :

À Aberdeen, petite ville pluvieuse de l’État de Washington, il ne se passe pas grand-chose.

C’est là que grandit le jeune Kurt Cobain. Vie de famille difficile, échec scolaire, isolation, Kurt soigne son mal-être en se tournant vers la musique. Adolescent, il rencontre le bassiste Krist Novoselic. De cette amitié naît le groupe Nirvana, complété quelques années plus tard par le batteur Dave Grohl. Grâce à un son rugissant, des textes sans fard et un mépris pour la société de consommation, la déferlante Nirvana renverse tout sur son passage, et les petites scènes de Seattle laissent vite place aux tournées mondiales.

Le succès sera aussi court qu’intense. Kurt, rongé par la célébrité, l’angoisse et les drogues, se donnera la mort en Avril 1994, mettant un terme à une œuvre fulgurante qui aura bouleversé les codes du rock.

Grâce à ce Docu-BD mêlant astucieusement bandes dessinées et documentaires, découvrez le destin du groupe le plus grunge de l’histoire, au gré des albums, des rebellions et des scandales, mais surtout et avant tout… de la musique !

Curieux de voir de la musique en BD mais aussi anxieux et inquiet de ce que pourrait donner une biographie de Nirvana en BD, j’ai attaqué le livre.

Tout de suite, j’ai vu que l’auteure étaient plutôt bien renseignée sur le groupe. Je retrouvais les informations que j’avais trouvé dans Cobain : Unseen. Déjà un bon point.

Le deuxième point, se sont les différents styles. Différents dessinateurs se sont réunis, chacun dessinant une partie de la vie du groupe.

Surtout, j’en ai appris plus sur Krist Novoselic et Dave Grohl. Je l’avoue, je ne connaissais pas grand-chose sur le passé des deux autres musiciens. Évidemment, je connaissais Dave pour son travail avec les Foo Fighters. N’oublions pas qu’ils faisaient partis de l’univers Nirvana, qu’ils étaient importants dans le succès du groupe.

Les dialogues sont parfois un peu too-much, mais ça reste crédible.

Les différentes époques et évènements du groupe sont dessinés par différents artistes. C’est atypique. Je pense que Kurt aimant l’art graphique aurait sûrement apprécié. Ces changements sont accompagnés de pages explicatives apportant plus de précision sur les pages que nous venont de lire, ces pages sont vraiment intéressantes et apportent encore un plus d’informations. Un exemple de différents styles et d’une page d’information :

Le livre suit fidèlement l’histoire de Nirvana avec un focus évident sur la vie de Kurt.

J’ai appris certaines informations, mais comme souvent avec Nirvana et Kurt Cobain, je me méfie des nouvelles informations sorties de je ne sais où.

La partie sur les événements tumultueux durant les MTV Vidéo Music Awards backstages avec Guns N’ Roses est succulente mais n’avait pas forcément sa place dans la BD. Ça reste toute fois un passage sympathique, anecdotique.

Le suicide de Kurt est cette fois traité de façon directe. Cela ne m’a pas tant dérangé que ça mais je pense souvent à ce que ses proches pensent de ce genre d’œuvre.

C’est un ouvrage que je conseil si vous préférez les BD à un livre et apprendre l’épopée de Nirvana via le média de l’art visuel. Art que Cobain adoré et dans lequel il excellait !

Un coup de chapeau à tous les différents dessinateurs qui ont collaboré à cette bande dessinée. Lors de la lecture de ce livre, vous ne serez pas cantonné à un seul style graphique mais à plusieurs. Il est extrêmement intéressant de voir de quelle manière les artistes voyaient Nirvana, en y apposant leurs propres styles.

Je n’ai pas pu résister une fois encore à partager le passage de la rencontre entre Cobain et William Burroughs :

Extrait :

Don et Wendy finissent par divorcer, le 9 juillet 1976. Pour Kurt, c’est un véritable cataclysme : « Je me souviens de ce que j’ai ressenti : soudain, je n’étais plus le même, c’est comme si je ne valais plus rien », confie-t-il au journaliste de Rolling Stone Michael Azerrad.

[Extrait du journal de Kurt] Mes paroles sont un gros bloc de contradictions. Elles sont partagées entre des opinions très sincères et des sentiments que j’éprouve et des dénégations sarcastiques et – j’espère – de drôles d’idéaux bohèmes éculés depuis des années. J’aime me montrer passionné et sincère, mais j’aime aussi me marrer et faire l’abruti. »

Kurt Cobain, Nirvana, 1967-1994 par Danny Goldberg

Quatrième de couverture :

25 ans après la mort de Kurt Cobain, un nouveau regard sur une icône hors norme.

Après un quart de siècle passé sous silence, Danny Goldberg, manager du groupe Nirvana de 1990 à 1994, prend enfin la plume pour nous raconter de l’intérieur les années les plus décisives de son leader, Kurt Cobain. Ce sont celles de la création de l’album mythique Nevermind, du soudain succès planétaire, du mariage avec Courtney Love, des addictions et du suicide à vingt-sept ans. Durant toute cette période, Goldberg resta aux côté de Kurt, ami et témoin privilégié d’une légende en devenir.

Les souvenirs de Goldberg, encore jamais partagés à ce jour, nous offrent un nouvel éclairage sur la période de vie la plus intense de Kurt Cobain et donnent voix aussi à tous ceux qui étaient là : amis, membres du groupe et famille. L’auteur dévoile les arcanes de son talent de génie, son processus de création à 360 degrés, son ambition malgré son apparente désinvolture, et l’héritage colossal pour les générations à venir. En dix ans, le morceau Smells Like Teen Spirit a été téléchargé près de 387 millions de fois.

« Éclairant et passionnant. Un superbe requiem sur la perte d’un être aimé qui a touché le monde entier avec se magie si singulière. » – Thurston Moore, chanteur de Sonic Youth

Avec une préface inédite de Laurence Romance.

Danny Goldberg dirige actuellement l’agence d’artiste Gold Village Entertainement qu’il a fondé, après avoir été le directeur de Mercury Records et Artemis Records. Tout au long de sa carrière, il a collaboré au Los Angeles Times, The Nation, Huffington Post, Dissent et Billboard. Il a également été le manager de Led Zeppelin et de Sonic Youth.

Avant d’ouvrir ce livre, je me suis demandé : Pourquoi a-t-il attendu si longtemps avant d’écrire sur Kurt Cobain ? A-t-il besoin d’argent, veut-il se faire de l’argent sur le dos de Cobain ? Que va-t-il vraiment raconter ? Qu’a-t-il à nous proposer ?

J’ai décidé de ne pas être vache et d’ouvrir le livre avec confiance et espoir.

J’ai vite regretté mon jugement hâtif sur l’homme. Le métier de manager qu’il détail est bien plus compliqué et nuancé que je ne le pensais.

Il explique le fonctionnement entre les labels indépendants et ceux plus puissants et comment Kurt et Nirvana ont choisi de faire le transition sans passer pour des « vendus » aux yeux de la communauté punk anti-conformiste. Il y a beaucoup plus de nuances que ça, le punk-rock est une culture qui s’avère compliquée à comprendre à la vue de tous ces groupes et des différents «clans » pour un néophyte. J’en fais parti même si je connais quelques-uns de ces groupes, grâce à Nirvana.

Avant de juger un auteur, j’y réfléchirai à deux fois maintenant. Car le récit de Danny Goldberg est émouvant, doux, respectueux je dirais même qu’il a fait preuve d’une grande délicatesse et ne ment pas à son lecteur. Du moins il ne semble pas. Après tout, il écrit de SON point de vue.

J’ai été ému par ce récit rédigé par quelqu’un qui l’a connu et soutenu jusqu’à la fin. Je retire mes lignes de début d’article, l’argent, l’homme en a, mais ses souvenirs semblent le plus important et je le remercie d’avoir partagé avec le monde entier sa courte aventure avec Cobain.

Tant de peine, toujours, mais aussi une sorte de lumière et d’espoir semblent toucher les personnes l’ayant connu. C’est grandiose.

J’y ai appris tellement de chose sur la créativité, la relation avec les médias et le leadership de Kurt, sa personnalité et sa face cachée, pas forcément négative mais décidément autodestructrice et parfois éprouvante pour ses proches.

Je ne savais pas que Kurt avait lui-même prit en main le montage des clips comme Smell like teen spirit, Heart shaped box et autres. Comme toujours, il aimait contrôler son art, de la pochette d’un disque jusqu’au clip vidéos. Un esprit créatif qui ne s’arrêtait jamais ! Un besoin de s’exprimer par l’art d’une manière presque obsessionnelle mais toujours avec talent.

Pour les « besoins » de cet article, je ne parlerais pas de la descente aux enfer de Kurt avec la drogue. C’est une partie du livre difficile et émouvante partagé par quelqu’un qui l’aimait et le soutenait à bras le corps.

Kurt était loyal et à fait signer une poignée de ses ami(e)s sur le label ou donnait un coup de pouce à leurs carrières.

Le livre contient aussi différents témoignage de proches que l’on n’avait pas forcément entendu jusque-là, tous ont été sensible à l’aura de Kurt.

C’est un livre émouvant et je le conseil vivement aux fans mais aussi à ceux qui se demande pourquoi Kurt Cobain avait et a encore autant d’influences sur notre culture et le monde de la musique.

Danny Goldberg et Kurt Cobain

Extrait de la préface de Laurence Romance : Kurt (furieux) finit par balancer à Danny (médusé) qu’il n’a aucune envie d’arrêter l’héroïne et que, d’ailleurs, l’écrivain junkie William Burroughs est son modèle absolu.

Autres extraits du livre :

[Kurt] était le serviteur d’une muse que lui seul pouvait voir et entendre mais dont il transmuait l’énergie grâce à un langage auquel des millions de personnes s’identifiaient.

[Butch] Vig declare : « C’était difficile pour moi de lire que l’album [Nevermind] était trop léché. Comparé à tout ce qui passait à la radio ? C’était un nouveau souffle brut ! Le disque est très simple. Parfois Kurt double la guitare ou Dave chante en harmonie, mais c’est tout. Il n’y a aucune astuce électronique. Je n’ai utilisé que seize des vingt-quatre pistes qu’on avait à disposition. Au contraire, c’est sous-produit. » Toutefois, il comprend que le groupe ait eu besoin de feindre le détachement dans certaines situations. « Comment conserver une crédibilité dans le post-punk quand vous avez vendu dix millions d’albums ? »

Pour beaucoup de fan de Nirvana, « Smells Like Teen Spirit » joua le même rôle que « Howl » d’Allen Ginsberg pour la Beat Generation ou que « Like a Rolling Stone » de Bob Dylan pour la mienne.

Il avait des tendances autodestructrice, mais elles n’atteignaient jamais sa musique.

Rosie [assistante] raconte : « J’avais un salon en longueur. Il y avait des tonnes de CD de chez Geffen [Label de musique]. Ils les ont empilés comme des dominos. Dave et Kurt ont chacun enfilé une de mes robes. Puis ils ont couru vers les CD et se sont jetés dedans. »

Avec cette percée dans les radios pop, Nirvana devint un groupe qui constituait à lui seul une catégorie. Il attirait les fans de punk, d’alternatif commercial, de métal, de rock mainstream, et de pop. C’était l’optique de Kurt depuis le début.

Pour moi, son chant rappelait celui de Jim Morrison.

[Kurt] ne cessait jamais de créer.

Le même label [Tim Kerr Records] enregistra un morceau de spoken-word de William Burroughs lisant une diatribe poétique intitulée « Ils l’appelaient ‘Le prêtre’ ». Kurt qui idolâtrait ce beatnik légendaire, était ravi d’enregistrer une ligne de guitare pour accompagner le texte. Le morceau sortit en single et Kurt fut d’autant plus ravi de croiser Burroughs dans le Kansas l’année suivante, lors d’une tournée de Nirvana.

Krist [Novoselic] explique : Kurt n’aimait pas être embarrassé. Il détestait ça. »

Le personnage que s’était créé Kurt mélangeait humour, musique, colère punk et valeurs progressistes. Il ne reniait pas le crétin qui sommeillait en lui mais détester le conservatisme culturel. Doté d’un nouveau sens des responsabilités généré par sa célébrité, il décida de se prononcer ouvertement sur certaines questions politiques, en particulier celles qui touchaient au féminisme et aux droits des homosexuels.

Kurt : « Je n’aime pas les sales types, les machos, les gens violents. »

Il [Kurt] évoqua « Territorial Pissing », en partie inspiré de la façon dont on traitait les Indiens d’Amérique […] « Il y a des références à tous ces gens qui vivaient dans les réserves d’Amérique du Nord ; des gens démolis par les attaques américaines. »

De façon plus mémorable, Kurt s’adressa directement à son public : « Aujourd’hui, j’ai une demande à formuler à nos fans. Si certains d’entre vous haïssent les homosexuels, ceux qui ont une couleur de peau, ou les femmes, s’il vous plaît, rendez-nous service : fichez-nous la paix ! Ne venez pas à nos concerts et n’achetez pas nos disques. »

Kurt : « Chaque titre [de In Utero] parle de trucs qui m’énervent, d’un conflit entre le bien et le mal. Il y a des gens qui s’en prennent aux autres sans raisons et j’ai envie de leur botter le cul. Mais tous ce que je peux faire à la place, c’est hurler dans un micro. »

Kurt : « […] tout ce qui m’intéresse c’est la musique. Le reste, ça me plaît pas. La célébrité, c’est pas si cool que ça. »

[Kurt à propos de son addiction à l’héroïne quelques jours avant sa mort :] Il répliquait que William Burroughs avait vécu pendant des dizaines d’années comme un junkie et qu’il ne voyait aucune raison de ne pas l’imiter.

Il est de notre devoir moral de faire tout notre possible pour prévenir et lutter contre le suicide, mais je ne cesse de croire que Kurt souffrait d’une maladie que personne ne savait comment soigner et qu’il en est mort à l’âge de 27 ans. C’est la seule façon de le formuler qui me paraisse juste, mais la vérité c’est que personne ne détient la réponse.

Après la lecture de ces trois ouvrages, mon opinion sur Kurt n’a pas changé, mon admiration et mon respect s’en sont même renforcés.

Je n’ai pas voulu mentionner l’énorme problèmes qu’à causé la journaliste Lynn Hirschberg avec son article pour Vanity Fair sur Courtney Love et sa grossesse. Même si cette triste histoire de mauvais journalisme racoleur sur la grossesse de sa femme a hanté Kurt jusqu’à la fin de sa vie. Je ne me sens pas de raconter l’histoire ici tant elle est irrespectueuse, fausse et a fais du mal à de tout jeunes parents et leur nouveau né.

Je suis heureux mais aussi émotionnellement un peu fatigué et confus car Cobain et sa mort ne passe pas chez moi. Un deuil des plus bizarre car il est mort quelque mois avant ma naissance. Durant la lecture de ces ouvrages j’ai constaté que certaines générations post-Nirvana, la mienne et même les plus jeunes ressentent ce même genre de sensations : d’avoir perdu quelqu’un de proche bien que l’on ne l’ai même pas connus de son vivant. Je pense que c’est là que se trouve la magie de l’artiste qu’était Kurt. Arriver avec son art à nous faire sentir proche de lui, à ses côtés comme un membre de notre famille sans jamais pouvoir le rencontrer. Une présence sans enveloppe charnelle. Il est passé, à semé ses œuvres et sa créativité puis est reparti.

Les mots me manquent pour terminer cet article.

Merci à Kurt, Dave, Krist et tous les gens qui ont soutenu Kurt comme ils le pouvaient et partager avec nous son souvenir, son héritage artistique et son humanité.

Jaskiers

Histoire vraie et personnelle N#6 – Ma super moto intergalactique.

Moi, à 6 ou 7 ans, sur ma moto intergalactique.

Assis dans mon arbre, je laissai mon imagination d’enfant prendre le contrôle de mon petit cerveau de gamin pour m’envoler vers d’autres univers.

Cet arbre était dans le jardin de ma grand mère. J’allai souvent en vacance étant petit et après avoir relu pour la énième fois toutes les bandes dessinées d’Asterix et Obelix, je partais en direction de mon bolide naturel.

Comme vous pouvez le voir sur la photo, je pouvais m’y assoir et j’ai tous de suite imaginé que j’étais sur une moto. Moto qui volait, dans l’espace bien sur !

Une fois installé, j’étais parti pour une de mes missions spatiales pour protéger la planète Terre des méchants extra-terrestres qui menaçaient de nous exterminer tous, un par un !

Les roues se tournaient à l’horizontale pour me permettre de décoller. Des missiles téléguidés sur les côtés, pour ne jamais rater ma cible !

La grosse branche devant moi servait de levier de direction, comme dans les hélicoptères, pas de guidon pour cette moto !

Mes aventures me menèrent dans des galaxies ou l’ennemi déterminé se préparait avec zèle à nous détruire. J’arrivai toujours à temps, détruisant les complexes d’armes à rayon laser de la mort, avec comme allié les oiseaux. Ils me communiquaient des informations importantes via leurs chants, toujours présent, ayant toujours des réponses à mes questions.

Des fois, j’arrivais tard dans la bataille, les extraterrestres, mauves de peaux, nez de cochons énormes, yeux globuleux, certains petits, d’autres grands, habillés d’uniformes blanc immaculés, étaient prêt à débarquer . Mais grâce à mes informateurs ailés et chantants, j’arrivais à tends pour les combattre.

Ce genre de bataille dans l’espace était des plus difficile, les courses poursuites à la vitesse de la lumière demandaient beaucoup de concentration et il fallait avoir le cœur bien accroché. Mais heureusement pour vous, j’étais super entraîné, maître absolu de mon véhicule et la planète Terre était sauvée à chaque fois !

J’ai bien sûr frôlé la mort plusieurs fois, mais ma dextérité et mon sang froid, ainsi que mes ami(e)s oiseaux m’on toujours sorti des situations les plus dangereuse !

Jusqu’au jour où les nouveaux propriétaires du jardin d’à côté (à ma droite sur la photo) ont décidé qu’il était temps d’installer un grillage pour séparer les jardins. Et pour ce faire, ma moto as dû être sacrifiée.

Devant ma tristesse, mon paternel trouva une vielle moto en plastique, un jouet, statique.

Ma carrière de guerrier intergalactique, sauveur de la planète Terre a pris fin.

Sur ce jouet, une nouvelle mission m’attendait, celle de sauver le hiboux que j’entendais, quelque part, dans un arbre, d’un danger imminent.

Et puis j’ai grandi, vieilli (?) et oublié ma mission. Je ne sais pas si c’était un hiboux pour dire vrai mais j’espère qu’il a pu s’échapper du malheur imminent qui l’attendait.

En tous cas, vous me devez tous une fière chandelle pour vous avoir sauvé de la menace extra-terrestre qui menaçait de tous nous éradiquer !

Jaskiers

Fils de Gonzo de Juan Fitzgerald Thompson

Quatrième de couverture :

Inventeur d’un genre littéraire nouveau, le Gonzo, Hunter S. Thompson était le wild man de la presse américaine, mais aussi et surtout l’un des grands auteurs du XXe siècle. Il se mettait en scène comme élément principal de ses reportages, écrivait sur les gangs de motards et la contre-culture des années 1960, sur les élections présidentielles et les drogues psychédéliques. Et vivait une vie sulfureuse animée par un cocktail d’alcool et de cocaïne… jusqu’à son suicide, en 2005.

Dans Fils de Gonzo, Juan F. Thompson raconte l’histoire de ce père pas comme les autres et se confie sur son enfance, forcément compliquée quand on est élevé par l’auteur génial mais fou de Las Vegas Parano.

Juan F. Thompson est né en 1964 du côté de San Francisco, en Californie, et a grandi à Woody Creek, Colorado. Il vit à Denver avec sa femme, Jennifer, et leur fils, Will.

« Mais ce qui importe d’avantage pour moi, c’est qu’il était mon père et que j’étais son fils. Et aucun fils ne peut échapper à ce qu’implique cette relation. Bons ou mauvais, faibles ou forts, vivants ou morts, proches ou distants, nos père sont avec nous. » – Juan F. Thompson

Extraits :

À un moment, durant la soirée, les Hell’s Angels ont violé une femme, dans une petite cabane, évènement qui a longtemps hanté Hunter. Au milieu de cette folie, j’étais là, âge d’un an et quelque mois, endormi dans un coin de cabane, bombardé de sensations et d’impressions, sans doute relativement en sécurité, mais dans une situation qui ne cadre pas avec ma conception d’une éducation parentale responsable visant avant tout à protéger sa progéniture.

En 1970, Hunter a couvert le Kentucky Derby pour un magasine éphémère intitulé Scanlan’s, rédigeant le premier article de ce qu’on appellerait le « journalisme Gonzo », terme inventé par un de ses collègues écrivains pour décrire une combinaison unique, propre à Hunter, de subjectivité à la première personne, de rapport factuel et d’hyperbole, rédigée en une prose brute et puissante. Le terme « Gonzo » a fini par qualifier à la fois l’écriture de Thompson et son mode de vie.

[…] Alcoolique, drogué, menant assurément une vie débridée, il était aussi un écrivain brillant, un joaillier de la langue, ce que son aura de personnage incontrôlable semble avoir relégué au second plan. Lorsque les gens entendent le nom de Hunter S. Thompson, s’ils le connaissent, c’est cette image outrancière qui leur vient en premier à l’esprit. Et c’est dommage. Il a toujours été d’abord un écrivain qui au sens le plus exigeant et le plus noble du terme : pour lui, écrire était une vocation, pas un simple métier. Tout le reste était secondaire. La drogue, la famille, les maîtresse, les amis, le sexe, l’aventure, tout cela venait après l’écriture. Et moi je suis arrivé dans son monde en 1964. Il avait alors 27 ans, il était pauvre et vivait dans une cabane non chauffée avec sa jeune épouse.

Bien sur, ce n’est pas un secret et pas besoin d’être Sherlock Holmes pour savoir qu’être l’enfant unique de Thompson ne serait pas une partie de plaisir.

Tous le long de cette biographie, Juan, tout en détestant son père d’un côté et de l’autre l’aimé tendrement, semble chercher à être respecté, à rentrer dans son cercle, à l’assister pour bénéficier de l’attention de son père. Quand on n’y pense, ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? Ne serait-ce pas plutôt le père qui devrait être au petit soins pour son enfant, sans bien sûr en faire un enfant roi ?

Il a fallu des décennies à Juan pour enfin recoller (certains) morceaux avec son père, mais c’était toujours le fils qui faisait le premier pas. L’apothéose de leurs relation, le point où ils ont été le plus proche, restera le jour précédant le suicide de Hunter. Juan savait, sans oser le dire que son père n’accepterai jamais la maladie, l’infirmité, la dépendance.

J’ai découvert un aspect que je ne connaissait pas, celui d’être un « fils/fille de ». Loin d’être forcément l’idylle, la vie rêvée, la célébrité d’un ou des parents faits que leurs enfances et leurs vies n’est pas dénué d’embûche, de soucis, de drame.

Se trouver soi-même en essayant de se détacher de la notoriété des parents est une tâche qui semble loin d’être facile. Je ne lis pas forcément les tabloïds, mais on remarque souvent des enfants de stars partirent à la dérive. Riche ou pas, la vie n’épargne personne.

Mais ce qui est intéressant dans se livre, ces que s’est LE FILS de HUNTER S. THOMPSON. Le personnage Thompson est difficilement dissociable du vrai être humain.

La preuve en, c’est Juan qui a du lui même faire les efforts pour construire quelque chose avec lui. Et ce n’était pas forcément une mince affaire. Juan se sentant souvent mise à l’épreuve par son père, notamment au niveau de sa virilité.

L’ouvrage tape aussi dans les cordes sensibles que son les relations parents/enfants quand ces premiers sont addictes. Avec Hunter, accro à l’alcool, à la cocaine et ne crachant que très rarement sur le LSD et autre paradis artificiels , la tâche pour Juan a été de comprendre et d’accepter. Hunter n’a JAMAIS voulu arrêter. Le fiston a dû vivre avec. Voir son père s’autodétruire en quelque sorte en ne pouvant rien faire.

L’ouvrage contient énormément de photographies personnelles de Hunter, Juan et leurs vie de famille, qui bien que compliquée, a résisté jusqu’à la fin pour être présente.

C’est ainsi que ce termine notre série de lecture sur Hunter S. Thompson. Il y a bien sûr encore beaucoup d’ouvrage à lire sur l’homme, mais pour l’instant, ma soif de Gonzo est étanchée et il est tant de passer à d’autres auteurs, d’autres vie et d’autres aventures !

Jaskiers