L’image romantique des outils de l’écrivain.

Il y a de ça peut-être 1 ans et demi, je voulais m’acheter une machine à écrire. J’avais déménagé où je vis actuellement et la machine à écrire Olympia de ma grand-mère n’avait pas pu faire le voyage avec moi. C’était une « moderne », des derniers modèles. Pas un électronique, non, une avec ses rubans d’encres à double couleurs : rouge et noir, avec pleins d’autre touches et petits levier, un chariot impeccable.

Ma grand-mère ne se souvenait plus vraiment comment elle marchait, changer le ruban d’encre, que nous pouvons toujours trouver sur Internet, avait été un sacré défi. Nous avions de l’encre plein les mains. Quand enfin, après une bagarre homme-machine, je vis ma grand-mère appuyer sur une touche, je fus époustouflé !

Voir les tampons se lever, toucher le ruban et percuter le papier, former des mots, comme imprimé à l’imprimante moderne, sauf que là, pas de d’électronique, pas d’informatique, tout ce passait directement, sous mes yeux.

Quand j’essayais à mon tour, je fus surpris par l’exercice, il faut appuyer fort sur ces touches ! Et comme j’étais habitué aux claviers d’ordinateur, je cherchai, par réflexe, la touche supprimé.

Ma grand-mère me dit : Tu peux toujours chercher !

C’était magique de voir mes mots directement imprimés sur du papier, comme si j’écrivais un livre, vraiment. Et ajoutez à cela les bruits caractéristiques des machines à écrire : tac tac tac DING !

C’en était presque hypnotisant, on se laisse bercer par ces bruits, comme un rythme. J’écrivais n’importe quoi. Bien sûr, les mécaniques étaient rouillées, elle n’avait pas fonctionné depuis plus de 20 ans. Malheureusement, les majuscules embrouillaient le ruban et étaient décalées par rapport au reste de la phrase.

Je ne suis pas du tout doué de mes mains, et la mécanique m’est un art inconnus. J’admire ceux qui le maîtrise et en font leur métier. Car si j’avais des connaissances, je me ferai le docteur de ces vielles machines toujours charmantes ! Je réglerai leurs mécanismes comme un horloger suisse ! Mais malheureusement, même si j’avais la connaissance, il me faudrait une certaine aisance manuelle, ce que je n’ai pas.

Et je m’imagine ces écrivains, à l’ancienne, les Hemingway (évidemment, Ernest considérait la machine en écrire comme sa psychiatre…), les Steinbeck, Faulkner, Jack Kerouac, Françoise Sagan, Hunter S. Thompson, Stephen King, et j’en passe évidemment, taper sur leurs machines, absorbés par leur art, leur artisanat. Oui artisanat, j’ose le mot. La machine à écrire était (et reste d’ailleurs) un outil. Quelque chose de physique, qui quant on l’utilise fait du bruit. Comme une perceuse, un marteau. Il y a cette image romancée que nous devons, je présume, tous avoir eu un jour, de ces grands noms de la littérature contemporaine, une cigarette au bec, un verre de whisky et les mains pianotant sur ces machines tellement esthétiques.

Et remontons à l’époque de la plume et de l’encre tant que nous y sommes !

Imaginez Victor Hugo, ou Alexandre Dumas, Emily Dickinson, avec leurs plumes et leurs encriers. Si vous avez la chance d’avoir des vielles lettres de vos grands parents, regarder leur écriture ! Les lettres sont sublimes, c’est de l’art, du dessin, les mots sont dessinés !

Imaginez ces écrivains à la lumière des bougies ou des vielles lampes à huile, dans un silence total, assit dans un bureau éclairé par une flamme vacillante, donnant un air de roman gothique à leur environnement de travail. Et ce silence, cette plume qui glisse sur le papier, ces gestes. Même les ratures sont belles ! Enfin je me répète…

Et qu’avons nous maintenant ? J’écris mes articles sur mon smartphone, je n’ai pas d’ordinateur. Quand j’écris, je donne l’impression d’envoyer des sms, d’un type collé à son téléphone. Rien de cela si j’écrivais sur une Remington, rien de cela avec une plume. Bien sûr, je peux écrire n’importe où, mais je doute que « Les misérables » ait été écrit dans un wagon de métro.

Qui viendrait déranger une personne derrière sa machine à écrire ? Ou couchée sur sa feuille ?

On n’hésiterait pas à déranger quelqu’un qui tape sur son téléphone ou sur son clavier d’ordinateur. Pourquoi ? Parce que ce sont des outils de divertissements. Bien sûr on utilise des ordinateurs pour le travail (vive le tout numérique ! Mais pas trop car le site est « surchargé » et qu’il y a des « bugs »), mais je doute qu’en dehors de votre lieu de travail, votre ordinateur ne vous serve QUE pour travailler.

Rien de romantique à voir quelqu’un taper sur le clavier de son ordinateur hors de prix. C’est banal, plat, aucune magie. Évidemment, la technologie simplifie les choses. Le correcteur automatique me rend de bon service. Je peux partager mes écrits avec le monde entier. Mais même ceci à de mauvais côtés. L’autocorrection de mon logiciel de traitement texte est parfois énervant, je n’apprends pas vraiment de mes fautes et ne m’empêche pas de faire des fautes d’accords et autres joyeusetés de la langue française. Partager mes textes avec le monde entier est intéressant, une grande opportunité mais il manque quelque chose.

Le contact humain est biaisé par le contact électronique. Tout va plus vite et plus facilement, tout se dégrade plus vite et change, change à une vitesse telle que ce qui ne peuvent (ou ne veulent) pas suivre finissent sur le bas côté.

Je suis un amateur de vielles choses, d’ailleurs les brocantes me manquent. J’aime les vieux objets, les vieux instruments, les choses utilisées par des mains expertes, ou fabriquées par ces dernières.

Je suis un vieux de bientôt 28 ans, j’aime peut-être ces choses d’un autre temps car mes grands-parents étaient des artisans, ou peut-être qu’à force d’entendre dire « c’était mieux avant », je cherche dans ces objets une époque plus simple, plus belle, avec un sens.

Peut-être ne trouverai-je rien, et dans ce cas, tant pis. J’écris cette dernière phrase avec devant moi deux énormes tomes d’« À la recherche du temps perdu » de Proust. Proust avec sa plume à écrit tout ceci. Pas de logiciel de traitement de texte, pas de raccourci, de copier-coller, de recherche instantanée de mots. Sûrement une pile de feuilles immense dans lesquelles il devait se perdre, les doigts tachés d’encres. Et presque une centaine d’année plus tard, un vieux de 28 ans se plaint que la vie est devenue trop facile d’un côté et trop difficile de l’autre.

Le temps peut être perdu mais il a la curieuse habitude aussi de se répéter. N’est-ce pas fascinant ?

La vie est un éternel recommencement.

Mon obsession du temps…

Jaskiers

Francis Scott Fitzgerald la totale !

Je dédie cet article à Filipa, fidèle lectrice, fidèle amie, toujours surprenante et adorable.

C’est surprenant mais je n’ai pas lu Fitzgerald tant que ça, disons-le, je n’ai lu que « Gatsby le Magnifique » grâce au film sortit en 2013 avec (mon) Leonardo DiCaprio.

Actuellement, mes goûts en lecture partent dans tous les sens !

De la littérature made in New-York aux romans d’amour classiques, aux classiques tout court, français principalement puis aux True Crime, sports, polars, thrillers, dystopiques, policiers, épouvantes, témoignages, fantastiques, psychologiques, documentaires, sur la musique, la drogue, la psychiatrie et tutti quanti.

Donc pourquoi cet article sur Scott Fitzgerald ?

Bien qu’étant un admirateur d’Hemingway, ayant lu jusqu’à ses lettres, faisant mentions (élogieuses et parfois cocasses) de l’auteur Dandy de la Génération Perdue, Fitzgerald ne m’avait jamais autant attiré que ces derniers temps.

Pourquoi ?

C’était il y a un an, je pense, (je pourrai vérifier sur le blog mais honnêtement, j’ai la flemme) j’ai lu « Anna Karénine » de Tolstoï. J’avais vu le livre dans la partie magazine d’un grand magasin. J’avais cherché « La guerre et la paix » mais cet ouvrage n’était nul part dans le rayon, donc je me suis rabattu sur « Anna Karénine ». Ce que je savais de Tolstoï, je l’ai appris principalement grâce aux correspondances d’Hemingway. Tolstoï était considéré par Ernest comme un de ces génies, tellement génial qu’appréhender son génie était une peine perdue.

Bref.

Je lis l’ouvrage du monsieur, un roman d’amour principalement, c’était rare pour moi. J’ai été subjugué par l’histoire ! D’habitude, je trouve les fins de romans plutôt faibles, bâclées, quelque chose manque. Mais pour « Anna Karenine », la fin est presque un roman à elle seule. J’ai encore plus été impressionné quand j’ai appris que Tolstoï avait peiné à écrire ce roman, repoussant sa rédaction de plusieurs années. Et surtout, il s’était inspiré d’un fait-divers véridique. Je ne le mentionnerai pas ici car en aucun cas je ne voudrais vous spoiler la lecture de ce magnifique livre.

Aujourd’hui, j’ai envie de lire des romans d’amours, avoir le même ressenti que quand j’ai lu le livre du fabuleux russe. Mais goûts en lecture ont évolué radicalement depuis quelques temps. Des auteur(e)s et des genres, qui, il y a de ça deux ou trois ans, ne m’intéressaient pas ou peu, m’attirent aujourd’hui.

En ce qui concerne les romans d’amours, j’ai ressortis mes classiques, français en majorité. J’ai réalisé que j’ai manqué à la lecture de pas mal d’œuvres importantes, j’y ai remédié du mieux que je pouvais, j’ai « investis » dans des livres, comme j’aime le dire à mes proches quand ils me reprochent d’avoir beaucoup trop de bouquins. Je pourrai leurs sortir cette phrase de John Steinbeck : ‘ Je pense que nous n’avons jamais trop de livres.´ Mais mieux vaut acquiescer, leur dire qu’ils ont raisons et continuer à vous acheter ce qui vous passionne. La vie est courte, on ne sais pas ce que nous réserve demain, encore plus à notre époque. Et puis, mieux vaut des livres que de l’alcool ou de la drogue non ?

Bref (x2)

En cherchant des livres sur New-York, j’ai trouvé, par exemple, Les New-Yorkaises d’Edith Wharton, mais s’est rappelé à moi Francis Scott Fitzgerald !

Je me demande encore aujourd’hui comme j’ai pu lire presque tout Hemingway, en français et en anglais mais ne pas lire son ami Fitzgerald. Parce que les deux légendes de la Génération Perdue était bon amis ! Bien sûr, entre Hemingway et la femme de Fitzgerald, Zelda, le courant ne passait pas du tout. Elle de dire qu’Hemingway n’était qu’un rustre, alcoolique, un homme violent, imbus de lui-même. Lui de dire qu’elle n’était aussi qu’une alcoolique et qui, par jalousie envers l’immense talent de son mari, faisait tout pour l’entraîner dans le fond du gouffre avec elle. Selon Ernest, elle forçait Fitzgerald à aller faire la fête, à boire pour qu’il n’écrive pas. Hemingway a-t-il dis ce qu’il pensait de Zelda en face de Fitzgerald ? Je pense que oui. Comment a réagis Fitzgerald, je n’en sais rien. En tous cas, Scott ne semble pas lui en avoir voulu. Mais je vous donne rendez-vous en fin d’article pour la « présentation » de deux ouvrages de Donaldson, traitant de la relation entre ces deux talentueux écrivains.

Zelda Sayre Fitzgerald et Francis Scott Fitzgerald

Qui croire, Zelda ou Ernest ?

Honnêtement, aucune idée, mais à rédiger cet article je réalise que quelqu’un pourrait en écrire un beau roman. Je laisse cette idée à quelqu’un d’autre, je serai trop partial. Hemingway est mon favori !

Je crois me souvenir d’avoir découvert Hemingway dans un des personnages de l’unique roman de Zelda « Accordez-moi cette valse », d’ailleurs j’avais écris, là-aussi, un article sur cette lecture mais je n’ai pas envie de le relire. Panacée que de relire mes anciens articles.

Mais vous verrez quel ouvrage j’ai trouvé en fin d’article. Une amitié brisée ? Je n’espère pas.

Bref (x3)

Toujours est-il que je n’ai lu que Gatsby, et comme vous allez le voir, je vais me rattraper. Je pense m’être procuré toutes ses œuvres et de bonnes biographies. Des histoires d’amours, à New-York ou dans la French Riviera ect… en filigrane, l’histoire d’amour du couple littéraire le plus glamour de la Génération Perdue, et les lettres qu’ils s’échangeaient, m’attendent. (Je suis conscient que j’ai acheté des doublons, mais trouver toutes les œuvres de Fitzgerald n’est pas chose aisée et j’évite les regroupements des œuvres dans un seul livre de peur que l’ouvrage ne contienne pas toutes les œuvres…)

Romans, nouvelles, biographies, correspondances. J’ai choisis d’acheter ses ouvrages en anglais ou en bilingue quand c’était possible, une philosophie de lecture que j’ai emprunté à l’incroyable Filipa. Lire un livre dans sa langue d’origine !

Je me suis d’ailleurs permis une petite folie, l’édition finale de The Great Gatsby de chez Simon & Schuster.

Pour Francis S. Fitzgerald, j’ai cette esthétique Fitzgeraldienne venant purement du film avec DiCaprio, je vous l’accorde, peut-être est-ce là une mauvaise chose. Mais j’ai aimé le film (et j’aime DiCaprio d’amour) contrairement aux critiques guère élogieuses. J’espère le retrouver, cette esthétique et lire des fulgurances, j’espère découvrir un écrivain que Hemingway adorait (et vice-versa). Et être écrivain, apprécié, publiquement et en privé par Ernest Hemingway n’était et n’est pas rien. Ernest pouvait s’avérer jaloux, autant en amour que dans son travail.

Un jeune Ernest Hemingway et un jeune Scott Fitzgerald. Je m’avance peut-être un peu trop mais on voit dans leurs manières de s’habiller la différence stylistique en matière d’écriture. Ernest est direct quand Francis Scott, lui, est dans la finesse.

J’attends beaucoup de cet écrivain, je suis très heureux de découvrir un auteur important et talentueux. C’est comme si je m’ouvrais à un nouveau monde. J’espère aussi apprendre du monsieur, sa vie, son enfance, ses premiers écrits, d’où il tient son talent et ses (son unique ?) amours. Et pourquoi pas en apprendre encore plus sur l’écriture.

En cherchant pendant de longue nuit sans sommeil tous les ouvrages possibles que je pouvais me procurer, j’ai constater que j’étais loin d’être le seul à avoir découvert Fitzgerald via Hemingway. C’est surprenant comment ces deux auteurs sont liés l’un à l’autre. Je me rappel un commentaire d’une personne disant que « son esprit lui disait Hemingway mais son cœur Fitzgerald ». Les deux auteurs semblent toucher en nous une dualité, dualité qui semble presque complémentaire. Deux styles d’écriture différents, deux styles de vie différents, mais qui sont indissociables, ils sont autant important l’un que l’autre, écrivant différemment, certes, mais symbolisant la Génération Perdue à eux seuls. Ou presque.

Pour l’instant, je dirai que l’écriture d’Hemingway est physique, il joue sur le corps, le solide tandis que Fitzgerald (et gardez en tête que je n’ai lu qu’un seul de ses livres) semble être l’écrivain de l’âme, de l’esprit de l’impalpable. Mes lecture me confirmeront mes dires. Peut-être avez vous une idée sur ce sujet ?

J’ai trouvé un ouvrage de Scott Donaldson : Hemingway contre Fitzgerald, je me demande de quelle qualité sera ce livre, je ne connais pas Donaldson, j’espère quelque chose de sérieux et d’objectif même si il semble que Donaldson ai beaucoup écrit sur Hemingway. Mettre dos à dos les plus grand écrivain de leurs générations, cela est ambitieux. J’ai aussi trouvé Hemingway and Fitzgerald par le même auteur. Donaldson à donc mît côte à côte et face à face les deux auteurs.

Petite parenthèse, encore une, j’ai encore trouvé deux livres d’Hemingway que je n’avais pas lu et pourtant, j’écume les sites pour trouver tous ses ouvrages et quand je pense avoir tout lu, PAF, un nouveau livre me saute à la gorge. C’est comme trouvé un billet dans ses poches. C’est ce dire : en faite je ne suis pas arrivé au bout du travail d’Hemingway. Et dire que maintenant je m’attaque à Fitzgerald… si lui aussi arrive à toucher mon âme comme Ernest, je suis parti pour une grande et belle nouvelle aventure. Et ça me rends heureux rien que d’y penser. Les deux sont différents dans leurs style d’écriture mais je sais d’avance, et peut-être est-ce une erreur, que je vais apprécier. Comme Gatsby, il me reste l’espoir.

En ces temps modernes, difficiles, conflictuelles, ces moments de bonheurs devraient êtres chéries car ils sont rares et précieux. Parfois, du papier et de l’encre est ce qui nous (me) rends le plus heureux. Tous simplement. Nous avons tellement besoin d’histoires actuellement. Besoin de ressentir autre chose que la morosité ambiante, conflictuelle et délétère.

N’hésitez pas à me donner des suggestions de lectures sur ou en rapport avec F. S. Fitzgerald si vous en avez ! J’en serai ravis ! Et pas la peine de critiquer le film avec Leonardo car je sais qu’il a été assez vilipendé mais moi je l’ai aimé. DiCaprio fait un très bon Gatsby je trouve.

Évidemment, la pile contient des doublons.

P.S. : comme je ne suis pas très doué, je pense m’être emmêlé les pinceaux dans les photos. Mais je suis persuadé d’avoir tous les ouvrages possibles. Et je suis un grand feignant, ressortir, re-ranger, re-trier tout ces livres, trop de travail ! Lire est beaucoup moins fatiguant !

Merci de m’avoir lu !

Jaskiers

Citations d’Hemingway pour aujourd’hui

Qu’elle soit nécessaire, ou même justifiée, ne croyait jamais que la guerre n’est pas un crime.

La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques.

Dans la guerre moderne, vous mourrez comme un chien et sans raison.

Les yeux qui ont vu Auschwitz et Hiroshima ne peuvent jamais voir Dieu.

Le monde est un endroit magnifique pour lequel il vaut la peine de se battre.

Un homme, ça peut être vaincu mais pas détruit.

Chacun de mes contacts avec la politique m’a donné l’impression d’avoir bu dans un crachoir.

Lorsqu’un homme est encore en révolte contre la mort, il a du plaisir à emprunter lui-même l’un des attributs divins : celui de la donner.

Nous devons nous y habituer : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a pas de signalisation.

– C’est pas le moment de penser à ce qui te manque. Pense plutôt à ce que tu peux faire avec ce qu’il y a.

La guerre c’est l’enfer, avait déclaré Sherman […]

« D’ailleurs, pensa-t-il, tout le monde tue d’une manière ou d’une autre. […] »

« Je t’aime autant que tout ce pour quoi nous nous sommes battus. Je t’aime comme j’aime la liberté et la dignité et le droit de tous les hommes à travailler de n’avoir pas faim. […] comme j’aime tous mes camarades qui sont morts. […] »

« – Non. Je suis contre la tuerie des hommes.

– Pourtant tu as tué.

– Oui et je le ferai encore. Mais si je vis après ça, j’essayerai de vivre de telle façon, ne faisant de mal à personne, que je serai pardonné […] »

Les personnes les plus cruelles sont toujours les plus sentimentales.

Jaskiers

Un peu de mes nouvelles (ou comment mon corps me lâche).

Ça faisait longtemps hein ? Longtemps que je n’ai pas écris un article sur ma petite personne ! Mon égo surdimensionné en a besoin.

Parlons d’abord des mauvaises nouvelles, comme ça, on est débarrassé.

Comme indiqué dans le titre, mon corps me lâche, ce n’était qu’une question de temps honnêtement. Depuis environ 2 mois, j’ai des vertiges, des sortes de torpeurs, l’impression que mon cerveau fait des bonds dans ma tête, mes oreilles bourdonnent et j’ai cette sensation que vous avez déjà sûrement tous vécue, celle où quand vous êtes à deux doigts de vous endormir, vous faite ce rêve ou vous tombez et vous vous réveillez en sursaut. Hey bien j’ai cela, en moins intense mais à répétition et éveillé. Avec l’impression que je sors de mon corps. Ajoutons à cela des « bouffées » de chaleurs et des nausées avant de me coucher.

Évidement, j’ai pris rendez-vous avec mon médecin traitant qui, évidemment, n’était pas là et était remplacée par une jeune femme d’environ 35 ans. Résultat : 10 de tension. Pour elle, je ne mange pas assez. Sacré blague, je mange comme un porc à cause du Norset (médicament antidépresseurs qui fait aussi somnifère).

Je n’ai jamais été « gros » dans ma vie, mais maintenant, si. Mon ventre ressort, mes pectoraux s’emplissent des graisses. Je sens des plis dans ma peau que je peux attraper à pleines mains. J’ai des vergetures, des « stretch marks » (comme disent les anglophones) sur mes hanches. Je ne rentre que difficilement dans mes jeans et mes ceintures ne me sont plus d’aucunes utilités.

Ma mère mets ça sur le compte de la vieillesse. Je ne sais pas si elle est sérieuse, j’arrive doucement vers mes 28 ans… déjà ?

Vous me direz, « t’as qu’à faire du sport ». Viens en Normandie ou ça pleut et sa caille tous les jours. Pas les sous pour un abonnement à la salle de sport. Et avec 10 de tension, j’ai pas envie de m’éclater la tête.

Je ne dors que 6 heures par nuit, impossible, ou presque, de me rendormir. Je prends 2 Norset mais l’insomnie est coriace.

Je fais un cauchemar récurent : je me retrouve en plein champ de bataille, en plein milieu du conflit ukraino-russe (ça se dit ça « ukraino-russe ?).

J’avais écrit dans mon article de bonne année que je pensais que le monde irait de mal en pis cette année. Je ne crois pas me tromper. Une bonne chose cependant, le « pass vaccinal » semble passer à la trappe fin mars. Tant mieux, je n’ai pas fais ma troisième dose.

Les élections présidentielles (et législatives) approchent et déjà, les gens se crachent leurs venins. Cette morosité ambiante devient pesante.

Le positif sinon ?

Malgré ces déboires physiques, je vais plutôt bien niveau psychique.

J’écris entre 500 et 2 000 mots par jours. Pas sûr un seul projet, sur plusieurs. J’écris sur quelque chose qui m’inspire, souvent mes lectures du moment.

Niveau lecture : j’ai commencé l’année en lisant les récits d’Homère puis j’avance dans le temps en prenant certains virages suivant une logique de lecture bien à moi.

J’ai commandé toutes les œuvres de Francis Scott Fitzgerald, j’ai écris un article dessus, j’attends de recevoir un livre, livre qui doit traverser l’Atlantique sous peu, pour poster l’article.

J’ai aussi, grâce à mes pérégrinations littéraire, découvert Stefan Zweig. Comment ai-je pu passer au travers de ses œuvres pendant mes (presque) 28 ans de vie ?

Et Herman Hesse aussi.

Et Marcel Proust ! Merde, Proust !

Et Dickens ! Mince !

Et pire, Shakespeare !

Mais je me rassure. Je lis actuellement Moby-Dick (dick lol) de Herman Melville. Dans l’édition que je me suis procuré (Quarto Gallimard), nous avons le droit à un dossier bien étoffé, dans lequel j’ai pu découvrir que Melville, lui aussi, a découvert Shakespeare sur le tard… à 28 ans !

Avec la littérature, j’ai l’impression que j’ouvre une porte, qui s’ouvre sur une autre, puis 3 autres et ainsi de suite. L’impression que je serai un éternel apprenti de la littérature, et c’est une bonne chose, aimer quelque chose qui ne semble pas avoir de fin. Après tout ces deuils, cette impression de perte de contrôle injustifiée et injuste, j’ai trouvé quelque chose qui ne me quittera pas. C’est peut-être quelque chose de mal, ou bien une bonne catharsis.

La découverte Stefan Zweig et la psychologie de ses personnages a été une agréable surprise, j’étais passé à côté de cette porte sans m’en rendre compte. Enfin, je traiterai le sujet Stefan Zweig dans un autre article. Je passe du coq à l’âne. Désolé, mais vous êtes habitués n’est-ce pas ?

Niveau blog :

J’ai cette frustration de ne pas partager avec vous mes lectures et mes découvertes. Ça m’agace, j’aime l’échange et j’apprends beaucoup de ceux qui me lisent. Et j’aime aussi faire découvrir aux autres d’autres horizons. C’est pour cela que j’écris des petits textes « inspiré par X ou Y ». Plus qu’une indication, j’ai envie de vous tenir au courant de mes lectures mais cela m’amènerait à retomber dans la « review » de livre, que j’ai arrêté, si je continus.

Partager mes écrits me fait encore peur, mais j’ose. La série « California Rocket Fuel », écrit avec un style plutôt atypique, a été une sorte de test, voir si mes lecteurs resteraient, ou me liraient, qu’importe le sujet, le style.

Le style ? Ce foutu terme m’obnubile. Je cherche, je me cherche. J’ai découvert que la littérature cachée bien des arcanes qui semblent insondables. Elles ne le sont pas si nous plongeons et explorons.

C’est pour cela que je vais relire mes classiques, déjà lu ou pas. Il me faut apprendre et emmagasiner ce que les maîtres nous ont laissé pour évoluer. Enfin c’est ce que je pense.

J’ai aussi acheté des livres, en anglais et en français, sur l’écriture. Je n’ai pas pris les premiers ouvrages sur lesquelles ont tombe en recherchant sur internet, j’ai fais mes recherches. « A year of writing dangerously » de Barbara Abercrombie n’est pas mauvais, d’ailleurs, je poste ici les quelques « writing prompts » qu’elle nous propose en fin d’ouvrage. Certains sont très… intimes et je ne vois pas l’utilité de les poster ici.

On parlait du style non ? Donc, Zweig ! Encore. Les personnages, la psychologie, c’était cela que je cherchais depuis tous ce temps sans vraiment m’en rendre compte. J’écris maintenant en prenant conscience que mes personnages ont une vie, une pensée. En prenant en compte l’aspect social, la communication, l’environnement, les mœurs et tutti quanti. C’est très dur, pas si simple d’écrire mais c’est passionnant.

Enfin, j’ai parlé de Fitzgerald, et j’ai dis qu’un article sur lui allait arriver. Mais je voulais vous dire que « Gatsby le Magnifique » m’obsède actuellement. Le personnage de Gatsby, son aura, ses mystères, son charisme forgés par les mains de Fitzgerald. Est-ce que Gatbsy est pour Fitzgerald ce que la voute de La Chapelle Sixtine était à Michel Ange ou ce que Le Penseur était à Rodin ?

J’aime, je me ruine (économiquement parlant), je dépense beaucoup pour des livres. Le monde s’arrêtera de tourner peut-être demain, ou dans un mois, ou dans deux ans, pourquoi me priver ? Tous ce que je veux, honnêtement, c’est de lire des œuvres, apprendre et pouvoir écrire comme je l’ambitionne.

Lire et écrire me permet de m’accrocher, un pilier majeur de ma vie.

Cet article a dépassé les 1 000 mots, merci de m’avoir lu jusqu’ici. Merci à ceux qui me lisent. C’est énorme, d’être lu. On ne s’en rend pas compte mais quelle aubaine internet parfois. Je m’avance peut-être un peu, mais j’ai écrit deux nouvelles, aux antipodes de « California Rocket Fuel » qui seront peut-être poster dans les prochaines semaines. Pas de promesses, mais je suis curieux, impatient, de voir ce que vous en penserez si je décide de les partager.

Avant de finir, rapidement, un article sur New-York et sa littérature devait faire son apparition. Je n’ai pas tous les livres que je voulais, manque d’argent, et je n’ai aucune idée de comment le traiter ce sujet. Donc, pour l’instant, New-York attendra.

Merci de m’avoir lu ! Et j’espère que vous allez bien, prenez bien soin de vous et de ceux que vous aimez ! À la prochaine si une bombe nucléaires ne nous anéantit pas avant !

Quelques ouvrages de mon immense pile à lire :

Jaskiers

Je n’arriverai pas à écrire sur Margaux Hemingway

J’avais « promis » d’écrire sur Margaux, j’avais écris que « c’était un exercice personnel à faire » il y a de ça 1 ans environ. Mais je n’en ai pas la force et d’une certaine manière, je me trouve même un peu gêné d’écrire sur sa vie et ses drames.

Sous quel angle aurai-je pu m’attaquer à cet article ? J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je n’arrive pas à trouver de réponse.

Peut être car je ne connais pas assez la vie de Margaux Hemingway, petite fille d’Ernest, qui s’est suicidé à 42 ans, un 1er Juillet 1996, un jour avant « l’anniversaire » de la mort de son illustre grand-père, Ernest Hemingway, qui s’était, lui aussi, suicidé.

Je n’arrive pas à mettre des mots dessus. Ce que je peux faire, c’est dire qu’elle a été la première mannequin à signer un contrat à 1 millions de dollars, que sa carrière de top-modèle commença au lycée, qu’elle a été marié (et divorcée) deux fois, que son deuxième et dernier mariage était avec un français et ne dura que quelques mois . Qu’elle semblait heureuse mais qu’elle ne l’était pas réellement. Et c’est tout.

Je vais vous donner des liens d’articles que j’ai pu glaner sur le web, dont un que j’ai trouvé bien écrit.

Mais avant, pourquoi cet article ?

Parce que je trouve l’histoire de Margaux importante et déchirante. En effet, elle avait tout, enfin le croyait-on, et a décidé de mettre fin à sa vie. Comme son grand-père, à la veille de l’anniversaire de sa mort. L’addiction, le cœur brisé, les divorces, le show-business, le deuil et la perte du sens de la vie, c’était ce qui semblait peser de toutes leurs forces sur les épaules de cette femme. Je trouve important de partager son histoire avec vous, mais je ne peux en écrire plus. Par manque d’information et aussi moralement. Je trouve difficile de parler d’elle, pour une raison qui m’est encore étrangère.

Est-ce parce qu’Hemingway est important dans ma vie, que ses écrits mon accompagnés dans les plus durs moments ? J’ai peut-être un problème mais j’ai l’impression qu’Ernest fait un peu parti de ma famille et qu’écrire sur Margaux serait un peu comme les trahir.

Les articles :

• La « malédiction » Hemingway. Je n’aime pas tellement ce terme mais il est tristement proche de la réalité : https://www.slate.fr/story/147129/la-malediction-hemingway?amp

• Article de Vanity Fair, quand Margaux visitait les endroits où son grand-père avait vécu à Cuba, les photos sont très belles : https://www.vanityfair.fr/culture/people/diaporama/quand-margaux-hemingway-marchait-dans-les-pas-de-son-grand-pere-ernest-a-cuba/59868/amp

L’article que je préfère le plus entre les autres car il semble brut et aussi vrai, dans la limite du possible. Malheureusement en anglais, désolé pour les non-anglophone mais un passage sur Google traduction ou autre fera peut-être l’affaire : https://www.psychologytoday.com/intl/articles/199612/what-killed-margaux-hemingway

Je laisse ici le numéro de téléphone de S.O.S. Suicide car je pense que c’est important. : 09.72.39.40.50.

Jaskiers

Ernest Hemingway VS William Faulkner : une guerre de style.

Faulkner : « Il [Hemingway] n’a jamais été connu comme un écrivain utilisant des mots forçant le lecteur à ouvrir un dictionnaire. » Hemingway : « Pauvre Faulkner. Est-ce qu’il pense vraiment que les grandes émotions viennent des grands mots ? »
Suite de la réponse d’Hemingway : « Il pense que je ne connais pas les mots qui rapportent gros. Je les connais tous. Mais il y a des mots plus vieux, plus simple, des mots meilleurs, et ceux là sont les mots que j’utilise. »

Pour ceux qui n’étaient pas au courant, Hemingway et Faulkner ne s’appréciaient pas. Leur clash était équivalent à celui de vos rappeurs américains préférés ! (Sans les insultes sur les mères et autres immondices.)

Cela a commencé avec Faulkner, disant qu’Hemingway n’utilisait pas de mots savants, compliqués. Et Hemingway était du genre à répondre férocement quant l’envie lui en prenait. Et on connaît l’ego que peuvent avoir certains écrivains, voir les jalousies qu’ils entretiennent.

Mais je n’écris pas cet article pour parler de leur clash en détail. Je voulais exposer mon avis sur ces deux différentes vues sur l’écriture.

Je ne crois pas qu’il faille utiliser des mots compliquer pour écrire ou s’exprimer. Les discours de Churchill n’utilisaient pas de mots compliqués, ils étaient juste parfaitements agencés. Il était un orateur exceptionnel, sa tonalité tapée et rythmée avec son accent, sa prestance et son charisme finissaient le travail.

Je pense que les personnalités politiques utilisent des mots simples pour toucher et se faire comprendre de la masse et des mots compliqués pour éluder une question, pour embrouiller l’auditeur lambda.

On pourrait parler de sémantique, de la dialectique, voir, si on pousse, de la réthorique. La manipulation, pour pousser les trois termes dans un cadre politique et/ou d’agenda divers, est un ingrédient essentiel pour gouverner/manipuler une masse. En tirant un peu, nous en avons l’exemple avec la crise de la Covid-19. Nos politiques (en France) ont usé de mots nouveaux (reconfinement, cluster…) et de manipulation de masse (attention je ne parle pas ici de théorie du complot, ni de la crise sanitaire en profondeur, ce n’est pas le sujet) quand par exemple au début de la pandémie, il nous a été dit que les masques n’étaient pas nécessaires pour ensuite nous dire qu’ils étaient indispensables quelques semaines plus tard. L’académie française s’est même penchée sur le genre du mot « Covid-19 » (il est féminin). Il y a moult exemples mais je pense que pour cet article, nous en avons assez.

On pourrait presque parler de la Novlangue de Georges Orwell, se génie dont le livre, 1984, est tellement puissant qu’il semble avoir été écrit ces dernières années. Je pense qu’Orwell a puisé son Novlangue en observant l’URSS et le régime Nazi et leurs méthodes de communications verbales, leurs propagandes, aux masses. Mais j’ai encore pris une tangente à la Thompson, bien que les tangentes de cette tête brûlée étaient bien plus marrantes et intelligentes. Ceci reste mon article donc mes avis, mes erreurs.

On reprochais à Hemingway sa prose simple, pourtant il accuse à son palmarès littéraire un prix Nobel. Mais Faulkner aussi a été le lauréat de se fameux prix littéraire.

Peut-on aimer Faulkner en même temps qu’Hemingway ? Il serait grave, de mon point de vue de répondre non. Les deux hommes étaient en concurrences, étaient talentueux, compétitifs et avaient chacun leur propre style. C’est une histoire de style. De mon point de vue.

Bien sur, étant un grand amateur de littérature américaine, j’aime les deux. Mais si vous me connaissez, j’ai mon champion. Hemingway.

Comme je l’ai écris plus haut, je pense qu’écrire et la qualité d’un écrit ne tient pas au nombre de mots compliqués insérés dans le texte. Écrire tiens plus d’un besoin de s’exprimer, de raconter, de partager, d’exorciser, d’expliquer. D’abord. Puis ensuite et tout naturellement vient le style, qui se développe au fur et à mesure de la pratique, du temps, de l’expérience. Un style direct, « simple », bien organisé visera le lecteur en pleine face, sans pitié. Tandis qu’un texte contenant ces fameux mots compliqués vise à quelque chose qui tend à me dépasser. Mais qui n’en est pas moins dénué de beauté. Ni d’intérêt. Ni de sens, cela va de soi. Mais je dois le dire que parfois, je me perds à la rencontre de ces mots trop compliqués, trop nombreux.

Lire un récit contenant trop de mot qui me sont inconnus ou abstraits me frustre. Que cherche l’auteur écrivant avec se style ? Personnellement, j’ai l’impression que la personne derrière la plume cherche à étaler son savoir, son érudition, un « je connais des mots compliqués, voyez vous comment je suis intelligent et à quel point je suis un très bon auteur ? ». Ont-ils quelque chose à prouver ?

De même, utiliser des mots « simples », juste, précis ne fait pas de l’auteur une personne non-instruite, sans culture, sans intelligence. Loin de là. Il faut d’ailleurs, je pense, avoir une connaissance, comme le dit Hemingway, de ces mots compliqués pour pouvoir écrire avec des mots simples.

Utiliser des mots compliqués avec parcimonie ne me dérange nullement, mais un texte truffé de mots savants m’amène à vite bâcler ma lecture.

Je ne blâme en aucun cas ces auteurs, chacun a ses préférences et ses goûts. Peut-être que je juge trop sévèrement, que je changerai d’avis (et de goûts ?) dans le futur. Mais pour l’instant, je cherche des lectures qui atteignent mon esprit et mon cœur plutôt que mon vocabulaire. Et il faut dire que je suis une sacré tête de bois. J’apprends un mot nouveau pour l’oublier dans les minutes qui suivent. Peut-être lisez vous actuellement quelqu’un de frustré de ne pas avoir une connaissance des mots en béton, ni une bonne mémoire. C’est même sur.

J’ajouterai, et là encore c’est un avis purement personnel que c’est très français d’utiliser des mots compliqués. Les mots simples ont plus de poids car ils atteignent beaucoup plus de personnes. Et c’est ce que l’on veux à la fin non ? Partagez au plus grand nombre et se faire comprendre ? Ou peut-être voulons-nous attirer un groupe de lecteur spécifique grâce à notre style ? Le style est-il quelque chose d’innée, qui peut évoluer, s’améliorer mais ne pas changer, fondamentalement ? Sommes nous cantonnés à une certaine audience/public à cause de notre style ?

En tous cas, j’essaie actuellement d’écrire une nouvelle en anglais, c’est un exercice difficile donc un bon challenge. Je sais que je ferai des erreurs mais j’avais envie d’essayer et je ne trouve pas l’exercice repoussant. Et comme je ne suis pas totalement bilingue, je peux me permettre d’écrire mon histoire sans trop de fioriture et de mot « à 10 dollars » car j’ai cette excuse et donc une pression en moins. Mais cela est personnel. Et si ça se trouve, je ne finirai jamais se projet. Je procrastine. ( J’ai utilisé un mot savant ! Je vous vois de ma fenêtre avec vos fourches ! « Mais s’est quoi cet article de merde ! »)

Je pense que le plus important est de prendre du plaisir à écrire. Et à lire. Le reste n’est que fioriture.

« La meilleure fiction est bien plus vraie que n’importe quel journalisme »

Et les deux ennemis avec cette citation de Faulkner se trouvent un terrain d’entente. Hemingway revendiquait lui aussi l’utilisation de la fiction pour parler d’expériences ou de faits réelles. Voir ses nombreux récits autobiographiques qu’il a écris en mettant en scène un personnage, Nick Adams, qui n’est autre que Hemingway lui même.

Jack Kerouac : Un jour je trouverai les bons mots, et se seront les plus simples.
En attendant, j’ai choisis mon champion.

P.S : Je ne déteste pas Faulkner pour autant, bien au contraire !

Jaskier

J’ai trouvé une perle

TA DA !

Vous vous rappelez quand je vous ai dis que j’avais sûrement tout lu sur Hemingway, hey bien non !

Avec Hemingway, je suis comme un(e) ex qui ne veut pas admettre que la relation est terminée. Je suis en chasse, tous les jours, pour voir si je n’ai pas un peu d’Hemingway à me mettre sous les yeux ! Et j’ai trouvé se livre, d’occasion, pas excessivement cher. Je l’ai reçus aujourd’hui bien que je l’attendais, selon les informations de livraison, courant fin mai. Mon étonnement était énorme. Encore plus quand j’ai vu se mastodonte de livre. Je l’ai juste feuilleté, et j’ai été, pendant un bref instant dans se monde difficile, le plus heureux des Hommes.

Des photographies et des lettres d’enfances d’Ernest.
Page prise au hasard dans le livre, juste pour montrer un peu se qu’il a dans le ventre.

J’ai lu, je crois, 3 biographies d’Hemingway. Je ne pense pas apprendre pleins de nouvelles choses sur le bonhomme, je pense par contre apprendre des petits bouts de vies et découvrir des photographies que je n’ai jamais vu.

Le livre est est présenté par une certaine Mariel Hemingway ! Une des petites filles d’Ernest ! (Voyez la photo plus bas pour plus d’infos.)

D’ailleurs, j’avais prévu de parler d’une autre petite-fille d’Hemingway, Margaux Hemingway, elle aussi actrice, elle était aussi mannequin. « Était » car elle n’est plus de se monde. Le problème est : comment vais-je bien pouvoir parler de cette femme ? Je procrastine sur cet article. Et sur un autre, concernant la Malédictions des Hemingway. Terme que je déteste et sujet au combien délicat car il traite des suicides dans la famille Hemingway. Je n’ai aucune idée de quand ou si j’écrirai ces articles. Je voudrai être juste, prudent et respectueux envers les personnes sur lesquelles je veux écrire. C’est un « exercice » que je dois faire, c’est personnel.

Margaux Hemingway, petite fille d’Ernest Hemingway, actrice et mannequin. (Photo : Wikipedia)

Vous êtes ici, si vous êtes nouveau/nouvelle sur le blog, dans le domaine d’un aficionados d’Hemingway.

L’article n’est d’ailleurs pas terminé.

J’ai revendiqué avoir presque tout lu d’Hemingway et sur Hemingway. Cet article prouve que c’est faux. Et comme je suis loin de vouloir passer à autre chose, j’ai décidé de (re)lire ses livres en anglais. Je ne suis pas fou, ça se tient !

Le style Hemingway, est d’abord un style anglais. Bien que le monsieur parlait français, italien, espagnol et même un peu d’allemand, Hemingway écrivait en anglais.

J’attends donc une autre cargaison d’Hemingway, cette fois dans la langue de Shakespeare. J’ai déjà trouvé un ouvrage sur ses poésies, certaines inédites. Le voici :

La folie Hemingway ne semble pas me quitter d’aussi tôt. Et j’en suis heureux.

Je pense avoir tout dis… en faite non ! Bientôt arrivera un article sur Hemingway et son meilleur ennemi, Faulkner. Celui la est déjà écrit, mais en cour de révision.

Hemingway Much ?

Jaskiers

J’ai trouvé mon livre préféré dans la rue.

Je n’avais pas envie de sortir aujourd’hui. Mais mon Roméo, mon Chihuahua, avait envie. Et il faisait beau et doux, avec le vent mythique de la Normandie. Le masque sur le nez, je ne pourrais pas vous décrire se que j’ai pu sentir.

Je n’avais pas vraiment le moral, en attente d’une mauvaise nouvelle, une très mauvaise nouvelle qui traîne à venir. Le coup de fil ou le message que personne n’aimerait recevoir. Par chance je ne le recevrai peut-être pas, j’angoisse pour rien. Peut-être.

Il y a des moments durs dans la vie, si si je vous promets ! D’ailleurs vous n’aviez pas remarqué ? Mais celui-là est d’un genre nouveau et cruel pour moi. (Faisons pleurer dans les chaumières !)

Et puis il y a dans ces jours des heureux hasards.

Comme trouver son livre préféré dans la rue. En mauvais état certes mais là ! À mes pieds.

Je l’ai ramassé, c’est un livre de poche, qui ne rentrait dans aucune des miennes mais je l’ai gardé à la main pendant cette petite balade. J’ai pensé à sortir lire dehors. Un jour peut-être. « Peut-être » pourrait-être le deuxième titre de cet article.

J’ai ramené le livre à l’appartement. Je le garde. Je ne pouvais pas le laisser là.

Désolé à celui ou celle qui l’a perdu, mais je ne pouvais pas le laisser dans la rue comme ça. Il est au chaud maintenant, à l’abris du vent cruel de la Normandie, de la pluie et même du soleil.

Et merci de m’avoir redonner un peu de baume au cœur !

Jaskiers

Ma petite trouvaille personnelle. Ou pas !

Quand je lisais En Ligne, recueil d’article d’Hemingway, j’ai lu un article dont un passage me rappelai fortement une photographie de lui sur le front espagnol à Teruel, lors de la guerre civile espagnole. Voici l’extrait :

La chute de Teruel (dépêche de la North American Newspaper Alliance).

[…] Le soldat près duquel j’étais allongé avait des ennuis avec son fusil qui se bloquait après chaque coup de feu et je lui montrai comment ouvrir la culasse avec un cailloux […]

Et voici la photographie que je me souvenais avoir vu :

Je n’ai malheureusement pas pu trouver l’auteur de la photo, j’ai pensé à Robert Capa mais je n’ai rien trouvé.

Je ne pense pas avoir fait une découverte inédite, beaucoup de gens ont dû faire le rapprochement, mais je voulais juste partager avec vous ma petite trouvaille personnelle.

Si cela se trouve, j’ai complètement faux sur toute la ligne mais la photographie a bel et bien était prise sur le front de Teruel.

Jaskiers

Ernest Hemingway : sur la guerre.

Hemingway a tout juste 18 ans sur le front italien pendant le Première guerre mondiale. Engagé en tant qu’ambulancier dans la croix rouge, il sera blessé sur le front du Piave. Il sera le PREMIER BLESSÉ AMÉRICAIN de la Première Guerre Mondiale ! Touché aux jambes par un obus et par une balle de mitrailleuse, il reviendra en Amérique « troué comme une passoire », décoré de la prestigieuse Croce de Guerra. Cette expérience lui inspirera « L’adieu aux armes », un des plus beau roman de guerre et d’amour. Car en Italie, hospitalisé à Milan, il rencontrera son premier grand amour, Agnès Von Kuroswki, infirmière de la Croix-Rouge.

On écrivait jadis qu’il est doux est bienséant de mourrir pour son pays. Mais dans la guerre moderne, votre mort n’a rien de doux et de bienséant. Vous mourrez comme un chien sans raison valable. Atteint à la tête vous mourrez rapidement et proprement, doucement et avec bienséance même, hormis l’aveuglant éclair blanc qui ne finit jamais, à moins peut-être que l’os frontal ou votre nerf optique ne soient rompus, ou votre mâchoire emportée, ou votre nez et vos pommettes arrachés, de sorte que vous pouvez encore penser mais que vous n’avez plus de figure pour parler. Mais si vous n’êtes pas atteint à la tête, vous serez atteint à la poitrine, et vous étoufferez, ou dans le bas-ventre, et vous sentirez tout glisser et se défaire quand vous ouvrirez, se répandre quand vous cherchez à vous lever ; ce n’est pas très douloureux, dit-on, mais cela fait toujours hurler ; c’est l’idée, je suppose ; ou vous aurez l’éclair, le bruit assourdissant d’un puissant explosif sur une route difficile et vous constaterez que vos jambes sont coupées au-dessus du genoux, ou peut-être juste au-dessous du genoux, ou peut-être qu’un seul pied sera parti et vous apercevrez l’os blanc qui pointe à travers la bande molletière, ou vous les regarderez enlever une botte avec votre pied en bouillie dedans, ou vous sentirez un bras battre mollement et ce qu’on ressent quand un os râpe, ou vous brûlerez, étoufferez et vomirez, ou vous serez déchiqueté de mille manières, sans douceur ni bienséance ; mais rien de cela ne signifie quoi que ce soit. Aucun catalogue d’horreur n’a jamais tenu les hommes à l’écart de la guerre. Avant la guerre, vous pensez que ce n’est pas vous qui mourrez. Mais tu mourras, mon frère, si tu y reste assez longtemps.

La seule manière de combattre le meurtre qu’est la guerre est de montrer les combinaisons malpropres qui les créent et les criminels et les salauds qui l’espèrent et la manière idiote dont ils la conduisent quand ils l’obtiennent, de sorte qu’un honnête homme s’en défiera comme il le ferait d’une affaire véreuse et refusera de s’y laisser asservir.

Ernest Hemingway

Extrait de : Réflexions sur la prochaine guerre : une lettre sérieuse sur l’actualité

Esquire : septembre 1935

Tiré de l’ouvrage : En ligne de Ernest Hemingway

Jaskiers