Une peine d’exception par Patricia Cornwell

Quatrième de couverture :

Étrange cérémonial que de préparer l’autopsie d’un homme qui n’est pas encore mort…

C’est pourtant à quoi s’occupe le médecin-légiste Kay Scarpetta, en ce soir de décembre, en attendant le corps de Ronnie Joe Waddell, qui ne sera officiellement déclaré mort sur la chaise électrique qu’à 23 h 05.

Cette même nuit, le corps d’un adolescent de treize ans est découvert, mutilé, contre une benne à ordures. Et l’on relève sur les lieux du crime l’empreinte digitale d’un homme qui ne peut pas être coupable – cette même empreinte qui a fait condamner Waddell…

L’auteur de Postmortem, lauréate du célèbre prix Edgar Poe, nous offre ici une intrigue et un suspens à couper le souffle.

Un polar. Cela faisait longtemps que je n’en avais pas lu.

Dans les derniers temps, j’étais plongé dans les récits d’histoires vraies, cela m’a fais bizarre de replonger dans « l’imaginaire », dans la création pure.

Il m’a été un peu difficile de faire avec le sentiment que ce que je lis est une fiction, tellement je me suis gavé (et me gaverai encore!) de récits vrais, d’histoire vécues.

Toujours est-il que cette lecture était intéressante. La quatrième de couverture était attirante, j’aime ces livres à mystère, comme peuvent (ou pouvait) le faire Stephen King, Arthur Conan Doyle et consœurs.

Suivre Scarpetta, une légiste dans un mystère entourant un tueur en série, un exécutions sur la chaise électrique, des manipulations informatiques, des drames familiaux et un flic au bout du rouleau, c’est ce qui nous attends dans ce roman policier.

Le scénario est bon. Peut-être un peu trop car l’auteure semble s’être un tout petit peu perdue ou en manque de quelque chose vers la fin du roman. L’ouvrage déroule presque dès le début des notions d’informatiques qui pourraient perdre l’intention du lecteur, notamment pour ceux qui ne s’intéressent pas à l’informatique. Ça a été le cas pour moi, je ne suis pas un professionnel du codage, même si j’ai pu comprendre, en gros et difficilement, l’utilisation de cette partie informatique et son incorporation dans le récit.

Malgré cela, l’auteure avait une très bonne idée de scénario qui je pense aurait pu être poussée bien plus loin. Plus développée, plus creusée.

Il n’en reste pas moins un beau, violent et dur récit, sur la famille, les amis et le combat d’une femme pour la vérité.

Les différentes ramifications de l’histoire, les nombreux protagonistes, les événements, tout cela est parfaitement rythmé mais je pense que l’auteure aurait pu encore plus en tirer, elle aurait pu bien plus étirer l’histoire et son intrigue mais j’aime les histoires longues, peut-être est-ce une question de goûts. Peut-être ai-je tout faux car je n’ai pas lu assez de roman policier/thriller, peut-être que ce sentiment vient uniquement de moi et que l’histoire et ses subtilités me sont passé à côté. C’est d’ailleurs fort possible.

Les dialogues sonnent parfois un peu faux, par là je veux dire que les protagonistes ne parleraient pas de cette façon dans la vraie vie. Leurs échanges ne semblent pas totalement naturels. Question de goût là aussi.

Je ne dirais pas que le fin est décevante, le livre terminé sur une sorte de cliffhanger, on se doute que l’auteur avait sûrement en tête un deuxième tome. C’est ce que je n’aime pas vraiment quand je finis un livre. Pour savoir la vraie fin, il faut acheter le tome 2. Et après recherche pour ce livre, votre serviteur à découvert qu’il existait d’autres aventures, beaucoup d’autres, du docteur Kay Scarpetta… Donc je reste confus par la fin ou bien ai-je mal compris le message que voulait faire passer l’auteure. Sûrement, je n’en ai compris qu’une petite partie. Peut-être ai-je carrément mal compris certaine partie de l’histoire me poussant à dire que certains évènements restent sans réponses ou que, là encore, ils n’ont pas été développés à fond. Je suis sûrement et complètement passé à côté du style d’écriture de l’artiste. Un jour peut-être achèterais-je les autres ouvrages mettant en scène docteur Scarpetta. Peut-être même le devrais-je ? Une deuxième chance s’impose !

J’ai donc des réserves sur ce roman mais ces réserves sont uniquement personnelles. Je ne voudrai pas gâcher le plaisir d’un potentiel lecteur avec mon manque certain d’intellect.

Les passages psychologiques, tenant sur le psyché de/des tueurs sont intéressants surtout Cornwell fait intervenir un agent profiler du FBI. La fameuse unité de recherche comportementale, comme dans Le Silence des Agneaux, la série Esprits Criminels ou Minds Hunter (que je vous conseil expressément si vous aimez les sciences comportementales visant les criminels). L’auteur aurait pu developer ces passages, mais cela est dû à mon goût personnel pour ce genre de sujet et peut-être, encore une fois, là n’était peut-être pas le message ou le but du roman.

Nous avons même le droit à des cours d’informatiques qui peuvent s’avérer compliqués et embrouiller le lecteur (ce qui m’ai arrivé). Ça et même un peu d’ésotérisme, ce dernier sujet étant utilisé avec parcimonie. Accrochez vous donc pour les parties techniques informatiques.

Toujours est-il que j’ai apprécié une bonne partie du roman bien que j’ai été déçus par certaines choses. Peut-être le lirez vous, ou l’avez déjà lu et que votre opinion est complètement différente de la mienne, que vous êtes fan du Docteur Scarpetta, donc pourquoi pas partagez vos ressentis et conseils ?

Voici quelques extraits :

Je ne peux pas aller au gogues, me moucher ni fumer sans que les gardiens notent mes moindres gestes. Il n’y a pas d’horloges. Je ne sais jamais quel temps il fait. J’ouvre les yeux et je vois un mur nu qui court à l’infini. Qu’est-ce qu’un homme est censé éprouver quand il est à la veille de faire le grand saut ?

Comme une chanson triste, triste à mourir. Je ne connais pas les paroles. Je ne me souviens pas. Ils disent que ça s’est passé en septembre, quand le ciel était couleur d’œuf de merle, que les feuilles des arbres s’embrasaient et tombaient sur le sol. Ils disent qu’une bête féroce a terrorisé la ville. Après présent, il y a un bruit en moins.

Me tuer ne tuer à pas la bête. L’obscurité est sa complice, la chair et le sang son régal. Quand tu crois pouvoir cesser d’être aux aguets, alors, mon frère, c’est là qu’il faut te remettre à ouvrir l’œil.

Un péché entraîne l’autre.

Je me sent si abattue, engourdie. Je détestais les exécutions. Je détestais attendre qu’un homme meure, puis enfoncer mon bistouri dans une chair aussi chaude que la mienne. J’étais médecin et juriste. On l’avait enseigné ce qui donnait la vie et ce qui la supprimait, on m’avait appris la distinction entre le bien et le mal. Ensuite c’est l’expérience qui avait été mon maître, et elle avait foulé aux pieds cette innocente partie de moi-même encore idéaliste et analytique. Que quelqu’un qui réfléchit soit obligé de reconnaître que de nombreux clichés ont une réalité est décourageant. Il n’y a pas de justice sur cette terre.

Merde. Chaque fois qu’on se débarrasse d’un fumier, y’en a un autre pour prendre sa place.

– Quand je rentre à la maison, il n’aime pas que je lui raconte ma journée. Il le dit que c’est un travail horrible, que ce n’est pas bon pour moi. Il a raison. Je n’arrive pas toujours à décompresser. J’en ai assez de voir défiler des cadavres décomposés, des femmes violés, des gens mutilés ou tués par balle. J’en ai assez des bébés morts et des accidents de la route. Je ne veux plus de violence. (Elle le regarda, la lèvre tremblante.) je ne veux plus de mort.

[…] Il y a des tas de gens qui attendent depuis des années de vous voir saigner.

– je n’ai aucune intention de me laisser faire, dis-je en repoussant mon assiette.

– Doc, fit-il en soufflant un nuage de fumée, vous perdrez déjà votre sang. Et quand vous commencez à saigner au milieu d’une bande de requins, vous avez intérêt à sortir de l’eau en vitesse.

– Voyez-vous, j’ai senti très vite qu’il y avait quelque chose de malsain dans l’affaire Waddell. Lui et moi n’avons jamais réussi à établir une relation, ce qui est déjà très inhabituel. En général, un avocat et son client deviennent vite proches. En tant qu’avocat, je suis le seul à vouloir vous sauvez la vie dans un système qui veut votre mort, le seul à travailler pour vous dans un système qui travail contre vous. Or Robbie s’était montré si distant envers son premier avocat que celui-ci avait jugé l’affaire sans espoir et avait renoncé. Quand j’ai repris le dossier, Robbie s’est montré tout aussi distant. C’en était démoralisant. Chaque fois qu’une certaine confiance commençait à s’instaurer, un nouveau mur s’élevait soudain entre lui et moi. Il se réfugiait dans le silence et se mettait, littéralement, à transpirer.

-Quand la violence virus touche de près, vous êtes forcément éclaboussé. Sali.

– Je suis plus qu’éclaboussée. J’ai l’impression que je suis en train de me noyer.

– Le principe fondamentale ? Le corps ne ment pas

Si je le conseil ? Bien sur, le roman est loin d’être mauvais est contient quelques passages qui vous scotche au livre, un petit page-turner sympathique mais de ma part, pas plus, car il manquait quelque chose… Encore une fois, je suis peut-être passé à côté de l’histoire. Ne surtout pas se borner à ma lecture mais à la vôtre !

Jaskiers

Paris : Les lieux de la résistance de Anne Thoraval

Quatrième de couverture :

La vie quotidienne de l’armée des ombres dans la capitale.

Dès l’été 1940, refusant l’armistice, quelques poignées de Parisiens se cherchent, désireux de « faire quelque chose ». Un premier groupe se forme, au musée de l’Homme ; d’autres suivront.

Résister à Paris de 1940 à 1944, c’est recopier un tract, imprimer une feuille qu’on hésite à qualifier de journal, tracer à la va-vite un graffiti sur un mur, glaner des renseignements dans l’espoir de les retransmettre à Londres… plus tard cacher des prisonniers évadés, des réfractaires au STO, trouver des faux papiers… L’action quotidienne est humble et obstinée plus que spectaculaire, même si elle expose à de grands dangers. C’est cet ordinaire qui transparaît dans l’évocation des lieux de la résistance parisienne : où dormir, où tenir une réunion, où imprimer un journal, où trouver des camarades… Une géographie se dessine d’un Paris clandestin, dérisoire par le nombre, immense par sa foie inébranlable dans la victoire.

J’ai eu se livre en cadeau. Je n’aurai pas choisi se livre, parce que je ne connais pas du tout la géographie de Paris. J’aurai pu lire se livre avec Google map ouvert à mes côtés mais les lieux ont changées. Certains bâtiments ont été démolis.

Je me suis plus focalisé sur les individus et leurs actions. Il y a tellement de chose à raconter, de personnes à citer, de lieux, d’actions clandestines que je me suis perdu dans se livre, perdu dans Paris. Je n’ai pas su par quel bout prendre cette œuvre. Nous passons d’un article (car le texte, dans son ensemble, ressemble à des regroupements d’articles), d’une action se passant en 1940 pour passer à un tout autre article, sur un autre groupe de Résistant se passant en 1943. J’ai lu l’ouvrage jusqu’au bout malgré tous. Hey c’était un cadeau !

J’ai quand même trouvé, en comparaison avec la quatrième de couverture, que beaucoup de parisiens se sont mobilisés. Des femmes autant que des hommes, parfois très jeunes. Les photographies illustrant le livre sont parfois un peu « légères », il y en a de très intéressantes, comme celle d’un gestapiste guettant sa cible à la sortie d’une bouche de métro, où les lieux où se sont déroulé des événements importants. Le livre contient beaucoup de photographies des résistants en états d’arrestations.

La collaboration de la police et de la gendarmerie française avec les forces allemande est omniprésente dans l’ouvrage. Une honte de lire de telles choses. Bien qu’il faut noter qu’il y avait des résistants dans les forces de l’ordre française.

La Résistance était aussi (et surtout ?) le fait de petites gens dont les actes anonymes, les petits coups de mains, faisaient une grande différence.

Il est intéressant de voir où a été imprimer Le silence de la mer de Vercors.

Un reproche que je ferais au livre, il n’y a aucune carte de Paris ! Je ne connais pas Paris, à part les grands monuments et bâtiments mais c’est tout. Une carte complète et légendée aurait beaucoup aidé ma lecture.

Je vous le conseil uniquement si vous connaissez Paris comme votre poche et/ou que la Résistance vous passionne. Car on vous balance les noms, les lieux, comme si vous étiez déjà un fin connaisseur de l’histoire, de la géographie de la ville et de la Résistance. Malheureusement je ne le suis pas. Le travail d’historienne fournie par l’auteure est impressionnant. Le travail de documentation est monumental.

Ne pas oublier les actes de sacrifices et de résilience de gens lambdas qui se sont battus et exposés à leurs risques et périls, je crois que c’est le but de cet ouvrage. Et c’est réussi sur se point.

Ce n’est donc pas vraiment une review du livre en profondeur, je voulais juste avertir un potentiel lecteur/lectrice. Pour appréciez pleinement, il vous faut connaître Paris comme si vous l’aviez construite.

Jaskiers