Robert Capa – La collection

Quatrième de couverture :

Photographe majeur du XXe siècle et cofondateur de l’agence Magnum Photos, Robert Capa (1913-1953) avait l’âme d’un journaliste fervent et engagé et l’œil d’un artiste. Riche de plus de 70 000 négatifs, son œuvre fournit un témoignage sans équivalent sur vingt-deux années cruciales (1932-1954) où se déroulèrent certains des événements les plus sombres et les plus marquants du siècle dernier. Cet ouvrage présente la sélection iconographique la plus complète jamais publiée sur Robert Capa : 937 photographies choisies par son frère Cornell Capa (lui-même photographe réputé au magazine Life) et par son biographe, Richard Whelan, qui ont repris une à une ses planches-contacts afin de constituer cette somme. Présentées par ordre chronologique, les photographies sont accompagnées de commentaires et de légendes. C’est donc à une revue détaillée des temps forts d’une carrière que le lecteur est ici convié, une carrière qui conduisit Robert Capa de l’Espagne déchirée par la guerre au débarquement des alliés à Omaha Beach, mais aussi après de Picasso et de nombreux autres artistes et comédiens et jusqu’en Indochine, où il trouva la mort quelques instants seulement après avoir pris ses ultimes images.

« Les 937 clichés choisis […] parmi les quelque 70 000 négatifs sont autant de chefs-d’œuvre. » (Libération)

« Les clichés de ce superbe album témoignent d’un des plus grands photoreporters de notre époque. » (L’Express)

« Cet énorme recueil, une somme indispensable pour tout amoureux de la photo, agit comme une mémoire qui refuse le silence. » (Le Point)

Votre serviteur a dépensé une coquette somme pour se livre de collection. Je l’ai reçus, et j’ai découvert que les légendes et les textes à l’intérieur du livre étaient en allemand. Et votre serviteur a beau avoir fait des années d’allemand, il n’est jamais arrivé à assimiler ne serait-ce que le minimum pour pouvoir se présenter décemment dans la langue de Goethe… J’ai donc béni l’existence des sites de traductions et me suis armé de patience.

Je pensais que le livre contenait les photos de la fameuse Valise Mexicaine, il s’avère que non, le livre ayant été publié avant la découverte de la valise contenant de magnifiques photographies prisent par Capa, sa femme Gerda Taro et leurs ami Chaim. Le livre de la Valise Mexicaine est dispo sur Amazon. (Et sera peut-être un jour dans mes mains !)

L’ouvrage commence avec les photos d’un meeting de Trotsky, Capa semble s’être focalisé sur ses mains, ses gestes.

Ensuite, nous avons le droit aux grèves d’ouvriers à Paris, des photographies des élections.

Vient ensuite un sujet important dans la carrière de Capa, celui de la guerre civile espagnole. Capa ne prends pas de photos de cadavres. Il aime prendre des photos de groupe, des soldats, pour la plupart très jeunes, hommes et femmes, derrière leurs barricades ou derrières leurs fusils. Je pense que Capa prenait ces photos de groupes pour montrer la solidarités, l’unité (qu’ils n’y avaient pas forcément) dans les forces républicaines. Ils jouent avec la lumière, les contrastes et le flou, cette dernière méthode donne une impression d’action, comme si vous étiez sur le terrain.

Pas de cadavre donc, mais des photos de ruines, de maisons et de bâtiments éventrés, gardant encore les traces des anciens occupants. Portraits, meuble, objets divers.

Des photographies de réfugiés, souvent des femmes et des enfants, les femmes ayant le visages émaciées, comme si Capa voulait nous montrer les sacrifices des mères. Certaines images sont prise en portait, en gros plan, ou l’ont vois la détresse et la fatigue. L’anxiété et la peur. Il y rencontrera aussi un certain Ernest Hemingway.

Valence, Espagne, décembre 1937. Ernest Hemingway rencontre l’écrivain russe Ilya Ehrenburg. Hemingway et Capa seront de grand amis. (Photo incluse dans l’ouvrage). Crédit : Magnum Photo/Robert Capa.

Passage à Paris pour aller en Belgique, Capa photographie les meetings des différents syndicats de travailleurs, photographie les politiques en plein discours. Les gestes, les regards, les points levés des hommes politiques montrent à quel point la situation était tendue à cette époque.

Un petit retour en Espagne pour photographier la situation de la guerre civile à Bilbao, puis, petite visite à New-York pour voir sa mère et son frère.

Puis encore un voyage en Espagne.

C’est le terrible front de Teruel, la bataille est féroce entre les Républicains et les rebels. Capa photographie des corps sans vie sans rentrer dans le gore, le voyeurisme.

Enfin la Chine, pour couvrir la guerre Sino-Japonaise. Il ira jusqu’au front de Sutschou. Soldats blessés, civiles fuyant la guerre, enfants souriants malgré le malheur.

Un passage à Barcelone, les Républicains sont acculés. Sur les clichés, les soldats sont pris en contre-jour, tel des ombres. Les civiles regardent le ciel, la crainte d’un bombardement aérien dans les yeux.

Puis, s’est sur le front d’Aragon qu’il se déplace.

Les civiles, en grande majorité des femmes, des personnes âgées et des enfants, sur les routes. Les visages sont fatigués et anxieux. Leurs destinations : la frontière française.

En image : les hideux camps d’interments français où seront parqué les réfugiés, celui d’Argeles-sur-mer par exemple.

La Belgique encore, puis le Luxembourg, où il suit une procession religieuse.

Redescend dans le pays Basque, puis suit le Tour de France de 1939 pour le magasine Match

Nouveau-Mexique en 1940 pour prendre en photo des cowboys pour LIFE puis New-York pour photographier Dorothy Maynor, Paul Robeson, Gertrude Lawrence, Jinx Falkenburg et une soirée de Jazz alcoolisée dans un train. Noir et blanc, dansant ensemble, chantant ensemble, buvant ensemble. La photographie est importante dans une Amérique encore très profondément raciste.

Direction le Mexique pour des élections. Des élections tendues. Des morts, des procession funéraires.

Retour en Amérique, dans l’Indiana pour photographier pour LIFE les jeunes fêtards dans les bars.

Puis Sun Valley dans l’Idaho pour photographier un Hemingway à la chasse avec Martha Gellhorn. Et trois magnifiques photographies d’Ernest en train d’écrire, son crayon de papier et ses brouillons, pleins de rature, concentré, avec un pansement sur le majeur de sa main droite. (Hemingway sans une blessure, ce n’est pas Hemingway !)

Martha Gellhorn et Ernest Hemingway. Credit : Magnum Photo/Capa (présente dans le livre)
Ernest Hemingway. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre)
Ernest Hemingway. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre en noir et blanc)
Ernest Hemingway. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre)
Ernest Hemingway. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre)
Ma photo préféré d’Hemingway par Robert Capa. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre)

Vient ensuite Londres, les civils sous les bombes allemandes. Pas de voyeurisme, pas de gore, des ruines, des habitants avec les masques à gaz, réfugiés sous terre, ou dans les rues, avec le sourire.

En 1943, il photographie les soldats américains en Grande-Bretagne, sympathisant avec les habitants pour le magazine Collier’s et Weekly Illustrated.

Retour en Idaho, pour prendre en photo Hemingway avec son fils, Gregory, à la chasse. Avec en prime un cliché de Gary Cooper, l’acteur qui jouera le rôle de Robert Jordan dans le film tiré du roman d’Hemingway : Pour qui sonne le glas.

Capa part pour Collier’s comme photographe de guerre avec l’armée U.S. en Afrique du Nord pour suivre l’avancée de l’offensive de Patton en Tunisie.

Il photographie De Gaule et Giraud, les grands rivaux, à Alger, il immortalise ainsi la présence de la France Libre dans la guerre contre l’Axe.

Puis l’armée américaine libère la Sicile, Capa capture des moments de liesses, les siciliens accueillant leurs libérateurs.

Robert suit l’armée jusqu’en Italie. Les photos de soldats, fatigués mais sur le qui-vive, la poussière, les grandes plaines, la chaleur, les blessés civiles et militaires. Les hôpitaux militaires et les soldats convalescents.

À la bataille pour le Mont Cassino, il immortalisera les soldats de la division Marocaine commandée par le général Juin.

Vient ensuite le débarquement de Normandie. Les plus fameuses de ses photos de la seconde guerre mondiale, dont celle en couverture de se livre, feront le tour du Monde. Il n’oubliera pas de visiter son vieil ami Hemingway sur son lit d’hôpital après un stupide accident de jeep. Sa tête serait passée à travers le pare-brise.

Hemingway hospitalisé à Londres après son accident en Jeep. Photo : Robert Capa. Magnum Photo. Mai 1944. (Présente dans le livre)
Hemingway hospitalisé. Robert Capa/Magnum Photo. Mai 1944. (Présente dans le livre)

Les captures du débarquement sont intenses ! Le flou, les soldats allongés, la pagaille. Malheureusement, la plupart de ses négatifs auraient été détruit à cause d’un problème de développement. J’ai lu une autre version de cette histoire. Voici un article de Télérama sur cette autre version : https://www.telerama.fr/scenes/robert-capa-a-t-il-panique-durant-le-d-day,129730.php

Panique ou pas, j’aurai paniqué pour sur cette plage. Le respect a Capa lui ai dû.

Les troupes ayant un pied ferme sur les plages de Normandie, Capa photographie des morts, des soldats allemands creusant des tombes pour la sépulture des soldats. L’arrivée des tanks, et autres engins de guerre.

S’en suit bien évidement des photographies de la terrible bataille de Normandie, dans les bocages, les champs. Il prendra une magnifique photo du Mont Saint-Michel durant son périple. Il était accompagné d’Ernest durant cette épopée !

Ils prends en photo les groupes de soldats allemands fait prisonniers. Il n’oubliera pas d’immortaliser une infamie française, la tonte des femmes accusées de collaboration verticale avec l’ennemi. Ces photographies sont édifiantes, une honte de voir ses femmes humiliés et raillées en publique, certaines avec leurs enfants dans leurs bras.

Capa suit la division blindée Leclerc et la libération de Paris. Soldats français, américains et résistants combattent côte à côte.

À la Libération de Paris, De Gaulle et la liesse d’une ville libérée.

Paris libérée, il rendra visite à Pablo Picasso dans son atelier.

Après la libération de Toulouse, il photographiera un meeting de Républicains espagnol. L’espoir renaît pour ces espagnols, malheureusement l’Histoire ne leurs prêtera jamais ne serait-ce qu’un peu de chance.

Puis de retour sur le front, il suit la bataille du terrible front de Bastogne en Belgique.

Après la terrible contre-attaque de la dernière chance des allemands repoussée, il suit les parachutistes américains sautant au dessus de Bei Wesel, en Allemagne. Puis Leipzig et enfin Berlin. Il photographie les soldats américains à Nuremberg, c’est la fin de la guerre contre les Nazis.

Dans Berlin libéré, il photographie des juifs dans une Synagogue. Le symbole est fort. Il capture aussi les habitants désœuvrés par la terrible bataille de Berlin. Des soldats américains et russe fraternisant. Là aussi, le symbole est fort, sachant que la guerre froide est juste sur point de débuter. Il n’oublie pas les enfants orphelins des SS, ces enfants étaient un plan d’Hitler, pour peuple le futur « Reich Millénaire » de soldat ethniquement « pure ».

Après la guerre, direction Hollywood, s’est Ingrid Bergman, célèbre actrice qu’il prend pour sujet. Elle tourne un film avec un certain Alfred Hitchcock.

Capa à la bougeotte, et une autre figure littéraire célèbre aussi… Non pas Hemingway mais Steinbeck avec qui il sillonnera la Russie !

John Steinbeck et Robert Capa durant leurs voyage en Russie, voyage surnommé « Le circuit de la Vodka ». Moscou Août/Septembre 1947. Photo Robert Capa/Magnum Photo. (Photographie présente dans le livre)

Il signe de magnifiques photographies de fermière ukrainiennes russes, des processions religieuses en Géorgie, un mariage en République Tchèque (Tchécoslovaquie).

L’épopée en Union-Soviétique terminée. Il se rend dans la toute nouvelle Israel. Il photographie les familles venant d’Europe par bateau et la guerre entre Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l’Irak et l’Egypte.

Il voyage ensuite en France, plus précisément sur la fameuse French Riviera où il photographie Picasso, Françoise Gilot, sa compagne, et leurs fils Claude Picasso.

Puis, un retour en République Tchèque (Tchécoslovaquie) où il documente la reconstruction du pays.

À Varsovie, il immortalise les ruines du ghetto. Image poignante. Là où tout un peuple innocent a souffert, il ne reste que des gravats. Le ghetto ayant été détruit à coup de bulldozer.

Voyage en Amérique. Il photographie le président Truman et Dwight Einsenhower devant la tombe de Patton.

Il retourne en Israël pour photographier la vie des Juifs Orthodoxes. Il photographie des Kibboutz, des jeunes enfants juifs dans leurs nouvel environnement.

De retour en France, il photographie Picasso, son fils, sa compagne et rends visite à Henri Matisse. Petit voyage en Autriche, s’est la fête. Puis la France, là aussi, s’est la fête, le 14 juillet.

En Allemagne, c’est un portrait d’une génération confuse, assommé traumatisée et perdue qu’il capture.

Petit passage en Norvège, puis Paris encore où la fête et les amoureux reprennent leurs droits.

À Londres, il photographie encore son vieil ami Steinbeck, un certain Faulkner et Truman Capote.

William Faulkner par Capa. Magnum Photo. (Photo présente dans le livre)

Direction le Japon. Qui se remet petit à petit de la guerre et des deux bombes nucléaires reçues sur son sol.

Puis l’Indochine. Le Laos et le Vietnam avec l’armée française, c’est la guerre, la France se retire après le désastre de Ðiện Biên Phủ. Capa prendra sa dernière photo, celle de soldat français avançant en terrain miné.

P.S. : j’ai décidé de faire la chronologie du livre et pas forcément la chronologie de la vie de Capa. J’ai suivi l’ordre des photographies mais pas les événements de sa vie avec précision. Les photos que j’ai choisis de poster son celle d’auteurs américains, pour une raison purement personnel. On parle de Capa, donc de photo, mais je n’avais pas envie de poster trop de photographie, en espérant que vous les découvrirez un jour par vous même.

P.S.2. : ne faite pas comme votre serviteur, faite attention à la langue du livre quand vous acheter !

N’oublions pas Gerda Taro. Morte très jeune en faisant son métier.
Petite photo bonus de votre serviteur : Hemingway et Capa (à droite) accoudés à un bar. Crédit photo : Lloyd Arnold.

Jaskiers

Petite balade sur les quais de Seine près de Rouen.

Accompagné de notre fidèle Roméo !
Je suis « nouveau » dans les environs et cette… œuvres m’a toujours intrigué depuis mon arrivée.
De plus près.
Enfin la Seine !
Un peu (beaucoup) de pollution.
L’odeur cher(e)s ami(e)s !
Le soleil, la Seine et la rive.
Vue sur Rouen.
La rive, des cailloux, sous un pont ferroviaire.
Je n’ai pas eu confiance en cette échelle. Et je pense que vous ne devriez pas non plus.
C’est déjà la fin. Comme vous pouvez le voir Roméo était pressé de continuer la balade, j’ai pris de mauvaises photographies, et j’ai choisi de les partager avec vous car… Je ne sais pas !

Pour ceux déçus des photographies et de cet article, et je l’avoue, il ne casse pas trois pattes à un canard, voici deux gifs que j’ai déniché pour vous :

Marilyn Monroe !

Et :

James Dean !

Bisous et bon week-end à vous !

Jaskiers

J’ai trouvé mon livre préféré dans la rue.

Je n’avais pas envie de sortir aujourd’hui. Mais mon Roméo, mon Chihuahua, avait envie. Et il faisait beau et doux, avec le vent mythique de la Normandie. Le masque sur le nez, je ne pourrais pas vous décrire se que j’ai pu sentir.

Je n’avais pas vraiment le moral, en attente d’une mauvaise nouvelle, une très mauvaise nouvelle qui traîne à venir. Le coup de fil ou le message que personne n’aimerait recevoir. Par chance je ne le recevrai peut-être pas, j’angoisse pour rien. Peut-être.

Il y a des moments durs dans la vie, si si je vous promets ! D’ailleurs vous n’aviez pas remarqué ? Mais celui-là est d’un genre nouveau et cruel pour moi. (Faisons pleurer dans les chaumières !)

Et puis il y a dans ces jours des heureux hasards.

Comme trouver son livre préféré dans la rue. En mauvais état certes mais là ! À mes pieds.

Je l’ai ramassé, c’est un livre de poche, qui ne rentrait dans aucune des miennes mais je l’ai gardé à la main pendant cette petite balade. J’ai pensé à sortir lire dehors. Un jour peut-être. « Peut-être » pourrait-être le deuxième titre de cet article.

J’ai ramené le livre à l’appartement. Je le garde. Je ne pouvais pas le laisser là.

Désolé à celui ou celle qui l’a perdu, mais je ne pouvais pas le laisser dans la rue comme ça. Il est au chaud maintenant, à l’abris du vent cruel de la Normandie, de la pluie et même du soleil.

Et merci de m’avoir redonner un peu de baume au cœur !

Jaskiers

Héroïne : Catherine Leroy, photographe de guerre française, saute en parachute avec l’armée américaine, prisonnière au Vietnam, elle s’évade.

1 mètre 48 pour 40 kg, Catherine Leroy s’apprête à décoller avec la 173éme compagnie aéroportée américaine.

Catherine Leroy était une reporter et une photographe de guerre française. Elle remportera le prix Capa, une première pour une femme, pour sa couverture de la guerre civile au Liban et le prix George Polk pour celle du Vietnam.

Catherine Leroy avant son saut avec la 173è aéroportée, Opération ‘Junction City’, Vietnam. 22 février 1967 © Bob Cole

Elle fut faite prisonnière au Vietnam par les troupes Nord-Vietnamienne. Ces derniers lui donneront comme mission de prendre en photo leurs quotidiens. Elle s’évadera et ramènera des photos rares de la guerre côté Nord-Vietnamien pour Life.

Catherine Leroy avec les forces Nord Vietnamiennes dont elle fut prisonnière, Hué, Vietnam. Février 1968 © DCL (courtesy François Mazure)

Elle réalisera un film The Last Patrol sur l’histoire des mouvements contestataires contre la guerre du Vietnam.

Photographie de soldats Nord-Vietnamiens, prise par Catherine durant sa détention.

Elle couvrira plusieurs conflits : Vietnam, Somalie, Afghanistan, Libye, Iran, Irak…

Catherine Leroy au milieu de soldat américain au Vietnam.

Je n’ai pu trouver aucun livre sur elle, pas de biographie, rien. J’ai trouvé un ouvrage de photographies et de reportages compilés par Catherine : Under Fire: Great Photographers and Writers In Vietnam.

Peut-être ses photographies les plus connus. Celle prise durant la bataille pour la cote 881, ou un jeune soldat américain, Vernon Wike essai d’écouter si le cœur de son frère d’arme bat toujours. Catherine sera blessée lors de cette bataille.

Une grande femme oubliée par l’Histoire et la France.

Site internet dédié à Catherine Leroy et à ses travaux : https://dotationcatherineleroy.org/fr/

Jaskiers

Balade avec Roméo et rencontre avec des canards.

Seul au monde, voici Gérard, regardant ses ami(e)s et questionnant ses choix de vie.
Voici Josiane et Huguette, leurs activités favorite ? Juger le plumage (et la vie amoureuse) des autres canards.
Elles ? Se sont les pires ennemies de Josiane et Huguette. Elle s’appellent Geneviève et Gertrude. Occupation ? Comme Josiane et Huguette.
Josiane et Huguette rentrent au bercail, sans manquer de gronder le jeune Bertrand, pour des raisons inconnues.
Deux jeunes parents avec leurs petits expliquants à ces derniers la manie qu’ont les humains de planter des trucs de bois au milieu du lac.
« Ne te retourne pas Antoine, mais je crois qu’un humain avec son chien miniature nous observent… »
Le canard de gauche a essayé d’approcher la demoiselle à droite.
Canard de gauche lance une phrase d’accroche.
Canard de gauche s’est prit un râteau, repart vers d’autres possible conquête.
Hey les mecs, y’a du pain ! Et un arc-en-ciel qui se reflète sur l’eau !
Mesdames prennent un bain de soleil après la baignade.
Un rongeur se cache dans cette photo !
Un gang de canards curieux…
Des canards… qui nagent.
Encore des canards qui nagent. Incroyable !
Encore des canards qui nagent ! Décidément ! Qui l’eut cru ?!
Deux canards policiers, vérifiant si nous portons bien nos masques.

Roméo ? Roméo ? Pouvons nous avoir une interview ?

Allez-y, allez-y mais pas tous à la fois !

Quel est votre sentiment après se premier contact avec des canards ?

Question intéressante ! Laissez moi réfléchir…

Alors alors ?

Ils sont gros, bruyants et volent très vites. Pas mon truc les ami(e)s.

Merci Roméo pour de nous avoir accordé de votre précieux temps !

Quant à moi je vous laisse avec cette photo d’un avion qui nous a survolé, avec un bel arc-en-ciel.

Jaskiers

La guerre Iran-Irak 1980-1988 de Pierre Razoux

Quatrième de couverture :

On ne peut pas comprendre la situation qui prévaut aujourd’hui dans le Golfe sans saisir les frustrations et craintes persistantes qui découlent directement de la guerre entre l’Iran et l’Irak de 1980 à 1988. Terriblement meurtrière, celle-ci a marqué à jamais les esprits par les images dramatiques d’enfants envoyés au combat, les villageois gazés, les villes en ruines, les pétroliers en feu ou les tranchées ensanglantées.

Pour en retracer les événements, et grâce à des sources inédites de première main, Pierre Razoux explique les opérations militaires et détaille les nombreuses affaires – Irangate, attentats en France, enlèvements au Liban – étroitement liées à ce conflit. Une histoire faire de rebondissements permanents au grès de l’attitude des pétro-monarchies, de la Russie, de la Chine et des Etats-Unis, mais aussi caractérisée par la compromission de nombreuses nations, parmi lesquelles la France…

Pierre Razoux est directeur de recherche à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM). Praticiens des relations internationales, spécialiste reconnu du Moyen-Orient, il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence portant sur les conflits contemporains et le conflit israélo-arabe, en particulier chez Perrin Tsahal. Nouvelle histoire de l’armée israélienne.

« Trente-sept ans après le début des hostilités, Pierre Razoux nous ouvre les portes de ce conflit si déterminant pour le Moyen-Orient, un tournant géopolitique dont les effets perdurent. »

Le Monde

Un soldat irakien observe l’incendie de la raffinerie iranienne d’Abadan. 1980.

Curieusement… en fait non, ce n’est pas surprenant, je ne connaissais rien de ce conflit, absolument rien. Jamais appris de ce conflit à l’école, et cette guerre semble être passée à la trappe de la mémoire collective, françaises du moins. Pourtant, comme souvent au Moyen-Orient, les puissances européennes ne sont jamais loin. Les puits de pétroles, l’or noir en étant la raison principale. Mélanger à cela la guerre froide, l’URSS et les U.S.A. cherchant la destruction de l’un et de l’autre tout en évitant le conflit directe, incorporant dans leur lutte des pays qui souffriront, et qui seront marquées et déstabilisées et dont les blessures et conséquences se voient encore aujourd’hui.

Voici un livre sur la plus longue guerre du XXeme siècle.

Le président (dictateur) irakien Saddam Hussein. Décrit par l’auteur comme un homme violent, attentif mais cruel. N’hésitant pas à exécuter des officiers et généraux à la moindre erreur. (Photo de propagande)
Ayatollah Khomeiny. Le leader spirituel de l’Iran, meneur de la révolution islamique. Le président iranien Abolhassan Bani Sadr n’as presque aucun pouvoir réel dans son pays, le puissant Ayatollah détenant plus d’influence et de popularité. Le conflit interne en Iran opposera le président représentant la laïcité et l’Ayatollah représentant une société islamique. Pendant la guerre, se conflit interne minera l’effort de guerre iranien.
Carte de l’Iran et de l’Irak avec leurs capitales respectives.

La première agression est irakienne. Saddam Hussein voyant l’Iran dans une position précaire suite à la révolution islamique de l’Ayatollah Khomeiny, le dictateur Irakien y voit là l’opportunité idéal d’attaquer son voisin, très rapidement, une attaque à l’allemande de 1939, rapide. Pourquoi cette attaque ? Pour un peu plus de territoire… et d’autre raisons que vous découvrirez par vous même en lisant l’ouvrage.

Il demande à son État-major de préparer une attaque en règle en 1 mois. Malgré l’infériorité numérique de l’Irak, autant humain que technologique, Saddam mise sur l’effet de surprise.

La première attaque irakienne sera aérienne et se soldera par un match nul. Aucun dégât sérieux des deux côté. La riposte de l’Iran aura les mêmes résultats.

Soldat irakien.

Suit l’assaut terrestre, fantassins et blindé irakiens fonce sur les frontières iraniennes. L’attaque se solde par un résultat mitigée, mais le dictateur Baas a gagné du terrain.

Vient ensuite dans le livre un chapitre expliquant la montée au pouvoir des deux protagonistes de cette guerre. Le leader (dictateur) Baas, Saddam Hussein pour l’Irak et l’Ayatollah Komeinyh pour l’Iran. Deux entités complètement différentes. Le premier est considéré comme un gangster, le deuxième comme un potentiel extrémiste islamique par la communauté internationale.

En Iran, l’Ayatollah est le leader religieux, plus important que le président. D’ailleurs, l’Ayatollah a amené au pouvoir le président Abolhassan Bani Sadr, grâce à son influence. L’Ayatollah pourra avoir une certaine emprise sur le président, espérant ainsi le pousser à la faute pour prendre tous les pouvoirs. Le président en Iran n’aura que peu ou pas d’influence sur le pays, il est contrôlé et entouré de proche de l’Ayatollah. L’Iran devient au yeux de la communauté internationale une potentielle enclave islamique extrémiste.

L’Amérique a t-elle influencé Saddam Hussein a attaqué l’Iran ? Cette théorie reste encore d’actualité aujourd’hui. Je vous laisse découvrir l’avis et l’étude de l’auteur pour vous faire votre propre opinion. Toujours est-il que des pays de l’Occident ont des intérêts et influencés la guerre par la vente d’arme. Notamment la France et l’ex-URSS. La Russie cherchant à s’imposer au Moyen-Orient, une Russie qui d’ailleurs partira en guerre contre l’Afghanistan. Avec des conséquences, encore une fois, qui se sont répercutées de manière brutale dans le futur, aujourd’hui encore.

Le conflit Irako-iranien a déstabilisé encore plus le Moyen-Orient. Et les guerres fratricides continues encore aujourd’hui à faire des victimes innocentes.

Plusieurs pays choisissent leurs camps, et en changent souvent, soutenant l’un ou l’autre suivant les intérêts économiques. Pétrole, vente d’armes, opportunité économique diverse. Le but de ses pays, se faire de l’argent. Et de protéger leurs intérêts, surtout pétroliers, que les belligérants n’hésitent pas à attaquer pour influencer l’économie de l’un ou de l’autre.

Les attaques de raffineries sont monnaies courantes et font parties de la stratégie des deux pays.

Les pays arabes ne sont pas en reste. Ils choisissent leurs camps suivant leurs géographies, la menace potentiel, l’argent et l’influence en vu d’une victoire de leur « protégé ».

Ainsi l’ont réalise que la vie humaine ne compte pas du tous dans l’état d’esprit des Etats. Qu’ils soient européens, arabes, américain, russe ou chinois. Même ceux qui se déclare «neutre » font leurs affaires sous-le-manteau, car les pétrodollars sont à la clé.

Ainsi, c’est un conflit où beaucoup de pays apporte leurs aide. Officiellement ou officieusement. Voir sous la contrainte. De nombreuses prises d’otages et attaques terroristes majoritairement commises par les iraniens, pousseront certain pays, notamment la France à collaborer d’une manière ou d’une autre à la guerre.

Extrait : Au total, une quarantaine d’Etats contribueront à l’effort de guerre de l’Irak ou l’Iran. La moitié d’entre eux apporteront un appui matériel à la fois à l’Irak et à l’Iran, à un moment donné ou un autre. Ce sera le cas des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. En Europe, seule l’Irlande pourra se targuer de ne pas s’être sali les mains. Tous les autres États seront impliqués, à des degrés divers, dans des ventes de matériel militaire à l’un ou l’autre des belligérants, bien souvent aux deux. Seul l’éclatement au grand jour de scandales politico-financiers contraindra certains États, dont la France, à mette un peu d’ordre dans leurs affaires.

Soldats iraniens durant la bataille de Khorramshahr.

Revenons au début du conflit.

Bien sur, l’Iran se défend, le conflit s’enlise.

Un nouveau président en Iran est élu en juillet 81, Ali Radjai. Les conflits internes en Iran mine le pays. Il est divisé entre le Président, représentant la laïcité et l’Ayatollah représentant lui d’une société islamique. Et ce dernier compte de plus en plus de partisan.

Ali Radjah décède dans un attentat un mois environ après son investiture. Le complot terroriste semble probable. L’Ayatollah raffermi son pouvoir, plaçant ses hommes de confiances et sous son contrôle aux postes clés.

L’ancien président iranien Abolhassan Bani Sadr s’enfuit en France. L’Iran cri au scandale. La France arme donc l’Irak.

L’Iran contre attaque sur le terrain et gagne rapidement le terrain perdu au début de la guerre.

Soldat iranien tenant sa transfusion.

Et c’est ainsi que continu cette guerre. Attaque de l’un, contre attaque de l’autre. Alliance diverse, vente d’armes contre pétrodollars avec l’Occident et l’Asie. Trahison, civiles bombardés, massacre pour des raisons ethniques. L’ONU appel à l’arrêt des bombardements aveugles sur les civiles et à l’ouverture de pourparlers entre les deux camps. Mais elle n’intervient pas. Le massacre continue.

Acculé dans le nord-est, Saddam Hussein décide d’utiliser le gaz moutarde utilisé pendant la première guerre mondiale. Autre élément qui rappel cette guerre, pendant l’hivers 82-83, les deux camps creusent des tranchées.

Soldat iranien portant un masque à gaz dans une tranchée.

Pour combler la perte énorme de soldat, les iraniens n’hésiteront pas à enrôler des enfants soldats. Ils vivront un calvaire. La plupart non armé, fanatisé et galvanisé, certains partiront sans armes sur le champ de bataille pour ouvrir la voie au soldat de l’armée. Certains jeune irakiens pleureront après avoir abattus des centaines d’enfants.

Enfant soldat iranien embourbé sur le front.

Extrait : Le régime irakien a […] enrôlé des adolescents de 16 ou de 17 ans pour combler les pertes de l’armée populaire, en particulier à la fin de la guerre, mais de manière non systématique. Ce qui s’est avéré choquant, dans le cas iranien, c’est son côté massif, allié au fait que les enfants ont été utilisés, dès l’âge de 12 ans et pendant plusieurs années, comme de la vulgaire chair à canon, dans des missions souvent suicides destinées à ouvrir la voie au reste de l’armée.

Enfant soldat iranien, ils étaient lancés sur les fortins irakien ou les champs de mines pour ouvrir la voie aux soldats réguliers. La plupart n’étaient pas armée.

Couplé l’utilisation d’enfants soldats fanatisés par l’Iran et l’usage d’arme chimique par les deux belligérants et vous avez le cocktail d’une guerre des plus terribles de l’Histoire.

Enfant soldat iranien fanatisé.

Et cette guerre reste toujours la même chose, attaque, contre attaque, alliance, trahison et toujours et encore des civiles utilisés comme monnaie d’échange (notamment les prises d’otages de l’Iran), des civiles innocents recevant des missiles, parfois victime de massacre en guise de représailles pour suspicion de collaboration avec l’ennemi.

Et toujours, et encore, l’Occident, l’Asie et même les Émirats Arabes Unis essayant d’avancer leurs propres agendas, pour de l’influence, de l’armement et surtout et toujours, le nerf de la guerre, la piste qu’il faut suivre durant chaque conflit, l’argent.

Pierre Razoux écrit extrêmement bien. Il est facile de comprendre de conflit grâce à son écriture simple, efficace, droit au but, précis et pédagogique. Les nombreuses cartes montrant les différentes attaques, contre attaques apportent énormément à la compréhension. La fin de l’ouvrage contient des graphiques, des chiffres permettant de réaliser avec encore plus de précision le déroulement de cette guerre.

Je regrette que le sort des civiles n’ait pas été plus détaillé. L’auteur a quand même fait un incroyable travail de recherche sur la guerre. Le livre parle du conflit armé, et non pas des civiles au milieux de celui-ci.

J’appréhendai la lecture de se livre mais je n’avais pas de soucis à me faire, Pierre Razoux a un talent immense, malgré les très nombreux tenants et aboutissants de cette guerre, j’ai compris grâce à son ouvrage l’influence et les retournements de situations du conflit.

Je ne connaissais absolument rien de cette guerre, ce livre est précieux si vous voulez comprendre le déroulement de la guerre Iran-Irak.

Le problème avec cet article, c’est que je ne sais pas vraiment quoi écrire. Je ne veux pas dévoiler l’excellent travail de l’auteur mais j’ai aussi envie de partager ce que j’ai appris durant la lecture avec vous. Mais ce n’est pas vraiment mon but, dans se genre d’article, de révéler tous ce que j’ai lu en espérant que vous lirez un jour un des ouvrages que je présente. J’ai décidé d’écrire sur le début de la guerre, son de déclenchement et les protagonistes. Puis d’écrire les grandes lignes en vous laissant l’opportunité de découvrir l’ouvrage par vous même.

Je pense pouvoir vous dire que se conflit n’as mené à rien du tous, pour les deux camps, à par la ruine financière et des morts.

Jaskiers

Mauthausen Crimes Impunis par le Docteur Paul Le Caer

Quand le livre des morts

Quatrième de couverture :

Yves, élève de terminale, est arrêté en cours d’anglais dans son collège par la Gestapo de Caen.

Ce résistant de 19 ans est placé dans une cellule d’une prison. Il est gardé « au secret » pendant trois semaines. Chaque jour, il subit un brutal interrogatoire.

Le 16 avril 1943, il est transféré au camp de Mauthausen, en Autriche.

Septs mois plus tard, il est réduit à l’état de squelette, suite aux coups et aux 11 heures de travail de nuit, avec une pelle cassée.

Un dimanche soir de décembre, épuisé, il se présente de lui-même à l’infirmerie. Un médecin polonais, francophile et francophone l’accepte au vu de son état.

Trente-six heures plus tard, il sort de son coma.

Le Professeur polonais lui apprend l’anatomie, la pathologie concentrationnaire, l’art de l’osculation mais aussi l’écoute et la compréhension des multiples langues de ses malades. Adroits, c’est pendant 14 heures par jour, qu’il réalise ses travaux pratique.

Son professeur est appelé dans un camp plus important. Yves reste seul, avec toute la responsabilité médicale de ses 400 compagnons et pendant l’hiver, de la santé de la troupe SS.

Dans cette usine secrète des paramétrages des réacteurs dès fusées V2 et de productions et du comburant à base d’oxygène liquide mélangé à de l’alcool méthylique, deux explosions se produisent, les ingénieurs civiles prennent peur de cette usine du diable.

Le 3 mai 1945, le camp est évacué, Yves part à pied vers un autre camp déjà surchargé. Ayant emporté sur lui, les cahiers des morts et divers documents, il ne peut entrer dans un autre camp, il décide de s’évader.

Avec lui, cinq compagnons – qui ne sont pas informés de son trésor – grimpent dans la montagne. Ces documents seront sa raison de vivre à la recherche des assassins connus de lui seul, par leurs noms.

Les cahiers des morts sont déposés aux Archives Nationales, ainsi que d’autres documents.

Cet ouvrage et ma dernière lecture sur le camp de concentration de Mauthausen. Après avoir lu le livre Le photographe de Mauthausen, puis la bande-dessinée éponyme et le film Netflix, avec le même titre encore une fois (j’ai écrit un article pour chaque œuvre sur le blog si vous voulez approfondir le sujet), je me suis plongé maintenant dans l’expérience du docteur Le Caer à Mauthausen. Après celui de photographe.

Yves et Le Breton sont le nom de code de l’auteur, Paul Le Caer. Paul décide de raconter son histoire à la troisième personne du singulier. Plusieurs auteurs choisissent ce mode de narration leurs permettant de mettre une certaine distance entre eux et leurs expériences traumatisantes.

La première partie du livre est dédié à son enfance, ses passions, ses amis, ses écoles et son entrée dans la Résistance. Viendra malheureusement l’arrestation, les passages à tabac, les transfers.

Puis le transport en wagon à bestiaux vers Mauthausen, ou l’enfer l’attend.

De la carrière Wienergraben, il sera transféré dans un camp annexe, camp de Schlier près de Redl-Zipf pour creuser des galeries souterraines dans le but de construire des éléments des fusées V2 tout en étant à l’abris des bombardements alliés.

Vue d’une partie du camp de Schlier.

Son été physique se détériore gravement. L’infirmerie, anti-chambre de la mort, et sa seule option, mais la chance lui sourira.

Un médecin polonais francophone et francophile lui vient en aide, le guérit et lui apprend les rudiments du métier tout comme les langues parlées dans le camp.

Du travail, il y en a. Dans se camp dédié à la construction, secrète, de fusée V2, les détenus sont voué à la mort par l’épuisement au travail, la malnutrition, les violences des SS et des Kapos.

Gif du décollage d’un missile V2.

Yves, aussi surnommé Le Breton, a ainsi une place plus « privilégiée » que celle des autres détenus.

Il soigne tout autant les déportés que les détenus. Mais soigner, ce n’est pas tous ce qu’il fait.

Dans se livre, Yves, ou Docteur Le Caer nous dévoile les crimes commit par les SS avec un précision extrême. Il possède les noms de ces derniers, les noms de leurs victimes, leurs dates, il est contacté par les familles d’anciens déportés et des déportés eux même !

Fusée V2 sur sa rampe de lancement.

Un des crimes sordides et celui d’un détenu français, tombé dans une coulée de ciment dans l’immense abris de construction souterraine de fusée V2. Le français appel à l’aide, mais le SS en charge laisse le ciment le recouvrir entièrement. Son cadavre est encore dans un des murs de l’usine.

Intérieur d’un tunnel à Schlier.

Le Breton décrit de nombreux crimes comme celui-ci, mais ce qui différencie cette ouvrage concentrationnaire des autres? C’est que Le Breton a toute la documentation, ou presque, pour permettre d’incriminer les SS ayant échappé à la justice.

Intérieur d’un tunnel où travaillaient les déportés à Schlier.

Ainsi, grâce à son travail, un SS s’étant tranquillement installé après la guerre aux U.S. se voit extrader vers l’Allemagne et l’Autriche pour répondre de ses crimes.

Intérieur d’une usine de missile V2 sous-terrain à Dora – Mittlebau/Nordhausen.

Il relate aussi les nombreux sabotages et incidents se déroulant dans les souterrains.

Tunnel à Schlier.

Puis arrive la défaite allemande sur les deux fronts, le camp est évacué. Certains détenus restent pour brûler le camp.

Reste du camp de Schlier- Redl-Zipf, aujourd’hui.

Durant la marche, Paul s’enfuit avec d’autres français et un belge. Il rencontrera une unité de l’armée américaine, grâce à leurs aide, il aidera à évacuer un groupe de femme détenu dans un camp annexe de Ravensbruck, à arrêter un SS caché en autre.

Entrée d’un tunnel amenant aux sous-terrains des usines de missile V2 aujourd’hui.

Puis s’est le retour. Difficile. Difficile de se réhabituer à un monde civilisé, impossible pour lui de dormir dans un lit confortable.

Ayant pris le maximum qu’il pouvait, il met en fin d’ouvrage des dessins faits par un prisonnier de l’infirmerie avant sa mort. Émouvant.

Je n’ai jamais lu un ouvrage pareil. Paul Le Caer n’a jamais rien lâché, même après sa libération, il traquera autant qu’il le peut les anciens bourreaux. Il sera couronné de succès plusieurs fois. Sans jamais rien attendre en retour que la justice.

Après être devenu dentiste, le Dr Le Caer s’engage dans un devoir de mémoire grâce à l’amical des déportés de Mauthausen, témoigne dans les écoles, voyage en Autriche avec ses anciens compagnons d’infortunes et continu de d’amasser des preuves. Les autrichiens doivent aussi connaître la vérité.

Entre voyage scolaire et rencontre avec d’anciens détenus, Le Caer ne tarit par d’effort pour ne pas que les prochaines générations oublient.

La fin du livre contient les fac-similés du Livre des morts, carnets où sont marqué les décès, les causes, la date, la nationalité… Ces noms sont marquant, et vous mets en face d’une réalité qui a existé et qui continue à exister, sous d’autres formes.

Paul Le Caer, alias Le Breton, alias Yves. Deux mois après sa libération.

Petite note de fin : L’ouvrage contient une photographie prise par Boix. Je vois cela comme un bel hommage au Photographe de Mauthausen.

Voici commencé se termine ma lecture des 3 ouvrages sur Mauthausen avec un film pour compléter le tout. Ces lectures sont épuisantes moralement. Pourquoi je continue à lire se genre de livre ? Pour ne pas oublier, essayer d’informer et surtout réagir quand se genre d’horreur se reproduisent. Je vous remercie si vous avez suivi lu les articles sur ce sujet difficile. J’ai parfois peiné à trouver les mots, me suis creusé la tête pour savoir que mettre, quoi omettre, quoi raconter, quoi dévoiler. J’espère avoir réussis tant bien que mal à vous aidez à apprendre un peu plus sur le camp. Dans le cas contraire, j’en suis désolé.

Jaskiers

Le photographe de Mauthausen (bande-dessinée) par

Quatrième de couverture :

Et si le vole du siècle avait eu lieu… dans un camp de concentration nazi ?

En 1941, Francisco Boix, matricule 5385, du camp de concentration de Mauthausen, échafaude avec ses camarades un plan pour voler des photographies témoignant dans crimes commis dans le camp et incriminant les plus hauts dignitaires nazis. Ce plan risqué n’est que le début de son périple pour révéler la vérité.

Une histoire vraie, basée sur des faits réels.

Après avoir lu le livre dont j’ai déjà rédigé l’article et se trouve sur le blog, je devais m’attaquer à la BD.

Je ne suis pas le plus grand connaisseur de bandes dessinés même si je pense avoir lu quelques classiques.

Le scénario prends quelques « liberté » avec la réalité, mais l’auteur, Salva Rubio le mentionne. La réalité a été modifié pour le bien du scénario. Au moins c’est sincère, et cela apporte pas mal de perspectives sur la vie dans le camp de Francisco.

Les photographies de Boix sont inséré en dessin dans la BD, et rends le récit encore plus réel, les manières et les raisons dont celle-ci ont été prises est parfaitement incluse dans l’histoire.

Les dessins sont bons et ressemblent au vrai camp. Je pense que le dessinateur Pedro J. Colombo a dû être influencé par le manga, car par moment, je retrouve l’esthétisme propre à cet art japonais. Ayant lu ma dose de manga dans la jeunesse, je ne pense pas me tromper, en tous cas c’est comme cela que je l’ai ressenti. Cela ne nie en rien à la qualité de la BD. Les transitions sont subtiles, intelligentes et s’harmonisent bien avec le récit.

Le travail sur la couleur est excellente. Sans trop spoiler, les scènes se passant dans le camp sont sombres, grises, oppressantes tandis que les scènes dehors sont colorées pleines de vies et de lumières.

Partie documentaire :

Cette partie est extrêmement intéressante, vraiment un ajout important pour l’œuvre.

Une biographie simple avec beaucoup de photos de Boix, petit, des anecdotes, les vraies photographies que l’ont peux trouver en dessin dans la BD qui apportent énormément à l’ensemble de votre lecture et à la compréhension de celle-ci ainsi que de l’épopée de Bloix.

À la fin, les mots très intimes et pleins de courage des auteurs espagnols de cette ouvrage, mettant en avant leurs jeunesses et leurs quêtes de vérités.

Un atout majeure après la BD, une vraie bonne addition.

J’aimerai ajouter que, personnellement, l’école ne m’avait jamais appris le sort des réfugiés républicains, et encore moins de leurs traitements inhumains de certains français à leurs égards.

Je vous laisse avec un extrait de la partie documentaire :

[…] Boix a lui même affirmé possède plus de 20 000 négatifs, […] et qui sont peut-être reste à Paris. Si tel est le cas, il se peut qu’un jour ils soient retrouvés, comme la célèbre « valise mexicaine » de Robert Capa.

Une telle découverte ne serait pas une première : en 2013, un nouveau lot 706 photos de la guerre civile espagnole a été retrouvé. Les photos ont été identifiées par l’association Fotoconnexio comment ayant été prise par un tout jeune Boix. Les autres photos de Mauthausen ainsi que le livre que Boix a écrit en captivité, intitulé Spaniaker, seront-ils un jour retrouvés ?

— Dedico este artículo a los refugiados españoles de la Segunda Guerra Mundial a quienes Francia traicionó. —

Jaskiers

Le photographe de Mauthausen par Benito Bermejo

L’histoire de Francisco Boix et des photos dérobées aux S.S. avec les préfaces de Anne Hidalgo et Daniel Simon.

Quatrième de couverture :

Témoignage unique au monde sur le camp d’extermination nazi de Mauthausen : des centaines de photos nous montrent, de l’intérieur, toute la cruauté du système concentrationnaire nazi. Ces images furent prises par les S.S. eux-mêmes lorsque le camp était en pleine activité, comme tant d’autres détruites par les nazis au moment de leurs défaite. Comment celles-ci ont-elles pu être sauvées ? Grâce à Francisco Bloix, un jeune homme à l’esprit vif, courageux et doté d’un fort caractère. Prisonnier à Mauthausen, employé au laboratoire photographique, il parvint, avec l’aide de ses compagnons, à les soustraire et à les cacher pendant des années.

ATTENTION ! CONTENUS CHOQUANTS !

Francisco Boix, au milieu, lors du procès de Dachau.

Francisco Boix est née le 31 août 1920 à Barcelone dans une famille de commerçant plutot aisée avec des idéaux politiques penchants vers la gauche. Le petit Francisco est énergique et se trouve une passion pour la photographie.

Lorsque la guerre civile espagnole éclate, il se fait recruter comme photographe reporter dans un magasine pour jeunes de gauche. Malgré son très jeune âge, il suit les Républicains sur le front.

À la défaite des Républicains suit la Retirada, la fuite des réfugiés espagnole en France.

La France les accueillera de manière plus qu’irrespectueuse et indigne d’un pays qui se voulait être le Pays des droits de l’Homme. Beaucoup mourront de malnutrition, de maladie et même de maltraitance avant même le début de la guerre.

La plupart des républicains réfugiés seront recruté dans des CTE, Compagnies de Travails Etrangers, la plupart de force d’autres dans la Légion Étrangère ou d’autres branches de l’armée.

À la défaire de la France, les soldats espagnols sont emprisonnés dans les Stalag, considérés comme prisonniers de guerre, puis peu à peu déportés à Mauthausen car Franco ne voulant pas d’eux, ils laissent ces espagnoles dans les mains des bourreaux nazis. Dans les camps, ils porteront le triangle bleu, couleur des apatrides, avec un ‘S’ cousu dessus pour ‘espagnole’… Paradox.

Ici commence l’enfer de Francisco et ses compatriotes.

Les prisonniers de Mauthausen ne sont pas censé sortirent vivant du camps. « Vous sortirez par la cheminée [du crématorium] », ce sont pas ces paroles que sont accueillis tous les prisonniers.

Les détenus du camp de Mauthausen sont classé NN, Nacht und Nebel, en français, Nuit et Brouillard, c’est à dire qu’ils sont voué à une mort certaine après avoir été soumis à l’esclavage au profit du Reich.

Mauthausen est classé parmi les camps de type III, c’est à dire, la mort par le travail, aucun survivant, la brutalité des SS et surtout des Kapos y était extrême. Pour exemple, Auschwitz était classé type I.

Le jeune Boix arriva au Erkennungsdient, le service d’identification et de photographie du camps en décembre 1941. Après être passé au Kommando (groupe de travail) de la carrière Wienergraben. Il était interné à Mauthausen depuis la fin août 1941. Sa place au sein du service d’identification lui a été trouvé par un camarade communiste. Très vite, il est considéré comme le « leader » du service, place qu’il acquerra grâce à son caractère fort et courageux, surtout parce qu’il deviendra l’assistant du SS Paul Ricken, photographe du camp, chargé de prendre des photographies de la vie quotidienne du camp et des morts. Le SS mettra en scène les cadavres, couvrira les meurtres en suicide, il était obsédé par la mort dans l’Art, au grand dégoût de Francisco.

Boix est celui à qui l’on doit d’avoir sauvé de nombreuses photographies et à témoigner lors du procès de Nuremberg après le témoignage de la grande résistante françaises Vaillant-Couturier. Il témoignera aussi lors du procès de Dachau qui jugera aussi les crimes et criminels de Mauthausen.

Jacinto Cortés Garcia, lui aussi réfugié espagnol déporté à Mauthausen, ayant « l’opportunité » de travailler en dehors du camp, faisant parti du Kommando Poschacher, kommando composé de jeunes espagnoles travaillant pour l’entreprise privée Poschacher, sortira les photos volés aux SS pour les donnés à une dame d’un village à proximité du camps. Boix les retrouvera chez cette dame après la guerre. Il retrouvera aussi d’autres négatifs cachés grâce à l’aide de d’autres détenus dans le camp. Pour la petite information, l’entreprise Poschacher existe encore…

À la libération du camp par les américains, Boix reprendra son métier de reporter de guerre. Il photographiera l’interrogatoire de Ziereis, commandant du camp. Agonisant, car en essayant de fuir, il fut retrouvé par des soldats américains. Il mourra peu après l’interrogatoire.

Francisco Boix après la libération du camp. Il reprendra immédiatement son métier de reporter/photographe de guerre.

À sa sortie de Mauthausen, ne pouvant revenir en Espagne à cause de la dictature de Franco, Boix ira à Paris, vivre avec d’anciens détenus et, comme d’habitude, reprendra son travail de photographe pour des magazines communiste. Il perdra un peu espoir à cause des déclarations de Staline, disant que les détenus communistes auraient dû mourrir dans les camps, les armes à la mains, ceux ayant survécus seront dorénavant considérés comme des traîtres.

Il rencontrera d’autres personnalités espagnoles en France tel que Pablo Picasso, Dolorès Ibarruri Gomez aussi connue sous le nom de La Pasionaria ou l’auteur espagnol Jorge Semprun, lui aussi ancien déporté à Buchenwald.

Francisco Boix, photographiant Pablo Picasso. Picasso dira de Francisco qu’il était un jeune très dynamique et passionné.

Son état de santé est mauvaise, même avec son très jeune âge et sa position dans le camp plutôt « aisée » (on appelais ces détenus des Prominenten. Secrétaires coiffeurs cuisinier, photographes, docteurs, infirmiers étaient des places très prisées par les détenus mais les places étaient extrêmement rares…), son séjour en détention a détruit son corps.

Il décèdera à 30 ans. Enterré dans une banlieue parisienne, sa dépouille sera transférée au cimetière du Père-Lachaise en 2017.

Il ne reverra jamais sa sœur Nuria, seule survivante de sa famille.

Transfère de la dépouille de Francisco Boix au cimetière du Pere-Lachaise en présence de la maire de Paris, Anne Hildago. 16 juin 2017

Il est dur de mettre des mots sur le livre. Déjà parce que le sujet est dur et que le livre est basé sur l’histoire d’un tout jeune espagnol déporté dans l’enfer concentrationnaire. Il est donc difficile de parler de se livre sans trop vous en dévoiler.

L’ouvrage se base principalement sur les témoignages de ceux qui ont connus Francisco Boix, en Espagne durant la guerre civile, au camp et après. L’ouvrage peut paraître un peu confus au vu de son organisation. La traduction peut manquer de panache et contient quelques coquilles (oui, d’accord, là c’est l’hôpital qui se fou de la charité), mais vraiment rien de très dérangeant.

Le livre se concentre principalement sur les détenus espagnols du camp et les différents protagonistes ayant aidés à la sortie des négatifs. Mauthausen est le camp contenant le plus de déporté espagnols. Tous déporté de France après leurs fuites d’Espagne.

Une des parties les plus intéressante et la déposition et le témoignage de Boix au procès de Nuremberg avec les photographies utilisées pour prouver ses dires. S’est aussi la partie la plus dur, car ces photographies sont terrifiantes.

D’autres ouvrages et un film sur Mauthausen sont à venir sur le blog, j’ai donc décidé de poster plusieurs photographies non présenté dans se livre et poster quelques passages du livre pour exposer l’horreur de Mauthausen et de ne plus avoir nécessairement à le faire pour les futurs articles. Ce n’est pas forcément un des articles les plus facile, émotionnellement du moins, à écrire.

Je vous laisse avec des témoignages, extraits (écrits en italique), informations et photographies sur Mauthausen.

Le contenu est EXTRÊMEMENT CHOQUANT !

On peut chiffrer à un peu moins de 200 000 les prisonniers passés par Mauthausen entre 1938 et 1945, dont la moitié y trouva la mort.

Cadavres de détenus découvert au camp de Mauthausen. 1945.

Normalement, lorsqu’on évoque un camp de concentration nazi, on pense à des morts cruelles dans les chambres à gaz. Dans le cas de Mauthausen, les détenus (nous devons inclure ici les espagnols), meurent en général d’épuisement associé à la faim. Il y avait un triangle létal formé de trois éléments : l’alimentation insuffisante, le travail dur sous les intempéries et une série de maladies ; chacun de ces éléments renforçait les deux autres.

Francisco Boix déclara ceci à Nuremberg au sujet de cette photographie : Ceci est une mascarade faite au sujet d’un Autrichien [Bonarewitz] qui s’était évadé. Il était menuisier au garage, il a pu faire une caisse où on pouvait tenir et sortir ainsi du camp. Mais, au bout de quelque temps, il a été repris. On l’a mis sur une brouette [à l’extrême gauche sur la photo] qui servait à transporter chaque jour les morts au crématoire ; il y avait des écriteaux en allemand disant : « Alle Vogel sind schon da », ce qui veut dire « Tout les oiseaux sont de retour ». Il a été condamné, promené devant 10 000 déportés ; il y avait un orchestre de gitans, qui pendant tout ce temps, jouait l’air de J’attendrai. Quand il a été pendu, il se balançait à cause du vent qu’il faisait et on jouait une musique très connue qui s’appelle Bill Black Polka. Photographie prise par le SS Ricken.

La carrière Wienergraben est le principal lieu de travail pour les détenus. Qui consiste à casser des pierres toutes la journées, sous tous les temps. Les SS pouvaient prendre en grippe un ou plusieurs détenus, leur faire transporter des lourds blocs de granits sur une longue distance, et leurs faire faire demi tour pour tous recommencer jusqu’à l’épuisement. Un travail de Sisyphe comme le déclarera Lope Massaguer.

[…]Le camp annexe de Gusen, situé à cinq kilomètres à peine de celui de Mauthausen. […] Le complexe de Gusen qui compta finalement trois camps était situé près des collines où l’on installa deux carrières. […] Mais il possédait une particularité tristement célèbre : un espace pour douche en plein air avec bassin au sol. C’est là que beaucoup de détenus furent soumis au supplice des jets d’eau froide par des températures hivernales extrêmes, jusqu’à mourrir sous les coups ou noyés.

Les camps annexes de Mauthausen-Gosen.

Une logique privilégiait l’extermination des détenus du camp, l’autre visait à utiliser cette main d’oeuvre au profit des entreprises des SS et à la louer à des firmes extérieurs . […] les détenus devaient s’épuiser au travail et c’était leur capacité à exercer un labeur productif avec le moindre coût de maintenance qui déterminait leur espérance de vie. […]

Détenus espagnoles cantonnés aux travaux forcés. Ici, ils traînent un wagon de terre. Le SS Paul Ricken dont Boix était l’assistant, est l’auteur de cette photographie.

La construction d’un terrain de football pour les SS coutera la vie à 1 000 prisonniers selon Francisco Bloix.

Détenus humiliés et forcés à faire du sport jusqu’à épuisement.

L’anarchiste catalan Lope Massaguer témoigne de son sentiment devant les souffrances et le destin tragique des Juifs Hollandais :

« Un jour un Kommando [groupe de travail] de 1 000 hommes arriva à la carrière, parmi lesquels près de 300 Juifs, la plupart portant des chaussures à semelles de bois. Les SS placèrent ces détenus en tête du rang, qu’ils fermaient eux-mêmes accompagnés de quelques chiens policiers. Lorsque la première centaine de Juifs atteignît la moitié de l’escalier, ils reçurent l’ordre de s’arrêter. Ils obéirent en tremblant, devinant probablement l’horreur qui les attendait (…) Les chiens (…) furent lâchés par les soldats sur les Juifs qui, terrorisés, commencèrent à descendre sous les risées des nazis. Pris d’une panique indescriptible, les plus forts écrasaient les plus faibles dans leur course effrénée pour arriver les premiers. Les galoches en bois les faisaient déraper sur les marches tandis que les chiens déchiquetaient leurs chairs ensanglantées. Les victimes lançaient des cris horribles qui provoquaient aussi bien notre effroi que celui des Juifs qui n’avaient pas encore été attrapés par les chiens. Et par-dessus toute cette horreur, les rires et les moqueries des kapos [prisonniers désignés comme gardien par les SS] et des SS. Lorsque tout fut fini, les marches étaient couvertes de cadavres, de blessés agonisant et de morceaux de membres arrachés.

Détenus montant « L’escalier de la mort », chacun portant une lourde charge de granite. Les chutes arrivaient fréquemment, écrasant, blessant grièvement et tuant des détenus. L’escalier avait 186 marches.
L’escalier de la mort aujourd’hui.

Le docteur Podhala, éminent chirurgien et doyen de la Faculté de médecine de Brno (Tchécoslovaquie) déclara au procès de Dachau que plusieurs docteurs SS réalisèrent à Mauthausen et à Gusen des interventions chirurgicales (qui pouvaient inclure l’ablation de l’estomac ou d’autres organes) sur des détenus sains, dans le but de fournir des exercices pratiques au personnel médical SS et de satisfaire la curiosité de certains médecins. Un gros pourcentages des détenus soumis à ces expériences trouva la mort à la suite des interventions.

Je me permet d’ajouter qu’ayant lu le livre de Michel Cymes « Hyppocrate aux enfers », aucunes expériences médicales nazies n’ont fais avancer la médecine. C’était juste du pur sadisme.

Détenu décédé en tombant dans la carrière de Wienergraben (chute de 70 mètres). Photographie de Francisco Boix exposée au procès de Nuremberg. Ils y avaient plusieurs chutes par jour. Suicide, meurtre ou accident, la mort à Mauthausen prenait différente forme.

Un détenu, Marcial Mayans raconte la réaction des SS après le suicide d’un détenu et celui de son fils : « Ils [les SS] rigolaient et nous montraient du doigt en disant ‘Alle kaput’, vous crèverez tous. »

Photographie d’un détenu qui s’est suicidé en touchant les barbelés électrifiés du camp. « Un fait du quotidien » diront les rescapés du camps. Boix dira de cette photo : détenu politique autrichien, 1943. Au fond on distingue l’Appellplatz. Le panneau prévient du danger de mort par la haute tension. Photo prise par le SS Ricken.
La libération du camp par la 3ème Armée Armée U.S. La photographie a été mise en scène, prise un jour après la véritable libération. La banderole accrochée à l’entrée du camps dit : Les espagnols anti-fasciste saluent les forces de libération.

Des 9 328 Espagnols internés dans les camps, 7 532 le furent à Mauthausen. 4 817 furent assassinés (Il convient de garder à l’esprit que les chiffres sont uniquement ceux qui sont attestés. Il se peut donc que les chiffres réels soient plus élevés.)

— Dedico este artículo a los refugiados españoles de la Segunda Guerra Mundial a quienes Francia traicionó. —

Jaskiers

Oblivion par M83 featuring Susanne Sundfør

Anthony Gonzalez

Oblivion – M83 featuring Susanne Sundfør

Daft Punk n’avait pas le monopole de la French Touch, bon un petit peu, mais ce serait oublier les français qui cartonne aux States et peu connu du public français.

Pour preuve, M83, groupe de musique mené par le français Anthony Gonzalez. L’Amérique et Hollywood s’arrache ses musiques.

J’ai découvert M83 en regardant le magnifique documentaire sur le snowboard « The Art Of Flight » que je vous conseil de regarder même si le snowboard ne vous intéresse pas. Il est magnifique !

Celle que je vous fais découvrir aujourd’hui est la bande son du film Oblivion starring Tom Cruise, avec en featuring l’excellente Susanne Sundfør ! Un ambiance sonore hors de ce monde portée par la voix puissante de Susanne Sundfør !

Susanne Sundfør

J’espère que vous apprécierez !

Breathe in the light,
I’ll stay here in the shadows
Waiting for a sign, as the tide grows
Higher, and higher, and higher

Jaskiers