À venir sur le blog : Trois ouvrages sur le camp de concentration de Mauthausen.

Les trois ouvrages, de gauche à droite :

Le photographe de Mauthausen. L’histoire de Francisco Boix, très jeune combattant républicain espagnol et photographe, et des photos dérobés aux S.S. Ouvrage écrit par l’historien Benito Bermego avec les préfaces de Anne Hidalgo et Daniel Simon.

– Le photographe de Mauthausen (Bande-Dessinée) : l’histoire du photographe de Mauthausen en BD. Par Salva Rubio, Pedro J. Colombo, Aintzane Landa.

Mauthausen Crimes impunis Quand le livre des morts parle par le Docteur Paul Le Caer. Récit du jeune Yves, interné à Mauthausen et arrivera à la libération du camp à emporter avec lui la liste des criminels S.S. de Mauthausen.

Les deux premiers ouvrages se concentrent sur l’histoire du jeune photographe républicain espagnol Francisco Boix et son combat pour témoigner de l’horreur de Mauthausen.

Le dernier ouvrage se concentre sur les crimes impunis qui se sont déroulés à Mauthausen, camp de concentration nazi, ou l’énorme majorité des prisonniers républicains espagnols capturés en France ont été internés. Les deux-tiers ne reviendront pas. L’ouvrage se concentre sur les documents sauvés par le jeune français Yves lors de la libération du camp.

Trois ouvrages qui pèsent leurs poids d’horreurs, de tristesses, d’inhumanité mais aussi, en paradoxe, de courage et d’amitié. Courage et amitié de ces réfugiés espagnols dont beaucoup se sont battu aux côtés de la France. Courage et pugnacité d’un jeune français qui a risqué sa vie avec celle de ses amis pour que le monde n’oubli pas l’horreur des camps.

Jaskiers

Une petite balade dans mon patelin.

Roméo, 4 mois, prêt pour la petite balade !
Roméo, parti pour l’exploration !
Essayer de faire prendre la pose à un Chihuahua n’est pas aussi simple qu’on pourrai le penser !

Nous sommes partis pour une petite balades durant un bel après midi normand. Du soleil, quelque nuages et bien sur le vent !

Eh bien sur, les masques sur nos ganaches ! #gestesbarrieres

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris de photo et surtout, cela faisait trop longtemps que je n’avais pas posté de photo de mon Chihuahua Roméo qui as maintenant 4 mois et demie. S’est un amour de chien, rempli de fougue, intelligent et n’est pas avare en bisous (en même temps, quand on s’appelle Roméo !).

J’ai pris la décision de prendre des photos des monuments que je trouve très beaux, j’aurai aimé monter près de la statue de Jeanne d’Arc mais l’accès y est interdit depuis plus d’un an maintenant. Pour des raisons que je ne connais pas. La vue sur Rouen y est magnifique.

Monument aux morts
Basilique Notre-Dame de Bonsecours
Ancienne cloches de la basilique. Les gravures dessus sont très intéressantes, malheureusement je n’ai pas pu la prendre en photo sous toutes les coutures car un cimetière se trouve à côté.
Jeanne d’Arc en vue !
Jeanne d’Arc contemplant Rouen.
Jeanne d’Arc veillant sur Rouen
Jeanne d’Arc de trois quart (c’est bien ça?)
Ce n’est pas vraiment une photo que je trouve belle, mais je l’aime bien car on dirait que la statue du soldat tient le drapeau.

J’espère que vous passerez un bon Week end !

Jaskiers

En ligne de Ernest Hemingway

Quatrième de couverture :

Choix d’articles et de dépêches de quarante années

Journaliste et romancier, Hemingway a su mener les deux activités de front avec un égal talent, utilisant l’une au profit de l’autre et vice versa. Le jeune Ernest n’a pas dix-huit ans lorsqu’il publie son premier article. Pêche, chasse, descriptions de paysages et de mœurs, anecdotes de voyage, exotisme et reportage de guerre : il aborde tous les genres avec aisance et impose immédiatement ce style sans fioritures qui n’a pas pris une ride. Plus de quarante années d’articles et de dépêches écrites aux quatre coins de la planète sont réunies dans ce recueil qui se divise en cinq parties. La première représente les débuts d’Hemingway journaliste. D’emblée, le jeune homme porte un regard original, avisé et plein d’humour sur ce qui l’entoure. Après quelques années exclusivement consacrées à là littératures, Hemingway, devenu écrivain célèbre, renoue avec le reportage. Il couvre la guerre d’Espagne, qui lui inspirera Pour qui sonne le glas, puis la Deuxième Guerre mondiale. Le livre se termine sur l’après-guerre vu par un homme de plus en plus fasciné par la mort.

Le recueil d’article commence par son travail au Toronto Star Weekly, voguant entre l’Amérique, la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

En Europe, il vivra à Paris. Le Paris d’après guerre était un véritable vivier d’artiste américain. Son travail au journal de Toronto lui permettra de nourrir sa femme et son fils.

Hemingway écrit pour The Toronto Star Weekly :

Si vous voulez vous procurez des repas gratis, un logement gratis et des soins gratuits, il existe un moyen infaillible. Approchez-vous du plus gros agent de police que vous pouvez trouver et frappez-le au visage.

La durée de votre temps de repas et de logement gratis dépendra de l’humeur du colonel (George Taylor) Denison (juge de tribunal de simple police). Et l’importance de vos soins médicaux gratis dépendra de la taille de l’agent de police.

Voici un autre extrait d’un de ses article au Toronto Star Weekly, ou le jeune Hemingway devine déjà le drame que la dictature de Mussolini va provoquer en Europe :

Quand nous entrâmes dans la pièce, le dictateur [Mussolini] à la chemise noire ne leva pas les yeux du livre qu’il lisait, tant était intense sa concentration, ect…

Je m’approchai discrètement derrière lui pour voir quel livre il lisait avec tant d’intérêt. C’était un dictionnaire français-anglais — tenu à l’envers.

Ernest Hemingway jeune, à l’époque où il travaillait au Toronto Star Weekly.

Après le Toronto Star Weekly et une longue pose journalistique de 9 ans, Ernest décide de se consacrer à ses ambitions de romancier. Ambitions qui se concrétiseront avec l’énorme succès, de son roman Le soleil se lève aussi. Ernest est engagé par Esquire, où il écrira beaucoup d’article sur la chasse, la pêche, les safaris, l’écriture, le voyage et sur la situation politique en Europe, qu’il juge menaçante, surtout avec l’avènement de Mussolini en Italie et celui d’Hitler en Allemagne.

À noter le superbe article écrit sur un vieux marin qui revient de la pêche avec son énorme prise mangée par les requins donne des frissons… Pour des raisons évidentes pour ceux qui ont eux la chance de lire l’un de ses plus grand livre. D’ailleurs, comme noté précédemment, l’écriture fait parti intégrante de ses articles, comme si il voulait distiller un peu de son talent aux lecteurs.

Voici d’ailleurs un extrait d’un de ses articles pour Esquire :

La chose la plus difficile au monde est d’écrire une prose parfaitement sincère sur les êtres humains. D’abord il faut connaître le sujet ; et puis il faut savoir écrire. Apprendre ces deux choses nécessite une vie entière […] Écrivez sur ce que vous connaissez et avec sincérité et envoyé tous le monde au diable.

Vous devez être toujours prêt à travailler sans encouragement. C’est lorsque vous êtes inspiré par quelque chose que se fait la première rédaction. Mais personne ne peut la voir avant que vous l’ayez reprise encore et encore, avant que vous ayez communiqué l’émotion, les décors et les sons au lecteur. Et lorsque vous aurez accompli cela, les mots, parfois, n’auront plus de sens pour vous, tellement vous les aurez relus de fois.

Puis, il sera engagé par la North American Newspaper Alliance pour couvrir la guerre d’Espagne, pays dont il est follement amoureux. Il choisira le camps des Républicains dans la lutte fratricide qu’était la guerre espagnole.

Ces articles sont une mine d’or. Preuve qu’Hemingway était un aussi bon reporter qu’un excellent écrivain. J’ai beaucoup lu de récit de guerre mais les articles d’Hemingway nous plonge dans l’enfer de la guerre civile Espagnole. Tantôt avec les civiles, les collègues journalistes et avec les soldats républicains. La prose est dur, ferme, franche et je dirais presque romanesque à la vue des descriptions, vous avez l’impression d’y être. Oui. Confortablement installé, vous êtes plongé dans l’horreur grâce à son talent. Son expérience de la guerre civile espagnole lui inspirera Pour qui sonne le glas, l’œuvre sera dédié à Martha Gellhorn.

Extrait d’une dépêche pour la North American Newspaper Alliance ayant pour titre : Le bombardement de Madrid 11 Avril 1937

Mais en ville, où toutes les rues étaient pleines des foules du dimanche, les obus arrivèrent avec le brusque éclair que fait un court-circuit et puis il y eut le fracas assourdissant de la poussière de granit. Au cours de la matinée, vingt-deux obus tombèrent sur Madrid.

Ils tuèrent une vielle dame qui revenait du marché, la jetant à terre comme un ballot de vêtement noirs, une jambe, soudain détachée, allant frapper en tournoyant le mur de la maison voisine.

Ils tuèrent sur une autre place trois personnes, qui s’étalèrent comme autant de paquets éventrés de vieux chiffons dans la poussière et les gravats quand les éclats de 155 eurent explosé contre le bord du trottoir.

Une automobile arrivant dans la rue stoppa brusquement, fit une embardée après l’éclair lumineux et le fracas et le conducteur sortit en titubant, son cuir chevelu pendant sur ses yeux, pour aller s’asseoir sur le trottoir, la main sur le visage, le sang lui mettant un vernis brillant sur le menton.

[…] mais le bombardement qui s’abattît sur les rues à la recherche des promeneurs du dimanche n’était pas militaire.

Ernest Hemingway, au milieu avec le bonnet, se réchauffant avec des soldats républicains durant la guerre civile Espagnole.

Durant la Seconde Guerre Mondiale il couvrira pour le magazine PM. Du conflit sino-japonais, au débarquement de Normandie, de la Libération de Paris jusqu’à la percée de la ligne Ziegfried.

Hemingway sera d’abord envoyé en Chine pour couvrir la guerre Sino-Japonaise, afin de renseigner le public occidental sur se conflit qui était pour beaucoup de personnes, un conflit oublié, l’Allemagne Nazie et le conflit en Europe, la guerre pour la suprématie aérienne au-dessus de l’Angleterre étant plus importante à leurs yeux.

En analysant le conflit, Hemingway émet des théories sur une possible attaque japonaise dans le Pacifique, dans leurs quêtes d’extension et soumet l’idée qu’une attaque japonaise sur la flotte américaine était très probable, ce qui déclencherai l’entrée de l’Amérique dans la guerre. L’Histoire lui prouvera qu’il avait raison car l’attaque japonaise de Pearl Harbor entraînera l’entrée de l’Amérique dans la guerre totale.

Hemingway (troisième en partant de la gauche) et Martha Gellhorn, je crois, (première à gauche) en Chine durant la guerre Sino-Japonaise.

Vient ensuite, le récit d’Hemingway sur le débarquement de Normandie dont-il participa avec la septième vague d’assaut.

Le bond dans le temps, les articles sur la guerre en Chine dataient 1941, est dû aux autres activités qu’Ernest avait pendant la guerre. Écrire bien sur, mais aussi, la chasse au sous-marins allemand à bord de son bateau de pêche le long des côtes de Cuba. Selon certains experts, cette mission de chasse n’était qu’un prétexte pour boire entre ami, selon d’autres, ces missions ont permit de couler 2 ou 3 navires allemands.

L’article d’Ernest sur le débarquement est angoissant, car Hemingway et ses compatriotes n’arrive pas à trouver la plage sur laquelle ils devaient débarquer les soldats et la TNT qu’ils transportaient.

Ernest Hemingway avec des soldats américains avant le débarquement.

En lisant cette article, je me suis rappelé cette introduction dans le livre de Martha Gellhorn, La guerre de face disant qu’Hemingway n’aurait pas assisté au débarquement et qu’il aurait écrit cette article grâce aux témoignages des soldats revenus du front. Maintenant, à nous de nous faire notre propre avis. Je sais par contre que Robert Capa a participé au débarquement, sur la plage d’Omaha Beach, surnommé Omaha la Sanglante à cause du carnage infligé aux soldats américains par les allemands défendant la plage. ( C’est cette plate qu’à choisis Spielberg pour filmer Qui veut sauver le soldat Ryan.) Capa faisait parti de la première vague, la légende dit que la plupart des clichés qu’il a prit pendant le débarquement ont été perdu car les négatifs seraient tombés dans la mer. Des soldats diront qu’ils avaient beaucoup trop peur et qu’une fois arrivé sur la plage, il demanda d’être rapatrié illico-presto vers l’Angleterre. Encore une fois, qui dit vrai ?

Extrait de la traversée de la victoire pour Radio Londres :

À ce moment, nous entrâmes dans la zone balayée par le feu des mitrailleuses et je baissai la tête pour échapper au crépitement des balles. Puis je descendis dans la cavité à l’arrière, là où le canonnier aurait pris place si nous avions eu des canons. Le feu des mitrailleuses faisait jaillir l’eau tout autour du bateau et un obus antichar fit lever une gerbe d’eau qui passa par-dessus nous.

« Vire et sors le bateau d’ici, Patron ! » cria Andy. « Sors le bateau d’ici ! »

Le lieutenant parlait, mais je n’entendais pas ce qu’il disait. Andy pouvait l’entendre : il s’était penché, la tête tout près de ses lèvres.

Pendant que nous pivotions sur place et nous en allions, le feu des mitrailleuses s’arrêta. Mais les balles de tireurs individuels continuèrent à siffler au-dessus de nos têtes et à frapper l’eau autour de nous. J’avais relevé lentement la tête et regardai le rivage.

Vient ensuite un article sur les bombes allemande V1 et V2, les premiers missiles longues portées inventé par les nazis et provoquant d’énorme dégâts humains et matériels dans Londres. Hemingway interview des pilotes de chasses chargés d’éliminer ses missiles, exercices périlleux et difficiles.

Missile V1 quelque seconde avec d’exploser dans une banlieue de Londres.

Ensuite, Hemingway s’embarque avec dans des bombardiers, l’article et court, se concentre sur la drôle de façon de parler des anglais. Je dirai que cet article est le plus anecdotique de se recueil, même si il reste bon et bourré d’humour.

Puis arrive bien sur la libération de Paris, la ville qu’il aime le plus. Avec moult détails, tout en glissant dans son article qu’en tant que reporter de guerre, il n’a pas le droit de commander de soldats, il décrit les manœuvres entre soldats américains et les F.F.I, les Forces Françaises Libres, pour mener à bien l’assaut sur Paris. L’article est mythique, les Résistants le nomme capitaine puis colonel, il se dédouane constamment, disant qu’il n’a aucune influence sur les soldats, mais se contredit plusieurs fois, et je crois intentionnellement, en écrivant qu’il servait juste de « traducteur » entre Résistants et l’armée U.S.

Saviez que Ernest Hemingway était à la tête d’un groupe de franc-tireur français et qu’il a mené se groupe jusqu’à durant la bataille pour la libération de Paris jusqu’à la terrible bataille de la forêt d’Hurtgen ? Bien sur, il a mené se groupe officieusement, ce qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de l’état major américain. Interrogé par ce dernier, Ernest niera évidemment tous et sera lavé de cette accusation. Bien sur, Ernest ne parle pas de son implication, totalement illégale aux vues des conventions de Genève, dans ses articles, c’était juste pour la petite histoire. La légende dit même qu’il aurait libéré le Ritz ! (Une autre légende dit qu’il aurait sorti un lion qui s’était échappé d’un cirque, à main nu du Ritz. Le Ritz a d’ailleurs un bar nommé au nom d’Hemingway et plusieurs boisson nommé en son nom à Cuba, comme le Papa Doble.)

Aaron E. Hotchner, journaliste américain et grand ami de Hemingway jusqu’au suicide de se dernier écrira dans son livre Papa Hemingway cette petite rencontre a un hippodrome de Paris (je ne me rappel plus lequel) : Avant la course qui s’annonçait, quelqu’un appela Ernest, les deux amis tournèrent la tête pour se retrouver devant un petit homme mal habillé. Hemingway le reconnus. C’était un des francs-tireurs qu’il avait commandé lors de la Seconde Guerre Mondiale. Après un banal échange de politesse ils se quittèrent. Hemingway dit à Aaron : « – Avec ce petit français, pendant la guerre, on as fait du sale. On en a vu aussi, mais on as fait du sale. » Hemingway ne parlait que très peu de la guerre, c’est le seul passage du livre de Hotchner, si je me rappel bien, qui parle de la guerre.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale. De gauche à droite : Robert Capa, le chauffeur de la Jeep et Hemingway.

Puis vient l’avancé et la percée de la ligne Ziegfried, dernière ligne de défense allemande. Les retranscriptions de batailles et de discutions entre soldats (incluant des résistants français, qui comme de par hasard, se retrouvent avec Hemingway aux frontière du Reich). Ces articles sont de loins les meilleurs reportages de guerres que j’ai lu. Captivants, effrayants, parfois même drôles.

A noté aussi que son premier fils Jack, surnommé Bumby, était parachutiste durant la guerre et fut fait prisonnier par les allemands ! Il fut libéré, sain et sauf. Il n’en parlera que très peu, ce que j’ai pu lire de la réaction d’Hemingway sur l’emprisonnement de son fils était un petit passage dans une de ses correspondances.

Ernest Hemingway durant la Seconde Guerre Mondiale. Remarquer sa ceinture ? C’est une ceinture de soldat S.S., sur la boucle est marqué Gott Mit Uns, Dieu est avec nous.

Son expérience de la Seconde Guerre Mondiale le poussera à écrire Par delà le fleuve et sous les arbres.

Puis vient les articles d’après guerres. Là aussi se produit un bon dans le temps entre les articles sur la Seconde Guerre Mondiale et ces articles. Car Hemingway décide de repartir chasser, pêcher et écrire. Il partira en safari, safari qui faillit lui coûter la vie, à lui et à sa femme, à cause de deux accidents d’avions consécutifs, qui le marqueront physiquement et mentalement. Les médias pensèrent qu’Ernest et sa femme étaient morts. Hemingway adora lire les oraisons funèbres et les articles nécrologiques.

Ernest Hemingway sur son bateau de pêche le Pilar. Ce nom vous dis peut-être quelque chose ?

Les articles d’après guerres se concentrent sur la pêche en haute-mer, près des côtes de Cuba, sur le Golf Stream, à bord de son fameux bateau de pêche, le Pilar, sur les techniques et équipements de pêche, sur la chasse et sur son grand voyage en Afrique et bien sur, un peu de Corrida. Dans ses articles, Hemingway place souvent des références à la guerre, prouvant à quel point les conflits auxquels il a assisté auront marqués son psyché.

Ernest Hemingway (avec barbe et casquette) assistant à une corrida avec son ami toréador Dominguin (à droite, cheveux brun).

Extrait de l’article Le cadeau de Noël publié dans le magazine Look entre le 20 mai et le 4 avril 1965. La scène se passe après le premier crash de son avion :

[…] Notre conversation au sujet du bidon d’eau fut interrompue par un éléphant mâle aux défenses impressionnantes, qui apparut à vingt yards de nous. Il suivait manifestement la piste des éléphants, pour aller paître le long de la crête, lorsqu’il s’arrêta pour voir notre feu de plus près. Il écarta largement les oreilles. Elles me parurent avoir soixante pieds de largeurs, mais pour avoir vu des éléphants en plein jour je sais qu’elles n’atteignent pas de telles dimensions.

Il leva sa trompe qui me parut longue de plusieurs centaines de pieds, mais je sais aussi que de telles dimensions sont impossibles. Il poussa ensuite un cri aigu très curieux et donna tous les signes de vouloir se joindre à notre groupe. Roy et moi gardâmes une immobilité silencieuse, retenant même notre souffle, et nous espérâmes sincèrement que l’éléphant se déciderait à retourner à ses affaires personnelles. […]

Extrait du même article sur son deuxième crash d’avion consécutif :

J’ouvris la portière par un coup de ma tête et de mon épaule gauche. Une fois la porte ouverte, je montai sur l’aile gauche de l’avion, aile qui n’avait pas encore pris feu, et dénombrai Miss Mary, Roy et le pilote qui étaient sortis de l’avion par une ouverture où je n’aurais pas pu passer.

Hemingway se reposant après son double accident d’avion en Afrique.

À la fin de sa vie, accablé par les problèmes physique et mentale, il se pensait surveillé par le FBI. Personne ne l’a cru. Et pourtant il avait raison.

Après plusieurs tentatives de suicides, des hospitalisions en hôpital psychiatrique, de séances d’électrochocs qu’il jugeait responsable de ses pertes de mémoires et de son incapacité à écrire comme il le voulait, il se tira une balle dans la tête.

Ses dernières paroles seront à sa femme Mary Welsh Hemingway : Bonne nuit mon petit chaton.

Hemingway posant avec le fusil avec lequel il se suicidera.

Ainsi se termine ma dernière lecture d’Hemingway et cet article très long. J’ai ajouté des photographies pour aérer l’article. Certaines choses sont peut-être hors-sujet mais j’avais tellement envie de partager ce que je savais de lui avec vous.

Le prochain livre qui arrive s’intitule How It Was, de Mary Welsh Hemingway, livre, qui comme le mentionne le titre, parle de sa vie avec Ernest Hemingway.

Jaskiers

Histoire vraie et personnelle N#5 – Le jour ou j’ai vu la mort sur le visage de mon père.

Credit photo : le visage de la guerre de Salvador Dali

Nous descendions dans le bourg, moi au volant et mon père à mes côtés, pour acheter des cigarettes et aller faire quelques courses.

Mon père était gravement malade, se battant contre un cancer du sang. Marchant difficilement, s’aidant d’une béquille de la main droite. Le quotidien était une torture pour lui, chaque pas était un combat. Mais je devais l’emmener acheter ses cigarettes (et les miennes), faire nos petites courses. Je pense que cela venait de son caractère, un gars du village, de la campagne, il ne fallait pas montrer ses faiblesses, lutter jusqu’au bout. Ces gens s’aident souvent, trop souvent, de l’alcool pour anesthésier leurs peines. Amenant à des drames, souvent dans le village, on entendais parler de quelqu’un que nous connaissions, du moins de vue, dont le foie avait explosé, mort dans le parc, sur un banc, chez eux, pendu dans leurs maisons. Et bien sur, les maladies, cirrhoses, cancers ect… Malheureusement mon père faisait parti des alcooliques et de ceux qui ont attrapés le crabe. Mais même avec ses maladies, il voulait se montrer fort, debout, pour moi et je le sais. À l’époque, je ne le savais pas. J’étais plutôt en colère et triste.

Je gara la voiture sur une place arrêt minute, demandant à mon père si il voulait que je l’aide, retirer les sous et aller chercher le tabac à sa place. Voir l’aider à descendre de voiture. J’ai eu le droit à son sacro-saint non.

Je le laissa faire, sachant que c’était une question de fierté, d’amour propre, de me montrer à moi et au village que l’homme souffrait certes, mais il continuait à marcher. À vivre, tant bien que mal. Plutôt mal que bien en faite.

Il sortit de la voiture et je le vis marcher sur le trottoir direction le distributeur, claudiquant doucement, prenant son temps à répondre au salut de connaissances passant en voiture.

Il retira son argent puis revint en direction de la voiture. Quelque chose n’allait pas ou il y avait un problème.

Arrivé à la voiture, il ouvrit la portière et me demanda : « – Tu voulais combien de paquet déjà ?

– Euh… Trois, ça fera la semaine normalement.

Il ne m’entendît pas et me demanda de répéter. C’est là que je vis que la fin était proche. Sur son visage, j’ai vu la mort.

Je vivais avec lui presque tous les jours mais je ne vis que maintenant l’état et la souffrance dans lequel il était. Son visage, marquant son incompréhension devant ma réponse était marqué.

Sa peau était jaunâtre, marqué par des rides profondes malgré son jeune âge, 54 ans, le blanc des yeux légèrement jaune aussi, une calvitie naissante, ses cheveux courts, secs, poivre et sel, ses yeux sans cils, ils avaient été brûlés par des années de tabagies, des cernes creusées, les dents jaunies, la bouche strié de ridule, des pattes d’oies marquées, les joues creuses, ses mains calleuses après des années à travailler sur les trains aidant son corps à rester debout, s’appuyant sur la portière de la voiture.

Vous savez, j’ai mis cette peinture de Dali alors que j’aurai pu autant mettre celui de Edvard Munch « Le cri » pour représenter graphiquement et artistiquement le visage de mon père. Imaginer « Le cri », le personnage criant sans ses mains posées sur le visage.

Ma réaction immédiate après avoir ressenti l’impression de tomber de quelque étages en chute libre au fond de mon corps a été de lui sourire. Son visage crispé s’assouplit pour me rendre mon sourire. La mort avait disparu de son visage, elle avait lâché sa proie, lui permettant de me montrer, inconsciemment je pense, qu’il m’aimait, qu’il continuerait à se battre, qu’il continuerait encore à vivre un jour, ou deux, ou un mois. Que l’on continuerait tant bien que mal à partager des moments pères-fils qui nous avez tant fais défaut pendant toute ces années. Que la mort n’était pas dans notre liste de course aujourd’hui.

« – Je t’ai dis trois paquets pa’, ça fera largement toute la semaine. »

Mon père mourra deux mois plus tard.

Sur son lit de mort, son visage était paisible. Comme si il dormait. La mort avait fait son travail, ayant prise avec elle les marques physiques de la douleur. Comme si elle avait prise sur elle de les enlever pour s’excuser de la souffrance qu’elle lui avait infligée jusqu’au dernier jour.

Jaskiers

Défense du titre de Ernest Hemingway

Quatrième de couverture :

« J’ai commencé en douceur, avec une victoire sur M. Tourgueniev. Après un entraînement intensif, j’ai envoyé M. de Maupassant au tapis. J’ai livré deux rounds contre M. Stendhal, avec un léger avantage pour moi dans le second. Mais personne ne me fera monter sur le ring pour me mesurer avec M. Tolstoï. Il faudrai que je sois devenu fou ou que je passe une fois pour toutes dans la catégorie supérieure. »

Tout Hemingway est dans ce trait ; pour lui, la passion de la littérature n’est en rien séparable de la vie aventureuse qu’il a mené, car elle tient à la fois de la boxe et de la tauromachie, de la chasse au lion et de la pêche à l’espadon. Mais sous le côté hâbleur, c’est un homme finalement plutôt ironique à l’égard de lui-même que nous livrent ces trente-huit entretiens, publiés entre 1919 et 1965 pour le compte de divers journaux américains, et qui tracent, comme en pointillé, l’autobiographie intellectuelle d’un écrivain devenu presque une légende de son vivant.

Avant de commencer cet article, j’ai trouvé dans se livre, acheté d’occasion, cette belle carte postale qui semble représenter une feria dans les rues de Pampelune. Je ne sais pas si elle appartient à l’ancien propriétaire du livre ou si le libraire qui me l’as expédié l’a mis dedans comme un petit bonus. La tauromachie était la plus grande passion d’Hemingway, ainsi que l’Espagne.

Si vous connaissez l’espagnole, pourriez vous traduire ce qu’il y a de marqué ? Merci d’avance si vous le pouvez !
L’envers de la carte postale.

L’ouvrage est relativement court, mais truffé de magnifique leçon que l’écrivain souhaitait distiller dans ses interviews, même si il détestait se faire interviewer.

L’ouvrage se concentre beaucoup sur les années 50.

J’ai choisi plusieurs extraits et phrases mais les choix ont été difficiles. Il y avait tellement de phrases magnifiques que j’avais envie de partager avec vous, mais j’ai dû me réfréner car j’espère qu’un jour vous aurez le plaisir de le lire.

Même si j’ai noté plus haut qu’il détestait les interviews, il semble vouloir partager sa passion de l’écriture, son art, l’artisanat, l’alchimie comme il le décrit souvent. Certains journalistes le disaient timide, peut-être, certains disaient qu’il rechignait de parler de ses collègues, ami(e)s ou ennemi(e)s, écrivain, cela peut s’avérer vrai. Car quand il daigne parler d’eux, des mots crus qui pour moi son une certaine preuve de décontenance envers ses connaissances. Ne sachant pas comment répondre à ces questions il attaque.

« Pour me donner des coups, la vie, le plus souvent ne m’a pas demandé mon avis » – Ernest Hemingway

En parlant d’attaque, comme écrit sur la quatrième de couverture du livre, Hemingway parle beaucoup en terme de combat, de lutte, il rapporte et s’exprime avec maintes comparaisons à la violence, physique. Ernest ne croyait pas à la psychiatrie. Un jour qu’il rencontra Ava Gardner, la célèbre actrice américaine, cette dernière lui confia qu’elle voyait un psychologue et demanda à Hemingway comment lui pouvait faire sans. Il répondit que pour lui, son psychiatre était une machine à écrire Smith-Corona (s’il vous plaît, pas de mention du virus, ceci est une vraie et bonne marque de machine à écrire).

« – La machine à écrire… elle change le plomb en or, murmura Hemingway. »

Un superbe article relate l’échange entre Hemingway et un apprenti écrivain. Ernest y donne ses méthodes, ses règles, sa vision, sa technique pour écrire. L’article se déroule comme un dialogue et est une mine d’or pour tous ceux qui s’intéressent à l’écriture et/ou s’intéressent à Hemingway et à son processus créatif.

L’article où il prédit l’attaque de Pearl Harbor

Je pense que les journalistes et lecteurs se posent encore trop de question sur Ernest Hemingway, et je crois que les réponses ne tienne qu’à une seule réponse : tout est dans l’écriture. Comme il le fait remarquer dans son discours lors de la réception de son prix Nobel : « Je suis un écrivain et je vous parle depuis trop longtemps. Plutôt que d’exprimer mes pensées à hautes voix, nous devrions toujours prendre la plume. »

Extrait 1 :

Tous les jours, à sept heures du matin, je suis au travail et je m’y tiens jusqu’au début de l’après-midi. Ma première tâche consiste à relire ce qui précède, de façon à me replonger dans le récit avant de prendre une page blanche. J’aligne les mots l’un après l’autre, avec autant de soi qu’un maçon disposant ses briques, à la main, toujours. J’ai bien essayé des techniques d’écriture rapide en repoussant à plus tard le travail de mise en forme, mais comment savoir où est la place du roman dans le chaos qui s’installe inévitablement ?

Extrait 2 :

« Le premier devoir de l’écrivain est la sincérité. Brasseur de fiction, le romancier doit puiser ses sujets dans sa propre expérience. Non pour offrir une photographie banale de la vie, sombrer dans le réalisme, mais pour faire preuve de hardiesse tout en étant fidèle à ce qu’il sait de la réalité. Être original, pour un écrivain, c’est être soi-même. »

Jaskiers

Une histoire vraie personnelle #4 – Le jour où je me suis perdu aux milieux des champs, complètement saoul.

Crédit photo – Trip Advisor

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens, cher lecteur et lectrice, à vous avertir que j’ai changé le début de l’histoire pour raison d’anonymat. La partie où je sors de la voiture et le point de l’histoire ou rien n’a été modifié ou inventé. L’alcool, les ami(e)s, avec modération.

Je devais avoir 20-21 ans, il y a quelques années de ça. C’était un samedi soir, bien sur, un ami fêtard m’appelle pour me demander si je veux sortir en boîte. BIEN SUR lui ai-je répondu. Allez danser et surtout boire pour oublier un peu les problèmes, c’était notre truc avec mon ami fêtard.

Étant de gros buveur, en soirée je précise, nous ne conduisions JAMAIS alcoolisé. Il nous fallait un chauffeur, un SAM comme disait la publicité pour la sécurité routière de l’époque.

SAM, CELUI QUI CONDUIT, C’EST CELUI QUI NE BOIT PAS

Alors si possible un SAM et pourquoi pas décuver chez quelqu’un. Nous avions en vu d’être hébergé par une amie qui habitait pas loin de la boîte de nuit où nous voulions aller. Elle avait la trentaine, nous laisser dormir dans sa maison puis repartir le lendemain.

Avec bonheur, nous trouvons notre SAM et la femme qui nous hébergeait a accepté que nous « crashions » chez elle après la beuverie.

Tous ce déroule comme prévu, nous arrivons en boîte, buvons beaucoup (trop), dansons, flirtons maladroitement (enfin si je me rappel bien). Nous étions dans la « vibe » voyez vous. Quand une personne est dans la vibe cela signifie être assez saoul pour mettre le feu au danse floor (enfin c’est ce que la personne croit), assez désinhibé pour flirter aussi, malheureusement, il est très dur de sortir cette personne de la boîte de nuit. Elle a envie de continuer jusqu’au bout de la nuit. Sortir ? Déjà ? Hors de question !

Eh bien… Cette fois là, j’étais en plein dans cette vibe quand la femme qui nous hébergeait nous déclara que c’était le moment de partir. Elle avait des choses à faire.

Bien sur, je refuse, je suis dans mon truc, j’y reste jusqu’à l’aube !

C’était sans compter sur notre chauffeur et notre amie logeuse, qui avec mains efforts m’on traînés jusqu’à la voiture avec mon camarade de beuverie.

Dans la voiture, je commence à me plaindre, sérieusement, si c’était pour rentrer à 2h30 du matin, c’était pas la peine de nous héberger ni de nous amener. J’aurai pu rester chez moi à bouquiner. Et puis de toute façon, vous êtes plus comme avant. Et puis-

Je m’arrête dans mon monologue de soûlard avec une superbe idée en tête, faire arrêter la voiture et m’enfuir.

« – Hey l’ami, faut que tu t’arrête je vais gerber »

Le SAM arrête la voiture dans un petit chemin champêtre menant nul ne sait où. Je sors avec mon complice de beuverie et lui dit avec le ton qu’on les gens bourrés quand ils parlent :

« – Mec, ils me cassent les couilles sévère !

– Ouai moi aussi.

– J’m’en fou, j’ai pas b’soin d’eux pour me ramener !

– Mec, le village doit être encore à… genre… 11, 12 km !

– Par les champs mecs, j’vais rentrer par les champs !

– Arrête tes conneries ! T’es bourré tu sais pas c’que tu fais ! »

Trop tard, je passe à travers la haie d’un champ, tant bien quel mal, racines, ronces et fils barbelés ne m’ont pas arrêté. Quand on est saoul, on ne sens rien à par le lendemain… J’entends mon collègue gueuler à notre SAM :

« – Putain les gars ils se cassent par les champs ! »

SAM m’interpella :

« – Putain Jaskiers ! REVIENS ! J’te préviens si tu reviens pas je te défonce ! »

C’est exactement ce qu’il ne faut pas dire à un mec bourré. Ne provoquez pas un mec saoul pour essayer de le ramener à la raison. Ça a en faite l’effet inverse… J’ai pris ces paroles comme un défi.

« – Bah viens puceau ! Viens me chercher alors ! »

J’étais déjà loin, je ne sais pas si il m’a entendu, dans tous les cas, je marchais dans la terre humide d’un champ dans une direction complètement aléatoire. « J’l’ai emmerde ! » pensais-je tout en passant encore à travers une autre haie de ronce et de barbelé.

Je ne me souviens pas combien de temps je suis rester à marcher dans les champs. Il faisait littéralement nuit noir ! Les étoiles étaient cachés par des nuages, et je commençais vite fais à dessoûler au fur et à mesure de ma petite escapade.

Puis viens la sacro-sainte question de tous les personnes qui dessoûle : POURQUOI J’AI FAIS ÇA ?

Dieu merci, j’avais mon téléphone. J’essayas d’appeler mon camarade de beuverie, je tomba directement sur la messagerie. Il fallait que je ravale ma fierté. Il me fallait appeler mon SAM à la rescousse. Ce que je fis.

« – Jaskiers putain t’es où ?

– Je sais pas ce qui m’as pris putain j’suis désolé ! J’suis dans un champ, vers une haie, il y a trop de boue pour que je puisse passer. Je dois pas être loin de la route j’entends des voitures !

– Ok on va klaxonner et faire des appels de phares et dis nous si tu entends.

– Je crois vaguement entendre un klaxon mais pas de phare.

– Essaie de te rapprocher de la route et je vais rouler, si ça se trouve t’a pas trop dévier de la route. »

C’est ce que je fis, tant bien que mal, chaque pas m’enfonçant dans la boue jusqu’à la cheville.

« – Je suis au bord de la route, je vous attends. »

Tout en restant au téléphone et avec mon SAM qui utilisait son klaxon et ses phares, je vis enfin mon carrosse arriver !

« – C’est bon je vous vois ! »

Mon SAM bienfaisant s’arrêta, m’aida a traverser le fossé qu’il y a au bord de chaque route de campagne en France.

« – Ou est mon camarade de beuverie ?

– il t’a suivis, ont pensé qu’il était avec toi !

– Je ne l’ai pas vu, et son téléphone donne directement sur son répondeur ! »

Nous voilà terriblement paniqués. Je m’imagine les pires scénarios. Il était bourré, comme moi, il s’est noyé dans la boue, il est tombé dans un fossé et s’est brisé la nuque !

Avec panique et précipitation, nous refaisons tant bien que mal le chemin inverse, l’aube commence à ce pointer. Nous crions son prénom, marchons, encore, dans la boue et à travers les ronces.

Un fermier se pointe. Je le vois arriver. Je constate qu’il n’a pas sorti le fusil, c’est déjà ça. Il nous interpelle, nous demande ce que nous faisons ici à cette heure à crier comme des perdus. Nous lui expliquons la situation. Il nous dit qu’il n’a rien vu. Qu’il faut qu’on parte. Ce que nous faisons avec une énorme appréhension. Peut-être le retrouverons nous sur la route…

Bien sur, personne sur la route. Arrivé dans la rue de ma maison, je vois la voiture de mon collègue de beuverie. Il était chez moi !

« – Hey merde compagnon de beuverie ! Ça fais 2 heures qu’on te cherche dans les champs !

– Bah bravo ! Je t’ai suivis mais dans le noir je t’ai perdu ! J’ai continué mon chemin jusqu’au premier village que j’ai trouvé, je suis rentré dans une boulangerie tout crotté et j’ai demandé le téléphone pour que mon père vienne me chercher, car devine quoi, mon téléphone ne marche plus ! Mon père m’as ramené, je lui ai expliqué ce qui c’était passé et on a décidé de venir voir ton père pour l’avertir. »

Après une explication plus ou moins confuse donnée à mon père, nous décidâmes de descendre au bar du village pour nous détendre et refaire la soirée. Avec de l’eau bien sur…

Merci d’avoir lu jusqu’ici mon aventure de beuverie. Jamais quelque chose comme ça ne s’est répété, d’ailleurs depuis ce jour, je fais très attention à l’alcool.

Jaskiers

Une histoire vraie personnelle #3 – Le jour où j’ai rencontré Hervé Vilard devant chez lui.

Source de la photo : Wikipedia

Il y a de ça très longtemps. Impossible pour moi de me rappeler l’année, j’avais dans les 12 ou 13 ans peut-être.

Je vivais chez mon père, dont l’une de ses passions était le moto. Quelque fois, il m’emmenait faire des promenades dans la campagne. C’était si je m’en rappel bien une Yamaha 125 CBR. Ces balades étaient l’un de ces rares petits moments père-fils que nous avions.

Un jour en faisant tourner sa moto, il me dit : « – Tu connais Hervé Vilard ? »

J’avais 12 ans Cher lecteur/lectrice. Hervé Vilard était inconnu dans le bataillon de ma playlist.

À ma réponse négative il me dit : « – C’était l’amoureux à ta mère ! Quand on été ensemble elle l’adorait ! »

Ah bon d’accord. Elle ne m’en avait jamais parlée… Et à mon paternel de rajouter : « – Il habite pas loin d’ici, 25 km environ. Ça te dirai d’y aller ?

– Allons-y, ça va faire une belle et longue balade. »

Nous voilà parti dans la campagne. La moto s’est sympa, mais derrière on se fait sacrément… chier pour être honnête.

Nous passâmes sur des petites routes au milieux des champs. J’en déduisais que mon père n’était pas à son premier voyage dans le village de Mr Vilard. Lui aussi était un fan on dirais !

Nous arrivâmes finalement devant une petite église avec à droite, un très long mur avec une porte.

« – Voila, c’est ici qu’il habite. C’est son église ! Il l’a racheté et rénové. Derrière ce long mur il y a sa maison je crois.

– Ah d’accord. »

C’était propre si je m’en rappel bien. La propreté m’a marqué pour une certaine raison.

On entendit un chien japper derrière le mur.

« – Il y a sûrement le jardinier. Je vais aller toquer à la porte on verra bien, dit mon père.

– D’accord, moi je vais visiter la petite église alors. »

Je rentre dans la petite église, elle était petite, belle et vraiment propre. Là, j’entend la voix de mon père et la voix d’un autre homme. Je décide de sortir.

Mon père parlait avec un monsieur avec les cheveux blancs. Le monsieur avait l’air un peu blasé. Mon père était complètement choqué. Ses yeux étaient grands ouverts et il peinait à trouver ses mots. J’ai compris qui était le monsieur aux cheveux blancs. Hervé Vilard.

« – Voici mon fils Monsieur, il a visité l’église…

– Il a bien fait, il a bien fait.

– Il s’appel Jaskiers, il a —

– Laissez le se présenter je crois qu’il est assez grand.

– Bonjour, votre église est très belle et très propres, dis-je.

– Merci. Tu peux te présenter ?

– Je m’appel Jaskiers, j’ai 12 (ou 13) ans. Je viens de Nevers. J’ai déménagé dans l’Allier avec mon père après la mort de mon frère… Et je suis au collège.

– D’accord très bien. C’est bien d’avoir visité l’église. »

Je ne répondis pas. J’avais tout à coup et sans le connaître pris la mesure du monsieur avec qui je parlais. Mais malheureusement, après cette réalisation, c’était déjà la fin de notre discutions.

« – Hey bien messieurs, je vous laisse repartir, faite bonne route au revoir. »

Nous lui serrâmes la main et partîmes. Sous le choc.

Mon père avait un énorme sourire sur le visage.

« – Dés qu’on rentre, tu appel ta mère, elle ne te croire JAMAIS ! »

Nous n’arrêtâmes pas de rigoler tous le long du chemin à la maison. Même derrière les casques et les vibrations de la moto, on s’entendais ricaner. Mon père était comme un gosse.

Arrivé à la maison, je pris mon téléphone et appela ma mère :

« – Maman ! Devine quoi ! J’ai parlé à un certain Hervé Vilard ! »

Bien sur, il a fallu lui raconter notre aventure et comment s’est passé la rencontre. Elle a peiné à me croire mais elle a compris.

Encore aujourd’hui, je lui raconte l’histoire et elle me répond :

« – Quelle chance tu as eu ! Je l’adore tellement ! J’en suis amoureuse ! »

Voici comment se termine la fois où j’ai rencontré Hervé Vilard sans savoir vraiment qui il était. Je garde en tête le toupet de mon défunt père qui a été cogner chez ce Monsieur comme si il était un ami de longue date du chanteur.

Je ne suis jamais retourner dans son village, ni dans son église, encore moins cogner à sa porte.

Hervé Vilard, la première (et dernière ?) fois que j’ai rencontré un grand artiste et une grande célébrité.

Ce sont des êtres humains comme nous au final. Ce qui m’as marqué, c’est la simplicité du monsieur. Même pas rasé, je présume qu’il faisait son jardin. Il avait par contre l’air fatigué mais heureux qu’un adolescent est visité son église. Église, qui, si je me rappel bien a été rénovée par ses soins car elle appartenait au curé qui l’avait recueillit. L’histoire est belle.

Et j’ai aussi appris que des fois, il fallait juste oser.

Jaskiers

À venir sur le blog : Une grande dame, journaliste, écrivaine, aventurière et reporter de guerre : j’ai nommé Martha Gellhorn !

Une des plus grande reporter de guerre, journaliste et romancière du XXe siècle.(peut-être meilleur qu’un Hemingway, d’ailleurs ils ont été mari et femme pendant quelques années mais ont divorcés. Un des causes de se divorce serait la compétitivité entre les deux, et un Hemingway légèrement (beaucoup ?) macho qui ne supportait pas qu’une femme lui vole la vedette…)

Les deux ouvrages présent sont principalement ses récits de guerres, je suis impatient de voir son travail et de partager avec vous ce que j’en ai ressorti !

À bientôt !

Jaskiers

Une histoire vraie personnelle #2 – La fille en robe bleue

Sortez les violons cher(e)s lecteurs et lectrices car voici mon côté nian-nian et romantico-lourdingue !

C’était, si je m’en rappel bien, l’été où le printemps 2018. J’étais invité au baptême d’une de mes petites cousines.

Au début, je ne voulais pas y aller. Les Églises, depuis la mort de mon père et mon frère n’était pas vraiment ma tasse de thé. Je n’avais rien contre Dieu ni l’Eglise mais c’était comme ça. Pour moi, encore aujourd’hui malheureusement, l’église reste un lieu pour les morts, non pour les vivants. Je sais que les pratiquants qui me liront me diront que non, c’est en fait tous le contraire. Mais chacun sa vision des choses Messieurs Dames. Je respecte la vôtre, respectez la mienne.

Je me suis quand même décidé à assister à la cérémonie à l’Eglise puis de rentrer directement chez moi, pas de repas de fête.

Il y avait du monde dans l’Eglise, non pas que ma famille soit nombreuse mais il devait y avoir une messe et peut-être un autre baptême, je n’en sais rien.

Le baptême se déroula… et bien comme un baptême ! J’ai juste été surpris que ma toute petite cousine n’est pas pleuré quand le curée l’a baptisé. À tous les baptêmes auxquels j’ai assisté, le bébé se mettait à pleurer quand il recevait l’onction (c’est bien comme ça qu’on dis non ? La bénédiction ?).

Une fois la cérémonie terminée, je dis au revoir au membres de ma famille et sorti de l’église.

Il y avait du monde devant l’entrée du lieu de culte… Beaucoup.

J’ai l’habitude, dans la foule, de regarder le sol devant moi, de ne pas regarder les gens. Mais par curiosité, j’ai jeté un regard sur la foule et je vis la plus belle femme que j’ai vu de ma vie…

Bon j’ai 26 ans et je pense avoir encore le temps de voir de belles femmes dans la rue, mais se souvenir revient souvent.

Elle était blonde, grande, yeux bleus captivants et timide mais aussi légèrement hautains, teint hâlé, des jambes qui n’en finissait plus dans une magnifique robe bleu qui s’alliait parfaitement avec ses yeux, son physique et son teint.

Je ne l’ai regardé que, peut-être, 3 secondes avant de détourner le regard et de ressentir comme une vague de fraîcheur.

Je n’avais jamais vu une femme si belle. Elle devait avoir mon âge.

Les cloches sonnaient et j’avais l’impression d’avoir vu un ange.

J’ai continué à marcher en direction de ma maison, avec l’image de cette jeune femme en tête. Je me demandais si il ne fallait pas que je me retourne pour voir si elle était vraie. Si je n’avais pas halluciné. Mais je n’ai pas osé.

Je la revois encore, et j’y repense aussi beaucoup, à sa magnifique robe bleue. D’où sortait elles ? Elle et sa robe ?

C’était un petit village, je connaissais à peu près tous le monde, du moins les jeunes de mon âge. Elle, je ne l’avais jamais vu. Et j’ai commencé à m’imaginer qui elle était, d’où elle venait.

Je me rappel qu’elle était à côté d’un couple âgé d’environ cinquante ans. Ses parents sûrement. Le peu de temps que je l’ai regardé, elle ne semblait pas avoir de « cavalier ». Elle était là, belle. Juste belle, dans le plus beau sens du terme, dans sa plus pure définition. Seule, l’air timide mais en même temps confiante. Comment ce paradoxe est-il possible ? En faite, si il y a tant de paradoxe, c’est peut-être qu’elle était indescriptible. Elle avait l’air inatteignable, comme une apparition divine… Après tous je l’ai vu en sortant d’une église…

Ce n’est pas la seule belle femme que j’ai vu de ma vie hein, il y en a qui j’ai fais la cour ! Maladroitement bien sur. Certaine ont dit oui beaucoup on dit non. Mais jamais je n’avais ressenti une tel intensité en voyant quelqu’un.

Jamais, je n’aurai pu l’aborder. Je n’aurai pas pu trouver les mots, la regarder droit dans les yeux… Mais je reste avec le souvenir que j’ai d’elle pendant ces 3 petites secondes d’une femme dont la beauté et la présence m’ont marqué. Et encore aujourd’hui, je lui invente une vie, pourquoi était-elle là ? Que fait-elle maintenant ? Une chose est sur, je n’ai sûrement pas dû la marquer autant qu’elle m’a marqué. J’étais coiffé à la va-vite, une veste de costume vite fait enfilée sur un t-shirt blanc, un jean bleu foncé et des chaussures noir avec semelles blanches. Je n’étais rien à côté de cette dame.

Ou alors j’ai halluciné, ce qui ne m’est jamais arrivé avant ni après.

Alors oui, l’histoire est sacrément nian-nian mais vous auriez dû la voir !

Jaskiers

[Reblog] Le poignard oublié de Jean-Marie Le Pen

« C’est un couteau des Jeunesses hitlériennes, celui de Jean-Marie Le Pen … il vient de faire torturer Ahmed Moulay devant ses enfants, avant d’être …

Le poignard oublié de Jean-Marie Le Pen

J’ai décidé de rebloguer cet article de Guillaume Ancel qui m’as choqué. Ne me parlez plus d’extrême droite, ni d’extrême gauche d’ailleurs. Mon pays est une honte, la guerre d’Algérie a été une horreur et comme vous le lirez sur l’article de Mr Ancel, on ne parle pas de la guerre d’Algérie à l’armée.

-> L’article de Guillaume Ancel.

Jaskiers