Héroïne : Gerda Taro, photographe et reporter de guerre, épouse de Robert Capa, morte en Espagne à 26 ans.

Le double de Robert Capa, elle aurait convaincu Capa d’américaniser son nom pour avoir plus de succès. Et ce conseil s’avéra important pour la carrière de Robert Capa.

Contemporaine des femmes (et même des hommes) reporters de guerre, son courage et son talent, surtout son humanité, prouveront aux publics du monde entiers que les photographes de guerres sont indispensables pour pouvoir se représenter les horreurs de la guerre, et d’imposer la place des femmes dans le journalisme.

Bien sur, comme trop souvent, Gerda a été oubliée par l’Histoire, souvent cantonnée à être la femme du grand Robert Capa. Mais sa vie et sa mort prouve que son travail a autant de portée que son célèbre mari, qu’elle a grandement aidé à atteindre la célébrité. Elle est décédé sur le front durant la guerre civile espagnole.

Bien sur, je ne parle que des informations et photographies que j’ai pu glaner sur internet et dans quelque livres. Et comme souvent je l’écris, il sera de mon devoir de me procurer ses œuvres, de les lires et les étudier pour ensuite les partager avec vous sur le blog.

J’espère encore découvrir de nombreuses femmes qui ont bravées les interdits et affrontées l’horreur et s’imposer, ou non, dans se monde machiste et patriarcal.

Garda Taro avec son mari Robert Capa.

J’espère vous revoir sur le blog le jour où j’aurais mené mon projet de découvrir ces femmes à bien !

Photographie récemment retrouvée du corps sans vie de Gerda Taro

Jaskiers

Histoire vraie et personnelle N#6 – Ma super moto intergalactique.

Moi, à 6 ou 7 ans, sur ma moto intergalactique.

Assis dans mon arbre, je laissai mon imagination d’enfant prendre le contrôle de mon petit cerveau de gamin pour m’envoler vers d’autres univers.

Cet arbre était dans le jardin de ma grand mère. J’allai souvent en vacance étant petit et après avoir relu pour la énième fois toutes les bandes dessinées d’Asterix et Obelix, je partais en direction de mon bolide naturel.

Comme vous pouvez le voir sur la photo, je pouvais m’y assoir et j’ai tous de suite imaginé que j’étais sur une moto. Moto qui volait, dans l’espace bien sur !

Une fois installé, j’étais parti pour une de mes missions spatiales pour protéger la planète Terre des méchants extra-terrestres qui menaçaient de nous exterminer tous, un par un !

Les roues se tournaient à l’horizontale pour me permettre de décoller. Des missiles téléguidés sur les côtés, pour ne jamais rater ma cible !

La grosse branche devant moi servait de levier de direction, comme dans les hélicoptères, pas de guidon pour cette moto !

Mes aventures me menèrent dans des galaxies ou l’ennemi déterminé se préparait avec zèle à nous détruire. J’arrivai toujours à temps, détruisant les complexes d’armes à rayon laser de la mort, avec comme allié les oiseaux. Ils me communiquaient des informations importantes via leurs chants, toujours présent, ayant toujours des réponses à mes questions.

Des fois, j’arrivais tard dans la bataille, les extraterrestres, mauves de peaux, nez de cochons énormes, yeux globuleux, certains petits, d’autres grands, habillés d’uniformes blanc immaculés, étaient prêt à débarquer . Mais grâce à mes informateurs ailés et chantants, j’arrivais à tends pour les combattre.

Ce genre de bataille dans l’espace était des plus difficile, les courses poursuites à la vitesse de la lumière demandaient beaucoup de concentration et il fallait avoir le cœur bien accroché. Mais heureusement pour vous, j’étais super entraîné, maître absolu de mon véhicule et la planète Terre était sauvée à chaque fois !

J’ai bien sûr frôlé la mort plusieurs fois, mais ma dextérité et mon sang froid, ainsi que mes ami(e)s oiseaux m’on toujours sorti des situations les plus dangereuse !

Jusqu’au jour où les nouveaux propriétaires du jardin d’à côté (à ma droite sur la photo) ont décidé qu’il était temps d’installer un grillage pour séparer les jardins. Et pour ce faire, ma moto as dû être sacrifiée.

Devant ma tristesse, mon paternel trouva une vielle moto en plastique, un jouet, statique.

Ma carrière de guerrier intergalactique, sauveur de la planète Terre a pris fin.

Sur ce jouet, une nouvelle mission m’attendait, celle de sauver le hiboux que j’entendais, quelque part, dans un arbre, d’un danger imminent.

Et puis j’ai grandi, vieilli (?) et oublié ma mission. Je ne sais pas si c’était un hiboux pour dire vrai mais j’espère qu’il a pu s’échapper du malheur imminent qui l’attendait.

En tous cas, vous me devez tous une fière chandelle pour vous avoir sauvé de la menace extra-terrestre qui menaçait de tous nous éradiquer !

Jaskiers

En ligne de Ernest Hemingway

Quatrième de couverture :

Choix d’articles et de dépêches de quarante années

Journaliste et romancier, Hemingway a su mener les deux activités de front avec un égal talent, utilisant l’une au profit de l’autre et vice versa. Le jeune Ernest n’a pas dix-huit ans lorsqu’il publie son premier article. Pêche, chasse, descriptions de paysages et de mœurs, anecdotes de voyage, exotisme et reportage de guerre : il aborde tous les genres avec aisance et impose immédiatement ce style sans fioritures qui n’a pas pris une ride. Plus de quarante années d’articles et de dépêches écrites aux quatre coins de la planète sont réunies dans ce recueil qui se divise en cinq parties. La première représente les débuts d’Hemingway journaliste. D’emblée, le jeune homme porte un regard original, avisé et plein d’humour sur ce qui l’entoure. Après quelques années exclusivement consacrées à là littératures, Hemingway, devenu écrivain célèbre, renoue avec le reportage. Il couvre la guerre d’Espagne, qui lui inspirera Pour qui sonne le glas, puis la Deuxième Guerre mondiale. Le livre se termine sur l’après-guerre vu par un homme de plus en plus fasciné par la mort.

Le recueil d’article commence par son travail au Toronto Star Weekly, voguant entre l’Amérique, la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

En Europe, il vivra à Paris. Le Paris d’après guerre était un véritable vivier d’artiste américain. Son travail au journal de Toronto lui permettra de nourrir sa femme et son fils.

Hemingway écrit pour The Toronto Star Weekly :

Si vous voulez vous procurez des repas gratis, un logement gratis et des soins gratuits, il existe un moyen infaillible. Approchez-vous du plus gros agent de police que vous pouvez trouver et frappez-le au visage.

La durée de votre temps de repas et de logement gratis dépendra de l’humeur du colonel (George Taylor) Denison (juge de tribunal de simple police). Et l’importance de vos soins médicaux gratis dépendra de la taille de l’agent de police.

Voici un autre extrait d’un de ses article au Toronto Star Weekly, ou le jeune Hemingway devine déjà le drame que la dictature de Mussolini va provoquer en Europe :

Quand nous entrâmes dans la pièce, le dictateur [Mussolini] à la chemise noire ne leva pas les yeux du livre qu’il lisait, tant était intense sa concentration, ect…

Je m’approchai discrètement derrière lui pour voir quel livre il lisait avec tant d’intérêt. C’était un dictionnaire français-anglais — tenu à l’envers.

Ernest Hemingway jeune, à l’époque où il travaillait au Toronto Star Weekly.

Après le Toronto Star Weekly et une longue pose journalistique de 9 ans, Ernest décide de se consacrer à ses ambitions de romancier. Ambitions qui se concrétiseront avec l’énorme succès, de son roman Le soleil se lève aussi. Ernest est engagé par Esquire, où il écrira beaucoup d’article sur la chasse, la pêche, les safaris, l’écriture, le voyage et sur la situation politique en Europe, qu’il juge menaçante, surtout avec l’avènement de Mussolini en Italie et celui d’Hitler en Allemagne.

À noter le superbe article écrit sur un vieux marin qui revient de la pêche avec son énorme prise mangée par les requins donne des frissons… Pour des raisons évidentes pour ceux qui ont eux la chance de lire l’un de ses plus grand livre. D’ailleurs, comme noté précédemment, l’écriture fait parti intégrante de ses articles, comme si il voulait distiller un peu de son talent aux lecteurs.

Voici d’ailleurs un extrait d’un de ses articles pour Esquire :

La chose la plus difficile au monde est d’écrire une prose parfaitement sincère sur les êtres humains. D’abord il faut connaître le sujet ; et puis il faut savoir écrire. Apprendre ces deux choses nécessite une vie entière […] Écrivez sur ce que vous connaissez et avec sincérité et envoyé tous le monde au diable.

Vous devez être toujours prêt à travailler sans encouragement. C’est lorsque vous êtes inspiré par quelque chose que se fait la première rédaction. Mais personne ne peut la voir avant que vous l’ayez reprise encore et encore, avant que vous ayez communiqué l’émotion, les décors et les sons au lecteur. Et lorsque vous aurez accompli cela, les mots, parfois, n’auront plus de sens pour vous, tellement vous les aurez relus de fois.

Puis, il sera engagé par la North American Newspaper Alliance pour couvrir la guerre d’Espagne, pays dont il est follement amoureux. Il choisira le camps des Républicains dans la lutte fratricide qu’était la guerre espagnole.

Ces articles sont une mine d’or. Preuve qu’Hemingway était un aussi bon reporter qu’un excellent écrivain. J’ai beaucoup lu de récit de guerre mais les articles d’Hemingway nous plonge dans l’enfer de la guerre civile Espagnole. Tantôt avec les civiles, les collègues journalistes et avec les soldats républicains. La prose est dur, ferme, franche et je dirais presque romanesque à la vue des descriptions, vous avez l’impression d’y être. Oui. Confortablement installé, vous êtes plongé dans l’horreur grâce à son talent. Son expérience de la guerre civile espagnole lui inspirera Pour qui sonne le glas, l’œuvre sera dédié à Martha Gellhorn.

Extrait d’une dépêche pour la North American Newspaper Alliance ayant pour titre : Le bombardement de Madrid 11 Avril 1937

Mais en ville, où toutes les rues étaient pleines des foules du dimanche, les obus arrivèrent avec le brusque éclair que fait un court-circuit et puis il y eut le fracas assourdissant de la poussière de granit. Au cours de la matinée, vingt-deux obus tombèrent sur Madrid.

Ils tuèrent une vielle dame qui revenait du marché, la jetant à terre comme un ballot de vêtement noirs, une jambe, soudain détachée, allant frapper en tournoyant le mur de la maison voisine.

Ils tuèrent sur une autre place trois personnes, qui s’étalèrent comme autant de paquets éventrés de vieux chiffons dans la poussière et les gravats quand les éclats de 155 eurent explosé contre le bord du trottoir.

Une automobile arrivant dans la rue stoppa brusquement, fit une embardée après l’éclair lumineux et le fracas et le conducteur sortit en titubant, son cuir chevelu pendant sur ses yeux, pour aller s’asseoir sur le trottoir, la main sur le visage, le sang lui mettant un vernis brillant sur le menton.

[…] mais le bombardement qui s’abattît sur les rues à la recherche des promeneurs du dimanche n’était pas militaire.

Ernest Hemingway, au milieu avec le bonnet, se réchauffant avec des soldats républicains durant la guerre civile Espagnole.

Durant la Seconde Guerre Mondiale il couvrira pour le magazine PM. Du conflit sino-japonais, au débarquement de Normandie, de la Libération de Paris jusqu’à la percée de la ligne Ziegfried.

Hemingway sera d’abord envoyé en Chine pour couvrir la guerre Sino-Japonaise, afin de renseigner le public occidental sur se conflit qui était pour beaucoup de personnes, un conflit oublié, l’Allemagne Nazie et le conflit en Europe, la guerre pour la suprématie aérienne au-dessus de l’Angleterre étant plus importante à leurs yeux.

En analysant le conflit, Hemingway émet des théories sur une possible attaque japonaise dans le Pacifique, dans leurs quêtes d’extension et soumet l’idée qu’une attaque japonaise sur la flotte américaine était très probable, ce qui déclencherai l’entrée de l’Amérique dans la guerre. L’Histoire lui prouvera qu’il avait raison car l’attaque japonaise de Pearl Harbor entraînera l’entrée de l’Amérique dans la guerre totale.

Hemingway (troisième en partant de la gauche) et Martha Gellhorn, je crois, (première à gauche) en Chine durant la guerre Sino-Japonaise.

Vient ensuite, le récit d’Hemingway sur le débarquement de Normandie dont-il participa avec la septième vague d’assaut.

Le bond dans le temps, les articles sur la guerre en Chine dataient 1941, est dû aux autres activités qu’Ernest avait pendant la guerre. Écrire bien sur, mais aussi, la chasse au sous-marins allemand à bord de son bateau de pêche le long des côtes de Cuba. Selon certains experts, cette mission de chasse n’était qu’un prétexte pour boire entre ami, selon d’autres, ces missions ont permit de couler 2 ou 3 navires allemands.

L’article d’Ernest sur le débarquement est angoissant, car Hemingway et ses compatriotes n’arrive pas à trouver la plage sur laquelle ils devaient débarquer les soldats et la TNT qu’ils transportaient.

Ernest Hemingway avec des soldats américains avant le débarquement.

En lisant cette article, je me suis rappelé cette introduction dans le livre de Martha Gellhorn, La guerre de face disant qu’Hemingway n’aurait pas assisté au débarquement et qu’il aurait écrit cette article grâce aux témoignages des soldats revenus du front. Maintenant, à nous de nous faire notre propre avis. Je sais par contre que Robert Capa a participé au débarquement, sur la plage d’Omaha Beach, surnommé Omaha la Sanglante à cause du carnage infligé aux soldats américains par les allemands défendant la plage. ( C’est cette plate qu’à choisis Spielberg pour filmer Qui veut sauver le soldat Ryan.) Capa faisait parti de la première vague, la légende dit que la plupart des clichés qu’il a prit pendant le débarquement ont été perdu car les négatifs seraient tombés dans la mer. Des soldats diront qu’ils avaient beaucoup trop peur et qu’une fois arrivé sur la plage, il demanda d’être rapatrié illico-presto vers l’Angleterre. Encore une fois, qui dit vrai ?

Extrait de la traversée de la victoire pour Radio Londres :

À ce moment, nous entrâmes dans la zone balayée par le feu des mitrailleuses et je baissai la tête pour échapper au crépitement des balles. Puis je descendis dans la cavité à l’arrière, là où le canonnier aurait pris place si nous avions eu des canons. Le feu des mitrailleuses faisait jaillir l’eau tout autour du bateau et un obus antichar fit lever une gerbe d’eau qui passa par-dessus nous.

« Vire et sors le bateau d’ici, Patron ! » cria Andy. « Sors le bateau d’ici ! »

Le lieutenant parlait, mais je n’entendais pas ce qu’il disait. Andy pouvait l’entendre : il s’était penché, la tête tout près de ses lèvres.

Pendant que nous pivotions sur place et nous en allions, le feu des mitrailleuses s’arrêta. Mais les balles de tireurs individuels continuèrent à siffler au-dessus de nos têtes et à frapper l’eau autour de nous. J’avais relevé lentement la tête et regardai le rivage.

Vient ensuite un article sur les bombes allemande V1 et V2, les premiers missiles longues portées inventé par les nazis et provoquant d’énorme dégâts humains et matériels dans Londres. Hemingway interview des pilotes de chasses chargés d’éliminer ses missiles, exercices périlleux et difficiles.

Missile V1 quelque seconde avec d’exploser dans une banlieue de Londres.

Ensuite, Hemingway s’embarque avec dans des bombardiers, l’article et court, se concentre sur la drôle de façon de parler des anglais. Je dirai que cet article est le plus anecdotique de se recueil, même si il reste bon et bourré d’humour.

Puis arrive bien sur la libération de Paris, la ville qu’il aime le plus. Avec moult détails, tout en glissant dans son article qu’en tant que reporter de guerre, il n’a pas le droit de commander de soldats, il décrit les manœuvres entre soldats américains et les F.F.I, les Forces Françaises Libres, pour mener à bien l’assaut sur Paris. L’article est mythique, les Résistants le nomme capitaine puis colonel, il se dédouane constamment, disant qu’il n’a aucune influence sur les soldats, mais se contredit plusieurs fois, et je crois intentionnellement, en écrivant qu’il servait juste de « traducteur » entre Résistants et l’armée U.S.

Saviez que Ernest Hemingway était à la tête d’un groupe de franc-tireur français et qu’il a mené se groupe jusqu’à durant la bataille pour la libération de Paris jusqu’à la terrible bataille de la forêt d’Hurtgen ? Bien sur, il a mené se groupe officieusement, ce qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de l’état major américain. Interrogé par ce dernier, Ernest niera évidemment tous et sera lavé de cette accusation. Bien sur, Ernest ne parle pas de son implication, totalement illégale aux vues des conventions de Genève, dans ses articles, c’était juste pour la petite histoire. La légende dit même qu’il aurait libéré le Ritz ! (Une autre légende dit qu’il aurait sorti un lion qui s’était échappé d’un cirque, à main nu du Ritz. Le Ritz a d’ailleurs un bar nommé au nom d’Hemingway et plusieurs boisson nommé en son nom à Cuba, comme le Papa Doble.)

Aaron E. Hotchner, journaliste américain et grand ami de Hemingway jusqu’au suicide de se dernier écrira dans son livre Papa Hemingway cette petite rencontre a un hippodrome de Paris (je ne me rappel plus lequel) : Avant la course qui s’annonçait, quelqu’un appela Ernest, les deux amis tournèrent la tête pour se retrouver devant un petit homme mal habillé. Hemingway le reconnus. C’était un des francs-tireurs qu’il avait commandé lors de la Seconde Guerre Mondiale. Après un banal échange de politesse ils se quittèrent. Hemingway dit à Aaron : « – Avec ce petit français, pendant la guerre, on as fait du sale. On en a vu aussi, mais on as fait du sale. » Hemingway ne parlait que très peu de la guerre, c’est le seul passage du livre de Hotchner, si je me rappel bien, qui parle de la guerre.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale. De gauche à droite : Robert Capa, le chauffeur de la Jeep et Hemingway.

Puis vient l’avancé et la percée de la ligne Ziegfried, dernière ligne de défense allemande. Les retranscriptions de batailles et de discutions entre soldats (incluant des résistants français, qui comme de par hasard, se retrouvent avec Hemingway aux frontière du Reich). Ces articles sont de loins les meilleurs reportages de guerres que j’ai lu. Captivants, effrayants, parfois même drôles.

A noté aussi que son premier fils Jack, surnommé Bumby, était parachutiste durant la guerre et fut fait prisonnier par les allemands ! Il fut libéré, sain et sauf. Il n’en parlera que très peu, ce que j’ai pu lire de la réaction d’Hemingway sur l’emprisonnement de son fils était un petit passage dans une de ses correspondances.

Ernest Hemingway durant la Seconde Guerre Mondiale. Remarquer sa ceinture ? C’est une ceinture de soldat S.S., sur la boucle est marqué Gott Mit Uns, Dieu est avec nous.

Son expérience de la Seconde Guerre Mondiale le poussera à écrire Par delà le fleuve et sous les arbres.

Puis vient les articles d’après guerres. Là aussi se produit un bon dans le temps entre les articles sur la Seconde Guerre Mondiale et ces articles. Car Hemingway décide de repartir chasser, pêcher et écrire. Il partira en safari, safari qui faillit lui coûter la vie, à lui et à sa femme, à cause de deux accidents d’avions consécutifs, qui le marqueront physiquement et mentalement. Les médias pensèrent qu’Ernest et sa femme étaient morts. Hemingway adora lire les oraisons funèbres et les articles nécrologiques.

Ernest Hemingway sur son bateau de pêche le Pilar. Ce nom vous dis peut-être quelque chose ?

Les articles d’après guerres se concentrent sur la pêche en haute-mer, près des côtes de Cuba, sur le Golf Stream, à bord de son fameux bateau de pêche, le Pilar, sur les techniques et équipements de pêche, sur la chasse et sur son grand voyage en Afrique et bien sur, un peu de Corrida. Dans ses articles, Hemingway place souvent des références à la guerre, prouvant à quel point les conflits auxquels il a assisté auront marqués son psyché.

Ernest Hemingway (avec barbe et casquette) assistant à une corrida avec son ami toréador Dominguin (à droite, cheveux brun).

Extrait de l’article Le cadeau de Noël publié dans le magazine Look entre le 20 mai et le 4 avril 1965. La scène se passe après le premier crash de son avion :

[…] Notre conversation au sujet du bidon d’eau fut interrompue par un éléphant mâle aux défenses impressionnantes, qui apparut à vingt yards de nous. Il suivait manifestement la piste des éléphants, pour aller paître le long de la crête, lorsqu’il s’arrêta pour voir notre feu de plus près. Il écarta largement les oreilles. Elles me parurent avoir soixante pieds de largeurs, mais pour avoir vu des éléphants en plein jour je sais qu’elles n’atteignent pas de telles dimensions.

Il leva sa trompe qui me parut longue de plusieurs centaines de pieds, mais je sais aussi que de telles dimensions sont impossibles. Il poussa ensuite un cri aigu très curieux et donna tous les signes de vouloir se joindre à notre groupe. Roy et moi gardâmes une immobilité silencieuse, retenant même notre souffle, et nous espérâmes sincèrement que l’éléphant se déciderait à retourner à ses affaires personnelles. […]

Extrait du même article sur son deuxième crash d’avion consécutif :

J’ouvris la portière par un coup de ma tête et de mon épaule gauche. Une fois la porte ouverte, je montai sur l’aile gauche de l’avion, aile qui n’avait pas encore pris feu, et dénombrai Miss Mary, Roy et le pilote qui étaient sortis de l’avion par une ouverture où je n’aurais pas pu passer.

Hemingway se reposant après son double accident d’avion en Afrique.

À la fin de sa vie, accablé par les problèmes physique et mentale, il se pensait surveillé par le FBI. Personne ne l’a cru. Et pourtant il avait raison.

Après plusieurs tentatives de suicides, des hospitalisions en hôpital psychiatrique, de séances d’électrochocs qu’il jugeait responsable de ses pertes de mémoires et de son incapacité à écrire comme il le voulait, il se tira une balle dans la tête.

Ses dernières paroles seront à sa femme Mary Welsh Hemingway : Bonne nuit mon petit chaton.

Hemingway posant avec le fusil avec lequel il se suicidera.

Ainsi se termine ma dernière lecture d’Hemingway et cet article très long. J’ai ajouté des photographies pour aérer l’article. Certaines choses sont peut-être hors-sujet mais j’avais tellement envie de partager ce que je savais de lui avec vous.

Le prochain livre qui arrive s’intitule How It Was, de Mary Welsh Hemingway, livre, qui comme le mentionne le titre, parle de sa vie avec Ernest Hemingway.

Jaskiers

Défense du titre de Ernest Hemingway

Quatrième de couverture :

« J’ai commencé en douceur, avec une victoire sur M. Tourgueniev. Après un entraînement intensif, j’ai envoyé M. de Maupassant au tapis. J’ai livré deux rounds contre M. Stendhal, avec un léger avantage pour moi dans le second. Mais personne ne me fera monter sur le ring pour me mesurer avec M. Tolstoï. Il faudrai que je sois devenu fou ou que je passe une fois pour toutes dans la catégorie supérieure. »

Tout Hemingway est dans ce trait ; pour lui, la passion de la littérature n’est en rien séparable de la vie aventureuse qu’il a mené, car elle tient à la fois de la boxe et de la tauromachie, de la chasse au lion et de la pêche à l’espadon. Mais sous le côté hâbleur, c’est un homme finalement plutôt ironique à l’égard de lui-même que nous livrent ces trente-huit entretiens, publiés entre 1919 et 1965 pour le compte de divers journaux américains, et qui tracent, comme en pointillé, l’autobiographie intellectuelle d’un écrivain devenu presque une légende de son vivant.

Avant de commencer cet article, j’ai trouvé dans se livre, acheté d’occasion, cette belle carte postale qui semble représenter une feria dans les rues de Pampelune. Je ne sais pas si elle appartient à l’ancien propriétaire du livre ou si le libraire qui me l’as expédié l’a mis dedans comme un petit bonus. La tauromachie était la plus grande passion d’Hemingway, ainsi que l’Espagne.

Si vous connaissez l’espagnole, pourriez vous traduire ce qu’il y a de marqué ? Merci d’avance si vous le pouvez !
L’envers de la carte postale.

L’ouvrage est relativement court, mais truffé de magnifique leçon que l’écrivain souhaitait distiller dans ses interviews, même si il détestait se faire interviewer.

L’ouvrage se concentre beaucoup sur les années 50.

J’ai choisi plusieurs extraits et phrases mais les choix ont été difficiles. Il y avait tellement de phrases magnifiques que j’avais envie de partager avec vous, mais j’ai dû me réfréner car j’espère qu’un jour vous aurez le plaisir de le lire.

Même si j’ai noté plus haut qu’il détestait les interviews, il semble vouloir partager sa passion de l’écriture, son art, l’artisanat, l’alchimie comme il le décrit souvent. Certains journalistes le disaient timide, peut-être, certains disaient qu’il rechignait de parler de ses collègues, ami(e)s ou ennemi(e)s, écrivain, cela peut s’avérer vrai. Car quand il daigne parler d’eux, des mots crus qui pour moi son une certaine preuve de décontenance envers ses connaissances. Ne sachant pas comment répondre à ces questions il attaque.

« Pour me donner des coups, la vie, le plus souvent ne m’a pas demandé mon avis » – Ernest Hemingway

En parlant d’attaque, comme écrit sur la quatrième de couverture du livre, Hemingway parle beaucoup en terme de combat, de lutte, il rapporte et s’exprime avec maintes comparaisons à la violence, physique. Ernest ne croyait pas à la psychiatrie. Un jour qu’il rencontra Ava Gardner, la célèbre actrice américaine, cette dernière lui confia qu’elle voyait un psychologue et demanda à Hemingway comment lui pouvait faire sans. Il répondit que pour lui, son psychiatre était une machine à écrire Smith-Corona (s’il vous plaît, pas de mention du virus, ceci est une vraie et bonne marque de machine à écrire).

« – La machine à écrire… elle change le plomb en or, murmura Hemingway. »

Un superbe article relate l’échange entre Hemingway et un apprenti écrivain. Ernest y donne ses méthodes, ses règles, sa vision, sa technique pour écrire. L’article se déroule comme un dialogue et est une mine d’or pour tous ceux qui s’intéressent à l’écriture et/ou s’intéressent à Hemingway et à son processus créatif.

L’article où il prédit l’attaque de Pearl Harbor

Je pense que les journalistes et lecteurs se posent encore trop de question sur Ernest Hemingway, et je crois que les réponses ne tienne qu’à une seule réponse : tout est dans l’écriture. Comme il le fait remarquer dans son discours lors de la réception de son prix Nobel : « Je suis un écrivain et je vous parle depuis trop longtemps. Plutôt que d’exprimer mes pensées à hautes voix, nous devrions toujours prendre la plume. »

Extrait 1 :

Tous les jours, à sept heures du matin, je suis au travail et je m’y tiens jusqu’au début de l’après-midi. Ma première tâche consiste à relire ce qui précède, de façon à me replonger dans le récit avant de prendre une page blanche. J’aligne les mots l’un après l’autre, avec autant de soi qu’un maçon disposant ses briques, à la main, toujours. J’ai bien essayé des techniques d’écriture rapide en repoussant à plus tard le travail de mise en forme, mais comment savoir où est la place du roman dans le chaos qui s’installe inévitablement ?

Extrait 2 :

« Le premier devoir de l’écrivain est la sincérité. Brasseur de fiction, le romancier doit puiser ses sujets dans sa propre expérience. Non pour offrir une photographie banale de la vie, sombrer dans le réalisme, mais pour faire preuve de hardiesse tout en étant fidèle à ce qu’il sait de la réalité. Être original, pour un écrivain, c’est être soi-même. »

Jaskiers

Mes saisons en enfer | Cinq voyages cauchemardesques de Martha Gellhorn

Photographie de couverture par Robert Capa prise en 1940.

Quatrième de couverture :

Déployant une joyeuse fureur et une élégante ironie, l’illustre correspondante de guerre américaine Martha Gellhorn raconte ses cinq pires épopées autour du monde. On se réjouit de la suivre dans ses tribulations, tout en se félicitant – souvent – de ne pas être de l’aventure.

« Le bréviaire du reportage en milieu hostile. »

Sylvain Tesson, Lire

« Une magnifique héroïne garantie sans testostérone. »

Marguerite Baux, Elle

L’introduction nous présente une biographie courte de Martha, aucune biographie française n’as été publiée pour l’instant. Ce que j’ai appris, c’est qu’à ses débuts, Gellhorn faisait beaucoup de fautes d’orthographes, comme Hemingway et F.Scott Fitzgerald (ce dernier, selon Hemingway, été à la limite de l’alphabétisme, il n’a jamais su écrire Hemingway correctement) !

Hemingway est présent dans la première histoire de se livre sous le nom de : CR. Que veux dire CR ? Compagnon réticent ! Cette première histoire se passe en Chine durant la guerre Sino-Japonaise. Martha avoue avoir poussée Hemingway à la suivre dans cette aventure. Chose qu’elle regrettera, les chocs culturels, politiques, climatiques seront trop pour elle. Ce dont Ernest, qui lui s’habitue plus facilement, utilisera pour se moquer d’elle à chaque fois qu’elle se plaint « C’est toi qui a voulu venir ! ».

Il n’y a pas que du mauvais écrit sur Hemingway, Martha relate aussi des péripéties et des frasques typiques d’Hemingway, qui pourraient vous arracher un petit sourire ou deux !

Durant un voyage en Amérique Centrale, Martha découvrira l’horreur des bagnes français en Guyane. Horreur qui semble n’être connue de plus personne en France. Une honte pour le pays des Droits de l’Homme. Enfin, si il n’y avait que ça que la France devait avoir honte…

Le livre ne traite que peu de la guerre. Je pensais qu’elle parlerai de ses voyages sur le front, sur des théâtres de guerres. Mais ses récits sont en faite des voyages cauchemardesques comme vous et moi aurions pu faire il y a de ça des décennies ou même encore aujourd’hui même si les Tour-opérateurs et autres agences de voyages vous évite, je pense, de galérer comme Martha l’as fait en Afrique.

La partie sur l’Afrique est la plus conséquente du livre, mais aussi la plus dérangeante car Martha semble se prendre pour une anthropologue, comparant les Africains aux Européens de manière assez dures et je dirai même irrespectueuse. Je n’ai pas aimé cette grosse partie du livre et je trouve que cette mentalité de jugé par la couleur de peau allant jusqu’à la nationalité m’as gêné. Peut-être est-ce moi qui ai tord au final mais je ne vois plus la dame de la même manière.

C’était une autre époque, bien sur, mais cela excuse-t-il tous ces propos, osons le dire, raciste ?

Il n’en reste pas moins que Gellhorn était une grande journaliste et écrivaine, philanthrope oui, mais se texte sur l’Afrique reste dérangeant et je n’ai pas apprécié la lecture de ce voyage… En faite, à mon grand désarroi, je n’ai pas vraiment aimé le livre globalement.

Pour faire court, c’est le livre d’une américaine qui décide de voyager et écrit ses plaintes concernant les aléas et soucis de son périple. Pendant 500 pages, ne lire que des plaintes devient un peu énervant et frustrant. Je ne m’attendais pas à cela en achetant se livre.

Cela ne m’empêche pas d’avoir beaucoup de respect et d’admiration pour Martha Gellhorn, sa vie et son œuvre. Je pense juste que ce livre n’était pas pour moi, je ne pense pas avoir compris ce terrible passage sur l’Afrique et j’espère me tromper en ayant parler de racisme. Il faut que je l’avoue, ce livre a terni l’image que j’avais de Martha Gellhorn.-

Jaskiers

À venir sur le blog : Un au revoir à Hemingway ?

Pourquoi est-ce un au revoir à Hemingway ? Car je crois avoir lu la presque totalité de ses œuvres, je sais qu’il m’en reste quelques-uns, notamment des nouvelles écrites pour les enfants. Mais ces 4 derniers livres seront peut-être les derniers gros ouvrages conséquent que je lirai sur l’homme.

Ses livres m’ont accompagnés et suivis durant une période extrêmement difficile de ma vie. Une période où lire a été mon seul refuge et plaisir. Hemingway et sa prose étaient là. Il ne m’as pas laissé tombé. J’admire l’écrivain, l’homme se levant avant le levé du jour pour écrire. Il as affirmé qu’il n’avait jamais raté un levé de soleil de sa vie car il écrivait très tôt le matin pour finir vers midi. L’homme as passé sa vie à écrire. Plus que ses voyages, ses péripéties, ses bêtises, son machisme et ego démesuré, il faut savoir qu’il était un acharné de travail. L’écriture était une prolongation de son corps, comme le serait un musicien et son instrument.

Voici les œuvres, de gauche à droite :

En défense du titre. Acheté car dans des nombreuses biographies, se livre apparaissait en note de bas de page, il fallait que je me le procure.

E.H apprenti reporter. Les débuts de journaliste du très jeune Hemingway !

En ligne. Recueil d’articles de ses reportages sur le front. Impatient de le lire !

How It Was de Mary Welsh Hemingway. Mary était la dernière femme de Ernest, et il lui en as beaucoup fait voir ! Ce sera peut-être mon dernier livre avant un bout de temps avec comme sujet Hemingway. J’ai décidé de finir avec cette œuvre écrit par sa femme car je pense en apprendre beaucoup sur l’homme, qui il était au quotidien. Je le sais, ce n’était pas facile de vivre avec lui, en fait, je crois que ce n’est pas facile de partager la vie d’un écrivain, homme ou femme, tout court. Mes lectures me l’ont apprises. Mary étant la dernière personne que Ernest ai aimé, je pense que ce sera un ouvrage franc et beau. Un au revoir, je l’espère encore, temporaire à l’Hemingway qui m’as suivis durant ces épreuves.

Car qui pourrait dire adieu à Hemingway ?

À bientôt, je l’espère, pour les articles à venir !

Jaskiers

La guerre de face de Martha Gellhorn

Quatrième de couverture :

Entre ses premières armes lors de la guerre civile espagnole, aux côtés de son futur mari Ernest Hemingway, et les derniers feux de la guerre au Panama, en 1990, la journaliste américaine Martha Gellhorn a couvert les plus grand conflits du XXe siècle.

Les deux reporters se sont rencontrés à Key West, ont ensemble vu et raconté la guerre, jusqu’au moment où, quand Martha part en 1943 suivre l’avancée de l’armée américaine en Italie, «Papa » lui lance, exaspéré : « Tu es une correspondante de guerre sur le front ou une épouse dans mon lit ? » Ils divorcent en 1945 et Martha Gellhorn, des combats sur l’île de Java à ceux du Vietnam, en passant par la guerre des Six Jours, va progressivement s’imposer, tant par son art de l’observation (elle était aussi photographe) que par l’immense qualité de sa plume, comme l’une des personnalités marquantes de la presse américaine.

Née en 1908, l’inspiratrice de Pour qui sonne le glas reste une grande figure du reportage de guerre. Son recueil The Face of War est publié pour la première fois en 1959. Devenu presque aveugle, luttant contre un cancer, Martha Gellhorn finira par se suicide à Londres en 1998, à l’âge de 89 ans.

« Des articles exceptionnels, où l’ont perçoit tous les états d’âme par lesquels Martha Gellhorn est passée pour voir et parfois comprendre les souffrances de la guerre. » Télérama

« Enfin redécouverte, enfin traduite en français. » Le Monde des Livres

Extrait :

Un extrait d’un article de Martha Gellhorn à Madrid au milieu d’un bombardement pendant la guerre d’Espagne :

[…] Une vielle femme, un châle sur les épaules, tient par la main un petit garçon maigre et l’entraîne en courant à travers le square. Vous savez ce qu’elle pense : elle pense qu’elle doit ramener le petit garçon à la maison, parce qu’on est toujours en sécurité chez soi, au milieu des choses que l’on connaît. D’une certaine façon, personne ne croit qu’on puisse être tué quand on est assis dans son propre salon, on n’y pense jamais. Elle est au milieu du square quand l’obus suivant tombe.

Un petit morceau de métal tordu, brûlant et très aiguisé, se détache de l’obus et vient se planter dans la gorge du petit garçon. La vielle femme reste sans bouger, tenant par la main l’enfant mort, le regardant avec un air idiot, ne disant rien, et puis des hommes accourent et emportent l’enfant. Sur leur gauche, à l’extrémité du square, il y a une immense pancarte brillante qui a écrit : QUITTER MADRID.

Cette pancarte brillante me rappel les avertissement taguées sur les murs et bancs de Sarajevo avertissant les civiles de faire attention aux Snipers, ou à celui indiquant bienvenue en enfer.

Un article des plus touchants est celui sur ces réfugiés polonais à Londres qui racontent avec beaucoup d’émotions le massacre des civiles et des juifs. Cet article as été écrit en 1944, les camps de la mort et de concentrations étaient à leurs niveau de fonctionnement le plus haut. Il est donc impossible pour les gouvernements Alliés de nier qu’ils n’avaient pas connaissances de ces atrocités. Cela restera, sûrement pour encore longtemps, un mystère, que savait EXACTEMENT les Alliés sur le sort des Juifs. Personnellement, je pense qu’ils savaient mais pour une raison qui m’échappe, ils n’ont pas bougé le petit doigts… Peut-être devrais-je lire des ouvrages traitants de se sujet. L’Histoire est un puzzle, dont les pièces nous sont donnés des décennies et certaines fois des siècles après.

À noter aussi le très bel article sur les soldats français combattants en Italie. Il est rare, vraiment, qu’un auteur américain parle de en bien de l’armée française et de sa politique après la débâcle de 1940. Encore aujourd’hui d’ailleurs.

Martha utilise des mots pleins de beauté et d’espérance à l’égard du peuple français et des combattants des anciennes colonies. C’est agréable de lire ces mots, venant d’une américaine dont la ville préfère est Londres.

Le livre traite aussi d’autres guerres. Celle de la guerre des 6-Jours, du Panama, du Nicaragua. Dans ces articles, Martha prends une position plus ferme, elle choisie même son camp. Mets l’américain contribuable lambda devant l’horreur et la désorganisation que son gouvernement provoque en jouant sur la peur du communisme. Les récits de tortures commis sur des hommes, des femmes et des enfants sont difficiles à lire, mais Gellhorn va jusqu’au bout de son travail, NOUS mettre face à l’horreur de la guerre.

Ce que j’ai constaté, c’est à quel point Martha Gellhorn est confuse et marqué par la guerre. Elle écrit ce que ses yeux voient, ses oreilles entendent et ce que son nez sent. Elle se permet d’agrémenter ses textes de réflexions sur l’humanité, la politique, la nature humaine et le futur. Je sais qu’elle as été gravement choquée par les nombreux théâtres de guerres auxquels elle a assistée.

La fin du livre se compose des nombreuses introductions et conclusions que Martha as écrite à cause des plusieurs rééditions du livre. Ces textes pourraient faire partie d’un livre unique. Gellhorn s’exprime plus personnellement, ce relevant extrêmement critique à l’égard des politiques et gouvernants, et exprimant sa peur des armes atomiques et de l’absurdité de la guerre. Ses vœux, qui resteront pieux encore aujourd’hui et demain, seraient que le budget colossal dépensé pour la « Défense » soit utilisé pour aider les plus démunies.

Elle en a ramenée des textes dures et réalistes, laissant son lecteurs, parfois, se faire sa propre opinion. Je pense qu’elle a tellement souffert qu’elle est décidé d’écrire ses articles en pensant : « Voilà ce que j’ai vu, vécus, entendu. Je vous laisse quelques réflexions personnelles mais maintenant c’est à vous de vous faire votre propre opinion. Regarder vous dans la glace demain matin en vous disant que vous faite parti de la race humaine, cette race capable de toute ces horreurs.

Extrait 2 :

Sur la seconde guerre mondiale :

L’impression de folie et de mal de mal absolu procurée par cette guerre n’a cessé de croître en moi jusqu’au moment où, pour des raisons de santé mentale, j’ai renoncé à penser ou à juger, et je me suis transformé en magnétophone à pattes, équipe d’un pair d’yeux. La façon dont les gens restent à moitié saint d’esprit dans une guerre, j’imagine, consiste à suspendre en grande partie leurs capacités de raisonnement, à perdre l’essentiel de leur sensibilité, à rire des qu’ils en ont la moindre occasion et à devenir, lentement mais sûrement, fous.

Jaskiers

À venir sur le blog : Une grande dame, journaliste, écrivaine, aventurière et reporter de guerre : j’ai nommé Martha Gellhorn !

Une des plus grande reporter de guerre, journaliste et romancière du XXe siècle.(peut-être meilleur qu’un Hemingway, d’ailleurs ils ont été mari et femme pendant quelques années mais ont divorcés. Un des causes de se divorce serait la compétitivité entre les deux, et un Hemingway légèrement (beaucoup ?) macho qui ne supportait pas qu’une femme lui vole la vedette…)

Les deux ouvrages présent sont principalement ses récits de guerres, je suis impatient de voir son travail et de partager avec vous ce que j’en ai ressorti !

À bientôt !

Jaskiers

[Reblog] Le poignard oublié de Jean-Marie Le Pen

« C’est un couteau des Jeunesses hitlériennes, celui de Jean-Marie Le Pen … il vient de faire torturer Ahmed Moulay devant ses enfants, avant d’être …

Le poignard oublié de Jean-Marie Le Pen

J’ai décidé de rebloguer cet article de Guillaume Ancel qui m’as choqué. Ne me parlez plus d’extrême droite, ni d’extrême gauche d’ailleurs. Mon pays est une honte, la guerre d’Algérie a été une horreur et comme vous le lirez sur l’article de Mr Ancel, on ne parle pas de la guerre d’Algérie à l’armée.

-> L’article de Guillaume Ancel.

Jaskiers

Gonzo Highway de Hunter S. Thompson

Quatrième de couverture :

Le 21 février 2005, Hunter S. Thompson se tirait une balle dans la tête. Une mort en accord avec la vie qu’il avait choisie – et un point final mis à l’œuvre la plus délirante et la plus féroce de la littérature américaine. Inventeur du journalisme « Gonzo », ou le reporter est à la fois l’auteur et le héros de ses articles, Thompson était alors reconnu depuis peu comme un véritable écrivain. Gonzo Highway, recueil de lettres et de papiers divers, apparaît comme la quintessence de son univers : explosif et comique, sur fond d’autodérision et de saine colère. « J’ai l’impression que les gens préfèrent mes lettres à mes articles », écrivait Thompson. Une chose est sûre : il s’y montre à son meilleur, trublion politique et voyageur lucide, portant haut sa fascination teintée de haine pour le rêve américain – qu’il perpétue en s’acharnant à la détruire.

« Découvrir la littérature sauvage [de Hunter S. Thompson], c’était comme se faire gifler d’un coup par les Stones ou les Clash après des années d’écoute de Georges Brassens : une sensation physique, électrique, sexuelle, le sentiment de coller au plus près à l’urgence du monde et du moment. »

Serge Kaganski, Les Inrockuptibles

Allez, on continus avec les œuvres de la tête brûlée du journalisme américain ! Cette fois, on s’attaque à la correspondance de Thompson avec son entourage. Thompson peut être un petit romantique, un magicien des mots et du style, mais de l’autre côté, il peut être un homme dont les tourments qui l’ont forgés (et, il faut le dire que ces tourments, il l’ai cherchés !) ont fait de lui un épistolier au langage cru et directe. Un petit peu comme Hemingway. Ernest était même moins violent que Thompson… C’est dire quel genre de bonhomme était Hunter.

Ce livre regroupe des lettres de Thompson envoyé à ses ami(e)s, collègues et « ennemis ». Autant dire que les échanges épistolaire des écrivains est un truc que j’adore lire. Ils contiennent parfois de petites perles, des compléments, une nouvelle perspective sur l’auteur. C’est toujours intéressant, on a l’impression de rentrer dans leurs intimités. Bien sur, si toutes les lettres et courriers que vous aviez envoyé durant toute votre vie se retrouver dans les mains du public, cela ne vous plairez sûrement pas. Je me suis toujours demandé si partager, et lire, ses lettres privées, ne posaient pas un problème éthique, de respect tout simplement. Mais c’est comme tomber sur un magasine people dans la salle d’attente d’un médecin (ou en magasin), on ne résiste pas à jeter juste un petit coup d’œil… Juste pour voir, n’est-ce pas ?

Mais avec Thompson, n’ayez aucun scrupule, il a gardé des copies carbones de toutes ses lettres, pour la postérité.

J’ai souvent considéré Thompson comme un écrivain hurluberlu, accro à l’alcool et à la drogue et aux sensations fortes. Il l’est, en quelque sorte, mais son écriture, ses lettres, ses romans et articles m’on montré une autre facette de l’homme. Très intelligent, sensible, timide et passionné de lettres américaines. Un homme de son siècle ? Non, je dirai en dehors de la courbe, dans le « turfu » comme diraient les jeunes d’aujourd’hui.

Extrait :

Au mois de juin, Hunter était complètement fauché, il s’était fait tabasser par la police, et coffrer pour troubles sur la voie publique et refus d’obtempérer. Il en était réduit à boire de l’eau de pluie, exposé aux piqûres des puces d’eau. Pressentant qu’il risquait un an dans une prison portoricaine, il s’échappa en voilier, cap sur les Caraïbes.

Il m’écrivît des Bermudes : « Cher Monsieur, je m’appelle H.S. Thompson et je souhaiterai travailler pour le San Juan Star… J’ai cru comprendre que Porto Rico était une endroit formidable… Je tiens cette information de trois types rencontrés à l’asile, dans le nord de l’État de New York… C’étaient des gars bien, et j’ai pu comprendre pratiquement tout ce qu’ils disaient. » […]

Sa vie obéi à des desseins inconnus de la plupart des mortels.

Les outils que Hunter allait utiliser par la suite […] dans le bouillonnement de son imagination : un esprit vif et tordu, un sens inné de la moquerie gratuite, le goût de l’excès, une suprême confiance en soi, un sens de la narration puisant à la source d’un ego blessé, et la colère caractéristique du hors-la-loi vertueux.

« Je n’ai pas encore trouvé de drogue qui défonce autant que de s’asseoir à sa table de travail pour écrire » –

Hunter S. Thompson

Jaskiers