Le photographe de Mauthausen |Le Film | par Mar Targarona.

Synopsis :

Un jeune photographe prisonnier à Mauthausen échafaude un plan pour révéler au monde les atrocités commises dans les camps nazis.

Acteurs principaux :

Mario Casas – Richard Van Weyden – Alain Hernandez

Bande annonce :

Bande annonce sur YouTube

Après avoir lu le livre « Le photographe de Mauthausen » de Benito Bermejo et la bande dessinée éponyme de Salva Rubio, Pedro J. Colombo et Aintzane Landa, j’ai découvert à ma grande surprise qu’il existait le film sur Netflix.

Ayant lu les livres, je me devais donc de regarder le film. Comme je l’ai déjà mentionné auparavant, je ne suis pas un expert du monde cinématographique ni de ses mécanismes. La « critique » de ce film sera plutôt basée sur les lectures des deux livres.

L’histoire est basée sur plusieurs théories sur la manière dont Francisco Boix a sorti les négatifs du camp. Des théories que je n’avais pas lu dans les deux ouvrages m’ont surpris, je ne sais pas si ils sont véridiques ou fabriqués pour le besoin du scénario. Cela peux être déstabilisant si vous avez lu les deux ouvrages avant le film, ce que je vous conseil de faire. Les photographies prise par Ricker (un SS photographe qui avait prit Boix comme assistant) et Boix lui même sont mise en scène de manière parfaite dans le film. Je dirai que c’est un bon complément graphique et vidéoludique pour l’histoire des négatifs de Mauthausen. L’acteur jouant Francisco Boix, Mario Casas, est très bon et très convaincant dans son rôle.

Mario Casas dans le rôle de Francisco Boix.

Côté esthétique, le film est bon, même si on peux voir parfois l’effet fond vert et quelque décors pas très crédible mais cela reste très minime vu la qualité du jeux des acteurs et le scénario « remodelé ».

Je vous conseil le film APRÈS avoir lu les livres. Les photographies que vous verrez dans les livres se transposeront dans le film. L’expérience est intéressante.

Chose importante qu’il faut noter, il est très difficile de faire un film sur les camps nazis. Ne pas tomber dans le voyeurisme, le gore, le « pathos », le « too-much ». Dans cette optique là, la réalisatrice Mar Targarona a fait un excellent travail, ne tombant pas dans les pièges, concentrant son film sur les détenus, leurs relation entre eux et avec les SS.

Richard van Weyden dans le rôle du SS Paul Ricken.

J’ai regardé le film en version originale sous-titré et je pense que vous devriez faire de même. Le film ayant comme sujet les républicains espagnoles et les nazis, la langue vous permet de rentrer plus facilement dans le film.

Femmes libérées devant leurs block à Mauthausen. Photo Boix.

C’est tous pour cette « review » de film, je ne suis pas cinéphile, prenez cette critique avec des pincettes. Mais je vous le conseil. L’horreur et le sacrifice qu’ont vécus les espagnols ne doivent pas être oubliés.

Détenu de Mauthausen à la libération du camp. Le détenu est au bord de la mort, allongé dans ses excréments. photographe inconnu (Boix ?).

Dedico este artículo a los refugiados españoles de la Segunda Guerra Mundial a quienes Francia traicionó.

Jaskiers

Histoire vraie et personnelle N#5 – Le jour ou j’ai vu la mort sur le visage de mon père.

Credit photo : le visage de la guerre de Salvador Dali

Nous descendions dans le bourg, moi au volant et mon père à mes côtés, pour acheter des cigarettes et aller faire quelques courses.

Mon père était gravement malade, se battant contre un cancer du sang. Marchant difficilement, s’aidant d’une béquille de la main droite. Le quotidien était une torture pour lui, chaque pas était un combat. Mais je devais l’emmener acheter ses cigarettes (et les miennes), faire nos petites courses. Je pense que cela venait de son caractère, un gars du village, de la campagne, il ne fallait pas montrer ses faiblesses, lutter jusqu’au bout. Ces gens s’aident souvent, trop souvent, de l’alcool pour anesthésier leurs peines. Amenant à des drames, souvent dans le village, on entendais parler de quelqu’un que nous connaissions, du moins de vue, dont le foie avait explosé, mort dans le parc, sur un banc, chez eux, pendu dans leurs maisons. Et bien sur, les maladies, cirrhoses, cancers ect… Malheureusement mon père faisait parti des alcooliques et de ceux qui ont attrapés le crabe. Mais même avec ses maladies, il voulait se montrer fort, debout, pour moi et je le sais. À l’époque, je ne le savais pas. J’étais plutôt en colère et triste.

Je gara la voiture sur une place arrêt minute, demandant à mon père si il voulait que je l’aide, retirer les sous et aller chercher le tabac à sa place. Voir l’aider à descendre de voiture. J’ai eu le droit à son sacro-saint non.

Je le laissa faire, sachant que c’était une question de fierté, d’amour propre, de me montrer à moi et au village que l’homme souffrait certes, mais il continuait à marcher. À vivre, tant bien que mal. Plutôt mal que bien en faite.

Il sortit de la voiture et je le vis marcher sur le trottoir direction le distributeur, claudiquant doucement, prenant son temps à répondre au salut de connaissances passant en voiture.

Il retira son argent puis revint en direction de la voiture. Quelque chose n’allait pas ou il y avait un problème.

Arrivé à la voiture, il ouvrit la portière et me demanda : « – Tu voulais combien de paquet déjà ?

– Euh… Trois, ça fera la semaine normalement.

Il ne m’entendît pas et me demanda de répéter. C’est là que je vis que la fin était proche. Sur son visage, j’ai vu la mort.

Je vivais avec lui presque tous les jours mais je ne vis que maintenant l’état et la souffrance dans lequel il était. Son visage, marquant son incompréhension devant ma réponse était marqué.

Sa peau était jaunâtre, marqué par des rides profondes malgré son jeune âge, 54 ans, le blanc des yeux légèrement jaune aussi, une calvitie naissante, ses cheveux courts, secs, poivre et sel, ses yeux sans cils, ils avaient été brûlés par des années de tabagies, des cernes creusées, les dents jaunies, la bouche strié de ridule, des pattes d’oies marquées, les joues creuses, ses mains calleuses après des années à travailler sur les trains aidant son corps à rester debout, s’appuyant sur la portière de la voiture.

Vous savez, j’ai mis cette peinture de Dali alors que j’aurai pu autant mettre celui de Edvard Munch « Le cri » pour représenter graphiquement et artistiquement le visage de mon père. Imaginer « Le cri », le personnage criant sans ses mains posées sur le visage.

Ma réaction immédiate après avoir ressenti l’impression de tomber de quelque étages en chute libre au fond de mon corps a été de lui sourire. Son visage crispé s’assouplit pour me rendre mon sourire. La mort avait disparu de son visage, elle avait lâché sa proie, lui permettant de me montrer, inconsciemment je pense, qu’il m’aimait, qu’il continuerait à se battre, qu’il continuerait encore à vivre un jour, ou deux, ou un mois. Que l’on continuerait tant bien que mal à partager des moments pères-fils qui nous avez tant fais défaut pendant toute ces années. Que la mort n’était pas dans notre liste de course aujourd’hui.

« – Je t’ai dis trois paquets pa’, ça fera largement toute la semaine. »

Mon père mourra deux mois plus tard.

Sur son lit de mort, son visage était paisible. Comme si il dormait. La mort avait fait son travail, ayant prise avec elle les marques physiques de la douleur. Comme si elle avait prise sur elle de les enlever pour s’excuser de la souffrance qu’elle lui avait infligée jusqu’au dernier jour.

Jaskiers

Une histoire vraie personnelle #2 – La fille en robe bleue

Sortez les violons cher(e)s lecteurs et lectrices car voici mon côté nian-nian et romantico-lourdingue !

C’était, si je m’en rappel bien, l’été où le printemps 2018. J’étais invité au baptême d’une de mes petites cousines.

Au début, je ne voulais pas y aller. Les Églises, depuis la mort de mon père et mon frère n’était pas vraiment ma tasse de thé. Je n’avais rien contre Dieu ni l’Eglise mais c’était comme ça. Pour moi, encore aujourd’hui malheureusement, l’église reste un lieu pour les morts, non pour les vivants. Je sais que les pratiquants qui me liront me diront que non, c’est en fait tous le contraire. Mais chacun sa vision des choses Messieurs Dames. Je respecte la vôtre, respectez la mienne.

Je me suis quand même décidé à assister à la cérémonie à l’Eglise puis de rentrer directement chez moi, pas de repas de fête.

Il y avait du monde dans l’Eglise, non pas que ma famille soit nombreuse mais il devait y avoir une messe et peut-être un autre baptême, je n’en sais rien.

Le baptême se déroula… et bien comme un baptême ! J’ai juste été surpris que ma toute petite cousine n’est pas pleuré quand le curée l’a baptisé. À tous les baptêmes auxquels j’ai assisté, le bébé se mettait à pleurer quand il recevait l’onction (c’est bien comme ça qu’on dis non ? La bénédiction ?).

Une fois la cérémonie terminée, je dis au revoir au membres de ma famille et sorti de l’église.

Il y avait du monde devant l’entrée du lieu de culte… Beaucoup.

J’ai l’habitude, dans la foule, de regarder le sol devant moi, de ne pas regarder les gens. Mais par curiosité, j’ai jeté un regard sur la foule et je vis la plus belle femme que j’ai vu de ma vie…

Bon j’ai 26 ans et je pense avoir encore le temps de voir de belles femmes dans la rue, mais se souvenir revient souvent.

Elle était blonde, grande, yeux bleus captivants et timide mais aussi légèrement hautains, teint hâlé, des jambes qui n’en finissait plus dans une magnifique robe bleu qui s’alliait parfaitement avec ses yeux, son physique et son teint.

Je ne l’ai regardé que, peut-être, 3 secondes avant de détourner le regard et de ressentir comme une vague de fraîcheur.

Je n’avais jamais vu une femme si belle. Elle devait avoir mon âge.

Les cloches sonnaient et j’avais l’impression d’avoir vu un ange.

J’ai continué à marcher en direction de ma maison, avec l’image de cette jeune femme en tête. Je me demandais si il ne fallait pas que je me retourne pour voir si elle était vraie. Si je n’avais pas halluciné. Mais je n’ai pas osé.

Je la revois encore, et j’y repense aussi beaucoup, à sa magnifique robe bleue. D’où sortait elles ? Elle et sa robe ?

C’était un petit village, je connaissais à peu près tous le monde, du moins les jeunes de mon âge. Elle, je ne l’avais jamais vu. Et j’ai commencé à m’imaginer qui elle était, d’où elle venait.

Je me rappel qu’elle était à côté d’un couple âgé d’environ cinquante ans. Ses parents sûrement. Le peu de temps que je l’ai regardé, elle ne semblait pas avoir de « cavalier ». Elle était là, belle. Juste belle, dans le plus beau sens du terme, dans sa plus pure définition. Seule, l’air timide mais en même temps confiante. Comment ce paradoxe est-il possible ? En faite, si il y a tant de paradoxe, c’est peut-être qu’elle était indescriptible. Elle avait l’air inatteignable, comme une apparition divine… Après tous je l’ai vu en sortant d’une église…

Ce n’est pas la seule belle femme que j’ai vu de ma vie hein, il y en a qui j’ai fais la cour ! Maladroitement bien sur. Certaine ont dit oui beaucoup on dit non. Mais jamais je n’avais ressenti une tel intensité en voyant quelqu’un.

Jamais, je n’aurai pu l’aborder. Je n’aurai pas pu trouver les mots, la regarder droit dans les yeux… Mais je reste avec le souvenir que j’ai d’elle pendant ces 3 petites secondes d’une femme dont la beauté et la présence m’ont marqué. Et encore aujourd’hui, je lui invente une vie, pourquoi était-elle là ? Que fait-elle maintenant ? Une chose est sur, je n’ai sûrement pas dû la marquer autant qu’elle m’a marqué. J’étais coiffé à la va-vite, une veste de costume vite fait enfilée sur un t-shirt blanc, un jean bleu foncé et des chaussures noir avec semelles blanches. Je n’étais rien à côté de cette dame.

Ou alors j’ai halluciné, ce qui ne m’est jamais arrivé avant ni après.

Alors oui, l’histoire est sacrément nian-nian mais vous auriez dû la voir !

Jaskiers

Une histoire vraie personnelle #1 – Le Monsieur du train

L’histoire s’est passée il y a plus de 10 ans. Je crois. En fait, je pourrai être sur de la date et de l’année mais je n’ai pas envie de vérifier. Pas envie de trop remuer le passé. Je le sais, ça va être quelque chose sur lequel je vais avoir besoin de travailler, mais pas tout de suite… De toute façon cela n’a pas d’influence sur l’histoire vraie que je vais vous raconter.

J’étais en échec scolaire, ou plutôt en décrochage. On parlerai aujourd’hui de « Phobie Scolaire », mais à cette période, on n’utilisé pas vraiment ce terme. On décrivais plutôt cette maladie avec ces phrases : « Ce jeune homme est rebelle.

Ce jeune homme est fainéant. Ne veut rien faire de sa vie. Ce jeune homme va devenir un futur délinquant. Ce jeune va terminer en prison. »

Ce n’est pas moi qui ai dit ça, c’est un juge des affaires familiales.

Mon père m’emmena donc en train passer des « tests » pour la SNCF. Il était tôt, dans un matin glacial, attendant un train pour Paris dans une petite gare de village.

Le train arriva, nous montâmes dans un wagon première classe. Non pas que nous avions l’argent mais parce que mon père étant ancien cheminot nous avions encore quelques avantages.

Nous nous assîmes sur une place avec table au milieu. À côté de nous, un Monsieur métisse, recroquevillé sur lui même semblait plongé dans un sommeil profond. Je jeta un regard amusé à mon père. Je lui chuchota :

« Ça c’est une sieste de gueule de bois »

Il sourit. Il faut dire que la gueule de bois, il savait ce que c’était…

Le train était en marche depuis peut-être trois quart d’heures. Le monsieur se réveil, nous regarde et sourit. Mon père dit :

« – Gueule de bois ?

– Oui ! Je reviens d’une fête avec des amis. On était dans un chalet. Un mal de crâne ! Mais j’en ai vu pire ! »

J’ai souri, par politesse. Et je suis retourné écouter ma musique. À bas volume car je voulais écouter la discutions que mon paternel, toujours très sociable, avait avec ce Monsieur.

Ce Monsieur était grand, costaud, pas gros mais costaud, comme un Hemingway. Il venait, si je me rappel bien, de la Réunion. La discussion n’était pas très interessante, pour moi, l’adolescent « destiné à être une crapule ». Je décida donc de monter le volume de ma musique dans mes écouteurs tout en planifiant comment je pourrai faire un hold-up dans le train pour prouver au juge, se voyant, se médium, qu’il avait raison. J’étais pas malade, j’étais juste un Billy The Kid en puissance !

Jusqu’à ce que mon père me fasse signe d’enlever les écouteurs. Ce que je fis. Billy The Kid écoutait-il son père alcoolique ? J’en sais rien cher lecteur, demandez au juge. Mais moi, ça m’arrivais…

Le monsieur, m’a dit :

« – Et toi garçon ! Tu fais quoi ?

– Bah rien.

– C’est pour ça que tu es là avec ton père ?

– Oui, pour faire des tests.

– Tests de quoi ?

– Pour… en faite j’en sais rien. Lui, je pointai du doigt mon père, m’a presque forcé à aller à se truc.

– D’accord, donc tu sais pas quoi faire et tu te laisse entraîner à ce test loin de ta campagne.

– C’est ça en gros »

À ce moment, j’avais honte. Tous ce que je voulais c’était retourner à ma musique et à mon futur plan machiavélique pour devenir le gangster le plus notoire de tous les temps…

« – Tu as quel âge ?

– 15 ans

– 15 ans ? C’est triste. C’est quoi ton problème avec l’école alors ?

– J’ai pas envie d’en parler. Il y a d’autres gens dans le wagon…

– On s’en fou, de tout façon ils sont loin dans le wagon. Alors dit moi. »

Mon père me regardait curieusement. Cet inconnu allait-il retirer les raisons des problèmes scolaires de SON fils, alors que lui même, le paternel, ne savait plus par quel moyen s’y prendre ?

J’ai inspiré et répondu :

« – J’en ai juste marre. Assis, toujours assis. Obéir, écouter, être sage, surveillé, entouré de jeunes de mon âge sois disant mature comparé au collège alors qui, au final, sont aussi méchants voir plus qu’au collège. J’ai envie d’air. La vérité je veux être le plus loin du lycée possible. J’ai besoin d’air. De me reposer. De rassurer mon corps et mon esprit que je ne vais pas me réveiller encore tous les jours pendant 3 ans à 5 heure du matin à attendre un train qui vient une fois sur deux en retards. Arriver au lycée à la bourre où le motif de « retard de train » n’était accepté que deux fois après c’était heures de colles. Et avec se foutu sac à dos pesant 2 tonnes. On veut faire de nous des citoyens ou des esclaves ? Oui madame. Non monsieur. Si vous répondez, on vous colle. Rien à foutre qu’il n’y ait plus de train à une certaine heure. Vous resterez dans la rue tant qu’à faire ça vous apprendra. Vous vous dites peut-être que je résonne comme un adolescent rebel. Mais j’ai vécus des drames que la plupart des gens ici n’ont pas vécus et par chance, peut être, ne vivront jamais. Au final j’en ai juste plein le cul, je veux être libre.

– De quel drame parle tu ?

– Mon grand frère qui se tue en scooter à 18 ans ? »

Mon père déglutit. Le sujet est difficile pour lui. Mais il voulait que je parle au Monsieur, je l’ai fais.

« – Crois moi ou pas, mais je te comprends me dit le Monsieur. Regarde moi. »

À mon tour de déglutir, à la limite de pleurer. J’ai craché, un peu, de mon mal-être à un inconnu. Je me tourne vers lui et il me dit :

« – On a tous un parcours différent. Moi non plus j’ai pas eu la vie facile. Mais au final, ça m’a construit en tant qu’homme. J’ai vécus et vis encore une vie que j’ai choisis. J’ai été traducteur en Asie dans une zone dangereuse. Je me suis pris une balle dans le bras vois-tu. »

Il remonte la manche de son bras gauche, je crois, et me montre la cicatrice.

Je regarde avec circonspection, carrément ! Une balle ! J’ai devant moi un putain de vrai aventurier ! Encore aujourd’hui je me dis Wow !

« – Est-ce que je regrette d’avoir été la bas me prendre une bastos ? NON. Parce que c’était MON choix ! Les regrets, c’est soit pour les vieillards ou ceux sur leurs lits de morts gamins. Ce qui compte, c’est que TU décide de ce qui est important pour toi ou pas. Des fois, tu va te tromper sur mais ne le regrette pas. Les erreurs c’est la vie. Si on vivez une vie sans erreurs on se ferait sacrément chier non ? »

Il regarda mon père puis moi :

« – Fais tes choix ! C’est ta vie. Pas celle de ton père, de personne. Tu te plante. Tu te relève, tu avance. Tant bien que mal. »

Je reste silencieux. À ce moment, on entend que le bruit hypnotisant du train.

Je me sens… Vide mais en même temps j’ai l’impression de voir plus clair. Mon père reste silencieux. Je regarde mon reflet par la fenêtre, putain, pourquoi on a pas des profs comme ça, des gens qui transpercent votre armure en douceur et vous font comprendre des choses, passer des idées au lieu de prof qui passe sois leurs temps à gueuler, humilier, punir, à réciter leurs cours comme des robots ou les complètements déjantés, à la limite de la folie ou qui se pensent cool ou se comporte comme des demi-dieux, en n’oubliant pas les dépressifs, alcooliques et ceux à la limite d’une crise de nerf. Pourquoi ne pas mettre des professeurs avec du vécus, des êtres humains avec l’expérience de la vie, des gens ouverts, passionné par leurs travailles. Prêt à aider, assister sans bousculer, avec passion et bienveillance. Bien sur, j’ai eu la chance d’avoir des professeurs passionnés par leurs métiers. Ce genre de profs n’ont pas besoin d’élever la voix pour calmer la classe car tous les élèves sont intéressés par le cour. Le lâcher d’endorphines dans notre cerveau est tel que le cour devient un PLAISIR plutôt qu’une tare. Même les cancres se taisent et suivent. Ces professeurs, je les comptes sur les doigts d’une main…

Durant cet instant de silence, après cette leçon du Monsieur, j’ai envie de retourner en cour et d’affronter les difficultés. De faire de mon mieux. De faire mon bonhomme de chemin sans faire attention aux autres. C’est MA vie après tous.

Une discussion reprends entre mon père et le Monsieur. C’est à propos de moi, des choses que j’ai vécus. Je ne veux pas écouter. J’ai vécus ces drames j’ai pas besoin d’entendre quelqu’un les raconter. Je remets mes écouteurs. Cette fois, je vois un futur. Celui que j’ai choisis. Désolé Mr le Juge mais dealer de la drogue, être un gangster, un voyou n’est pas dans mes plans. Ils ne l’ont d’ailleurs jamais été.

Le train arrive à Paris. Nous descendons tous les trois. On se dit au revoir.

Sorti de la gare, j’entends crier mon prénom, c’est le Monsieur qui m’appel et me dit de venir vers lui. Je m’exécute.

« – Jaskiers, serre moins la main. »

Je lui tends une mains, molle, sans conviction.

« – Jaskiers, à partir de maintenant quand tu serrera la main à quelqu’un, tu tends une main ferme, tu sers la main fermement sur celle de ton interlocuteur et tu le regarde droit dans les yeux, quelqu’il ou elle soit. Maintenant recommence. »

Je tends une main ferme, le regarde droit dans les yeux.

« – Tu fera ça à chaque fois que quelqu’un te tends la main à partir de maintenant. Les premières impressions sont importantes. Maintenant je te souhaite bonne chance garçon. Au revoir. »

Il tourne les talons et repart. Sans se retourner.

Je suis bouleversé. Je ne le montre pas, mais ce Monsieur qui part, seul, je l’admire. Quelqu’un de bien encore aujourd’hui, j’en suis sûr…

Avec mon père nous partons directions un bâtiment appartenant à la SNCF. Nous traversons un pont et je m’arrête. J’interpelle mon père et le regarde droit dans les yeux.

« – Papa, j’ai pas envie de passer se test. Cette rencontre était assez. J’ai l’impression que je peux retourner à l’école.

– On n’est pas venus ici pour rien Jaskier. Passe se test et on verra bien ce que la conseillère dira ! »

Je marmonne et proteste… Je cède. Nous arrivons au bâtiment.

La conseillère me fait passer un test sur un logiciel. Logiciel qui ressemble plus à un jeux d’éveil pour enfant qu’un logiciel me permettant de « trouver ma voie ». Le genre de test ou l’on sais où vont mener les réponses. En fin de compte, le test était une excuse pour essayer de me faire inscrire dans un lycée professionnel de la SNCF. « Avec plusieurs débouché à la sortie, mécanicien, aiguilleur ect ect ! » me fait remarquer avec un grand sourire la conseillère.

Je n’ai rien dit. C’était, pour moi, pas du tous ce que je voulais faire. Même le test enfantin qu’elle m’a fait passer prouver que je n’étais pas un « manuel ». D’ailleurs, c’est vrai. Je ne savais rien faire et n’avais aucune connaissance ni intérêt pour tous ça. Je respecte d’ailleurs beaucoup ceux qui font ces métiers car je ne pourrai pas le faire, mes mains ne savent rien faire.

Nous sortîmes de cet entretien sans avoir avancer d’un iota. J’avais encore l’impression, et je l’ai toujours que cette homme dans le train, cet inconnu qui n’était pas payé à me recruter ou à me guider m’a plus aider que ces 3 heures de discutions inutiles avec madame la conseillère avec son test bidon.

Nous en étions, moi et mon père, au même point qu’à l’arrivée. Enfin selon lui, car le Monsieur du train (je ne me souviens plus de son prénom malheureusement) m’a aidé à ouvrir les yeux sur quelque chose d’important. C’est MA vie, et ce jusqu’à mon lit de mort. Si j’ai la chance d’en avoir un…

Depuis se jour, je serre une franche poignée de main avec un regard droit dans les yeux. Et à chaque fois je repense à se Monsieur. J’aimerai tellement le retrouver et parler avec lui, car maintenant je réalise que la vie de se Monsieur était sûrement celle que je voudrai vivre aujourd’hui.

Je profite de cet article que peu de personne vont lire pour le remercier et lui dire que je ne l’ai pas oublié.

Jaskiers