California Rocket Fuel – Chapitre Final

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Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Vous revoilà ! Tant mieux parce que c’est la fin ! Fini après plus de moi, Telemaque tête a claque !

Je vous dis, mes parents m’ont appelé comme ça, et tu peux être sûr que si je suis fou, c’est aussi à cause d’eux. En faite je crois qu’on devient fou à notre enfance et que nos parents sont à blâmer. C’est pour ça que je ne veux pas de gamin, je ne veux pas qu’ils deviennent fous, ou qu’ils naissent fou à cause de moi. Et en plus c’est beaucoup trop de boulot et de responsabilité.

Putain des responsabilités ? Je rejette déjà tous sur ma copine comme on jette notre linge sale sur une chaise. On a plus d’ami(e)s car je ne supporte plus les conversations sans fond. Ils m’énervaient tellement. En faite elle a encore ses amies à elle. Je l’encourage à sortir aller les voir.

Je sais qu’elle a honte de moi, qu’on doit lui dire que je l’entraîne vers le fond, qu’elle devrait me lâcher. Elles n’auraient pas tout à fait tords ses connasses de copines. Peut-être la seule fois de leurs misérable vie où elles auront eux raisons.

Chère lectrice je m’adresse à vous. Sachez que votre homme ne cherche pas à vous tromper, non. Il VA VOUS TROMPER ! C’est dans nos gène de sauter sur tous ce qui écarte les cuisses. Les mecs quand on est en couple on a plus de succès et je peux vous dire que chacun de mes potes trompaient leurs copines. Pas une seule exception. Et toutes disaient qu’ils étaient « le bon ». Si elles savaient… Et vous pensez sûrement comme elle de votre Jules. Mais je vous le dis, dès qu’il le peut, il vous trompera, par la je veux dire qu’il couchera avec une amie à vous sans vergogne aucune et qu’il s’en ventera à ses potes, à moi par exemple. C’est dans nos gènes je pense. Se reproduire autant qu’on peut avec différente femelle pour perpétrer la race immonde des humains. Mais vous n’êtes pas obligées de me croire hein, après tous je suis fous. Mais combien de fous voient en faite la réalité quand les gens normaux se mettent des ornières pour justement ne pas devenir fous.

J’avance vers mon canapé et je suis en colère. Je suis colère. J’ai envie qu’elle me déteste. J’ai envie qu’elle me déteste mais qu’elle s’allonge à côté de moi dans le lit ce soir comme si de rien n’était.

Je lui demande si ce soir elle sort, elle me dit non. Je lui dis qu’elle devrait, elle me dit non. Je lui dis qu’elle va pas rester toute la soirée avec moi, c’est pas une vie pour elle. Elle sait très bien que dans ces moments-là, je cherche à la pousser à la faute, au reproche, au mot de trop pour qu’on s’engueule et que je puisse allègrement l’insulter, la blesser, me défouler verbalement. Je n’ai jamais été violent physiquement, la violence physique, c’est pour les derniers des porcs et encore, c’est irrespectueux pour les porcs. J’emmerde ces types. Mais verbalement, je suis d’une violence extrême, ça me ronge de l’intérieur et il faut que j’évacue cette rage. Malheureusement il n’y a qu’elle pour la recevoir.

Je vous l’avez dit chers lecteurs et lectrice que j’étais un connard finit ! Je manipule parce que ma vie n’a plus de sens.

Je l’a presse de sortir, l’a fais culpabiliser, sort putain ! Casse toi ! Va ! Va te plaindre de moi à tes pouffiasses de copines avec leurs mecs qui trempent leurs queues partout où ils le peuvent. Vas-y j’te dis. Et je te dirai même les noms des meufs avec qui ils niquent ! Et toi tu me trompe avec l’un d’eux j’en suis sûr !

Je veux qu’elle parte en pleurant allez voir une de ces potes. Je veux la tension, l’énervement. Je veux que son dernier souvenir de moi soit une engueulade car comme ça elle sera rongée par les remords.

« Salope ! Pute ! Dégage. Va voir ton mec ! Et tes connasses ! Barre-toi ! Et revient quand tu aura fini de te faire tirer ! Sale putain ! »

Et elle pleure, elle n’y comprends rien. Elle me dit que je ne suis qu’un fou et que je devrai être interné, mais oui bien sûr mais pour l’instant casse toi ! Grognasse !

Elle pleure, elle part.

Je lui lâche un dernier salope pour la route. Et j’entends le bruit de la portière de la voiture et son moteur et elle se casse.

Je ferme la porte à clé, double tour.

Je prends la bouteille de whisky bon marché qu’il nous reste en bas du réfrigérateur. Campbell machin chose. Je déballe ma réserve de xanax, enfin son dérivé, le Norset et la venlafaxine sans oublier de vieux somnifères. J’écrase et je mélange les médicaments, je fais ma mixture, je bois mon whisky pur comme les cowboys américains.

Et je mets la poudre de mon mélange médicamenteux dans la bouche, et je bois et je manque de m’étouffer, je prends des comprimés, ceux qui me tombe sous la mains. Et j’ai notre couteau de cuisine, je l’enfonce comme je peux dans mon bras, ça fais mal je sais pas comment les gens font. Moi je peux le faire aussi je suis pas pire qu’un autre non ?

J’espère juste ne pas vomir, je ne veux pas me réveiller et finir en psychiatrie. Et mon bras saigne, tentons le coup avec un coup de lame dans le bide. N’importe où. Et ma tête tourne et tout se dédouble et j’ai l’impression d’entendre l’oxygene dans l’air.

Mes oreilles bourdonnent ma vie tangue.

Ma vie bascule. J’emmerde l’être humain, vous me dégouttez cher lecteur et lectrice et je me dégoutte. Et s’en est enfin fini, de ma vie. La vie.

Fin

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 4

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Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Me revoilà chers lecteurs et lectrices.

Là, on est en voiture, sur le chemin du retour. Déjà j’anticipe la petite engueulade pour savoir qui de nous deux va monter les courses. Ces petites choses de merde de la vie quotidienne m’énervent. Ma grand mère avait coutume de dire que la vie était comme une tartine de merde, on en mange un peu tous les jours. Joël Robuchon (qu’il repose en paix) l’a bien garnis ma tartine, parfois je pense que s’est plutôt Maïté qui me l’a tartiné. Avec autant de classe et de délicatesse que quand elle assommait des anguilles…

Mon traitement, le California Rocket Fuel, l’essence de fusée californienne, est une foutue blague de merde. Censé être un remède contre les insomnies sévères et tenaces ainsi que la dépression aiguë et ses névroses, n’est en faite en rien un truc qui vous fait décollez votre gros cul du canapé. C’est tous l’contraire en faite. Vous dormez d’un sommeil chimique, vous vous réveillez la nuit, le matin, c’est comme une petite gueule de bois. En faite toute la journée est une sorte de gueule de bois où vous avez faim, tout le temps, vous avez la bouche sèche, tout le temps, vous avez la tête lourde, tout le temps, vous êtes fatigué, tous le temps. Les psychiatres sont de sacrés comiques parfois. « Il faut que vous sortiez monsieur Telemaque ». Mais quand t’as l’impression que tu vas tourner de l’œil n’importe quand, t’as pas envie non. T’as pas envie de tomber dans la rue, de rameuter des gens, de finir dans l’ambulance du SAMU ou des pompiers et devoir tout leur expliquer. Non, j’suis mieux chez moi.

Un jour j’ai entendu dire, et là honnêtement je ne me rappel plus où et par qui j’avais entendu ça, que les psychiatres étaient aussi fous que leurs patients. Enfin y’a un truc bizarre avec les psy. D’entre nous tous, ce sont ceux qui devraient être les plus heureux car ils savent quoi faire quand il ne vont pas bien psychologiquement et s’autosoignent ou un truc dans le genre mais je suis sûr que ce n’est pas le cas. On fonctionne bizarrement nous les humains. J’pense que c’est le libre arbitre le problème. On réfléchit beaucoup trop. En faite on réfléchit plus que nécessaire et on se fout un bordel monstre dans le cerveau. Comment dit l’adage déjà, « les cordonniers sont les plus mal chaussés » ?

Toujours est-il que le trajet se fait sans parole. Musique en sourdine. On ne se parle pas, on anticipe l’engueulade. Moi j’ai pas envie de me défoncer le dos à monter les courses mais en même temps je ne veux pas tout laisser à la demoiselle. Mais j’ai payé moi. Ouai c’est ça que j’lui dirais. C’est batard mais je ne sais plus communiquer comme il faut. Ou c’est dans ma nature et on peux rien y changer. Et en ce moment, j’aime blesser verbalement.

Comment elle peut rester avec moi, ça s’est un mystère. Je pense qu’elle doit avoir un autre gentlemen et je ne serai même pas en colère de l’apprendre. J’aurai sûrement fais la même chose. Elle ne reste pas avec moi pour l’argent, ça s’est sur, pour ma beauté, encore moins car je grossis à vu d’œil, pour ma personnalité ? Ah la bonne blague ! Si je pouvais me dédoubler je me mettrai une raclée à moi-même ! Et pour ce qui est du sexe, z’avez sûrement pas couché avec un type sous traitement anti dépressif, parce que c’est une tragi-comédie qui fini souvent par une gêne, tellement gênante que dormir est la seule activité au lit. Sa craint n’est-ce pas ? Enfin je vous en avez déjà parlé au premier chapitre. Je me répète, le traitement donne des trous de mémoires. 30 piges et déjà des symptômes de vieux.

Elle mérite une médaille ma copine comme on dit par ici.

Et nous prenons le dernier virage pour arriver à l’appartement. Des regards de biais. Qui va dire quoi ?

Je me dévoue, je lui propose de partager.
Elle répond oui sans sourciller. Et une fois dans l’appart’, il va falloir tout déballer et ranger. Et j’ai pas envie. Je poserai les sacs et j’irai me vautrer sur le canapé, fidèle ami du dépressif. Et je foutrai ma tronche dans les coussins. Et si je me fais engueuler, et bien j’ai l’habitude. Je le mériterai dans un sens. Je me morfondrai mais ne m’excuserai pas. Jusqu’aux soir, l’heure de bouffer où une autre engueulade risque de s’imposer pour savoir qui fait à bouffer et quoi. Le mieux en début de mois et qu’on a de la thune, c’est qu’on se commande un uber-eat, on se fait livrer par des jeunes gens exploités et on graille comme des morfales.

La race humaine est une sale race. On bouffe pendant que les autres triment et meurent de faim pour nous amener notre manger.

On descend de la voiture. Ça caille. Je jette un œil sur le voisin voyeur mais il est pas là, peut-être a-t-il découvert le porno gratuit sur internet. Et les autres mégères derrières leurs rideaux, on ne peut que supposer qu’elles sont là. Mais je sens des yeux qui me m’observent de partout.

Je demande à la dame de se dépêcher, elle fait se qu’elle peut. Je le sais mais c’est plus fort que moi. Vite, mon petit confort d’occidental privilégié !

J’ouvre l’énorme porte de notre immeuble.

Je vais regarder le courrier, je dis. Comme si c’était un incroyable acte de bravoure. C’en est un pour moi. Limite une preuve d’amour. On donne à l’être aimé ce que l’on peut. C’est-à-dire par grand chose personnellement.

Bien sûr, un tas de pubs que je ne regarderai pas, mademoiselle non plus. Je lui dis qu’il faut vraiment qu’on pense à mettre un stop pub ou un truc comme ça. Ça nous donnera un air « écolo » respectable devant les voisins.

Elle acquiesce et on grimpe l’étage. Devant la porte j’ai un sentiment, pas de sécurité, mais que je retourne où je suis censé être. A l’intérieur chez moi à ne rien foutre, à me morfondre et à comater. C’est ma vie, c’est comme ça. Une fatalité ? À vous de voir, mais honnêtement, votre opinion je m’en fous. Enfin peut-être que non. Je m’en fous un peu. Mais j’vous aime bien quand même hein ?

On se retrouve au prochain chapitre, le dernier, vous avez lu jusqu’ici, vous n’allez pas rater la fin quand même si ? Finissez ce que vous avez commencé ! Et faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 3

Index : Chapitre 1Chapitre 2

Rappel : California Rocket Fuel est une fiction

Vous êtes encore là chers lecteurs et lectrices ? Z’avez pas mieux à faire ? Fermer cette page et soyez un membre productif de la société, allez travailler et surtout payer vos impôts car c’est à ça qu’on sert au final, les employés de l’état, qu’importe votre métier. Si vous êtes malade, on veut vous soignez le plus vite possible non par bonté mais parce qu’il vous faut retourner travailler pour payer vos impôts. Et ceux qui gagnent des milliards et payent moins d’impôt que l’infirmière ? Ou mieux qui ne paie rien du tout (coucou Amazon) ? On s’en fiche, si t’es riche, tu peux faire ce que tu veux dans ce monde.

Pour ceux qui restent, et bien je ne vous juge pas. Merci d’avoir arrêter votre vidéo porno pour me lire.

Enfin on rentre dans le Super U, les trucs de sécurité n’ont pas sonné. Y’a le gel hydroalcoolique à l’entrée, ma demoiselle de dire :

« Ils vont finir par nous le faire boire ce gel !

Trump voulait nous mettre des lampes UV dans le derches donc je serais pas étonné qu’on nous le propose. D’ailleurs je fais pas la troisième dose c’est mort, on parle déjà de la quatrième. J’sais bien que l’acupuncture c’est une bonne thérapie mais on va se calmer. Et puis ça va bien se calmer un jour hein ?!»

Directe à l’entrée, y’a des galettes, j’m’y précipite mais y’a déjà une vielle sur mes talons, j’vois frangipane, j’en prends trois, j’laisse rien à mamie après tout elle va peut-être nous faire un arrêt cardiaque et personne les bouffera ces galettes donc je suis légitime. Jeune, con et insolent en plus de ça !

Bref on continue, rayons gâteaux. Je jette un œil sur mes galettes et je vois que c’est marqué sur l’emballage ‘frangipane aux amandes grises´. Amandes grises ? Jamais entendu parler de ça et j’ai ce mauvais pressentiment tu vois, que c’est pas la bonne frangipane foutrement putain de normale ! Qu’est-ce qui s’est passé avec les galettes cette année ? Sérieusement ! On peux pas avoir une foutue galette à la frangipane NORMALE !

Merde, le virus, mon cerveau en bouillit, ma copine au bout du rouleau qui veut pas me le montrer et en plus pas foutu de trouver une galette des rois digne de ce nom !

J’pose la question à ma dame au cas ou, mais non, jamais entendue parler non plus d’amande grise… faute de mieux, je garde. En plus j’ai pas envie que mamie se réjouisse de ma déconvenue donc.

Rayons bouffe, je prends des brioches aux pépites de chocolat, deux marques différentes, des PIMs framboises, ça s’est bon ! Jamais déçus. Quoi ? Qui a dis que c’était des gâteaux de vieux ?! Madame prends des céréales Trésor avec du chocolat dedans. Ça me fais bien envie aussi mais je digère plus le lait.

I’M LACTOSE INTOLERENT HAAAAAAAANN I’M A VALLEY GIRL YAH HAN HAN TINDER PREGNANT HAAANNN FUCK BOY MOI J’ÉCOUTE BILLIE EILISH TU VOIS QUOI J’SUIS DEPRESSED À MORT QUOI !

J’aime Billie Eillish au passage, et l’article n’est pas sponsorisé par kellogs, ok ? Bon continuons.

Le norset donne faim 24h sur 24. Ce n’est pas une plaisanterie. Je n’ai jamais eu si faim de toute ma vie. Non seulement ça donne faim, mais ça vous donne la gorge sèche. Et ça vous endors comme un somnifère, voir pire. Du coup vous mangez et vous dormez. Les kilos s’agglutinent à vitesse grand V. Ça ne vous rappelle pas une certaines drogue ? Cannabis ? C’est exactement la même chose. Parfois, j’espère que la France comprendra les effets thérapeutiques du cannabis. Mais on peut encore rêvé, par contre l’alcool, vrai poison, continue à détruire des vies et personnes ne dit rien. Enfin où on en était déjà ?!

Mademoiselle, prends aussi des gaufres nappées de chocolat. Et puis un autre truc mais j’regarde pas. J’ai des moments de déconnexion voyez vous, on peux me parler, j’écoute, mais je comprends pas. C’est comme si l’interlocuteur (interlocutrice aussi je vous oublie pas mesdames) parlait un langage barbare, un charabia. Donc je souri niaisement j’dis « Ah ouai… oui » et j’espère que c’était une réponse adéquate parce que sinon la personne va répéter ce qu’elle a dis et se demander ce qui va pas chez moi. C’est naturel on juge, on est tous de sacré connard quand même !

On va à la caisse, bien sûr, des articles seuls sur le tapis en face de nous. La caissière nous dit que la femme devant nous est partie à sa voiture mais nous fait passer quand même. Cool.

Je paie finalement, le sans-contact marche pas, ça m’aurait étonné. J’enfonce ma carte dans le lecteur, ça mets carte muette, pas étonnant non plus. J’attends que la caissière appuie sur un bouton pour que le lecteur se remette à la normale. J’essuie ma carte avec ma veste en espérant que ça passe.

Oui !

J’tape mon code et j’attends de voir si mon paiement passe. Toujours cette crainte d’être à sec sans le savoir bien que je sache que je ne le suis pas.

Ça passe ! Et non madame vous pouvez garder le ticket. Merci au revoir, à vous aussi, bonne journée, au revoir. Merci.

On sort, j’ai même pas stressé à cause des portiques antivols.

On fourre tout dans le coffre, madame, prévoyante avait mis des sacs au cas ou et elle a bien fais. Que ferais-je sans elle ?

Et ça repart comme en 14. Direction la maison.

On se revoit au prochain chapitre n’est-ce pas ? Merci !

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 2

Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Index : Chapitre 1

Chapitre 2

Te revoilà cher(e)s lecteur ou lectrice ou n’importe. Ici, tu peux être illuminati et profiter de mes divagations, moi Télémaque, viens, viens on est bien. Viens, mets toi à l’aise, enlève ton sous-tif’ si tu veux. Nan j’deconne, c’est une ligne de Scary Movie 1, j’adore les Scary Movie, j’adore les frères Wayans, j’adore l’humour subtile. J’adooooore, regarder danser les gens…

Donc on est parti pour le Super U avec ma dame et c’est silencieux, on oublie d’mettre la musique maintenant, on est vieux, la trentaine à tout casser. Ça évite les engueulades aussi, chacun a ses goûts et on déteste les goûts de l’autre.

Je regarde les gens déambuler dans la rue et j’me demande où il vont, à quoi ils pensent, si ce matin ils ont fait l’amour mais vu leurs gueules non. Si y’avait pas les masques ce serait plus simple.

J’suis mentaliste vois-tu, Simon Baker, Red John, tu vois l’truc, tu connais. J’aime m’imaginer la vie des gens. Comme j’aime m’imaginer m’approcher d’une personne lentement et lui susurrer : je suis de la police. Et c’est tous. Juste voir leurs réactions tu vois. Comme imagines tu rentres dans un ascenseur et une fois dedans tu restes en face du mur, tu ne te retourne pas pour faire face aux portes automatiques comme tous le monde fait. Juste tu rentre et tu fixe le mur pendant que l’ascenseur monte (ou descend). Apparemment ça mets les gens très mal a l’aise, j’le sais car j’ai regardé MindHunter sur Netflix.

« Ils nous faut quoi pour les courses ?

Je sais pas. »

Je laisse tout à faire à ma copine parce que je ne suis plus bon à rien et que je ne veux pas faire d’effort. Elle répond pas, la pauvre. A sa place je me quitterai et fissa. Mais elle reste. Elle serait moche je comprendrai, mais elle est belle. Elle reste avec moi car sinon elle serait toute seule mais elle est belle et elle reste. Je crois qu’elle m’aime vraiment et que c’est son seul défaut. Tu vois, Dieu a crée l’Homme à son image et l’Homme, lui, a crée l’a connerie et la dépendance affective. Y’a des choses qui s’expliquent et d’autres pas. Comme quand une femme t’aime vraiment. Toi tu comprends pas.

« Bah il me reste un peu de galette ?

Non et puis c’est passé la période y’en aura plus. »

J’aime la galette, oui comme dans la chanson. J’en boufferai matin, midi, soir et la nuit. La vraie galette, à la frangipane ! Si tu prends de la galette à la pomme, je suis désolé mais tu devrais consulter cher(e) lecteur et lectrice. C’est pas normal. Parfois j’enlève la patte de ma part et je sens la frangipane t’vois ? Je renifle l’odeur du nectar des Dieux t’vois ? L’Ambroisie j’crois qu’on appel ça, bah c’est ça.

« C’est à ton tour de payer » qu’elle me dis. J’aime pas payer. C’est comme ça. Elle, elle paie et ne se plaint pas, mais quand c’est à moi, je questionne tout ce qu’elle fourre dans le cadis. J’ai peur d’être endetté, ça va tellement vite. Le pire avec les cartes bleus c’est que tu vois pas l’argent sortir et moi, ça me donne l’impression d’être dans un jeu vidéo, je vois mon argent que sur un écran. Et je m’angoisse car c’est pas un jeu et y’a pas de code de triche pour remédier à un découvert.

Le parking est plein, on est en milieu de semaine il est à peine 11h et bien sûr, on attends qu’une mamie sorte pour lui prendre sa place de parking. Le temps, elle le prends la vieille mais j’aimerai lui dire que le temps qu’elle passe sur ce parking et débité de son temps de vie qui commence sûrement à arriver au bout. T’imagine, mourir sur le parking de Super U ?

« Mesdames, messieurs, nous recueillons aujourd’hui pour honorer la mémoire de Thérèse, morte sur le parking de Super U.

Ah putain Super U avec leurs foutus parking !

Ta gueule Jackie merde !

Bah t’façon elle est morte ça doit pas la déranger. »

Donc on prends la place, il y a le débat du chariot. Tout dépend de ce qu’on va prendre et vu que mon cocktail médicamenteux me donne faim H24 on peux être sûr que y’aura au moins quelques gâteaux. Et j’ai toujours la chance de prendre le cadis avec la roue de travers tu vois c’que je veux dire ?

Donc on prends pas de chariot en faite car il n’y en a plus.

On rentre dans le magasin et comme vous sûrement, j’ai cette foutue sensation quand je passe les portiques de sécurités, même en entrant. Ces trucs ont déjà sonné sur un type qui rentrait juste j’en suis sûr. T’imagine l’angoisse ?

Le pire c’est ceux des caisses, t’a rien fais d’mal mais tu passe ces portiques avec parfois un p’tit pas chaloupé parce qu’on sait jamais. Là si ça sonne c’est la sueur ! Tous le monde te regarde, et la caissière te gratifie automatiquement d’un : « Monsieur ? » et là bah tu fais quoi ? Immédiatement tu penses à baisser ton froc devant elle, te déshabiller façon Magic Mike sauf que, cher lecteur, t’es sûrement pas Channing Tatum.

Mais on vient juste d’entrer dans le Super U là. On se retrouve à l’intérieur ?! Allons-y !

Jaskiers

On voulait refaire le monde.

Ceci est une FICTION

On descendait du train, revenant du lycée. C’était un vendredi, nos ami(e)s du week-end qui étaient en internat revenaient avec nous.

Ces jours étaient agréables pour nous les demi-pensionnaires car on se retrouvait tous dans le train avec nos ami(e)s pensionnaires qui nous ramènerait chez nous pour un week-end bien mérité. C’était la pagaille dans les wagons !

Cette fois on avait même prévus quelque chose de très spécial. Deux de mes amis et moi avions prévu une petite fin d’après midi rien qu’entre nous..

La fatigue mêlée à l’excitation du week-end faisait qu’on avait encore assez d’énergie pour, une fois arrivés, traîner encore un peu ensemble dans le village.

Nous étions donc arrivé à notre gare, on était descendu. Après des au revoir plutôt mouvementés agrémentés de petites insultes, quelques coups sans méchancetés et des vœux de bon week-end échangés, mon pote demi pensionnaire et camarade de train et un autre, pote pensionnaire celui-là, décidâmes de mener à bien notre petit projet d’aventure.

Nous avons traversé la moitié du village, trouvé un petit chemin en terre longeant un champ immense. On était jamais aller ici, autant les uns que les autres. Moi j’avais un peu l’impression de partir en exploration pendant que mes potes, eux, avaient l’air plus excités par ce que nous allions faire que notre petite balade champêtre.

Voyez-vous, pour faire ce genre de chose quand on habite un village, mieux vaut rester discret. La rumeur ce propage très vite, avec bien sûr, les sacro-saintes exagérations et inventions que chacun agrémente à sa sauce au fil de son parcours. Il n’y pas personne à blâmer car nous le faisons tous, d’une manière ou d’une autre. C’est un moyen de ce fondre dans la vie du village, de faire partie de la communauté. Et Dieu sait que c’est difficile de faire partie d’un village quand vous n’y êtes pas né. C’est un peu comme-ci les gens vous prenez pour un étranger. Ce n’est pas que vous n’êtes pas le bienvenue, c’est juste que vous ne ferez jamais vraiment partie de la communauté, même si vous y mettez du cœur. Pire, si vous mettez trop de cœur à l’ouvrage, vous serrez encore plus louche à leurs yeux. En tous cas, c’était mon ressenti à l’époque. Rentrer dans un microcosme de gens qui se connaissaient depuis l’enfance n’est pas chose aisé. Même intégré, j’avais cette impression de vivre dans un pays à l’intérieur même du village.

Parfois c’était frustrant. Mais vous ne pouvez rien y changer. Il faut avoir les nerfs bien accrochés et être prêt à mettre votre ego de côté.

Nous étions arrivé à un renfoncement sur la gauche du chemin terreux. Des pierres y étaient disposées comme si un rituel druidique c’était déroulé ici la veille. Un coin mystérieux cerné par de vieux arbres. À droite, un immense champ, des vaches au loin, le soleil qui se couchait lentement. On était, le pensait-on du moins, tranquille.

Mon pote d’habitude, le demi pensionnaire et camarade de train sorti le nécessaire pour se rouler un joint de marijuana.

On profita que je sois le seul fumeur de notre trio pour rouler la cigarette magique.

Au final c’est plutôt simple, il suffit de bien tasser votre tabac en le roulant dans la feuille, de manière à ce que le tabac (et la substance que vous y mettez) prenne une forme cylindrique puis d’enrouler la feuille autour du cylindre de tabac mélangé. Bien sûr, vous aurez placer avant le « toncar », le carton en verlan, un filtre. Juste un petit bout de carton, ou un ersatz, la plupart du temps nous utilisions le cartons qui contenait les feuilles à rouler. Il vous faut des grandes feuilles pour mener à bien votre petit projet. Le toncar donc, est un petit « truc » que vous transformer en tube. Il sert aussi d’indicateur pour la quantité de tabac et autres ingrédients à insérer. Mieux vaut que le cylindre de substance ne soit pas plus gros que le toncar car cela signifie que vous avez trop mis ou mal égalé votre cylindre, et pas assez gros pourrait être encore pire, le joint pourrait se briser et vous aurez tout perdu. Trouvez le juste milieu. Et si vous bravez cette règle, votre cigarette ou votre joint risque d’être inégal et cela va être un sacré carnage et un triste gâchis une fois allumé.

Rouler est un art.

Donc qui roule craque (allume le joint), qui fournit suit. C’est l’adage à respecter pour éviter les prises de têtes. Vous n’avez vraiment pas besoin de ça avant de fumer votre joint avec les copains et copines.

Bref. J’ai fumer ma latte, honnêtement, le shit ne m’a jamais vraiment plus. L’euphorie est passable au mieux, mais là c’était de la marijuana, de l’herbe, que j’ai distillé, saupoudré le long du joint. Pas besoin de faire fondre le bout de shit et de se bruler le bout des doigts, juste de prendre l’herbe, l’effritée et la repartir avec égalité sur tous le joint. Souvent il arrive qu’une partie du joint soit plus « chargé » que l’autre, mais en aucun cas vous n’avez le droit de vous réserver cette partie, le mieux quand on fume de l’herbe en société, c’est le partage. Comme la vinasse chez les vieux et vielles du villages.

Nous étions donc là, au milieu de presque nul part, un champ avec un couché de soleil, une température douce, et des discussions qui mènent partout et nul part. Des rires, on avait soif, on avait faim. Prévoyez de prendre un petit truc à boire, de l’eau ou un soda, pas d’alcool, ne tentez pas trop le diable, et des gâteaux à manger. Le mieux sont les gâteaux apéros et chips car tous le monde peut se servir à l’envie. Prévoyez une bonne quantité de bouffe quand même.

Mais nous, nous n’avions que notre bouffe du self de midi dans l’estomac… et la fatigue des allées – retours entre la ville et le lycée, celle des cours, des profs, des sacs trop lourd à se coltiner toute la journée, les devoirs qu’on aura à faire le week-end, et recommencer ça jusqu’aux prochaines vacances.

On avait 15 – 16 ans et on pensait déjà que nous méritions bien un petit joint. De décompresser.

Je me rappel m’être adossé à un arbre, de sourire béatement et tiré sur le joint en le faisant passer.

Petit moment suspendu. On refaisait notre monde, en rigolant à chaques paroles car tout est drôle sans raison avec le cannabis.

Le toncar devient humide à force de le passer, on appelle ça « mouillé ». La plupart du temps, c’est quand un des fumeurs aux lèvres trop humides à tiré une latte. Souvent on lui reproche. Il y a aussi « la carotte », une partie du joint se consume d’un côté mais pas de l’autre, ce qui fait du gâchis et comporte un risque assez élevé que le joint soit en trop mauvais état pour être consommé. Et c’est une catastrophe si le joint vient à s’éteindre car le rallumer est presque impossible, limite inutile. La plupart du temps, c’est celui qui l’a « craqué » qui se fait engueuler. Mais ce phénomène ne tient pas que de ça, il tient de la manière dont on a « tiré » dessus et aussi, un peu, de la manière dont il a été roulé.

Notre joint était juste humide, c’est un peu désagréable mais on le fumait quand même. Et on parlait, on riait, on oubliait un peu cette semaine infernale qui recommencerait bien trop tôt.

C’était un moment ou rien ne semblait plus nous atteindre, plus à s’occuper du regard des autres, ni réflexions des parents et des professeurs, ni de l’immense poids du travail scolaire. Tout était oublié pour un temps.

La discussion était passée des événements du lycée à des réflexions plus philosophiques voir même sérieuses sur notre monde et son futur. Bien que nous étions perchés, la discutions était cohérente, parfois un peu loufoque, mais nous étions des gamins et pensions que le monde, durant ce tout petit instant, était à nous. Nous parlions culture, politique, philosophie pour finalement déborder sur le sujet qui nous préoccupez le plus, les filles.

Le temps était vite passé, plus vite qu’en cour, ça s’est sur !

Le soleil dardait ses derniers rayons, nous décidâmes de rentrer chacun chez nous. Avec ce petit pincement au cœur. Oui, j’allai rentrer chez moi, me reposer mais je quittait mes amis.

Nous avons eux après cela quelques années encore de fumette entre amis, avec de l’alcool cette fois. Beaucoup de bon souvenir, certains plutôt cocasses. Jeunesse s’est faite, certains sont partis de l’autre côté de la vie à cause de ça, d’autres ont eux leurs vies ruinées. D’autres ont réussis, certains moins qu’ils le pensaient et certains plus qu’il ne s’en sentaient capable.

Plus je vois notre présent et notre futur, plus je me dis que les jeunes n’auront pas l’opportunité que nous avons eux, nous, de faire des expériences et de vivres dans l’allégresse de notre jeunesse. Des erreurs parfois certes mais la vie est un apprentissage. On apprend beaucoup par l’erreur. C’est injuste pour eux, les nouvelles générations mais peut-être n’avons nous pas besoin de ces expériences de paradis artificiels pour profitez de notre jeunesse. Mais sortir entre ami(e)s, c’est tellement important.

Jaskiers

Le vent froid

Le vent froid faisait flotter sa robe de tous les côtés. On pouvait voir ses jambes fines et ses bras pâles. Elle était pied nues dans l’herbe sauvage.

Que faisait-elle au bord de cette falaise ?

Personne ne semblait s’en préoccuper.

Elle attrapait le bas de sa robe et écartait les bras, tournant sur elle même. On pouvait voir un sourire sur ses lèvres et sa chevelure d’un brun de jais s’ébattre elle aussi au gré du terrible vent.

Le temps était d’un gris fade. La plage, en contre bas montrait son sable encore humide, des bouts de bois pourris et des algues mortes. On pouvait sentir l’air salé et la mauvaise odeur que les algues abandonnés sur le rivage projetaient jusqu’ici.

Elle s’arrêta de tourner et elle vous fixa, d’un regard surpris et un peu effrayant. Sa bouche fit une moue, de côté. Il y avait aussi un soupçon de dédain sur son visage. Puis elle continua sa ronde. Vous pouviez jurez l’entendre chanter, mais vous pensez que c’était le vent qui s’engouffrait avec force dans vos oreilles qui vous jouait de mauvais tours.

Il était erratique ce vent, une fois à gauche, une fois à droite, une fois en face et puis dans le dos. Parfois de tous les côtés à la fois vous semblez-t-il.

Vous entendiez les vagues s’écraser sur la plage avec force.

Des oiseaux noirs luttaient tant bien que mal contre ce déchaînement de violence d’Éole. On aurait dit des cerfs-volants dont on avait perdu le contrôle.

Vous rameniez votre col à votre menton, la femme avait disparu.

Vous avez été tenté de vous approchez de l’endroit où elle dansait et surtout du bord de la falaise pour voir si elle n’était pas tombé mais vous ne l’avez pas fais.

De toute façon, je vous le dis, elle n’est pas tombé. Je ne sais pas non plus où elle est partie. Ni comment elle est apparue, vous l’avez sûrement vu apparaître mais pas moi. Peut-être est-elle apparue comme elle a disparu. Dites-moi !

À qui allez vous racontez ça ? Qui vous croira ? Et surtout qui vous écoutera ?

Ce souvenir vous le gardez pour vous seul car tout n’a pas à être partagé.

Et puis vous aussi, vous avez disparu. Et moi je reste et j’attends, dans ce vent froid.

Pour qui ? Pour quoi ? Je ne sais pas. Peut-être est-ce moi, qui dans le vent tournoie.

Jaskiers

Je n’arriverai pas à écrire sur Margaux Hemingway

J’avais « promis » d’écrire sur Margaux, j’avais écris que « c’était un exercice personnel à faire » il y a de ça 1 ans environ. Mais je n’en ai pas la force et d’une certaine manière, je me trouve même un peu gêné d’écrire sur sa vie et ses drames.

Sous quel angle aurai-je pu m’attaquer à cet article ? J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je n’arrive pas à trouver de réponse.

Peut être car je ne connais pas assez la vie de Margaux Hemingway, petite fille d’Ernest, qui s’est suicidé à 42 ans, un 1er Juillet 1996, un jour avant « l’anniversaire » de la mort de son illustre grand-père, Ernest Hemingway, qui s’était, lui aussi, suicidé.

Je n’arrive pas à mettre des mots dessus. Ce que je peux faire, c’est dire qu’elle a été la première mannequin à signer un contrat à 1 millions de dollars, que sa carrière de top-modèle commença au lycée, qu’elle a été marié (et divorcée) deux fois, que son deuxième et dernier mariage était avec un français et ne dura que quelques mois . Qu’elle semblait heureuse mais qu’elle ne l’était pas réellement. Et c’est tout.

Je vais vous donner des liens d’articles que j’ai pu glaner sur le web, dont un que j’ai trouvé bien écrit.

Mais avant, pourquoi cet article ?

Parce que je trouve l’histoire de Margaux importante et déchirante. En effet, elle avait tout, enfin le croyait-on, et a décidé de mettre fin à sa vie. Comme son grand-père, à la veille de l’anniversaire de sa mort. L’addiction, le cœur brisé, les divorces, le show-business, le deuil et la perte du sens de la vie, c’était ce qui semblait peser de toutes leurs forces sur les épaules de cette femme. Je trouve important de partager son histoire avec vous, mais je ne peux en écrire plus. Par manque d’information et aussi moralement. Je trouve difficile de parler d’elle, pour une raison qui m’est encore étrangère.

Est-ce parce qu’Hemingway est important dans ma vie, que ses écrits mon accompagnés dans les plus durs moments ? J’ai peut-être un problème mais j’ai l’impression qu’Ernest fait un peu parti de ma famille et qu’écrire sur Margaux serait un peu comme les trahir.

Les articles :

• La « malédiction » Hemingway. Je n’aime pas tellement ce terme mais il est tristement proche de la réalité : https://www.slate.fr/story/147129/la-malediction-hemingway?amp

• Article de Vanity Fair, quand Margaux visitait les endroits où son grand-père avait vécu à Cuba, les photos sont très belles : https://www.vanityfair.fr/culture/people/diaporama/quand-margaux-hemingway-marchait-dans-les-pas-de-son-grand-pere-ernest-a-cuba/59868/amp

L’article que je préfère le plus entre les autres car il semble brut et aussi vrai, dans la limite du possible. Malheureusement en anglais, désolé pour les non-anglophone mais un passage sur Google traduction ou autre fera peut-être l’affaire : https://www.psychologytoday.com/intl/articles/199612/what-killed-margaux-hemingway

Je laisse ici le numéro de téléphone de S.O.S. Suicide car je pense que c’est important. : 09.72.39.40.50.

Jaskiers

Abercrombie’s Writing Prompt 1 – Methaphore

C’est au pied du glacier que les questions ont commencé à trotter dans sa tête, plus même, une remise en question s’annonçait, impromptue. Était-ce la peur ?

Après tous, pourquoi l’escalader, ce glacier ? Il n’y gagnera pas d’argent, pire il en a perdu avec l’achat de ses équipements, le voyage et les frais qui vont avec. Il s’avère à ce moment-là se sentir plus perdant qu’autre chose.

Il pourrait sortir ces phrases incroyablement niaises et pseudo-philosophiques que l’on trouve partout sur internet censées vous motivez, vous inspirez, pour étayer son envie de grimper. Mais à quoi bon ? Les raisons sont enfouies au fond de son âme. C’est tellement personnel.

C’est en se retrouvant face-à-face avec le glacier, immense, immuable, reflétant les rayons du soleil, suintant, qu’il a compris. Le réel est terrifiant.

Compris que c’est qu’une fois en face de l’épreuve, au tout début, que l’on pense qu’il est insurmontable. Écrasé par l’obstacle. Mais dans ce cas, pour lui, le mur de glace ne semblait pas forcément indomptable, il a surtout réalisé à quelle point ce sera difficile d’atteindre le sommet.

Il y a une certaine technique à connaître, il pense savoir, ou il pensait savoir, mais la théorie n’était pas si importante pour lui durant son apprentissage. Mais sans la théorie, la pratique risquait de lui faire réaliser qu’il aurait dû faire un peu plus attention lors de ses cours d’escalades.

Il mets cette réflexion en perspective. C’est avant qu’il réalise à quel point le glacier était imposant qu’il découvrit que non seulement il n’avait pas assez suivis les cours, il pensait aussi que c’était un peu inutile à l’époque car après tout, tous le monde pouvaient le faire. Des piolets, des crampons et grimper, un piquet à la fois, un pied à la fois et ainsi de suite. Maintenant il doit essayer de se rappeler comment positionner ses piolets sans risques, analyser la glace, son état, sa réaction, la surface, choisir l’itinéraire, comment bien planter ses crampons, économiser sa force, faire attention à la surface, vérifier la pression exercée, supination – pronation des jambes, des bras. L’équilibre. Le vent. La réaction du corps pendant l’effort sous très basses températures, l’altitude, la respiration, l’oxygène, les effets de ces derniers sur le moral, le cerveau et sur les muscles, le corps et l’esprit. Pire, il constate à cette instant qu’il a oublié la moitié de ses cours sur le cordage. Élément essentiel et important d’une ascensions. Arrivera le moment où il faudra boucler, nouer, enfoncer les pieux, les placer exactement là où il faut, bien organiser ses cordes, les nouées et utiliser avec tout autant de dextérité les mousquetons.

Bien qu’il aimait ça à cette époque lointaine, mais sans penser que l’escalade deviendrait une obsession dans le futur, il ne c’était jamais vraiment intéressé aux cours d’alpinisme. Pensant là encore que c’était simple, car tous le monde pouvait le faire. Il avait parfois de bon résultats dans ses épreuves d’apprenti alpiniste, mais il n’y était pas assez assidus, ni assez discipliné. Et maintenant, les regrets venaient l’assaillir. Et puis le doute.

Que va-t-il faire maintenant ? Redescendre, retourner chez lui et continuer à vivre comme il l’a fais pendant plusieurs années. Ne rien, ou presque, s’imposer ? Éviter les responsabilités au maximum ? Ne se donner aucun but car sans but, aucune chance d’être déçus par l’échec ? Vivre sans savoir la vue qu’il aurait eu au sommet du glacier ? Ce qu’il y a derrière, aux alentours ? L’opportunité peut-être de rencontrer des gens qui avaient le même but ? D’apprendre, d’emmagasiner de l’expérience ? De raconter son histoire, son aventure, comme les grands maîtres de l’alpinisme ?
Ne pas avoir l’opportunité d’être vraiment fier de lui ? Car personnes, dans son entourage, ne s’intéressent à l’escalade de glacier, c’est son truc à lui. Sa propre victoire à lui. Si il y a réussite, comblerait-elle ce vide intérieur tout en lui donnant plus de confiance dans le futur ? Est-ce que tous cela vaut le risque qu’il s’apprête à prendre ?

Ou bien va-t-il commencer l’ascension ? Il n’y a pas vraiment de demie-mesure de son point de vue. Moins de questions, moins de cogitation si il réussit. Même si il tente et échoue. Une sorte de paix en lui même, miracle, s’installera peut-être confortablement en lui, jusqu’à ce qu’il ressente l’envie d’affronter un glacier plus difficile ou de réévaluer ses ambition.

Il le sait, il le sent. Son corps et ses muscles se raidissent. C’est les premiers coups dans la glace, les premiers mètres qui sont difficiles puis le rythme vient, et si aléas il y a, il avisera. Comme tous le monde fait. Et si il chute, au moins sa vie aura eu un sens pour lui et uniquement lui.

Le vent cinglant lui donne les idées claires, trop claires. Il pense trop. Il le sait, c’est mauvais. C’est une mauvaise habitude qu’il a. Trop penser l’a déjà amené à refuser l’obstacle.

Il enfonce son piolet, le coup est rude, c’est tout une habitude, un art, le fruit de l’expérience, qu’il n’a pas encore, de savoir doser la force des coups dans le glacier. Il a tant à apprendre et il désir apprendre. L’envie, a elle seule, suffira t’elle ?

L’avenir nous le dira, pour l’instant, il grimpe.

Jaskiers

Les adieux d’Hector (inspiré par Homère et Virgile)

Bouclier d’airain dans ma main gauche, javelot de bronze dans ma main droite.

Au milieu de la mêlée je danse, je tournoie. Le sang a remplacé l’huile qui m’a oins.

Les membres se défassent sous mes coups, sous ma pointe. Les crânes craquent, les muscles se déchirent, les casques d’aciers brisés jonchent mon passage. Les ténèbres recouvrent les yeux des grecs.

Je suis le dernier de Troie. Je combat pour toi et lui.

Andromaque, trop vite je suis parti, pour toi, de sang est recouverte la glèbe, la terre qui accueille et nourrie.

Astyanax, sa peur, mon casque.

À terre la peste qu’a amené mon frère. Que Pâris périsse pour ses péripéties.

À nous de payer, le regard d’Helene. La Haine a amené ici la Terreur, terre fertile devant nos remparts.

De tes doux baiser, ces murs, nous sommes séparés.

Tes bras pâles plus jamais autour de ma taille.

Curieux, le regard d’Astyanax sera maintenant hanté par la Peur. Même si jamais plus il ne verra ma coiffe.

Les Dieux sont et ne sont plus, avec nous, gagnons puis perdons, gagnons encore puis perdons. Acculés souvent, dos au rempart de Père, le Roi, Priam.

Pour personne je ne voulais plus mourrir que vous. Mon char, mon attelage ne se pressent que pour vous. Ma lance percute, blesse et tue. Arès le Sanglant semble me guider. Mais je me perdrai bientôt.

Qu’on l’amène ce guerrier aimé de Zeus ! D’un face-à-face, que nous en terminons. Qu’Agamemnon, Menélas l’Usurpé, que Ajax l’empenné, que Ulysse aux milles ruses se ruent sur leurs vaisseaux. Et qu’on ne chante aucunes louanges aèdes ! Rien n’était beau dans cette bataille, c’était la folie des Hommes, entraînée et provoquée par les immortels, qui s’exerçait.

Et notre Xanthe empourpré, remplit de cadavres éviscérés, sera bouché après le carnage d’Achille, élu de Zeus.

Et le Simoï avec nous, toujours se battra mais sera dressé par le tueur d’Hommes.

Protésilas ma première victime n’était qu’un amuse bouche, il y a déjà de ça dix ans. Je tue les Danaëns depuis comme l’ours massacre et mange l’agneau blessé abandonné par son berger.

A jamais Tydée, Glaucus, Médon, Thersiloque les trois fils d’Anténor, Polybetes, Idéus. Un autre honorable troyen vous verra en Enfer, ce ne sera pas moi, chère femme, mon sang, mais le meilleur guerrier après moi dans notre camp. Énée fils du vénérable Anchise et d’Aphrodite, beauté souriante.

Ces grecs ont peur de moi. Mes cris de fureur leurs glacent le sang, je rentre dans la mêlé, mes chers, mes puissants équidés leurs broient les membres de leurs sabots.

La Laconienne, sont regard dément, je la vois. Elle nous ment ! Tous ça pour elle, et Pâris, mon frère.

Dardanus le Fondateur, ta cité, cher ancêtre, brulera. Et moi je me bats, pour toi, pour Elle, pour eux, pour elle, pour lui.

Si tu es la, guide mon bras, aide moi et tue. Le poids sur mes épaules ne tiendra pas. Ilion nous perdra. Troie nous perdons.

Que ces Grecs repartent dans leur nefs, qu’ils rapportent avec eux cette folie, avec Hélène, qu’elle parte. Pâris, quelle folie s’est emparée de toi ! Regarde frères, nos chers héros ne font plus qu’un avec la terre qui nourrie.

Et voici que vient Patrocle, ce faux Achille. Les armes ne font pas le bon guerrier. Nu, à mes pieds, ces armes je me parerai !

Qu’Achille le Tueur d’homme vienne, je l’attends ! Je sais que ma mort viendra de sa main, Prémonition m’a montré les Aédes, chantant ma mort et le supplice de mon corps sans vie.

Père ne pleure pas, j’attendrai Charon au bord des noirs eaux du Styx. Je n’ai rien à me reprocher, ton fils est mort les armes à la mains, il a tué l’envahisseur ! Tu périra toi aussi, sur l’autel du Dieu des dieux, tu verra un de tes fils mourrir devant toi avant de passer toi aussi de vie à trépas. Père tu sera courageux ! Aésacos vole papa ! Jamais il ne nous a quitté sache le !

Astyanax, mon petit enfant, quelle mort t’attends, mais courageux toi aussi tu sera malgré ton jeune âge. Et Andromaque, tendresse, reste courageuse. Troie ne sera plus mais tu vivra.

Agamemnon ne jouira pas longtemps de sa gloire, lui et ses alliés. Errants perdus aux portes de l’Enfer, ils pleureront comme vous me pleureraient ! Et quelle lamentations ! Rien ne leurs viendra en aide, même pas les mots du Rusé Ulysse.

Et le Terrible Achille, Pâris de tous nos hommes héroïque le tuera d’un trait ! Mais il mourra aussi. Mon frère. Malheurs, c’est juste rétribution pour avoir voler la femme du voisin.

Les dieux se jouent de nous. Leurs peines sont les nôtres, leur joies ? Il n’en auront pas, nous non plus. Bien qu’immortels ils ont soifs, une soif que nous qui mourront ne comprenons pas !

Le fer, l’épée, l’airain étincelant remplissent notre Troade. Mon regard fait fuir les Pélasges, ils n’attendent que la venue de l’Haémonien. Ils n’ont pas de guerrier plus fort à m’opposer. Mais il tarde ce lâche ! Est-il Achille le Peureux ?!

Une fois Patrocle mort, que j’aurai revêtu son armure et ces airains brillant, j’affronterai et mourrai contre le fils de la Néréide. Fier, je resterai courageux quand Atropos coupera le fil de ma vie.

Il en est ainsi, cessez de vous lamentez. Vous récupérez mon corps inviolé car un dieu aura protégé et veillé sur ma dépouilles. Père paiera cher pour la récupérer et vous me pleurerez pendant de longs jours.

Puis Troie tombera, je ne sais comment. Attention aux ruses de ces perfides grecs, le seigneur d’Ithaque est dans leurs rangs, cet habile manipulateur !

Dites à Énée mon second sur le champ de bataille, le plus brave des braves, fils d’Anchise, qu’un futur s’annonce pour lui, une mission, faire vivre Troie pour des siècles et des siècles après un voyage et des épreuves terribles. Sur une autre terre notre race prospéra après bien des malheurs. De cruelles morts, de cruelles épreuves et de cruelles batailles t’attendent pieu Énée, les Olympiens ne sont pas rassasiés !

Qu’on n’oublie pas Astyanax, mon rejeton, car innocent il mourra. Qu’Énée ne l’oublie pas et qu’il te rende visite, Andromaque.

Mon étoile, tu aura un autre homme dans ton lit, je ne t’en veux pas, car dans un autre pays tu vivra, une petite Troie, et finira ta triste vie.

Nous faisons honneur aux nôtres quand nous trépassons le glaive à la main.

Pardonne moi.

Je t’aime.

Inspiré par L’Iliade et l’Odyssey d’Homère et L’Énéide de Virgile.

Jaskiers

Chez Ithaque (texte inspiré par James Joyce.)

Accoudés au bars, les trois joyeux lurons étaient déjà bougrement pintés bien que l’horloge a cou-cou n’indiquait que 22h.

« – Hey O’culer ton tour de payer ta tournée plait-il hein !

  • La blonde va gueuler.
    Dommage qu’elle n’aiment pas se mettre une pété de temps en temps
    , dit O’cullaigh.
  • C’moi qui lui met la fessé à ta donze ! Dit Dedlumrgh.
  • Hey Bloom, on refais un tour. C’moi qui passe à la caisse.
  • Prendrez quoi m’ssieurs ?
  • Guinnes, répondit Dedlumrgh
  • Patriote le Catho ! Remarqua Kolvalsk. J’prends un baby !
  • Moi pareil. Répondit O’Cullaigh. »

O’cullaigh piocha tant bien que mal dans sa poche, approcha les shillings à quelques centimètres de ses yeux, ses deux yeux verts louchants.

« – Hey p’tain les gars j’suis riche !

  • Tu vois double surtout !
  • Tu veux j’t’aide à compter ?
  • Ah surtout pas toi Dedlumrgh !
  • Bah demerde toi alors !
  • Hey Bloom, tiens. Il tendit ses pièces et les fit tomber sur la table. Avec ça y’a sûrement assez vas-y donne.
  • Vas y Bloom on commence a rouiller t’es vraiment pas fais pour servir, donne moi l’pub tu va voir c’mment je vais l’gerer ton café ! Proposa Kolvalsk.
  • Autant le donner aux Anglais !
  • Ah ! Breton de l’Ouest de mes couilles j’savais bien que t’était un des leur ! Cria Kolvalsk.
  • Moi j’dis, hoquetât O’Cullaigh, qu’un bon Albion, c’est un Albion mort !
  • Putain ouai mon con ! »

Bloom déposa les verres, ramassa les pièces éparpillées sur le comptoir, fit un rapide compte puis déposa les shillings et pièces en trop.

« – Fortune les gars ! C’est le barman qui me paie pour boire ! »

Tous trois rigolaient quand Antoine entra.

« – Manquait plus que le petit français ! Cria le dockers Kolvalsk

  • Un français ! Sacre Bleu ! Hey prépare la prochaine tournée Bloom c’est La Marianne qui paît !
  • Toi tu perd rien pour attendre sale radin !
  • Voyez vous ça messieurs, hurla Kolvalsk debout, les bras écartés ! Le français qui dit au Catho qu’il est radin !
  • Si c’est pas du foutage de gueule ça mon con !
  • Toujours à s’plaindre ces maudits français ! Aller ‘monsieur Cock’ corico ! vient donc boire un godet ! »

Le français s’avança, serra les fortes mains calleuses du dockers Kolvalsk, les mains douces du botaniste O’Cullaigh et celle bien manucurées du comptable Dedlumrgh.

« – C’est quoi s’t’histoire de catho ? Demanda Antoine.

  • J’en sais rien c’est Kolvalsk qui sort sa d’nul part !
  • C’est qu’mon père s’est un converti, l’était Juifs avant !
  • Ah bah d’accord.
  • C’tais pour rester ici !
  • C’est pas plutôt un protestant ?
  • Ah nous les français on sait protester nous ! Dreyfus oui laisser-le tranquille !
  • C’est triste quand même moi j’dis, hoqueta O’Cullaigh, la religion la vraie, c’est la boisson ! Plus d’bois t’vois bah plus t’es heureux !
  • On s’en fou du type au Calvaire on préfère le Calva ! Éructa le dockers.
  • Moi j’dis, la religion c’est pour éviter de dormir avec la femme du voisin c’tout. Et pour nous casser les couilles avec la boisson ! Dit le français.
  • Bien dit Antoine ! Mais Sacre bleu ça m’empêche pas de baiser la tienne de femme ! Dis le comptable.
  • J’en ai pas donc comme ça t’es bien avancé.
  • Ta mère alors.
  • Pas les mères ça c’est pas Irlandais ! Hurla Kolvalsk, les yeux révulsés ouvrant grand la bouche à chaque syllabe. On accueille bien les étrangers NOUS !
  • L’a pas inventé l’eau chaude le français ! Dit O’cullaigh.
  • C’est qui d’ailleurs qu’la inventé, demanda Dedlumrgh.
  • C’est Prométhée ! Répondit Antoine.
  • Ephaïstos ! Beugla Kolvalsk.
  • Mais non ! C’est…

À cet instant résonna un bruit régulier, les quatre poivreaux se retournèrent pour jeter leurs yeux sur la porte d’entrée du pub.

Y rentra Félix, l’aveugle, qui devait changer de canne plusieurs fois par an à force de la frapper avec force sur sols et obstacles pour tâter son chemin.

« – Hey salut bigleu !

  • Hey j’suis peut-être aveugle mais pas con ! Bloom, y’a une lettre pour moi ?
  • C’est pas la poste ici Félix. Non t’a rien.
  • Bah j’reviendrai demain p’tetre y’aura.
  • Nan je te dis ici c’est un pub ! Pas de lettre, jamais, nada !
  • Attend c’est qui croit que c’est la poste ici ? Demanda O’Cullaigh.
  • Vient tous les jours. Répondit Bloom
  • Fel’ ! T’es con en plus d’être aveugle.
  • Le con de ta mère, répliqua Félix.
  • L’est aveugle depuis qu’il a vu le minou de la reine Victoria, dit Dedlumrgh. Acide sa minette !
  • Broute minou ! Cria Kolvalsk.
  • Dis t’utilise t’a canne pour aut’ chose que marcher pour la casser si souvent ! Pour ça que tu t’assois jamais ! Hurla Dedlumrgh, rouge comme une pivoine. L’était bonne celle-là hein mes cons !
  • Aussi bonne que ta femme à la cuisine, rétorqua l’aveugle.
  • Broute minou t’va brouter le gazon dans pas long !
  • T’es comptable et t’sais meme pas compter !
  • Heureusement que t’a pas à voir ta tronche dans un miroir t’ferai des cauchemars !
  • Enculé !
  • Ordure !
  • Escroc !
  • Poivreau !
  • Pignouf ! »

Dedlumrgh s’avança brusquement, portant difficilement une chaise sur l’épaule, les yeux injecté de sang.

« –Arretez vos connerie, commanda Bloom. Pose cette chaise – tu casse tu paie – et tu va me faire avoir des emmerdes ! Et Félix y’a pas de lettre taille ta route maintenant ! »

Kolvalsk, de loin le plus costaud des alcoolos ramenait le comptable, éructant d’un rire gras.
« – Faut être sacrément siphonné pour vouloir frapper un aveugle » dit le français à O’Cullaigh.
Ce dernier était affalé la tête posée dans ses bras. Le français dit triomphant :

« –C’est une première Bloom ! Un français qui couche un irlandais à la beuverie ! T’as jamais vu ça dans ton pub j’paris !

  • Il a commencé avant toi faut dire ! Et j’en vois pas beaucoup des froggies par ici.
  • Ta ta ta pas d’excuses ! Sert m’en don’ une peinte t’va voir c’que le français il taquine du gosier !
  • Les français hein ? Monsieur Antoine ! Brailla le comptablequisavaitpascompter, bon à rien à part baiser !
  • Mais tu sais ce qu’ils te disent les François ?
  • M’en fou, bon a rien ! On vous donnes tout pour casser de l’anglois et vous arrivez à perdre ! Et Dreyfus hein ?! Z’etes que des mauvais italiens !
  • Mais qu’est-ce que j’ai à voir dans tous ça moi merde j’suis marchant !
  • Va bouffer tes cuisses de grenouilles !
  • Trop occuper à manger celles de ta donzelle ! »

Puis, c’est à ce moment on ne peut plus poétique que le garde civile se pointa.

« – Messieurs !

  • Oui c’est ceux là oui j’les reconnais !
  • Mais vous êtes aveugle cher monsieur !
  • J’suis p’tetre aveugle mais pô’ sourd !
  • Silence ! Tonna la voix de stentor du garde.
  • Désolé monsieur, ils sont agités se soir. Dit Bloom
  • Comme tous les soirs dans votre gargotes on en ramasse toujours quelque pingres !
  • C’pas nous m’sieur, c’est l’aveugle qu’a commencé, plaida O’Cullaigh.
  • Ouai c’est lui, il pense que c’est un guichet de poste ici ! Comment vous pouvez le croire après ça ?! Dit le français.
  • Dans tous les cas, messieurs, vous nous offrez un magnifique tintamarre. Je crois que vous avez le droit à une loge en cellule !
  • Ah bah j’suis franc-maçon j’suis habitué ! »Répondit Dedlumrgh.

A ces mots, le colossegardecivilepascommode prit les trois pintés, les poussa dehors. Nuit noires, froidetresfroid.

« –Fais chier demain j’dois aller voir la pièce de Beats là ! Dit François.


Bah attends, demain, demain c’est loin ! Répondit Kolvalsk.


Hey il peut dire des choses intelligentes parfois lui ! Dit Dedlumrgh, se laissant trainé par le garde.

Je proteste en Protestant ! Cria Antoine.

Par Saint-Barthélémy ! » Cria O’cullaigh

Les trois mousquetaires de la Guiness furent jetés dans la berline. Cette dernière démarrât àfonddetrainlesgrelôts, les chevaux frigorifiés ne se faisaient pas prier pour galoper et la berline de faire des bonds stratosphériques à chaque mauvais tronçon de route, c’est à dire tout les 10 secondeshorlogeenmain. Cou-cou. Oiseau de malheur, plus tu l’entend, moins longtemps que tu as à vivre.

Des Icares ennivrés sarcophagés, carambolages encagés, ces têtes bosselées n’apprendront donc jamais. Ils s’envolent ces artistes de l’ivrogne Bacchus. Peut-être un Pan au tournant. Et ce manger un pin.

Il était exquis d’entendre les passagers gémirent et pour certains, vomirent, pour Félix qui annonça à Bloomlefacteurquestpasvraimentfacteur qu’il reviendrai bah… demain !

« – On va en entendre parler dans tous L’village demain à la première heure… C’est foutrement petit Dublin. Hey James, grattepapier, j’paie ma tournée, tous va bien j’espère ? Pas taché ton beau papier ? Dit Bloom.

Tutto è perfetto ! » Répondit Joyce.


Cette nouvelle est inspirée de mes lectures de Ulysse et Dubliners de James Joyce. Je me suis inspiré de son style, j’ai pioché ces mots et son style parfois atypique principalement dans son Ulysse.

Jaskiers