Photographier la guerre | Télérama Hors-Série

En une : des soldats espagnols Républicains à Santa Eulalia, en 1936, détail d’une photo de Robert Capa.

Quatrième de couverture :

« Si nous sommes assez grands pour mener une guerre, nous devrions être assez grand pour la regarder » Kenneth Jarecke

– C’est un fait, je suis passionné par les récits de guerre et tous ce qui y touche de près ou de loin.

Cette passion m’a amené à découvrir des grands écrivains comme des grands photographes. Capa et Gerda Taro, Don McCullin, Lee Miller, Tim Page et tant d’autres.

La roulotte photographique de Fenton pendant la Guerre de Crimée, 1855. (Source : Wikipedia)

Le magasine est relativement court, mais les interviews et les photographies ont été choisis avec rigueurs et pertinence.

Un autochrome (la première technique de photo industrielle en couleur) représentant des soldats algériens dans in camps de Goumiers, dans le Pas-De-Calais, en 1915.

Allant des débuts de la photographie de guerre voisinant avec la peinture, elle continue avec l’avènement de la photographie dans les journaux et périodiques. Les premières photos de guerres datent de la guerre de Crimée. Puis s’en suit celles de la Première guerre mondiale, la guerre civile espagnole, la Seconde guerre mondiale et finit sur les conflits plus récents, notamment la guerre du Vietnam, qui amènera énormément de journalistes, photographes, reporters, caméramans, hommes et femmes, à s’aventurer comme ils le veulent dans ce conflit, à embarquer avec eux dans les hélicoptères, sur la ligne de front et même de vivre à leurs côtés, ce qui amènera, bien sûr, à des blessures et des morts au sein des reporters. Les images terribles qu’ils capturent aideront les américains et le monde entier à protester contre ce conflit. L’après Vietnam verra les armées resserrer ou contrôler de plus près les journalistes, avec notamment l’option d’être embbeded, c’est à dire d’avoir la possibilité de suivre une unité armée sur un théâtre de conflit, donnant au journaliste protections mais lui enlevant une certaine liberté de mouvement.

Vietnam : Les combats pour la colline 875, une des plus intenses batailles du siège de Khe San. (Source : Wikipedia). Photographie non incluse dans le magasine.

La photographie de guerre a d’abord commencé pour aider les peintres à réaliser leurs tableaux avec le plus de précision possible, puis la première guerre mondiale à transformée la photographie en instrument de propagande, des soldats deviennent photographes, les armée crées des sections de photographes. La guerre civile d’Espagne marque un tournant pour les photographes de guerres, reconnus comme journalistes, ils sont au cœur des batailles et aux côtés des soldats. Le pionnier et le plus célèbre de ces photographes est, bien sûr, Robert Capa, qui, avec ses photos aux plus près de l’action vont consacrer la photographie de guerre comme un métier et un art.

Première guerre mondiale : Soldats anglais, appelés Tommies, portant secours à un camarade durant un bombardement. Cet homme mourra 30 minutes après être arrivé au poste de secours. Photographie de Geoffrey Malins, 1916. (Source : Wikipedia). Photographie non incluse dans le magasine.

Le photographe de guerre n’est pas là pour faire du gore ou du sensationnalisme. Il est là pour montrer ce qu’il se passe, s’en parti prit la plupart du temps ou autant que faire se peut, à essayer d’informer le lecteur sur le conflit avec son appareil photo.

Photographes et cameramans de guerre lors de la Bataille de Normandie. (Source : Wikipedia) photographie non incluse dans le magasine.

Malheureusement, beaucoup de photographes et reporters meurent sous les balles, les bombes. Ils sont même pris en otage, armés seulement de leurs appareils photos, ils sont des proies faciles pour les belligérants.

Capa mourra en Indochine en marchant sur une mine. Sa femme, Gerda Taro mourra écrasée par un tank à tout juste 27 ans.

Depuis la Première guerre mondiale, les armées se sont dotées de « soldats de l’image », des soldats armés, entraînés, ayant pour mission de photographier la guerre. La France a elle créée par exemple l’ECPAD ;
L’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) héritier direct des sections photographiques et cinématographiques des armées créées en 1915.

« Soldat de l’image français » crédit : Sébastien Dupont/ECPAD (photographie non incluse dans le magasine)

J’ai beaucoup d’ouvrage de photographie de guerre à découvrir, les livres sont chères mais au combien marquants. Je vous conseil à vous aussi de lire ou de vous procurer au moins un ouvrage sur la photographie de guerre pour découvrir ce métier qui est somme toute nécessaire et essentiel malgré nos difficultés à regarder les horreurs en face. Mais, être choqué par une photographie de guerre et peut-être un bon remède pour éviter d’autres conflits.

Photographe de guerre en Afghanistan (source : Wikipedia) Photographie non incluse dans le magasine.

Même si très court, le magasine n’entre reste pas moins très intéressant et contient des interviews de photographes de guerres qui nous éclaire sur leurs métiers, dangereux mais dont le monde a besoin. Je pense qu’il est important de voir ces travaux, pour voir la guerre de face.

« Toute photographie de guerre est une photographie contre la guerre » Tim Page –

Jaskiers

Guerre d’Espagne : un passion française | Le Monde (hors-série)

Avec en couverture, la plus célèbre photo de Robert Capa et avec comme sujet la guerre d’Espagne je n’ai pas pu résister !

Le magasine contient de très belles photographies, des ouvrages recommandés à la fin du magazine, des interviews d’historiens, une chronologie détaillée et de nombreux articles.

Une passion française ? Peut-être. Mais je retiens la non-intervention de la France et de l’Angleterre du côté Républicain. Laissant les mains libres à Mussolini et surtout à Hitler pour aider les franquistes, les fournirent en armes, véhicules et surtout avions.(N’oublions pas Guernica. Qui n’est pas qu’un tableau de Picasso.) Hitler développera ainsi la technique du Blitzkrieg, la guerre éclaire, qui aidera grandement à la chute de la France.

La guerre civile d’Espagne et le premier volet de la seconde guerre mondiale. Torture, viole, pillage des deux côté, même si l’historien Paul Preston l’écrit dans son livre « Guerre d’Espagne – Une guerre d’extermination » les exactions seront beaucoup plus nombreux côté franquiste.

N’oublions pas non plus les civiles, les réfugiés et républicains fuyant pour la France. Certain républicains espagnols se battront au côté de la Résistance, comme l’écrivain Jorge Semprun, certains mourront, d’autres seront déportés et y trouveront la mort aussi. Je regrette que l’on ai oublié les Résistant espagnols qui se sont battu pour leur pays ainsi que pour la France. Je ne connais pas d’ouvrage, peut être ai-je mal cherché, sur les espagnols dans la Résistance et je trouve cela injuste et dommage.

N’oublions surtout pas les nombreuses femmes Républicaines Espagnoles qui ont pris les armes et qui se sont battues courageusement.

La fin de la dictature de Franco en Espagne prends fin à sa mort le 20 novembre 1975.

N’oublions pas non plus la journaliste Renée Lafont, tué par les franquiste qui n’a pas eu le droit à la légion d’honneur contrairement à ses deux collègues masculins : Guy de Traversay et Louis Delaprée.

Gerda Taro, la reporter photographe compagne de Capa trouvera elle aussi y trouvera la mort à l’âge de 26 ans…

Je conseillerai aussi au lecteur de cette article de lire les ouvrages de Hemingway, notamment son roman « Pour qui sonne le glas » et la mythique journaliste (et ancienne compagne de Hemingway) Martha Gellhorn dont de nombreux ouvrages sont disponibles et que je m’apprête à lire dans quelques temps !

Je vous conseil vivement l’ouvrage de Paul Preston « Une guerre d’extermination : Espagne 1936-1946 »

Cet hors-série est vraiment de qualité et je vous le conseil pour une entrée en matière dans le drame qui a été la guerre civile espagnol.

Jaskiers