Abercrombie writing prompt 3 : Les secrets de nos aïeux.

-Le writing prompt 2 était un exercice personnel que j’ai préféré ne pas partager sur le blog –

Sabine avait toujours était curieuse de cette grand cabane au fond du jardin de grand-mère. Elle était en mauvaise état, elle penchait dangereusement. Son bois semblait fatigué et la rouille avait prise possession des petites fenêtres. Elle faisait peur à voir, semblant pouvoir s’écrouler au moindre coup de vent mais Sabine avait tellement l’habitude de la voir qu’elle n’en n’avait plus peur depuis longtemps. C’était un travail solide puisque depuis des décennies, cette cabane était encore là, malgré l’épreuve impitoyable du temps et des attaques de la nature.

La curiosité la piquait tellement. Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir là dedans ?

Nourrissant encore plus son envie d’y aller, grand-mère et papa lui avaient formellement interdit d’y rentrer. C’était trop dangereux disait mamie et papa, lui, disait qu’il n’y avait que du vieux matériels pour l’entretien du jardin.

Et si ils mentaient ? Et si il y avait, en faite, une créature qui s’y logeait ? Ou un trésor ? Ou un passage secret menant à un lieu que personne ne devait connaître ?

Elle n’était pas du genre, Sabine, à désobéir. Le conflit, elle en avait déjà assez vécus et plus que tout, subit. Entre ses parents surtout. Moins il y avait de conflit, mieux elle se portait, naturellement. Elle ne faisait rien, ne désobéissait jamais par crainte de la dispute, de la confrontation qui menaient souvent à de stupides et injustes conséquences.

Mais là, c’était trop tentant.

Un jour, papa partit au bar et grand-mère s’était endormie. Elle sauta sur l’occasion.

Elle ne prit aucune précaution. Pas le temps et quelle précaution prendre ?

Elle s’avança jusqu’à la porte de la cabane. Un petit loquet cylindrique rouillé fermait la porte. Tout simplement. Saisissant la petite tige pour tirer le loquet, elle rencontra la résistance de la rouille. Elle secoua avec sa force à elle le loquet, de bas en haut, le métal grinçait. Heureusement que la cabane était à une petite distance de la maison et que les voisins était tous vieux. Vieux et sourds !

Elle continua de travailler le mécanisme, le tube cylindrique cédait du terrain, il reculait doucement de son encoche. La porte se libéra après 5 bonnes minutes de lutte.

La porte penchée s’ouvrait vers l’intérieure raclant le sol qui s’avérait être en terre. Mais elle avait beau pousser de toutes ses forces, la porte ne fit que s’entrouvrir, ne laissant la place que de s’y faufiler. Enfin elle pouvait jeter un coup d’œil à l’intérieur.

Des matériaux de jardin rouillés, des papiers, beaucoup, beaucoup de papiers. C’était eux qui semblait bloquer la porte de l’intérieur.

Elle se faufila pour rentrer, évitant des clous rouillés entreposés sur une étagère en bois pourrie.

La lumière rentrait par les petits interstices entre les charpentes de bois. Elle vit dès étagères, encore. Posé dessus, des vieilles boîtes de clous, des bouteilles en verre vides, des bidons, des bocaux et beaucoup de toiles d’araignées.

Elle n’aimait pas les araignées, ça non, mais elle semblait toute planquées ou absentes. Elle n’allait pas repartir avant d’avoir fouillée un peu, sa curiosité passait outre sa phobie des arachides.

À sa surprise, il y avait une échelle, et une grande plateforme à mi-hauteur de la cabane, où cette échelle était accolée. Sur la pointe des pieds, elle vît que la plateforme était emplie de paille et d’herbes pourries.

Elle voulut atteindre l’échelle mais pour cela, il fallait marcher sur ces tas de feuilles blanches. Elle en ramassa une. Il semblait que ces feuilles n’étaient qu’en faite des bons de commandes de l’époque où son grand-père travaillait comme menuisier. Ils étaient tous vierges. Mais à vue d’œil, il y en avait plusieurs centaines.

En se frayant un chemin sur ces feuilles, en espérant ne pas se blesser ou se fouler la cheville, elle remarqua un vieux meuble, juste en dessous de la fenêtre.

Elle ne pouvait le voir de l’extérieur car la vitre était sale, rongée dans ses contours par la rouille, poussiéreuse et avec des toiles d’araignées la couvrant de l’intérieur.

Quand enfin elle s’en approcha, elle remarqua un verrou. À sa surprise, elle le tourna facilement. Et s’ouvrît sur une pile de vieilles feuilles jaunies.

Elle ne ressemblait pas aux bons de commande éparpillés partout dans la cabane.

Elle les ramassa délicatement et vît une écriture très fine et élégantes. C’était des lettres !

Elle n’avait jamais lu ce genre de lettre, comme à l’époque, l’époque des vieux. Les lettres, les mots avaient de grandes et majestueuses lignes.

Elle peinait à déchiffrer ce qu’il était écrit tellement l’écriture était fine et les feuilles tachées, des taches marrons. C’était du français, évidemment, mais du vieux français, elle arrivait avec difficultés à déchiffrer certains mots. Elle trouva un rayon de soleil et y exposa une lettre.

Elle était adressée à « Ma chère Aline » ! Qui était Aline ? Elle ne connaissait aucune Aline dans sa famille. La lettre, quant elle arrivait à déchiffrer l’écriture, parlait d’hommes partant à la recherche de chevaux, de « sections », de « brigades », de « combats », des « allemands », des noms de hameaux ou de villes qu’elle ne connaissait pas.

C’était une lettre d’un homme à sa femme. D’un soldat ! Et c’était plein d’amour. Des « mon amour », « ma tendre », « tu me manque », « pense beaucoup à toi », « à mon retour ». Elle regarda la signature, elle pensait voir un M, un R et elle finissait par un S. Marius ? Quelque chose dans le genre pensa-t-elle, un vieux prénom de l’époque.

Elle avait encore plusieurs lettres dans les mains. C’était donc vrai, il y avait un petit trésor dans cette cabane ! Mais que faisaient ces lettres si belles, autant visuellement que dans leurs contenues, dans le meuble d’une cabane pourrissante ? Il fallait les ramener dehors, les ramener à la vie ! À la lumière !

Des larmes d’excitations coulaient le long de ses joues. Enfin de l’aventure ! C’était peut-être ça de braver un interdit ; une aventure. Mais braver un interdit n’était pas sans conséquences, surtout si on se faisait attraper.

Elle n’entendît pas son père arriver. L’herbe ne fait pas raisonner les pas. Elle ne le remarqua que quant elle sortit, difficilement, en rampant presque à même le sol, de la cabane.

Il se tenait là, dos au soleil, les mains sur les hanches. Le temps de se réhabituer à la lumière du jour, elle comprit que c’était son papa. Ses joues étaient rouges, il semblait ne pas bien tenir sur ses jambes. Elle savait, il avait bu.

Elle reçus une claque sur la joue gauche mais elle ne pleura pas et resta immobile et stoïque. Il lui arracha les lettres des mains, lui cria dessus, ce n’était qu’une petite insolente, une idiote, se rendait-elle compte à quel point c’était dangereux ?

Il l’attrapa par les cheveux, ceux juste au dessus de l’oreille et la ramena à la maison tout en fulminant à haute voix.

Elle fut envoyée dans sa chambre. Elle pleurait. Non pas à cause de son père, de la claque, de l’engueulade ni de la douleur, mais des lettres ! Qu’allaitent-ils faire des lettres ? C’était incroyable d’avoir trouvé ça !

Quand elle fut autorisé à sortir de sa chambre elle n’osa pas demander où elles étaient tellement la colère de son père avait été brutale.

Jamais elle ne les a revue.

Quand des années plus tard, elle en reparla à son père, il ne s’en souvenait plus. Sa grand-mère non plus. Elle savait qu’ils mentaient. Ces lettres étaient importantes. Peut-être cachaient-elles un de ces secrets de familles qu’il ne faut surtout par ressortir. Une blessure qui, depuis quelques générations, ne s’était pas refermée. Jamais elle ne retrouvera ces lettres, pense-t-elle, mais elle garde et chérie en elle leurs souvenirs, ces belles lettres tracées finement, ces mots d’amours qu’elle a cru déchiffrer, ces mots de tristesses, misérables, des mots de soldats. D’un soldat à son amoureuse.

Il lui semblait qu’en faisant disparaître ces lettres, avaient aussi disparut l’amour entre ces deux personnes. Amour gâché par une guerre et maintenant, par le souvenir, car trop difficile pour certains de le faire ressurgir. Elle se pensait et se pense toujours la gardienne de leurs amours et de ce drame.

Intérieurement, ils vivent en elles, un jour peut-être, elle a ce fol espoir, retrouvera-t-elle ces lettres. Un jour peut-être, même si elle ne les retrouve pas, elle refera vivre leurs amour et leurs souvenirs, que ça plaise ou non.

Car ce serait une injustice de les oublier, encore.

Jaskiers

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On voulait refaire le monde.

Ceci est une FICTION

On descendait du train, revenant du lycée. C’était un vendredi, nos ami(e)s du week-end qui étaient en internat revenaient avec nous.

Ces jours étaient agréables pour nous les demi-pensionnaires car on se retrouvait tous dans le train avec nos ami(e)s pensionnaires qui nous ramènerait chez nous pour un week-end bien mérité. C’était la pagaille dans les wagons !

Cette fois on avait même prévus quelque chose de très spécial. Deux de mes amis et moi avions prévu une petite fin d’après midi rien qu’entre nous..

La fatigue mêlée à l’excitation du week-end faisait qu’on avait encore assez d’énergie pour, une fois arrivés, traîner encore un peu ensemble dans le village.

Nous étions donc arrivé à notre gare, on était descendu. Après des au revoir plutôt mouvementés agrémentés de petites insultes, quelques coups sans méchancetés et des vœux de bon week-end échangés, mon pote demi pensionnaire et camarade de train et un autre, pote pensionnaire celui-là, décidâmes de mener à bien notre petit projet d’aventure.

Nous avons traversé la moitié du village, trouvé un petit chemin en terre longeant un champ immense. On était jamais aller ici, autant les uns que les autres. Moi j’avais un peu l’impression de partir en exploration pendant que mes potes, eux, avaient l’air plus excités par ce que nous allions faire que notre petite balade champêtre.

Voyez-vous, pour faire ce genre de chose quand on habite un village, mieux vaut rester discret. La rumeur ce propage très vite, avec bien sûr, les sacro-saintes exagérations et inventions que chacun agrémente à sa sauce au fil de son parcours. Il n’y pas personne à blâmer car nous le faisons tous, d’une manière ou d’une autre. C’est un moyen de ce fondre dans la vie du village, de faire partie de la communauté. Et Dieu sait que c’est difficile de faire partie d’un village quand vous n’y êtes pas né. C’est un peu comme-ci les gens vous prenez pour un étranger. Ce n’est pas que vous n’êtes pas le bienvenue, c’est juste que vous ne ferez jamais vraiment partie de la communauté, même si vous y mettez du cœur. Pire, si vous mettez trop de cœur à l’ouvrage, vous serrez encore plus louche à leurs yeux. En tous cas, c’était mon ressenti à l’époque. Rentrer dans un microcosme de gens qui se connaissaient depuis l’enfance n’est pas chose aisé. Même intégré, j’avais cette impression de vivre dans un pays à l’intérieur même du village.

Parfois c’était frustrant. Mais vous ne pouvez rien y changer. Il faut avoir les nerfs bien accrochés et être prêt à mettre votre ego de côté.

Nous étions arrivé à un renfoncement sur la gauche du chemin terreux. Des pierres y étaient disposées comme si un rituel druidique c’était déroulé ici la veille. Un coin mystérieux cerné par de vieux arbres. À droite, un immense champ, des vaches au loin, le soleil qui se couchait lentement. On était, le pensait-on du moins, tranquille.

Mon pote d’habitude, le demi pensionnaire et camarade de train sorti le nécessaire pour se rouler un joint de marijuana.

On profita que je sois le seul fumeur de notre trio pour rouler la cigarette magique.

Au final c’est plutôt simple, il suffit de bien tasser votre tabac en le roulant dans la feuille, de manière à ce que le tabac (et la substance que vous y mettez) prenne une forme cylindrique puis d’enrouler la feuille autour du cylindre de tabac mélangé. Bien sûr, vous aurez placer avant le « toncar », le carton en verlan, un filtre. Juste un petit bout de carton, ou un ersatz, la plupart du temps nous utilisions le cartons qui contenait les feuilles à rouler. Il vous faut des grandes feuilles pour mener à bien votre petit projet. Le toncar donc, est un petit « truc » que vous transformer en tube. Il sert aussi d’indicateur pour la quantité de tabac et autres ingrédients à insérer. Mieux vaut que le cylindre de substance ne soit pas plus gros que le toncar car cela signifie que vous avez trop mis ou mal égalé votre cylindre, et pas assez gros pourrait être encore pire, le joint pourrait se briser et vous aurez tout perdu. Trouvez le juste milieu. Et si vous bravez cette règle, votre cigarette ou votre joint risque d’être inégal et cela va être un sacré carnage et un triste gâchis une fois allumé.

Rouler est un art.

Donc qui roule craque (allume le joint), qui fournit suit. C’est l’adage à respecter pour éviter les prises de têtes. Vous n’avez vraiment pas besoin de ça avant de fumer votre joint avec les copains et copines.

Bref. J’ai fumer ma latte, honnêtement, le shit ne m’a jamais vraiment plus. L’euphorie est passable au mieux, mais là c’était de la marijuana, de l’herbe, que j’ai distillé, saupoudré le long du joint. Pas besoin de faire fondre le bout de shit et de se bruler le bout des doigts, juste de prendre l’herbe, l’effritée et la repartir avec égalité sur tous le joint. Souvent il arrive qu’une partie du joint soit plus « chargé » que l’autre, mais en aucun cas vous n’avez le droit de vous réserver cette partie, le mieux quand on fume de l’herbe en société, c’est le partage. Comme la vinasse chez les vieux et vielles du villages.

Nous étions donc là, au milieu de presque nul part, un champ avec un couché de soleil, une température douce, et des discussions qui mènent partout et nul part. Des rires, on avait soif, on avait faim. Prévoyez de prendre un petit truc à boire, de l’eau ou un soda, pas d’alcool, ne tentez pas trop le diable, et des gâteaux à manger. Le mieux sont les gâteaux apéros et chips car tous le monde peut se servir à l’envie. Prévoyez une bonne quantité de bouffe quand même.

Mais nous, nous n’avions que notre bouffe du self de midi dans l’estomac… et la fatigue des allées – retours entre la ville et le lycée, celle des cours, des profs, des sacs trop lourd à se coltiner toute la journée, les devoirs qu’on aura à faire le week-end, et recommencer ça jusqu’aux prochaines vacances.

On avait 15 – 16 ans et on pensait déjà que nous méritions bien un petit joint. De décompresser.

Je me rappel m’être adossé à un arbre, de sourire béatement et tiré sur le joint en le faisant passer.

Petit moment suspendu. On refaisait notre monde, en rigolant à chaques paroles car tout est drôle sans raison avec le cannabis.

Le toncar devient humide à force de le passer, on appelle ça « mouillé ». La plupart du temps, c’est quand un des fumeurs aux lèvres trop humides à tiré une latte. Souvent on lui reproche. Il y a aussi « la carotte », une partie du joint se consume d’un côté mais pas de l’autre, ce qui fait du gâchis et comporte un risque assez élevé que le joint soit en trop mauvais état pour être consommé. Et c’est une catastrophe si le joint vient à s’éteindre car le rallumer est presque impossible, limite inutile. La plupart du temps, c’est celui qui l’a « craqué » qui se fait engueuler. Mais ce phénomène ne tient pas que de ça, il tient de la manière dont on a « tiré » dessus et aussi, un peu, de la manière dont il a été roulé.

Notre joint était juste humide, c’est un peu désagréable mais on le fumait quand même. Et on parlait, on riait, on oubliait un peu cette semaine infernale qui recommencerait bien trop tôt.

C’était un moment ou rien ne semblait plus nous atteindre, plus à s’occuper du regard des autres, ni réflexions des parents et des professeurs, ni de l’immense poids du travail scolaire. Tout était oublié pour un temps.

La discussion était passée des événements du lycée à des réflexions plus philosophiques voir même sérieuses sur notre monde et son futur. Bien que nous étions perchés, la discutions était cohérente, parfois un peu loufoque, mais nous étions des gamins et pensions que le monde, durant ce tout petit instant, était à nous. Nous parlions culture, politique, philosophie pour finalement déborder sur le sujet qui nous préoccupez le plus, les filles.

Le temps était vite passé, plus vite qu’en cour, ça s’est sur !

Le soleil dardait ses derniers rayons, nous décidâmes de rentrer chacun chez nous. Avec ce petit pincement au cœur. Oui, j’allai rentrer chez moi, me reposer mais je quittait mes amis.

Nous avons eux après cela quelques années encore de fumette entre amis, avec de l’alcool cette fois. Beaucoup de bon souvenir, certains plutôt cocasses. Jeunesse s’est faite, certains sont partis de l’autre côté de la vie à cause de ça, d’autres ont eux leurs vies ruinées. D’autres ont réussis, certains moins qu’ils le pensaient et certains plus qu’il ne s’en sentaient capable.

Plus je vois notre présent et notre futur, plus je me dis que les jeunes n’auront pas l’opportunité que nous avons eux, nous, de faire des expériences et de vivres dans l’allégresse de notre jeunesse. Des erreurs parfois certes mais la vie est un apprentissage. On apprend beaucoup par l’erreur. C’est injuste pour eux, les nouvelles générations mais peut-être n’avons nous pas besoin de ces expériences de paradis artificiels pour profitez de notre jeunesse. Mais sortir entre ami(e)s, c’est tellement important.

Jaskiers