Jusqu’à l’os

L’histoire de son automutilation commença comme beaucoup d’autres. Au collège, avec ses amies. Avec la pointe du compas, ou avec une paire de ciseaux.

C’était devenue une sorte de rite d’entrée dans sa petite bande d’amie. On se scarifiait pour montrer que l’on souffrait, à cause des garçons ou de la famille, des amies et, parfois, pour s’intégrer. Certaines se scarifiaient pour l’attention, faisant semblant de se mutiler discrètement mais ne cachant pas leurs cicatrices. C’était, il faut le dire, un effet de mode. Des séries télés en parlaient. L’héroïne d’une de ces séries se scarifiait et elles faisaient de même, pour l’imiter.

Parfois, un professeur le remarquait et l’une d’elle finissait à l’infirmerie où les parents étaient convoqués d’urgence, et puis, c’était fini.

Si elles continuaient, on les menaçait d’aller les emmener en psychiatrie et cette seule menace arrêtait les moins « sérieuses ».

Quant à Coralie, personne ne se souciait vraiment de ses scarifications. Elle se mutilait plusieurs fois par jour, traînant ses lames sur l’avant-bras, au niveau du biceps, à l’intérieur des cuisses. Son but à elle n’était pas d’attirer l’attention mais de faire sortir son mal-être par le saignement. Chaque goute de sang était un défi aux malheurs. La douleur une échappatoire, la douleur physique peut faire oublier pendant quelque temps la douleur psychique, c’était ce que ressentait la jeune fille. Avec le temps, se mutiler devint même un besoin. Faire sortir le mal par le sang, en quelque sorte, comme au moyen-âge. L’Histoire se répète, inlassablement.

Inlassablement aussi, cette mode de la scarification disparue pour la bande d’amie de Coralie. Mais pour elle, elle continuait.

Ses amies pensèrent qu’elle avait arrêté, mais comme écrit plus haut, Coralie savait mieux faire qu’elles, elle savait cachait ses cicatrices et elle se scarifiait pour une raison, c’était, pour la jeune fille, un échappatoire, un vrai besoin, et pas une mode. Elle avait évidemment commencé pour faire comme les autres, être cool, comme les fumeurs. Et comme les fumeurs, elle devint accro. Les fumeurs deviennent addicts à la nicotine, Coralie, elle, devint accro à la douleur.

Tout addict sait cacher son addiction, ou au moins, fait le maximum d’effort pour s’adonner à leur autodestruction, sans que personne puisse le remarquer.

Coralie ne pouvait pas compter sur ses parents, sur sa mère. sur qui tout le poids des responsabilités était retombé, et encore, c’était quand elle était sobre. Son père la dédaignait, il aurait préféré avoir un garçon. Elle ne pensait pouvoir compter, en aucun cas, sur l’infirmière du collège et, encore moins, sur les professeurs.

Ne comptait que le sang qui coule de son corps, la froide lame qui déchirait la chair et la douleur salvatrice.

Elle réalisa que tant de scarification prenait de la place sur son corps, il fallait soit rouvrir d’ancienne cicatrice, arracher des croutes ou trouver d’autres espaces sur son corps.

Elle se hasardait à trouver d’autres endroits pour s’ouvrir car c’était là la meilleure des sensations qu’une peau, vierge de toute blessure, s’ouvre, fasse mal et saigne.

Le corps a ses recoins, ses endroits qui permettent de se blesser sans attirer l’attention. Elle les avait trouvée et entamait avec parcimonie ses nouvelles zones, pour en garder pour plus tard.

Le temps passa, rapidement, les copines avaient leur premier amour, les vrais, ceux qui brisent le cœur.

Coralie n’en voulait pas de ces relations amoureuses, elle s’éloigna de ses amies, ou peut-être était-ce l’inverse. Vinrent les moqueries, le harcèlement, l’abandon.

Qu’importe, Coralie avait ses lames de rasoir et tout son attirail secret, qu’elle cachait judicieusement un peu partout chez elle, et sur elle, dans les coutures de ses habits ou ses chaussures.

Les deux dernières années de collège s’écoulèrent, dans la douleur. Se faire du mal était devenu la seule manière de se déconnecter de la réalité, du présent, des autres, et même, un peu d’elle-même.

Tout était compliqué. Son corps changeait, ceux des autres aussi. Les garçons s’intéressaient à elle mais Coralie ne voulait pas d’eux. Aucun n’était digne de confiance, pour elle. Trop immature, trop laid, trop beau pour être intéressé par elle, trop étrange, trop curieux, la jeune fille trouvait toujours une excuse pour ne pas répondre aux sollicitations de ces garçons.

Rien ne l’intéressait, à par peut-être le cinéma. Le cinéma, c’était un peu comme durant ses séances de tortures. Le septième art lui permettait de se déconnecter de la réalité, de vivre, par procuration, une autre vie, voyager, apprendre, découvrir d’autres cultures, d’autres langues. S’évader du présent pesant, du passé traumatisant et du futur angoissant. Le cinéma, c’était aussi une mythologie, avec ses acteurs et actrices, ses stars, ses histoires, ses péripéties et ses scandales extra-cinématographique. Les films étaient une sorte d’opium pour elle, et ces histoires de célébrités, un petit plus pour garder encore un peu de l’effet de dépaysement et de déconnexion du monde. Pendant ce temps-là, où le cinéma l’a happé, elle ne se faisait aucun mal. Mais une fois le film finit, une fois sa magie dissipée, elle reprenait ses instruments de torture et œuvrait pour oublier qu’elle était encore coincé dans ce monde qu’elle ne comprenait pas, qui ne la comprenait pas et qui semblait ne pas vouloir d’elle.

Plusieurs fois, Coralie eut l’idée d’en finir avec sa très jeune existence. S’ouvrir les veines du bras serait un jeu d’enfant. La douleur, le sang, cela, elle connaissait, rien ne serait plus simple.

Mais elle avait cette petite voix au fond d’elle, celle qui s’accroche à la vie, l’instinct de survie diront certains, qui lui promettait un avenir plus radieux. Cet espoir que tout peut changer, s’arranger, que la vie réserve parfois de grande et belle surprise, l’empêchaient de commettre cet acte. Ça et la possibilité de se rater. Car cela amènerait à tellement de chose qu’elle ne désirait pas, notamment l’attention, la pitié, la guérison. Cela créerait un séisme dans son existence somme toute bien rangée. Elle contrôlait tout ce qu’elle pouvait, et surtout, son corps. Elle ne voulait pas qu’on lui enleva la scarification. L’adolescente ne voulait pas et avait peur de guérir. Car après tout, guérir, c’était souffrir, encore, mentalement, pour y arriver.

Elle faisait couler son sang, elle trouvait les outils parfait pour se couper, certaines parties du corps demandaient différentes manières, différentes lames pour s’ouvrir et saigner correctement.

Coralie découvrit qu’elle pouvait gratter, empirer bien plus une plaie, l’élargir pour faire couler ce sang qui personnifiait désormais, dans sa psyché, le mal. Cette douleur physique intense prenait tout à l’instant présent, elle ne laissait pas le temps de réfléchir et de se morfondre, de trop penser. La douleur enflammait sa blessure, son cerveau, ses nerfs, rien ne comptait plus que le moment où la douleur était presque insupportable.

Avant son entrée au lycée, l’adolescente décida de se concentrer sur une seule plaie, y aller à fond, voir jusqu’où elle pourrait supporter de s’infliger un tel traitement. Voir jusqu’où pouvait aller sa volonté.

Ayant deux mois pour elle, la jeune fille s’attaqua à sa cuisse droite, la blessure aurait le temps de cicatriser. Et de toute façon, elle ne portait jamais de jupe, encore moins de short.

Avec son ciseau, elle commença à faire une entaille sur la largeur, au milieu de la cuisse.

La douleur était intense, maintenant Coralie pouvait se permettre de s’infliger une souffrance plus grande que celle donnée par les petites entailles.

Le sang coulait abondamment, quand elle attaqua la blessure à vif, l’intensité de la peine se décupla. L’adolescente faillit s’évanouir, pour ce premier jour, elle se contenta de la large entaille, toute la journée, elle veilla à ne pas laisser la plaie commencer la cicatrisation.

Le deuxième jour, la douleur était encore intense mais Coralie avait reprise des forces grâce à une bonne nuit de sommeil.

Cette fois, elle enfonça encore plus profondément la lame du ciseau, une fois à l’intérieur, la vive douleur donna à Coralie une grande satisfaction. Tout son corps brûlait, les petites entailles, c’étaient finit pour elle, place aux grandes, aux plus douloureuses peines que fournissaient les grandes balafres.

La lame de ciseaux bien rentrée dans la chair, elle l’a tourna, faisant un mouvement latéral pour agrandir la totalité de la plaie. L’opération fut longue, la douleur et la libération qu’elle lui procurait la forçaient à prendre une pause tout en laissant la lame plantée.

Le sang coulait, le mal-être avec. C’était une sorte de découverte d’elle-même, plus qu’une simple scarification, c’était un défi, elle qui pensait n’être bonne à rien, c’était se prouver qu’elle était bonne à faire une chose, se faire du mal. C’était aussi un moyen de contrôle, elle qui se sentait confuse, victime de la vie qui lui imposait de grandir. L’adolescente plaçait toute son anxiété dans la douleur. La douleur était devenue la personnification de son anxiété, le sang la preuve que la peine infligée permettait à ses peines de s’évacuer de son corps qui changeait trop vite.

Le troisième jour, le contour de la plaie était devenue mauve, voir légèrement noir. Marcher faisait mal, le tissu de son pantalon, qui frôtait la blessure, provoquait une sensation de brûlure intense.

Ils n’y avaient plus de retour en arrière. Coralie était allée si loin dans la scarification que les petites entailles ne suffiraient plus jamais à satisfaire et à amenuiser sa peine.

S’armant de courage autant que de sa paire de ciseaux, elle serra les dents pour rentrer encore une fois la lame, pour l’enfoncer encore plus profondément.

Les éclairs de douleur la firent, encore une fois, presque tourner de l’œil, mais elle s’accrocha. C’était une libération comme jamais Coralie n’en avait connu avant. Là, ce n’était plus du petit lait, ce n’étaient plus les petites blessures que s’infligeaient ses anciennes amies, elle était passée à un stade supérieur. Pour une fois, pensait-elle, je suis capable de faire quelque chose mieux que les autres.

Serrant toujours la mâchoire, elle fit pivoter la lame pour l’a faire ressortir. Le geste fût horriblement pénible. Elle s’arrêta un peu pour reprendre son souffle et apprécier la douleur aiguë. D’un coup vif, sec, et rapide la lame ressortit. Coralie s’allongea et cria de douleur. Le sang recouvrait maintenant toute sa cuisse. Le muscle avait été entamé.

Coralie ressortit épuisée de cette séance. Elle s’allongea dans son lit et réussit à s’endormir, la douleur agissait comme une berceuse, une présence qui lui donnait l’impression d’être en sécurité.

Elle ne se réveilla pas dans son lit mais dans une chambre d’hôpital. Branchée à des machines qui émettaient à intervalles réguliers des petits bruits sonores. Allongée dans des draps blancs immaculés, la chambre entière était en faite de cette couleur, exempté les meubles d’un rose pâle. Elle était à l’hôpital.

Son premier réflexe fut de regarder sa blessure à la cuisse, elle lui faisait mal. La jeune fille fit glisser doucement les draps sur le côté et vit qu’il n’y avait plus de balafre car il n’y avait tout simplement plus de jambe.

Confuse, elle se sentit s’évanouir, les machines émirent avec plus de régularité leurs sons inquiétants. Coralie ne les entendait plus que vaguement, comme si elle était sous l’eau, sa vision tanguait, elle ferma les yeux.

La porte de la chambre s’ouvrît sur une jeune femme qui se précipitait vers elle.

« – Tu es réveillée ? Comment te sens-tu ?

  • Où suis-je ? Pourquoi j’ai plus de jambe droite ? J’ai soif !
  • Tu es à l’hôpital, tu auras à boire quand j’aurai l’autorisation du docteur. Tu ne sais pas pourquoi tu es là ? Tu ne te rappelle rien ?
  • Non… je me rappelle que je me suis allongée dans mon lit pour faire une sieste, c’est tout.
  • Tu te souviens de ce que tu as fait avant ?
  • Ma blessure à la cuisse ?
  • Oui.
  • Oui, je m’en souviens.
  • C’était de… la scarification, de la mutilation.
  • Oui.
  • Tu ne te rappelles pas t’être réveillée ?
  • Je ne me rappelle rien ! Je m’allonge pour faire une sieste et me retrouve à l’hôpital avec une jambe en moins ! Dites-moi ce qu’il s’est passé merde !
  • Du calme… pour faire court, ta blessure s’est infectée rapidement. Tu as eu une très grosse fièvre, des délires. Tes parents n’ont pas comprit tout de suite que c’était dû à ta blessure mais pensaient juste que tu avais une bonne grippe. Ils t’ont traité à coup de Doliprane pendant deux jours. Tu ne mangeais plus et délirais de plus en plus. Ton père t’a frappé, tu lui as rendu les coups malgré ta faiblesse. Pour te punir, ils t’ont laissé sans soins pendant une journée encore. Ton état avait atteint un stade critique. Tu ne délirais plus, tu passais ton temps à crier. Les voisins se sont demandés ce qu’il se passait et ont appelé la police. Bien évidemment, tes parents les ont bernés en disant que tu étais sortis. Puis, ils t’ont forcé à te lever et ont enfin découvert ta blessure. Ton père t’a remise au lit mais l’état de ta jambe était critique. De peur d’avoir des problèmes avec les organismes sociaux, ils ont essayé de te soigner eux même. Ce qui n’a fait qu’empirer ton état. Tu es tombé dans une sorte de coma. Tes parents se sont violemment disputés, les voisins ont encore une fois appelés la police. Cette fois, ils demandèrent à te voir. Ils ont forcé le passage de ta chambre et t’ont retrouvé dans un état lamentable, inconsciente. Les pompiers sont arrivés, puis, quand tu es arrivée aux urgences, le médecin urgentiste a décidé que ta jambe était perdue et que l’infection pouvait se propager rapidement dans le reste de ton corps. Il a décidé d’amputer. Cela fait trois jours que tu étais dans un coma semi-artificiel. Cela nous amène à aujourd’hui.
  • Je sens encore ma jambe !
  • Cela s’appelle des douleurs fantômes. C’est très gênant mais cela se guérit avec une thérapie.
  • Des douleurs fantômes ?
  • Oui. Comme je te dis, une thérapie spéciale psychologique et physique te sera prescrite après t’être remise et reposée. Nous avons toute une équipe pour t’aider. Et tes parents, eux, ils sont dans un sacré pétrin tu peux me croire.
  • Tant mieux. Douleur fantôme…douleur, douleur. Tant que j’ai encore la douleur, j’irais bien. »

Jaskiers

On m’a offert une machine à écrire pour mes 28 ans

Enfin ! J’ai une machine écrire !

Diantre ! J’ai 28 ans !

J’aurais aussi aimé une à remonter le temps ! Je n’ai pas vu la vingtaine passée ! Je me souviens encore de la fête que j’avais faite pour mes 20 ans comme ci c’était hier ! Le temps passe vite passé un certain âge, je dirais qu’à partir de 18 ans, les années défilent très vite !

Je me rappelle quand j’étais gamin et que chaque année paraissait durer une plombe. Je ne sais pas pourquoi, mais à partir de mes 18 printemps les années semblent avoir filé sans que je m’en rende compte.

C’est peut-être parce que l’on vieillit, on réalise que l’on est adulte et on panique un peu, essayant de s’accrocher, de ralentir le temps, inexorable et sans pitié qui n’attend personne. La vraie richesse, c’est la santé et le temps. Les deux choses les plus précieuses qui ne peuvent pas s’acheter (ou presque).

En parlant de temps, me voici en possession d’une Olympia datant des années 60 !

Merci à ma sœur et à ma mère d’avoir réalisé un de mes rêves.

C’est fait, j’ai une machine à écrire !

Déjà au milieu de mon bordel !

Elle est beaucoup plus âgée que moi, mais est toujours belle et surtout, elle fonctionne à merveille !

Quelle ironie qu’une vielle machine qui a plus de 60 ans fonctionne encore parfaitement quand l’ordinateur ou le téléphone sur lesquels vous lisez ces lignes seront obsolètes dans quelques années.

C’est quelque chose d’écrire sur une machine ! Vraiment. J’avais déjà parlé de l’Olympia de ma grand-mère qui ne pouvait pas aligner les majuscules, mais qui fonctionnait quand même après être resté plus de 40 ans dans une armoire.

Voici mon Olympia, une « De Luxe » s’il vous plaît !

J’ai déballé ce cadeau devant ma sœur et ma mère (et Roméo aussi, mais il ne semble pas vraiment fan d’une si bruyante chose).

Elle m’a été offerte, merci maman et merci soeurette, avec sa housse de transport. L’occasion de parler avec ma petite sœur de la vielle époque où les gens devaient se trimbaler avec cette lourde machine jusqu’au travail.

On se plaint beaucoup que la vie ne soit pas facile. Mais ce simple fait que nos grands-parents devaient se coltiner des trajets avec une machine à écrire remet les choses en perspectives.

Qu’est-ce que nous nous plaignions ! On est français après tout, un sport national ! Mais vraiment, oui, la vie est foutrement difficile, rien n’est simple, mais comparé à nos aïeux ? Les avez-vous entendus se plaindre que la vie était dure ? Pas moi ! Jamais ! Et j’ai eu la chance de connaître mon arrière-grand-mère qui, morte à presque 106, avait vécu les deux guerres mondiales (et qui a eu la visite de la gestapo à cause des activités de résistant de mon arrière-grand-père) et a élevée quatre enfants sans aides sociales. Jamais elle ne s’est plainte de la vie. Enfin si… elle disait qu’à 100 ans, elle commençait à trouver le temps long.

Revenons à nos moutons !

Saviez-vous que ma petite sœur, qui approche de sa vingtaine, ne savait pas qu’il fallait des feuilles pour utiliser une machine à écrire ?!

Quelle génération !

Mais je sais que tu lis cet article. T’es chiante mais tu es la meilleure.

C’était tellement agréable de pouvoir écrire parfaitement (avec mes fameuses fautes d’orthographe) sur le clavier d’une machine à écrire qui retranscrit parfaitement les mots sur la feuille !

Je découvre aussi que cela sera un apprentissage de maîtriser la bête !

Comment faire des paragraphes ? Parfaitement revenir à la ligne, bien organiser l’espace sur la feuille etc… Je trouve petit à petit mes marques et le fonctionnement mystérieux de cette machine. Une relation de musicien à son instrument se créait. Je commence avoir le même attachement à celle-ci qu’avec ma guitare sèche qui malheureusement est loin de moi. Je rêve souvent que je joue de la guitare, mais électrique. Ah ! Ce vieux rêve d’être RockStar ! C’était Jim Morrison, je crois, qui disait qu’à 27 ans, on été déjà trop vieux pour être une rock star. Ou peut-être était-ce Kurt Cobain qui a dit cela.

En tout cas, je trouve que ce sera un outil de plus pour me pousser à écrire, me déchaîner. Personne ne lira ce que j’écris avec, ce sera peut-être l’outil d’un « stream of consciousness » sauvage et sans fin.

Je vois cette machine comme une sorte de défouloir, extérioriser encore plus que dans mon journal.

Mais rien n’est sûr et s’est peut-être cela qui rend la chose encore plus intéressante.

Je vois des projets, pas grand-chose pour l’instant, pour le blog. La machine à écrire, c’est le futur !

D’ailleurs, dans quelque temps, le blog prendra un tournant temporaire. Sacrément casse-gueule.

Et je deviens tout doucement vieux.

Merci maman et à toi, petite sœur casses-bonbons !

Jaskiers

Seule dans l’herbe.

Je la vois, assise en tailleur au milieu de l’herbe, bien qu’il y ait des bancs et des tables de pic-nique, et elle se dandine, seule.

Un gros casque sur les oreilles, un joint se consume lentement entre ses doigts. Ses cheveux châtains sont coiffés en deux nattes, une à gauche et une à droite, encadrant presque son visage.

Les yeux fermés, elle danse assise, secouant ses épaules, remuant la tête. Elle sourie parfois, levant sa tête en direction du soleil.

Les gens passent, la regardent mais ne bronchent pas. Elle est dans son monde à elle, dans son truc. Étonnamment, personne ne rigole ou ne semble la juger.

En elle nous envions peut-être son courage, courage d’être dans son truc à soi en public. Elle ne gêne personne.

Elle semble en transe, et à l’observer, vous pourriez aussi tomber dans une sorte de zone rien qu’à vous. Je ressens cette chose, je suis heureux pour elle, elle fait ce qui la rend heureuse sans se soucier du regard des autres. J’ai quelques angoisses, celle qu’un homme vienne la déranger dans son trip. Elle ne demande rien à personne, n’embête personne, les yeux toujours fermés, j’ai peur qu’un type qui se prends pour un Don Juan, un de ces hommes qui se croient tout permis, comme boire une canette de bière pour la jeter dans le cours d’eau pas loin, ne vienne la déranger. Mais si un homme l’approchait ? Mais si ? Elle se fiche des « mais si ». Son audace à être dans son monde éloigne les gens qui ne sont pas invités à partager ses moments. Heureusement, tous le monde passent son chemin sans l’embêter. Heureusement, ils semblent tous pressés.

Je ne la regarde que par intermittence, je ne veux surtout pas avoir l’air d’un de ces types bizarres qui fixent les femmes. Mes mon regard est irrésistiblement attiré vers elle et sa danse.

Depuis que je l’ai vu, je me demande quel genre de musique elle écoute. J’imagine qu’elle plane sur du M83. Enfin, c’est le genre d’effet que ces musiques me font.

Je m’imagine être un photographe de rue, la prenant en photo puis aller lui demander si elle est d’accord avec ça et pourquoi pas tirer un latte de son joint si elle me le propose. Où même entamer une conversation. C’est là que je bloquerai, lui demander si elle fait ça souvent, lui poser des questions sur cette activité qui semble la rendre heureuse me mettrai mal à l’aise. Je ne voudrai pas qu’elle pense que je la juge. Au final, c’est plutôt de l’admiration. Et elle n’a pas à se justifier.

Je m’allume une cigarette, je la vois bouger son buste lentement de gauche à droite, les bras écartés, les mains dessinant de souple et gracieux mouvements, elle est tranquille, carrément dans un univers différent du nôtre.

Moi, je suis assis sur une table de pic-nique gravée d’insultes et de noms, une cigarette à la main, tendu mais fasciné. Je suis tout le contraire de cette femme, et pourtant j’aimerai avoir cette confiance, de danser et d’être dans mon monde, au milieu des gens et de leur jugements.

On peut être différent de quelqu’un, diamétralement opposé et s’admirer, se respecter, s’envier même.

Je me lève et je repars, j’espère qu’elle continuera à s’évader de cette manière, sans personne pour la gêner. J’espère un jour atteindre ce degré d’amour propre.

J’espère, et elle, agit.

Respects.

Jaskiers

Abercrombie Writing prompt 5 – Coup de stress

L’heure de cours de français était enfin finie, il nous restait encore une heure à tiré. Nous avions le droit à une petite pause.

Toute l’heure passée avait été dédiée à « L’assommoir » d’Emile Zola. Je n’avais pas lu entièrement le livre, que nous devions pourtant avoir lu pendant les vacances. Quelle panacée que cette lecture !

Je me rappelle l’avoir lu jusqu’à la moitié, un peu plus peut-être. Tous les soirs avant de me coucher, très tard, je lisais ce que je pouvais, et je n’aimais pas le livre. Bien que j’eus beaucoup apprécié « Germinal », « L’assommoir » était vraiment un… assommoir.

J’ai toujours eu un soucis avec les livres données à lire au lycée. Au collège et même en primaire, je me rappel avoir lu des ouvrages intéressants qui me marquent encore. Mais le lycée semblait vouloir vous dégoûter de la littérature. Et puis, je n’aimais pas ma prof. Je crois que c’est la seule prof de français que je n’ai pas aimé. Quelque chose ne passait pas avec elle. Je ne pouvais pas la voir en peinture, ses cours n’étaient pas forcément mauvais mais elle ne dégageait pas la passion qu’avaient eu mes autres professeurs. Elle avait sa façon à elle de faire son cours, ça plaisait ou ça ne plaisait pas. Moi, ça ne me plaisais pas.

Toujours est-il qu’en essayant de me lever de ma chaise pour sortir dans le couloir, la tirette (petit bout de métal pour ouvrir ou fermer la fermeture éclair) de mon jean s’est coincée entre les lattes de ma chaise.

Donc en me levant, la chaise était collée à mon fessier.

Autant dire que j’ai eu une sacré bouffée de chaleur. J’essayais d’enlever la tirette, mais impossible. Comment j’avais réussis à emmêler ce petit truc dans ma chaise ? Il fallait que je me presse un peu car les élèves sortaient de la classe, j’allais me retrouver seul, avec madame la prof de français.

Déjà, la honte et puis elle aurait l’occasion de parler avec moi. C’était le genre de professeur à étaler votre vie privée, très privée, devant la classe. Sans gênes aucunes !

Et puis mes copains qui m’attendaient à la sortie n’auraient pas manqué l’occasion de se payer ma tronche. Aucunes pitiés !

Je mis ma main sous la chaise, pressa la tirette, la remettant droite, qui libéra enfin mes fesses de la chaise.

Je croisait le regard curieux de la professeur. Non je n’étais pas resté pour vos beaux yeux.

Je sortis dans le couloir, c’était une petite pause de cinq voir dix minutes entre deux heures de cours.

Mes camarades remarquèrent que j’étais un peu bizarre. Je donnais l’excuse de la fatigue du cours sur ce foutu livre, que j’avais bien besoin d’une pause.

Les minutes passèrent rapidement. Nous rentrâmes dans la classe. Elle allait interroger un élève, au tableau, poser des questions, voir si il avait bien lu le livre et bien sûr, c’était noté.

Je détestais, j’exécrais, ce genre de chose. Comme vous sûrement, mais une peur panique m’envahissait à chaque fois que je devais faire ce genre de chose. J’ai toujours détesté l’oral à l’école. Et encore plus avec une prof qui n’allait pas hésiter à faire remarquer à toute la classe que j’avais l’air très stressé. Et surtout, à ce moment précis, je n’avais pas lu entièrement le livre, et j’étais tellement peu passionné par sa lecture que je n’y avais pas compris grand chose.

Après avoir annoncé ça, elle fit ce que tout professeur digne de ce nom fait ; balayer la classe du regard.

La règle dans ce genre de situation, ne pas croiser le regard de la prof. Le visage neutre. Tout le contraire de ce que j’ai fais.

J’entendis la sentence : Jaskiers, allez, au tableau !

Je ne réfléchis même pas. Je me lève et je sens la chaise se lever avec moi. Cette fichue tirette était encore accrochée à mon derrière !

Mon cœur manqua un battement, ou presque. Vous savez cette sensation que vous allez sacrément être humilié devant plus de 30 personnes ? Personnes que vous devez vous coltiner tout les jours en plus de ça.

Je me rassis rapidement, prétextant ranger un truc dans ma trousse. Mais comment vais-je enlever cette chaise accrochée à mon jean sans que personne ne le remarque.

Et puis, la providence intervint !

« – Madame, vous aviez dis la dernière fois que je pouvais faire l’interro oral pour le livre

– Ah mais oui Camille ! Comment on dit Jaskiers ? Sauvé par le gong ! »

Que Dieu et tout ses Saints soient loués ! Mon corps relâcha la tension extrême dans laquelle il était. Mon esprit se déconnecta du présent, occupé à enlever la tirette d’entre l’interstice entre les deux planches de la chaise. Ce qui fut fait en moins de deux, comme si j’étais habitué.

Je chéris ce moment, remercie encore après toutes ces années Camille, la seule personne qui semblait aimer se faire interroger devant toute une classe par une professeure sans tabous ni pitié.

Je n’ai toujours pas lu l’Assommoir.

Jaskiers

Kurt Cobain écrivain ?

Interviewer : Tu mentionne la lecture. Appartiens-tu à cette nouvelle génération de groupes hardcore intellos qui s’inspirent de bouquin ?

Kurt Cobain : Je lisais beaucoup plus que maintenant. Certains livres m’ont marqué, mais je me base sur mes propres expériences, sur des histoires qui me sont arrivés ou que j’invente. Je me considère plutôt comme un écrivain – à ma manière et à mon échelle – au service de la musique.

-Interview par Renaud Montfourny fin 1991-

Source : Les Inrockuptibles : special Neverminds – Juin 2021 –

William Burroughs et Kurt Cobain

Est-si Kurt Cobain avait arrêté le rock pour l’écriture ?

D’un point de vue purement personnel, j’aurai pu le voir devenir un écrivain.

Il tenait un journal depuis très jeune, écrivait les paroles de ses chansons, idolâtrait le monument de la Beat Generation William Burroughs et était un avide lecteur.

Son journal intime, du moins une petite partie publiée, montre un certain talent et surtout beaucoup de chose à exprimer. Krist Novoselic dit dans le documentaire dédié à Kurt, Montage of Heck, que Cobain avait un incessant besoin de s’exprimer par l’art. L’écriture aurait pu être un excellent moyen pour Kurt de s’exprimer et de marquer encore plus de son empreinte sa génération sans s’exposer à la vie frénétique et usante de rockstar.

Dans sa lettre de suicide, il mentionne que performer sur scène ne lui procurait plus la sensation qu’il aimait tant. La musique, du moins performer sur scène, semblait avoir quitter son horizon artistique et ne plus contenter son besoin de s’exprimer.

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec Jim Morrison. Morrison est mort à Paris, mais que faisait-il dans la ville lumière , allait-il continuer la musique ?

Dans une de ses dernières interview, Jim mentionnait que faire du rock à 27 ans, c’était déjà trop vieux. Il semblait vouloir passer à autre chose. Il était un grand poète, son projet était, selon certains et aux vues des preuves réunies, qu’il voulait devenir écrivain.

Dans la ville lumière, ce n’était pas gagné. D’autant que les Doors n’était pas encore vraiment connus à cette époque en Europe. Ce n’était point la même époque qu’aujourd’hui où grâce à Internet, l’information circule à une vitesse ahurissante. Sa notoriété était à construire.

Accompagné de sa grande amie et cinéaste française Agnès Varda, l’objectif du frontman de The Doors était d’écrire, des poèmes et des romans. Entamer (ou continuer ?) un projet artistique qui semblait lui convenir parfaitement.

Jim Morrison et Agnès Varda

Malheureusement, nous savons comment la jeune vie de Jim a terminé.

Je trouve, comme écrit plus haut, des similitudes entre ces deux monstres de la musique américaine. Leurs vies, leurs démons, leurs arts, leurs personnalités semblent converger.

J’ai trouvé ce petit bout d’interview très intéressant dans Les Inrockuptibles spécial Nevermind. J’ai eu envie de le partagez et d’en parler un peu.

Kurt et son journal

Le lien est fait, deux poètes, deux amoureux de littérature (la chambre de Jim Morrison à Los Angeles était remplie de livres à tel point qu’on ne pouvait y circuler convenablement.)

Je suis persuadé que Kurt et Jim auraient pu produire des livres intéressants. Donnant aux lecteurs une dose de génie créatif, chacun à leurs manières. Apporter une nouveauté dans le monde littéraire américain voir mondial. Ils auraient apporté leur propre style et marquer de leur talent le monde littéraire américain. Du moins l’auraient-ils secoué !

Photo-montage trouvé sur Pinterest.

N’oublions pas qu’un certain Bob Dylan a remporté le prix Nobel de littérature !

Dylan, musicien et poète s’est avéré être un excellent écrivain, voir son autobiographie Chronique Volume I.

On ne peut que supposé les talents d’écrivain potentiel d’un Cobain. Je n’en doute pas personnellement.

Malheureusement, il n’y aura aucune réponse à cette question. Ou comme le chante Bob Dylan :

Jaskiers

Le dernier ermite de Michael Finkel

Quatrième de couverture :

En 1986, Christopher Knight, un jeune homme intelligent et timide, décide de quitter la société des hommes pour vivre dans une solitude totale au cœur de la forêt du Maine. Pendant près de trente ans, il ne parlera à personne, fuira tout contact, apprenant à survivre au froid et à la faim grâce à son courage et à son ingéniosité. Pendant toutes ces années aussi, il réussira à s’introduire dans des cottages pour trouver des vêtements, des livres, des piles, de la nourriture… qui lui permettront de traverser sous sa tente les terribles hivers de cette région américaine, jusqu’à son arrestation en 2014.

Michael Finkel a été le seul journaliste auquel Christopher Knight a accepté d’accorder de nombreux entretiens. Un ouvrage qui n’est pas seulement un récit de survie mais qui pose des questions fondamentales sur la solitude et les contrastes de notre société.

J’avais acheté ce livre durant le deuxième confinement, à la fin de l’année dernière. Je m’étais dis qu’il serait intéressant de voir comment un homme avait pu être isolé de tout et de tous durant 27 ans. Et il s’avère que même après cette lecture, finie durant ces temps de déconfinement, se livre m’a beaucoup apporté.

Étant un solitaire, je me suis reconnus dans certains traits de caractères de l’homme, Christopher Knight, l’Ermite. Devenu une légende de son vivant.

Les gens racontaient des histoires sur un homme des bois mystérieux qui volait de la nourriture dans les petits chalets des vacanciers du camp de Pine Tree, au bord du North Pond à l’ouest d’Albion, dans l’état du Maine.

En 27 ans, Christopher Knight, l’ermite du Maine, au nord-est des États-Unis n’a prononcé qu’un seul mot : « Bonjour », à un randonneur passant près de la forêt où il vivait.

Il vivait de petit larcins, de cambriolages, effectués dans les petites cabines des vacanciers. Il volait de la nourriture et des habits, des piles et des batteries de voitures, quelquefois des deodorants et de vieilles consoles de jeux vidéos. Il ne cassait jamais rien, ne volait jamais d’objets précieux. Il n’était jamais armé. Les propriétaires de ces cabines ne l’ont jamais attrapés. Quelques images sur des caméras de surveillances mais rien de plus. Il aura fallu le garde du camps de vacanciers et quelques ami(e)s à lui pour réussir à l’attraper. Pendant 27 ans, il a réussis à échapper à ces hommes et femmes. Malgré les battues, les vacanciers, les randonneurs, personne ne savait qui il était. Ni où il vivait. Son campement n’était pas extrêmement loin des chalets. Même plutôt proche. Mais Knight connaissait par cœur son environnement, il pouvait le faire lors de nuit sans Lune, sans faire un seul bruit. Les types de sols, les branches, il connaissait son environnement comme si il l’avait créé. La nature a créé son environnement, il s’est juste adapté.

L’Homme a une capacité d’adaptation à son environnement incroyable. Chris l’a utilisé avec intelligence pendant plus de deux décennies.

Son camps était extrêmement difficile d’accès aussi bien qu’il était caché. Il y survivra durant les terribles hivers qui s’abattent sur le Maine chaque année.

Le camp de Christopher Knight.

Lire, méditer, construire, voler. Ça vie se résumait à ces quatre mots. Surtout, ne jamais rencontrer d’être humain. Il ne les comprends pas. Il n’est pas méchant, ni violent. Mais les interactions avec autrui étaient trop compliquées pour lui. Certains psychiatres soupçonnent que Chris souffrirai du syndrome autistique, plus précisément d’Asperger. Mais cela ne reste que des suppositions.

Une fois arrêté, en prison, c’est un enfer qu’il affronte, intérieurement, dans son âme. Le bruit, les prisonniers, les gardes, les murs. Il est perdu, inconsolable. Michael Finkel, l’auteur, qui lui rendra plusieurs fois visite, ne croisera que très peu son regard.

Michael est froid, distant, parfois arrogant. Il a une vision bien à lui de la vie. Chaque interaction avec un autre être humain est un supplice.

Après son procès, sa vie changera, il sait qu’il ne pourra jamais retourner dans SES bois. Dans son univers, à lui. Dans son silence. Il se voulait être l’ermite « ultime », il l’a été, de son point de vue, pendant toutes ces années.

Apprendra à vivre avec les autres, travailler, parler à des psychothérapeutes. Autant de défi, pour celui qui n’a prononcer qu’un seul et unique mot pendant 27 ans.

Christopher Knight durant son procès.

J’ai moi même de l’affection pour le silence, c’est rare de nos jours, le silence. C’est un luxe, une rareté. Le bruit est une pollution qui agit grandement sur la santé mentale, pouvant entraîner des problèmes de santés physiques. Pour moi, et pour Christopher Knight aussi, le silence va de pair avec la solitude. Se retrouver face à soi-même peut être terrifiant, mais je pense qu’il faut s’affronter parfois.

J’ai découvert que personnellement, la solitude est presque addictive. Personne pour vous juger, personne pour critiquer ou déranger. Malheureusement, se déconnecter de la société est dangereux, surtout en France où les relations humaines priment. Le contact humain est important en France. Bien sur, il n’y a pas que dans l’hexagone. Mais la France a sa culture, et elle aime le contact.

Certaines personnes devraient comprendre qu’avoir envie d’être seul est aussi normal qu’avoir envie d’être avec le monde. Même, les solitaires sont solitaires et n’ont pas à être jugés comme égoïstes ou égocentriques, comme nous ne jugeons pas négativement les personnes ultra-sociable, être solitaire ne devrait pas être une tare. Nous sommes qui nous sommes, même la science nous le dit. Vivez votre vie comme vous l’entendez, mais ne jugez pas les personnes qui pensent et vivent différemment de vous comme mauvais.

Pas d’enfant, pas de mari/femme, pas de maison ni de voiture à rembourser. Certains veulent vivres comme ils l’entendent, rien ne force à suivre les mêmes routes. Nous sommes libres et certains prennent cette liberté et la bichonne et l’utilise, la polisse comme bon leur semble.

Ne vous engagez à rien avant d’avoir bien réfléchis, si comme moi, ou Chris, votre liberté est le bien le plus précieux que vous avez.

Laissez nous être. Laissez vous vivre.

Le silence est d’or et la parole et d’argent. Comme nous disons en France. Lequel de ces deux métaux est le plus précieux ?

Voici pour vous de nombreux extraits, à méditer, à débattre ou juste à lire.

Extraits :

Après un quart de siècle d’enquêtes décousues, assorties de battues, de survols et de relevés d’empreintes, menées par qu’âtre force de maintien de l’ordre distinctes […] personne n’avait jamais pu découvrir l’identité de l’ermite.

Christopher Knight, pourrait-on avancer, est de toute l’histoire de l’humanité l’être le plus solitaire qu’il nous ait été donné de connaître.

« […] Que le silence intimide, cela me rend perplexe. Pour moi, le silence est normal, confortable. » Plus tard il ajoutait : « J’admets ressentir un peu de mépris envers ceux qui sont incapables de se taire. »

La mousse recouvrant les rochers, mon pied a ripé et le poids de mon sac à dos, bourré de matériel […], m’a fait perdre l’équilibre d’un coup. J’ai roulé-boulé la tête la première, me suis cogné le front contre une roche […] L’une de mes chaussures de marches, pas adaptées à ces bois, s’était déchiquetée. Knight arpentait ces lieux sans arrêt. En silence. Sans se blesser. De nuit. Comment était-ce possible ?

[…] Un marteau arrache-clou presque avalé par un tronc était devenu impossible à retirer, et Terry Hughes [le Shérif] m’a confié que c’était ce marteau, plus que tout le reste, qui lui avait fait comprendre combien de temps l’ermite avait vécu là.

Le désir d’être seuls, ont découvert les biologistes, est en partie génétique et quantifiable, dans une certaine mesure. Si vous présentez de bas niveau d’ocytocine, neuropeptide sécrété par l’hypophyse – parfois qualifiée de principale composante chimique de la sociabilité – et de fortes concentrations d’une hormone, la vasopressine, susceptible de réduire votre besoin d’affection, vous aurez tendance à moins exiger de relations personnelles.

Sa famille n’avait apparement jamais contacté la police au sujet de la disparition de Chris.

Une force qui le dépassait l’avait attiré loin du monde avec toute le persistance de la gravité. Il aura été l’un des solitaires les plus endurants qui soient, et parmi les plus fervents. Christopher Knight était un véritable ermite.

Il souhaitait vivre une solitude inconditionnelle, un exilé dans une île de sa propre création, former la tribu d’un homme seul, sans aucun contact extérieur.

Les saletés qui comptent, les mauvaises bactéries, le virus malfaisant, tout cela se transmet généralement par la toux, les éternuements, les poignées de mains et les baissés. Notre santé et parfois le prix à payer de notre sociabilité. Il s’était placé en quarantaine loin de l’espèce humaine et s’évitait nos dangers biologiques. Il restait d’une santé phénoménale.

La lecture était sa principale forme de divertissement. […] À l’intérieur d’un livre, la vie lui semblait toujours accueillante. Elle ne lui imposait aucune exigence, alors que le monde des relations humaines étaient si complexes.

Les physiologistes pensent que, dans des environnements naturellement silencieux, notre organisme se détend, parce que c’est le cadre dans lequel nous avons longtemps évolué. Nos sens ont mûri dans les prairies et les bois, et restent calibrés sur cette base.

Il a pu se considérer comme l’un des rares individus sains d’esprits qui restent. Il était déconcerté de ce que passer les meilleurs années de sa vie dans le box d’un bureau, de passer des heures, tous les jours, devant un ordinateur, contre de l’argent, soit jugé acceptable, mais que se détendre dans une tente au fond des bois soit la marque d’un être dérangé.

Il renonçait à tout artifice ; il devenait à la fois personne et tout le monde. […] Il existait, simplement, pour l’essentiel, dans un maintenant perpétuel.

Il obéissait à un appel très étrange et demeurait fidèle à lui-même, plus que nous ne l’oserons jamais.

En espérant que ces lignes vous aiderons à comprendre le besoin de certains d’être seuls, d’avoir besoin de silence et d’introspection. De vivre leurs vies comme bon leurs sembles.

Jaskiers

Dead dream society | Poème |

Où êtes vous les hippies pourquoi nous avoir laissé tomber ?

Pour la menue monnaie.

Pensiez vous à nous ? Déjà mort-né ?

Peut-être l’avions nous pensés

Ces plaie ouvertes, seule nous devons les panser.

N’aviez qu’à protester.

Nous l’avons fais !

Et que s’est-il passé ?

Vous nous avez frappé.

Génération de fainéant, drogué faible et pleurnichard !

Comme vous vous l’étiez avant de plier genoux, avares !

Partez donc jeune insolent !

Pas avant de faire de votre monde du chiendent !

Jaskiers

Une histoire vraie personnelle #2 – La fille en robe bleue

Sortez les violons cher(e)s lecteurs et lectrices car voici mon côté nian-nian et romantico-lourdingue !

C’était, si je m’en rappel bien, l’été où le printemps 2018. J’étais invité au baptême d’une de mes petites cousines.

Au début, je ne voulais pas y aller. Les Églises, depuis la mort de mon père et mon frère n’était pas vraiment ma tasse de thé. Je n’avais rien contre Dieu ni l’Eglise mais c’était comme ça. Pour moi, encore aujourd’hui malheureusement, l’église reste un lieu pour les morts, non pour les vivants. Je sais que les pratiquants qui me liront me diront que non, c’est en fait tous le contraire. Mais chacun sa vision des choses Messieurs Dames. Je respecte la vôtre, respectez la mienne.

Je me suis quand même décidé à assister à la cérémonie à l’Eglise puis de rentrer directement chez moi, pas de repas de fête.

Il y avait du monde dans l’Eglise, non pas que ma famille soit nombreuse mais il devait y avoir une messe et peut-être un autre baptême, je n’en sais rien.

Le baptême se déroula… et bien comme un baptême ! J’ai juste été surpris que ma toute petite cousine n’est pas pleuré quand le curée l’a baptisé. À tous les baptêmes auxquels j’ai assisté, le bébé se mettait à pleurer quand il recevait l’onction (c’est bien comme ça qu’on dis non ? La bénédiction ?).

Une fois la cérémonie terminée, je dis au revoir au membres de ma famille et sorti de l’église.

Il y avait du monde devant l’entrée du lieu de culte… Beaucoup.

J’ai l’habitude, dans la foule, de regarder le sol devant moi, de ne pas regarder les gens. Mais par curiosité, j’ai jeté un regard sur la foule et je vis la plus belle femme que j’ai vu de ma vie…

Bon j’ai 26 ans et je pense avoir encore le temps de voir de belles femmes dans la rue, mais se souvenir revient souvent.

Elle était blonde, grande, yeux bleus captivants et timide mais aussi légèrement hautains, teint hâlé, des jambes qui n’en finissait plus dans une magnifique robe bleu qui s’alliait parfaitement avec ses yeux, son physique et son teint.

Je ne l’ai regardé que, peut-être, 3 secondes avant de détourner le regard et de ressentir comme une vague de fraîcheur.

Je n’avais jamais vu une femme si belle. Elle devait avoir mon âge.

Les cloches sonnaient et j’avais l’impression d’avoir vu un ange.

J’ai continué à marcher en direction de ma maison, avec l’image de cette jeune femme en tête. Je me demandais si il ne fallait pas que je me retourne pour voir si elle était vraie. Si je n’avais pas halluciné. Mais je n’ai pas osé.

Je la revois encore, et j’y repense aussi beaucoup, à sa magnifique robe bleue. D’où sortait elles ? Elle et sa robe ?

C’était un petit village, je connaissais à peu près tous le monde, du moins les jeunes de mon âge. Elle, je ne l’avais jamais vu. Et j’ai commencé à m’imaginer qui elle était, d’où elle venait.

Je me rappel qu’elle était à côté d’un couple âgé d’environ cinquante ans. Ses parents sûrement. Le peu de temps que je l’ai regardé, elle ne semblait pas avoir de « cavalier ». Elle était là, belle. Juste belle, dans le plus beau sens du terme, dans sa plus pure définition. Seule, l’air timide mais en même temps confiante. Comment ce paradoxe est-il possible ? En faite, si il y a tant de paradoxe, c’est peut-être qu’elle était indescriptible. Elle avait l’air inatteignable, comme une apparition divine… Après tous je l’ai vu en sortant d’une église…

Ce n’est pas la seule belle femme que j’ai vu de ma vie hein, il y en a qui j’ai fais la cour ! Maladroitement bien sur. Certaine ont dit oui beaucoup on dit non. Mais jamais je n’avais ressenti une tel intensité en voyant quelqu’un.

Jamais, je n’aurai pu l’aborder. Je n’aurai pas pu trouver les mots, la regarder droit dans les yeux… Mais je reste avec le souvenir que j’ai d’elle pendant ces 3 petites secondes d’une femme dont la beauté et la présence m’ont marqué. Et encore aujourd’hui, je lui invente une vie, pourquoi était-elle là ? Que fait-elle maintenant ? Une chose est sur, je n’ai sûrement pas dû la marquer autant qu’elle m’a marqué. J’étais coiffé à la va-vite, une veste de costume vite fait enfilée sur un t-shirt blanc, un jean bleu foncé et des chaussures noir avec semelles blanches. Je n’étais rien à côté de cette dame.

Ou alors j’ai halluciné, ce qui ne m’est jamais arrivé avant ni après.

Alors oui, l’histoire est sacrément nian-nian mais vous auriez dû la voir !

Jaskiers