Jusqu’à l’os

L’histoire de son automutilation commença comme beaucoup d’autres. Au collège, avec ses amies. Avec la pointe du compas, ou avec une paire de ciseaux.

C’était devenue une sorte de rite d’entrée dans sa petite bande d’amie. On se scarifiait pour montrer que l’on souffrait, à cause des garçons ou de la famille, des amies et, parfois, pour s’intégrer. Certaines se scarifiaient pour l’attention, faisant semblant de se mutiler discrètement mais ne cachant pas leurs cicatrices. C’était, il faut le dire, un effet de mode. Des séries télés en parlaient. L’héroïne d’une de ces séries se scarifiait et elles faisaient de même, pour l’imiter.

Parfois, un professeur le remarquait et l’une d’elle finissait à l’infirmerie où les parents étaient convoqués d’urgence, et puis, c’était fini.

Si elles continuaient, on les menaçait d’aller les emmener en psychiatrie et cette seule menace arrêtait les moins « sérieuses ».

Quant à Coralie, personne ne se souciait vraiment de ses scarifications. Elle se mutilait plusieurs fois par jour, traînant ses lames sur l’avant-bras, au niveau du biceps, à l’intérieur des cuisses. Son but à elle n’était pas d’attirer l’attention mais de faire sortir son mal-être par le saignement. Chaque goute de sang était un défi aux malheurs. La douleur une échappatoire, la douleur physique peut faire oublier pendant quelque temps la douleur psychique, c’était ce que ressentait la jeune fille. Avec le temps, se mutiler devint même un besoin. Faire sortir le mal par le sang, en quelque sorte, comme au moyen-âge. L’Histoire se répète, inlassablement.

Inlassablement aussi, cette mode de la scarification disparue pour la bande d’amie de Coralie. Mais pour elle, elle continuait.

Ses amies pensèrent qu’elle avait arrêté, mais comme écrit plus haut, Coralie savait mieux faire qu’elles, elle savait cachait ses cicatrices et elle se scarifiait pour une raison, c’était, pour la jeune fille, un échappatoire, un vrai besoin, et pas une mode. Elle avait évidemment commencé pour faire comme les autres, être cool, comme les fumeurs. Et comme les fumeurs, elle devint accro. Les fumeurs deviennent addicts à la nicotine, Coralie, elle, devint accro à la douleur.

Tout addict sait cacher son addiction, ou au moins, fait le maximum d’effort pour s’adonner à leur autodestruction, sans que personne puisse le remarquer.

Coralie ne pouvait pas compter sur ses parents, sur sa mère. sur qui tout le poids des responsabilités était retombé, et encore, c’était quand elle était sobre. Son père la dédaignait, il aurait préféré avoir un garçon. Elle ne pensait pouvoir compter, en aucun cas, sur l’infirmière du collège et, encore moins, sur les professeurs.

Ne comptait que le sang qui coule de son corps, la froide lame qui déchirait la chair et la douleur salvatrice.

Elle réalisa que tant de scarification prenait de la place sur son corps, il fallait soit rouvrir d’ancienne cicatrice, arracher des croutes ou trouver d’autres espaces sur son corps.

Elle se hasardait à trouver d’autres endroits pour s’ouvrir car c’était là la meilleure des sensations qu’une peau, vierge de toute blessure, s’ouvre, fasse mal et saigne.

Le corps a ses recoins, ses endroits qui permettent de se blesser sans attirer l’attention. Elle les avait trouvée et entamait avec parcimonie ses nouvelles zones, pour en garder pour plus tard.

Le temps passa, rapidement, les copines avaient leur premier amour, les vrais, ceux qui brisent le cœur.

Coralie n’en voulait pas de ces relations amoureuses, elle s’éloigna de ses amies, ou peut-être était-ce l’inverse. Vinrent les moqueries, le harcèlement, l’abandon.

Qu’importe, Coralie avait ses lames de rasoir et tout son attirail secret, qu’elle cachait judicieusement un peu partout chez elle, et sur elle, dans les coutures de ses habits ou ses chaussures.

Les deux dernières années de collège s’écoulèrent, dans la douleur. Se faire du mal était devenu la seule manière de se déconnecter de la réalité, du présent, des autres, et même, un peu d’elle-même.

Tout était compliqué. Son corps changeait, ceux des autres aussi. Les garçons s’intéressaient à elle mais Coralie ne voulait pas d’eux. Aucun n’était digne de confiance, pour elle. Trop immature, trop laid, trop beau pour être intéressé par elle, trop étrange, trop curieux, la jeune fille trouvait toujours une excuse pour ne pas répondre aux sollicitations de ces garçons.

Rien ne l’intéressait, à par peut-être le cinéma. Le cinéma, c’était un peu comme durant ses séances de tortures. Le septième art lui permettait de se déconnecter de la réalité, de vivre, par procuration, une autre vie, voyager, apprendre, découvrir d’autres cultures, d’autres langues. S’évader du présent pesant, du passé traumatisant et du futur angoissant. Le cinéma, c’était aussi une mythologie, avec ses acteurs et actrices, ses stars, ses histoires, ses péripéties et ses scandales extra-cinématographique. Les films étaient une sorte d’opium pour elle, et ces histoires de célébrités, un petit plus pour garder encore un peu de l’effet de dépaysement et de déconnexion du monde. Pendant ce temps-là, où le cinéma l’a happé, elle ne se faisait aucun mal. Mais une fois le film finit, une fois sa magie dissipée, elle reprenait ses instruments de torture et œuvrait pour oublier qu’elle était encore coincé dans ce monde qu’elle ne comprenait pas, qui ne la comprenait pas et qui semblait ne pas vouloir d’elle.

Plusieurs fois, Coralie eut l’idée d’en finir avec sa très jeune existence. S’ouvrir les veines du bras serait un jeu d’enfant. La douleur, le sang, cela, elle connaissait, rien ne serait plus simple.

Mais elle avait cette petite voix au fond d’elle, celle qui s’accroche à la vie, l’instinct de survie diront certains, qui lui promettait un avenir plus radieux. Cet espoir que tout peut changer, s’arranger, que la vie réserve parfois de grande et belle surprise, l’empêchaient de commettre cet acte. Ça et la possibilité de se rater. Car cela amènerait à tellement de chose qu’elle ne désirait pas, notamment l’attention, la pitié, la guérison. Cela créerait un séisme dans son existence somme toute bien rangée. Elle contrôlait tout ce qu’elle pouvait, et surtout, son corps. Elle ne voulait pas qu’on lui enleva la scarification. L’adolescente ne voulait pas et avait peur de guérir. Car après tout, guérir, c’était souffrir, encore, mentalement, pour y arriver.

Elle faisait couler son sang, elle trouvait les outils parfait pour se couper, certaines parties du corps demandaient différentes manières, différentes lames pour s’ouvrir et saigner correctement.

Coralie découvrit qu’elle pouvait gratter, empirer bien plus une plaie, l’élargir pour faire couler ce sang qui personnifiait désormais, dans sa psyché, le mal. Cette douleur physique intense prenait tout à l’instant présent, elle ne laissait pas le temps de réfléchir et de se morfondre, de trop penser. La douleur enflammait sa blessure, son cerveau, ses nerfs, rien ne comptait plus que le moment où la douleur était presque insupportable.

Avant son entrée au lycée, l’adolescente décida de se concentrer sur une seule plaie, y aller à fond, voir jusqu’où elle pourrait supporter de s’infliger un tel traitement. Voir jusqu’où pouvait aller sa volonté.

Ayant deux mois pour elle, la jeune fille s’attaqua à sa cuisse droite, la blessure aurait le temps de cicatriser. Et de toute façon, elle ne portait jamais de jupe, encore moins de short.

Avec son ciseau, elle commença à faire une entaille sur la largeur, au milieu de la cuisse.

La douleur était intense, maintenant Coralie pouvait se permettre de s’infliger une souffrance plus grande que celle donnée par les petites entailles.

Le sang coulait abondamment, quand elle attaqua la blessure à vif, l’intensité de la peine se décupla. L’adolescente faillit s’évanouir, pour ce premier jour, elle se contenta de la large entaille, toute la journée, elle veilla à ne pas laisser la plaie commencer la cicatrisation.

Le deuxième jour, la douleur était encore intense mais Coralie avait reprise des forces grâce à une bonne nuit de sommeil.

Cette fois, elle enfonça encore plus profondément la lame du ciseau, une fois à l’intérieur, la vive douleur donna à Coralie une grande satisfaction. Tout son corps brûlait, les petites entailles, c’étaient finit pour elle, place aux grandes, aux plus douloureuses peines que fournissaient les grandes balafres.

La lame de ciseaux bien rentrée dans la chair, elle l’a tourna, faisant un mouvement latéral pour agrandir la totalité de la plaie. L’opération fut longue, la douleur et la libération qu’elle lui procurait la forçaient à prendre une pause tout en laissant la lame plantée.

Le sang coulait, le mal-être avec. C’était une sorte de découverte d’elle-même, plus qu’une simple scarification, c’était un défi, elle qui pensait n’être bonne à rien, c’était se prouver qu’elle était bonne à faire une chose, se faire du mal. C’était aussi un moyen de contrôle, elle qui se sentait confuse, victime de la vie qui lui imposait de grandir. L’adolescente plaçait toute son anxiété dans la douleur. La douleur était devenue la personnification de son anxiété, le sang la preuve que la peine infligée permettait à ses peines de s’évacuer de son corps qui changeait trop vite.

Le troisième jour, le contour de la plaie était devenue mauve, voir légèrement noir. Marcher faisait mal, le tissu de son pantalon, qui frôtait la blessure, provoquait une sensation de brûlure intense.

Ils n’y avaient plus de retour en arrière. Coralie était allée si loin dans la scarification que les petites entailles ne suffiraient plus jamais à satisfaire et à amenuiser sa peine.

S’armant de courage autant que de sa paire de ciseaux, elle serra les dents pour rentrer encore une fois la lame, pour l’enfoncer encore plus profondément.

Les éclairs de douleur la firent, encore une fois, presque tourner de l’œil, mais elle s’accrocha. C’était une libération comme jamais Coralie n’en avait connu avant. Là, ce n’était plus du petit lait, ce n’étaient plus les petites blessures que s’infligeaient ses anciennes amies, elle était passée à un stade supérieur. Pour une fois, pensait-elle, je suis capable de faire quelque chose mieux que les autres.

Serrant toujours la mâchoire, elle fit pivoter la lame pour l’a faire ressortir. Le geste fût horriblement pénible. Elle s’arrêta un peu pour reprendre son souffle et apprécier la douleur aiguë. D’un coup vif, sec, et rapide la lame ressortit. Coralie s’allongea et cria de douleur. Le sang recouvrait maintenant toute sa cuisse. Le muscle avait été entamé.

Coralie ressortit épuisée de cette séance. Elle s’allongea dans son lit et réussit à s’endormir, la douleur agissait comme une berceuse, une présence qui lui donnait l’impression d’être en sécurité.

Elle ne se réveilla pas dans son lit mais dans une chambre d’hôpital. Branchée à des machines qui émettaient à intervalles réguliers des petits bruits sonores. Allongée dans des draps blancs immaculés, la chambre entière était en faite de cette couleur, exempté les meubles d’un rose pâle. Elle était à l’hôpital.

Son premier réflexe fut de regarder sa blessure à la cuisse, elle lui faisait mal. La jeune fille fit glisser doucement les draps sur le côté et vit qu’il n’y avait plus de balafre car il n’y avait tout simplement plus de jambe.

Confuse, elle se sentit s’évanouir, les machines émirent avec plus de régularité leurs sons inquiétants. Coralie ne les entendait plus que vaguement, comme si elle était sous l’eau, sa vision tanguait, elle ferma les yeux.

La porte de la chambre s’ouvrît sur une jeune femme qui se précipitait vers elle.

« – Tu es réveillée ? Comment te sens-tu ?

  • Où suis-je ? Pourquoi j’ai plus de jambe droite ? J’ai soif !
  • Tu es à l’hôpital, tu auras à boire quand j’aurai l’autorisation du docteur. Tu ne sais pas pourquoi tu es là ? Tu ne te rappelle rien ?
  • Non… je me rappelle que je me suis allongée dans mon lit pour faire une sieste, c’est tout.
  • Tu te souviens de ce que tu as fait avant ?
  • Ma blessure à la cuisse ?
  • Oui.
  • Oui, je m’en souviens.
  • C’était de… la scarification, de la mutilation.
  • Oui.
  • Tu ne te rappelles pas t’être réveillée ?
  • Je ne me rappelle rien ! Je m’allonge pour faire une sieste et me retrouve à l’hôpital avec une jambe en moins ! Dites-moi ce qu’il s’est passé merde !
  • Du calme… pour faire court, ta blessure s’est infectée rapidement. Tu as eu une très grosse fièvre, des délires. Tes parents n’ont pas comprit tout de suite que c’était dû à ta blessure mais pensaient juste que tu avais une bonne grippe. Ils t’ont traité à coup de Doliprane pendant deux jours. Tu ne mangeais plus et délirais de plus en plus. Ton père t’a frappé, tu lui as rendu les coups malgré ta faiblesse. Pour te punir, ils t’ont laissé sans soins pendant une journée encore. Ton état avait atteint un stade critique. Tu ne délirais plus, tu passais ton temps à crier. Les voisins se sont demandés ce qu’il se passait et ont appelé la police. Bien évidemment, tes parents les ont bernés en disant que tu étais sortis. Puis, ils t’ont forcé à te lever et ont enfin découvert ta blessure. Ton père t’a remise au lit mais l’état de ta jambe était critique. De peur d’avoir des problèmes avec les organismes sociaux, ils ont essayé de te soigner eux même. Ce qui n’a fait qu’empirer ton état. Tu es tombé dans une sorte de coma. Tes parents se sont violemment disputés, les voisins ont encore une fois appelés la police. Cette fois, ils demandèrent à te voir. Ils ont forcé le passage de ta chambre et t’ont retrouvé dans un état lamentable, inconsciente. Les pompiers sont arrivés, puis, quand tu es arrivée aux urgences, le médecin urgentiste a décidé que ta jambe était perdue et que l’infection pouvait se propager rapidement dans le reste de ton corps. Il a décidé d’amputer. Cela fait trois jours que tu étais dans un coma semi-artificiel. Cela nous amène à aujourd’hui.
  • Je sens encore ma jambe !
  • Cela s’appelle des douleurs fantômes. C’est très gênant mais cela se guérit avec une thérapie.
  • Des douleurs fantômes ?
  • Oui. Comme je te dis, une thérapie spéciale psychologique et physique te sera prescrite après t’être remise et reposée. Nous avons toute une équipe pour t’aider. Et tes parents, eux, ils sont dans un sacré pétrin tu peux me croire.
  • Tant mieux. Douleur fantôme…douleur, douleur. Tant que j’ai encore la douleur, j’irais bien. »

Jaskiers

On m’a offert une machine à écrire pour mes 28 ans

Enfin ! J’ai une machine écrire !

Diantre ! J’ai 28 ans !

J’aurais aussi aimé une à remonter le temps ! Je n’ai pas vu la vingtaine passée ! Je me souviens encore de la fête que j’avais faite pour mes 20 ans comme ci c’était hier ! Le temps passe vite passé un certain âge, je dirais qu’à partir de 18 ans, les années défilent très vite !

Je me rappelle quand j’étais gamin et que chaque année paraissait durer une plombe. Je ne sais pas pourquoi, mais à partir de mes 18 printemps les années semblent avoir filé sans que je m’en rende compte.

C’est peut-être parce que l’on vieillit, on réalise que l’on est adulte et on panique un peu, essayant de s’accrocher, de ralentir le temps, inexorable et sans pitié qui n’attend personne. La vraie richesse, c’est la santé et le temps. Les deux choses les plus précieuses qui ne peuvent pas s’acheter (ou presque).

En parlant de temps, me voici en possession d’une Olympia datant des années 60 !

Merci à ma sœur et à ma mère d’avoir réalisé un de mes rêves.

C’est fait, j’ai une machine à écrire !

Déjà au milieu de mon bordel !

Elle est beaucoup plus âgée que moi, mais est toujours belle et surtout, elle fonctionne à merveille !

Quelle ironie qu’une vielle machine qui a plus de 60 ans fonctionne encore parfaitement quand l’ordinateur ou le téléphone sur lesquels vous lisez ces lignes seront obsolètes dans quelques années.

C’est quelque chose d’écrire sur une machine ! Vraiment. J’avais déjà parlé de l’Olympia de ma grand-mère qui ne pouvait pas aligner les majuscules, mais qui fonctionnait quand même après être resté plus de 40 ans dans une armoire.

Voici mon Olympia, une « De Luxe » s’il vous plaît !

J’ai déballé ce cadeau devant ma sœur et ma mère (et Roméo aussi, mais il ne semble pas vraiment fan d’une si bruyante chose).

Elle m’a été offerte, merci maman et merci soeurette, avec sa housse de transport. L’occasion de parler avec ma petite sœur de la vielle époque où les gens devaient se trimbaler avec cette lourde machine jusqu’au travail.

On se plaint beaucoup que la vie ne soit pas facile. Mais ce simple fait que nos grands-parents devaient se coltiner des trajets avec une machine à écrire remet les choses en perspectives.

Qu’est-ce que nous nous plaignions ! On est français après tout, un sport national ! Mais vraiment, oui, la vie est foutrement difficile, rien n’est simple, mais comparé à nos aïeux ? Les avez-vous entendus se plaindre que la vie était dure ? Pas moi ! Jamais ! Et j’ai eu la chance de connaître mon arrière-grand-mère qui, morte à presque 106, avait vécu les deux guerres mondiales (et qui a eu la visite de la gestapo à cause des activités de résistant de mon arrière-grand-père) et a élevée quatre enfants sans aides sociales. Jamais elle ne s’est plainte de la vie. Enfin si… elle disait qu’à 100 ans, elle commençait à trouver le temps long.

Revenons à nos moutons !

Saviez-vous que ma petite sœur, qui approche de sa vingtaine, ne savait pas qu’il fallait des feuilles pour utiliser une machine à écrire ?!

Quelle génération !

Mais je sais que tu lis cet article. T’es chiante mais tu es la meilleure.

C’était tellement agréable de pouvoir écrire parfaitement (avec mes fameuses fautes d’orthographe) sur le clavier d’une machine à écrire qui retranscrit parfaitement les mots sur la feuille !

Je découvre aussi que cela sera un apprentissage de maîtriser la bête !

Comment faire des paragraphes ? Parfaitement revenir à la ligne, bien organiser l’espace sur la feuille etc… Je trouve petit à petit mes marques et le fonctionnement mystérieux de cette machine. Une relation de musicien à son instrument se créait. Je commence avoir le même attachement à celle-ci qu’avec ma guitare sèche qui malheureusement est loin de moi. Je rêve souvent que je joue de la guitare, mais électrique. Ah ! Ce vieux rêve d’être RockStar ! C’était Jim Morrison, je crois, qui disait qu’à 27 ans, on été déjà trop vieux pour être une rock star. Ou peut-être était-ce Kurt Cobain qui a dit cela.

En tout cas, je trouve que ce sera un outil de plus pour me pousser à écrire, me déchaîner. Personne ne lira ce que j’écris avec, ce sera peut-être l’outil d’un « stream of consciousness » sauvage et sans fin.

Je vois cette machine comme une sorte de défouloir, extérioriser encore plus que dans mon journal.

Mais rien n’est sûr et s’est peut-être cela qui rend la chose encore plus intéressante.

Je vois des projets, pas grand-chose pour l’instant, pour le blog. La machine à écrire, c’est le futur !

D’ailleurs, dans quelque temps, le blog prendra un tournant temporaire. Sacrément casse-gueule.

Et je deviens tout doucement vieux.

Merci maman et à toi, petite sœur casses-bonbons !

Jaskiers

Seule dans l’herbe.

Je la vois, assise en tailleur au milieu de l’herbe, bien qu’il y ait des bancs et des tables de pic-nique, et elle se dandine, seule.

Un gros casque sur les oreilles, un joint se consume lentement entre ses doigts. Ses cheveux châtains sont coiffés en deux nattes, une à gauche et une à droite, encadrant presque son visage.

Les yeux fermés, elle danse assise, secouant ses épaules, remuant la tête. Elle sourie parfois, levant sa tête en direction du soleil.

Les gens passent, la regardent mais ne bronchent pas. Elle est dans son monde à elle, dans son truc. Étonnamment, personne ne rigole ou ne semble la juger.

En elle nous envions peut-être son courage, courage d’être dans son truc à soi en public. Elle ne gêne personne.

Elle semble en transe, et à l’observer, vous pourriez aussi tomber dans une sorte de zone rien qu’à vous. Je ressens cette chose, je suis heureux pour elle, elle fait ce qui la rend heureuse sans se soucier du regard des autres. J’ai quelques angoisses, celle qu’un homme vienne la déranger dans son trip. Elle ne demande rien à personne, n’embête personne, les yeux toujours fermés, j’ai peur qu’un type qui se prends pour un Don Juan, un de ces hommes qui se croient tout permis, comme boire une canette de bière pour la jeter dans le cours d’eau pas loin, ne vienne la déranger. Mais si un homme l’approchait ? Mais si ? Elle se fiche des « mais si ». Son audace à être dans son monde éloigne les gens qui ne sont pas invités à partager ses moments. Heureusement, tous le monde passent son chemin sans l’embêter. Heureusement, ils semblent tous pressés.

Je ne la regarde que par intermittence, je ne veux surtout pas avoir l’air d’un de ces types bizarres qui fixent les femmes. Mes mon regard est irrésistiblement attiré vers elle et sa danse.

Depuis que je l’ai vu, je me demande quel genre de musique elle écoute. J’imagine qu’elle plane sur du M83. Enfin, c’est le genre d’effet que ces musiques me font.

Je m’imagine être un photographe de rue, la prenant en photo puis aller lui demander si elle est d’accord avec ça et pourquoi pas tirer un latte de son joint si elle me le propose. Où même entamer une conversation. C’est là que je bloquerai, lui demander si elle fait ça souvent, lui poser des questions sur cette activité qui semble la rendre heureuse me mettrai mal à l’aise. Je ne voudrai pas qu’elle pense que je la juge. Au final, c’est plutôt de l’admiration. Et elle n’a pas à se justifier.

Je m’allume une cigarette, je la vois bouger son buste lentement de gauche à droite, les bras écartés, les mains dessinant de souple et gracieux mouvements, elle est tranquille, carrément dans un univers différent du nôtre.

Moi, je suis assis sur une table de pic-nique gravée d’insultes et de noms, une cigarette à la main, tendu mais fasciné. Je suis tout le contraire de cette femme, et pourtant j’aimerai avoir cette confiance, de danser et d’être dans mon monde, au milieu des gens et de leur jugements.

On peut être différent de quelqu’un, diamétralement opposé et s’admirer, se respecter, s’envier même.

Je me lève et je repars, j’espère qu’elle continuera à s’évader de cette manière, sans personne pour la gêner. J’espère un jour atteindre ce degré d’amour propre.

J’espère, et elle, agit.

Respects.

Jaskiers

Il y a des choses inexplicables dans les forêts de l’Allier

[Avertissement : ce texte fait presque 4 000 mots, lisez-le à votre rythme. Je n’ai pas trouvé judicieux de le diviser en chapitre]

Fiction

Il y a des choses inexplicables qui se déroulent aux milieux de nos forêts gamin, ne t’y mêles jamais ! – Avertissement d’un vieille homme rencontré un soir dans le bar de mon village.

C’était un de ces été chaud, sec, étouffant que nous avions dans notre petit village de l’Allier. Un été où aucun de mes amis ne partaient en vacance. Les vacances, pour nous, étaient un temps pour tous nous réunir, jouer au foot, vagabonder dans le village, faire la fête.

Je me rappelle de cette curieuse semaine, plus qu’aucune autre, de cet été là.

Après une partie de football toujours âprement disputée, nous avions décidé de réunir notre argent pour aller à la supérette du village, à l’autre bout de celle-ci. Nous avions à faire 20 minutes de marches. En plein caniard. Rien ne pouvait arrêter nos matchs de foot, on était jeunes et le petit stade multisport, que le maire nous avez gracieusement offert, était notre point de rendez-vous.

Le seul problème, c’était de pouvoir manger et se rafraîchir. Les magasins du bourg, à quelque pas du stade, avaient, pour la plupart, fermés. Écrasés par la concurrence de la supérette d’une grande marque, à l’entrée du village. Il nous fallait traverser notre patelin pour pouvoir nous acheter de l’eau et quelques gâteaux pour étancher notre soif, terrible, et notre faim, ou disons, pour être honnête, notre gourmandise.

Ce jour-là était comme tous les autres. Nous marchions à travers le bourg et les rues. La chaleur nous écrasait mais nous étions ensemble, le trajet semble toujours moins long quand nous sommes accompagnés d’amis.

Après avoir atteint notre destination, mettant les maigres contenus de nos porte-monnaies en commun, nous achetâmes de l’eau et des gâteaux apéro de sous-marques, nous étions ressorti fauchés comme les blés. Le magasin avait le monopole des biens et en profitait pour imposer des prix exorbitants.

Le meilleur moment, pour nous, aller arriver. Manger et boire ! Manger et boire en société !

Il nous fallait décider où nous devrions aller pour déguster notre pique-nique. C’était toujours une décision sujette à débat. Manger sur le parking ? Non ça craint ! Retourner au stade ? L’eau serait déjà chaude à notre arrivée.

Et si nous allions dans ce champs, de l’autre côté de la rue ? Cette idée nous plut. Ce champs était juste de l’autre côté de la rue, il était immense.

Il devait bien faire 300 mètres carrés, il est difficile de juger de la dimension d’un champ à vu d’œil. Il n’y a rien, pas un repère, pour pouvoir estimer la dimension d’un champ.

Au nord, le champ était fermé naturellement par une forêt qui menait jusqu’à l’Allier (mais ça, nous ne le savions pas encore). Au sud-est, une petit mare, ou un point d’eau, entourée de roseaux et à moitié couvert part un vieil arbre desséché, noueux et qui semblait agoniser malgré l’eau à ses racines. Au sud, se trouvait une toute petite maison, disons une cabane qui ne dit pas son nom, pas plus grande qu’une chambre d’appartement où une cuisine, installé au bord du champ, un côté sur la chaussée, comme toute les maisons, et un côté donnant sur l’immense champ. Curieuse chose, que cette maison. Une porte donnant sur la rue, une autre sur le champ. Elle avait l’air d’une maison à une seule pièce et non pas d’une grange ou à tout autre bâtiment de paysans. Deux fenêtre seulement, là aussi, une donnant sur la rue, l’autre sur le champs. Les volets en bois étaient fermés, un panneau publicitaire indiquant le supermarché était accroché à l’une de ses façades.

Il nous fallait donc trouver un passage dans le vieux grillage qui clôturait le tout. Nous étions jeunes, un grillage n’allait pas nous empêcher d’entrer dans ce champs et de nous trouver une place à l’ombre près du point d’eau, sous l’arbre tordu et asséché qui semblait le gardien de cette petite mare.

Nous avions décidé de rentrer par le côté est, ou se trouvait le point d’eau. Nous décidâmes de tasser le grillage. Le but n’était pas de le défoncer, de causer du tort. Nous devions juste le plier assez pour pouvoir l’enjamber. Ce que nous fîmes. Évidemment, cela a endommagé le grillage, encore aujourd’hui, si un jour vous passer par là, vous verrez une partie de ce grillagée affaissée. Nous avons marqué notre passage, notre œuvre. Mais je vous déconseille de suivre nos pas, d’entrer dans ce champs. Car ce que nous y avons vus, vécus, ressentis, nous a laissé perplexe et tellement apeuré que nous n’osâmes plus en parler depuis. Même après plus d’une décennie. Chaque questions que nous nous posâmes après ces événements n’amenaient à aucunes réponses, pire, elles amenaient plus de questions.

Voici notre expérience, véridique, qui nous a marquée, et qui nous hante encore. Si vous vous y risquez, j’espère pour vous que ce que nous avons observé n’est plus.

Nous enjambâmes donc le grillage, ruisselant de sueurs. Le point d’eau était à une vingtaines de mètres, et ces derniers mètres semblaient interminables tant notre soif nous taraudait. Le champ n’était bien sûr pas un gazon de stade de football. Nous manquions nous briser les chevilles à chaque pas, nous fatiguant encore plus. Nous étions silencieux, excepté nos plaintes : « putain j’ai soif ».

Nous arrivâmes au point d’eau pour réaliser que la terre et l’herbe autour était humide. Une découverte surprenante, mais somme toute logique. La nature a ses règles. En pleine canicule, elle peut conserver une petite mare grâce aux ombres des roseaux et des feuilles d’un arbre. Croyez le ou non, mais j’avais l’impression de sentir un brise fraîche, comme lorsque vous êtes au bord d’un cours d’eau important ou sur une plage. Certes pas si puissantes qu’une brise marine, mais aujourd’hui encore quand j’ai l’opportunité de marcher sur une plage, ce vent frais de la mer me rappelle ce petit trou d’eau au milieu d’un champ de l’Allier. La nature est vivante.

Nous trouvâmes une toute petite place sous l’arbre dont l’écorce était noire et sèche. Certains d’entre nous avaient plus de chance que d’autres question ombre. Nous ne patientâmes point pour boire toute notre eau, mais la faim ne nous taraudait pas, ou plus, car nous avions bu tellement d’eau en si peu de temps que boire nous avait désaltéré et rempli l’estomac, nous n’avions plus de place pour les quelques gâteaux apéritifs, qui d’ailleurs donne soif tellement ils étaient salés.

Bien que certains avaient vécus dans notre village depuis tout petits, aucun de nous n’avait jamais songé explorer cet endroit. Nous regardâmes la petite maison qui était en face de nous, et nous nous posâmes des questions sur sa présence. Comme je l’ai écrit plus haut, c’était une maison, pas une cabane, quelqu’un aurait pu habiter ici, bien qu’elle ne fut pas plus grande qu’une chambre d’appartement lambdas. Nous imaginâmes l’intérieur, qu’est ce qu’il pouvait bien y avoir là-dedans ? Jamais personne n’avait vu ses volets ouverts ou quelqu’un y mettre les pieds et pourtant, elle se situait sur le trottoir juste en face de la supérette du village. Nous pensâmes que le toit était peut-être habitable, encore une fois, c’était une maison miniature avec pignon ! Un petite mansarde, ou en tous cas une fenêtre de mansarde, était présente sur la face du toit donnant sur le champ. C’était la première fois que nous y faisions attention. Un petit luxe car les maisons habituelles du village n’avaient pas toutes, loin de là, des mansardes.

On s’imaginait qu’un jour, on achèterait cette maisonnette pour en faire notre repère, une sorte de club secret. On travaillerait dur pour construire une piscine, en gardant bien sur ce point d’eau magique que nous appelions « Oasis ». Des projets de jeunesses fous, comme tout projets de jeunesses. Mais à la différence des projets d’adultes, ils nous étaient autorisé de rêver.

Évidemment, étant une bande d’adolescents, des blagues scabreuses sortaient de nos bouches de temps à autres. L’un de nous voulez y faire une garçonnière, il pourrait y amener ses nombreuses maîtresses quand il serait marié. C’était parfois cru, mais on rigolait, nous n’avions que ça à faire après tout, rire. Pas d’impôts à payer, pas de patrons, pas de responsabilités.

Un flash de lumière provenant de la mansarde me surprit. Quand j’avertissais mes amis, j’eu le droit à des regards moqueurs « T’es sur que y’avait que de l’eau dans les bouteilles ?! ». Je répondis qu’on avait tous bu dans les mêmes bouteilles, je leur demandais de regarder la toute petite fenêtre du toit, et d’attendre.

Flash ! Un autre ! Tous furent surpris. J’avais l’habitude de sortir des trucs bizarres mais là, c’était vrai !

« – C’est un flash de photo ?!

  • Ça peut-être que ça !
  • C’est peut-être le reflet du soleil sur les voitures quand elles passent…
  • Ou bien, c’est un code en morse nous demandant de l’aide ! »

Quand j’eu dis cela, ils me regardèrent, tétanisés.

« – T’as toujours des idées bizarres !

  • C’est moi qu’est bizarre ? Quelqu’un joue avec une lampe torche plutôt puissante ou un flash dans une maisonnette abandonnée ! Tout les scénarios sont possibles ! »

Je vous avais dis que nous étions des adolescent à l’humour scabreuse non ? Vous ne serez pas surpris d’apprendre que l’un de mes amis baissa son pantalon pour offrir à la personne à l’intérieur de la maison une vision de son anus. Et j’avouerai que j’ai bien rigolé, on a tous bien rigolé.

Le flash se déclencha encore et encore, sans rythme spécifique. Ils étaient… erratiques.

«  – Tu connais le morse ?

  • Non pas du tout. »

Mon idée avait faite son chemin dans leurs têtes. J’avais dis cela sans vraiment être sérieux, mais il fallait avouer que quelqu’un essayait de communiquer avec nous.

Mon ami « sans culotte » remit son pantalon et décida de poser comme un mannequin, nous rigolâmes, décidâmes de le rejoindre en assénant des « T’aimes ça hein pervers ! » à la source des flash. Nous balançâmes évidemment quelques insultes et doigts d’honneurs.

Les flash ne s’arrêtaient pas.

« – Imaginez, ça se trouve c’est une planque de flic !

  • Hein ?
  • Bah ouai, à côté de la route, à la sortie du village, à l’endroit où il y a le plus de trafic ! »

J’avais encore lancé une de mes idées bizarres. On me regardait, stupéfaits

« – Ça se trouve ils sont en planques, ils attendent un deal de drogue et ils pensent que c’est nous les truands ! »

J’adorai voir sur leurs visages le doute s’installer. Je ne croyais pas un mot de ce que je disais, j’étais aussi confus qu’eux. Et puis ça pouvait tenir la route « j’ai vu dans 90 minutes enquête, le truc de reportage télé, les flics ils font ça. » J’enfonçais le clou. « Si ça se trouve c’est un appareil qui se déclenche automatiquement quand quelqu’un rentre dans le champ, un truc de sécurité. »

Là, je me faisais peur moi même. Pendant tout ce temps, le flash continuait à émettre sa lumière, par intermittence, irrégulière. Imaginez la puissance que cette chose devait produire ! Nous étions en plein été, aucun nuage, grand soleil, et ce flash de lumière était assez puissant pour laisser ces petites marques sur la rétine, ceux que nous avons quand nous regardons une lumière ou le soleil et clignons des yeux.

Le plus courageux d’entre nous, le Sans-Culotte, décida de s’approcher. Certains protestèrent, d’autres curieux de voir ce qu’il pouvait se produire l’encourageaient. Je faisais partie de ces derniers, trop curieux d’avoir le fin mot de l’histoire.

La maison était à une dizaine de mètres, notre ami s’y dirigeait doucement, comme si il était a l’affût, posant parfois le pied dans un trou, le faisant tituber comme un ivrogne. Nous rigolâmes pendant que les autres lui disaient de revenir. Il était trop loin pour faire demi-tour, c’est ce que je lui disais pour le motiver.

Enfin il arriva à la maison. Le flash venant de la fenêtre du toit, il était impossible pour lui de voir quoi que ce soit, mais il pouvait entendre. Et secrètement, espérai-je, peut-être que quelqu’un sortirait et nous expliquerait qu’elle était ce délire.

Nous regardâmes donc notre camarade qui avait posé son oreille contre le mur de la maison, nous guettions ses expressions, très curieux de voir ce qu’il pouvait bien entendre.

« – T’entends un truc ?

  • Y’a comme un bourdonnement !
  • C’est la zone 51 version auvergnate ! On a filmé ‘La soupe aux choux’ pas loin d’ici ça a dû les attirer.
  • Y’a vraiment juste un bourdonnement.
  • Pas de voix ?
  • Non je crois… pas.
  • Des trucs genre… des bruit de pas ?
  • Peut-être mais le bourdonnement est impressionnant, le mur vibre ! »

Conscient que Sans-Culotte était probablement en train de se foutre de nous, j’avançais dans sa direction, suivit d’un autre ami. Les camarades restaient derrières et nous suppliaient de faire attention, et nous avertirent qu’eux allaient commencer à repartir par là où nous étions arrivés.

À mi-chemin, je ne sais pourquoi, mais je m’arrêta, mon ami aussi. Et nous entendîmes ce cri qui, aujourd’hui encore, me fait frémir ; « Vous êtes trop jeunes, trop jeune pour crever ! »

Inutile de vous dire que nous prîmes nos jambes à nos cous. Nous courions comme des dératés vers le grillage affaissé. Oublié la fatigue, la chaleur, nos provisions. Pas très écolo, mais c’était la dernière chose à laquelle nous pensions, la première était de nous échapper du champ.

Sans-Culotte nous rejoignit au grillage où nous passions chacun notre tour, dans la panique, certains essayèrent d’enjamber ce grillage de leurs propres moyens mais les bouts de ferrailles en pointe à son sommet rendaient l’opération presque impossible. Un y réussis pourtant en s’écorchant les mains et en trouant ses vêtements. De mon côté, j’étais pétrifié, mon cerveau reptilien fixait mes yeux sur la maison. J’attendais mon tour pour passer en n’oubliant pas de lâcher quelques imprécations peu raffinées aux autres qui enjambaient tant bien que mal la partie du grillage que nous avions abîmées. Aucun mouvement dans la maisonnette, à part ce flash qui crépitait.

Je franchissais finalement le grillage en dernier. Nous nous regroupâmes, comme du bétail apeuré, les yeux fixés sur notre probable bourreau, ou plutôt son repère.

D’où nous étions, à l’est, nous n’avions plus de vue sur la fenêtre du toit d’où émanait le flash.

Nous pensions à la vengeance. Nous insultâmes copieusement l’habitant de cette curieuse maison. Tous, nous étions d’accord sur le fait que la voix était celle d’un homme, âgé. Sans-Culotte jurait avoir entendu un rire de femme après l’avertissement du vieillard. Il nous en fallait pas plus pour lâcher de créatives insultes grivoises aux mystérieux hôtes.

Après 10 minutes d’insultes diverses et variés, nous étions fatigués mais notre colère était loin d’être apaisée.

D’un commun accord, un projet germa dans nos petites têtes, un projet accepté à l’unanimité : revenir cette nuit avec des œufs, des crottes de chiens (qui étaient légions dans nos rues à cette époque) et quelques cailloux pour les balancer sur la maison. C’était notre tarif, le prix à payer pour nous avoir fichus la trouille et, surtout, pour nous avoir fais ravaler notre fierté.

Nous rentrâmes chacun chez nous, pas avant d’avoir prévu notre opération : rendez-vous à 23h30 devant chez Sans-Culotte avec chacun quelque chose de substantiel à jeter sur la maison. Nous arriverions devant cette dernière vers 23 h 50. La nuit serait tombée et nous tomberions rapidement sur la maison avec nos projectiles.

Nous passâmes notre soirée à nous envoyer des textos. Chacun demandant l’avis des autres sur le choix des projectiles, d’autres demandant de l’aide pour berner leurs parents qui ne voulaient pas que leurs adolescents sortent si tard. Après tout, nous n’étions que des gamins. Et il s’avéra que les adultes avaient eut raison d’essayer d’interdire à leurs ouailles une sortie champêtre tardive.

L’excitation fit traîner en longueur cette soirée, nous étions tellement pressés d’en découdre ! Mais il nous fallait attendre la nuit. Ce que nous fîmes.

Nous nous rejoignîmes comme prévu devant la maison de Sans-Culotte avec nos sac à dos d’écoles sur les épaules, emplis d’objets et de matière pas très ragoûtantes. Nous craignîmes la police qui rôdait parfois dans le village. Aussi, nous prîmes des routes moins fréquentées.

Plus nous nous approchions de la maison, plus l’angoisse de l’excitation montée. Elle se tourna en terreur à la vue de la scène qui se déroulait sous nos yeux.

Nous nous arrêtâmes net. Des gens étaient réunis autour de la mare. La lune était pleine, heureusement car sans elle, nous serions tombés au beau milieu d’une cérémonie qui n’avait rien d’une fête de village.

Les personnes étaient déguisée, tous affublés d’une sorte de robe noir et encapuchonnés.

« – C’est genre le Ku Kux Klan version française ! Dis-je.

  • C’est une putain de secte ! »

Nous entendions parler et rire. Un d’eux alluma un flambeau, nous vîmes leurs ombres immenses danser sur l’herbe. Les capuches étaient rabattus sur leurs visages ne laissant que la bouche de visible. Puis, nous vîmes une lueur arrivée de la forêt au nord. Nous comprîmes qu’un autre contingent de capuchonnés arrivait. Les deux groupes se firent des signes et s’hélèrent à grand cris, certains imitaient le cri du loup, d’autre sortaient des sortes de borborigmes tonitruants, graves et tout cela raisonnaient dans l’immensité du champ. Certains se mirent à danser, leurs ombres se mélangeaient avec leurs corps, aucun rythme, aucune chorégraphie, ils dansaient comme des pantins désarticulés.

Nous étions à court de mot. Les « putains » et « c’est quoi se bordel » avaient tous fusé de nos bouches.

Le groupe venant de la forêt se fonda dans la masse déjà présente de « païens ». Le silence revint d’un coup, ils ne bougeaient plus.

« – Donc du coup, on leur balance ce qu’on a à ces types au lieu de la maison ?

  • Je pensais même plus à ça !
  • On va peut-être éviter ?
  • Ouai, j’ai pas envie de finir en sacrifice humain à je ne sais quel démon !
  • On les emmerdes, donnez moi des œufs vous aller voir.
  • Mec je suis pas sûr que ce soit vraiment un truc à faire.
  • Tu veux rester là à les observer toute la nuit ?
  • C’est étrange mais oui, je me demande ce qu’ils foutent là, accoutré comme des glands.
  • Si ça se trouve c’est l’amical des chasseurs du village !
  • Ouai imagine si ils sortent les fusils !
  • Bah on court.
  • Fais chier, tu veux vraiment faire ça ? »

À ces mots, Sans-Culotte posa et ouvrit son sac et en sortit un carton de boîte d’œuf, il l’ouvrit, prit un œuf, lui posa un délicat baisé et l’envoya en direction des sectaires.

Nous étions sur le qui-vive, nous voulions voir leurs réactions avant de partir tout de go. Mais nous vîmes dans la lueur de la pleine lune l’œuf s’écraser bien loin du groupe de joyeux lurons déguisés. Et il ne fit aucun bruit. C’était comme si rien n’avait été envoyé.

« – Putain mais t’es vraiment une chèvre !

  • Mec t’es une vraie charrette ! »

Sans-Culotte reprit un œuf et se rapprocha du grillage du champ. Nous ne dîmes rien, trop content que quelqu’un d’autre que nous s’attarde si près d’eux. Nous le vîmes balancer son œuf. La forme sombre de l’œuf alla finir sa course vers l’un d’eux. À cet instant, nous étions aussi tendu que la corde d’un arc. Nos joyeux sectaires tournèrent leurs regards vers l’œuf tombé aux pieds de l’un d’eux et ils tournèrent leurs têtes, de concert, vers nous. L’un éteignît la torche et nous entendîmes : « Vous encore ! Vous, vous êtes trop jeune pour crever ! »

Nous allions partir en courant quand nous entendîmes Sans-Culotte, décidément le plus téméraire d’entre-nous leur répondre : « Et ta mémé ? Elle sait que tu fais des méchouis en plein été avec tes copains déguisés en pèquenots ? »

La flamme de leur brasero étant éteinte, nous ne vîmes que des formes sombres se précipiter dans la direction de Sans-Culotte et la notre. Sans culotte se mit à cavaler et nous aussi. Nos sac nous fouettaient le dos, nous allâmes dans des directions différentes, nous forçant à nous arrêter pour vite nous concerter et attendre Sans-Culotte. Tous pour un et un pour tous, ou presque.

Nous vîmes arriver le téméraire qui s’époumoner à nous dire : « Mais courrez putain ils sont derrière ! »

Nous crûmes à une blague, comment était-ce possible que ces gens puissent nous suivre ? Nous étions jeunes, sportifs et eux étaient sûrement vieux et portaient tous une robe. Mais nous recommençâmes à courir quand nous vîmes surgir de l’obscurité deux de ces personnes. Je me rappelle encore cette vision terrible de ces deux silhouettes encapuchonnées sortir des ombres, comme si les ténèbres avaient éjecté deux de ses entités à notre poursuite.

Nous courûmes.

Enfin, quand je m’arrêtais pour reprendre mon souffle, je réalisais à mon grand désarroi que j’étais seul ! Dans notre panique, nous nous étions séparés. Restait à savoir lesquels d’entre nous nos deux poursuivant avaient choisit de pister. Heureusement, nous avions nos téléphones portables (comment faisaient nos aînées sans ce gadget ?!) et je téléphonais à Sans-Culotte, il décrocha : « – Mec je sais pas où t’es partis mais cours parce qu’ils t’ont suivie ! »

Je ne raccroché pas mais courus dans une ruelles puis dans une autres. Quand je repris le téléphone, Sans-Culotte m’informât de le rejoindre avec tous les autres au stade multisport. C’était, si vous vous en rappelez, à une sacrée trotte.

J’entendis des bruits de pas précipités et lourds et deux personnes courir comme des dératés dans ma direction. Je détalais rapidement, ils criaient derrière moi mais le bruit de mon souffle, de mes pieds martelant le sol et les frottements de mon sac à dos m’empêchaient d’entendre leurs paroles.

Je courais bien à pleine vitesse depuis 2 minutes quand je me hasarda à regarder derrière moi, les deux personnes étaient là, et je l’ai reconnus, c’était deux des mes amis. Quand ils me rejoignirent, ils me dirent que c’étaient eux qui me hurlaient, tantôt, de m’arrêter.

Content d’avoir à nouveau de la compagnie, nous partîmes en direction du terrain multisport où tous nous attendaient.

Après maints débats, maintes théories, fatigués, nous décidâmes de rentrer chez nous, en prenant des chemins de traverses que seuls les habitants de longue date du hameau pouvaient connaître. Ce qui ne nous empêcha pas de jeter des regards derrière nous toute les 10 secondes.

Depuis ce jour, nous n’avons pas plus de réponses à nos questions, jamais nous n’avons retenté l’expérience. Nous avons gardé cette histoire avec nous car si nous en parlions en publique, ces messieurs (et dames ?) en robes noires auraient sût qui les avaient dérangés durant leur mystérieux pique-nique de pleine lune.

Des années plus tard, toujours avec ce même groupe d’amis, nous étions au bar du village, qui avait une fois encore changé de propriétaire, 3 fois en moins de 7 ans. Nous faisions connaissance avec le nouveau tenancier (par là comprendre : essayer de tâter le terrain et voir si il était possible d’avoir des verres gratuits, il s’avérait que pour ce nouveau propriétaire, un verre d’eau du robinet était vendu 50 centimes, donc non, pas moyen d’avoir des verres à l’œil. Petit conseil si vous décidez un jour de reprendre un bar en campagne, offrez des verres, ne soyez pas radin, conseil d’ami !).

Nous engageâmes la conversation avec un vieux monsieur, il nous parlait des années « Yé-yé » et d’autres histoires qui, si vous avez un âge avancé, passionnent les jeunes générations. En tous cas, moi j’étais intéressé. Je ne peux vous dire comment la discutions sur les forêts de l’Allier arriva sur le tapis, il faut dire que j’étais saoul, comme tous ceux qui étaient au bistrot mais toujours est-il que ce monsieur au cheveux grisonnant, petit, avec un pull en laine sale et plein de copeaux de bois nous donna un avertissement : « Il y a des choses dans les forêts gamins, je parle pas d’extraterrestre hein, quoique… mais des Hommes. Si un jour vous croisez des types louches ou qui vous donne l’impression que quelque chose cloche avec eux, ne vous mêlez pas à eux. Ils font… Il y a des choses inexplicables qui se déroulent aux milieux de nos forêts gamin, ne t’y mêles jamais ! »

J’oserais vous dire que dans son regards, cet avertissement n’était pas vraiment amical, un sourire malicieux, s’était affiché le temps d’une seconde sur son visage ridé et fatigué.

Je me permets de transmettre son message.

Jaskiers

Abercrombie Writing prompt 5 : Mauvais bluff en boîte de nuit.

Des histoires qui se sont passées en boîte de nuit, j’en ai plein ma besace.

J’ai un jour essayé d’avoir une place assise (ou une table comme on dit dans le jargon) dans une boîte de nuit bondée à M.

On était 5, moi et un pote de beuverie et 3 filles, deux célibataires et une en couple. Cette dernière était plutôt prompte à s’amuser avec d’autres filles plutôt que d’être fidèle au père de son enfant mais, ne jugeons pas, elle avait 22 ans. Pas simple de tenir en place à cet âge.

Donc nous étions dans cette boîte de nuit, plutôt petite en fin de compte. Un miroir immense placé derrière le DJ donnait une impression de grandeur mais il n’en était rien.

Les places assises dans une boîte de nuit sont un Graal, une vraie lutte, car après avoir dansé et surtout, après avoir bu tout son soûl, on a grandement besoin d’une banquette pour se reposer. Certain vomiront dessus, ça arrive.

Une table, c’est aussi important pour poser verres et bouteilles et allez danser sur la piste tranquillement.

Nous avions « réservé » une table à l’avance, mais quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que, étant arrivé un peu en « retard », nous nous vîmes refuser notre table.

Déjà, nous ne savions pas que nous avions une heure à laquelle nous devions être à notre table et que, si on arrivait en retard, la table était donnée aux premiers venues.

Étant déjà grandement dévergondé par l’alcool bu durant le before (before : avant d’aller en boîte de nuit, se réunir pour boire) et ayant dépensé 20 € pour juste rentrer, je fus déterminé à embobiner la serveuse, très belle, une brune avec des tatouages au bras, des habits en cuir moulant un corps très avantageux, pour essayer de reprendre possession de notre table.

Pour cela, je ne fis pas preuve de subtilité.

« -Excusez-moi, on avait une table mais on vient de nous dire qu’on ne nous la donnerait pas car nous étions en retard.

  • Oui et ?
  • Bah franchement, je trouve ça abusé. On voudrait prendre deux bouteilles en plus.
  • Vous voulez quoi ?
  • Une table !
  • Non ! Mais comme bouteille.
  • Ah ! Bah je sais pas si on va en prendre car nous n’avons aucune table !
  • Ce n’est pas moi qui fais les règles malheureusement. »

Bon, là, j’étais dans une impasse. Je ne faisais pas ça pour gagner les bonnes grâces d’une des deux demoiselles célibataires qui nous accompagnaient. Peut-être un petit peu. Si en faite, un petit peu.

J’allais jouer la carte du séducteur. Voyez-vous, certains hommes ont cette carte et la jouent très bien. Moi, je ne l’a joue pas vraiment, je me contente de rester « mystérieux » mais là, il allait falloir essayer de « séduire » une serveuse qui était déjà surmenée de travail et qui n’avait sûrement rien à foutre d’un jeune de 20 ans imberbe et loin d’être un Play-boy.

« -S’il vous plaît, regardez, on est 5, vous n’allez pas nous laisser debout toute la soirée ?

  • Je suis désolé, quand vous arrivez en retard on ne donne pas la table.
  • Mais on ne savait pas, regardez, je vais pas laisser ces demoiselles debout avec leurs talons toute la soirée !
  • Je ne peux rien y faire.
  • Un petit geste de votre part. Pour moi au moins.
  • J’aimerai vraiment mais je ne m’occupe pas de ça désolé. »

En faite, en guise de séduction, comme vous avez pu le lire, j’ai utilisé la pitié. Et cela n’a pas fais flancher la dame du tout.

Essayons la colère, une colère douce, enfin calme, je ne veux pas avoir de problème avec les videurs.

« -Sérieusement, pour quelques minutes de retard, on nous prends notre table ? On a téléphoné avant et nous allions même prendre deux bouteilles, c’est injuste !

  • Écoutez, je ne peux rien y faire, c’est comme ça !
  • Mettez-vous à notre place, avouez que c’est injuste !
  • Peut-être mais encore une fois, je ne peux rien faire pour vous à part vous servir. »

Donc là, il ne me reste que le bluff. Le bluff, ça passe ou ça casse. Et quand on est saoul, ça casse plus souvent que ça passe car nous manquons cruellement de crédibilité. Voyez ce que je produisis en guise de bluff :

« -Bon, je connais le patron, vous pouvez allez me le chercher ?

  • Comment ?
  • J’ai dis : je connais votre patron, allez le chercher et il me trouvera une table !
  • Ah ! Et c’est quoi son prénom ? »

Là, elle m’a eu avec une telle facilité que deux options s’offrent à moi. Abandonner ou tenter. Bien sûr je ne connais pas le patron, je ne sais même pas vraiment dans quelle boîte de nuit nous sommes, n’ayant fais que suivre les filles.

« -Merde, il est pote avec mon père, il collectionne les voitures anciennes comme votre boss… »

Là, j’ai utilisé mon expérience de fêtard, qui m’a appris que beaucoup de gérants de boîtes de nuit possèdent des voitures très coûteuses. Mon père ne collectionnait pas les voitures anciennes.

« -Et vous l’avez vu où ?

  • J’me rappel plus. Honnêtement je suis saoul mais on parlait voiture et il m’a dis un jour de passer dans sa boîte et que si j’avais besoin j’avais qu’à le demander.
  • Ah. C’est marrant car le patron ici est une patronne.
  • Son mari p’tetre !
  • M’étonnerai beaucoup car c’est une lesbienne. »

Tada ! Du bon bluff de merde !

Alcoolisé comme j’étais et énervé, je lui ai dis qu’elle faisait chier, on nous avait volé notre table, on n’allait pas dépenser d’argent pour une seule bouteille. J’allais continuer à insulter cette pauvre femme qui faisait juste son job si une des fille avec qui j’étais venus ne s’était pas interposée et me demanda de lâcher l’affaire. Ce que je fis.

En fin de compte, nous ne prîmes qu’une seule bouteille, que nous avons bu debout, comme des glands. J’ai essayé toute la soirée d’interpeller la serveuse pour m’excuser mais elle dédaigna ne serait-ce que me regarder.

En guise de consolation, un couple d’échangiste, un homme dans la quarantaine avec sa jeune copine de 20 ans tout au plus avec une pair de faux sein, me proposèrent un « plan à trois », que je refusais. Deux hommes pour une femme, ce n’était pas du tout mon truc. Et encore moins quand j’avais deux femmes que j’essayais de draguer à ma porté. Sur ce point aussi d’ailleurs j’ai échoué, mon jeu du « brun ténébreux » n’a pas tout le temps fonctionné.

Si vous avez lu jusqu’ici, je me demande bien ce que vous avez pu trouver d’intéressant dans cette histoire. Mais en tous cas, merci de m’avoir lu !

Jaskiers

Abercrombie Writing prompt 5 – Coup de stress

L’heure de cours de français était enfin finie, il nous restait encore une heure à tiré. Nous avions le droit à une petite pause.

Toute l’heure passée avait été dédiée à « L’assommoir » d’Emile Zola. Je n’avais pas lu entièrement le livre, que nous devions pourtant avoir lu pendant les vacances. Quelle panacée que cette lecture !

Je me rappelle l’avoir lu jusqu’à la moitié, un peu plus peut-être. Tous les soirs avant de me coucher, très tard, je lisais ce que je pouvais, et je n’aimais pas le livre. Bien que j’eus beaucoup apprécié « Germinal », « L’assommoir » était vraiment un… assommoir.

J’ai toujours eu un soucis avec les livres données à lire au lycée. Au collège et même en primaire, je me rappel avoir lu des ouvrages intéressants qui me marquent encore. Mais le lycée semblait vouloir vous dégoûter de la littérature. Et puis, je n’aimais pas ma prof. Je crois que c’est la seule prof de français que je n’ai pas aimé. Quelque chose ne passait pas avec elle. Je ne pouvais pas la voir en peinture, ses cours n’étaient pas forcément mauvais mais elle ne dégageait pas la passion qu’avaient eu mes autres professeurs. Elle avait sa façon à elle de faire son cours, ça plaisait ou ça ne plaisait pas. Moi, ça ne me plaisais pas.

Toujours est-il qu’en essayant de me lever de ma chaise pour sortir dans le couloir, la tirette (petit bout de métal pour ouvrir ou fermer la fermeture éclair) de mon jean s’est coincée entre les lattes de ma chaise.

Donc en me levant, la chaise était collée à mon fessier.

Autant dire que j’ai eu une sacré bouffée de chaleur. J’essayais d’enlever la tirette, mais impossible. Comment j’avais réussis à emmêler ce petit truc dans ma chaise ? Il fallait que je me presse un peu car les élèves sortaient de la classe, j’allais me retrouver seul, avec madame la prof de français.

Déjà, la honte et puis elle aurait l’occasion de parler avec moi. C’était le genre de professeur à étaler votre vie privée, très privée, devant la classe. Sans gênes aucunes !

Et puis mes copains qui m’attendaient à la sortie n’auraient pas manqué l’occasion de se payer ma tronche. Aucunes pitiés !

Je mis ma main sous la chaise, pressa la tirette, la remettant droite, qui libéra enfin mes fesses de la chaise.

Je croisait le regard curieux de la professeur. Non je n’étais pas resté pour vos beaux yeux.

Je sortis dans le couloir, c’était une petite pause de cinq voir dix minutes entre deux heures de cours.

Mes camarades remarquèrent que j’étais un peu bizarre. Je donnais l’excuse de la fatigue du cours sur ce foutu livre, que j’avais bien besoin d’une pause.

Les minutes passèrent rapidement. Nous rentrâmes dans la classe. Elle allait interroger un élève, au tableau, poser des questions, voir si il avait bien lu le livre et bien sûr, c’était noté.

Je détestais, j’exécrais, ce genre de chose. Comme vous sûrement, mais une peur panique m’envahissait à chaque fois que je devais faire ce genre de chose. J’ai toujours détesté l’oral à l’école. Et encore plus avec une prof qui n’allait pas hésiter à faire remarquer à toute la classe que j’avais l’air très stressé. Et surtout, à ce moment précis, je n’avais pas lu entièrement le livre, et j’étais tellement peu passionné par sa lecture que je n’y avais pas compris grand chose.

Après avoir annoncé ça, elle fit ce que tout professeur digne de ce nom fait ; balayer la classe du regard.

La règle dans ce genre de situation, ne pas croiser le regard de la prof. Le visage neutre. Tout le contraire de ce que j’ai fais.

J’entendis la sentence : Jaskiers, allez, au tableau !

Je ne réfléchis même pas. Je me lève et je sens la chaise se lever avec moi. Cette fichue tirette était encore accrochée à mon derrière !

Mon cœur manqua un battement, ou presque. Vous savez cette sensation que vous allez sacrément être humilié devant plus de 30 personnes ? Personnes que vous devez vous coltiner tout les jours en plus de ça.

Je me rassis rapidement, prétextant ranger un truc dans ma trousse. Mais comment vais-je enlever cette chaise accrochée à mon jean sans que personne ne le remarque.

Et puis, la providence intervint !

« – Madame, vous aviez dis la dernière fois que je pouvais faire l’interro oral pour le livre

– Ah mais oui Camille ! Comment on dit Jaskiers ? Sauvé par le gong ! »

Que Dieu et tout ses Saints soient loués ! Mon corps relâcha la tension extrême dans laquelle il était. Mon esprit se déconnecta du présent, occupé à enlever la tirette d’entre l’interstice entre les deux planches de la chaise. Ce qui fut fait en moins de deux, comme si j’étais habitué.

Je chéris ce moment, remercie encore après toutes ces années Camille, la seule personne qui semblait aimer se faire interroger devant toute une classe par une professeure sans tabous ni pitié.

Je n’ai toujours pas lu l’Assommoir.

Jaskiers

Voyage littéraire à New-York… un article échoué.

L’envie de voyager à New York m’a pris par surprise.

Il y a presque 1 an de ça, je voulais l’Alaska, la tranquillité, la nature, la beauté, le sauvage, l’animal, l’indomptable et rien d’autre.

Et voici que maintenant, c’est au tour de la Grosse Pomme de m’obséder.

Ce que je connais de New-York ? Malheureusement, mon premier souvenir est le 11 septembre. Il fallait que je le mentionne dans cet article. J’avais 7 ans et j’étais devant ma télévision, comme sûrement beaucoup d’entre-vous.

Puis-je parler de ma génération comme la génération des attentats sur les Tours Jumelles ?

J’ai vu en direct cette horreur, je pense que ma mémoire me fait défaut, et je ne veux pas vérifier sur internet, mais je crois me rappeler avoir vu le deuxième avion de ligne percuter la deuxième tour. En live.

Je me rappel avoir été confus. C’était à la télévision, ça avait quelques choses de… cinématique ? Je sais que ces propos peuvent choquer, mais je n’ai pas compris de suite ce qu’il s’est passé. Il a fallu l’intervention d’un proche, mon frère en l’occurrence, pour m’expliquer que c’était réel, que des gens étaient en train de mourrir, sous nos yeux.

Et comme n’importe quel gamin, j’ai demandé pourquoi ? Les morts, la mort, dans ma petite tête d’idiot, ça n’avait pas encore de sens, ou du moins peu.

Le terrorisme ? Encore moins. Aller expliquer à un gamin que des adultes tuent d’autres gens « juste » pour nous faire peur. Les enfants comprennent bien des choses, mais pas ça. Ce qui fait peur, c’est les monstres et les monstres ne ressemblent pas à des humains quand nous sommes enfants.

Le jour d’école qui a suivis, tous le monde parlaient des attentats. Nous confondions l’Amérique et l’Irak et l’Afghanistan, les méchants et les gentils.

Je me rappel qu’en classe, on nous avait distribué « Le Petit Quotidien » expliquant, du moins essayant d’expliquer ce qui s’était passé.

Le Petit Quotidien était un petit magazine en papier destiné aux enfants et qui était parfois distribué en classe, en tous cas dans mon école (publique je précise). C’était toujours un petit moment de joie de recevoir ce petit journal, c’était vraiment intéressant. Je ne me souviens plus par contre si, après l’avoir lu, j’avais mieux compris les « raisons » et les conséquences. Enfin si, les conséquences, à mon niveau, c’était l’arrivé de nouveaux mots dans mon vocabulaire : « Terrorisme », « U.S.A. », « Irak », « Armes de destructions massives », « détournement »,« plan vigipirate » ect…

Le plan vigipirate était quelque chose de concret pour moi. La première fois que je l’ai entendu, j’ai bien sûr, dans mon innocence, pensé aux pirates, aux corsaires, aux types barbus aux visages scarifié avec un perroquet sur l’épaule, un crochet à la place d’une main, une jambe de bois, sur leurs vaisseaux fait de bric et de brac avec un drapeau avec une tête de mort blanc sur fond noir (maintenant, un autre drapeau avec les mêmes couleurs et bien plus terrifiant qu’il existe vraiment essaie de faire régner la terreur…) flottant au sommet du mât, prêt à aborder n’importe quel autres bateaux.

Ma mère m’a expliqué, tant bien que mal ce que signifiait ce terme. J’ai vite compris, d’autant qu’il était plus facile de l’expliquer, et pour ma petite personne, de comprendre, quand il était devenu interdit de se garer devant l’école, des grilles venaient d’être placées devant mon école primaire avec sur chacune d’elles un triangle rouge marqué « plan Vigipirate ».

Et puis, nous pourrions en venir aussi à 2015. Là le choc a été terrible.

Ne nous méprenons pas, je n’ai perdu aucun proche, je n’ai pas été blessé, personne que je connais n’y était, ce soir là.

Quand j’ai vu l’âge des victimes, les lieux du massacres, je me suis dis que c’était ma génération que l’on attaquait. Certain(e)s victimes avaient mon âge. J’aurais très bien pu, si j’avais vécus à Paris, être avec eux.

J’allais dans des bars, des boites de nuits, avec mes ami(e)s dans ma petite bourgade de province. On c’était attaqué à mon identité et à ma liberté. Paris était certes loin mais le choc a résonné et a terriblement secoué la jeunesse française.

J’étais tellement en colère et triste à la fois. Même aujourd’hui. Je me sens pitoyable car je n’ai pas était une victime de ces attentats, comme je l’ai dis je n’ai perdu personne. Je n’ai pas été meurtri dans ma chair. Ma colère et ma douleur n’était (n’est ?) rien en comparaison des victimes de ces horreurs.

C’était une jeunesse insouciante qu’ils avaient massacrées. Une jeunesse qui veut changer le monde mais qui avait aussi besoin de s’amuser, de danser, d’aimer, d’être encore insouciante avant que le futur l’attrape et lui impose des responsabilités.

Ils ont souillé notre jeunesse dès le 11 septembre 2001.

Blâmez autant que vous voulez cette jeunesse, mais nous avons grandis dans, ou plutôt, à travers, cette terreur et maintenant, nous et les générations encore plus jeunes faisons les frais d’une pandémie qui fait de notre futur un futur plus sombre qu’il ne l’était avant l’arrivé du virus.

Ma génération a déjà vécu plusieurs temps, l’après et l’avant 11 septembre, après et avant les attaques sur Paris, l’après (y’en aura-t-il un ?) et l’avant coronavirus.

Ce qui devait être un article sur New-York c’est retrouvé être un article tout autre. Plus sombre. Je reviendrai parler de la ville qui ne dort jamais, de ce que je voulais vraiment écrire à propos de cette ville, c’est-à-dire voyager à New-York avec les livres.

Je voulais finir cet article en disant que je fais la différence entre religieux et terroristes. J’ai eu la chance de grandir avec des musulmans, des juifs, des chrétiens, des athées ect… J’en suis heureux car je me rappel de cette époque, enfant, ou la religion, ou la couleur de peau n’avait aucune valeurs à nos yeux. On jouait au foot, on s’amusait sans jamais, jamais, faire de différence. Il n’y a que les adultes pour faire de ces choses une excuse pour justifier leur propre mal-être. Il faut être un adulte pour se concentrer sur ces choses, il faut être névrosé, rester hermétique à tout changement et aux opinions des autres pour inculquer la haine.

L’adulte est un enfant qui croit que sa vie est dure à cause des autres. L’enfer, c’est les autres comme nous le disait Sartre. Freud nous dirait que c’est à cause de notre mère. Mais au final, moi, je dis que c’est l’ignorance, le fait de se croire supérieur, le fait d’avoir oublié que quand vous étiez gamin, la religion des autres vous importez peu, même pas du tout. Que le principal, c’était de chasser des dragons dans un donjon ou d’être une princesse parlant aux animaux. Ça vous l’avez oublié. Pourtant, relisez L’Iliade et l’Odyssey d’Homère, vous verrez que même adulte, vous serez transporter, retour aux sources de l’imagination, celle qui vous fait réaliser que le dragon que vous chevauchiez, que la princesse parlant avec les dauphins sont encore là. Laissez cette imagination, cette innocence reprendre du terrain sur la morbidité qu’est la vie d’adulte.

Pour finir, le terroriste n’est pas un religieux. Il viole la religion et l’utilise comme bouclier pour « justifier » ses agissements. Il ment et manipule, au nom d’une religion qui, elle, ne prône pas l’assassinat, la torture ni les massacres.

Restons solidaires et fraternels. Qu’importe la religion, restons ferme contre ceux qui pensent pouvoir nous diviser, nous monter les uns contre les autres, nous dires d’avoir peur de l’autre car il est différent. La différence n’est pas un mal mais un atout, c’est cliché mais nous pourrions au moins essayer.

La tolérance, ce que nous avons besoin pour rester unis.

Divide et impera disait Machiavel.

Ne nous laissons pas berner par la haine et la terreur. Nous avançons beaucoup plus, plus loin, ensemble.

À bientôt, j’espère, pour mon article sur New-York, ses écrivains et ses livres.

Jaskiers

Un été (pluvieux) avec Rimbaud et Tesson

Il y a maintenant pas mal d’années que j’ai lu Une saison en enfer et Illumination. La jeunesse faisant, je n’avais pas encore encaissé proprement Rimbaud. Je me rappel l’école et mes lectures personnelles de Rimbaud. Lectures personnelles dû aux faits qu’Arthur Rimbaud était (et reste) une des plus grandes influences de Bob Dylan.

C’est en achetant le livre de Tesson que j’ai réalisé qu’il me fallait peut-être relire Rimbaud avant. Pour cette fois le lire avec un état d’esprit différent.

Relire Rimbaud n’est sûrement pas une panacée durant un été qui a été pluvieux.

Les cahiers de Douai

Quatrième de couverture :

« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : Mais l’amour infini me montera dans l’âme […] »

À 16 ans, il rêve d’horizons lointains et de cieux infinis ; admire la nature et les jeunes filles dans la rue ; se révolte contre la guerre et s’émerveille devant la sensualité du monde. Son âme est vagabonde, son cœur, passionné ou indigné, son esprit, lyrique et toujours curieux. Lui, c’est le jeune Arthur Rimbaud, dont les premiers poèmes, déjà impressionnent, interpellent et rendent palpable l’exaltation de la jeunesse.

Les Cahiers de Douai est un ensemble de vingt-deux poèmes d’une étonnante intensité. S’y déploie une langue nouvelle qui s’émancipe de la poésie classique et, de fulgurances en ruptures, ouvre la voie à la modernité.

Rêvé pour l’hiver

A*** Elle

L’hiver nous irons dans un petit wagon rose

Avec des coussins bleus.

Nous serons bien. Un nid de baisers fou repose

Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,

Grimacer les ombres des soirs,

Ces monstruosités hargneuses, populace

De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu sentira la joue égratignée…

Un petit baiser, comme une folle araignée,

Te courra par le coup…

Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,

— Et nous prendrons du temps à trouver cette bête

— Qui voyage beaucoup…

En wagon, le 7 octobre [18]70

Poème d’Arthur Rimbaud du recueil Les Cahiers de Douai.

Une saison en enfer | Illuminations

Quatrième de couverture :

Le désordre somptueux d’une passion exotique, éclat d’un météore, selon Mallarmé ; un ange en exil aux yeux d’un bleu pâle inquiétant, pour Verlaine. Un « éveil génial », et c’est Le bateau ivre, une « puberté perverse et superbe », puis un jeune brièvement « ravagé par la littérature », le maître d’une « expression intense » aux sujets inouïs – tout cela dans un mince volume, dû au poète touché, puis déserté, par le génie, « aventure unique dans l’histoire de l’art ».

Petite précision utile pour un potentiel achat de votre part, ce recueil contient en fait un grand nombre de poème écrit par Rimbaud avant Une saison en enfer et Illuminations.

Oh ! la science ! On a tout repris. Pour le corp et pour l’âme, – le viatique,- on a la médecine et la philosophie, – les remèdes de bonnes femmes et les chansons populaires arrangés. Et les divertissements des princes et les jeux qu’ils interdisaient ! Géographie, cosmographie, mécanique, chimie !…

La science, la nouvelle noblesse ! Le progrès. Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ?

C’est la vision des nombres. Nous allons à l’Esprit. C’est très-certain, c’est oracle, ce que je dis. Je comprends, et ne sachant m’expliquer sans paroles païennes, je voudrais me taire.

Extrait de Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud

Promontoire

L’aube d’or et la soirée frissonnante trouvent notre brick en large en face de cette Villa et de ses dépendances, qui forment un promontoire aussi étendu que l’Épire et le Péloponnèse, ou que la grande île du Japon, ou que l’Arabie ! Des fanums qu’éclaire la rentrée des théories, d’immenses vues de la défense des côtes modernes ; des dunes illustrées de chaudes fleurs et de bacchanales ; de grands canaux de Carthage et des Embankments d’une Venise louche, de molles éruptions d’Etnas et des crevasses de fleurs et d’eau des glaciers, des lavoirs entourés de peupliers d’Allemagne ; des talus de parcs singuliers penchant des têtes d’arbres du Japon ; et les façades circulaires des « Royal » ou des « Grand » de Scarbro’ ou de Brooklyn ; et leurs railways flanquent, creusent, surplombent les dispositions dans cet Hôtel, choisies dans l’histoire des plus élégantes et des plus colossales constructions de l’Italie, de l’Amérique et de l’Asie, dont les fenêtres et les terrasses de présent pleines d’éclairages, de boissons et de brises riches, sont ouverts à l’esprit des voyageurs et des nobles – qui permettent, aux heures du jour, à toutes les tarentelles des côtes, – et même aux ritournelles des vallées illustres de l’art, de décorer merveilleusement les façades du Palais. Promontoire.

Poème en prose issue de Illuminations d’Arthur Rimbaud.

À ce stade de l’article, ayant relu ces deux ouvrages, ma « compréhension » ( oui entre parenthèse, interprétation serait peut-être le mot plus adéquate ) n’est pas la même que je m’étais faite il y a pas mal d’années.

J’ai beaucoup plus compris le besoin de liberté, de mouvement (coucou les « Assis »), de rébellion sans réel cause vraiment (à mon avis), la violence, la moquerie, l’humour, pas de folie (pour moi encore) mais une sorte de trance poétique pleine de force, juste l’envie et l’ambition d’écrire.

Ce côté où le poète se veut plus proche des désenchantés, des laissés pour compte, des affranchis, des « voyous ».

C’est aussi un amour de la nature, sans tomber dans le pathos romantique nian-nian qui colle à la peau de la poésie (quelque coups aux parnassiens ?). Un anti-cléricalisme plutôt violent pour l’époque donc, courageux. D’ailleurs certains poèmes sont violents, pas au point d’être gore ou sanglants, mais j’ai senti une rage, contenu grâce à son talent.

Dieux, déesses, nymphes, fées, anges. C’est la mythologie gréco-romaine autant que Nordique qu’il place dans des tableaux tantôt apocalyptique tantôt romantique, disons même, sensuel.

Le sexe. Sujet que j’ai trouvé souvent présent. Normal pour un jeune homme qui découvre la vie, Rimbaud a eu une vie mouvementée, choisie d’ailleurs. Et la sexualité souvent présente, dévoile aux lecteurs que oui, le sexe a fais parti de sa vie et avait une place importante. Rien de choquant aujourd’hui (je l’espère du moins) mais pour l’époque, peut-être était-ce un semblant de rébellion contre les dogmes religieux et politiques. Courageux là encore.

Aussi, Rimbaud, c’est la modernité, revendiquée ! Mélanger de l’anglais et du français, c’est risqué, osé, original. Les voyages, l’Orient et ses secrets.

Faisons une petite parenthèse américaine :

Je remarque que Bob Dylan a beaucoup copié la légende qui entoure Rimbaud. Bob Dylan avoue avoir menti aux médias, leur disant qu’il avait fuit son patelin perdu pour New-York en sautant dans un train de marchandise bien qu’en en faite, son père l’ai emmené. L’Original Vagabond n’est pas Robert Zimmerman chère Joan Baez, mais ce meteor enflammé qu’était Arthur Rimbaud.

Pour continuer un peu dans la culture américaine, la Beat Generation, Kerouac, Ginsberg, Burroughs se sont énormément inspirés (sans vraiment l’admettre) de Rimbaud et de son écriture du mouvement. Écriture du mouvement qui est la base de la Beat Generation. Après tout, Kerouac avait des origines françaises, bretonne plus précisément.

Un peu moins d’un siècle après la mort de Rimbaud, la Beat Generation émerge, inspiré du jeune français, puis les hippies. Une influence puissante qui a traversé les âges et l’Atlantique.

Une partie du mythe Rimbaud semble venir des très très nombreuses interprétations venant de tout bord. Des personnes qui cherchent impérativement à savoir ce que voulait dire tel ou tel vers, tel mot, tel nom. Certaines de ces interprétations n’ont aucun sens. L’impression que tout le monde a la réponse à ce que Rimbaud écrivait. Le pire, reste ceux qui imposent leurs vues. C’est un imbroglio incroyable, une toile de théories aussi folles et colorées que peut l’être un poème de Rimbaud. Au final, c’est de l’art, c’est subjectif. Restons-en à notre propre ressenti. Cherchez plus loin ne mènera nul part. Les mots de Rimbaud ne sont pas Le code de Vinci, les seuls secrets qui s’y cachent sont sûrement les nôtres. Magie de Rimbaud ?

Je pense que la poésie, c’est comme la peinture, chacun à ses interprétations, ses sensations, ses ressentis. C’est personnel, ça vient de vous, de quelque chose d’intime. Pas besoin, je pense, de replacer ses poèmes sur sa biographie. Un contexte aide peut-être, mais, de mon point de vue, l’essence même de la poésie est de toucher et de créer quelque chose en nous, pas de se demander dans quelles conditions et états ont été écris les vers, ce qu’ils signifient.

Laisser sa poésie vous donner ce qu’il vous donne sans trop vous êtres influencé par l’interprétation souvent prétentieuse et/ou poussives des autres.

J’ai seul la clef de cette parade sauvage Arthur Rimbaud

Un été avec Rimbaud de Sylvain Tesson

Quatrième de couverture :

« Esclaves, ne maudissons pas la vie. »

Lire Arthur Rimbaud vous condamne un jour à partir sur les chemins.

Chez le poète des Illuminations et d’Une saison en enfer, la vie s’organise dans le mouvement.

Il s’échappe hors de l’Ardenne, cavale dans la nuit parisienne, court après l’amour en Belgique, se promène à Londres, puis s’aventure à mort sur les pistes d’Afrique.

La poésie est le mouvement des choses. Rimbaud se déplace sans répit, changeant de point de vue. Son projet : transformer le monde par des mots.

Ses poèmes sont des projectiles, des bouquets de feu : cent cinquante ans plus tard, ils nous atteignent encore.

Au temps où le monde est paralysé par un virus chinois, Sylvain Tesson s’est échappé une saison avec Arthur Rimbaud.

La littérature, meilleur antidote à l’ennui.

Un été avec Rimbaud est à l’origine une série d’émissions diffusées pendant l’été 2020 sur France Inter.

« J’ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. »

« Je suis maître en fantasmagories. »

« Je suis un inventeur bien plus méritant que tous ceux qui m’ont précédé ; un musicien même, qui ai trouvé quelque chose comme la clef de l’amour. »

« Je vais acheter un cheval, et m’en aller. »

« Mais, à présent, je suis condamné à errer. »

Tesson est moderne, tournant les poèmes de Rimbaud à notre époque actuelle.

Laissez moi vous parler un peu d’une chose différente inspirée du livre de Tesson : – Dans True Détective saison 1, le très névrosé détective Rust Cohle dine avec une potentiel futur petite amie, il lui parle de la synesthésie. Une théorie qui veut que chaque sensation ressenti par nos sens (touché, odorat…) sois « décuplée » et que ces sensations amènent des sortes de « visions ». Tesson émet l’hypothèse que le jeune Voyant « souffrait », peut-être, de cette mystérieuse condition. Encore une petite allusion à True Detective, si vous êtes encore là bien sûr :

Extrait : Malheur du soleil : il éclaire tous les hommes. Chacun se pense alors le récipiendaire privilégié de la lumière : « Le soleil s’adresse à moi ! La preuve : mon ombre tourne autour de moi seul ! »

Les amateurs de True Detective saison 1 comprendrons sûrement.

De Rimbaud, en passant par Tesson à True Detective. Suis-je fou ? Qui ne l’est pas, même un peu ? Si vous le pensez, lisez la suite, vous découvrirez que je suis aussi stupide. Mais « Je » est un autre, et je ne le contrôle pas… enfin pas tou le temps !

Maintenant encore un domaine surprenant que les réflexions Tesson et la prose de Rimbaud m’ont apporté, accrochez-vous pour les plus vieux (je déconne !) : Dans un jeu vidéo appelé Metal Gear Solid, un mystérieux virus (aïe…) attaque les personnes parlant une certaine langue. Cela mène à une réflexion importante sur le language. Selon Tesson (ou en faite est-ce une théorie acceptée depuis longtemps et prouvée) Rimbaud avait l’ambition de réinventer la langue, le Verbe. « Au commencement était le Verbe » ainsi commence la Bible non ? Pour Burroughs de la Beat Generation, le Verbe est un virus. Rien n’existe sans le verbe, le mot. Nous sommes de verbes et de mots (maux ?), nous existons non ? Si « je » est un autre comme l’a écris Rimbaud et que Socrate nous dit : « Connais-toi toi-même » nous sommes donc loin de savoir qui nous sommes vraiment, un mot, un inconnu habite en notre esprit. Et qui vous dis que cet inconnu est seul ? Notre esprit, une poupée russe, une mise en abîme peut-être perpétuelle, un monde dans un monde dans un monde… Inception ? Je tire mon argument par des cheveux mais autant assumer et le poser là.

Et si on parlait de Kurt Cobain ? Vous êtes sur mon blog après tout, si je peux le placer, je le fais !

Lui qui disait que ses paroles n’avaient pas forcément de sens, est-ce que les vers de Rimbaud en avaient ?

Extrait : Les mots peuvent-ils se passer de contenter de produire leur musique propre ? Est-ce un crime de ne pas assigner au verbe le soin d’énoncer une pensée ? Une cacophonie est-elle un language ?

On ne peut parler de Tesson ni de Rimbaud sans parler du mouvement. J’ai toujours cette très importante citation de Martin Luther King qui m’accompagne : Volez ! Si vous ne pouvez pas voler, courrez ! Si vous ne pouvez pas courir, marchez ! Si vous ne pouvez pas marcher, rampez ! Il faut toujours être en mouvement !

Et cet extrait du livre maintenant : Un homme qui s’arrête risque la pire des choses : le face-à-face avec lui même ! Marcher, c’est se tourner le dos.

Il est impressionnant de voir à de quelle manière Tesson a remis en question l’œuvre de Rimbaud, qui m’amène à trouver la présence d’un gamin poète dans la nouvelle culture populaire de notre temps dont ma génération et celle plus jeunes qui arrivent baignent.

En conclusion, le livre est plus une biographie succincte sur Rimbaud, Tesson y expose sa vision à lui du poète et essaie de « vulgariser » un l’œuvre de Rimbaud, de la démystifier un tantinet car même un Tesson ne peut résoudre l’énigme Rimbaud. Mais que de réflexions et d’inspiration que Tesson écrivant sur Rimbaud. Ajouter à cela l’actualité (la Covid-19) et Sylvain Tesson étale son immense talent à coup de plume aussi lumineuse et puissante que peut l’être un vers de Rimbaud.

Le livre est excellent. Vraiment.

Extraits :

Les lieux sculptent les hommes […]

Tout va vite, le génie est une traînée de poudre.

Les vers de Rimbaud sont rares mais ont électrocuté le Verbe. Pour les lettres, ils marquent un moment entre « le monde d’avant » et « le monde d’après », comme on dit aujourd’hui dans le grand hospice occidental. Rimbaud est le virus du Verbe.

La présence de Rimbaud est dans ses poèmes. Si on veut le rencontrer, il vaut mieux ouvrir Une saison en enfer que prendre un billet d’avion à destination d’Aden.

Le génie monstrueux de Rimbaud est une monstruosité de précocité.

Pourquoi un garçon [Rimbaud] de seize ans qui n’a jamais navigué décrit-il mieux la mer qu’un Tabarly des quarantièmes rugissants ?

La vie de Rimbaud est l’histoire d’un manquement. Il y avait une voix, elle a raté son oreille, comprendre les lecteurs.

Arthur n’est pas une machine Enigma, messieurs les casseurs de code !

Les poètes ne sont pas des militants, ni les rayonnages des librairies des trottoirs de racolage.

Rimbaud est un barbare. Son but : détruire l’ordre classique et, sur les ruines du temple, bâtir du nouveau. « Je tiens le système », écrit-il.

L’homme, c’est le Verbe. Changer la langue, c’est le repenser. Les derniers a s’être souvenus de ce secret sont les laborantins de la Silicon Valley. En créant leur infra-language binaire et globalo-mercantile, ils préparent, conditionnent et domestiquent le nouvel homme connecté, c’est-à-dire corvéable.

Le monde demeurera inerte si le poète ne le féconde pas de son regard.

Et si les choses n’existaient qu’en vertu du fait d’avoir été nommées ? Le Verbe ne se contente pas de désigner le monde. Il en est le créateur.

Le mouvement procure l’idée et pourvoit aux images.

C’est donc la fin d’une semaine (pour moi) dans l’univers rimbauldien. J’ai voyagé dans des univers accessibles à personne grâce aux poèmes du jeune Voyant. J’ai appris des choses que je ne pensais pas emmagasiner. C’était une aventure au-delà de moi-même, mais si « Je » est vraiment un autre, j’ai d’autres aventures qui m’attendent à chaque fois que je lirai un poème d’Arthur Rimbaud.

P.S. : cet article a été écrit durant l’été, j’espère ne pas vous avoir porter à confusion en ne mentionnant ce fait qu’à la fin.

Jaskiers

Le serment de Kolvillàg par Elie Wiesel

Quatrième de couverture :

Un jeune homme veut se tuer ; il a vingt ans ; il est Juif. Le vieillard qu’il rencontre l’après-midi de ce qu’il croit devoir être son dernier jour, est juif ; il a quatre fois vingt ans ; il est le seul survivant de Kolvillàg.

Cette petite ville d’Europe centrale ne figure sur aucune carte, dans aucun manuel d’histoire. Elle n’existe plus que dans la mémoire du vieillard ; et dans un livre dont il est dépositaire. Lié par un serment, il assure ne pouvoir en parler. Pourtant il en parlera : « Si je te racontais Kolvillàg ?… Il y a là une leçon dont tu pourrais tirer profit. Kolvillàg : la haine contagieuse, le mal libéré. Les conséquences graves d’un épisode banal et insensé… Brisant les chaînes, l’Ange exterminateur a fait de tout les hommes ses victimes… »

C’est l’histoire d’un pogrom. Histoire absurde à l’origine ; angoissante dans la progression de l’inévitable ; hallucinante par l’Apocalypse finale qui n’épargne pas plus les massacreurs que les massacrés. C’est aussi la peinture d’une communauté juive, avec ses figures pittoresques ou émouvante dominées par celle du hassid Moshe, « le fou ».

C’est enfin l’illustration entre toutes pathétique d’un thème obsédant Elie Wiesel : la fidélité aux morts devenant raison de vivre : « Ayant reçu cette histoire, tu n’as plus le droit de mourrir », dit le vieillard au jeune homme.

C’est impossible, ou presque, de mettre des mots sur ce roman. J’essaye de tourner cette expérience de lecture en article mais je doute que cela soit possible tellement l’expérience était puissante.

Nous connaissons, sûrement, tous le livre La Nuit d’Elie Wiesel. Ouvrage qui avec celui de Primo Levi, Si c’est un homme, ont marqués la littérature concentrationnaire de manière indélébile.

Bien que Le serment de Kolvillàg ne soit pas sur l’univers concentrationnaire, du moins pas entièrement, il traite avec une force, une plume et une philosophie incroyable l’antisémitisme. Le martyre du peuple Juif, spécialement durant le XXe siècle. Il est, de mon point de vue, aussi important que les deux premier ouvrages cités dans ce paragraphe. Une plongée dans l’épouvante d’un pogrom dans un petit village de l’Est européen.

Le livre m’a touché, directement. Parlant de suicide dès la première page (Wiesel voulait-il exorciser le suicide de son ami Primo Levi avec se livre ?), avec une rencontre entre un jeune homme suicidaire et un vieillard, près à lui dévoiler son plus grand secret pour lui sauver la vie.

Le récit est rempli de passage sur la culture Juive, sur les traditions, la vie, des hommes et des femmes qui ont tous une personnalités marquantes et une histoire personnelle. On plonge dans le doute, l’enfer que vie cette communauté innocente tout en étant plongé dans l’immensité et la magnifique culture juive. L’horreur inconsciente opposée à l’immense histoire du peuple Juif.

Ce pogrome se déroule avant la Seconde Guerre Mondiale, avant la Shoah. Un terrifiant rappel du martyr que vivait le peuple Juif avant l’Holocauste.

Bien sur, j’avais sélectionné des passages à partager avec vous. Mais je ne pourrai pas faire justice au livre avec juste des passages. Il faut le lire en entier pour le comprendre. Un extrait ne serait pas assez.

Un livre qui étonnamment ne semble pas avoir marqué beaucoup d’esprits, dans le monde littéraire du moins. Pourtant je pense que sa lecture est importante, aussi importante que la lecture de La Nuit. Pour quelle raison ce livre est-il passé inaperçu ? Pourquoi personne n’en a parlé ? Ou bien est-ce moi qui manque de culture ce qui n’est pas impossible, loin de là.

Dans ces temps difficiles ou l’antisémitismes revient au premier plan, une œuvre comme celle-ci serait la bienvenue. La remettre sur les étagères des librairies et bibliothèques. Une force en émane. Celle de l’horreur, de l’horrible stupidité que l’être humain est capable de commettre et mettre en œuvre sans pitié aucune. Mais aussi de l’espoir, de la jeunesse, du combat contre l’oublie et pour la vie et pour la conservation d’une culture juive martyrisée mais millénaire. Ce livre est une preuve et une épreuve. Avec comme point d’orgue : témoigner peut sauver.

Lisez le et parlez en à votre entourage. Car cet ouvrage est important, beau, triste, même poétique, en lisant entre les lignes, pleins d’espoirs et de leçons pour les générations futurs.

Jaskiers

Kurt Cobain écrivain ?

Interviewer : Tu mentionne la lecture. Appartiens-tu à cette nouvelle génération de groupes hardcore intellos qui s’inspirent de bouquin ?

Kurt Cobain : Je lisais beaucoup plus que maintenant. Certains livres m’ont marqué, mais je me base sur mes propres expériences, sur des histoires qui me sont arrivés ou que j’invente. Je me considère plutôt comme un écrivain – à ma manière et à mon échelle – au service de la musique.

-Interview par Renaud Montfourny fin 1991-

Source : Les Inrockuptibles : special Neverminds – Juin 2021 –

William Burroughs et Kurt Cobain

Est-si Kurt Cobain avait arrêté le rock pour l’écriture ?

D’un point de vue purement personnel, j’aurai pu le voir devenir un écrivain.

Il tenait un journal depuis très jeune, écrivait les paroles de ses chansons, idolâtrait le monument de la Beat Generation William Burroughs et était un avide lecteur.

Son journal intime, du moins une petite partie publiée, montre un certain talent et surtout beaucoup de chose à exprimer. Krist Novoselic dit dans le documentaire dédié à Kurt, Montage of Heck, que Cobain avait un incessant besoin de s’exprimer par l’art. L’écriture aurait pu être un excellent moyen pour Kurt de s’exprimer et de marquer encore plus de son empreinte sa génération sans s’exposer à la vie frénétique et usante de rockstar.

Dans sa lettre de suicide, il mentionne que performer sur scène ne lui procurait plus la sensation qu’il aimait tant. La musique, du moins performer sur scène, semblait avoir quitter son horizon artistique et ne plus contenter son besoin de s’exprimer.

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec Jim Morrison. Morrison est mort à Paris, mais que faisait-il dans la ville lumière , allait-il continuer la musique ?

Dans une de ses dernières interview, Jim mentionnait que faire du rock à 27 ans, c’était déjà trop vieux. Il semblait vouloir passer à autre chose. Il était un grand poète, son projet était, selon certains et aux vues des preuves réunies, qu’il voulait devenir écrivain.

Dans la ville lumière, ce n’était pas gagné. D’autant que les Doors n’était pas encore vraiment connus à cette époque en Europe. Ce n’était point la même époque qu’aujourd’hui où grâce à Internet, l’information circule à une vitesse ahurissante. Sa notoriété était à construire.

Accompagné de sa grande amie et cinéaste française Agnès Varda, l’objectif du frontman de The Doors était d’écrire, des poèmes et des romans. Entamer (ou continuer ?) un projet artistique qui semblait lui convenir parfaitement.

Jim Morrison et Agnès Varda

Malheureusement, nous savons comment la jeune vie de Jim a terminé.

Je trouve, comme écrit plus haut, des similitudes entre ces deux monstres de la musique américaine. Leurs vies, leurs démons, leurs arts, leurs personnalités semblent converger.

J’ai trouvé ce petit bout d’interview très intéressant dans Les Inrockuptibles spécial Nevermind. J’ai eu envie de le partagez et d’en parler un peu.

Kurt et son journal

Le lien est fait, deux poètes, deux amoureux de littérature (la chambre de Jim Morrison à Los Angeles était remplie de livres à tel point qu’on ne pouvait y circuler convenablement.)

Je suis persuadé que Kurt et Jim auraient pu produire des livres intéressants. Donnant aux lecteurs une dose de génie créatif, chacun à leurs manières. Apporter une nouveauté dans le monde littéraire américain voir mondial. Ils auraient apporté leur propre style et marquer de leur talent le monde littéraire américain. Du moins l’auraient-ils secoué !

Photo-montage trouvé sur Pinterest.

N’oublions pas qu’un certain Bob Dylan a remporté le prix Nobel de littérature !

Dylan, musicien et poète s’est avéré être un excellent écrivain, voir son autobiographie Chronique Volume I.

On ne peut que supposé les talents d’écrivain potentiel d’un Cobain. Je n’en doute pas personnellement.

Malheureusement, il n’y aura aucune réponse à cette question. Ou comme le chante Bob Dylan :

Jaskiers