La mare (inspiré de « Circé » par Madeline Miller)

Le plongeons avait été exécuté avec style et finesse et même une certaine élégance. Du moins Seid espérait que Helia l’ai considérée ainsi.

Il remonta à la surface, rejeta sa tête en arrière pour enlever les cheveux collés devant ses yeux.

« – Elle est bonne ? Lui demanda Anxion.

  • Ça peut aller ! Allez venez !
  • Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, dit Helia.
  • Mais arrête de t’inquiéter et viens !
  • On dit des choses bizarres sur cet endroit.
  • Mais non, regarde, c’est une étendu d’eau au milieu d’une forêt, tout simplement !
  • Mais ces histoires de sorcières…
  • Des trucs de bonnes femmes allez ! Ai confiance en moi. »

Seid essayait de gagner des points, il lui avait montré son courage en plongeant dans la mystérieuse petite étendue d’eau et maintenant, il essayait de lui montrer qu’elle pouvait lui faire confiance.

« – Tu viens Anxion ?

  • Je sais pas trop, moi aussi ça me fais flipper.
  • Une histoire de sorcière ? Sérieusement ? Vous vous croyez dans Blair Witch Project ?
  • Non… mais là c’est vrai, tout ces accidents dans cette forêt dont on entend parler depuis tout petit.
  • C’est parce que y’a beaucoup de monde qui vient, c’est proportionnel, plus il y a de personne, plus le nombre d’accident est important.
  • Ouai mais on parle de suicides, de cris la nuit, de personne disparues sans laisser de traces. Les flics viennent ici à cause de ces trucs. Genre y’a eu des enquêtes Seid », rétorqua Helia.

Seid nagea jusqu’à avoir pied, il se redressa et cria :

« – Hey sorcière de mes deux ! Jettes moi un sort vas-y !

  • Ouai, essaie de lui donner un cerveau ! éructa Anxion.
  • Arrêtez vos conneries ! Je crois que je vais y aller. Vous avez pas l’impression qu’on nous observe ?
  • Et la sorcière, ça vas, tu te rinces bien l’œil ?
  • Putain Seid y’a un truc sur tes épaules ! »

Aux mots de Helia, Seid tourna la tête et regarda ses épaules. Il passa sa mains sur ce qui semblait être une algue qui s’était collée sur sa peau. Il sentit à la place une croûte sèche et dure, marron, qui gonflée à vue d’œil.

« -Ça doit être une allergie, l’eau est degueulasse ! » Remarqua Anxion. 

Seid regarda son autre épaule, la même croûte gonflée. Il passa sa main dessus est frotta. C’était comme frotter une pierre, rien ne s’enlever.

« -Putain c’est quoi ce bordel !

  • J’vous l’avez dis putain, dit Helia.
  • J’arrive pas à enlever ce putain de truc !
  • Mec regarda à tes cuisse ! fit remarquer Anxion. Ta peau devient verte !
  • Mais c’est quoi se bordel putain ! »

Seid sortit de l’eau, fouilla dans les poches de son jean, y sortit son cran d’arrêt.

« -Qu’est-ce que tu fou Seid.

  • C’est accroché à moi, j’vais l’enlever !
  • Fais pas ça, dit Helia en pleurant.
  • C’est rien, c’est Jooooooollste. »

Ils se regardèrent tout les trois, les mots qui sortaient de la bouche de Seid n’était plus que des sons rauques.

« -Goooooooooooooak.

  • Arrête tes conneries Seid ! Regardes tu fais paniquer Helia !
  • Bwwwoooooooooog. »

Les croûtes ne grossissaient plus mais s’étendaient sur le long de ses bras et de ses jambes. Ses yeux devenaient jaunes.

Seid tendit son couteau à Anxion et par gestes, lui fit comprendre d’essayer d’enlever les croûtes avec le canif.

D’une main tremblante et en gardant une certaine distance, Anxion prit le couteau et l’enfonça entre la peau et une des croûtes. Il enfonça la lame.

« -Weeepooooot

  • Putain de merde ! Tu saigne vert mec ! »

Seid regarda son bras ensanglanté d’une substance verdâtre.

« -Gwak gwak gwak ! »

Ses genoux se plièrent brutalement, les cuisses écartées. Les croûtes prenaient des teintures verdâtres, tachetées de formes noirs.
Sa tête semblait s’aplatir et sous son menton, sa gorge gonfla. Ses doigts tombèrent en lambeaux, remplacer par de la peau. Ses côtes émirent un bruit terrible de craquement, comme si quelqu’un avait sauté sur un tas de branches sèches.

Il se pencha en avant, son dos s’arrondissant. De sa bouche, qui était maintenant étirée d’une oreille à l’autre, sortait des sons rauques et des gémissements de ce qui semblait être des cris de douleurs.

Helia et Anxion partirent en courant.

Les membres de Seid rétrécirent, son corps entier était remplis d’une peau gluante, verdâtre. Il faisait maintenant la taille d’un cailloux.

« -Croak! »

Circé ramassa le crapaud, et lui posa un baiser entre les yeux.

« – J’ai entendu dire que dans une de vos légendes que si on embrassait un crapaud, il se transformerait en prince charmant. Et bien moi, j’ai fais l’inverse ! »

Jaskiers

La dernière once d’humanité d’Achille (inspiré par « Le chant d’Achille » de Madeline Miller)

Achille traine le cadavre d’Hector par son casque. Le corps sans vie laisse un sillon sanglant derrière lui. La foule qui, à l’instant était emplie d’une violence terrible, s’est arrêtée de combattre. Silencieux, troyens comme grecs regardent Achille ramener Hector en direction du camp achéen. Personne ne bouge, personne ne respire.

« – Que les aèdes ouvrent grand leurs oreilles ! Vous poètes, tous des menteurs ! Chantez ma gloire si cela plait aux dieux, moi je n’en ai cure. Mais ne chantez pas la beauté de ce drame, ne chantez pas mon histoire, si vous le faites, dites la vérité !

Non, mon visage n’est pas beau à voir. Regardé ma barbe qui goutte de sang et de sueur !

Regarder mon casque, mon bouclier, il étincelle parce qu’il m’a été donné par Ephaïstos le Boiteux, par un de ces dieux, lâches, belliqueux et manipulateurs ! Ils m’ont donné des outils pour mener à bien mon projet, qui était aussi le leur, détruire, anéantir !

Oui je sais que vous m’entendez. Zeus Fils de Cronos, ma mère, la Néréide, sale chien, tu l’as trahis. Et tu as eu peur de moi ! Je le sais, je suis plus fort que toi, je devais être plus fort que toi mais tu as été un lâche ! Qu’une vie éternelle doit être épuisante ! J’attends que la mort me libère, et toi, je te le dis, jamais tu ne vivras en paix avec toi même. Une éternité de tourments ! Si je ne peux pas te battre dans ce monde, je ferai en sorte de hanter tes songes ! Je serai aussi terribles dans tes pensées que je ne le suis sur le champ de bataille, pire même !

Aèdes, ne chantez pas mon nom, je ne suis qu’un tueur. Je n’ai aucune pitié, aucune peine à ôter la vie ! Aucun remord ! Regarder mon visage ! »

Le Péléide enlève son casque, un éclair tombe sur Troie.

« -Voyez ! Ma jeunesse, dans ces rides sur mon front, la voyez-vous ? Et mes cernes, mes yeux verts cernés de rouge, est-ce cela que vous chanterez ? Et c’est bouts de cervelles dans ma barbe ? Et mes mains ? Regardez mes mains ! Calleuses, usées, elles ont massacrée ! Des fils, des frères, des maris, des oncles, des pères, des amants, des jeunes, des vieux, des princes et des rois ! Regardez !
Voilà ce que voulez les dieux ! »

Il prend le cadavre du fils aîné de Priam dans ses bras.

« – Et lui, tout pareil que moi. Etait-il comme je l’étais durant mon enfance ? Oh Chiron, comme j’aurai aimé rester près de toi avec mon Patrocle. Dans cette grotte, à apprendre de ta sagesse, à écouter tes histoires avec notre Patrocle ! Philtatos ! Comme nous étions innocents et beaux ! Il a fallu qu’un des divins olympiens éveillent en moi l’hubris. Cet hubris est la lie de notre âme, mortels !

Non aèdes, si notre destiné est guidée par les Parques, cette vie ici, n’a aucun sens ! Je ne suis pas un jouet ! J’aimerai oh Seigneur Porteur du tonnerre et de la foudre, que vous m’ameniez Apollon le Flamboyant, l’un des plus cruel, plus qu’Arés qui lui au moins revendique sa soif de sang humain ! Apollon l’Archer céleste, ce lâche, manipulateur, qu’il vienne, tout immortel qu’il est, je veux blesser son égo, qu’il me tue, mais pas avant qu’Aristos Achaion ne fracasse à jamais sa gloire !

Chantez aèdes, la cruauté des dieux, leurs folies car elle est la notre aussi !

Pâris le lâche devait mourrir des mains de Ménélas, mais ce bellâtre, l’élu d’Appolon le Miséricordieux (car maintenant il est le sauveur des lâches), s’est enfuit. Encore ! Par qui a-t-il été sauvé ? Vous le savez autant que moi. Et combien de morts inutiles depuis ?

Hector, tu ne m’avais rien fais. Rien ! Jusqu’à ce que ta maudite main m’êtes fin à la vie de ma moitié. Si j’ai évité la confrontation avec toi, c’était car tu ne m’avais fais aucun mal ! Parce qu’une prophétie clamait que je perdrai ma vie si j’ôtai la tienne. Maintenant voici chose faite ! Nous savons maintenant qui est le plus fort sur ce sol, dans ce monde. Le plus fort ici-bas. Mais dites moi, à quoi cela nous avance-t-il ? Peut-on ramener les morts à la vie ? Non ! Il n’y a que ces lâches en haut de la montagne sacrée pour s’autoriser cela ! »

Il relâche la dépouille d’Hector, lui perce les chevilles. Aucun sang, ou presque, ne s’échappe du cadavre, son cœur a arrêté de battre depuis quelques temps maintenant. Achille passe à travers les plaies nouvellement infligées au fils aîné de Priam, une corde épaisse. Il l’a noue sur l’attelage de son char et monte sur ce dernier. Il arrache les rênes des mains d’Automedon et d’un crie bref et rauque, Xhante et Balios se mirent au galop, leurs sabots semblent ne jamais toucher le sol d’Ilion tellement sont prompts les chevaux divins de son père Pélée.

Le cadavre d’Hector le dernier brave Troyen traîne derrière le char, sa tête percute les gravats, les pierres et les vestiges laissés par près de dix années de guerre. Le sang s’arrache doucement de sa peau, laissant des traînées disparates et noires dans le sillon de la course folle d’Achille. À la surprise de tous, il fait demi-tour et fonce tout droit vers la cité de Priam. Personne ne bouge, tétanisés par l’extrême cruauté du prince de Phtie.

Arrivé devant les immenses portes Scées protégeant la cité troyenne, il crie :

«- Priam, voici ton fils, Andromaque, ton mari ! Voyez ce qu’il va subir ! Si l’un de vos aèdes survit, car nous détruirons votre cité, qu’il chante quel a été le sort cruel du grand Hector défenseur de Troie que lui a infligé Achille le Tueur d’homme. »

À ces mots, Achille fait le tour de la cité, lâchant des cris inhumains et terrifiants. Des cris et des pleurs retentissent depuis les hauteurs des remparts de la ville fondée par Dardanos.

Après trois tour de la cité, il s’arrête à nouveau devant les imposantes portes et crie :

« – Voyez votre Hector, il en sera ainsi jusqu’à ce que son corps perde sa peau, et j’accrocherai ses os et son crâne sur mon char. Chantez le cruel Achille qui naquit paisiblement à Larissa, élevé à l’art de la musique, la médecine, le chasse et la guerre dans la grotte du sage Chiron, avec son Patrocle. Son sang, ses os, sa chair et son agonie, sont vengés par le terrible sort qu’il inflige au grand Hector ! Astyanax, regarde ton père, dans la défaite ! Tu es son sang, et je me ferai un plaisir de t’égorger sous les yeux de ta mère ! »

Il repart en direction du champ de bataille, toujours calme. Les membres sont las, les esprits confus et terrorisés par le comportement cruel et brutal du péléide.

Achille traverse cette foule qui ne manque pas de s’écarter promptement sur son passage.

Il passe le mur affaissé des achéen, se dirige vers sa tente, l’ouvre et crit à Briséis de sortir.

Elle lâche le corps sans vie de Patrocle qui reposait sous des couvertures, passe devant Achille en soutenant son regard. Il sent sa douleur, mais sent-elle la sienne ?

« – Chienne ! Dégages ! Dégages avant que je ne t’égorge. Ceci, la mort de mon Patrocle, c’est ta faute, et non la mienne !

– Regardes toi Achille, tu me blâme aujourd’hui car ton esprit est embrumé par la fureur, tu réalisera que c’est ton ego qui l’a mené à sa chute. »

Achille lève son menton et frappe la jeune captive troyenne du revers de sa main droite.

Elle redresse la tête, l’œil droit tuméfié. Puis sort.

« – Patrocle, regardes ce que je t’amène ! »

Achille sort de la tente, défait le noeud de son char et traîne Hector jusqu’à l’intérieur.

« – Regarde ! Ton… notre honneur est sauf ! Regarde, celui qui tue par derrière n’est plus rien. »

Il sentit une présence, puis une voix :

« – Regarde toi Achille !

– Chiron c’est toi ? Regarde ce qu’ils ont fais à mon Patrocle. Je me devais de sauver notre honneur !

– Honneur ? Quel honneur ? Regardes toi plutôt, tu parle à deux cadavres dans ta tente. Ta vengeance est misérable, indigne de mon enseignement. J’ai honte de toi, tu es fou. Je savais que tu partais pour ne plus jamais revenir, tu as choisis la gloire en échange d’une courte vie mais je pensais que tu mourrais dignement, mais ce que je vois en face de moi n’est plus humain, ce n’est plus qu’une enveloppe charnelle vidée de son âme. Tu es déjà mort à mes yeux Achille. Ton corps périra peut-être sur le champ de bataille, mais ton âme, ton humanité t’ont déjà quittées à jamais. Si Patrocle pouvait te parler, il te dirait qu’il aurait honte de toi Achille. Mais va, torture le vieux Priam. Finis ce que tu as commencé, mais le Tartare t’attends. Ta déesse de mère ne peut plus rien faire pour toi. Je serai toi, je me jetterai sur ma propre lame pour garder un peu d’honneur. Honte à toi !

– La ferme sale bête ! Tu n’es qu’un vieux ! Tu n’es plus rien toi ! Regardes mes richesses, regardes ma gloire, regardes comment tous les autres m’admirent ou me craignent ! Je suis Aristos Achaion !

– Les autres ? Tu t’enquiert des autres ? Et que penserait Patrocle ? Tu ne pense déjà plus à lui, il te manque car c’était la seule âme qui puisse t’apaiser, tu avait besoin de lui. Mais son regard à lui ? Qu’est-ce qu’il penserait si il te voyait ? Tu as scellé ta mort aujourd’hui, et ta légende est brutale, mais elle n’apporte rien d’autre. Les hommes te verront comme un chien enragé plutôt que comme un lion digne jusque dans la mort. C’était Patrocle le lion !

– La ferme ! »

Achille éructe et les yeux emplis de rages lance sa javeline sur la silouhette du centaure, qui s’évapore quand la lance le traverse. La brutalité du jet de la lance fait s’écrouler la tente.

Affolé, les larmes coulant sur ses joues, le valeureux Achille fouille et arrache les tissus à la recherche du corps enseveli de Patrocle.

« – Fils, regarde toi, tu n’est plus rien. Les aèdes ne chanteront pas tes exploits, il chanteront ta démise et ta folie. Achille, le terrible tueur de troyen pleurant et se débattant comme un enfant au milieu d’un tas de tissus. Même ton adolescent de fils a plus de dignité que toi ! Je te renie sache le ! »

Ainsi s’exprime Thétis avant de retourner dans la mer.

Achille se relève, balance son glaive dans la mer salé, espérant blesser sa déesse de mère. L’arme d’airain coule à pique dans les flots calmes.

Agenouillé, il prend le poignard qu’il avait donné à Patrocle pour partir sur le champ de bataille, le pointe sur sa gorge et d’un geste précis et rapide l’enfonce. Son immense ossature s’affale en avant tel un platane scié par les mains expertes d’un bûcheron. Le sang jaillit de sa gorge à chaque battement de son cœur. La mer, autour de son corps, rougie, des soubresauts agitent ses muscles, comme un poisson échoué sur un rivage, comme si au dernier moment, il essayait de se relever pour partir à la guerre. Puis il s’immobilise. Atropos l’Inflexible coupe le fil.

Jaskiers

Les adieux d’Hector (inspiré par Homère et Virgile)

Bouclier d’airain dans ma main gauche, javelot de bronze dans ma main droite.

Au milieu de la mêlée je danse, je tournoie. Le sang a remplacé l’huile qui m’a oins.

Les membres se défassent sous mes coups, sous ma pointe. Les crânes craquent, les muscles se déchirent, les casques d’aciers brisés jonchent mon passage. Les ténèbres recouvrent les yeux des grecs.

Je suis le dernier de Troie. Je combat pour toi et lui.

Andromaque, trop vite je suis parti, pour toi, de sang est recouverte la glèbe, la terre qui accueille et nourrie.

Astyanax, sa peur, mon casque.

À terre la peste qu’a amené mon frère. Que Pâris périsse pour ses péripéties.

À nous de payer, le regard d’Helene. La Haine a amené ici la Terreur, terre fertile devant nos remparts.

De tes doux baiser, ces murs, nous sommes séparés.

Tes bras pâles plus jamais autour de ma taille.

Curieux, le regard d’Astyanax sera maintenant hanté par la Peur. Même si jamais plus il ne verra ma coiffe.

Les Dieux sont et ne sont plus, avec nous, gagnons puis perdons, gagnons encore puis perdons. Acculés souvent, dos au rempart de Père, le Roi, Priam.

Pour personne je ne voulais plus mourrir que vous. Mon char, mon attelage ne se pressent que pour vous. Ma lance percute, blesse et tue. Arès le Sanglant semble me guider. Mais je me perdrai bientôt.

Qu’on l’amène ce guerrier aimé de Zeus ! D’un face-à-face, que nous en terminons. Qu’Agamemnon, Menélas l’Usurpé, que Ajax l’empenné, que Ulysse aux milles ruses se ruent sur leurs vaisseaux. Et qu’on ne chante aucunes louanges aèdes ! Rien n’était beau dans cette bataille, c’était la folie des Hommes, entraînée et provoquée par les immortels, qui s’exerçait.

Et notre Xanthe empourpré, remplit de cadavres éviscérés, sera bouché après le carnage d’Achille, élu de Zeus.

Et le Simoï avec nous, toujours se battra mais sera dressé par le tueur d’Hommes.

Protésilas ma première victime n’était qu’un amuse bouche, il y a déjà de ça dix ans. Je tue les Danaëns depuis comme l’ours massacre et mange l’agneau blessé abandonné par son berger.

A jamais Tydée, Glaucus, Médon, Thersiloque les trois fils d’Anténor, Polybetes, Idéus. Un autre honorable troyen vous verra en Enfer, ce ne sera pas moi, chère femme, mon sang, mais le meilleur guerrier après moi dans notre camp. Énée fils du vénérable Anchise et d’Aphrodite, beauté souriante.

Ces grecs ont peur de moi. Mes cris de fureur leurs glacent le sang, je rentre dans la mêlé, mes chers, mes puissants équidés leurs broient les membres de leurs sabots.

La Laconienne, sont regard dément, je la vois. Elle nous ment ! Tous ça pour elle, et Pâris, mon frère.

Dardanus le Fondateur, ta cité, cher ancêtre, brulera. Et moi je me bats, pour toi, pour Elle, pour eux, pour elle, pour lui.

Si tu es la, guide mon bras, aide moi et tue. Le poids sur mes épaules ne tiendra pas. Ilion nous perdra. Troie nous perdons.

Que ces Grecs repartent dans leur nefs, qu’ils rapportent avec eux cette folie, avec Hélène, qu’elle parte. Pâris, quelle folie s’est emparée de toi ! Regarde frères, nos chers héros ne font plus qu’un avec la terre qui nourrie.

Et voici que vient Patrocle, ce faux Achille. Les armes ne font pas le bon guerrier. Nu, à mes pieds, ces armes je me parerai !

Qu’Achille le Tueur d’homme vienne, je l’attends ! Je sais que ma mort viendra de sa main, Prémonition m’a montré les Aédes, chantant ma mort et le supplice de mon corps sans vie.

Père ne pleure pas, j’attendrai Charon au bord des noirs eaux du Styx. Je n’ai rien à me reprocher, ton fils est mort les armes à la mains, il a tué l’envahisseur ! Tu périra toi aussi, sur l’autel du Dieu des dieux, tu verra un de tes fils mourrir devant toi avant de passer toi aussi de vie à trépas. Père tu sera courageux ! Aésacos vole papa ! Jamais il ne nous a quitté sache le !

Astyanax, mon petit enfant, quelle mort t’attends, mais courageux toi aussi tu sera malgré ton jeune âge. Et Andromaque, tendresse, reste courageuse. Troie ne sera plus mais tu vivra.

Agamemnon ne jouira pas longtemps de sa gloire, lui et ses alliés. Errants perdus aux portes de l’Enfer, ils pleureront comme vous me pleureraient ! Et quelle lamentations ! Rien ne leurs viendra en aide, même pas les mots du Rusé Ulysse.

Et le Terrible Achille, Pâris de tous nos hommes héroïque le tuera d’un trait ! Mais il mourra aussi. Mon frère. Malheurs, c’est juste rétribution pour avoir voler la femme du voisin.

Les dieux se jouent de nous. Leurs peines sont les nôtres, leur joies ? Il n’en auront pas, nous non plus. Bien qu’immortels ils ont soifs, une soif que nous qui mourront ne comprenons pas !

Le fer, l’épée, l’airain étincelant remplissent notre Troade. Mon regard fait fuir les Pélasges, ils n’attendent que la venue de l’Haémonien. Ils n’ont pas de guerrier plus fort à m’opposer. Mais il tarde ce lâche ! Est-il Achille le Peureux ?!

Une fois Patrocle mort, que j’aurai revêtu son armure et ces airains brillant, j’affronterai et mourrai contre le fils de la Néréide. Fier, je resterai courageux quand Atropos coupera le fil de ma vie.

Il en est ainsi, cessez de vous lamentez. Vous récupérez mon corps inviolé car un dieu aura protégé et veillé sur ma dépouilles. Père paiera cher pour la récupérer et vous me pleurerez pendant de longs jours.

Puis Troie tombera, je ne sais comment. Attention aux ruses de ces perfides grecs, le seigneur d’Ithaque est dans leurs rangs, cet habile manipulateur !

Dites à Énée mon second sur le champ de bataille, le plus brave des braves, fils d’Anchise, qu’un futur s’annonce pour lui, une mission, faire vivre Troie pour des siècles et des siècles après un voyage et des épreuves terribles. Sur une autre terre notre race prospéra après bien des malheurs. De cruelles morts, de cruelles épreuves et de cruelles batailles t’attendent pieu Énée, les Olympiens ne sont pas rassasiés !

Qu’on n’oublie pas Astyanax, mon rejeton, car innocent il mourra. Qu’Énée ne l’oublie pas et qu’il te rende visite, Andromaque.

Mon étoile, tu aura un autre homme dans ton lit, je ne t’en veux pas, car dans un autre pays tu vivra, une petite Troie, et finira ta triste vie.

Nous faisons honneur aux nôtres quand nous trépassons le glaive à la main.

Pardonne moi.

Je t’aime.

Inspiré par L’Iliade et l’Odyssey d’Homère et L’Énéide de Virgile.

Jaskiers

Mythologie : les fières Amazones ont bel et bien existé – National Geographic

Extraits de National Geographic :

« Les Grecs considéraient les Amazones comme étant les « égales des hommes », aussi courageuses et qualifiées au combat que leurs homologues masculins. Dans l’art et la littérature de la Grèce antique, les Amazones étaient présentées comme de belles et vaillantes guerrières, toujours armées et dangereuses. »

« Les découvertes archéologiques récentes de sépultures datant du 5e siècle avant notre ère suggèrent que les Amazones de la mythologie grecque auraient été inspirées d’un authentique peuple de cavaliers nomades vivant en Eurasie. D’après les mythes grecs, les Amazones menaient une vie trépidante : elles passaient le plus clair de leur temps en plein air sur les terrains de chasse ou les champs de bataille et jouissaient d’une entière liberté sexuelle. »

« Au 5e siècle avant notre ère, Hérodote et d’autres écrivains évoquaient ces femmes de Scythie qui se battaient à cheval aux côtés des hommes, tout comme les Amazones de la mythologie. Les historiens de l’Empire romain et de la Grèce antique affirmaient que Cyrus de Perse, Alexandre le Grand et le général Pompée de Rome avaient tous fait la rencontre en Orient de femmes ressemblant à des Amazones. »

« L’étude archéologique des sépultures scythes révèle un niveau d’égalité des sexes qui aurait fait pâlir les Grecs. »

« […] quel que soit leur sexe, les nomades menaient une vie difficile dans un environnement hostile. Les tribus se déplaçaient constamment pour trouver de nouveaux pâturages pouvant accueillir leurs chevaux, chasser, piller ou se battre contre des tribus adverses. Chaque membre, homme ou femme, adulte ou enfant, contribuait à défendre le groupe et garantir sa pérennité. Il était non seulement logique mais également indispensable de former les jeunes filles autant que les jeunes garçons à monter à cheval, tirer à l’arc, chasser et combattre. Leur mode de vie encourageait l’égalité. Chez les nomades, cette égalité entre hommes et femmes était principalement rendue possible par l’association entre chevaux et tir à l’arc. Montée sur un cheval rapide, une femme armée d’un arc est aussi meurtrière qu’un homme. »

« Le mode de vie égalitaire des Scythes était en tout point différent de celui des Grecs, sédentaire et axé sur l’agriculture. L’idée que les femmes puissent être mises sur un pied d’égalité avec les hommes faisait naître une certaine ambivalence, un sentiment mêlant crainte et admiration qui allait inspirer une myriade d’histoires palpitantes au sujet de femmes barbares aussi vaillantes et douées que les hommes sur les champs de bataille. À travers leurs mythes sur les intrépides Amazones, il semblerait que les Grecs se soient aménagé un espace pour explorer le concept de parité entre les sexes, un rêve inaccessible au sein de leur propre société paternaliste où les hommes dominaient et contrôlaient les femmes. »

« Dans les années 1940, les premières exhumations de kourganes, les tertres funéraires scythes, ont révélé des squelettes enterrés avec des lances, des flèches, des haches et des chevaux. Dans un premier temps présumés de sexe masculin, ce n’est que plusieurs dizaines d’années plus tard avec l’avènement des tests ADN que les chercheurs ont pu déterminer que les ossements n’appartenaient pas tous à des hommes. Bon nombre d’entre eux étaient des femmes. »

« À ce jour, environ un tiers des femmes scythes exhumées ont été découvertes avec des armes. Leurs os portaient les traces de blessures infligées au combat : côtes tailladées, crânes fracturés et bras cassés. En 2017, des archéologues ont mis au jour un squelette de femme en Arménie avec une pointe de flèche plantée dans le fémur et d’autres séquelles caractéristiques des champs de bataille. »

« Fin 2019, les fouilles menées par des archéologues dans la province russe de Voronej ont abouti à la découverte d’une sépulture contenant les dépouilles de quatre femmes. La plus jeune était une adolescente et la plus âgée une quarantenaire. Cette dernière était enterrée avec des armes et une coiffe élaborée. Une autre femme, âgée d’une vingtaine d’années, était enterrée en position de cavalier. »

« Tout comme l’archéologie a montré que les Amazones ne relevaient pas de la pure fantaisie, elle a également permis de rejeter certaines fausses idées à leur sujet. D’après l’une d’entre elles, transmise depuis plus de 2 500 ans, les Amazones auraient eu pour « tradition » de se couper un sein afin de mieux armer leur arc.

Cette allégation apparaît pour la première fois en 490 avant notre ère avec la tentative de l’historien grec Hellanicos de traduire dans sa langue le terme étranger Amazone. « Amazone » n’était pas un terme grec mais « mazone » ressemblait phonétiquement au mot « sein » et le préfixe « a » signifiait « sans ». Pour Hellanicos, ce terme signifiait donc que les Amazones sectionnaient leur sein dans le but d’armer leur arc. Son hypothèse fut rejetée par ses contemporains et jamais un artiste de l’antiquité ne l’intégra à ses travaux : toutes les Amazones représentées dans l’art grec et romain l’étaient avec leurs deux seins intacts. En outre, les archères n’étaient en aucun cas gênées par leur poitrine. »

« Selon une autre croyance à la peau dure diffusée par les Grecs de l’antiquité, les Amazones étaient une tribu de femmes dominatrices qui méprisaient les hommes, les asservissaient, les mutilaient, les tuaient et allaient même jusqu’à renier les bébés garçons. Cette idée provient probablement du fait que les Grecs eux-mêmes opprimaient leurs femmes. En suivant leur propre logique, si les femmes étaient fortes et indépendantes, les hommes étaient forcément des lâches soumis à leur autorité. Néanmoins, certaines sources n’hésitaient pas à faire les louanges des Amazones : Homère utilisait par exemple un terme pour qualifier les Amazones que l’on pourrait traduire par « les égales des hommes » et bon nombre de poètes grecs les décrivaient comme étant « éprises des hommes. »

« L’archéologie apporte également son lot de preuves réfutant l’absence de responsabilité maternelle chez les Amazones avec la découverte des sépultures d’archères montées nomades dont l’existence aurait inspiré les Amazones de la mythologie grecque il y a 2 500 ans. À côté des squelettes de guerrières enterrées avec leurs armes, les archéologues ont également mis au jour des nourrissons et des enfants. Les combattantes étaient également des mères, cela ne fait aucun doute. »

« Les récits d’aventures et témoignages historiques au sujet de combattantes rappelant les Amazones apparaissent en Égypte, en Perse, au Caucase, en Asie Centrale, en Inde et même en Chine. »

« Dans ses Histoires, Hérodote explique comment un groupe d’Amazones ayant fait naufrage s’éprennent d’amour pour les Scythes venus à leur rencontre. Ces derniers proposent aux Amazones de devenir leurs femmes et de regagner avec eux la terre de leurs ancêtres, ce à quoi elles répondent :

« Nous ne pourrions pas, répondirent les Amazones, demeurer avec les femmes de votre pays. Leurs coutumes ne ressemblent en rien aux nôtres : nous tirons de l’arc, nous lançons le javelot, nous montons à cheval […]. Vos femmes ne font rien de ce que nous venons de dire […]. Nous ne pourrions par conséquent jamais nous accorder ensemble. Mais si vous voulez nous avoir pour femmes, et montrer de la justice, allez trouver vos pères, demandez-leur la partie de leurs biens qui vous appartient ; revenez après l’avoir reçue, et nous vivrons en notre particulier. »

« La présentation des Amazones faite par Hérodote révèle une vision équilibrée de ces femmes indépendantes. »

« À l’époque de Platon, le 4e siècle. En comparant les authentiques guerrières Scythes aux Amazones de la mythologie, Platon introduit l’idée qu’une éducation militaire idéale se doit de reposer sur la notion d’égalité :

Si j’en suis cru, la loi prescrira aux femmes les mêmes exercices qu’aux hommes ; et je ne crains pas que la course à cheval et la gymnastique ne conviennent qu’aux hommes et point du tout aux femmes. Je suis persuadé du contraire sur d’anciens récits […]. »

« Platon précise […] que les jeunes filles soient « soient formées de l’exacte même manière que les jeunes garçons » à l’athlétisme, l’équitation et le maniement des armes, les femmes grecques pourraient, en cas d’urgence, « se saisir des arcs et des flèches comme le feraient les Amazones et appuyer les hommes » dans leur combat contre l’ennemi. »

« Le philosophe déclare savoir « à n’en pas douter qu’aujourd’hui même il y a aux environs du Pont [nom donné à une région englobant la Scythie, ndlr] un nombre prodigieux de femmes appelées Sauromates [nom donné aux peuples nomades des steppes, ndlr] qui s’exercent ni plus ni moins que les hommes, non seulement à monter à cheval, mais à tirer de l’arc et à manier toute sorte d’armes. » Avant de poursuivre, « il n’y a rien de plus insensé que l’usage reçu dans notre Grèce, en vertu duquel les femmes et les hommes ne s’appliquent pas tous et de toutes leurs forces et de concert aux mêmes exercices. »

« Comme l’affirme Platon, ce type de coopération mutuelle et de formation paritaire est inhérent à la réussite d’une société. Pour le philosophe, il est tout bonnement « insensé » qu’un État puisse songer à faire autrement, car sans la participation des femmes, « un État n’est que la moitié de ce qu’il serait, si tous avaient mêmes travaux et contribuaient également aux charges publiques. » Platon établit un parallèle entre, d’un côté, cette approche inclusive et égalitaire et, de l’autre, la célèbre capacité des archers scythes à décocher leurs flèches « indifféremment des deux mains ». Une telle ambidextrie est cruciale dans les combats à l’arc ou au javelot et pour Platon, chaque garçon et chaque fille devraient prétendre en grandissant à utiliser leurs deux mains avec la même dextérité.

Les femmes scythes, déclarait Platon, ont démontré qu’il était possible et bénéfique pour un État de décider qu’en « éducation et tout autre domaine, les femmes devaient pouvoir être sur un pied d’égalité avec les hommes et suivre le même mode de vie qu’eux. »

« L’égalité entre hommes et femmes était un concept déconcertant pour les Grecs de l’antiquité, mais ils aimaient l’explorer à travers les mythes, l’art, le théâtre et la philosophie. Ainsi, Athènes a vu naître des idéaux démocratiques prônant l’égalité et bon nombre de dramaturges mettaient en scène des femmes fortes et indépendantes dans leurs pièces. Les innombrables mythes au sujet des Amazones ont offert aux hommes et femmes de l’époque une échappatoire pour imaginer l’égalité entre les sexes. »

« Le noyau commun à la plupart des légendes au sujet des Amazones semble être l’éternelle recherche d’une relation harmonieuse et équilibrée entre l’homme et la femme ; une lutte universelle et intemporelle. Leurs récits laissent toujours apparaître la possibilité d’une égalité des sexes, mais ce qui était possible hier l’est encore aujourd’hui. »

Adrienne Mayor pour National Geographic

L’article entier : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/06/mythologie-les-fieres-amazones-ont-bel-et-bien-existe

Source photographies : Pinterest

Jaskiers

Saturno devorando a un hijo de Francisco de Goya

Saturne dévorant un de ses fils – Francisco de Goya

J’ai découvert Goya grâce à Hemingway. Goya n’était pas le peintre préféré de Hemingway, lui c’était Cezanne. L’une des occupations préférées d’Ernest en Espagne après la Corrida était de visiter le musée du Prado, il en parlait beaucoup dans ses correspondances, tombant même amoureux d’une peinture ! Il y mentionnait Goya, que j’avais déjà vu en lisant La Peste de Camus car une peinture de Goya, Le préau des pestiférés faisait office de couverture.

Ma curiosité était piquée !

À la première vue de ses œuvres, j’ai ressenti beaucoup de colère, du sombre, de la tristesse et de la violence.

Et la vue de cette peinture sanguinolente m’as interpellé.

Quelle violence ! C’en est presque gore ! C’est dérangeant. Choquant. Je m’imagine Goya, peignant cette œuvre, dans quel état d’esprit était-il ? Pourquoi faire cette œuvre ? Il y a t’il un message personnel ? Un besoin d’extérioriser une colère ? Une angoisse ? Une peur ?

Et que dire du titre de l’œuvre ? À l’image de la terreur que peut exercer sur vous se tableau. Même le nom est dérangeant !

En tous cas, je doute que cette peinture vous ai laissé indifférent.

Je ne suis pas nécessairement amateur de peinture, je n’ai aucune connaissance solide en la matière ni de vraie culture. Je partage juste mon sentiment à l’égard de cette peinture comme le néophyte que je suis.

Voici la page Wikipedia de l’œuvre pour en prendre connaissance.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saturne_d%C3%A9vorant_un_de_ses_fils?wprov=sfti1

Jaskiers