Dante’s Dusty Roads – Chapitre 21

La route était encore déserte. Il ne croisait que quelque voiture, de temps en temps. Dante avait le pied lourd sur l’accélérateur, quitte à se faire arrêter encore une fois, il paierait son amende sur le champ et repartirait de plus belle.

Buffalo. Ce nom en jette sec !

Il était curieux de voir à quoi pouvait ressembler cette ville. Curieux, mais aussi apeuré et fatigué. Qu’allait lui réserver Buffalo ?

Un petit brin d’espérance était présent en lui. Buffalo, c’était peut-être une ville assez peuplée, et statistiquement, il pourrait tomber sur de bonnes personnes. Il devait cependant revoir sa définition de « bonne » personnes. En était-il une lui même ?

Aider cette femme, il ne l’avait fait que parce qu’il détestait l’injustice. Et parce que c’était la seule personne, jusqu’ici, avec qui il avait eu une discutions normale.

La fatigue était encore là, il arrêta sa réflexion philosophique pour débattre avec son corps sur la marche à suivre.

Fallait-il risquer prendre une chambre d’hôtel, de haut standing, tant qu’à faire, ou faire le plein de caféine et repartir à l’assaut de la route comme un Hunter S. Thompson sous acide ?

Les panneaux indiqués que Buffalo se rapprochait, il avait roulé comme un hors-la-loi, à fond. Il avait même réessayé de mettre Springsteen, mais sa voix geularde lui donnait envie de s’arrêter devant le premier bouseux pour lui lâcher toute sa rage.

Mais la rage, c’était l’apanage de ces gens, il ne voulait pas devenir comme eux. Cette seule pensée qu’il aurait pu faire ça le fit frémir, la mentalité arriérée de ces enfoirés commençait doucement à déteindre sur lui. On est le fruit de l’endroit où l’on a grandi.

On est comme marqué au fer rouge par l’environnement qui nous a vu grandir, après, il ne tient qu’à notre bon vouloir de s’ouvrir aux autres, à d’autres croyances, sans pour autant les accepter ou les comprendre totalement, mais pour, au moins, rester conscient que le monde ne s’arrêtait pas aux frontières de nos états, de nos villes, de nos banlieues, de nos rues.

L’écrivain aima cette réflexion qui venait juste de germer en lui. Ne voulant pas s’arrêter pour l’écrire dans son carnet de note, il espérait garder cette pensée en mémoire pour l’étaler dans son prochain roman.

Il vit le panneau de Buffalo, comme il s’en doutait, les habitants avaient affichés l’animal comme le symbole de leur ville. Une ville plate, sans building, sans fioriture, sans âme, ou plutôt si, l’âme banale des petites villes du Middle West américain, comme Alva, poussiéreuse et rustre qui semblait ne s’être jamais vraiment relevées du désastre du DustBowl.

Les gens étaient peut-être aigris pour cette raison, le sable s’était engouffré dans leurs âmes et leurs chaires. Des décennies de pauvreté, de souffrance, de travail pour presque rien. L’argent semblait s’être envolé avec les tempêtes de sables pour se retrouver dans les poches de millionnaires et milliardaires de la côte Ouest et Est.

Pas étonnant, me ramener ici avec une berline allemande neuve et un sourire Colgate n’allait pas m’attirer des sympathies.

À New-York si, mais ici, le temps et l’environnement était différent, l’histoire et son lot de souffrance aussi. Mais ça n’excusait pas tout. Loin de là.

Il fallait rester ouvert d’esprit et compréhensif avec l’Oklahoma. Et dès que ça commençait à tourner au vinaigre, se taire et partir.

Toujours est-il que Buffalo ne semblait pas avoir d’hôtel, et s’il en trouvait un, ce ne serait pas un Hilton. Il allait devoir côtoyer les citoyens de Buffalo et il n’en avait pas franchement envie.

Jaskiers

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California Rocket Fuel – Chapitre 2

Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Index : Chapitre 1

Chapitre 2

Te revoilà cher(e)s lecteur ou lectrice ou n’importe. Ici, tu peux être illuminati et profiter de mes divagations, moi Télémaque, viens, viens on est bien. Viens, mets toi à l’aise, enlève ton sous-tif’ si tu veux. Nan j’deconne, c’est une ligne de Scary Movie 1, j’adore les Scary Movie, j’adore les frères Wayans, j’adore l’humour subtile. J’adooooore, regarder danser les gens…

Donc on est parti pour le Super U avec ma dame et c’est silencieux, on oublie d’mettre la musique maintenant, on est vieux, la trentaine à tout casser. Ça évite les engueulades aussi, chacun a ses goûts et on déteste les goûts de l’autre.

Je regarde les gens déambuler dans la rue et j’me demande où il vont, à quoi ils pensent, si ce matin ils ont fait l’amour mais vu leurs gueules non. Si y’avait pas les masques ce serait plus simple.

J’suis mentaliste vois-tu, Simon Baker, Red John, tu vois l’truc, tu connais. J’aime m’imaginer la vie des gens. Comme j’aime m’imaginer m’approcher d’une personne lentement et lui susurrer : je suis de la police. Et c’est tous. Juste voir leurs réactions tu vois. Comme imagines tu rentres dans un ascenseur et une fois dedans tu restes en face du mur, tu ne te retourne pas pour faire face aux portes automatiques comme tous le monde fait. Juste tu rentre et tu fixe le mur pendant que l’ascenseur monte (ou descend). Apparemment ça mets les gens très mal a l’aise, j’le sais car j’ai regardé MindHunter sur Netflix.

« Ils nous faut quoi pour les courses ?

Je sais pas. »

Je laisse tout à faire à ma copine parce que je ne suis plus bon à rien et que je ne veux pas faire d’effort. Elle répond pas, la pauvre. A sa place je me quitterai et fissa. Mais elle reste. Elle serait moche je comprendrai, mais elle est belle. Elle reste avec moi car sinon elle serait toute seule mais elle est belle et elle reste. Je crois qu’elle m’aime vraiment et que c’est son seul défaut. Tu vois, Dieu a crée l’Homme à son image et l’Homme, lui, a crée l’a connerie et la dépendance affective. Y’a des choses qui s’expliquent et d’autres pas. Comme quand une femme t’aime vraiment. Toi tu comprends pas.

« Bah il me reste un peu de galette ?

Non et puis c’est passé la période y’en aura plus. »

J’aime la galette, oui comme dans la chanson. J’en boufferai matin, midi, soir et la nuit. La vraie galette, à la frangipane ! Si tu prends de la galette à la pomme, je suis désolé mais tu devrais consulter cher(e) lecteur et lectrice. C’est pas normal. Parfois j’enlève la patte de ma part et je sens la frangipane t’vois ? Je renifle l’odeur du nectar des Dieux t’vois ? L’Ambroisie j’crois qu’on appel ça, bah c’est ça.

« C’est à ton tour de payer » qu’elle me dis. J’aime pas payer. C’est comme ça. Elle, elle paie et ne se plaint pas, mais quand c’est à moi, je questionne tout ce qu’elle fourre dans le cadis. J’ai peur d’être endetté, ça va tellement vite. Le pire avec les cartes bleus c’est que tu vois pas l’argent sortir et moi, ça me donne l’impression d’être dans un jeu vidéo, je vois mon argent que sur un écran. Et je m’angoisse car c’est pas un jeu et y’a pas de code de triche pour remédier à un découvert.

Le parking est plein, on est en milieu de semaine il est à peine 11h et bien sûr, on attends qu’une mamie sorte pour lui prendre sa place de parking. Le temps, elle le prends la vieille mais j’aimerai lui dire que le temps qu’elle passe sur ce parking et débité de son temps de vie qui commence sûrement à arriver au bout. T’imagine, mourir sur le parking de Super U ?

« Mesdames, messieurs, nous recueillons aujourd’hui pour honorer la mémoire de Thérèse, morte sur le parking de Super U.

Ah putain Super U avec leurs foutus parking !

Ta gueule Jackie merde !

Bah t’façon elle est morte ça doit pas la déranger. »

Donc on prends la place, il y a le débat du chariot. Tout dépend de ce qu’on va prendre et vu que mon cocktail médicamenteux me donne faim H24 on peux être sûr que y’aura au moins quelques gâteaux. Et j’ai toujours la chance de prendre le cadis avec la roue de travers tu vois c’que je veux dire ?

Donc on prends pas de chariot en faite car il n’y en a plus.

On rentre dans le magasin et comme vous sûrement, j’ai cette foutue sensation quand je passe les portiques de sécurités, même en entrant. Ces trucs ont déjà sonné sur un type qui rentrait juste j’en suis sûr. T’imagine l’angoisse ?

Le pire c’est ceux des caisses, t’a rien fais d’mal mais tu passe ces portiques avec parfois un p’tit pas chaloupé parce qu’on sait jamais. Là si ça sonne c’est la sueur ! Tous le monde te regarde, et la caissière te gratifie automatiquement d’un : « Monsieur ? » et là bah tu fais quoi ? Immédiatement tu penses à baisser ton froc devant elle, te déshabiller façon Magic Mike sauf que, cher lecteur, t’es sûrement pas Channing Tatum.

Mais on vient juste d’entrer dans le Super U là. On se retrouve à l’intérieur ?! Allons-y !

Jaskiers