Une histoire vraie personnelle #3 – Le jour où j’ai rencontré Hervé Vilard devant chez lui.

Source de la photo : Wikipedia

Il y a de ça très longtemps. Impossible pour moi de me rappeler l’année, j’avais dans les 12 ou 13 ans peut-être.

Je vivais chez mon père, dont l’une de ses passions était le moto. Quelque fois, il m’emmenait faire des promenades dans la campagne. C’était si je m’en rappel bien une Yamaha 125 CBR. Ces balades étaient l’un de ces rares petits moments père-fils que nous avions.

Un jour en faisant tourner sa moto, il me dit : « – Tu connais Hervé Vilard ? »

J’avais 12 ans Cher lecteur/lectrice. Hervé Vilard était inconnu dans le bataillon de ma playlist.

À ma réponse négative il me dit : « – C’était l’amoureux à ta mère ! Quand on été ensemble elle l’adorait ! »

Ah bon d’accord. Elle ne m’en avait jamais parlée… Et à mon paternel de rajouter : « – Il habite pas loin d’ici, 25 km environ. Ça te dirai d’y aller ?

– Allons-y, ça va faire une belle et longue balade. »

Nous voilà parti dans la campagne. La moto s’est sympa, mais derrière on se fait sacrément… chier pour être honnête.

Nous passâmes sur des petites routes au milieux des champs. J’en déduisais que mon père n’était pas à son premier voyage dans le village de Mr Vilard. Lui aussi était un fan on dirais !

Nous arrivâmes finalement devant une petite église avec à droite, un très long mur avec une porte.

« – Voila, c’est ici qu’il habite. C’est son église ! Il l’a racheté et rénové. Derrière ce long mur il y a sa maison je crois.

– Ah d’accord. »

C’était propre si je m’en rappel bien. La propreté m’a marqué pour une certaine raison.

On entendit un chien japper derrière le mur.

« – Il y a sûrement le jardinier. Je vais aller toquer à la porte on verra bien, dit mon père.

– D’accord, moi je vais visiter la petite église alors. »

Je rentre dans la petite église, elle était petite, belle et vraiment propre. Là, j’entend la voix de mon père et la voix d’un autre homme. Je décide de sortir.

Mon père parlait avec un monsieur avec les cheveux blancs. Le monsieur avait l’air un peu blasé. Mon père était complètement choqué. Ses yeux étaient grands ouverts et il peinait à trouver ses mots. J’ai compris qui était le monsieur aux cheveux blancs. Hervé Vilard.

« – Voici mon fils Monsieur, il a visité l’église…

– Il a bien fait, il a bien fait.

– Il s’appel Jaskiers, il a —

– Laissez le se présenter je crois qu’il est assez grand.

– Bonjour, votre église est très belle et très propres, dis-je.

– Merci. Tu peux te présenter ?

– Je m’appel Jaskiers, j’ai 12 (ou 13) ans. Je viens de Nevers. J’ai déménagé dans l’Allier avec mon père après la mort de mon frère… Et je suis au collège.

– D’accord très bien. C’est bien d’avoir visité l’église. »

Je ne répondis pas. J’avais tout à coup et sans le connaître pris la mesure du monsieur avec qui je parlais. Mais malheureusement, après cette réalisation, c’était déjà la fin de notre discutions.

« – Hey bien messieurs, je vous laisse repartir, faite bonne route au revoir. »

Nous lui serrâmes la main et partîmes. Sous le choc.

Mon père avait un énorme sourire sur le visage.

« – Dés qu’on rentre, tu appel ta mère, elle ne te croire JAMAIS ! »

Nous n’arrêtâmes pas de rigoler tous le long du chemin à la maison. Même derrière les casques et les vibrations de la moto, on s’entendais ricaner. Mon père était comme un gosse.

Arrivé à la maison, je pris mon téléphone et appela ma mère :

« – Maman ! Devine quoi ! J’ai parlé à un certain Hervé Vilard ! »

Bien sur, il a fallu lui raconter notre aventure et comment s’est passé la rencontre. Elle a peiné à me croire mais elle a compris.

Encore aujourd’hui, je lui raconte l’histoire et elle me répond :

« – Quelle chance tu as eu ! Je l’adore tellement ! J’en suis amoureuse ! »

Voici comment se termine la fois où j’ai rencontré Hervé Vilard sans savoir vraiment qui il était. Je garde en tête le toupet de mon défunt père qui a été cogner chez ce Monsieur comme si il était un ami de longue date du chanteur.

Je ne suis jamais retourner dans son village, ni dans son église, encore moins cogner à sa porte.

Hervé Vilard, la première (et dernière ?) fois que j’ai rencontré un grand artiste et une grande célébrité.

Ce sont des êtres humains comme nous au final. Ce qui m’as marqué, c’est la simplicité du monsieur. Même pas rasé, je présume qu’il faisait son jardin. Il avait par contre l’air fatigué mais heureux qu’un adolescent est visité son église. Église, qui, si je me rappel bien a été rénovée par ses soins car elle appartenait au curé qui l’avait recueillit. L’histoire est belle.

Et j’ai aussi appris que des fois, il fallait juste oser.

Jaskiers

Fils de Gonzo de Juan Fitzgerald Thompson

Quatrième de couverture :

Inventeur d’un genre littéraire nouveau, le Gonzo, Hunter S. Thompson était le wild man de la presse américaine, mais aussi et surtout l’un des grands auteurs du XXe siècle. Il se mettait en scène comme élément principal de ses reportages, écrivait sur les gangs de motards et la contre-culture des années 1960, sur les élections présidentielles et les drogues psychédéliques. Et vivait une vie sulfureuse animée par un cocktail d’alcool et de cocaïne… jusqu’à son suicide, en 2005.

Dans Fils de Gonzo, Juan F. Thompson raconte l’histoire de ce père pas comme les autres et se confie sur son enfance, forcément compliquée quand on est élevé par l’auteur génial mais fou de Las Vegas Parano.

Juan F. Thompson est né en 1964 du côté de San Francisco, en Californie, et a grandi à Woody Creek, Colorado. Il vit à Denver avec sa femme, Jennifer, et leur fils, Will.

« Mais ce qui importe d’avantage pour moi, c’est qu’il était mon père et que j’étais son fils. Et aucun fils ne peut échapper à ce qu’implique cette relation. Bons ou mauvais, faibles ou forts, vivants ou morts, proches ou distants, nos père sont avec nous. » – Juan F. Thompson

Extraits :

À un moment, durant la soirée, les Hell’s Angels ont violé une femme, dans une petite cabane, évènement qui a longtemps hanté Hunter. Au milieu de cette folie, j’étais là, âge d’un an et quelque mois, endormi dans un coin de cabane, bombardé de sensations et d’impressions, sans doute relativement en sécurité, mais dans une situation qui ne cadre pas avec ma conception d’une éducation parentale responsable visant avant tout à protéger sa progéniture.

En 1970, Hunter a couvert le Kentucky Derby pour un magasine éphémère intitulé Scanlan’s, rédigeant le premier article de ce qu’on appellerait le « journalisme Gonzo », terme inventé par un de ses collègues écrivains pour décrire une combinaison unique, propre à Hunter, de subjectivité à la première personne, de rapport factuel et d’hyperbole, rédigée en une prose brute et puissante. Le terme « Gonzo » a fini par qualifier à la fois l’écriture de Thompson et son mode de vie.

[…] Alcoolique, drogué, menant assurément une vie débridée, il était aussi un écrivain brillant, un joaillier de la langue, ce que son aura de personnage incontrôlable semble avoir relégué au second plan. Lorsque les gens entendent le nom de Hunter S. Thompson, s’ils le connaissent, c’est cette image outrancière qui leur vient en premier à l’esprit. Et c’est dommage. Il a toujours été d’abord un écrivain qui au sens le plus exigeant et le plus noble du terme : pour lui, écrire était une vocation, pas un simple métier. Tout le reste était secondaire. La drogue, la famille, les maîtresse, les amis, le sexe, l’aventure, tout cela venait après l’écriture. Et moi je suis arrivé dans son monde en 1964. Il avait alors 27 ans, il était pauvre et vivait dans une cabane non chauffée avec sa jeune épouse.

Bien sur, ce n’est pas un secret et pas besoin d’être Sherlock Holmes pour savoir qu’être l’enfant unique de Thompson ne serait pas une partie de plaisir.

Tous le long de cette biographie, Juan, tout en détestant son père d’un côté et de l’autre l’aimé tendrement, semble chercher à être respecté, à rentrer dans son cercle, à l’assister pour bénéficier de l’attention de son père. Quand on n’y pense, ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? Ne serait-ce pas plutôt le père qui devrait être au petit soins pour son enfant, sans bien sûr en faire un enfant roi ?

Il a fallu des décennies à Juan pour enfin recoller (certains) morceaux avec son père, mais c’était toujours le fils qui faisait le premier pas. L’apothéose de leurs relation, le point où ils ont été le plus proche, restera le jour précédant le suicide de Hunter. Juan savait, sans oser le dire que son père n’accepterai jamais la maladie, l’infirmité, la dépendance.

J’ai découvert un aspect que je ne connaissait pas, celui d’être un « fils/fille de ». Loin d’être forcément l’idylle, la vie rêvée, la célébrité d’un ou des parents faits que leurs enfances et leurs vies n’est pas dénué d’embûche, de soucis, de drame.

Se trouver soi-même en essayant de se détacher de la notoriété des parents est une tâche qui semble loin d’être facile. Je ne lis pas forcément les tabloïds, mais on remarque souvent des enfants de stars partirent à la dérive. Riche ou pas, la vie n’épargne personne.

Mais ce qui est intéressant dans se livre, ces que s’est LE FILS de HUNTER S. THOMPSON. Le personnage Thompson est difficilement dissociable du vrai être humain.

La preuve en, c’est Juan qui a du lui même faire les efforts pour construire quelque chose avec lui. Et ce n’était pas forcément une mince affaire. Juan se sentant souvent mise à l’épreuve par son père, notamment au niveau de sa virilité.

L’ouvrage tape aussi dans les cordes sensibles que son les relations parents/enfants quand ces premiers sont addictes. Avec Hunter, accro à l’alcool, à la cocaine et ne crachant que très rarement sur le LSD et autre paradis artificiels , la tâche pour Juan a été de comprendre et d’accepter. Hunter n’a JAMAIS voulu arrêter. Le fiston a dû vivre avec. Voir son père s’autodétruire en quelque sorte en ne pouvant rien faire.

L’ouvrage contient énormément de photographies personnelles de Hunter, Juan et leurs vie de famille, qui bien que compliquée, a résisté jusqu’à la fin pour être présente.

C’est ainsi que ce termine notre série de lecture sur Hunter S. Thompson. Il y a bien sûr encore beaucoup d’ouvrage à lire sur l’homme, mais pour l’instant, ma soif de Gonzo est étanchée et il est tant de passer à d’autres auteurs, d’autres vie et d’autres aventures !

Jaskiers