Joker : Killer Smile de Jeff Lemire et Andrea Sorrentino

Quatrième de couverture :

Quand un psychiatre affilié au Joker tente de guérir le plus grand criminel de Gotham, c’est le début d’une descente aux Enfers, pour celui qui était jusqu’ici un père de famille aimant et paisible. Mais cette spirale de dépression et d’hallucinations violentes ne cache-t-elle pas un réel gouffre au sein même de son psyché ?

JOKER KILLER SMILE est un récit complet inédit réalisé par le talentueux tandem aux commandes de GREEN ARROW et de GIDEON FALLS : Jeff LEMIRE (SWEET TOOTH) et Andrea SORRENTINO (Secret empire). Inspirés tout autant par KILLING JOKE que par les œuvres de de David LYNCH, le scénariste et le dessinateur embarquent leur protagoniste principal, mais aussi le lecteur, dans une traversée éprouvante au cœur des ténèbres.

Il faut que je l’avoue, je suis arrivé sur le tard dans l’univers des Comics. Même si j’ai été, et suis encore, un grand fan d’Asterix et Obelix, je pense, peut-être à tord, que la B.D. de super-héros américaine est différente des bandes dessinées européennes.

Au cours des dernières années, l’engouement énorme envers les films Marvels et DC Univers m’ont amené à m’ouvrir un peu à cet univers.

Et pour cette BD, le film Joker de Todd Phillips a été la raison pour laquelle je l’ai acheté. Le personnage du Joker est énigmatique, pas de super pouvoir, mais extrêmement puissant et intelligent. Avec un passé douloureux et des problèmes de santés psychiques. Beaucoup de personne sont attirés par se personnage, le plus grand méchant de l’univers des super-héros. Il a un air d’Hannibal Lecter, se tueur en série cannibal créé par Thomas Harris qui a marqué le cinéma et le petit écran. Nous avons cette fascination pour ces personnages car le mystère les concernants, leurs manières de manipuler nous fais peur tout en nous attirant. On veux comprendre !

C’est surprenant. Loin des stéréotypes que je pouvais avoir sur les BD de super-héros, cette œuvre n’est pas bourrée de testostérone et de scène de combat multiple et violente. Non, l’album est plus centré sur la psychologie.

Le combat dans se livre est mental. Bien qu’il y ait quelques scènes violentes, et des scènes de bastons, l’œuvre est axé sur le thème de la folie.

Encore choqué, après des mois de visionnage, par le film Shutter Island, cette BD m’a agréablement surpris. J’aime ces œuvres qui mettent en doute la réalité. Qui nous amène à questionner notre monde, le présent. Qui mettent en doute la véracité de se que nous voyons et vivons maintenant.

J’ai moins apprécié la fin, qui finit sur un cliffhanger, ne nous apportant pas ou très peu de réponse et nous forçant à attendre/acheter la suite.

Il n’en reste pas moins une bonne lecture, les dessins sont beaux autant qu’effrayants. Le jeux sur les couleurs sont très intéressants, apportant des indications sur la santé mentale du personnage principal.

Je le conseil si le personnage du Joker vous intéresse, ou si vous êtes amateurs de thrillers psychologiques.

Jaskiers

Trois ouvrages de Stéphane Bourgoin sur les serial killers.

Avant de commencer mon article, je suis tombé sur un article très bizarre concernant l’auteur, Stéphane Bourgoin. J’ai donc pris mes pincettes avant de commencer à lire ses ouvrages. Voici l’article en question : https://www.google.com/amp/s/amp.parismatch.com/Actu/Faits-divers/Stephane-Bourgoin-Serial-Menteur-Dans-Match-il-passe-aux-aveux-1684548

Je tiens aussi à préciser que cet ouvrage et les deux autres qui arrivent sur le blog étaient des cadeaux de Noël offert à une proche, passionnée de ce genre de chose. Et je suis curieux, donc j’ai décidé de m’y ouvrir pour voir de quoi il en sortait.

Descendons ensemble, ou pas, dans l’horreur gratuite.

Quatrième de couverture :

Les terrifiantes confessions de 12 tueurs en série

« Un descente aux enfers dans le psyché des pires criminels que l’histoire a vus naître »

Les Inrockuptibles

Stéphane Bourgoin réunit pour la première fois en un volume les confessions, textes autobiographiques et nouvelles, inédits ou rares, de tueurs en séries, meurtriers de masses et autres criminels. Aussi terribles qu’éprouvante, cette anthologie meurtrière donne à voir l’abîme ouvert par ces esprits maléfiques et dérangeant. Une véritable plongée au cœur d’une machine implacable, où l’autre n’est qu’un simple objet destiné à assouvir le goût du meurtre.

Spécialiste français des tueurs en séries, Stéphane Bourgoin est mondialement reconnu. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et documentaires sur le sujet.

Je n’ai aucune sympathie pour les tueurs en séries. Ce qui peut m’intéresser dans leurs cas, c’est leurs psychologies. On ne peux porter aux nues ces laches qui tuent plus faible qu’eux. Voici l’extrait d’un texte biographique écrit par un de ces serials killers dont je ne nommerai que par ses initiales :

« Si vous prenez la peine d’examiner en détails tous mes crimes, vous vous rendrez compte que j’ai toujours suivi un seul et unique précepte dans l’existence. De m’attaquer aux plus faible, aux plus vulnérables et à ceux qui n’étaient pas sur leurs gardes. C’est ce qu’on m’a appris : la puissance fait Loi. »

C.P.

Autant vous dire que l’ouvrage est un tout petit recueil d’écrits de tueurs agrémenté de commentaires de l’auteur.

Je n’ai rien appris dessus. Non en faite, j’ai appris ce qu’ils ont fais, mais rien d’important dans la lecture ne m’a appris quelque chose d’important. C’est une lecture pour ceux qui ont un intérêt et/ou une curiosité morbide à combler.

J’ai peut-être appris quelque chose en fin de compte, que l’être humain peut tuer sans raison et être lâche. Mensonge, mes lectures précédentes m’ont déjà montré se côté de l’Homme, mais sous d’autres formes.

Je ne conseil pas se livre, à par comme je l’ai dis plus haut, si le gore et le dérangeant (extrêmement d’ailleurs) vous passionne. Les victimes ne sont que très peu mentionner, les survivants non plus. Je pense que l’auteur s’est fait de l’argent facile avec se petit livre. 90 % des textes à l’intérieur proviennent des tueurs en série.

Deuxième Ouvrage

Le livre noir des serial killers de Stéphane Bourgoin

Quatrième de couverture :

Plongeon abyssal dans la tête de tueurs en série

Stéphane Bourgoin a rencontré plus d’une soixantaine de tueurs en série à travers le monde. Il relate ici l’histoire, retrace le profil psychologique et analyse la personnalité de six d’entre eux. Et non des moindres. Du Vampire de Düsseldorf à l’Ogre de Santa Cruz, en passant par le Cannibal de Milwaukee, ce sont à chaque fois de véritables monstres auxquels il nous confronte. Âmes sensibles s’abstenir !

Entamons donc la deuxième lecture. Le livre est un peu plus consistant que le premier présenté si-dessus.

Il se concentre sur 6 tueurs, en détails.

Beaucoup de répétitions, beaucoup de détails horribles… J’ai trouvé cet ouvrage un peu plus intéressant, comparant récits de tueurs avec rapports de psychiatre et survivante (car l’écrasante majorité des victimes sont des femmes). Les témoignages sont dure à encaisser. L’horreur, l’inhumanité et la manipulation de ces assassins transpirent via leurs comportements et leurs aveux. Ils manipulent les autorités, les policiers, les lois avec une impressionnante facilitée. Aucun d’eux ne semble éprouver de vrais remords. À part quant il s’agit de manipuler.

Beaucoup de ces tueurs ont eu une enfance difficile. Mais ce n’est pas une excuse. Beaucoup de personnes ont eux une enfance difficile et ne sont pas devenues des assassins sans pitiés. « L’excuse » de l’enfance difficile, bien qu’ayant joué sur le psyché des tueurs n’est pas une explication, ou la raison, de leurs crimes atroces. Puis souvent, ils mentent.

De la documentation provenant du FBI apporte une dose importante dans la compréhension et les manières que les forces de l’ordre utilisent pour appréhender ces criminels. Bien que les forces de l’ordre ai commis d’énormes erreurs, laissant parfois le champs libre à ces criminels pour continuer leurs horribles forfaits.

Voici un passage intéressant que Bourgoin partage, celui de l’agent du FBI Robert Kessler sur la peine de mort (je censure le nom du tueur) :

« D’une certaine manière, K, avec ses souvenirs précis, son regard critique sur les actes qui l’ont amené en prison, illustre parfaitement la nécessité pour la société de maintenir en vie ces meurtriers implacables. Je reste persuadé qu’on commet une grave erreur en les exécutant ; il faut contraire les garder en prison, les soigner et, ce faisant, apprendre d’eux les moyens de combattre à l’avenir une criminalité qui nous dépasse. Oui je maintiens que nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Exécuter de tels assassins n’offre aucun avantage pour la société. La peine capitale n’a rien d’exemplaire, et n’empêchera certainement pas des serial killers en herbe de tuer, tout simplement parce que l’emprise de leurs fantasmes restera toujours la plus forte. De plus, il est faux de prétendre qu’une exécution économise l’argent de l’Etat : aujourd’hui, pour tuer un condamner, il faut dépenser des millions de dollars en frais de justice. Il est bien plus utile de garder des assassins comme K en prison ; nous gagnons beaucoup à les étudier. »

— Troisième Ouvrage —

Serial Killers : enquête mondiale sur les tueurs en série de Stéphane Bourgoin.

Quatrième de couverture :

Noms des tueurs censurés par mes soins

Avec la collaboration d’Isabelle Longuet et Joël Vaillant

Ouvrage de référence, traduit dans le monde entier, cette édition revue et augmentée pour la quatrième fois et le résultat d’une trentaine d’années de recherches sur ces criminels qui tuent en série sans mobile apparent, et le plus souvent sous l’emprise de pulsions sexuelles. Ils commettent leurs forfaits en toute impunité pendant des mois, voire des années.

Stéphane Bourgoin a pu s’entretenir avec plus de soixante-dix de ces serial killers dans des prisons de hautes sécurités. Cannibales, comme O.T. ou le pedophile sud-africain S.W. ; psychotiques, tel G.H., dont le cas inspiré le personnage de Buffalo Bill dans Le silence des agneaux ; ou R.C. et J.R., authentiques vampires modernes ; femmes criminelles, comme M.B. ou C.F. ; tueurs d’enfants à l’exemple de J.J. et A.F. ; nécrophiles et chasseurs de têtes, à l’image de G.S. et E.K. qui sert de modèle au Hannibal Lecter de Thomas Harris ; étrangleurs de prostituées à la façon d’A.S., tous expérimentent les mêmes fantasmes sanglants – et une absence totale de remords.

Grâce à de nombreux séjours à l’étranger, l’auteur a rencontré les agents spéciaux du FBI chargés d’étudier ces assassins hors norme, ainsi que des profilers du monde entier qui utilisent une approche psychologique et des bases de données informatiques pour résoudre les enquêtes. Leurs conclusions sont confrontées à l’avis des plus grands psychiatres dans le domaine.

L’ouvrage est complété par de nouveaux entretiens et portraits de tueurs, un cahier-photos revisité, une étude sur la « détection de la sérialité » par le colonel de gendarmerie Joël Vaillant et une étude sur les nouvelles méthodes d’investigation informatique du FBI.

Le livre est un mastodonte de plus de 1 000 pages, coupé à la moitié par un album photo.

La première partie concerne les manières et tactiques que les forces de l’ordre utilisent pour arrêter ces criminels. Il est terrifiant de réaliser que la Police et la gendarmerie française sont encore très loin d’être au niveau des forces américaines. Nous sommes à la traîne.

Une partie sur les femmes serial killers éclaire les théories selon lesquelles il y a peu de tueuses en série, ce qui est vrai. Mais leurs méthodes sont complètement différentes de celle des hommes. Et tout aussi meurtrière.

L’interview de 3 profilers s’avère très intéressant dans le ressenti et l’impact que se métier peut avoir sur leurs vies.

Stéphane Bourgoin reprend des passages des deux livres précédents, se qui est un peu frustrant. Mot à mot ou presque. Si l’un de ces ouvrages vous intéressent, je vous conseil de prendre celui la. Prenez note qu’il fait plus de 1 000 pages.

L’ouvrage prends un tournant très intéressant, il faut l’avouer. Et il est très bien écrit. Les interviews réalisaient par Bourgoin sur ces tueurs s’avèrent très intéressant, une plongée dans le psyché directement. Sans fard. Je suis maintenant tenté de me procurer des ouvrages sur l’interview de ces tueurs, quelque chose dans ces interviews est captivant, je l’avoue. Mais après la lecture de se livre, j’ai ma dose d’horreur. Ces trois livres ont remplis leur objectif, nourrir ma curiosité morbide, je n’ai plus besoin de dose d’horreur humaine.

La fin du livre est une sorte de « compilation » de tueurs en séries, classés par ordres alphabétiques avec énormément d’ouvrage pour en apprendre plus sur chacun d’entres eux.

Je quitte se livre exténuant en me demandant comment des personnes peuvent bien baigner dans ces horreurs, par « passion », « intérêt ». Je peux comprendre l’utilité de se genre de livre pour les professionnels, gendarmes, enquêteurs, psychiatres, psychologues ect… je ne dénie pas que ces livres pourraient les aider dans leurs métiers, quant à nous, lecteur lambda, je me demande ce qu’ils peuvent bien apporter… peut-être à nous rendre plus attentif envers notre environnement et notre entourage. Peut-être. Car cela pourrait mener à de la paranoïa.

Mais après tout, ce n’est pas parce que vous êtes paranoïaque que quelqu’un ne vous suit pas actuellement. Peut-être même que ce quelqu’un vous regarde actuellement.

Mon verdict :

Comme noté au début de mon article, les serial killers ne sont pas une de mes passions. Par contre, je mentirai si je n’avouai pas la curiosité morbide qui m’a attiré à lire ces livres. Avouons le, nous sommes humains, nous aimons nous faire peur, nous ralentissons notre allure quand un accident s’est déroulé sur le bord de la route, et nous nous devons de jeter un coup d’œil.

Ce qui m’intéressais le plus, c’était le côté psychologique. Les maladies. Les personnalités. Les crimes, ça, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais j’ai quand même été servis par ces ouvrages.

Je voudrais pointer un problème que j’ai observé sur internet. Celui des gens, et disons la vérité, des femmes, qui adulent ces tueur en séries. Il y a des fanbases de tueurs en séries, des site de Murderabilia (terme signifiant la vente d’œuvres d’arts, d’objets, ayant appartenus à des tueurs sur internet). Je pense qu’il ne faut pas confondre fascination et admiration. Comme il ne faut pas confondre évolution et amélioration. Nous pouvons évoluer (dans tous sujets) négativement comme positivement. Amélioration par contre signifie que quelque chose devient positif, de retour à la normale. Fascination, pour moi, semble synonyme de curiosité, d’intérêt, tandis qu’admiration semble porter un intérêt plus poussé pour un sujet, un modèle, un but. Et cela est effrayant. Effrayant n’est peut-être pas le bon mot, mais je crois qu’admirer un tueur signifie qu’il y a peut-être un petit soucis, un manque à combler ou plus grave, mais je ne suis pas psychiatre. Les tueurs en série sont des lâches, la grande majorité des hommes qui s’attaquent à plus faible qu’eux. On oublie les victimes, les survivants, leurs familles. Imaginez vous, tant que faire se peut, être un proche d’une victime d’un de ces assassins et de voir que des gens l’admirent, le vénèrent, sont même attiré par eux. Que ressentiriez vous ? Certains même de ces fans vont jusqu’à insulter les victimes, les traiter de menteurs.

Tous cela pour dire qu’il faut faire attention sur internet, qu’il ne faut pas se faire berner par ces tueurs qui, si vous les admirez, ne vous considère pas comme des êtres humains mais des objets. Rien n’est possible avec eux.

Ces monstres ne ressemblent pas, pour la plupart, à des tueurs comme notre imaginaire peut se les représenter. Ils ressemblent à des personnes comme vous et moi, on ne peux plus normales. Du moins extérieurement. Certains même ont du charme, de l’intelligence, du savoir-vivre. Les vrais monstres ne ressemblent pas à des monstres. Mais à votre voisin, à votre collègue, voir même peut-être à vos amis.

Voici un extrait de l’avis de Stéphane Bourgoin dans Serial Killers : enquête mondiale sur les tueurs en série. :

Pourquoi un tel intérêt [pour les tueurs en série] ? Serait-ce un moyen pour chacun d’entre nous de transgresser la morale ou une transposition moderne de la « catharsis » ? Ne s’explique-t-il pas aussi par le désir profond de comprendre ce qui peut inciter ces tueurs, que rien ne distingue des honnêtes gens, à passer à l’acte ? Il doit bien exister une raison à ces actes irrationnels ! La réponse n’est pas évidente surtout quand les avis des experts divergent quant aux origines du « mal ». Cette violence résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs : prédispositions génétiques, dérèglements hormonaux ( sérotonine, testostérone…), événements déstructurants (violences familiales, abus sexuels…), influence du milieu dans lequel ils évoluent depuis leur naissance. Difficile aujourd’hui de cerner la part exacte de l’acquis et de l’inné. Les travaux des experts en neurosciences apporteront peut-être d’autres éléments de réponse. Néanmoins pour tous les spécialistes, une seule certitude, on ne naît pas tueur en série, on le devient.

Jaskiers

Récit de la Kolyma de Varlam Chalamov

Quatrième de couverture :

Les Récits de la Kolyma, réunis pour la première fois en français, retracent l’expérience de Varlam Chamalov dans les camps du Goulag où se sont écoulées dix-sept années de sa vie.

Fragments qui doivent se lire comme les chapitres d’une œuvre unique, un tableau de la Kolyma, ces récits dessinent une construction complexe, qui s’élabore à travers six recueils. Chaque texte s’ouvre sur une scène du camp. Il n’y a jamais de préambule, jamais d’explication. Le lecteur pénètre de plain-pied dans cet univers. Les premiers recueils, écrits peu après la libération, porte en eux toute la charge du vécu. À mesure que le narrateur s’éloigne de l’expérience, le travail de la mémoire se porte aussi sur la possibilité ou l’impossibilité de raconter le camp. Certains thèmes sont alors repris et transformés. La circulation des mêmes motifs entre différents récits, différentes périodes, constitue à elle seule un élément capital pour le décryptage de la réalité du camp ; on y retrouve la grand préoccupation de Chamalov : comment traduire dans la langue des hommes libres une expérience vécue dans une langue de détenu, de « crevard », composée de vingt vocables à peine ?

Les récits s’agencent selon une esthétique moderne, celle du fragment, tout en remontant aux sources archaïques du texte, au mythe primitif de la mort provisoire, du séjour au tombeau et de la renaissance.

On y apprend que le texte est avant tout matière : il est corps, pain, sépulture. C’est un texte agissant. A l’inverse, la matière du camp, les objets, la nature, le corps des détenus, sont en eux-mêmes un texte, car le réel s’inscrit en eux. Le camp aura servi à l’écrivain de laboratoire pour capter la langue des choses.

Les camps, dit Chamalov, est une école négative de la vie. Aucun homme ne devrait voir ce qui s’y passe, ni même le savoir. Il s’agit en fait d’une connaissance essentielle, une connaissance de l’être, de l’état ultime de l’homme, mais acquise à un prix trop élevé.

C’est aussi un savoir que l’art, désormais, ne saurait éluder.

Varlam Chalamov lors de sa première arrestation en 1929.

Avec une telle quatrième de couverture, dur d’écrire sur cette l’œuvre. Mais je vais essayer.

J’ai eu envie d’acheter cet ouvrage après voir lu « L’archipel du Goulag » de Alexandre Soljenitsyne, autre auteur étant passé par le Goulag, par le système de répression et de « nettoyage » ethnique et idéologique de l’état Soviétique. Le passage qui m’a le plus marqué dans l’œuvre de Soljenitsyne, et celui ou il déclare que l’homme cesse d’être un être humain quand une figure d’autorité use de violence physique. C’est encore d’actualité.

D’ailleurs, ces deux auteurs, Chalamov et Alexandre Soljenitsyne, ont communiqué par lettre. Je crois même qu’un recueil de leurs échanges est disponible. Malheureusement, leurs amitié ne durera pas longtemps, Chalamov reprochant à Soljenitsyne d’écrire des récits trop « doux » sur son vécu au Goulag.

Chamalov vise aussi Dostoïevski et sa « Maison des morts », qu’il juge, la encore trop doux, portant aux nues les truands.

L’emplacement de la Kolyma.

1 500 pages. 1 500 d’histoires, que l’on pourrait appelé un « recueil de nouvelles » écrit par un prisonnier, un Zek, un « crevard » des goulags, ou comme le dirai Chalamov, des camps d’exterminations stalinien. Chalamov connaîtra la détention dès la vingtaine pour n’en ressortir que vers la cinquantaine.

Chalamov n’était pas un prisonnier de droit commun, un truand, ceux là sont la terreurs des camps. Non Chalamov était un « 58 », emprisonné pour activités anti-soviétiques. Ces détenus étaient voués à être exterminer par le travail, par leurs gardes, par les truands, ces derniers étaient considérés comme des personnes à rééduquer et non des ennemis du peuple.

Être un « 58 », nom de l’article condamnant les activités anti-soviétiques dans le « code-penal » de l’ex-URSS de Staline, c’était être condamner à piocher, creuser, pousser des brouettes, être frappé, humilié, violé, assassiné et j’en passe. Vous pouviez être arrêter sur dénonciation, et souvent, vous étiez condamné sans savoir quel avait été votre crime. Dans l’ignorance. Et votre vie de prisonnier commençait sans que vous n’en connaissiez la raison. Et quand vous étiez accusé, il était impossible de ressortir lavé de tout soupçons, impossible de vous défendre. Vous étiez emprisonné et c’est tout.

Être « 58 », c’est travailler plus de 16 heures par jours, sous un froid de moins 60 dégrées (Celsius), c’est trouvé que moins 40 dégrées (Celsius) c’est doux, presque l’été.

C’est avoir les mains bloqués en position fermée à force de tenir les outils.

C’est avoir le scorbut. La pellagre. La dysenterie. Être utilisé comme objet de pari quand les truands non plus d’objets à parier. C’est d’être voler, de n’avoir aucun objet personnel.

C’est se faire voler la photo de sa femme pour que les truands puissent faire une « session de masturbation collective » avec.

C’est voir un autre 58 se faire éviscérer par des truands, ces derniers utiliseront les intestins de la victime pour étrangler un autre 58.

C’est être victime, 24 heures sur 24. Ne plus avoir de contact avec sa famille.

C’est d’être utilisé comme simple pion dans la politique, le microcosme concentrationnaire.

C’est de travailler jusqu’à l’épuisement total, physique et moral. Avec le ventre vide.

Si vous êtes une femme, c’est de se faire violer, en groupe. Et j’en passe…

Prisonnier de la Kolyma construisant la « route des ossements». Je vous laisse deviner pourquoi cette route se nomme ainsi…

Varlam a vécu tous cela juste parce qu’il avait dit qu’il appréciait un poème de Bakounine…

Je pourrai continuer encore. La lecture de ces 1 500 pages étaient éprouvante. Varlam Chalamov raconte ses histoires à la troisième personnes, ou à la première. Se livre contient tout ses récits, certaines histoires se répètent mais apportent toujours un nouveau détail ou point de vue de l’auteur. L’écriture à là troisième personne est un fait commun dans la littérature, elle permet aux victimes de s’exprimer plus « librement », donnant une certaines distance pour leurs permettre d’écrire.

Chalamov lors de sa deuxième arrestation en 1937

La lecture de cette œuvre immense vous hantera la nuit. Comme un bon roman d’horreur, sauf que se que vous avez lu a été vécus par des centaines de milliers de personne. Hommes, femmes et même adolescent. Vous en sortirez exténué. Vous ne verrez plus un mélèze comme avant. Une pioche, une pelle, une cigarette, une cuiller comme avant. Je conseillerai de lire se livre sur un tapis roulant à vitesse maximale pour bien comprendre la souffrance physique et mentale des récits. Votre corp sera ainsi en symbiose avec se que subit votre psyché. Et vous n’avez pas le droit d’arrêter jusqu’à l’évanouissement. Vous trouvez cela stupide ? Je ne l’ai pas lu comme cela bien sur, mais votre corps sentira la douleur lors de cette lecture. L’enfer est stupide. Les camps, les régimes totalitaires sont stupides. Sortez votre tapis roulant et soyez stupide.

Monument dédié aux morts à Magadane. Le visage de la tristesse.

Il n’y a aucune chronologie logique dans se recueil, vous êtes propulsé à Magadane sur une histoire, pour être propulsé à l’hôpital, puis dans la forêt ou dans les mines. Vous êtes perdu vous aussi, Chamalov vous entraîne avec poésie (si si) dans l’enfer. Et l’enfer concentrationnaire ne connaît pas de temps ni de logique.

La route des ossements aujourd’hui.

L’œuvre complète des Récits de la Kolyma est coûteuse. Je sais que l’ouvrage se vends en plusieurs parties. Je vous conseillerai la partie appelée Le gants.

Varlam Chamalov

Chaque histoire est imprégnée d’horreurs, de dénonciations, d’actes inhumains, cruels. Il n’existe pas d’amour dans les goulags, ni de merci. On y meurt, et si on survit aujourd’hui, demain on meurt. On utilise des tracteurs pour creuser des fosses communes, pour y lâcher des cadavres que même la terre gelée de la Kolyma ne veut pas. Rejetant, conservant, le permafrost ne veut pas de l’horreur humaine. Les mélèzes centenaires n’oublient pas, sont les témoins silencieux du massacre de millions d’êtres n’innocents poussés aux dernières limites de la vie.

J’ai omis volontairement de trop parler de politique, de citer l’action des services soviétiques tél que la Guépéou, le NKVD, la Tchéka, les Troïkas, le NKGB, des services qui massacrent et qui se font massacrer à leur tour quand leur horrible travail est fait.

Chalamov compare les camps d’extermination nazis et les Goulags, similaire selon lui, et je suis d’accord. Selon Varlam, les chambres à gaz sont remplacées par le travail forcée à moins 60 dégrée (Celsius) sans protections adéquates.

De loin une des lectures les plus terribles que j’ai eu l’opportunité de faire.

« La détention en camp est une chose atroce qu’aucun homme ne devrait jamais connaître. L’expérience du camp est, à chaque instant, absolument négative. L’homme n’y fait que devenir plus mauvais. Il ne saurait en être autrement. Au camp, il se passe des choses dont un homme ne devrait jamais être témoin »

Varlam Chamalov

Varlam Chalamov peu avant sa mort. Il finira sa vie dans un hôpital psychiatrique.

Jaskiers

La vérité, c’est que je suis bigrement confus.

Depuis quelques jours, et depuis quelques lectures, je me sens perdu, pour dire vrai.

Et j’écris cet article car je vois actuellement beaucoup de blogueurs faire une pause, ou directement quitter la plateforme. La raison étant pour beaucoup une sorte de fatigue, une impression de grande confusion, d’être perdu, d’incompréhension aussi peut-être.

Doit-on blâmer la Covid pour cette morosité ambiante ? Ce serait injuste de ne pas mentionner le poids de la pandémie dans cet article. Entre confinement, déconfinement, re-confinement, confinement mais-pas-trop. Le pire reste les dégâts que cette crise nous déposent sur son chemin. Chômage, licenciement, crise économique, baisses des aides sociales. La peur de l’après, la crise économique et sociale qui s’annonce. Le futur est angoissant. Je lis des articles parlant du « Monde d’avant », c’est à dire pré-Covid. Plus rien ne sera jamais comme avant. Comme dans un film de science-fiction, sauf que des vraies gens sont morts, des vraies familles endeuillés. Déjà qu’avant les choses étaient loins d’êtres satisfaisantes…On sais déjà qui payera les pots cassés. Les plus pauvres.

Tous cela engendrent et il faut le dire, des maladies et névroses mentales. Tous le monde encaisse mais au prix de notre état de santé mentale. Quand l’état mentale est dégradé, le corps suit.

Dépressions, anxiétés, troubles obsessionnelles compulsifs, angoisses, phobies, burns-out, et j’en passe.

Malheureusement je trouve qu’en France, la santé mentale est un tabou. L’esprit se soigne comme le corps. L’esprit s’entretient comme le corps. N’ayons pas honte de demander de l’aide, ce genre de maladie non-traitées vous entraînent dans une spirale qui mène aux endroits les plus sombres de votre être. Plus bas vous vous laisserez tomber, plus longue et difficile sera la remontée.

Dans ce genre de cas, on se sent seul, seul à souffrir avec personne pour nous comprendre, c’est un côté de la maladie qui vous parle. Elle veut vous enfoncer. VOUS N’ÊTES PAS SEUL.

L’aide d’un ou de professionnels ne pourra vous être que bénéfique et vous n’avez rien à perdre. Rien à perdre, tout à gagner, un pas en avant, vers la guérison.

N’oubliez pas la culture. Physique. Vous avez juste à marcher 20 à 40 minutes pour réduire l’anxiété et vous aérer l’esprit.

Quitter ces foutus réseaux sociaux. Les réseaux sociaux pourrissent votre morale, les réseaux sociaux sont un mensonge. En plus d’amasser, sans scrupule aucun, vos données personnelles , elles les revendent à tirelarigot à qui payent le plus.

Lisez des livres, physique si possible, je n’ai rien contre les livres audios ni les livres électroniques, mais le fait de vous déconnecter un peu de la technologie est une libération.

Regardez des films avec vos proches, manger avec eux, faite ce que vous vouliez toujours faire mais n’avez jamais eu l’opportunité, le temps, le courage, dans les limites imposées par se foutu Covid.

Ne prenez pas au sérieux ce que je viens d’écrire si vous n’y tenez pas. J’ai pris une sacré tangente dans cet article, comme Hunter S. Thompson le faisait dans les siens. Sauf qu’il était sacrément bien payé, sacrément bon avec sa plume et sacrément drôle.

Après mes leçons de morale à prendre avec des pincettes, revenons à nos moutons. Tous le monde semble en avoir plein le dos et délaissent leurs blogs.

J’ai cette sensation aussi, j’ai pensé et je pense à faire une pause.

J’ai commencé se blog, pour je ne sais quelle raison. Parler de littérature, principalement américaine, de culture, de musique. Au fond de moi, je crois que je voulais surtout écrire, et progresser dans cet art.

Comme je lis beaucoup, trop peut-être (ça existe « trop lire » ? ), j’avais décidé de partager mes lectures et d’écrire dessus. Une sorte de contre rendu de lecture. Le problème c’est que de plus en plus, au cours de mes lectures, je me détachais du livre pour me dire « je vais parler de ça et ça, prendre cette partie ou celle la, voir même les deux comme extrait ». Lire, et plus précieusement écrire sur mes lectures, est devenu presque un devoir d’école, un job, quelque chose que j’ai peut-être pris trop au sérieux.

Au final, une sorte d’anxiété s’est créée. À chaque fois que j’ouvre un livre, l’article du blog occupe une place trop importante dans ma petite tête d’idiot. Avant le blog, lire était mon évasion, mon truc à moi. Ça l’est toujours, mais le poids de l’article à poster pèse trop sur la lecture. Ajouter à ça la peur de spoiler le lecteur ou d’être irrespectueux envers l’auteur en dévoilant trop de son travail et vous avez mon blocage.

Il est temps de voir les choses en face. Je dois soit trouver ou un équilibre avec mes «comptes rendus» de lecture, sois dédié ce blog à l’écriture personnelle et créative, dans le but de progresser.

Plus j’écris cet article, plus je réalise que j’exposais mes lectures ici comme si j’étais en cours, à faire des textes de Corpus (prononcé « Corps Pouce » comme me le disait cette déglinguée de prof de seconde qui mettait des tongs même l’hiver, ses doigts de pieds étaient dégelasses, ses dents de devant s’entrent chevauchés la faisant zozoter et nous faisait passer le bac blanc oral devant toute la classe en seconde et avait, comme tout professeur qui se respecte une haleine tabac/café bien fétide. Une tangente encore désolé) et à en attendre quelque chose des gens qui me lieront. Je ne veux pas être une sorte de journaliste ou Reviewer littéraire. De toute façon, je suis loin d’être qualifié pour en devenir un.

Pourtant j’aime partager mes lectures ou du moins ce que je lis et partager avec vous mes avis et quelques informations ou citations intéressantes. Mais cela a prit beaucoup trop de place dans mon loisir et ma vie personnelle. Et j’ai l’impression que ces articles sont devenus redondants. Je lis énormément d’œuvre américaine, la plupart sur des conflits armée. C’est répétitif.

J’ai aussi fais je pense, l’erreur de poster un article par jour, ce qui me pressait à lire et à me prendre la tête pour savoir quoi poster et finir la lecture d’un livre avant ma propre deadline. Je précise que je n’ai jamais bâclé une lecture, je voulais être le plus précis possible dans mes articles.

Cela me faisais passer aussi un peu trop de temps sur mon écran. Et ça, c’est extrêmement mauvais. Pour ma santé mentale du moins. Et elle est fragile. Je n’ai pas honte de le dire. C’est un combat de tous les jours. Écrire est LA thérapie qui m’aide. Même si j’écris mal, ou du moins pas aussi bien que je le voudrai. Il me faut écrire mes propres textes pour progresser d’ou la nécessité d’un changement.

J’ai aussi découvert dans mes abonné(e)s des gens qui ne parlent pas français doivent passer mes articles par un traducteur. Je pourrai écrire quelques articles ou textes en anglais. Même si il mon anglais reste très bancal et qu’il me manque pas mal de vocabulaire pour étoffer ces potentiels articles.

Je pense qu’une pause, ou un gros ralentissement dans les articles sera au programme pour le blog. J’ai besoin de lire pour moi. Et d’écrire pour moi. Renouer avec l’essence même de la littérature. Littérature qui m’a sauvé. Le blog servira peut-être à partager mes écrits, et de m’améliorer dans ce domaine. L’attention démesurée que j’ai donné à mon blog m’a freiné. Ça ne m’empêchera pas de venir lire vos articles et de découvrir d’autres blogueurs.

Le fait d’utiliser exclusivement mon IPhone pour écrire et tenir le blog et pénalisant. L’achat prochain d’un ordinateur portable m’aidera peut-être dans la tenu du blog et j’espère, améliorer mes écrits. Mais on en est pas encore là.

En tous cas, je vous remercie de m’avoir lu, ce n’est pas la fin du blog. Je veux juste me concentrer sur l’écriture. Il se peut que je parle d’un livre, d’une lecture ou autre, parce que l’envie de partager sera primordiale pour moi.

Avant de finir l’article, je vous propose quelques personnes rencontrées durant ces quelques mois de blogging, et c’est sûrement une des choses les plus positives que je retiens de ces mois :

Pandora : car je suis son premier fanboy. Du moins je le revendique.

Lili : qui est la gentillesse incarnée et écrit sur son histoire, sur une période difficile de ça vie.

Firenz : Sa poésie, ses photos et son amour des animaux, surtout des chats. Un bisous à Miss Providence et toujours une petite pensé pour Biscotte.

Midian Poet : que j’aime surnommer Poet, amoureux de poésie et passionné comme moi de lettres américaines.

Paquerite : parce que Paquerite est un peu la GodMother du WordPress game et que je l’admire.

Filipa : parce qu’elle parle plus de langue que vous, qu’elle a une plume magnifique et que je pense qu’elle est Paquerite sont lié d’une manière ou d’une autre. Et je l’adore !

J’en profite aussi pour les remercier de leurs disponibilités, leurs gentillesses et leurs aide précieuse.

Le blog va changer de direction… ou pas. Honnêtement je n’en sais rien. Si vous n’avez rien compris à ce que je viens d’écrire, rassurez vous, moi non plus. C’était surtout pour prévenir ceux qui me lisent régulièrement. Si vous avez lu jusque-là, voici en cadeau un peu de Cobain.

Je suis preneur de votre expérience en matière de blog, de passage à vide ou de remise en question.

À bientôt ! Ou peut-être pas. Probablement que si en faite. Et si c’était juste un passage à vide ?

Jaskiers

Histoire vraie et personnelle n#7 : Un message de l’inconscient ?

L’entrée dans la chambre funéraire fût la chose la plus dure.

La vue d’un corps sans vie provoque une blessure dans l’âme. Cette blessure ne se refermera pas. La douleur peut s’atténuer mais c’est tout.

Encore plus quand le corps est celui d’un proche.

L’odeur d’une de ces chambre est caractéristique. Elle s’imprimera dans votre cerveau et reviendra vous hantez des années après, au milieu de la journée ou de la nuit.

La froideur du corps après l’épreuve de l’entrée de la chambre détruit toute résistance. Vous n’êtes plus rien, bien que vous soyez le seul vivant dans cette salle. En fait, vous mourrez un peu. Quelque chose part en vous. Un peu de votre innocence enfantine, une part de ce que vous étiez se retire. Surtout car vous ne vous posiez pas les bonnes questions vous et votre proche. Les non-dits, l’affection, les secrets, tous ça resteront en vous tout en vous enlevant une partie de vous même. C’est la vie. La vie est un paradoxe, de mon point de vue.

C’est à se demander si à la vue du corps inanimé d’un être aimé ou d’un inconnu, votre propre corps, votre cerveau, votre organisme, vos cellules, se demandent « Est-ce possible ? ».

Ne me dite pas que vous n’avez pas peur de la mort. On peux faire les malins à se dire que l’on n’en a pas peur, mais je pense que quand elle vient vous chercher, quand le souffle de la vie vous ai retiré, la terreur du « et après ? » doit vous submerger. Une sorte d’attente, un temps de latence terrible, de quelque millisecondes, une antichambre avant de quitter se monde.

Votre corps a une mémoire, vous avez votre conscience, les deux sont peut-être lié par l’inconscient, je n’en sais rien, je présume juste. Cette entité s’exprime souvent sans que vous vous en rendiez compte.

La nuit, vous faite se rêve. Ou se cauchemar. Vous choisissez.

Vous rentrez encore dans cette chambre à l’odeur ténue, froide, pathétiquement décorée. Votre proche est allongé la. Rien ne bouge. Vous vous approchez doucement. Ses yeux s’ouvrent. Ses iris sont rouge. Vif. Vous vous approchez, se rouge est en faite une rose. L’être aimé ne cligne pas des yeux, il ne bouge pas il est mort. Mais ses yeux sont ouverts, ses yeux vous offrent deux rose rouges pourpres. Et vous vous réveillez.

Vous ne savez plus quand exactement vous avez fais se rêve. Une semaine ? Deux mois ? Un an après l’enterrement ?

Dans tous les cas se rêve reste avec vous. Son sens vous échappe. L’inconscient a communiqué son message, à vous de le décrypter.

Et aucune réponse ne semble être la bonne ou la mauvaise. Et vous vivez avec. Hanté.

Je crois que pour l’Homme vivant, la mort est un désert, chaque grain de sable est une question. Peut-être devrions nous pensez à la vie, la mort elle est une énigme insoluble. Pendant que l’on se pose des questions sur la mort, le sablier de notre vie s’écoule. Irrémédiablement. Le temps ne se rattrape pas, ne s’achète pas. Il est notre ennemi. Il nous soumet. Corps et âme.

Demain sera toujours un autre jour, jusqu’à ce que le sablier se vide.

Vivons.

Jaskiers

Saturno devorando a un hijo de Francisco de Goya

Saturne dévorant un de ses fils – Francisco de Goya

J’ai découvert Goya grâce à Hemingway. Goya n’était pas le peintre préféré de Hemingway, lui c’était Cezanne. L’une des occupations préférées d’Ernest en Espagne après la Corrida était de visiter le musée du Prado, il en parlait beaucoup dans ses correspondances, tombant même amoureux d’une peinture ! Il y mentionnait Goya, que j’avais déjà vu en lisant La Peste de Camus car une peinture de Goya, Le préau des pestiférés faisait office de couverture.

Ma curiosité était piquée !

À la première vue de ses œuvres, j’ai ressenti beaucoup de colère, du sombre, de la tristesse et de la violence.

Et la vue de cette peinture sanguinolente m’as interpellé.

Quelle violence ! C’en est presque gore ! C’est dérangeant. Choquant. Je m’imagine Goya, peignant cette œuvre, dans quel état d’esprit était-il ? Pourquoi faire cette œuvre ? Il y a t’il un message personnel ? Un besoin d’extérioriser une colère ? Une angoisse ? Une peur ?

Et que dire du titre de l’œuvre ? À l’image de la terreur que peut exercer sur vous se tableau. Même le nom est dérangeant !

En tous cas, je doute que cette peinture vous ai laissé indifférent.

Je ne suis pas nécessairement amateur de peinture, je n’ai aucune connaissance solide en la matière ni de vraie culture. Je partage juste mon sentiment à l’égard de cette peinture comme le néophyte que je suis.

Voici la page Wikipedia de l’œuvre pour en prendre connaissance.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saturne_d%C3%A9vorant_un_de_ses_fils?wprov=sfti1

Jaskiers

En ligne de Ernest Hemingway

Quatrième de couverture :

Choix d’articles et de dépêches de quarante années

Journaliste et romancier, Hemingway a su mener les deux activités de front avec un égal talent, utilisant l’une au profit de l’autre et vice versa. Le jeune Ernest n’a pas dix-huit ans lorsqu’il publie son premier article. Pêche, chasse, descriptions de paysages et de mœurs, anecdotes de voyage, exotisme et reportage de guerre : il aborde tous les genres avec aisance et impose immédiatement ce style sans fioritures qui n’a pas pris une ride. Plus de quarante années d’articles et de dépêches écrites aux quatre coins de la planète sont réunies dans ce recueil qui se divise en cinq parties. La première représente les débuts d’Hemingway journaliste. D’emblée, le jeune homme porte un regard original, avisé et plein d’humour sur ce qui l’entoure. Après quelques années exclusivement consacrées à là littératures, Hemingway, devenu écrivain célèbre, renoue avec le reportage. Il couvre la guerre d’Espagne, qui lui inspirera Pour qui sonne le glas, puis la Deuxième Guerre mondiale. Le livre se termine sur l’après-guerre vu par un homme de plus en plus fasciné par la mort.

Le recueil d’article commence par son travail au Toronto Star Weekly, voguant entre l’Amérique, la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

En Europe, il vivra à Paris. Le Paris d’après guerre était un véritable vivier d’artiste américain. Son travail au journal de Toronto lui permettra de nourrir sa femme et son fils.

Hemingway écrit pour The Toronto Star Weekly :

Si vous voulez vous procurez des repas gratis, un logement gratis et des soins gratuits, il existe un moyen infaillible. Approchez-vous du plus gros agent de police que vous pouvez trouver et frappez-le au visage.

La durée de votre temps de repas et de logement gratis dépendra de l’humeur du colonel (George Taylor) Denison (juge de tribunal de simple police). Et l’importance de vos soins médicaux gratis dépendra de la taille de l’agent de police.

Voici un autre extrait d’un de ses article au Toronto Star Weekly, ou le jeune Hemingway devine déjà le drame que la dictature de Mussolini va provoquer en Europe :

Quand nous entrâmes dans la pièce, le dictateur [Mussolini] à la chemise noire ne leva pas les yeux du livre qu’il lisait, tant était intense sa concentration, ect…

Je m’approchai discrètement derrière lui pour voir quel livre il lisait avec tant d’intérêt. C’était un dictionnaire français-anglais — tenu à l’envers.

Ernest Hemingway jeune, à l’époque où il travaillait au Toronto Star Weekly.

Après le Toronto Star Weekly et une longue pose journalistique de 9 ans, Ernest décide de se consacrer à ses ambitions de romancier. Ambitions qui se concrétiseront avec l’énorme succès, de son roman Le soleil se lève aussi. Ernest est engagé par Esquire, où il écrira beaucoup d’article sur la chasse, la pêche, les safaris, l’écriture, le voyage et sur la situation politique en Europe, qu’il juge menaçante, surtout avec l’avènement de Mussolini en Italie et celui d’Hitler en Allemagne.

À noter le superbe article écrit sur un vieux marin qui revient de la pêche avec son énorme prise mangée par les requins donne des frissons… Pour des raisons évidentes pour ceux qui ont eux la chance de lire l’un de ses plus grand livre. D’ailleurs, comme noté précédemment, l’écriture fait parti intégrante de ses articles, comme si il voulait distiller un peu de son talent aux lecteurs.

Voici d’ailleurs un extrait d’un de ses articles pour Esquire :

La chose la plus difficile au monde est d’écrire une prose parfaitement sincère sur les êtres humains. D’abord il faut connaître le sujet ; et puis il faut savoir écrire. Apprendre ces deux choses nécessite une vie entière […] Écrivez sur ce que vous connaissez et avec sincérité et envoyé tous le monde au diable.

Vous devez être toujours prêt à travailler sans encouragement. C’est lorsque vous êtes inspiré par quelque chose que se fait la première rédaction. Mais personne ne peut la voir avant que vous l’ayez reprise encore et encore, avant que vous ayez communiqué l’émotion, les décors et les sons au lecteur. Et lorsque vous aurez accompli cela, les mots, parfois, n’auront plus de sens pour vous, tellement vous les aurez relus de fois.

Puis, il sera engagé par la North American Newspaper Alliance pour couvrir la guerre d’Espagne, pays dont il est follement amoureux. Il choisira le camps des Républicains dans la lutte fratricide qu’était la guerre espagnole.

Ces articles sont une mine d’or. Preuve qu’Hemingway était un aussi bon reporter qu’un excellent écrivain. J’ai beaucoup lu de récit de guerre mais les articles d’Hemingway nous plonge dans l’enfer de la guerre civile Espagnole. Tantôt avec les civiles, les collègues journalistes et avec les soldats républicains. La prose est dur, ferme, franche et je dirais presque romanesque à la vue des descriptions, vous avez l’impression d’y être. Oui. Confortablement installé, vous êtes plongé dans l’horreur grâce à son talent. Son expérience de la guerre civile espagnole lui inspirera Pour qui sonne le glas, l’œuvre sera dédié à Martha Gellhorn.

Extrait d’une dépêche pour la North American Newspaper Alliance ayant pour titre : Le bombardement de Madrid 11 Avril 1937

Mais en ville, où toutes les rues étaient pleines des foules du dimanche, les obus arrivèrent avec le brusque éclair que fait un court-circuit et puis il y eut le fracas assourdissant de la poussière de granit. Au cours de la matinée, vingt-deux obus tombèrent sur Madrid.

Ils tuèrent une vielle dame qui revenait du marché, la jetant à terre comme un ballot de vêtement noirs, une jambe, soudain détachée, allant frapper en tournoyant le mur de la maison voisine.

Ils tuèrent sur une autre place trois personnes, qui s’étalèrent comme autant de paquets éventrés de vieux chiffons dans la poussière et les gravats quand les éclats de 155 eurent explosé contre le bord du trottoir.

Une automobile arrivant dans la rue stoppa brusquement, fit une embardée après l’éclair lumineux et le fracas et le conducteur sortit en titubant, son cuir chevelu pendant sur ses yeux, pour aller s’asseoir sur le trottoir, la main sur le visage, le sang lui mettant un vernis brillant sur le menton.

[…] mais le bombardement qui s’abattît sur les rues à la recherche des promeneurs du dimanche n’était pas militaire.

Ernest Hemingway, au milieu avec le bonnet, se réchauffant avec des soldats républicains durant la guerre civile Espagnole.

Durant la Seconde Guerre Mondiale il couvrira pour le magazine PM. Du conflit sino-japonais, au débarquement de Normandie, de la Libération de Paris jusqu’à la percée de la ligne Ziegfried.

Hemingway sera d’abord envoyé en Chine pour couvrir la guerre Sino-Japonaise, afin de renseigner le public occidental sur se conflit qui était pour beaucoup de personnes, un conflit oublié, l’Allemagne Nazie et le conflit en Europe, la guerre pour la suprématie aérienne au-dessus de l’Angleterre étant plus importante à leurs yeux.

En analysant le conflit, Hemingway émet des théories sur une possible attaque japonaise dans le Pacifique, dans leurs quêtes d’extension et soumet l’idée qu’une attaque japonaise sur la flotte américaine était très probable, ce qui déclencherai l’entrée de l’Amérique dans la guerre. L’Histoire lui prouvera qu’il avait raison car l’attaque japonaise de Pearl Harbor entraînera l’entrée de l’Amérique dans la guerre totale.

Hemingway (troisième en partant de la gauche) et Martha Gellhorn, je crois, (première à gauche) en Chine durant la guerre Sino-Japonaise.

Vient ensuite, le récit d’Hemingway sur le débarquement de Normandie dont-il participa avec la septième vague d’assaut.

Le bond dans le temps, les articles sur la guerre en Chine dataient 1941, est dû aux autres activités qu’Ernest avait pendant la guerre. Écrire bien sur, mais aussi, la chasse au sous-marins allemand à bord de son bateau de pêche le long des côtes de Cuba. Selon certains experts, cette mission de chasse n’était qu’un prétexte pour boire entre ami, selon d’autres, ces missions ont permit de couler 2 ou 3 navires allemands.

L’article d’Ernest sur le débarquement est angoissant, car Hemingway et ses compatriotes n’arrive pas à trouver la plage sur laquelle ils devaient débarquer les soldats et la TNT qu’ils transportaient.

Ernest Hemingway avec des soldats américains avant le débarquement.

En lisant cette article, je me suis rappelé cette introduction dans le livre de Martha Gellhorn, La guerre de face disant qu’Hemingway n’aurait pas assisté au débarquement et qu’il aurait écrit cette article grâce aux témoignages des soldats revenus du front. Maintenant, à nous de nous faire notre propre avis. Je sais par contre que Robert Capa a participé au débarquement, sur la plage d’Omaha Beach, surnommé Omaha la Sanglante à cause du carnage infligé aux soldats américains par les allemands défendant la plage. ( C’est cette plate qu’à choisis Spielberg pour filmer Qui veut sauver le soldat Ryan.) Capa faisait parti de la première vague, la légende dit que la plupart des clichés qu’il a prit pendant le débarquement ont été perdu car les négatifs seraient tombés dans la mer. Des soldats diront qu’ils avaient beaucoup trop peur et qu’une fois arrivé sur la plage, il demanda d’être rapatrié illico-presto vers l’Angleterre. Encore une fois, qui dit vrai ?

Extrait de la traversée de la victoire pour Radio Londres :

À ce moment, nous entrâmes dans la zone balayée par le feu des mitrailleuses et je baissai la tête pour échapper au crépitement des balles. Puis je descendis dans la cavité à l’arrière, là où le canonnier aurait pris place si nous avions eu des canons. Le feu des mitrailleuses faisait jaillir l’eau tout autour du bateau et un obus antichar fit lever une gerbe d’eau qui passa par-dessus nous.

« Vire et sors le bateau d’ici, Patron ! » cria Andy. « Sors le bateau d’ici ! »

Le lieutenant parlait, mais je n’entendais pas ce qu’il disait. Andy pouvait l’entendre : il s’était penché, la tête tout près de ses lèvres.

Pendant que nous pivotions sur place et nous en allions, le feu des mitrailleuses s’arrêta. Mais les balles de tireurs individuels continuèrent à siffler au-dessus de nos têtes et à frapper l’eau autour de nous. J’avais relevé lentement la tête et regardai le rivage.

Vient ensuite un article sur les bombes allemande V1 et V2, les premiers missiles longues portées inventé par les nazis et provoquant d’énorme dégâts humains et matériels dans Londres. Hemingway interview des pilotes de chasses chargés d’éliminer ses missiles, exercices périlleux et difficiles.

Missile V1 quelque seconde avec d’exploser dans une banlieue de Londres.

Ensuite, Hemingway s’embarque avec dans des bombardiers, l’article et court, se concentre sur la drôle de façon de parler des anglais. Je dirai que cet article est le plus anecdotique de se recueil, même si il reste bon et bourré d’humour.

Puis arrive bien sur la libération de Paris, la ville qu’il aime le plus. Avec moult détails, tout en glissant dans son article qu’en tant que reporter de guerre, il n’a pas le droit de commander de soldats, il décrit les manœuvres entre soldats américains et les F.F.I, les Forces Françaises Libres, pour mener à bien l’assaut sur Paris. L’article est mythique, les Résistants le nomme capitaine puis colonel, il se dédouane constamment, disant qu’il n’a aucune influence sur les soldats, mais se contredit plusieurs fois, et je crois intentionnellement, en écrivant qu’il servait juste de « traducteur » entre Résistants et l’armée U.S.

Saviez que Ernest Hemingway était à la tête d’un groupe de franc-tireur français et qu’il a mené se groupe jusqu’à durant la bataille pour la libération de Paris jusqu’à la terrible bataille de la forêt d’Hurtgen ? Bien sur, il a mené se groupe officieusement, ce qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de l’état major américain. Interrogé par ce dernier, Ernest niera évidemment tous et sera lavé de cette accusation. Bien sur, Ernest ne parle pas de son implication, totalement illégale aux vues des conventions de Genève, dans ses articles, c’était juste pour la petite histoire. La légende dit même qu’il aurait libéré le Ritz ! (Une autre légende dit qu’il aurait sorti un lion qui s’était échappé d’un cirque, à main nu du Ritz. Le Ritz a d’ailleurs un bar nommé au nom d’Hemingway et plusieurs boisson nommé en son nom à Cuba, comme le Papa Doble.)

Aaron E. Hotchner, journaliste américain et grand ami de Hemingway jusqu’au suicide de se dernier écrira dans son livre Papa Hemingway cette petite rencontre a un hippodrome de Paris (je ne me rappel plus lequel) : Avant la course qui s’annonçait, quelqu’un appela Ernest, les deux amis tournèrent la tête pour se retrouver devant un petit homme mal habillé. Hemingway le reconnus. C’était un des francs-tireurs qu’il avait commandé lors de la Seconde Guerre Mondiale. Après un banal échange de politesse ils se quittèrent. Hemingway dit à Aaron : « – Avec ce petit français, pendant la guerre, on as fait du sale. On en a vu aussi, mais on as fait du sale. » Hemingway ne parlait que très peu de la guerre, c’est le seul passage du livre de Hotchner, si je me rappel bien, qui parle de la guerre.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale. De gauche à droite : Robert Capa, le chauffeur de la Jeep et Hemingway.

Puis vient l’avancé et la percée de la ligne Ziegfried, dernière ligne de défense allemande. Les retranscriptions de batailles et de discutions entre soldats (incluant des résistants français, qui comme de par hasard, se retrouvent avec Hemingway aux frontière du Reich). Ces articles sont de loins les meilleurs reportages de guerres que j’ai lu. Captivants, effrayants, parfois même drôles.

A noté aussi que son premier fils Jack, surnommé Bumby, était parachutiste durant la guerre et fut fait prisonnier par les allemands ! Il fut libéré, sain et sauf. Il n’en parlera que très peu, ce que j’ai pu lire de la réaction d’Hemingway sur l’emprisonnement de son fils était un petit passage dans une de ses correspondances.

Ernest Hemingway durant la Seconde Guerre Mondiale. Remarquer sa ceinture ? C’est une ceinture de soldat S.S., sur la boucle est marqué Gott Mit Uns, Dieu est avec nous.

Son expérience de la Seconde Guerre Mondiale le poussera à écrire Par delà le fleuve et sous les arbres.

Puis vient les articles d’après guerres. Là aussi se produit un bon dans le temps entre les articles sur la Seconde Guerre Mondiale et ces articles. Car Hemingway décide de repartir chasser, pêcher et écrire. Il partira en safari, safari qui faillit lui coûter la vie, à lui et à sa femme, à cause de deux accidents d’avions consécutifs, qui le marqueront physiquement et mentalement. Les médias pensèrent qu’Ernest et sa femme étaient morts. Hemingway adora lire les oraisons funèbres et les articles nécrologiques.

Ernest Hemingway sur son bateau de pêche le Pilar. Ce nom vous dis peut-être quelque chose ?

Les articles d’après guerres se concentrent sur la pêche en haute-mer, près des côtes de Cuba, sur le Golf Stream, à bord de son fameux bateau de pêche, le Pilar, sur les techniques et équipements de pêche, sur la chasse et sur son grand voyage en Afrique et bien sur, un peu de Corrida. Dans ses articles, Hemingway place souvent des références à la guerre, prouvant à quel point les conflits auxquels il a assisté auront marqués son psyché.

Ernest Hemingway (avec barbe et casquette) assistant à une corrida avec son ami toréador Dominguin (à droite, cheveux brun).

Extrait de l’article Le cadeau de Noël publié dans le magazine Look entre le 20 mai et le 4 avril 1965. La scène se passe après le premier crash de son avion :

[…] Notre conversation au sujet du bidon d’eau fut interrompue par un éléphant mâle aux défenses impressionnantes, qui apparut à vingt yards de nous. Il suivait manifestement la piste des éléphants, pour aller paître le long de la crête, lorsqu’il s’arrêta pour voir notre feu de plus près. Il écarta largement les oreilles. Elles me parurent avoir soixante pieds de largeurs, mais pour avoir vu des éléphants en plein jour je sais qu’elles n’atteignent pas de telles dimensions.

Il leva sa trompe qui me parut longue de plusieurs centaines de pieds, mais je sais aussi que de telles dimensions sont impossibles. Il poussa ensuite un cri aigu très curieux et donna tous les signes de vouloir se joindre à notre groupe. Roy et moi gardâmes une immobilité silencieuse, retenant même notre souffle, et nous espérâmes sincèrement que l’éléphant se déciderait à retourner à ses affaires personnelles. […]

Extrait du même article sur son deuxième crash d’avion consécutif :

J’ouvris la portière par un coup de ma tête et de mon épaule gauche. Une fois la porte ouverte, je montai sur l’aile gauche de l’avion, aile qui n’avait pas encore pris feu, et dénombrai Miss Mary, Roy et le pilote qui étaient sortis de l’avion par une ouverture où je n’aurais pas pu passer.

Hemingway se reposant après son double accident d’avion en Afrique.

À la fin de sa vie, accablé par les problèmes physique et mentale, il se pensait surveillé par le FBI. Personne ne l’a cru. Et pourtant il avait raison.

Après plusieurs tentatives de suicides, des hospitalisions en hôpital psychiatrique, de séances d’électrochocs qu’il jugeait responsable de ses pertes de mémoires et de son incapacité à écrire comme il le voulait, il se tira une balle dans la tête.

Ses dernières paroles seront à sa femme Mary Welsh Hemingway : Bonne nuit mon petit chaton.

Hemingway posant avec le fusil avec lequel il se suicidera.

Ainsi se termine ma dernière lecture d’Hemingway et cet article très long. J’ai ajouté des photographies pour aérer l’article. Certaines choses sont peut-être hors-sujet mais j’avais tellement envie de partager ce que je savais de lui avec vous.

Le prochain livre qui arrive s’intitule How It Was, de Mary Welsh Hemingway, livre, qui comme le mentionne le titre, parle de sa vie avec Ernest Hemingway.

Jaskiers

Histoire vraie et personnelle N#5 – Le jour ou j’ai vu la mort sur le visage de mon père.

Credit photo : le visage de la guerre de Salvador Dali

Nous descendions dans le bourg, moi au volant et mon père à mes côtés, pour acheter des cigarettes et aller faire quelques courses.

Mon père était gravement malade, se battant contre un cancer du sang. Marchant difficilement, s’aidant d’une béquille de la main droite. Le quotidien était une torture pour lui, chaque pas était un combat. Mais je devais l’emmener acheter ses cigarettes (et les miennes), faire nos petites courses. Je pense que cela venait de son caractère, un gars du village, de la campagne, il ne fallait pas montrer ses faiblesses, lutter jusqu’au bout. Ces gens s’aident souvent, trop souvent, de l’alcool pour anesthésier leurs peines. Amenant à des drames, souvent dans le village, on entendais parler de quelqu’un que nous connaissions, du moins de vue, dont le foie avait explosé, mort dans le parc, sur un banc, chez eux, pendu dans leurs maisons. Et bien sur, les maladies, cirrhoses, cancers ect… Malheureusement mon père faisait parti des alcooliques et de ceux qui ont attrapés le crabe. Mais même avec ses maladies, il voulait se montrer fort, debout, pour moi et je le sais. À l’époque, je ne le savais pas. J’étais plutôt en colère et triste.

Je gara la voiture sur une place arrêt minute, demandant à mon père si il voulait que je l’aide, retirer les sous et aller chercher le tabac à sa place. Voir l’aider à descendre de voiture. J’ai eu le droit à son sacro-saint non.

Je le laissa faire, sachant que c’était une question de fierté, d’amour propre, de me montrer à moi et au village que l’homme souffrait certes, mais il continuait à marcher. À vivre, tant bien que mal. Plutôt mal que bien en faite.

Il sortit de la voiture et je le vis marcher sur le trottoir direction le distributeur, claudiquant doucement, prenant son temps à répondre au salut de connaissances passant en voiture.

Il retira son argent puis revint en direction de la voiture. Quelque chose n’allait pas ou il y avait un problème.

Arrivé à la voiture, il ouvrit la portière et me demanda : « – Tu voulais combien de paquet déjà ?

– Euh… Trois, ça fera la semaine normalement.

Il ne m’entendît pas et me demanda de répéter. C’est là que je vis que la fin était proche. Sur son visage, j’ai vu la mort.

Je vivais avec lui presque tous les jours mais je ne vis que maintenant l’état et la souffrance dans lequel il était. Son visage, marquant son incompréhension devant ma réponse était marqué.

Sa peau était jaunâtre, marqué par des rides profondes malgré son jeune âge, 54 ans, le blanc des yeux légèrement jaune aussi, une calvitie naissante, ses cheveux courts, secs, poivre et sel, ses yeux sans cils, ils avaient été brûlés par des années de tabagies, des cernes creusées, les dents jaunies, la bouche strié de ridule, des pattes d’oies marquées, les joues creuses, ses mains calleuses après des années à travailler sur les trains aidant son corps à rester debout, s’appuyant sur la portière de la voiture.

Vous savez, j’ai mis cette peinture de Dali alors que j’aurai pu autant mettre celui de Edvard Munch « Le cri » pour représenter graphiquement et artistiquement le visage de mon père. Imaginer « Le cri », le personnage criant sans ses mains posées sur le visage.

Ma réaction immédiate après avoir ressenti l’impression de tomber de quelque étages en chute libre au fond de mon corps a été de lui sourire. Son visage crispé s’assouplit pour me rendre mon sourire. La mort avait disparu de son visage, elle avait lâché sa proie, lui permettant de me montrer, inconsciemment je pense, qu’il m’aimait, qu’il continuerait à se battre, qu’il continuerait encore à vivre un jour, ou deux, ou un mois. Que l’on continuerait tant bien que mal à partager des moments pères-fils qui nous avez tant fais défaut pendant toute ces années. Que la mort n’était pas dans notre liste de course aujourd’hui.

« – Je t’ai dis trois paquets pa’, ça fera largement toute la semaine. »

Mon père mourra deux mois plus tard.

Sur son lit de mort, son visage était paisible. Comme si il dormait. La mort avait fait son travail, ayant prise avec elle les marques physiques de la douleur. Comme si elle avait prise sur elle de les enlever pour s’excuser de la souffrance qu’elle lui avait infligée jusqu’au dernier jour.

Jaskiers

Mes saisons en enfer | Cinq voyages cauchemardesques de Martha Gellhorn

Photographie de couverture par Robert Capa prise en 1940.

Quatrième de couverture :

Déployant une joyeuse fureur et une élégante ironie, l’illustre correspondante de guerre américaine Martha Gellhorn raconte ses cinq pires épopées autour du monde. On se réjouit de la suivre dans ses tribulations, tout en se félicitant – souvent – de ne pas être de l’aventure.

« Le bréviaire du reportage en milieu hostile. »

Sylvain Tesson, Lire

« Une magnifique héroïne garantie sans testostérone. »

Marguerite Baux, Elle

L’introduction nous présente une biographie courte de Martha, aucune biographie française n’as été publiée pour l’instant. Ce que j’ai appris, c’est qu’à ses débuts, Gellhorn faisait beaucoup de fautes d’orthographes, comme Hemingway et F.Scott Fitzgerald (ce dernier, selon Hemingway, été à la limite de l’alphabétisme, il n’a jamais su écrire Hemingway correctement) !

Hemingway est présent dans la première histoire de se livre sous le nom de : CR. Que veux dire CR ? Compagnon réticent ! Cette première histoire se passe en Chine durant la guerre Sino-Japonaise. Martha avoue avoir poussée Hemingway à la suivre dans cette aventure. Chose qu’elle regrettera, les chocs culturels, politiques, climatiques seront trop pour elle. Ce dont Ernest, qui lui s’habitue plus facilement, utilisera pour se moquer d’elle à chaque fois qu’elle se plaint « C’est toi qui a voulu venir ! ».

Il n’y a pas que du mauvais écrit sur Hemingway, Martha relate aussi des péripéties et des frasques typiques d’Hemingway, qui pourraient vous arracher un petit sourire ou deux !

Durant un voyage en Amérique Centrale, Martha découvrira l’horreur des bagnes français en Guyane. Horreur qui semble n’être connue de plus personne en France. Une honte pour le pays des Droits de l’Homme. Enfin, si il n’y avait que ça que la France devait avoir honte…

Le livre ne traite que peu de la guerre. Je pensais qu’elle parlerai de ses voyages sur le front, sur des théâtres de guerres. Mais ses récits sont en faite des voyages cauchemardesques comme vous et moi aurions pu faire il y a de ça des décennies ou même encore aujourd’hui même si les Tour-opérateurs et autres agences de voyages vous évite, je pense, de galérer comme Martha l’as fait en Afrique.

La partie sur l’Afrique est la plus conséquente du livre, mais aussi la plus dérangeante car Martha semble se prendre pour une anthropologue, comparant les Africains aux Européens de manière assez dures et je dirai même irrespectueuse. Je n’ai pas aimé cette grosse partie du livre et je trouve que cette mentalité de jugé par la couleur de peau allant jusqu’à la nationalité m’as gêné. Peut-être est-ce moi qui ai tord au final mais je ne vois plus la dame de la même manière.

C’était une autre époque, bien sur, mais cela excuse-t-il tous ces propos, osons le dire, raciste ?

Il n’en reste pas moins que Gellhorn était une grande journaliste et écrivaine, philanthrope oui, mais se texte sur l’Afrique reste dérangeant et je n’ai pas apprécié la lecture de ce voyage… En faite, à mon grand désarroi, je n’ai pas vraiment aimé le livre globalement.

Pour faire court, c’est le livre d’une américaine qui décide de voyager et écrit ses plaintes concernant les aléas et soucis de son périple. Pendant 500 pages, ne lire que des plaintes devient un peu énervant et frustrant. Je ne m’attendais pas à cela en achetant se livre.

Cela ne m’empêche pas d’avoir beaucoup de respect et d’admiration pour Martha Gellhorn, sa vie et son œuvre. Je pense juste que ce livre n’était pas pour moi, je ne pense pas avoir compris ce terrible passage sur l’Afrique et j’espère me tromper en ayant parler de racisme. Il faut que je l’avoue, ce livre a terni l’image que j’avais de Martha Gellhorn.-

Jaskiers

Une histoire vraie personnelle #4 – Le jour où je me suis perdu aux milieux des champs, complètement saoul.

Crédit photo – Trip Advisor

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens, cher lecteur et lectrice, à vous avertir que j’ai changé le début de l’histoire pour raison d’anonymat. La partie où je sors de la voiture et le point de l’histoire ou rien n’a été modifié ou inventé. L’alcool, les ami(e)s, avec modération.

Je devais avoir 20-21 ans, il y a quelques années de ça. C’était un samedi soir, bien sur, un ami fêtard m’appelle pour me demander si je veux sortir en boîte. BIEN SUR lui ai-je répondu. Allez danser et surtout boire pour oublier un peu les problèmes, c’était notre truc avec mon ami fêtard.

Étant de gros buveur, en soirée je précise, nous ne conduisions JAMAIS alcoolisé. Il nous fallait un chauffeur, un SAM comme disait la publicité pour la sécurité routière de l’époque.

SAM, CELUI QUI CONDUIT, C’EST CELUI QUI NE BOIT PAS

Alors si possible un SAM et pourquoi pas décuver chez quelqu’un. Nous avions en vu d’être hébergé par une amie qui habitait pas loin de la boîte de nuit où nous voulions aller. Elle avait la trentaine, nous laisser dormir dans sa maison puis repartir le lendemain.

Avec bonheur, nous trouvons notre SAM et la femme qui nous hébergeait a accepté que nous « crashions » chez elle après la beuverie.

Tous ce déroule comme prévu, nous arrivons en boîte, buvons beaucoup (trop), dansons, flirtons maladroitement (enfin si je me rappel bien). Nous étions dans la « vibe » voyez vous. Quand une personne est dans la vibe cela signifie être assez saoul pour mettre le feu au danse floor (enfin c’est ce que la personne croit), assez désinhibé pour flirter aussi, malheureusement, il est très dur de sortir cette personne de la boîte de nuit. Elle a envie de continuer jusqu’au bout de la nuit. Sortir ? Déjà ? Hors de question !

Eh bien… Cette fois là, j’étais en plein dans cette vibe quand la femme qui nous hébergeait nous déclara que c’était le moment de partir. Elle avait des choses à faire.

Bien sur, je refuse, je suis dans mon truc, j’y reste jusqu’à l’aube !

C’était sans compter sur notre chauffeur et notre amie logeuse, qui avec mains efforts m’on traînés jusqu’à la voiture avec mon camarade de beuverie.

Dans la voiture, je commence à me plaindre, sérieusement, si c’était pour rentrer à 2h30 du matin, c’était pas la peine de nous héberger ni de nous amener. J’aurai pu rester chez moi à bouquiner. Et puis de toute façon, vous êtes plus comme avant. Et puis-

Je m’arrête dans mon monologue de soûlard avec une superbe idée en tête, faire arrêter la voiture et m’enfuir.

« – Hey l’ami, faut que tu t’arrête je vais gerber »

Le SAM arrête la voiture dans un petit chemin champêtre menant nul ne sait où. Je sors avec mon complice de beuverie et lui dit avec le ton qu’on les gens bourrés quand ils parlent :

« – Mec, ils me cassent les couilles sévère !

– Ouai moi aussi.

– J’m’en fou, j’ai pas b’soin d’eux pour me ramener !

– Mec, le village doit être encore à… genre… 11, 12 km !

– Par les champs mecs, j’vais rentrer par les champs !

– Arrête tes conneries ! T’es bourré tu sais pas c’que tu fais ! »

Trop tard, je passe à travers la haie d’un champ, tant bien quel mal, racines, ronces et fils barbelés ne m’ont pas arrêté. Quand on est saoul, on ne sens rien à par le lendemain… J’entends mon collègue gueuler à notre SAM :

« – Putain les gars ils se cassent par les champs ! »

SAM m’interpella :

« – Putain Jaskiers ! REVIENS ! J’te préviens si tu reviens pas je te défonce ! »

C’est exactement ce qu’il ne faut pas dire à un mec bourré. Ne provoquez pas un mec saoul pour essayer de le ramener à la raison. Ça a en faite l’effet inverse… J’ai pris ces paroles comme un défi.

« – Bah viens puceau ! Viens me chercher alors ! »

J’étais déjà loin, je ne sais pas si il m’a entendu, dans tous les cas, je marchais dans la terre humide d’un champ dans une direction complètement aléatoire. « J’l’ai emmerde ! » pensais-je tout en passant encore à travers une autre haie de ronce et de barbelé.

Je ne me souviens pas combien de temps je suis rester à marcher dans les champs. Il faisait littéralement nuit noir ! Les étoiles étaient cachés par des nuages, et je commençais vite fais à dessoûler au fur et à mesure de ma petite escapade.

Puis viens la sacro-sainte question de tous les personnes qui dessoûle : POURQUOI J’AI FAIS ÇA ?

Dieu merci, j’avais mon téléphone. J’essayas d’appeler mon camarade de beuverie, je tomba directement sur la messagerie. Il fallait que je ravale ma fierté. Il me fallait appeler mon SAM à la rescousse. Ce que je fis.

« – Jaskiers putain t’es où ?

– Je sais pas ce qui m’as pris putain j’suis désolé ! J’suis dans un champ, vers une haie, il y a trop de boue pour que je puisse passer. Je dois pas être loin de la route j’entends des voitures !

– Ok on va klaxonner et faire des appels de phares et dis nous si tu entends.

– Je crois vaguement entendre un klaxon mais pas de phare.

– Essaie de te rapprocher de la route et je vais rouler, si ça se trouve t’a pas trop dévier de la route. »

C’est ce que je fis, tant bien que mal, chaque pas m’enfonçant dans la boue jusqu’à la cheville.

« – Je suis au bord de la route, je vous attends. »

Tout en restant au téléphone et avec mon SAM qui utilisait son klaxon et ses phares, je vis enfin mon carrosse arriver !

« – C’est bon je vous vois ! »

Mon SAM bienfaisant s’arrêta, m’aida a traverser le fossé qu’il y a au bord de chaque route de campagne en France.

« – Ou est mon camarade de beuverie ?

– il t’a suivis, ont pensé qu’il était avec toi !

– Je ne l’ai pas vu, et son téléphone donne directement sur son répondeur ! »

Nous voilà terriblement paniqués. Je m’imagine les pires scénarios. Il était bourré, comme moi, il s’est noyé dans la boue, il est tombé dans un fossé et s’est brisé la nuque !

Avec panique et précipitation, nous refaisons tant bien que mal le chemin inverse, l’aube commence à ce pointer. Nous crions son prénom, marchons, encore, dans la boue et à travers les ronces.

Un fermier se pointe. Je le vois arriver. Je constate qu’il n’a pas sorti le fusil, c’est déjà ça. Il nous interpelle, nous demande ce que nous faisons ici à cette heure à crier comme des perdus. Nous lui expliquons la situation. Il nous dit qu’il n’a rien vu. Qu’il faut qu’on parte. Ce que nous faisons avec une énorme appréhension. Peut-être le retrouverons nous sur la route…

Bien sur, personne sur la route. Arrivé dans la rue de ma maison, je vois la voiture de mon collègue de beuverie. Il était chez moi !

« – Hey merde compagnon de beuverie ! Ça fais 2 heures qu’on te cherche dans les champs !

– Bah bravo ! Je t’ai suivis mais dans le noir je t’ai perdu ! J’ai continué mon chemin jusqu’au premier village que j’ai trouvé, je suis rentré dans une boulangerie tout crotté et j’ai demandé le téléphone pour que mon père vienne me chercher, car devine quoi, mon téléphone ne marche plus ! Mon père m’as ramené, je lui ai expliqué ce qui c’était passé et on a décidé de venir voir ton père pour l’avertir. »

Après une explication plus ou moins confuse donnée à mon père, nous décidâmes de descendre au bar du village pour nous détendre et refaire la soirée. Avec de l’eau bien sur…

Merci d’avoir lu jusqu’ici mon aventure de beuverie. Jamais quelque chose comme ça ne s’est répété, d’ailleurs depuis ce jour, je fais très attention à l’alcool.

Jaskiers