California Rocket Fuel – Chapitre 4

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Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Me revoilà chers lecteurs et lectrices.

Là, on est en voiture, sur le chemin du retour. Déjà j’anticipe la petite engueulade pour savoir qui de nous deux va monter les courses. Ces petites choses de merde de la vie quotidienne m’énervent. Ma grand mère avait coutume de dire que la vie était comme une tartine de merde, on en mange un peu tous les jours. Joël Robuchon (qu’il repose en paix) l’a bien garnis ma tartine, parfois je pense que s’est plutôt Maïté qui me l’a tartiné. Avec autant de classe et de délicatesse que quand elle assommait des anguilles…

Mon traitement, le California Rocket Fuel, l’essence de fusée californienne, est une foutue blague de merde. Censé être un remède contre les insomnies sévères et tenaces ainsi que la dépression aiguë et ses névroses, n’est en faite en rien un truc qui vous fait décollez votre gros cul du canapé. C’est tous l’contraire en faite. Vous dormez d’un sommeil chimique, vous vous réveillez la nuit, le matin, c’est comme une petite gueule de bois. En faite toute la journée est une sorte de gueule de bois où vous avez faim, tout le temps, vous avez la bouche sèche, tout le temps, vous avez la tête lourde, tout le temps, vous êtes fatigué, tous le temps. Les psychiatres sont de sacrés comiques parfois. « Il faut que vous sortiez monsieur Telemaque ». Mais quand t’as l’impression que tu vas tourner de l’œil n’importe quand, t’as pas envie non. T’as pas envie de tomber dans la rue, de rameuter des gens, de finir dans l’ambulance du SAMU ou des pompiers et devoir tout leur expliquer. Non, j’suis mieux chez moi.

Un jour j’ai entendu dire, et là honnêtement je ne me rappel plus où et par qui j’avais entendu ça, que les psychiatres étaient aussi fous que leurs patients. Enfin y’a un truc bizarre avec les psy. D’entre nous tous, ce sont ceux qui devraient être les plus heureux car ils savent quoi faire quand il ne vont pas bien psychologiquement et s’autosoignent ou un truc dans le genre mais je suis sûr que ce n’est pas le cas. On fonctionne bizarrement nous les humains. J’pense que c’est le libre arbitre le problème. On réfléchit beaucoup trop. En faite on réfléchit plus que nécessaire et on se fout un bordel monstre dans le cerveau. Comment dit l’adage déjà, « les cordonniers sont les plus mal chaussés » ?

Toujours est-il que le trajet se fait sans parole. Musique en sourdine. On ne se parle pas, on anticipe l’engueulade. Moi j’ai pas envie de me défoncer le dos à monter les courses mais en même temps je ne veux pas tout laisser à la demoiselle. Mais j’ai payé moi. Ouai c’est ça que j’lui dirais. C’est batard mais je ne sais plus communiquer comme il faut. Ou c’est dans ma nature et on peux rien y changer. Et en ce moment, j’aime blesser verbalement.

Comment elle peut rester avec moi, ça s’est un mystère. Je pense qu’elle doit avoir un autre gentlemen et je ne serai même pas en colère de l’apprendre. J’aurai sûrement fais la même chose. Elle ne reste pas avec moi pour l’argent, ça s’est sur, pour ma beauté, encore moins car je grossis à vu d’œil, pour ma personnalité ? Ah la bonne blague ! Si je pouvais me dédoubler je me mettrai une raclée à moi-même ! Et pour ce qui est du sexe, z’avez sûrement pas couché avec un type sous traitement anti dépressif, parce que c’est une tragi-comédie qui fini souvent par une gêne, tellement gênante que dormir est la seule activité au lit. Sa craint n’est-ce pas ? Enfin je vous en avez déjà parlé au premier chapitre. Je me répète, le traitement donne des trous de mémoires. 30 piges et déjà des symptômes de vieux.

Elle mérite une médaille ma copine comme on dit par ici.

Et nous prenons le dernier virage pour arriver à l’appartement. Des regards de biais. Qui va dire quoi ?

Je me dévoue, je lui propose de partager.
Elle répond oui sans sourciller. Et une fois dans l’appart’, il va falloir tout déballer et ranger. Et j’ai pas envie. Je poserai les sacs et j’irai me vautrer sur le canapé, fidèle ami du dépressif. Et je foutrai ma tronche dans les coussins. Et si je me fais engueuler, et bien j’ai l’habitude. Je le mériterai dans un sens. Je me morfondrai mais ne m’excuserai pas. Jusqu’aux soir, l’heure de bouffer où une autre engueulade risque de s’imposer pour savoir qui fait à bouffer et quoi. Le mieux en début de mois et qu’on a de la thune, c’est qu’on se commande un uber-eat, on se fait livrer par des jeunes gens exploités et on graille comme des morfales.

La race humaine est une sale race. On bouffe pendant que les autres triment et meurent de faim pour nous amener notre manger.

On descend de la voiture. Ça caille. Je jette un œil sur le voisin voyeur mais il est pas là, peut-être a-t-il découvert le porno gratuit sur internet. Et les autres mégères derrières leurs rideaux, on ne peut que supposer qu’elles sont là. Mais je sens des yeux qui me m’observent de partout.

Je demande à la dame de se dépêcher, elle fait se qu’elle peut. Je le sais mais c’est plus fort que moi. Vite, mon petit confort d’occidental privilégié !

J’ouvre l’énorme porte de notre immeuble.

Je vais regarder le courrier, je dis. Comme si c’était un incroyable acte de bravoure. C’en est un pour moi. Limite une preuve d’amour. On donne à l’être aimé ce que l’on peut. C’est-à-dire par grand chose personnellement.

Bien sûr, un tas de pubs que je ne regarderai pas, mademoiselle non plus. Je lui dis qu’il faut vraiment qu’on pense à mettre un stop pub ou un truc comme ça. Ça nous donnera un air « écolo » respectable devant les voisins.

Elle acquiesce et on grimpe l’étage. Devant la porte j’ai un sentiment, pas de sécurité, mais que je retourne où je suis censé être. A l’intérieur chez moi à ne rien foutre, à me morfondre et à comater. C’est ma vie, c’est comme ça. Une fatalité ? À vous de voir, mais honnêtement, votre opinion je m’en fous. Enfin peut-être que non. Je m’en fous un peu. Mais j’vous aime bien quand même hein ?

On se retrouve au prochain chapitre, le dernier, vous avez lu jusqu’ici, vous n’allez pas rater la fin quand même si ? Finissez ce que vous avez commencé ! Et faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 3

Index : Chapitre 1Chapitre 2

Rappel : California Rocket Fuel est une fiction

Vous êtes encore là chers lecteurs et lectrices ? Z’avez pas mieux à faire ? Fermer cette page et soyez un membre productif de la société, allez travailler et surtout payer vos impôts car c’est à ça qu’on sert au final, les employés de l’état, qu’importe votre métier. Si vous êtes malade, on veut vous soignez le plus vite possible non par bonté mais parce qu’il vous faut retourner travailler pour payer vos impôts. Et ceux qui gagnent des milliards et payent moins d’impôt que l’infirmière ? Ou mieux qui ne paie rien du tout (coucou Amazon) ? On s’en fiche, si t’es riche, tu peux faire ce que tu veux dans ce monde.

Pour ceux qui restent, et bien je ne vous juge pas. Merci d’avoir arrêter votre vidéo porno pour me lire.

Enfin on rentre dans le Super U, les trucs de sécurité n’ont pas sonné. Y’a le gel hydroalcoolique à l’entrée, ma demoiselle de dire :

« Ils vont finir par nous le faire boire ce gel !

Trump voulait nous mettre des lampes UV dans le derches donc je serais pas étonné qu’on nous le propose. D’ailleurs je fais pas la troisième dose c’est mort, on parle déjà de la quatrième. J’sais bien que l’acupuncture c’est une bonne thérapie mais on va se calmer. Et puis ça va bien se calmer un jour hein ?!»

Directe à l’entrée, y’a des galettes, j’m’y précipite mais y’a déjà une vielle sur mes talons, j’vois frangipane, j’en prends trois, j’laisse rien à mamie après tout elle va peut-être nous faire un arrêt cardiaque et personne les bouffera ces galettes donc je suis légitime. Jeune, con et insolent en plus de ça !

Bref on continue, rayons gâteaux. Je jette un œil sur mes galettes et je vois que c’est marqué sur l’emballage ‘frangipane aux amandes grises´. Amandes grises ? Jamais entendu parler de ça et j’ai ce mauvais pressentiment tu vois, que c’est pas la bonne frangipane foutrement putain de normale ! Qu’est-ce qui s’est passé avec les galettes cette année ? Sérieusement ! On peux pas avoir une foutue galette à la frangipane NORMALE !

Merde, le virus, mon cerveau en bouillit, ma copine au bout du rouleau qui veut pas me le montrer et en plus pas foutu de trouver une galette des rois digne de ce nom !

J’pose la question à ma dame au cas ou, mais non, jamais entendue parler non plus d’amande grise… faute de mieux, je garde. En plus j’ai pas envie que mamie se réjouisse de ma déconvenue donc.

Rayons bouffe, je prends des brioches aux pépites de chocolat, deux marques différentes, des PIMs framboises, ça s’est bon ! Jamais déçus. Quoi ? Qui a dis que c’était des gâteaux de vieux ?! Madame prends des céréales Trésor avec du chocolat dedans. Ça me fais bien envie aussi mais je digère plus le lait.

I’M LACTOSE INTOLERENT HAAAAAAAANN I’M A VALLEY GIRL YAH HAN HAN TINDER PREGNANT HAAANNN FUCK BOY MOI J’ÉCOUTE BILLIE EILISH TU VOIS QUOI J’SUIS DEPRESSED À MORT QUOI !

J’aime Billie Eillish au passage, et l’article n’est pas sponsorisé par kellogs, ok ? Bon continuons.

Le norset donne faim 24h sur 24. Ce n’est pas une plaisanterie. Je n’ai jamais eu si faim de toute ma vie. Non seulement ça donne faim, mais ça vous donne la gorge sèche. Et ça vous endors comme un somnifère, voir pire. Du coup vous mangez et vous dormez. Les kilos s’agglutinent à vitesse grand V. Ça ne vous rappelle pas une certaines drogue ? Cannabis ? C’est exactement la même chose. Parfois, j’espère que la France comprendra les effets thérapeutiques du cannabis. Mais on peut encore rêvé, par contre l’alcool, vrai poison, continue à détruire des vies et personnes ne dit rien. Enfin où on en était déjà ?!

Mademoiselle, prends aussi des gaufres nappées de chocolat. Et puis un autre truc mais j’regarde pas. J’ai des moments de déconnexion voyez vous, on peux me parler, j’écoute, mais je comprends pas. C’est comme si l’interlocuteur (interlocutrice aussi je vous oublie pas mesdames) parlait un langage barbare, un charabia. Donc je souri niaisement j’dis « Ah ouai… oui » et j’espère que c’était une réponse adéquate parce que sinon la personne va répéter ce qu’elle a dis et se demander ce qui va pas chez moi. C’est naturel on juge, on est tous de sacré connard quand même !

On va à la caisse, bien sûr, des articles seuls sur le tapis en face de nous. La caissière nous dit que la femme devant nous est partie à sa voiture mais nous fait passer quand même. Cool.

Je paie finalement, le sans-contact marche pas, ça m’aurait étonné. J’enfonce ma carte dans le lecteur, ça mets carte muette, pas étonnant non plus. J’attends que la caissière appuie sur un bouton pour que le lecteur se remette à la normale. J’essuie ma carte avec ma veste en espérant que ça passe.

Oui !

J’tape mon code et j’attends de voir si mon paiement passe. Toujours cette crainte d’être à sec sans le savoir bien que je sache que je ne le suis pas.

Ça passe ! Et non madame vous pouvez garder le ticket. Merci au revoir, à vous aussi, bonne journée, au revoir. Merci.

On sort, j’ai même pas stressé à cause des portiques antivols.

On fourre tout dans le coffre, madame, prévoyante avait mis des sacs au cas ou et elle a bien fais. Que ferais-je sans elle ?

Et ça repart comme en 14. Direction la maison.

On se revoit au prochain chapitre n’est-ce pas ? Merci !

Jaskiers

Abercrombie’s Writing Prompt 1 – Methaphore

C’est au pied du glacier que les questions ont commencé à trotter dans sa tête, plus même, une remise en question s’annonçait, impromptue. Était-ce la peur ?

Après tous, pourquoi l’escalader, ce glacier ? Il n’y gagnera pas d’argent, pire il en a perdu avec l’achat de ses équipements, le voyage et les frais qui vont avec. Il s’avère à ce moment-là se sentir plus perdant qu’autre chose.

Il pourrait sortir ces phrases incroyablement niaises et pseudo-philosophiques que l’on trouve partout sur internet censées vous motivez, vous inspirez, pour étayer son envie de grimper. Mais à quoi bon ? Les raisons sont enfouies au fond de son âme. C’est tellement personnel.

C’est en se retrouvant face-à-face avec le glacier, immense, immuable, reflétant les rayons du soleil, suintant, qu’il a compris. Le réel est terrifiant.

Compris que c’est qu’une fois en face de l’épreuve, au tout début, que l’on pense qu’il est insurmontable. Écrasé par l’obstacle. Mais dans ce cas, pour lui, le mur de glace ne semblait pas forcément indomptable, il a surtout réalisé à quelle point ce sera difficile d’atteindre le sommet.

Il y a une certaine technique à connaître, il pense savoir, ou il pensait savoir, mais la théorie n’était pas si importante pour lui durant son apprentissage. Mais sans la théorie, la pratique risquait de lui faire réaliser qu’il aurait dû faire un peu plus attention lors de ses cours d’escalades.

Il mets cette réflexion en perspective. C’est avant qu’il réalise à quel point le glacier était imposant qu’il découvrit que non seulement il n’avait pas assez suivis les cours, il pensait aussi que c’était un peu inutile à l’époque car après tout, tous le monde pouvaient le faire. Des piolets, des crampons et grimper, un piquet à la fois, un pied à la fois et ainsi de suite. Maintenant il doit essayer de se rappeler comment positionner ses piolets sans risques, analyser la glace, son état, sa réaction, la surface, choisir l’itinéraire, comment bien planter ses crampons, économiser sa force, faire attention à la surface, vérifier la pression exercée, supination – pronation des jambes, des bras. L’équilibre. Le vent. La réaction du corps pendant l’effort sous très basses températures, l’altitude, la respiration, l’oxygène, les effets de ces derniers sur le moral, le cerveau et sur les muscles, le corps et l’esprit. Pire, il constate à cette instant qu’il a oublié la moitié de ses cours sur le cordage. Élément essentiel et important d’une ascensions. Arrivera le moment où il faudra boucler, nouer, enfoncer les pieux, les placer exactement là où il faut, bien organiser ses cordes, les nouées et utiliser avec tout autant de dextérité les mousquetons.

Bien qu’il aimait ça à cette époque lointaine, mais sans penser que l’escalade deviendrait une obsession dans le futur, il ne c’était jamais vraiment intéressé aux cours d’alpinisme. Pensant là encore que c’était simple, car tous le monde pouvait le faire. Il avait parfois de bon résultats dans ses épreuves d’apprenti alpiniste, mais il n’y était pas assez assidus, ni assez discipliné. Et maintenant, les regrets venaient l’assaillir. Et puis le doute.

Que va-t-il faire maintenant ? Redescendre, retourner chez lui et continuer à vivre comme il l’a fais pendant plusieurs années. Ne rien, ou presque, s’imposer ? Éviter les responsabilités au maximum ? Ne se donner aucun but car sans but, aucune chance d’être déçus par l’échec ? Vivre sans savoir la vue qu’il aurait eu au sommet du glacier ? Ce qu’il y a derrière, aux alentours ? L’opportunité peut-être de rencontrer des gens qui avaient le même but ? D’apprendre, d’emmagasiner de l’expérience ? De raconter son histoire, son aventure, comme les grands maîtres de l’alpinisme ?
Ne pas avoir l’opportunité d’être vraiment fier de lui ? Car personnes, dans son entourage, ne s’intéressent à l’escalade de glacier, c’est son truc à lui. Sa propre victoire à lui. Si il y a réussite, comblerait-elle ce vide intérieur tout en lui donnant plus de confiance dans le futur ? Est-ce que tous cela vaut le risque qu’il s’apprête à prendre ?

Ou bien va-t-il commencer l’ascension ? Il n’y a pas vraiment de demie-mesure de son point de vue. Moins de questions, moins de cogitation si il réussit. Même si il tente et échoue. Une sorte de paix en lui même, miracle, s’installera peut-être confortablement en lui, jusqu’à ce qu’il ressente l’envie d’affronter un glacier plus difficile ou de réévaluer ses ambition.

Il le sait, il le sent. Son corps et ses muscles se raidissent. C’est les premiers coups dans la glace, les premiers mètres qui sont difficiles puis le rythme vient, et si aléas il y a, il avisera. Comme tous le monde fait. Et si il chute, au moins sa vie aura eu un sens pour lui et uniquement lui.

Le vent cinglant lui donne les idées claires, trop claires. Il pense trop. Il le sait, c’est mauvais. C’est une mauvaise habitude qu’il a. Trop penser l’a déjà amené à refuser l’obstacle.

Il enfonce son piolet, le coup est rude, c’est tout une habitude, un art, le fruit de l’expérience, qu’il n’a pas encore, de savoir doser la force des coups dans le glacier. Il a tant à apprendre et il désir apprendre. L’envie, a elle seule, suffira t’elle ?

L’avenir nous le dira, pour l’instant, il grimpe.

Jaskiers

Les adieux d’Hector (inspiré par Homère et Virgile)

Bouclier d’airain dans ma main gauche, javelot de bronze dans ma main droite.

Au milieu de la mêlée je danse, je tournoie. Le sang a remplacé l’huile qui m’a oins.

Les membres se défassent sous mes coups, sous ma pointe. Les crânes craquent, les muscles se déchirent, les casques d’aciers brisés jonchent mon passage. Les ténèbres recouvrent les yeux des grecs.

Je suis le dernier de Troie. Je combat pour toi et lui.

Andromaque, trop vite je suis parti, pour toi, de sang est recouverte la glèbe, la terre qui accueille et nourrie.

Astyanax, sa peur, mon casque.

À terre la peste qu’a amené mon frère. Que Pâris périsse pour ses péripéties.

À nous de payer, le regard d’Helene. La Haine a amené ici la Terreur, terre fertile devant nos remparts.

De tes doux baiser, ces murs, nous sommes séparés.

Tes bras pâles plus jamais autour de ma taille.

Curieux, le regard d’Astyanax sera maintenant hanté par la Peur. Même si jamais plus il ne verra ma coiffe.

Les Dieux sont et ne sont plus, avec nous, gagnons puis perdons, gagnons encore puis perdons. Acculés souvent, dos au rempart de Père, le Roi, Priam.

Pour personne je ne voulais plus mourrir que vous. Mon char, mon attelage ne se pressent que pour vous. Ma lance percute, blesse et tue. Arès le Sanglant semble me guider. Mais je me perdrai bientôt.

Qu’on l’amène ce guerrier aimé de Zeus ! D’un face-à-face, que nous en terminons. Qu’Agamemnon, Menélas l’Usurpé, que Ajax l’empenné, que Ulysse aux milles ruses se ruent sur leurs vaisseaux. Et qu’on ne chante aucunes louanges aèdes ! Rien n’était beau dans cette bataille, c’était la folie des Hommes, entraînée et provoquée par les immortels, qui s’exerçait.

Et notre Xanthe empourpré, remplit de cadavres éviscérés, sera bouché après le carnage d’Achille, élu de Zeus.

Et le Simoï avec nous, toujours se battra mais sera dressé par le tueur d’Hommes.

Protésilas ma première victime n’était qu’un amuse bouche, il y a déjà de ça dix ans. Je tue les Danaëns depuis comme l’ours massacre et mange l’agneau blessé abandonné par son berger.

A jamais Tydée, Glaucus, Médon, Thersiloque les trois fils d’Anténor, Polybetes, Idéus. Un autre honorable troyen vous verra en Enfer, ce ne sera pas moi, chère femme, mon sang, mais le meilleur guerrier après moi dans notre camp. Énée fils du vénérable Anchise et d’Aphrodite, beauté souriante.

Ces grecs ont peur de moi. Mes cris de fureur leurs glacent le sang, je rentre dans la mêlé, mes chers, mes puissants équidés leurs broient les membres de leurs sabots.

La Laconienne, sont regard dément, je la vois. Elle nous ment ! Tous ça pour elle, et Pâris, mon frère.

Dardanus le Fondateur, ta cité, cher ancêtre, brulera. Et moi je me bats, pour toi, pour Elle, pour eux, pour elle, pour lui.

Si tu es la, guide mon bras, aide moi et tue. Le poids sur mes épaules ne tiendra pas. Ilion nous perdra. Troie nous perdons.

Que ces Grecs repartent dans leur nefs, qu’ils rapportent avec eux cette folie, avec Hélène, qu’elle parte. Pâris, quelle folie s’est emparée de toi ! Regarde frères, nos chers héros ne font plus qu’un avec la terre qui nourrie.

Et voici que vient Patrocle, ce faux Achille. Les armes ne font pas le bon guerrier. Nu, à mes pieds, ces armes je me parerai !

Qu’Achille le Tueur d’homme vienne, je l’attends ! Je sais que ma mort viendra de sa main, Prémonition m’a montré les Aédes, chantant ma mort et le supplice de mon corps sans vie.

Père ne pleure pas, j’attendrai Charon au bord des noirs eaux du Styx. Je n’ai rien à me reprocher, ton fils est mort les armes à la mains, il a tué l’envahisseur ! Tu périra toi aussi, sur l’autel du Dieu des dieux, tu verra un de tes fils mourrir devant toi avant de passer toi aussi de vie à trépas. Père tu sera courageux ! Aésacos vole papa ! Jamais il ne nous a quitté sache le !

Astyanax, mon petit enfant, quelle mort t’attends, mais courageux toi aussi tu sera malgré ton jeune âge. Et Andromaque, tendresse, reste courageuse. Troie ne sera plus mais tu vivra.

Agamemnon ne jouira pas longtemps de sa gloire, lui et ses alliés. Errants perdus aux portes de l’Enfer, ils pleureront comme vous me pleureraient ! Et quelle lamentations ! Rien ne leurs viendra en aide, même pas les mots du Rusé Ulysse.

Et le Terrible Achille, Pâris de tous nos hommes héroïque le tuera d’un trait ! Mais il mourra aussi. Mon frère. Malheurs, c’est juste rétribution pour avoir voler la femme du voisin.

Les dieux se jouent de nous. Leurs peines sont les nôtres, leur joies ? Il n’en auront pas, nous non plus. Bien qu’immortels ils ont soifs, une soif que nous qui mourront ne comprenons pas !

Le fer, l’épée, l’airain étincelant remplissent notre Troade. Mon regard fait fuir les Pélasges, ils n’attendent que la venue de l’Haémonien. Ils n’ont pas de guerrier plus fort à m’opposer. Mais il tarde ce lâche ! Est-il Achille le Peureux ?!

Une fois Patrocle mort, que j’aurai revêtu son armure et ces airains brillant, j’affronterai et mourrai contre le fils de la Néréide. Fier, je resterai courageux quand Atropos coupera le fil de ma vie.

Il en est ainsi, cessez de vous lamentez. Vous récupérez mon corps inviolé car un dieu aura protégé et veillé sur ma dépouilles. Père paiera cher pour la récupérer et vous me pleurerez pendant de longs jours.

Puis Troie tombera, je ne sais comment. Attention aux ruses de ces perfides grecs, le seigneur d’Ithaque est dans leurs rangs, cet habile manipulateur !

Dites à Énée mon second sur le champ de bataille, le plus brave des braves, fils d’Anchise, qu’un futur s’annonce pour lui, une mission, faire vivre Troie pour des siècles et des siècles après un voyage et des épreuves terribles. Sur une autre terre notre race prospéra après bien des malheurs. De cruelles morts, de cruelles épreuves et de cruelles batailles t’attendent pieu Énée, les Olympiens ne sont pas rassasiés !

Qu’on n’oublie pas Astyanax, mon rejeton, car innocent il mourra. Qu’Énée ne l’oublie pas et qu’il te rende visite, Andromaque.

Mon étoile, tu aura un autre homme dans ton lit, je ne t’en veux pas, car dans un autre pays tu vivra, une petite Troie, et finira ta triste vie.

Nous faisons honneur aux nôtres quand nous trépassons le glaive à la main.

Pardonne moi.

Je t’aime.

Inspiré par L’Iliade et l’Odyssey d’Homère et L’Énéide de Virgile.

Jaskiers

Écrire est un combat

Grand-père maternel, enfant de la DDAS, travailleur infatigable, amateur d’équitation, dont le rêve aurait-été de devenir Jockey, a aussi été un boxeur et un entraîneur émérite.

Les aléas de la vie ont fait que je ne l’ai pratiquement pas connus. Le peu de temps que nous avons eux l’occasions de passer ensemble se déroulaient devant la télé, avec son cigarillo au bec en regardant l’équitation.

Papy entraîneur de boxe (circa 1997)

Cet homme a survécu à un cancer, les médecins ne lui donnait pas plus de 10% de chance de s’en sortir. Mais un boxeur reste combatif même au-delà du ring.
Il gagna ce premier round contre la maladie.
Malheureusement, elle revint, plus forte que jamais et profitant du vieil âge de mon grand père, il perdit le round, et le combat.

Je n’ai jamais connu mon grand père paternel, mort deux mois après ma naissance. Fan de football, grand lecteur de livres sur la guerre, chef d’entreprise et excellent artisan menuisier. J’ai dû hériter de lui pour la passion de la lecture d’œuvres de guerres. Les gènes voyez-vous…

Je n’ai pratiquement pas connu mon grand père maternel, le boxeur, à part ces quelques petits moments passés ensembles, quelques années avant sa mort.

J’aurai tellement voulu les connaître. Il me semble qu’il est important, autant pour un jeune homme que pour une jeune femme de connaître leur grand père. J’ai peut-être cette fausse image du vieil homme à la barbe blanche fournie, plein de sagesses et d’amour. Des choses à partager, un homme qui vous suivra partout, dans tous vos projets. Ceci n’est que pure spéculation de ma part.

Je n’ai jamais pu leur dire « Je t’aime », ni à l’un ni à l’autre.

Je ne les connaît que par les autres.

Papy Boxeur a eu un fils, qui devint un très jeune champion de boxe au niveau national. Mon oncle.

Mon oncle, encore de ce monde, n’a plus l’air d’être intéressé par ses gloires passées. Les ponts ont été coupé. C’est la vie. C’est la famille. C’est comme ça… Les regrets, c’est sur les innocents qu’ils s’acharnent le plus, je ne suis pas blanc comme neige mais je n’ai jamais voulu pareille situation.

Venons en au gros sujet de l’article : J’ai eu cette passion pour le sport dans ma jeunesse, je l’ai encore mais je voulais dire par là que je n’en pratique plus.

J’ai énormément joué au football, ça fait partie de notre ADN dans la famille. (Allez l’OM en passant !) Mon frère aurait pu devenir joueur de football professionnel, le centre de recrutement de l’OGC Nice l’avait repéré. Mes parents ont refusé de le laisser partir si jeune. Je crois qu’il regrettait leur décision mais il ne l’a jamais dis à mes parents. Il me l’a dis à moi.

C’était un très bon joueur, je regrette personnellement de ne pas l’avoir regardé jouer encore un peu plus.

Papa était un amoureux du foot, mais comme moi, il était nul. Les gènes, c’est bizarres.
Il aimait aussi le sport automobile. Moi ? Je m’en fiche un peu… Beaucoup même. Mais cela reste un sport exigeant, que je respect.

Maman était (je précise qu’elle est encore de ce monde, et j’espère pour très très longtemps encore) rapide sur la piste de course, elle aimait courir, elle aime à me dire qu’elle était la meilleure, je ne l’a remettrait pas en doute car, quand j’étais encore actif, sportivement parlant, j’étais souvent le plus rapide et aussi le plus endurant. Les gènes c’est bizarre…

Mais ce que maman m’a apporté un jour était surprenant. L’amour du sport de combat : la boxe, et le catch (sport de combat le catch ?).

Un jour, elle m’a fais découvrir les films de Rocky, j’étais fasciné, on criait devant l’écran, pourtant ma mère avait vu ces films des dizaines de fois et moi, bien que je réalisais que ce n’était qu’un film, les combats m’emportaient, je découvrais quelque chose de nouveau et merde, j’adorais !

Puis mon frère m’a fais découvrir l’excellent et puissant film Million Dollars Baby de Clint Eastwood avec Hilary Swank en tête d’affiche. Le cinéma et la boxe, c’est beau.

Nous partageons avec ma mère cette même passion. Une nouvelle génération est arrivée les films portant sur le fils d’Apollo Creed, joué par le sublime Michael B. Jordan, nous attendent encore.

Voyez vous, quand j’étais enfant, ma mère était du genre à me réveiller tôt le samedi matin (ou était-ce les dimanches ?) pour regarder le catch.

Je n’ai jamais fais de boxe, je n’en ferai peut-être jamais. Ma condition physique est lamentable, j’ai déjà un gros nez et je suis déjà assez laid comme ça pour ternir mon portrait encore plus. Et la boxe, c’est une hygiène de vie exigeante, presque une religion. Des excuses toujours mais on en trouve plein pour ne pas monter sur un ring.

La discipline, la rigueur, le respect, l’apprentissage, le contrôle de soi et comme écrit plus haut, une hygiène de vie stricte. La boxe a aussi ses dieux, ses légendes et ses mythes. C’est une religion, une mythologie même. Un peu (beaucoup) comme l’écriture non ?

Revenons à nos moutons.

J’étais plutôt bon bagarreur à l’époque. Je faisais du judo à l’école, au collège surtout. Je n’étais pas très grand mais j’étais musclé. Je faisais du sport tous le temps, j’étais plutôt baraqué pour mon âge, tablettes de chocolat (qui ont fondu depuis 3 ans mais qui m’ont valu quelques compliments d’amoureuses) des épaules larges, qui, elles, me sont restées encore aujourd’hui. On m’a parfois demandé si je faisais de la musculation, je ne fais plus de sport mais la musculation, pour moi, c’était pompes, abdos et squats. Pas de salles de gyms à l’ancienne. Comme les Spartiates, à la dure !

Retournons un peu au judo, disons que j’étais le premier de la classe, oui je me lance des fleurs ! J’affrontais plus grand et plus gros que moi, et je gagnais. Le professeur, surpris, demandait aux élèves que je battais comment c’était possible, j’étais vraiment petit. Un camarade (je me rappel encore son nom, la mémoire aussi est bizarre) de dire : « Mais Jaskiers, il a du muscle ! » J’en étais fier !

Un prof de sport qui était aussi un judoka respecté et un entraîneur m’a un jour proposé de rejoindre son club. J’ai refusé.

Le judo est un sport quasi ancestral, on rend hommage à son créateur, on y apprends le respect, des valeurs, le courage, l’apprentissage et plus encore. Mais au fond de moi, je voulais du contact physique plus brutal, des poings ! Frapper, me défendre. Je voulais avoir mal (si si !) et faire mal ! Je voulais apprendre le noble art. Mais devinez quoi ?

Je n’ai jamais eu le foutu courage de passer les portes d’une salle de boxe.

Jamais je n’apprendrai à « danser » (petite référence à Billy Elliot ! ). À flotter comme un papillon et piquer comme une abeille. Comme un certain Mohamed Ali. Un athlète qui combattait la tête haute, qui a refusé d’aller se battre au Vietnam, quitte a perdre sa ceinture de champion du monde. Un athlète avec un charisme immense, un artiste du ring. Un artiste du verbe tranchant. Un artiste tout court, qui a montré au monde la valeur de ce sport. Un athlète comme nous n’en faisons plus. L’univers de la boxe a changé. Pour le pire ou le meilleur ? C’est à vous de décidez. Mais il semble que nous n’avons plus de champions comme avant. Des athlètes qui font lever des foules, que tous le monde connaît. Admirent ou détestent. Qui déchaînent les passions.

Grâce à Internet, je peux revoir des anciens combat : Thrilla in Manilla, Le Combat du siècle Joe Frazier contre Mohamed Ali, deux boxeurs qui se détestaient jusqu’à l’os – The Rumble in the Jungle Georges Foreman contre Ali, un combat autant politique que pugilistique – Evan Holyfield, Foreman, Sonny Liston, l’époque du bulldozer Mike Tyson, les combats de Marcel Cerdan (le grand amour d’Edith Piaf). Regarder ces combats me mets toujours dans une sorte de transe. Je n’aime pas la violence, vraiment, mais sur un ring, c’est différent non ? Il y a des règles, un arbitre dont le principal job est de ne pas laisser deux énergumènes s’entretuer, faisant appel à nos plus bas instincts, on veut de la castagne. Le monde est violent, mais vous pouvez choisir de regarder de la boxe, de la violence. Dans ce chaos, la violence du ring catalyse peut-être notre propre violence, et nous la rejetons à chaque coups échangés car les deux combattants sont là pour ça, se battre. Gladiateurs des temps modernes ? Totalement !

Et bien sûr, j’ai découvert que la littérature avait en réserve quelques pépites sur le Noble Art. Bien sûr, ils sont en ma possession. Enfin sûrement pas tous.

L’écriture aussi est un combat. Si vous ne me croyez pas, lisez Hemingway. Ou essayez d’écrire vous-même.

Voyons un peu :

Hurricane, la chanson mythique de Bob Dylan sur Robin Carter, un champion de boxe accusé et emprisonné à tord pour meurtres pendant 20 ans ! Jetez-y une petite oreille si vous avez envie – https://youtube.com/watch?v=bpZvg_FjL3Q

Un combat de boxe dans L’Énéide de Virgile, une œuvre écrite entre -29 et -19 avant J.C. Mieux ? L’Aède Homère place une scène de pugilat (qu’Achille organise en mémoire de son ami (amant ?) Patrocle) en plein milieux de la bataille de Troie. On situe avec plus ou moins de précision l’apparition de l’Iliade vers le VIIe siècle avant J.C. . Même Ovide dans ses Métamorphoses ( 8 après J.C.) nous gratifie d’une scène du noble art, et nous découvrons que les gants de boxe existaient déjà ! La littérature et la boxe, presque aussi vieux l’une que l’autre ?

Ceci dit : maintenant, je veux monter sur le ring de l’écriture. J’en ai l’ambition, pour l’instant. Une plume à la place des gants. Une page à la place du ring. Moi-même comme adversaire et jugera qui le voudra. Mais avant, il y a tant de travail, de pratique. Il faut ce qu’il faut n’est-ce pas ?

J’ai déjà jeté trop de fois l’éponge, cette fois-ci je n’oublierai pas ce qui m’aura fais monter sur le ring.

Quel passage pompeux ! On verra à quelle vitesse je finirai dans les cordes !

Mais trêve de bavardage, voyons un peu ce que j’ai réussis à réunir comme ouvrage sur le Noble Art (il n’y a pas les nouvelles d’Hemingway, que j’ai déjà lu mais qui ne sont, malheureusement, plus en ma possession, pour l’instant du moins, mais je vous les conseille vivement) :

  • F.X. TooleCoup pour coup – La brûlure des cordes.
  • Norman MailerLe combat du siècle
  • Jérôme GuezBalancé dans les cordes
  • Alexis PhilonenkoHistoire de la boxe
  • W. C. HeinzCe que cela coûte
  • George Plimpton Shadow Box
  • Jim TullyLe boxeur
  • Jacques HenricBoxe
  • Jack LondonSur le ring
  • Joyce Carol OatesDe la boxe
  • Thom JonesLe pugiliste au repos
  • Loïc Wacquant Corps et âmes
  • Léonard GardnerFat City
  • Daniel RondeauBoxing-club
  • Michel CheminLa loi du ring
  • Élie Robert-NicoudScènes de boxe
  • Joël WilliamsDu sang dans les plumes (pas vraiment un livre sur la boxe mais écrit par un boxeur)
  • Jack LondonUn steak – Pour 100 dollars de plus
  • Aya CissokoBoxe (édition limitée à 3 000 exemplaires, photographies inédites, nouvelles de Aya Cissoko et un DVD sur l’histoire de Robin Carter AKA Hurricane)
  • Jean-Philippe Lustyk – Le grand live de la boxe

N’hésitez pas à me recommander un ouvrage dans les commentaires !

Moi esquivant les remarques sur mon orthographe !

La boxe ne ment jamais, monter sur un ring est un moyen très fiable de savoir ce que l’on vaut : soit l’on terrasse, soit l’on est terrassé, mais on ne peut pas se mentir, ni à soi-même ni aux autres’ – La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker

Jaskiers

P.S. : si vous avez encore la chance d’avoir vos grands parents à vos côtés, faite leur un bisous et dite leur bonjour de ma part s’il vous plaît.

Et si vous êtes grands parents, un bisous et je vous aime !

Le jour où j’ai faillis finir en hôpital psychiatrique

art work : pinterest

C’était la fin 2019. J’avais eu la (très) mauvaise idée d’arrêter mon traitement contre la dépression.

Hey quoi ! J’allais mieux ! Je n’allais pas rester éternellement sous traitement, surtout qu’étant ambulancier, conduire sous médicaments est dangereux, et aucun patron n’aurait voulu prendre de risque, ça va de soi !

J’avais déjà dû arrêter mon traitement en fin 2018, cette fois, indépendamment de ma volonté. Vivant en plein désert médical et avec les médecins en vacances, j’avais dû faire sans. Bien sûr ça a failli mal se terminer, après deux semaines je me sentais replonger avec mes démons. J’avais vite repris en début d’année rendez vous chez le médecin, il m’avait re-prescris mon médicament habituel. Les démons ont pris leurs temps pour se calmer, ils avaient par contre laissé des dégâts. Prêt à bondir au moindre nouveau faux-pas. Et si la chance de s’engouffrer une nouvelle fois se présentait, ils n’allaient pas se faire prier. Mais cela, je ne le savais pas…

Ce bref moment sans médicaments a fais revenir l’anxiété en flèche, impossible de contrôler mes tremblements, les pensées néfastes, noires comme de l’ébène m’attaquaient dès le réveil.

Bien que le traitement avait été repris, il a fallu du temps pour que le médicament fasse sont effet. Comme tout traitement antidépresseurs.

Puis, tout est redevenu à la normal. Ou presque.

Le contraste entre la souffrance et l’apaisement a fais que je me sentais guéri. Au final, me suis-je dis, si cette fois j’arrêtais mon traitement par moi même, car je me sentais prêt à affronter la vraie vie sans artifice aucun, peut-être réussirai-je a vivre sans, à être libre, guéri et reprendre ma vie en mains.

Quelle erreur !

Les deux semaines après mon arrêt volontaire ce sont déroulées normalement. J’y étais enfin arrivé ! J’étais encouragé par certains proches à abandonner, je pensais qu’ils m’aideraient si les choses tournaient mal…

Bien sûr, l’inévitable est arrivé. Et c’était pire, bien pire que la dernière fois. Le faits de me l’être imposé, pensant réussir sans, pensant avoir la force de vivre sans béquilles médicamenteuses, l’intime conviction que je pouvais être libéré de ces médicaments n’ont pas suffis, loin de là, à rester sain d’esprit.

Ces deux premières semaines sans antidépresseurs ont été positive, comme je l’ai écris plus haut, tout avait l’air de ressembler à un bon et nouveau départ.

Et puis est arrivé ce qui devait arriver. La re-descente aux Enfers de mon esprit.

Passez Cerbère, le Styx, illico dans l’antre de l’horreur de mon esprit, là où se nichent mes Érinyes, mes démons.

Je me rappel avoir craqué, en larme, criant dans mon bureau qui ressemblait maintenant à un capharnaüm. Mes yeux brûlaient de fatigues, mon corps tremblait à chaque instant, même la nuit je me réveillais parfois en criant, en sueur. Mes nerfs, mon système nerveux, je sais que ce n’est pas possible, mais j’avais l’impression que mon réseaux nerveux était en feu. Mon esprit se battait, tous les jours. Comme un Sisyphe, chaque matin il fallait recommencer à affronter la terreur.

Je ne mangeait presque plus, la faim avait disparu. Mon cerveau a demandé à mon corps de lâcher, mais mon corps est solide, mon système nerveux était fracassé mais mon entité physique elle ne lâche pas facilement.

Mais j’ai tremblé. Tellement.

Je passais des heures à regarder le sol, le sol car il n’y avait pas ou peu d’information à apporter à mon cerveau, ceci est dur à expliquer : le sol, c’est juste un sol. Mon cerveau devait-être en surchauffe et a décidé de ne regarder que des endroits vierges ou presque de toutes informations, informations qui passeraient par mes yeux et finiraient traitées par mon cerveau épuisé. Ne pas regarder. Sinon :

Quatre symboles sur cette partie du mur, selon le pattern il devrait y en avoir 40 au moins, chiffres pairs c’est mal, le 3 c’est mieux, le père mort, le fils mort et le sain esprit qu’à besoin d’un psy. Je vais devenir aveugle si je ne compte pas entièrement tout les symboles, il est quelle heure 13 heure ? 13 ça porte malheur attendre 14 h c’est mieux, 14h03 même car 03, la sainte trinité, et mon père c’est ma faute si ça s’trouve c’est parce que j’ai mal compté, ramasser la poussière à la main car j’peux compter mais pas penser au bonheur sinon je l’aurai pas donc j’vais pas le jeter et faut que regarde cette vidéo YouTube si je le fais pas ma mère attrapera un cancer et ça sera d’ma faute et j’dois souffrir pour mon frère ça aurait dû être moi pas lui et ne pas parler surtout à la minute 08 juste pour être sûr puis ect…

La folie était déjà là mais je ne me l’avouais pas. C’est les autres qui sont fous, pas moi !

Je luttais comme je le pouvais, c’est-à-dire presque plus. A par lire, et encore, je ne pouvais pas (plus) faire grands choses.

La date anniversaire de la mort de mon père arrivait. Trop, c’était trop. Je ne pouvais encaisser la décharge de pensées, d’émotions, de démons, de tristesses et de réflexions qui arriveraient avec cette date.

La veille de l’anniversaire, j’ai décidé que j’allais me faire du mal, pour demander de l’aide ou mieux, pour mourrir. Je voulais mourrir doucement, comme avoir un cancer et ne pas décider de se soigner. Sachant que ça aurait été mes derniers moments sur Terre, je me serais libéré de mes carcans et supprimé en même temps mes démons pour vivre libre quelque instant en sachant que la mort viendrait me libérer.

Debout à côté de mon lit, dans le noir, je me suis mis des coups de poings dans mes côtes flottantes, espérant briser une côte qui, elle, endommagerait un organe interne, un foie, un rein, la vésicule biliaire, le pancréas, l’estomac ou même des organes, pourquoi pas aussi une artère, une veine n’importe quoi, je ne connais pas grand chose à l’anatomie du corps humain… il fallait que je m’inflige quelque chose de grave, d’irréversible. Je ne sais pourquoi j’ai choisi cette « méthode ».

Les coups que je m’infligeait faisait un bruit sourd, et moi de taper de plus en plus fort. Je ne ressentais aucune douleur, pourtant je frappais au niveau où la cage thoracique semblait la plus vulnérable.

C’est là qu’un coup, finalement, m’enflamma le côté droit du corps, la respiration presque coupée, une douleur, franche, s’était insinuée au milieu de mon ventre.

Je m’étalais sur mon lit, respirant, souriant. Enfin la douleur ! Physique et non psychique, cette dernière, personne ne l’a prend au sérieux ! La douleur physique, elle, est normale.

Peut-être que j’aurais la chance de ne pas me réveiller demain matin.

La fatigue prit l’ascendant sur la douleur. Je m’endormis… pour me réveiller. Vivant.

J’avais mal aux côtes droites mais c’est tout. J’avais échoué et je n’avais aucunement la force, mentale, de recommencer.

Seul la lecture m’apaisait mais ce n’était pas assez, je ne pouvais même plus écrire. Trop de tremblements et aucunes pensées saines ni cohérentes.

Des jours à affronter une dépression aiguë, des névroses extrêmes, une anxiété débilitante, jusqu’à ce que je demande de l’aide.

Mon médecin traitant est venu à domicile. Me voyant dans l’état lamentable où j’étais, nous parlâmes d’une potentiel hospitalisation. J’étais d’accord. Allons-y, pourquoi pas, finissons-en. Tout un côté de ma famille voulait que je sois hospitalisé, pour eux c’était la chose à faire.

Le médecin appela un ami à lui, psychiatre, qui accepta de me recevoir en urgence pour évaluer mon état et voir si une hospitalisation s’avèrerait nécessaire. La consultation était primordiale, l’hospitalisation n’était pas forcément sur la table.

Le médecin parti, il me prescrivit 3 piqûres de Valium et mon antidépresseurs habituel. J’ai eu le droit à la leçon de morale, méritée, du docteur, ne jamais arrêter son traitement sans en parler à son médecin.

Je pleurs. D’une part je pleurs car j’ai peur de ce qui va arriver, de l’autre je suis heureux car je vais peut-être moins souffrir. Et puis je me demande si on peut lire à l’hôpital psychiatrique.

Mes proches appellent un taxi et une infirmière au cas où je reviendrai de l’hôpital, les piqûres ne se font pas toutes seules.

Il est 19 h quand je quitte mon domicile pour grimper dans le taxi. Le même qui a emmener mon père à sa chimiothérapie, le même chauffeur.

En route, nous parlons. Cela faisait des jours que je n’avais pas eu de conversation avec quelqu’un. Je tremble de tout mes membres mais de parler avec le chauffeur m’aide à me détendre. Nous passâmes à travers le village, je n’étais pas sorti depuis tellement longtemps que j’avais presque l’impression de le redécouvrir. J’espérais en moi-même que personne ne me voit dans le véhicule. Dans un village, les informations, les rumeurs et ragots circulent à grande vitesse. Le fou du village, c’était moi…

Le trajet prit un quart d’heure. Nous arrivâmes.

Je fut accueilli par une infirmière à l’accueil d’urgence. En faite, je croyais que c’était l’accueil, je me retrouve en faite en plein milieu de l’hôpital, dans son cœur même car les patients y mangeaient.

L’infirmière referma derrière moi.

« On a un fugueur » me dit-elle.

Autant vous dire que je n’aime pas, je déteste, j’exècre être enfermé contre mon gré, comme beaucoup de personnes vous me direz, c’est normal mais j’en ai une peur panique. Par exemple, je ne ferme pas la porte des toilettes à clé, je suis resté coincé dans des toilettes à l’école primaire, je ne ferme pas non plus la porte à clé quand je prends ma douche au cas où je tombe et me blesse ou qu’un incendie ou un truc dans le genre se déclare. Je ne prends jamais d’ascenseurs de peur de rester coincé, cela m’est arrivé quand j’étais petit. Je ferme quand même la porte de chez moi à clé, être cambriolé (ou pire) ne fais pas parti de mes projets.

Je suis maintenant enfermé, je vois des patients déambulants, traînants les pieds, le regard dans le brouillard. Leurs regards n’étaient pas vides, non, ils pensaient, rêvassaient peut-être. Une femme dans la quarantaine me dévisagea de la tête au pieds, nos regards se croisèrent, elle devait sûrement penser : « Hey bien, encore un jeune qui va nous rejoindre, là-bas dehors, ça ne s’arrange pas

Elle continua sa marche, doucement, elle semblait être autre part. Perdue dans la recherche de quelque chose qu’elle ne trouvera sûrement pas ou plus.

Un jeune homme, je dirais dans les 25-27 ans arriva, des boots noires aux pieds, la coupe de cheveux à la mode, rase très court sur les côtés et une mini queue de cheval sur la tête. Il regarde les autres patients manger. Il semble être à l’aise ici.

L’odeur de soupe, cette odeur épaisse, qui aurait presque une consistance à elle seule me monte au nez, mélangée avec l’odeur de javel qu’à tout les hôpitaux me donne une seule envie : fuir.

Pour ne pas arranger la situation, certains patients se mettent à crier, une infirmière accourt, d’une table à l’autre, demandant à ses patients de se calmer où la prochaine fois, ils mangeront seuls.

Ces cris m’ont rappelé mes visites à mon arrière-grand-mère paternelle à la maison de retraite. Elle était centenaire et non, ce n’était pas elle qui criait, elle avait toute sa tête, elle était un phénomène qu’elle disait. Deux guerres mondiales, 4 enfants à élever pendant que son mari était dans le maquis. Les nazis ont cogné à sa porte, soupçonnée d’avoir donné refuge à un réfractaire au STO (elle avait bien donné refuge à un réfractaire, un collègue de mon arrière-grand-père).Jamais elle n’a perdu la tête elle, à croire que les générations d’antan était faites d’un autre bois. On soignait la dépression à coup de Pinard à cette époque, mais elle, elle n’a jamais touché une goutte d’alcool et encore moins fumée. Elle est partie à 1 mois de ses 106 ans.

Retournons à ma petite visite en psychiatrie.

Après les cris, une infirmière demande qui a éteint la télé, un patient répond que c’était lui, personne ne l’a regardé cette émission ! L’infirmière de rétorquer : Avez vous au moins demandé si personne ne l’a regardé ? Et lui de répondre non, et de se prendre une petite semonce. La télé est rallumée.

C’est à se moment que j’entends « La chambre du nouveau patient est prête. » Une infirmière, jeune, 22 ans grand maximum, brune, yeux gris, plutôt petite, teint bronzé et sacrément belle demande où peut bien être ce nouveau patient.

Parle-t-elle de moi ?

À tout hasard je répond : Je suis là !

Elle me fait un signe de tête me disant qu’elle a compris et demande à ses collègues « le numéro de chambre du nouveau patient c’est laquelle déjà car il est là ».

Là, c’est un électrochoc, l’hospitalisation était probable mais pas certaine, je devais voir un psychiatre avant.

Je m’adressa à une infirmière, dans la cinquantaine, sûrement la chef de service, je lui dis qu’une hospitalisation n’était pas sûr, que je devais et voulais voir un psychiatre d’abord.

Elle me regarda d’une moue étonnée, on l’avait appelé pour une hospitalisation. De toute façons, le médecin de garde allait arriver, je n’avais qu’à l’attendre. (Après tout, on appelle pas « patient » les patients pour rien…)

Retour donc au petit sas d’entrée. Mon chauffeur m’attend… et moi aussi d’attendre ce docteur qui tient peut-être en main mon futur. Mais ma décision est déjà prise, je ne resterai pas ici.

Tout les voyants de mon mental fracassé virèrent aux rouge ! Enfermé dans un endroit qui ne respire pas du tout la sérénité ni la guérison, c’est l’instinct de fuite qui à prévalu chez moi. Je ne peux pas partir en essayant d’enfoncer la porte, il va falloir m’affirmer devant le docteur, rester sur mes positions tout en prenant des décisions pour ma guérison.

Je reste 10 minutes à me motiver, sans bouger, en regardant le sol. Je ne céderai pas, je veux rentrer chez moi avec ma médication, me stabiliser et passer à la suite de ma guérison. Je le sais, je le sens, ici ce n’est pas pour moi.

Le docteur rentre, je trouve qu’il titube et je pense sentir un léger relent d’alcool, odorat entraîné par un père alcoolique, j’ai l’odorat et la vue extrêmement bien calibrés pour repérer l’effet de l’alcool chez quelqu’un, surtout quand il essaie de le cacher. Directe je m’imagine le psychiatre à bout, un boulot difficile et peut-être qu’il est en plein divorce, un truc comme ça.

Je lui souris de toute mes dents, lui adresse un bonsoir, lui tend la main. Réflexe. (C’était avant la Covid hein…)

Lui, passe tout de go, sans même me répondre et se dirige je ne sais où.

J’attends encore, le balais des infirmières (toutes des femmes) est ma seule distraction. Dès que je vois un patient je baisse les yeux, je suis comme eux tout compte fait. Je relève brusquement mon regard à chaque fois qu’une infirmière passe. Je le comprend maintenant que je l’écris, j’avais devant moi le reflet de ma maladie : les patients. Peut-être que mes proches avaient cette même vision.

Mon attente s’arrêtent brusquement quand une grande infirmière de 40 ans, les cheveux courts et dont la teinture blonde commençait à déteindre me demande de la suivre.

Putain mais où je vais là ?

Et bien en faite pas loin, quelques mètres. J’entre dans un bureau, le docteur est assis devant son ordi, l’infirmière s’assoit au bord de la table, stylo bic et énorme bloc note posés sur la table.

Je n’attends pas que l’on me propose de m’assoir, comme le veut la politesse. Je passe entre les deux chaises qui me sont proposés et manque de m’étaler.

Je tremble.

À ce point, je ne me rappel pas exactement de la conversation. Je me rappel du fort accent du psy, de l’infirmière qui écrit et me demande des renseignements sur ma situation.

Au docteur de dire : « Monsieur Jaskiers, dans l’état où vous êtes, là, j’ai peur de vous renvoyer chez vous ! Vous avez l’air vraiment très mal, vous n’arrêtez pas de trembler !

– Non je ne veux pas rester là, j’ai peur, je pense pas que cela soit bon pour moi.

– Restez avec nous 1 ou 2 jours aux moins, en observation. Dit l’infirmière.

– Non, désolé mais je ne peux pas. Je vais rentrer chez moi, le docteur m’a donné des piqûres de Valium puis je prendrai rendez-vous avec l’un de vos médecins pour voir pour un traitement.

– Vous êtes libre monsieur, mais je vous dis qu’en temps que professionnel, vous serez bien ici.

– Oui j’comprends bien mais je ne peux pas être ici.

L’infirmière : – Vous avez peur ?

– Un peu. Je veux rentrer chez moi, prendre mon médicament et dormir. Je verrai un psychiatre mais je ne veux pas être ici.

– On nous a parlé d’hospitalisation pourtant.

– Appelez mon médecin traitant et il vous dira qu’il était question d’abord d’une consultation puis, peut-être, d’une hospitalisation.

– C’est n’importe quoi.

Le psychiatre d’appeler mon médecin traitant, qui lui confirme mes dires. Ce n’étais bien sûr pas le psychiatre que mon médecin traitant avait eu au téléphone quand il était chez moi. C’est dire la confusion qui a régné durant tout l’entretient et avant…

Et un ping-pong d’arguments et de contre-arguments se déroule entre nous trois. Mais je n’ai pas cédé.

L’entretien finit, l’infirmière me déverrouille la porte de sortie. Je crois n’être jamais sorti aussi vite d’un établissement de ma vie.

Je saute dans le taxi, direction la maison.

Le lendemain matin, j’ai le droit à un piqure de Valium dans la fesse droite (désolé pour les détails). Les couleurs sont devenues… intenses, l’anxiété quittait mon corps, la faim revenait. Sacré drogue. J’ai eu ce traitement pendant 3 jours, puis je n’ai eu que les antidépresseurs pendant 1 mois, 1 mois d’anxiété abrutissante avant de voir un psychiatre.

Un super psychiatre, un excellent. Il m’a tellement aidé.

Maintenant, j’ai déménagé, je ne le vois plus mais je suis content de moi car j’ai demandé de l’aide et je mesure la grande chance que j’ai eu d’avoir rencontré un très bon psychiatre.

Aujourd’hui, la vie suit son cours dans une nouvelle ville, loin de mon village, tant mieux. Les soins continuent, le traitement est fort mais il faut ce qu’il faut. Et le plus important, j’ai ma famille, ma mère et ma sœur à mes côtés. Il y a des jours avec et des jours sans. La lutte sera encore longue et difficile, je le sais.

Et durant tout ce temps, les livres, silencieux compagnons remplis d’histoires m’ont tenu compagnie, même dans les moments où le sombre gouffre dans lequel je m’étais fourré raisonnait de mes plaintes, pleurs et cris pathétiques, ils m’apportaient la lumière, le réconfort, couvants en moi la voix de l’espérance. M’ouvrants la voie d’un futur possible.

C’est ainsi que je me suis passionné pour Hemingway et ses œuvres.

Pour terminer, juste un petit message personnel https://youtube.com/watch?v=26Nuj6dhte8

Si vous souffrez actuellement, demandez de l’aide est la meilleure chose que vous pouvez faire. C’est un énorme pas en avant, vers la voie de la guérison. Vous n’avez pas nécessairement à dire « oui » à tous ce que l’on vous propose, écoutez-vous aussi. Mais gardez en tête que le combat contre la maladie psychique ne peut pas être gagné seul. Se battre seul contre la maladie c’est comme vouloir courir sous l’eau, c’est ne pas avancer malgré tout les efforts que vous y mettez et s’épuiser.

Voici un numéro d’aide en cas d’urgence, pour vous ou un proche en difficulté : S.O.S suicide : 09 72 39 40 50

La guérison prend du temps, tout ce qui est important dans la vie en prends.

Ne désespérez pas, et n’oubliez pas que si l’aide apportée ne vous convient pas, ou que quelque chose vous dérange, vous avez le droit de dire non. Mais vous vous devez d’écouter vos proches et les professionnels de santé pour avancer.

Si je l’ai fais, vous pouvez le faire aussi.

Jaskiers

Voyage littéraire à New-York… un article échoué.

L’envie de voyager à New York m’a pris par surprise.

Il y a presque 1 an de ça, je voulais l’Alaska, la tranquillité, la nature, la beauté, le sauvage, l’animal, l’indomptable et rien d’autre.

Et voici que maintenant, c’est au tour de la Grosse Pomme de m’obséder.

Ce que je connais de New-York ? Malheureusement, mon premier souvenir est le 11 septembre. Il fallait que je le mentionne dans cet article. J’avais 7 ans et j’étais devant ma télévision, comme sûrement beaucoup d’entre-vous.

Puis-je parler de ma génération comme la génération des attentats sur les Tours Jumelles ?

J’ai vu en direct cette horreur, je pense que ma mémoire me fait défaut, et je ne veux pas vérifier sur internet, mais je crois me rappeler avoir vu le deuxième avion de ligne percuter la deuxième tour. En live.

Je me rappel avoir été confus. C’était à la télévision, ça avait quelques choses de… cinématique ? Je sais que ces propos peuvent choquer, mais je n’ai pas compris de suite ce qu’il s’est passé. Il a fallu l’intervention d’un proche, mon frère en l’occurrence, pour m’expliquer que c’était réel, que des gens étaient en train de mourrir, sous nos yeux.

Et comme n’importe quel gamin, j’ai demandé pourquoi ? Les morts, la mort, dans ma petite tête d’idiot, ça n’avait pas encore de sens, ou du moins peu.

Le terrorisme ? Encore moins. Aller expliquer à un gamin que des adultes tuent d’autres gens « juste » pour nous faire peur. Les enfants comprennent bien des choses, mais pas ça. Ce qui fait peur, c’est les monstres et les monstres ne ressemblent pas à des humains quand nous sommes enfants.

Le jour d’école qui a suivis, tous le monde parlaient des attentats. Nous confondions l’Amérique et l’Irak et l’Afghanistan, les méchants et les gentils.

Je me rappel qu’en classe, on nous avait distribué « Le Petit Quotidien » expliquant, du moins essayant d’expliquer ce qui s’était passé.

Le Petit Quotidien était un petit magazine en papier destiné aux enfants et qui était parfois distribué en classe, en tous cas dans mon école (publique je précise). C’était toujours un petit moment de joie de recevoir ce petit journal, c’était vraiment intéressant. Je ne me souviens plus par contre si, après l’avoir lu, j’avais mieux compris les « raisons » et les conséquences. Enfin si, les conséquences, à mon niveau, c’était l’arrivé de nouveaux mots dans mon vocabulaire : « Terrorisme », « U.S.A. », « Irak », « Armes de destructions massives », « détournement »,« plan vigipirate » ect…

Le plan vigipirate était quelque chose de concret pour moi. La première fois que je l’ai entendu, j’ai bien sûr, dans mon innocence, pensé aux pirates, aux corsaires, aux types barbus aux visages scarifié avec un perroquet sur l’épaule, un crochet à la place d’une main, une jambe de bois, sur leurs vaisseaux fait de bric et de brac avec un drapeau avec une tête de mort blanc sur fond noir (maintenant, un autre drapeau avec les mêmes couleurs et bien plus terrifiant qu’il existe vraiment essaie de faire régner la terreur…) flottant au sommet du mât, prêt à aborder n’importe quel autres bateaux.

Ma mère m’a expliqué, tant bien que mal ce que signifiait ce terme. J’ai vite compris, d’autant qu’il était plus facile de l’expliquer, et pour ma petite personne, de comprendre, quand il était devenu interdit de se garer devant l’école, des grilles venaient d’être placées devant mon école primaire avec sur chacune d’elles un triangle rouge marqué « plan Vigipirate ».

Et puis, nous pourrions en venir aussi à 2015. Là le choc a été terrible.

Ne nous méprenons pas, je n’ai perdu aucun proche, je n’ai pas été blessé, personne que je connais n’y était, ce soir là.

Quand j’ai vu l’âge des victimes, les lieux du massacres, je me suis dis que c’était ma génération que l’on attaquait. Certain(e)s victimes avaient mon âge. J’aurais très bien pu, si j’avais vécus à Paris, être avec eux.

J’allais dans des bars, des boites de nuits, avec mes ami(e)s dans ma petite bourgade de province. On c’était attaqué à mon identité et à ma liberté. Paris était certes loin mais le choc a résonné et a terriblement secoué la jeunesse française.

J’étais tellement en colère et triste à la fois. Même aujourd’hui. Je me sens pitoyable car je n’ai pas était une victime de ces attentats, comme je l’ai dis je n’ai perdu personne. Je n’ai pas été meurtri dans ma chair. Ma colère et ma douleur n’était (n’est ?) rien en comparaison des victimes de ces horreurs.

C’était une jeunesse insouciante qu’ils avaient massacrées. Une jeunesse qui veut changer le monde mais qui avait aussi besoin de s’amuser, de danser, d’aimer, d’être encore insouciante avant que le futur l’attrape et lui impose des responsabilités.

Ils ont souillé notre jeunesse dès le 11 septembre 2001.

Blâmez autant que vous voulez cette jeunesse, mais nous avons grandis dans, ou plutôt, à travers, cette terreur et maintenant, nous et les générations encore plus jeunes faisons les frais d’une pandémie qui fait de notre futur un futur plus sombre qu’il ne l’était avant l’arrivé du virus.

Ma génération a déjà vécu plusieurs temps, l’après et l’avant 11 septembre, après et avant les attaques sur Paris, l’après (y’en aura-t-il un ?) et l’avant coronavirus.

Ce qui devait être un article sur New-York c’est retrouvé être un article tout autre. Plus sombre. Je reviendrai parler de la ville qui ne dort jamais, de ce que je voulais vraiment écrire à propos de cette ville, c’est-à-dire voyager à New-York avec les livres.

Je voulais finir cet article en disant que je fais la différence entre religieux et terroristes. J’ai eu la chance de grandir avec des musulmans, des juifs, des chrétiens, des athées ect… J’en suis heureux car je me rappel de cette époque, enfant, ou la religion, ou la couleur de peau n’avait aucune valeurs à nos yeux. On jouait au foot, on s’amusait sans jamais, jamais, faire de différence. Il n’y a que les adultes pour faire de ces choses une excuse pour justifier leur propre mal-être. Il faut être un adulte pour se concentrer sur ces choses, il faut être névrosé, rester hermétique à tout changement et aux opinions des autres pour inculquer la haine.

L’adulte est un enfant qui croit que sa vie est dure à cause des autres. L’enfer, c’est les autres comme nous le disait Sartre. Freud nous dirait que c’est à cause de notre mère. Mais au final, moi, je dis que c’est l’ignorance, le fait de se croire supérieur, le fait d’avoir oublié que quand vous étiez gamin, la religion des autres vous importez peu, même pas du tout. Que le principal, c’était de chasser des dragons dans un donjon ou d’être une princesse parlant aux animaux. Ça vous l’avez oublié. Pourtant, relisez L’Iliade et l’Odyssey d’Homère, vous verrez que même adulte, vous serez transporter, retour aux sources de l’imagination, celle qui vous fait réaliser que le dragon que vous chevauchiez, que la princesse parlant avec les dauphins sont encore là. Laissez cette imagination, cette innocence reprendre du terrain sur la morbidité qu’est la vie d’adulte.

Pour finir, le terroriste n’est pas un religieux. Il viole la religion et l’utilise comme bouclier pour « justifier » ses agissements. Il ment et manipule, au nom d’une religion qui, elle, ne prône pas l’assassinat, la torture ni les massacres.

Restons solidaires et fraternels. Qu’importe la religion, restons ferme contre ceux qui pensent pouvoir nous diviser, nous monter les uns contre les autres, nous dires d’avoir peur de l’autre car il est différent. La différence n’est pas un mal mais un atout, c’est cliché mais nous pourrions au moins essayer.

La tolérance, ce que nous avons besoin pour rester unis.

Divide et impera disait Machiavel.

Ne nous laissons pas berner par la haine et la terreur. Nous avançons beaucoup plus, plus loin, ensemble.

À bientôt, j’espère, pour mon article sur New-York, ses écrivains et ses livres.

Jaskiers

Trou de mémoire – tome 1 : Gila Monster – par Regnauld & Seiter

Quatrième de couverture :

Imaginez un type qui se réveille au petit matin sur le port de San Francisco avec une blessure à la tête, un flingue à ses côtés et le cadavre d’une fille quelques mètres plus loin. Même si il est sonné et a mal au crâne, il comprend immédiatement qu’il est dans la merde et qu’il va avoir les flics sur le dos. S’il ne veut pas finir sur la chaise électrique, il a intérêt à se barrer vite fait. Mais pour aller où ? Car il réalise tout à coup qu’il a totalement perdu la mémoire. Il ne se souvient ni de son nom, ni de sa vie. Le voilà obligé de fuir la police tout en menant une enquête sur lui-même.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il va aller de surprise en surprise…

GILA MONSTER n.m [angl. Gila monster, lat. heloderma suspectum]

L’heloderma suspectum est un gros lézard venimeux d’Amérique du Nord. Son venin est un neurotoxique aussi puissant que celui du serpent corail. L’attaque du Monstre de Gila est fulgurante et quand il a mordu, il est pratiquement impossible de lui faire lâcher prise. En cas de morsure, la seule solution est de plonger l’animal entier dans l’eau pour le forcer à ouvrir ses mâchoires. Un remède peu pratique quand il s’agit d’un lézard vivant essentiellement dans les zones désertiques de l’Ouest américain…

Encore un polar Jaskiers ?

Tant qu’à faire ! J’avais envie de me plonger dans le côté sombre de l’univers de la bande dessiné.

Donc c’est parti pour cette histoire qui semble prometteuse n’est-il point ? Et cette fameuse description de lézard dans la quatrième de couverture… effrayant non ?

D’abord, parlons du dessin, les personnages ont tous un air patibulaire ! Tous le monde semblent mauvais dans cette bd ! L’artiste a joué sur les couleurs pour jouer sur les différentes ambiances durant le récit.

L’histoire prend son temps, ce n’est pas une tare, au contraire, au début, nous nous retrouvons comme le personnage principal, que ce passe-t-il et qu’elle est ce fichu bordel ? Des indices nous sont données au fur et à mesure de l’histoire (encore heureux !).

La bd ne fait pas dans le gore ni dans le glauque. Peu de violence mais plus de psychologie.

Je trouve la partie enquête policière un peu simple, trop facile. Elle aurait sûrement gagnée à être plus développée.

L’ouvrage reste malgré tout un bon polar. Bien sûr, il y a 2 tomes et celui-ci finit sur un bon petit cliffhanger sans être trop frustrant.

Bien sûr, comme souvent avec les bandes dessinées, elle est très courte.

Je vous la conseil donc mais procurez-vous aussi le tome 2 !

Jaskiers

Pulp par Ed Brubaker & Sean Phillips

Quatrième de couverture :

Que decide-tu de faire de ta vie quand tu t’attends à mourrir jeune, mais que cela n’arrive pas ?…

Auparavant, Max Winter portait un autre nom. Mais c’était dans une autre vie, il y a longtemps.

Maintenant, ce sont les années 1930 à New-York, et Max survit en écrivant des histoires romancées de l’homme qu’il était pour les pulps ; des récits qui parlent d’une frontière oubliée et de hors-la-loi du Far West qui faisaient régner la justice des revolvers à la main.

Mais alors que sa vie s’effiloche, et qu’il voit le monde s’engouffrer lentement vers la guerre face aux nazis en Europe aussi bien que dans les rues de New-York, Max se remet à penser comme un hors-la-loi…

Et une fois engagé sur cette voie, il n’y a pas de retour en arrière possible.

La Dream Team composée de Ed Brubaker & Sean Phillips fait à nouveau mouche, en proposant un récit complet plein de fureur et de sang, situé dans un New York des années 1930, gangrené par les guerres des gangs et la présence rampante des nazis.

Le titre Pulp m’a directement attiré. Les pulps dans les années 1930 à 1960 étaient, aux États-Unis, de courtes histoires souvent violentes, gores, stéréotypées, hyper sexuées (limite sexistes disons-le) et très populaires dû au fait qu’ils étaient à bas prix, imprimés sur du papier de très mauvaise qualité. D’ailleurs, un certain Stephen King a grandi avec ces pulps et ont été et son encore une de ses inspirations.

Bon le titre est une chose, mais la couverture. Ça sentait un peu le western, et un sacré coup de crayon !

Et puis, j’avais entendu parler de Ed Brubaker. Scénaristes de BD à succès, écrivant pour un public adulte (attention, quand je dis public adulte, je ne parle pas de BD holé holé on se comprend !) et dont le nom apparaît sur plusieurs ouvrages qui semblent vraiment intéressant.

Donc, j’ai pris cette bande-dessinée et voici ce que j’en pense.

Une claque magistrale ! Le genre de bande dessinée que vous pouvez donner à un snob des BD et qui peut lui faire oublier ses aprioris sur cet art.

Un scénario brutale, pourtant tellement humain, des dialogues qui tiennent la route. Pas de pathos. Le rythme est parfais. Les dessins sont impressionnants. J’ai adoré les gros-plans sur les personnages comme dans les vieux westerns spaghettis, tellement de talent, tellement réel !

L’encrage est excellent, atypique mais pas dérangeant pour autant. C’est beau. Le jeu sur les ombres est magnifique. Maitrise parfaite du sujet.

C’est violent et émouvant. On sent la colère du personnage principal, on comprend ses motifs, on frissonne. Ça bastonne, ça tire mais c’est aussi psychologique, tendu, plein de suspens. Je l’ai déjà dis, le rythme est excellent. Je n’en dirai pas plus, je vous réserve la surprise de l’histoire, surprenante mais qui tient la route.

On le lit d’une traite. Malheureusement, comme la plupart des BD, je l’ai trouvé trop court, mais j’ai adoré et j’ai encore beaucoup à découvrir du duo Brubaker et Phillips. Ces deux là semblent maîtriser leur sujet à la perfection.

Laissez une chance à cette BD et je doute que vous le regrettiez !

Jaskiers

Le Horla par Guy de Maupassant

Quatrième de couverture :

Le Horla raconte la lente désagrégation d’un esprit, de la dépression à la folie – des maux que connaissait bien Maupassant. Le héros se sent peu à peu envahi par un autre, qui agit à travers lui : le Horla, puissance invisible, inconsciente qui le manipule. S’installent alors l’incompréhension, la peur, l’angoisse. Jusqu’à l’irréparable.

Prenant la forme du journal intime, la nouvelle illustre ce que Freud nommera l’inquiétante étrangeté, cette intrusion progressive du malaise dans le quotidien. Modèle de nouvelle fantastique, Le Horla est aussi un description clinique du dédoublement de personnalité qui menace toute conscience.

« D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre conscience en détresse ? »

Puisqu’il s’agit d’un classique que l’immense majorité d’entre vous avez sûrement déjà lu, je me contente donc de juste poster les extraits que j’ai trouvé intéressant (sans spoiler les personnes qui ne l’auraient pas lu.)

Extraits

À gauche, là-bas, Rouen, la vaste ville aux toits bleus, sous le peuple pointu des clochers gothiques. Ils sont innombrables, frêles ou larges, dominés par la flèche de fonte de la cathédrale, et pleins de cloches qui sonnent dans l’air bleu des belles matinées, jetant jusqu’à moi leur doux et lointain bourdonnement de fer, leur chant d’airain que la brise m’apporte, tantôt plus fort et tantôt plus affaibli, suivant qu’elle s’éveille ou s’assoupit.

Crédit : Wikipedia

Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, à sur nous, sur nos organes, et, par eux, sur nos idées, sur notre cœur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables ?

« Est-ce que nous voyons la cent millième partie de ce qui existe ? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracines les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jette au brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, – l’avez-vous, et pouvez-vous le voir ? Il existe, pourtant. »

Quand on est atteint par certaines maladies, tous les ressorts de l’être physique semblent brisés, toutes les énergies anéanties, tous les muscles relâchés, les os devenus mous comme la chair et la chair liquide comme de l’eau. J’éprouve cela dans mon être moral, d’une façon étrange et désolante. Je n’ai plus aucune force, aucun courage, aucune domination sur moi, aucun pouvoir de mettre en mouvement la volonté. Je ne peux plus vouloir, mais quelqu’un veut pour moi ; et j’obéis.

On dirait que l’homme, depuis qu’il pense, à pressenti et redouté un être nouveau, plus fort que lui, son successeur en ce monde, et que, le sentant proche et ne pouvant prévoir la nature de ce maître, il a créé, dans sa terreur, tout le peuple fantastique des êtres occultes, fantômes vagues nés de la peur.

Source : Pinterest

Les étoiles avaient au fond du ciel noir des scintillements frémissants. Qui habite ces mondes ? Quelles formes, quels vivants, quels animaux, quelles plantes sont là-bas ? Ceux qui pensent dans ces univers lointains, que savent-ils plus que nous ? Que peuvent-ils plus que nous ? Que voient-ils que nous ne connaissons point ?

Nous sommes si infirmes, si désarmés, si ignorants, si petits, nous autres, sur ce grain de boue qui tourne délayé dans une goutte d’eau.

Guy de Maupassant Le Horla

Jaskiers