Robert Capa – La collection

Quatrième de couverture :

Photographe majeur du XXe siècle et cofondateur de l’agence Magnum Photos, Robert Capa (1913-1953) avait l’âme d’un journaliste fervent et engagé et l’œil d’un artiste. Riche de plus de 70 000 négatifs, son œuvre fournit un témoignage sans équivalent sur vingt-deux années cruciales (1932-1954) où se déroulèrent certains des événements les plus sombres et les plus marquants du siècle dernier. Cet ouvrage présente la sélection iconographique la plus complète jamais publiée sur Robert Capa : 937 photographies choisies par son frère Cornell Capa (lui-même photographe réputé au magazine Life) et par son biographe, Richard Whelan, qui ont repris une à une ses planches-contacts afin de constituer cette somme. Présentées par ordre chronologique, les photographies sont accompagnées de commentaires et de légendes. C’est donc à une revue détaillée des temps forts d’une carrière que le lecteur est ici convié, une carrière qui conduisit Robert Capa de l’Espagne déchirée par la guerre au débarquement des alliés à Omaha Beach, mais aussi après de Picasso et de nombreux autres artistes et comédiens et jusqu’en Indochine, où il trouva la mort quelques instants seulement après avoir pris ses ultimes images.

« Les 937 clichés choisis […] parmi les quelque 70 000 négatifs sont autant de chefs-d’œuvre. » (Libération)

« Les clichés de ce superbe album témoignent d’un des plus grands photoreporters de notre époque. » (L’Express)

« Cet énorme recueil, une somme indispensable pour tout amoureux de la photo, agit comme une mémoire qui refuse le silence. » (Le Point)

Votre serviteur a dépensé une coquette somme pour se livre de collection. Je l’ai reçus, et j’ai découvert que les légendes et les textes à l’intérieur du livre étaient en allemand. Et votre serviteur a beau avoir fait des années d’allemand, il n’est jamais arrivé à assimiler ne serait-ce que le minimum pour pouvoir se présenter décemment dans la langue de Goethe… J’ai donc béni l’existence des sites de traductions et me suis armé de patience.

Je pensais que le livre contenait les photos de la fameuse Valise Mexicaine, il s’avère que non, le livre ayant été publié avant la découverte de la valise contenant de magnifiques photographies prisent par Capa, sa femme Gerda Taro et leurs ami Chaim. Le livre de la Valise Mexicaine est dispo sur Amazon. (Et sera peut-être un jour dans mes mains !)

L’ouvrage commence avec les photos d’un meeting de Trotsky, Capa semble s’être focalisé sur ses mains, ses gestes.

Ensuite, nous avons le droit aux grèves d’ouvriers à Paris, des photographies des élections.

Vient ensuite un sujet important dans la carrière de Capa, celui de la guerre civile espagnole. Capa ne prends pas de photos de cadavres. Il aime prendre des photos de groupe, des soldats, pour la plupart très jeunes, hommes et femmes, derrière leurs barricades ou derrières leurs fusils. Je pense que Capa prenait ces photos de groupes pour montrer la solidarités, l’unité (qu’ils n’y avaient pas forcément) dans les forces républicaines. Ils jouent avec la lumière, les contrastes et le flou, cette dernière méthode donne une impression d’action, comme si vous étiez sur le terrain.

Pas de cadavre donc, mais des photos de ruines, de maisons et de bâtiments éventrés, gardant encore les traces des anciens occupants. Portraits, meuble, objets divers.

Des photographies de réfugiés, souvent des femmes et des enfants, les femmes ayant le visages émaciées, comme si Capa voulait nous montrer les sacrifices des mères. Certaines images sont prise en portait, en gros plan, ou l’ont vois la détresse et la fatigue. L’anxiété et la peur. Il y rencontrera aussi un certain Ernest Hemingway.

Valence, Espagne, décembre 1937. Ernest Hemingway rencontre l’écrivain russe Ilya Ehrenburg. Hemingway et Capa seront de grand amis. (Photo incluse dans l’ouvrage). Crédit : Magnum Photo/Robert Capa.

Passage à Paris pour aller en Belgique, Capa photographie les meetings des différents syndicats de travailleurs, photographie les politiques en plein discours. Les gestes, les regards, les points levés des hommes politiques montrent à quel point la situation était tendue à cette époque.

Un petit retour en Espagne pour photographier la situation de la guerre civile à Bilbao, puis, petite visite à New-York pour voir sa mère et son frère.

Puis encore un voyage en Espagne.

C’est le terrible front de Teruel, la bataille est féroce entre les Républicains et les rebels. Capa photographie des corps sans vie sans rentrer dans le gore, le voyeurisme.

Enfin la Chine, pour couvrir la guerre Sino-Japonaise. Il ira jusqu’au front de Sutschou. Soldats blessés, civiles fuyant la guerre, enfants souriants malgré le malheur.

Un passage à Barcelone, les Républicains sont acculés. Sur les clichés, les soldats sont pris en contre-jour, tel des ombres. Les civiles regardent le ciel, la crainte d’un bombardement aérien dans les yeux.

Puis, s’est sur le front d’Aragon qu’il se déplace.

Les civiles, en grande majorité des femmes, des personnes âgées et des enfants, sur les routes. Les visages sont fatigués et anxieux. Leurs destinations : la frontière française.

En image : les hideux camps d’interments français où seront parqué les réfugiés, celui d’Argeles-sur-mer par exemple.

La Belgique encore, puis le Luxembourg, où il suit une procession religieuse.

Redescend dans le pays Basque, puis suit le Tour de France de 1939 pour le magasine Match

Nouveau-Mexique en 1940 pour prendre en photo des cowboys pour LIFE puis New-York pour photographier Dorothy Maynor, Paul Robeson, Gertrude Lawrence, Jinx Falkenburg et une soirée de Jazz alcoolisée dans un train. Noir et blanc, dansant ensemble, chantant ensemble, buvant ensemble. La photographie est importante dans une Amérique encore très profondément raciste.

Direction le Mexique pour des élections. Des élections tendues. Des morts, des procession funéraires.

Retour en Amérique, dans l’Indiana pour photographier pour LIFE les jeunes fêtards dans les bars.

Puis Sun Valley dans l’Idaho pour photographier un Hemingway à la chasse avec Martha Gellhorn. Et trois magnifiques photographies d’Ernest en train d’écrire, son crayon de papier et ses brouillons, pleins de rature, concentré, avec un pansement sur le majeur de sa main droite. (Hemingway sans une blessure, ce n’est pas Hemingway !)

Martha Gellhorn et Ernest Hemingway. Credit : Magnum Photo/Capa (présente dans le livre)
Ernest Hemingway. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre)
Ernest Hemingway. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre en noir et blanc)
Ernest Hemingway. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre)
Ernest Hemingway. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre)
Ma photo préféré d’Hemingway par Robert Capa. Magnum Photo/Capa (photo présente dans le livre)

Vient ensuite Londres, les civils sous les bombes allemandes. Pas de voyeurisme, pas de gore, des ruines, des habitants avec les masques à gaz, réfugiés sous terre, ou dans les rues, avec le sourire.

En 1943, il photographie les soldats américains en Grande-Bretagne, sympathisant avec les habitants pour le magazine Collier’s et Weekly Illustrated.

Retour en Idaho, pour prendre en photo Hemingway avec son fils, Gregory, à la chasse. Avec en prime un cliché de Gary Cooper, l’acteur qui jouera le rôle de Robert Jordan dans le film tiré du roman d’Hemingway : Pour qui sonne le glas.

Capa part pour Collier’s comme photographe de guerre avec l’armée U.S. en Afrique du Nord pour suivre l’avancée de l’offensive de Patton en Tunisie.

Il photographie De Gaule et Giraud, les grands rivaux, à Alger, il immortalise ainsi la présence de la France Libre dans la guerre contre l’Axe.

Puis l’armée américaine libère la Sicile, Capa capture des moments de liesses, les siciliens accueillant leurs libérateurs.

Robert suit l’armée jusqu’en Italie. Les photos de soldats, fatigués mais sur le qui-vive, la poussière, les grandes plaines, la chaleur, les blessés civiles et militaires. Les hôpitaux militaires et les soldats convalescents.

À la bataille pour le Mont Cassino, il immortalisera les soldats de la division Marocaine commandée par le général Juin.

Vient ensuite le débarquement de Normandie. Les plus fameuses de ses photos de la seconde guerre mondiale, dont celle en couverture de se livre, feront le tour du Monde. Il n’oubliera pas de visiter son vieil ami Hemingway sur son lit d’hôpital après un stupide accident de jeep. Sa tête serait passée à travers le pare-brise.

Hemingway hospitalisé à Londres après son accident en Jeep. Photo : Robert Capa. Magnum Photo. Mai 1944. (Présente dans le livre)
Hemingway hospitalisé. Robert Capa/Magnum Photo. Mai 1944. (Présente dans le livre)

Les captures du débarquement sont intenses ! Le flou, les soldats allongés, la pagaille. Malheureusement, la plupart de ses négatifs auraient été détruit à cause d’un problème de développement. J’ai lu une autre version de cette histoire. Voici un article de Télérama sur cette autre version : https://www.telerama.fr/scenes/robert-capa-a-t-il-panique-durant-le-d-day,129730.php

Panique ou pas, j’aurai paniqué pour sur cette plage. Le respect a Capa lui ai dû.

Les troupes ayant un pied ferme sur les plages de Normandie, Capa photographie des morts, des soldats allemands creusant des tombes pour la sépulture des soldats. L’arrivée des tanks, et autres engins de guerre.

S’en suit bien évidement des photographies de la terrible bataille de Normandie, dans les bocages, les champs. Il prendra une magnifique photo du Mont Saint-Michel durant son périple. Il était accompagné d’Ernest durant cette épopée !

Ils prends en photo les groupes de soldats allemands fait prisonniers. Il n’oubliera pas d’immortaliser une infamie française, la tonte des femmes accusées de collaboration verticale avec l’ennemi. Ces photographies sont édifiantes, une honte de voir ses femmes humiliés et raillées en publique, certaines avec leurs enfants dans leurs bras.

Capa suit la division blindée Leclerc et la libération de Paris. Soldats français, américains et résistants combattent côte à côte.

À la Libération de Paris, De Gaulle et la liesse d’une ville libérée.

Paris libérée, il rendra visite à Pablo Picasso dans son atelier.

Après la libération de Toulouse, il photographiera un meeting de Républicains espagnol. L’espoir renaît pour ces espagnols, malheureusement l’Histoire ne leurs prêtera jamais ne serait-ce qu’un peu de chance.

Puis de retour sur le front, il suit la bataille du terrible front de Bastogne en Belgique.

Après la terrible contre-attaque de la dernière chance des allemands repoussée, il suit les parachutistes américains sautant au dessus de Bei Wesel, en Allemagne. Puis Leipzig et enfin Berlin. Il photographie les soldats américains à Nuremberg, c’est la fin de la guerre contre les Nazis.

Dans Berlin libéré, il photographie des juifs dans une Synagogue. Le symbole est fort. Il capture aussi les habitants désœuvrés par la terrible bataille de Berlin. Des soldats américains et russe fraternisant. Là aussi, le symbole est fort, sachant que la guerre froide est juste sur point de débuter. Il n’oublie pas les enfants orphelins des SS, ces enfants étaient un plan d’Hitler, pour peuple le futur « Reich Millénaire » de soldat ethniquement « pure ».

Après la guerre, direction Hollywood, s’est Ingrid Bergman, célèbre actrice qu’il prend pour sujet. Elle tourne un film avec un certain Alfred Hitchcock.

Capa à la bougeotte, et une autre figure littéraire célèbre aussi… Non pas Hemingway mais Steinbeck avec qui il sillonnera la Russie !

John Steinbeck et Robert Capa durant leurs voyage en Russie, voyage surnommé « Le circuit de la Vodka ». Moscou Août/Septembre 1947. Photo Robert Capa/Magnum Photo. (Photographie présente dans le livre)

Il signe de magnifiques photographies de fermière ukrainiennes russes, des processions religieuses en Géorgie, un mariage en République Tchèque (Tchécoslovaquie).

L’épopée en Union-Soviétique terminée. Il se rend dans la toute nouvelle Israel. Il photographie les familles venant d’Europe par bateau et la guerre entre Israël, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l’Irak et l’Egypte.

Il voyage ensuite en France, plus précisément sur la fameuse French Riviera où il photographie Picasso, Françoise Gilot, sa compagne, et leurs fils Claude Picasso.

Puis, un retour en République Tchèque (Tchécoslovaquie) où il documente la reconstruction du pays.

À Varsovie, il immortalise les ruines du ghetto. Image poignante. Là où tout un peuple innocent a souffert, il ne reste que des gravats. Le ghetto ayant été détruit à coup de bulldozer.

Voyage en Amérique. Il photographie le président Truman et Dwight Einsenhower devant la tombe de Patton.

Il retourne en Israël pour photographier la vie des Juifs Orthodoxes. Il photographie des Kibboutz, des jeunes enfants juifs dans leurs nouvel environnement.

De retour en France, il photographie Picasso, son fils, sa compagne et rends visite à Henri Matisse. Petit voyage en Autriche, s’est la fête. Puis la France, là aussi, s’est la fête, le 14 juillet.

En Allemagne, c’est un portrait d’une génération confuse, assommé traumatisée et perdue qu’il capture.

Petit passage en Norvège, puis Paris encore où la fête et les amoureux reprennent leurs droits.

À Londres, il photographie encore son vieil ami Steinbeck, un certain Faulkner et Truman Capote.

William Faulkner par Capa. Magnum Photo. (Photo présente dans le livre)

Direction le Japon. Qui se remet petit à petit de la guerre et des deux bombes nucléaires reçues sur son sol.

Puis l’Indochine. Le Laos et le Vietnam avec l’armée française, c’est la guerre, la France se retire après le désastre de Ðiện Biên Phủ. Capa prendra sa dernière photo, celle de soldat français avançant en terrain miné.

P.S. : j’ai décidé de faire la chronologie du livre et pas forcément la chronologie de la vie de Capa. J’ai suivi l’ordre des photographies mais pas les événements de sa vie avec précision. Les photos que j’ai choisis de poster son celle d’auteurs américains, pour une raison purement personnel. On parle de Capa, donc de photo, mais je n’avais pas envie de poster trop de photographie, en espérant que vous les découvrirez un jour par vous même.

P.S.2. : ne faite pas comme votre serviteur, faite attention à la langue du livre quand vous acheter !

N’oublions pas Gerda Taro. Morte très jeune en faisant son métier.
Petite photo bonus de votre serviteur : Hemingway et Capa (à droite) accoudés à un bar. Crédit photo : Lloyd Arnold.

Jaskiers

Héroïne : Gerda Taro, photographe et reporter de guerre, épouse de Robert Capa, morte en Espagne à 26 ans.

Le double de Robert Capa, elle aurait convaincu Capa d’américaniser son nom pour avoir plus de succès. Et ce conseil s’avéra important pour la carrière de Robert Capa.

Contemporaine des femmes (et même des hommes) reporters de guerre, son courage et son talent, surtout son humanité, prouveront aux publics du monde entiers que les photographes de guerres sont indispensables pour pouvoir se représenter les horreurs de la guerre, et d’imposer la place des femmes dans le journalisme.

Bien sur, comme trop souvent, Gerda a été oubliée par l’Histoire, souvent cantonnée à être la femme du grand Robert Capa. Mais sa vie et sa mort prouve que son travail a autant de portée que son célèbre mari, qu’elle a grandement aidé à atteindre la célébrité. Elle est décédé sur le front durant la guerre civile espagnole.

Bien sur, je ne parle que des informations et photographies que j’ai pu glaner sur internet et dans quelque livres. Et comme souvent je l’écris, il sera de mon devoir de me procurer ses œuvres, de les lires et les étudier pour ensuite les partager avec vous sur le blog.

J’espère encore découvrir de nombreuses femmes qui ont bravées les interdits et affrontées l’horreur et s’imposer, ou non, dans se monde machiste et patriarcal.

Garda Taro avec son mari Robert Capa.

J’espère vous revoir sur le blog le jour où j’aurais mené mon projet de découvrir ces femmes à bien !

Photographie récemment retrouvée du corps sans vie de Gerda Taro

Jaskiers