Le photographe de Mauthausen (bande-dessinée) par

Quatrième de couverture :

Et si le vole du siècle avait eu lieu… dans un camp de concentration nazi ?

En 1941, Francisco Boix, matricule 5385, du camp de concentration de Mauthausen, échafaude avec ses camarades un plan pour voler des photographies témoignant dans crimes commis dans le camp et incriminant les plus hauts dignitaires nazis. Ce plan risqué n’est que le début de son périple pour révéler la vérité.

Une histoire vraie, basée sur des faits réels.

Après avoir lu le livre dont j’ai déjà rédigé l’article et se trouve sur le blog, je devais m’attaquer à la BD.

Je ne suis pas le plus grand connaisseur de bandes dessinés même si je pense avoir lu quelques classiques.

Le scénario prends quelques « liberté » avec la réalité, mais l’auteur, Salva Rubio le mentionne. La réalité a été modifié pour le bien du scénario. Au moins c’est sincère, et cela apporte pas mal de perspectives sur la vie dans le camp de Francisco.

Les photographies de Boix sont inséré en dessin dans la BD, et rends le récit encore plus réel, les manières et les raisons dont celle-ci ont été prises est parfaitement incluse dans l’histoire.

Les dessins sont bons et ressemblent au vrai camp. Je pense que le dessinateur Pedro J. Colombo a dû être influencé par le manga, car par moment, je retrouve l’esthétisme propre à cet art japonais. Ayant lu ma dose de manga dans la jeunesse, je ne pense pas me tromper, en tous cas c’est comme cela que je l’ai ressenti. Cela ne nie en rien à la qualité de la BD. Les transitions sont subtiles, intelligentes et s’harmonisent bien avec le récit.

Le travail sur la couleur est excellente. Sans trop spoiler, les scènes se passant dans le camp sont sombres, grises, oppressantes tandis que les scènes dehors sont colorées pleines de vies et de lumières.

Partie documentaire :

Cette partie est extrêmement intéressante, vraiment un ajout important pour l’œuvre.

Une biographie simple avec beaucoup de photos de Boix, petit, des anecdotes, les vraies photographies que l’ont peux trouver en dessin dans la BD qui apportent énormément à l’ensemble de votre lecture et à la compréhension de celle-ci ainsi que de l’épopée de Bloix.

À la fin, les mots très intimes et pleins de courage des auteurs espagnols de cette ouvrage, mettant en avant leurs jeunesses et leurs quêtes de vérités.

Un atout majeure après la BD, une vraie bonne addition.

J’aimerai ajouter que, personnellement, l’école ne m’avait jamais appris le sort des réfugiés républicains, et encore moins de leurs traitements inhumains de certains français à leurs égards.

Je vous laisse avec un extrait de la partie documentaire :

[…] Boix a lui même affirmé possède plus de 20 000 négatifs, […] et qui sont peut-être reste à Paris. Si tel est le cas, il se peut qu’un jour ils soient retrouvés, comme la célèbre « valise mexicaine » de Robert Capa.

Une telle découverte ne serait pas une première : en 2013, un nouveau lot 706 photos de la guerre civile espagnole a été retrouvé. Les photos ont été identifiées par l’association Fotoconnexio comment ayant été prise par un tout jeune Boix. Les autres photos de Mauthausen ainsi que le livre que Boix a écrit en captivité, intitulé Spaniaker, seront-ils un jour retrouvés ?

— Dedico este artículo a los refugiados españoles de la Segunda Guerra Mundial a quienes Francia traicionó. —

Jaskiers

À la recherche de la lumière – Oliver Stone

Une autobiographie.

À la recherche de la lumière : Platoon, Midnight Express, Scarface, Salvador et le milieu du cinéma : écrire, réaliser, et survivre

Quatrième de couverture : Bien avant de connaître la gloire avec Platoon, en 1986, Oliver Stone, figure mythique du cinéma américain, réalisateur et scénariste multi-oscarisé, avait déjà vécu mille vies. Fils d’une française et d’un soldat américain, le jeune Stone a déjà été fantassin pendant la guerre du Vietnam, puis a connu des années de misère, passées à écrire des kilomètres de scripts inaboutis, tout en conduisant des taxis dans les rues de New York pour survivre. Le figure réalisateur de Wall Street décide alors de changer de vie, et traverse les Etats-Unis pour s’installer à Los Angeles. Et c’est là, enfin, que son existence bascule. Aujourd’hui âgé de 74 ans, Oliver Stone se penche sur cette vie digne des plus grands scénarios. Sans complaisance, mais toujours avec une malice et une intelligence fulgurante, il raconte les hauts, les bas ; les succès nombreux, et les coups durs. Avec la verve qui lui est propre, il nous plonge dans ses rendez-vous avec Al Pacino en pleine écriture des scenarii de Scarface, Platoon ou encore Né un 4 juillet, mais se confie aussi sur les démons qui l’ont longtemps poursuivi. Remontant le fil de sa mémoire, Stone nous livre également ses périlleuses recherches dans les bas-fonds de Miami alors qu’il écrivait le scénario de Scarface, ses relations houleuses avec Michael Cimino, réalisateur de Voyage au bout de l’enfer, le tournage pour le moins chaotique de l’inoubliable Midnight express, et bien plus encore… Traversé par une énergie à couper le souffle, À la recherche de la lumière retrace la destinée inégalable d’un talent brut et l’âge d’or d’Hollywood. Né en 1946, Oliver Stone est connu dans le monde entier depuis les années 70 pour son œuvre de réalisateur et de scénaristes, auréolée de nombreux Oscars, Golden Globes et BAFTA Awards. « Tueurs nés, Scarface, Midnight Express, Platoon, JFK, Wall Street… Les mémoires d’un monstre sacré du cinéma américain »

Extrait : Le soleil est quasiment à son zénith, la chaleur suffocante. Je suis prêt à crier : « Moteur ! ». Après quinze ans passés à tenter de réaliser un film de cette ampleur, c’est un rêve qui se réalise aujourd’hui, la concrétisation des rêves d’un gamin trouvant un tas de soldats en plastique et de trains électriques sous son sapin de Noël, la concrétisation de mon univers à moi. J’en suis le concepteur, l’ingénieur, j’ai le pouvoir de décider de qui vit et qui meurt sur cette scène que j’ai moi-même créée. Tout ce qui dans mon enfance m’enthousiasmait au cinéma est réuni : des batailles, des actes pleins de fougue et de panache, et leurs conséquences.

Stone ce dévoile, sans sembler se retenir, sur sa vie, hanté par la guerre du Vietnam, cette autobiographie semble avoir été un douloureux projet. Entre un complexe d’Œdipe assumé, le sexe, l’argent, la drogue, la notoriété, il faut penser à un Oliver Stone trempant sa plume dans les tréfonds de ses démons. Il raconte son enfance, le divorce de ses parents, un père à WallStreet, sévère et distant avec son fils et une mère française, frivole et dépendante de ses multiples amants. Son année sabbatique à l’université qui se transforme en abandons de ses études car Oliver a découvert ce qui le fait vibrer. L’écriture de scénario. De ces débuts chaotiques jusqu’aux plus hauts sommets d’Hollywood, Stone écrit. Les disputes à n’en plus finir avec les producteurs, les agents, les acteurs, les politiciens, les équipes techniques, les difficultés techniques, tous ça et plus passé au crible de la plume de Stone. De cette lecture, j’ai surtout découvert à quel point Stone était hanté par son passage au Vietnam. Malgré les décennies, il ne semble pas avoir pu complètement se détacher de l’enfer, vu et vécu, de cette guerre qu’il trouve stupide. Elle l’a transformé, à la vision de son cinéma, anticonformiste et violent à l’époque d’une Amérique conservatrice et en conflit avec l’URSS au bord de l’implosion. L’homme se battra pour SON cinéma et je crois que l’écriture de son autobiographie était un combat de plus dans une vie rempli de conflit mais aussi d’amour. En bonus, des photographies au milieux du livre plutôt sympathiques mais au final très anecdotiques car le récit d’Oliver Stone est captivant.Jaskiers

Extrait : Ce à quoi s’attache ce livre, c’est au fait de chercher à réaliser un rêve à tout prix, même sans argent. Le fait de rogner sur tout, d’improviser, de baratiner, de bricoler avec les moyens du bord pour faire des films jusqu’au bout et les projeter dans des salles, sans savoir quand tombera le prochain jour de paye, ou quand arrivera la prochaine mousson, ou quand piquera le prochain scorpion. Le fait de ne jamais se contenter d’un « non ». De mentir éhontément, de serrer les dents de toutes ses forces et de survivre. Tout ce chemin parcouru entre une enfance magique à New York et la guerre du Vietnam, toutes mes luttes pour en revenir. C’est un livre sur l’échec, sur la perte de la confiance en soi. Et c’est aussi un livre sur le succès et l’arrogance. Sur les drogues, sur les années, qu’on traverse et qui nous traversent, politiquement et socialement. Sur l’imagination, sur le fait de s’inventer ses propres rêves et de tout faire pour qu’ils deviennent réalité. Et puis bien sur, c’est un livre plein de mensonges, de trahisons, d’escrocs et de héros, de personnes dont la seule présence est un cadeau, et de celles qui n’hésitent pas à vous détruire si vous leur en laissez l’occasion.