L’épreuve et la peine (et bonne année !)

Cinq cents fichus mots par jour. Qu’est-ce que j’ai essayé de me prouver ?

Pourquoi cinq cents mots ? Car je pense avoir lu quelque part que Neil Gaiman a écrit un de ses romans en n’écrivant que cinq cents mots par jour. Je n’ai jamais lu Neil Gaiman, mais je connais, en gros, ce qu’il a créé. Il est un écrivain respecté, il a eu un certain succès qui continue à faire son bonhomme de chemin.

Est-ce que je veux devenir un écrivain ? Ce serait mentir que de dire non, et un peu trop prétentieux et ambitieux de dire oui.

Je suis loin de maîtriser l’art de l’écriture. Je suis à la recherche de quelque chose en rapport avec l’art, en accord avec moi-même : écrire, simplement écrire sans penser au futur.

Mes sessions dépassées souvent les cinq cents mots. En y portant un regard critique, je pense à ces récits que j’ai écrit, je pense que les trois-quarts ne sont pas bons. Le dernier quart sont ces récits qui ont découlé simplement, qui s’enchaînaient avec une certaine logique, un sens, un message, parfois inattendu. Ce quart m’apportait le bonheur d’une écriture où j’étais complètement déconnecté du monde. Ce quart est celui que j’aspire à pouvoir écrire à chaque fois.

Vais-je publier tous ces textes ici ? Je me tâte. Je poste ici les textes les plus anciens, je publie actuellement ceux de la moitié de l’année dernière. Cela permet de reprendre un récit qui a reposé pendant quelques mois et ce temps me permet de poser un œil neuf sur eux. (Méthode prise à Stephen King.)

J’ai écrit un très long récit de science-fiction en anglais. Mais je sais qu’il est loin d’être bien écrit, si j’entreprends de le publier, le travail de correction sera important et éprouvant.

J’ai écrit une suite pour « Bienvenue à la Cure de Rien », et j’en suis déçu, je trouve que mon histoire se répète, tourne en rond pour finir sur une fin qui appelle à une autre suite.

Et écrire sur un foutu smartphone… écrire n’est pas le plus difficile, mais c’est la mise en page qui pose problème, surtout pour le blog, pour vous. Je blâme certaines fautes sur mon outil de travail, et un mauvais ouvrier blâme ses outils n’est-ce pas ? Mais c’est vraiment pas l’idéal.

Je n’ai aucune idée de quel genre de défi ou d’épreuve, m’imposer pour cette année. Mais pour être franc, j’ai envie et surtout besoin d’une pause. Et en même temps, j’ai l’impression que m’arrêter après une année à écrire, à travers vents et marais, et Dieu sait que cette fin d’année m’a apporté une belle tempête, pourrait arrêter un élan qui ne devrait pas s’arrêter.

Je dois penser à ma santé aussi, mais écrire influence ma santé. En bien et en mal. Mais il faut que je prenne une pause.

Au fond de moi, je sais aussi, je sens qu’il me faut passer à un autre niveau. Quelque chose de plus sérieux. Le temps presse, j’ai faim, faim d’apprendre et de vivre.

Je ne vis que grâce à mes bouquins et mes écrits. Je me serai fait sauter la cervelle il y a longtemps sans eux. J’ai vécu une vie avant la maladie, une vie que je ne regrette pas. J’ai profité de ma prime jeunesse à fond, ou presque, sans m’en rendre compte. La maladie était là, tapie dans l’ombre. Elle s’était montrée en pleine adolescence, s’est fait dompter par l’alcool. Et a éclaté avec force à partir de mes vingt ans. Le combat continue. Seul, mais pas vraiment, j’ai la littérature avec moi.

Je me taraude l’esprit. Est-ce que je claque mes quelques économies sur un ordinateur portable juste pour écrire ? Mon téléphone me permet d’écrire, il fait le travail. Le problème c’est la mise en page, et le clavier. Celui de mon smartphone est beaucoup trop petit pour mes gros pouces.

Mais j’ai une immense liste de livres que j’aimerais me procurer…

« Ahhh si j’étais riche ! »

Ne me dites pas que l’argent ne fait pas le bonheur. Il tient une partie importante dans notre société. Après tout, nous devons « gagner notre vie », travailler, trimer, pour l’argent, notre dieu, notre Veau d’or.

Et si cette année, je demandais à ma bonne étoile, ou à je ne sais quoi, qui, peut-être, nous influence et nous offre faveur et malheur, un simple coup de pouce ? Et si j’osais demander à l’Univers ? À cette (ou ces ?) dimension que nous ne voyons pas ? Car l’année dernière (je parle bien de 2022) a été une année où la spiritualité a commencé à me tarauder. Mais je pars sûrement un peu loin pour vous.

Cette année, j’aurai faim. Et j’attendrai une opportunité qui ne se présentera sûrement jamais. Les gens comme moi n’en ont pas le droit. La plupart en fait. Seule une poignée bénéficie de cette chance. Et je ne la mérite peut-être pas. Mais j’ai faim. J’ai grandi après cette épreuve, souffert. Mais qui ne souffre pas à notre époque ? Et je sais qu’au fond de moi, ma plume peut être acérée… cela ne tient qu’à moi de la passer sur la pierre d’affûtage et ne pas hésiter à présenter ce dont elle est capable ici.

Sinon, je vous souhaite une bonne année, pour ce que ça vaut. La santé, surtout, surtout ! Je tiens beaucoup à vous, je vous souhaite sincèrement le meilleur, montrez les dents pour obtenir ce que vous voulez. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi. Merci d’être là !

Votre Jaskiers

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Just Another Haunted Hotel Room Story – Part 3

FYI: I am not fluent in English, I’m trying to be at least. Sorry for the potentials mistakes. Feel free to correct me in the comment section.

The need for a smoke came back stronger than ever before since he stopped smoking. He needed to blow off some steam.

Once again, he had to face this inner demon of temptation. After all, just one, to cool off. But this is the cliché excuse to get back to smoking.

He took a glass of water instead, risking drinking it from the sink, with those terrible drought that had been hitting California recently, there was a risk of infection drinking water from the tap. But, this was better to drink a potentially cancerous glass of liquid than to definitely inhale cancer right into his body.

He laid back in the bed, looking at the spot on the celling. He couldn’t see anymore animals in it. This was proof that his brain was tired.

Dosing off once again, he fell into a dream, a nightmare in fact.

He was back in the fancy hallway of the Monclar Hotel in Colorado. Alone, he could hear a scream, a women scream along with terrifying scritching noises.

The hallway was well lit by a big crystal chandelier hanging from the roof to a few inches above the floor. Jack T. was almost blinded by the flashing crystals lights marking his sight with purple spots on his retina.

He tried to yell his wife name, Clara, because the screams he could hear sounded like her voice. But the only sound coming out off his mouth was an animal like groaning. The more he tried to yell, the more the groaning was loud and disturbing. When he decided to put his hand in front of his eyes to stop the light from burning them, he realised that his hands had became those of a beast.

Long and thin fingers, with long and thick black nails, his skin was covered in dense black fur.

By reflex, he took a glance at his lower body part but nothing had changed.

He tried to move around, going up the set of stairs on his right, the one that leaded to his room. He moved pretty fast. Too fast even. He could not control his pace. When he finally managed to reach the top of the set of stairs, he took the direction of the corridor leading to his and his wife room. He ran so fast that he blew past the long corridor, pulverising the window of his bedroom, breaking the room’s window and ended up in the snow, outside of the hotel that suddenly exploded.

Jack woke up in sweat. Maybe because of the dream, but also because the TV was on fire. He got up of the bed, coughing from the poisonous fumes filling the room and ran to the door. Of course, it was locked. He remembered, for once, where he had put the hotel room key; on the TV stand. But the television and the stand where devoured by thick black and red flames. The key was definitely lost. He prompted himself to the window but he could not understand the mechanism for opening it. Why do hotel room as those complicated windows opening mechanism along with weird shower malfunctioning?

As he was thinking about this, he felt like writing it down on his notebook. His precious notebook! He didn’t really cared about his wallet and laptops nor his trousers. He didn’t want to have his precious notebook burn, with all these wisdom, thought and ideas going up in flames and destroyed forever, never to be recovered. Jack never trusted his memory, writers have a tendency to forget things pretty fast because they often think about the thousand of things they could write. Their brains are often on maximum overdrive, keeping them up at night, pushing them to daydream.

Even more interesting stuff that he had to write about on the pages of his beloved notebook that was just standing on the bedside table.

He quickly leaped next to the bed to pick it up. But the notebook was stuck, impossible to grab off the table, like it was glued to the wood.

The writer tried his best to lift it up, planting his nails on the woods, bleeding. The effort made him suffocate even more. He wouldn’t give up, nails were coming off the fingers, shards penetrating deeply in his fingertips.

He felt a hand on his shoulder yanking him.

He woke up, laying in his bed. The young hotel manager was seating next to him.

Jaskiers

Just Another Haunted Hotel Room Story – Part 2

FYI: I am not fluent in English, I’m trying to be at least. Sorry for the potentials mistakes. Feel free to correct me in the comment section.

A childish fear, he thought to himself.

He opened the door of his room. A smell of cigarette hit him directly. He stopped smoking two months ago and this smell will not help him forget his longing for a good smoke after the stress of the traveling. Thankfully, he had no cigarette in his pockets to taunt him even more.

The room had that uniform pale brown color, a two persons wide bed, a night stand with a phone, a lamp and an ashtrey. Facing the front bed, a TV stand with a top notch television and multiple drawers. A wardrobe next to the bed et next to it, a bathroom with a toilet. A picture perfect basic motel room.

He let down his luggage on to the floor and laid in bed, looking at the roof stained by years of smoking.

One of these spots looked like a rabbit.

Smoke stains are likes clouds, perfect pareidolia materials. He took out his notebook to write that thought down. The writer learned to write down every thing that inspired him directly as to not forget a good idea that could help him in his futur writing. He never really used the notes he putted down in his journal, it was more of a little obsession, just in case the inspiration decided to take a leave from him creative mind.

Curiosity pushed Jack to open the bed side drawer, see if there was a bible. It’s a curious thing to put a bible in hotel rooms he thought to himself. It was not the case in Europe, it was something typically American. Forcing God into your life, guiding the lost sheep back to the Lord’s herd. He wrote those lines down on his notebook before opening the drawer and discovering a tiny black leathered bible and a full pack of Camel cigarettes along with a lighter.

Torrence heartbeat increased for a bit. There were, in this drawer, God wisdom and the Devil sweet temptation.

He took the bible and opened it where the little strip of tissue served as a bookmark.

He read the first line that caught his eyes :

(Luke 22:40)
When He arrived at the place, He said to them, “Pray that you may not enter into temptation.”

He sighted, looked at the pack of cigarettes, took it, turned and smelled the odor of tobacco before putting it down like it was burning his finger.

Sometime, life work in mysterious ways, like God, but it also have frightening coincidences that make you question existence in its whole. Jack was in deep meditating state, wondering if life was nothing but a simulation, a cruel game, lead by a disturbed man.

He got back looking at the roof to discover that the rabbit looked like a bird now. He moved his head to see if it was a change in his position that made this metamorphosis but it wasn’t.

How strange is the thing controlling us. Why does it seem that sometime, he takes a particular interest in you for a moment and giving you the hardest, cruelest and strangest time of your life ?

Sleep started to ask for its due. Jack took off his trouser and his old leather jacket, rested his head on a pillow and started to dose off.

He started having one of those strange and scary dreams where you wake because you felt like falling off a cliff.

Jack raised up from his bed immediately. He remembered reading something about those kinds of terrific dreams. The brain dropped some kind of adrenaline’s type chemical in the body, because for a moment, he was thinking that the body was about to die, or something along those lines.

It marked, once more, that room with a dreadful feeling. Something was wrong here. After what happened back at the Monclar hotel back in Colorado, the writer knew that there was some strange and powerful power out off our understanding lingering in there. Only peoples who face those strange power know that you shouldn’t mess with those entities.

Jaskiers

Just Another Haunted Hotel Room Story – Part 1

FYI: I am not fluent in English, I’m trying to be at least. Sorry for the potentials mistakes. Feel free to correct me in the comment section.

Jack T. had landed in Los Angeles, California, at 3 AM from a red-eye flight from Seattle.

After renting a car, he drove south, toward San Diego, where he had a book signing session on the afternoon for his last work, « Travel With A King ». Not his proudest nor his masterpiece. It was a book with no soul, just for the money.

Since this incident in this fancy hotel in Colorado a couple of years ago, he didn’t felt that the writing mojo he used to have was still there. It disappeared in the fire, along with his favorite typewriter, that good old Adler, his loyal comrade since the beginning of his writing career had disappeared. He also lost his wife and little boy. They aren’t dead, they just don’t want to see him ever again since that dreadful day.

On the interstate 5, driving while Jim Morrison sang lyrics that matched the present moment about driving down a freeway after midnight, Jack felt the heavy weight of sleep affecting his eyelid, therefore his driving. He decided to not taunt the devil, and to stop at the first motel with available vacancy to catch a shower and sleep.

After passing the camp Peddleton, he arrived at Carlsbad where a motel with a view on the Pacific Ocean was available.

He parked his car and took a quick look at the hotel. It was a reflex of his job, he used to think, to take time to watch how things looked and made him feel.

This hotel had nothing really noticeable. It was a regular motel, on three level. The picture perfect of an American west coast hotel. No balcony, doors aligned on three levels directly accessible from the outside. You could stay and watch every tenant going in or out of their room.

At the desk, a young man raised his head from his phone as Jack approached.

« – Welcome to the Mo’Hotel. In need of room? He said in a atone voice.

  • Well… yes. It’s say on your billboard that their’s vacancy available. That’s why I’m here.
  • Yeah… so?
  • I’ll take a room buddy.
  • Alright. Sea side view?
  • Yeah, why not.
  • It coast more with a view on the sea.
  • Yeah, give me a room. I just want a good night of sleep.
  • Room 313, the third floor. Here’s the key.
  • Thanks.
  • It’s 35$.
  • Yeah, alright.
  • Also, it’s a weird room.
  • Sorry what?
  • It’s a room with… things.
  • What are you on about?
  • Previous clients complained of noise, knocking on the door. They found their clothes and stuff in a mess, things displaced and weird things like that.
  • Well, that’s sound fun. Do you have some creepy weirdos as client lately?
  • You want my opinion?
  • Yeah…
  • It’s a ghost! It’s been going on for a bit now. Every time I have to go in this room, I do a little prayer even thought I don’t believe in God.
  • Jesus! You surely know how to ease a client!
  • There’s a weird feeling to that room. You’ll probably feel it.
  • Alright. I just want to sleep, maybe a few hours of sleep will not disturb anything that linger here.
  • Well, I hope for you. I’ve seen your face somewhere but I can’t remember where I saw it. Are you famous or something?
  • No. I just write on papers for a living. Anyway, good night buddy.
  • Yeah, good luck… night mister.
  • Thanks! »

Jack started to think that hotels weren’t his things. Everytime, something weird happened when he rented a room, one time, it coasted him his mariage.

As he climbs the series of stairs, a feeling of dread took over his body. Every cells in his body was telling him to leave.

Jaskiers

There’s A Killer On The Road (A Short Story)

FYI: I am not fluent in English, I’m trying to be at least. Sorry for the potentials mistakes. Feel free to correct me in the comment section.

« – Go now, let’s go !

  • What the fuck happened over there, shit !
  • Come on faster !
  • Yeah, but will you tell me where are Tim and Bryan for Christ’s sake ?
  • Dude, it’s all turned into a shit show in there !
  • Well I guess I already know that because you came back alone ! What was those gunshots that I’ve heard ? It was supposed to be a fine calculated job, no victim !
  • Dude, we thought we had it all under control. Everybody knew the plan and what he had to do but that… fucking security guard decided to be a hero ! Like he was paid enough to care about a robbery !
  • If you let you guard down man, they’ll take you out for sure.
  • What do you fucking know about a bank a robbery ! Shut the hell up and do your job, driving !
  • Well excuse me for being worried about bringing home one dude instead of three ! What happened to them !
  • Faster !
  • I’m at full speed ! Get out if you think you could run faster you shit ! Answer me ! Where are Tim and Bryan ?!
  • Tim got shot in the right shoulder by the security guard and Bryan was instantly killed by a bystander in the bank.
  • What ? And you came out of it unharmed !
  • Tim was badly injured but he could still fire his gun. We exchanged a copious numbers of bullets with the cops and the civilian. We killed the officer first, the bystander emptied is Smith&Wesson on us, Bryan took a bullet in the head… He died instantly. When the civilian started to reload, we took the opportunity to shower him with bullets and that wannabe hero died. Then, time started running out so Tim was guarding the civilians, I took care of the banker who opened the safe, took the money in my duffle bag and when I’ve came back, Tim was bleeding badly. I think that he had been hit sooner during the fire exchange with ether the civilian or the guard. At first, I’ve thought it was in the shoulder but he was hit in the left lung. Had to choose between him and the money so I’ve choose him but he refused and told me to go. To secure the money you see. He told me good luck and said he would cover my exit just in case someone decided to play hero… and here I am now.
  • Fuck. For real ? Men you’re full of shit ! I knew you were a coward at the second I laid eyes on you !
  • Men fuck you ! I did what had to be done !
  • Come on, you could have carried Tim with you !
  • Dude, I was literally carrying millions of dollars in a bag ! Money is heavy but you wouldn’t know this because you are our fucking gateway driver !
  • Man, I can fire a gun, be careful with what you said ! Can’t believe you left Tim to get die or… Wait… shit ! Was he the one who fired his gun just before you came running to the car ?
  • Yes I’ve told you, he was covering me !
  • You fucking lier ! He was trying to shoot you because you’re the one who killed Bryan ! »

Rami died on the spot, shot by Aubrey.

« – You haven’t see that one coming isn’t it ? Getaway driver my ass ! »

Throwing the body out of the car, Aubrey drove West.

Nothing was going accordant to the plan, he saw the flashing lights of law enforcement cars reflecting on his rear view mirror.

Taking his handgun, he fired at the blinding lights. He received a salve of bullets as an answer.

The car stopped going forward almost immediately.

He had a two possibility now. Run or facing the cops.

To this day, the faith of the five million dollars is still unknown. But they’re tainted in blood, sweat, tears and betrayal, like every currency in this world.

Jaskiers

Dante’s Dusty Roads – Chapitre 22

Une station essence se proposa à lui. Mettre son essence lui-même, demander au tenancier un coca, ou ce qui pouvait remplacer la caféine, un ou deux sandwichs et repartir. Il avait fait ses besoins sur le bord de la route, profitant d’y être seul sur cette dernière. Il fallait, avant tout, être efficient, faire vite pour arriver au ranch.

Il s’arrêta à la pompe, regretta de ne pas avoir fumé une cigarette avant, descendit et emboîta la pompe dans son véhicule. Personne ne sortait du magasin. Avec un bref coup d’œil, il pensait même qu’elle était fermée, rien ne filtrait de l’intérieur.

Tant mieux, je m’arrêterai à la première supérette du coin, je n’aurai qu’à passer devant un ou une caissière qui ne voudrait qu’une seule chose : que ma sale dégaine de Yankee aux yeux cernés déguerpisse. Ne pas faire de vague et tout ira bien.

Il faillit salir ses chaussures en retirant la pompe, il avait retenu la leçon de la dernière fois. Pas d’essence sur ses habits.

Il remonta dans sa voiture et partit en vadrouille à la recherche d’un Wallmart, d’un Target ou n’importe quel magasin pour faire ses emplettes et repartir aussitôt. La fatigue était là, mais s’il ne pouvait plus garder ses paupières ouvertes, il s’arrêterait au bord de la route pour un somme rapide. Dangereux oui, mais mieux valait risquer le danger d’un somme en solitaire sur le bord d’une route que de provoquer une rixe dans l’hôtel très bon marché de la ville.

Rien ne semblait vivant dans ce patelin, à par les bisons flânant dans les immenses champs qui entouraient la petite ville. Il semblait être rentré dans un décor de far-west moderne.

Il chercha une connexion à Internet avec son téléphone avec l’espoir de trouver une supérette pour se ravitailler avant la dernière ligne droite. Après Buffalo, direction Forgan s’en regarder en arrière. Son cerveau et son corps réclamait non seulement du repos, mais aussi, de l’écriture. Le besoin de catharsis, de poser des mots sur ce qu’il avait vécu jusqu’ici. s’imposait pour sa santé psychique. Et aussi, pour commencer son nouveau roman.

Il trouva un magasin, appelé Venture, de plain-pied, sans l’aide d’internet qu’il ne recevait toujours pas. Le magasin avait l’air d’un vieux et ancien motel. Le parking était vide.

Quand il rentra dans ce magasin, il découvrit que c’était en faite un restaurant plus qu’autre chose. L’écrivain espérait qu’il aurait la possibilité de prendre un plat à emporter, on était en Amérique après tout, aucun doute, pour de l’argent, l’Amérique vous offre tout ce que vous voulez.

Il attendit au comptoir, qui était vide, la seule présence des menus imprimés indiquait que le restaurant n’était pas abandonné. Il en prit un.

De la viande. Que de la viande. De la viande à la viande à la sauce viande avec un dessert à la viande. C’était le pays des bisons, le business principal de la ville. Après tout, la ville s’appelait Buffalo.

Une femme de quarante ans, la teinture blonde en fin de vie, des cernes et des rides marquées sur le visage et d’une maigreur inquiétante se présenta lui.

« -Vous désirez ?

– Je cherche quelque chose à emporter.

– D’accord, vous avez vu le menu ?

– Oui, mais je n’ai pas encore trouvé ce qu’il y a à emporter.

– La section sandwich se trouve à la fin. »

Rand fit défiler les pages du menu et découvrit les sandwichs, tout à la viande.

« -Vous avez besoin de conseil ? »

Il lâcha un petit rire. Il avait le choix entre sandwich à la viande de bison avec salade, tomate et moutarde, ou sandwich au bison avec de la mayonnaise.

« – Je vais prendre le sandwich complet.

– Salade, tomate et moutarde ?

– C’est ça.

– Et comme rafraîchissement ?

– Vous avez du café ?

– Oui mais malheureusement pas à emporter.

– Je vais vous prendre du coca.

– Nous n’avons que du Pepsi, cela vous va ?

– Oui merci. »

Elle se retourna pour partir dans la cuisine. Il vît par la porte entrouverte l’état lamentable des cuisines. Poussières, graisses, détritus, sangs, il ne manquait que la présence d’un rat pour combler le tableau.

Il va falloir faire fît de ces horreurs, se dit Rand à lui-même et à son estomac.

Dante pouvait entendre les bruits de couteau, celui d’un micro-onde et les voix de la serveuse et de la cuisinière.

Et si ce sang… non c’était trop, même s’il avait eu le droit à des hurluberlus, la probabilité d’ajouter à ses rencontres déstabilisantes, une meurtrière qui cuisinerait les morceaux de ses victimes humaines pour les vendre à ses clients était quasi-nul.

Quasi-nul ne veut pas dire nul, et plus rien ne me surprendrai. Je commence à perdre la tête. T’es parano Dante, arrête de penser à des conneries, si ça se trouve, c’est une déformation professionnelle, le risque quand t’es auteur de romans d’épouvantes.

La serveuse sortit de la cuisine, le gratifia d’un sourire et d’un « Ça arrive monsieur, merci de votre patience. »

Au moins était-elle polie pour une potentielle Serial-Killer cannibale… Allez Dante, arrête tes bêtises.

Il attendit encore cinq minutes. Le restaurant était désert, les menus et les couverts étaient recouverts d’une fine couche de poussière. L’air était lourd, pas extrêmement chaud, mais respirer commençait à être difficile.

Ou bien je suis en train de faire une crise d’angoisse ou bien le DustBowl a encore de l’influence sur le pays.

Les crises d’angoisses avaient été ses compagnons d’enfance et d’adolescence, jusqu’à ce que ses parents ait assez d’argent pour l’amener voir une thérapeute. Thérapeute et thérapie qui s’avérèrent être extrêmement efficaces et, à force d’exercices, réussirent à diminuer très fortement ses crises, jusqu’à ce qu’elles ne deviennent plus que des mauvais souvenirs. Il se rappelait qu’il ne fallait surtout pas oublier de bien respirer, mais l’air semblait empli de poussière. Il lui fallait aussi observer l’environnement autour de lui, mais il était tellement terne et misérable qu’il commença à paniquer.

Enfin, elle arriva, son sandwich placé dans un papier, son pepsi bien frais à la main. Il paya son dû, la carte bleue tremblante dans sa main. Il sentait les regards plein de jugement que devait poser sur lui la serveuse. Il transpirait à pleine gouttes. Tom pria intérieurement que sa carte passe, ce qu’elle fit. Il ramassa son dîner, et partit.

« – Bon appétit monsieur.
– Merci à vous aussi. »

À vous aussi ? Sérieusement ? Dante Thomas Rand ce que tu peux être idiot parfois.

En rentrant dans sa voiture, il s’imaginât la serveuse rigolant. C’était comme dire à quelqu’un « bonjour » et qu’il vous répondait « bonsoir ». Non seulement cela le faisait se sentir idiot, mais il se sentait humilié par la personne qui avait eu plus de présence d’esprit en lui indiquant que c’était le soir.

Les interactions humaines sont compliquées. Ou plutôt, je les rends compliquées.

Il sortit le sandwich de son papier, regarda la viande grossièrement apposée, respira un grand coup pour enlever la pensée qu’il mangeait peut-être de la viande humaine.

Non, c’est du bison…

Il regarda autour de lui. Tout près de lui, il y avait un champ immense avec un bison solitaire qui le regardait.

Putain, il sait. Les animaux ne sont pas idiots. Si ça se trouve, je suis en train de manger son frère. Merde.

Il reposa le sandwich, il n’avait plus faim. Il ouvrit sa cannette de soda qu’il but d’un trait.

Le soleil commençait à abandonner le ciel. L’écrivain reparti, direction Forgan. Il n’y avait pas de panneaux indiquant la ville mais il suivait ceux de Knowles.

Comme le nom de jeune fille de Beyoncé.

Cette pensée le fit sourire. Sourire qui ne resta longtemps sur le visage car la fatigue commençait déjà à fermer ses paupières. De plus, il n’avait pas mangé.

Après quelque miles, une dizaine peut-être, il s’arrêta sur le bas côté de la route, une petite place labourée par les pneus des paysans du coin, qui devaient passer par là pour rentrer dans leurs champs, s’occuper de leurs bêtes, de leurs bisons chéris.

Il fuma une cigarette, la nuit était tombée, les lumières du tableau de bord étaient éteintes. Silence. Il écrasa son mégot dans un étui en ferraille qu’il avait trouvé dans sa boîte à gant, étui qui semblait sortir de nulle part. Il abaissa son siège, vérifia si les portes étaient fermées et ferma les yeux.

Le dernier repos du juste avant l’arrivée.

Jaskiers

Dante’s Dusty Roads – Chapitre 19

Son estomac s’effondra dans ses talons.

Putain, on a même plus le droit de s’en griller une en voiture maintenant ? Si Hunter S. Thompson était encore de notre monde…

Il regarda anxieusement la voiture de police passer à côté de la sienne, se garer vers le magasin de la station-service. Deux policiers en sortirent. Il vit sa fan sortir des toilettes et pointer du doigt la voiture de Rand.

Nan. Mais non elle n’a pas fais ça quand même !

Les deux flics s’approchèrent et lui firent signe de baisser sa vitre.

« – Bonjour monsieur, ne vous inquiétez pas, nous avons juste une question à vous poser.

– Messieurs. Allez-y je vous en prie.

– Est-ce que cette dame, l’un des policiers pointa la femme de la station-service du doigt, a consommé de l’alcool, de la drogue ou vous a proposé de l’argent contre une relation sexuelle ?

– Non… non pas du tout.

– A-t-elle eu un comportement dangereux pour vous ou pour elle-même ? »

Tom se rappelait l’avoir vu sortir, une cigarette allumée au bec. Allumer une cigarette au milieu d’une station-service n’était sûrement pas une chose à rapporter aux cow-boys.

« – Non, non rien de tout ça.

– Vous a-t-elle menacé d’une quelconque manière ? Verbalement ? Physiquement ?

– Non monsieur, c’est une personne très amicale et intelligente, enfin le peu de temps que j’ai eu à converser avec elle.

– Vous êtes sûr ? N’ayez pas peur, elle ne peut pas vous faire de mal.

– Non messieurs, elle n’a pas du tout était agressive, ni menaçante.

– Vous êtes nouveau par ici ?

– Je suis juste de passage.

– D’accord… »

Le deuxième flic, qui jusque-là n’avait dit aucun mots, s’approcha de Dante et chuchota :

« – Elle est en probation.

– Ah bon ?

– Elle a fracassé le crâne de son mari avec une batte de baseball.

– Putain de…

– Il est encore vivant mais il n’est plus vraiment… Le flic fit une moue de la tête des plus expressives.

– Ah. Légitime défense peut-être ?

– Stephen ? Il aurait pas fait de mal à une mouche !

– Son mari ?

– Oui.

– Vous savez, parfois les apparences sont trompeuses. » Dit le premier flic qui lui avait parlé.

Rand jeta un œil à sa lectrice dans le rétroviseur, qui les regardait en se rongeant les ongles.

« – Oui, surtout avec les femmes vénales comme elles. Mais on les a dans le collimateur ces sales putains. » Répliqua le deuxième officier.

Dante Rand resta bouche bée à cause de ce que les agents venaient de lui dévoiler et par les paroles proférées par des défenseurs de la veuve et de l’orphelin.

« – Vous feriez bien de partir car elle vous a vu nous parler.

– Mais elle n’a rien fait de mal messieurs, je vous promets.

– On vous croit ! On vous laisse repartir. Merci pour votre coopération.

– De rien… »

Il remonta sa vitre, ne repartant pas tout de suite, regardant les flics revenir vers la femme qui baissait les yeux et acquiesçait. Quand il vit les garants de la loi se diriger vers leur voiture, il démarra, mais ne se dirigea pas vers la sortie de la ville, il voulait aller parler à cette femme. Elle avait l’air innocente, ou en tout cas, pas la manipulatrice perverse que les messieurs à l’insigne lui avaient décris.

Mais peut-être que les meilleurs manipulateurs vous manipulent sans que vous ne vous en rendiez compte…

Il fit le tour d’un pâté de maison, en essayant de se repérer tant bien que mal, et arriva à l’entrée de la station-service. Pas de cowboys. L’écrivain profita de l’occasion et se gara juste à côté du magasin.

Jaskiers

Dante’s Dusty Roads – Chapitre 18

La mauvaise réputation des toilettes de stations-services.

Petite bâtisse blanche, ou presque, de plein pied, la porte, d’un vert fatigué, était taguée et montrait des signes alarmant d’usures. Elle grinça à l’entrée de l’écrivain.
Un tout petit hall d’entrée avec des lavabos sur le mur faisant face à la porte. Une porte de chaque côté, à gauche les femmes, les hommes à droite.

Dante Rand rentra dans la section des hommes et constata qu’il n’y avait pas de toilettes, mais seulement des urinoirs. Rien pour pouvoir se déshabiller sans être vue. Les WC étaient déserts. Il ne perdit pas de temps, se déshabilla, changea son pantalon, enleva ses chaussures et ses chaussettes en réalisant qu’il avait oublié d’en racheter une autre paire. Il n’aimait pas vraiment déambuler sans chaussettes. Depuis tout petit il avait besoin de les avoir aux pieds. Il enfila sa nouvelle paire de chaussures à la couleur rouge presque aveuglante. Le genre Skechers qu’utilisent les personnes âgées pour rester cool et actif.

Il en profita pour uriner, quand le deuxième appel de la nature se rappela à lui. Il allait devoir essayer les toilettes des femmes pour la grosse commission.

Il passa le couloir et rentra dans les toilettes des femmes, qui possédait des cabines. Dante poussa un soupir de soulagement, s’engouffra dans l’une d’elle et fit ce que la nature lui demandait. Une fois la chasse d’eau tirée, il sortit de la cabine et se retrouva nez à nez avec sa fan tenancière de station-service.

« – Hey bien re-re-bonjour monsieur Rand !

– C’est très gênant je voulais juste des toilettes pour vous savez…

– Oui les toilettes des hommes n’ont que des urinoirs. Que voulez-vous, les hommes ici tiennent chèrement à leurs masculinités.

– Hey bien je ne sais pas comment leurs masculinités leur permet de couler un bronze dans ces urinoirs. Ça doit-être une sacré gymnastique. Limite de l’art pour viser dans le trou !

– Quel poète vous feriez !

– La poésie vous mange dans les mains dans les moments les plus atypiques !

– Je vois ça !

– Bon, je vais pas m’éterniser, je vous remercie encore.

– Pour ?

– Pour votre sympathie et votre compréhension, l’Oklahoma a été jusqu’ici une sacrée épreuve, un chemin de croix, une descente aux enfers, et il me reste encore de la route.

– Vous m’envoyez enchantée et aussi désolé pour votre mauvaise expérience du pays. Bonne route et faite attention à vous !

– Encore merci ! »

L’auteur sortit en trottinant. Il rougissait, légèrement gêné et honteux. Mais quand dame nature appelle, on avise.

Il grimpa dans sa voiture, arrêté au stop de la sortie de la station à essence, il s’alluma une cigarette.

Une voiture de police fit entendre ses sirènes juste devant lui.

Jaskiers

Dante’s Dusty Roads – Chapitre 16

Une fois dans sa voiture, il but le premier café aussi vite que possible. Il lui brûla la langue. L’autre café sera pour dans une heure ou deux. Il avait encore frôlé la catastrophe avec la barista.

En sortant du parking, il se demanda comment il pouvait arriver à destination, sans avoir un seul contact avec un autre être humain. Il réalisa que la chose était quasiment impossible, on dépend tous de l’autre, d’une manière ou d’une autre. L’angoisse l’envahit quand il réalisa qu’il lui faudra faire le même chemin au retour. Prendre l’avion ? C’était laisser sa berline toute neuve à la merci de l’Oklahoma.

Dante réalisa que ses mains tremblaient. Une première, même son corps commençait à le lâcher. Il faut dire que depuis trois jours, il lui en demandait beaucoup, et la fatigue physique et morale augmentaient à chaque mile avalé.

Buffalo était la prochaine ville, la dernière étape avant Forgan, et ce n’était pas la porte à côté. Il lui fallait remettre de l’essence. Puis il pensa qu’il lui faudrait aussi acheter des outils pour changer de pneu et peut-être une autre roue en cas de crevaison. Alva était la dernière ville qui pouvait lui fournir tout ça avant Buffalo.

L’auteur trouva une station service juste à la sortie de la petite ville et s’y dirigea.

Il allait devoir affronter l’être humain, encore une fois. Il vida son deuxième café, sans vraiment s’en rendre compte. S’alluma une cigarette, qu’il éteignit directement, quand il réalisa que la station essence risquait de lui exploser à la figure.

Il prit une grande respiration, et s’engagea à côté d’une pompe à essence. Cette fois-ci, il mettrait lui-même son essence.

L’écrivain n’avait plus l’habitude de mettre son essence lui-même. Il tâtonna, jusqu’à comprendre, tant bien que mal, le fonctionnement de la pompe.

Une femme sortit du magasin de la station essence, une cigarette à la bouche. Rand n’était même plus surpris à ce stade.

« – Besoin d’aide monsieur ?

– Non, merci beaucoup.

– Vous êtes sûr ? Car j’aurais pu le faire vous savez.

– Oui, je suis sûr, fumez votre cigarette tranquillement.

– Parfait, si jamais vous avez besoin, je suis à la caisse.

– Entendu ! »

Dante mit un plein, mais en sortant la pompe du réservoir de la voiture, il s’aspergea d’essence. Le pistolet déversait de l’essence à la moindre petite pression sur la manette. Ses chaussures et le bas de son pantalon avaient été rincés par le sans-plombs 95.

Comment vais-je pouvoir fumer ? Je vais me transformer en torche humaine si je ne fais pas attention. Et j’vais traîner cette odeur d’essence dans la voiture…

Il regarda en direction du magasin. La femme le regardait. Il allait falloir voir si elle n’avait pas une paire de chaussures et un jean bons marchés pour remplacer les siens, imbibés de liquide hautement inflammable. Et avec la chance qu’il avait dernièrement, mieux valait ne pas tenter le diable, et finir sa vie dans les flammes de l’Enfer avant de passer l’arme à gauche.

Dante rentra dans le magasin.

Jaskiers

Dante’s Dusty Roads – Chapitre 15

Springsteen avait disparu dans le rétroviseur de Dante, Bruce, se mit à chanter.

Désolé Bruce, mais entre toi et moi, je crois que c’est fini.

Il éteignit la musique et suivit les panneaux indiquant Alva jusqu’à y arriver, après deux heures de route à une vitesse excessive.

Faire le plein de bouffe, prendre un Starbucks, fumer une clope tranquillement, si la Providence le lui permettait, et repartir en direction de Buffalo, dernière étape avant d’arriver à son ranch de Forgan. Eldorado qui lui semblait encore tellement loin, bien qu’il soit tellement près.

Alva ! Sois bienfaisante pitié ! implora l’écrivain tout haut dans l’habitacle de sa voiture. Alva sonnait pour lui comme le nom d’une déesse mineure, peut-être une néréide, de la mythologie grecque. Mais il était forcé d’admettre que la ville ne ressemblait pas à celle d’une déesse. En tout cas pas à celle d’une déesse bienveillante. Elle semblait vide, sans charme, ressemblant à tant d’autre petites villes perdues qu’il avait traversé jusqu’ici.

Il passa au drive d’un MacDonald et commanda un hamburger, des frites et un coca. Personne, pas de queue, la commande arriva rapidement.

Que Dieu bénisse l’Amérique et sa création la plus exportée, le fast food.

L’auteur se gara sur un parking, occupé par une dizaine de voitures, d’un magasin de bricolage. Au moins, si quelque chose lui arrivait, il y aurait des témoins. Des témoins ou des bourreaux potentiels…

Il dévora son Big Mac, la faim l’avait tenaillé pendant des heures sans qu’il ne s’en soit rendu compte. Les frites furent avalées aussi vite et le grand Coca-Cola expédié. Il lui fallait maintenant se trouver un starbucks, le fast-food du café.

Il ne tarda pas à trouver son bonheur, à 1 mile, peut-être moins, du MacDonald.

Que Dieu bénisse l’Amérique et le capitalisme à outrance ! Travaillez dur, soyez riches et payez vos impôts !

Il dut sortir de sa voiture pour aller commander. Il ne risquerait pas de trouver des personnes louches dans un starbucks. C’était habituellement le repaire de jeunes hommes et femmes, souvent sur leurs Macbooks hors de prix, en train d’essayer d’écrire le prochain succès d’Hollywood ou le roman, genre « Young Adult », qui les rendraient riche. En tout cas, c’était ce qu’on pouvait trouver dans un starbucks new-yorkais.

Par chance, encore, le starbuck était vide, aucun client. Dans sa surprise, il crut même qu’il était en fait fermé, qu’il était entré par effraction et que les flics allaient lui tomber sur le dos. Mais une barista penchée sur son téléphone redressa la tête et lui demanda, d’un air nonchalant, ce qu’il désirait.

« – Un Frappucino.

– Ah désolé mais nous n’en avons plus.

– Ah…

– Non je plaisante va pour un frappucino, quelque chose d’autre avec ?

– Oui, en fait, je vais en prendre deux.

– Ah ! Un pour votre dame aussi !

– Non, tout pour moi.

– Votre tête me dit quelque chose.

– Et qu’est-ce qu’elle vous dit ?

– Vous êtes l’auteur, Dante Rand !

– Exactement.

– Un auteur dans un Starbuck au milieu de nul part…

– Observatrice à ce que je vois…

– Sacrément cool votre bouquin au fait !

– Merci.

– J’l’ai pas lu.

– Ah…

– Mais j’ai vu sur Twitter que les gens aimaient bien.

– Twitter ? super !

– Paraît que vous avez vendu les droits à Hollywood pour un sacré tas de pognon.

– La rumeur court mais personne ne la rattrape.

– Vous êtes vraiment perché, un vrai écrivain.

– Je prends ça pour un compliment.

– Avec tout ce succès, vous devez bien avoir trouvé une femme ?

– Non.

– Un bel homme comme vous, talentueux et riche, qui est célibataire !

– Je suis peut-être l’exception qui confirme la règle.

– Moi, je me porte candidate.

– Ah… c’est gentil. »

La jeune femme prépara les cafés, ses yeux semblaient à la recherche de quelque chose.

« – Vous m’offririez bien un café ?

– Pardon ?

– J’avoue, je peux en boire un à l’œil, faut juste pas que mon manager me grille, mais il est en train de s’envoyer de la meth quelque part au fond d’la réserve en ce moment. Enfin, s’il fait comme d’habitude.

– Désolé mademoiselle, je dois y aller. Combien je vous dois ?

– Vraiment ? Et où allez-vous pour être si pressé ?

– Dans un endroit tenu secret.

– Ah ! Secret d’écrivain ?

– Exactement !

– Bon, eh bien, voici pour vous !

– Je paie par carte s’il vous plaît.

– Bien sûr. Allez-y. »

Rand sorti sa carte, l’apposa sur lecteur. Un message d’erreur s’afficha.

« – Oh, c’est sûrement le lecteur qui bug, je vous l’remets.


– Merci. »

Tom frotta sa carte bleue avec sa chemise blanche, juste au cas où, et reposa sa carte sur le lecteur, qui afficha toujours le même message d’erreur.

« – Hey bien ! Vous êtes déjà à sec ? Où avez-vous dépensé tout cet argent ?


– Je comprends pas, je vais essayer avec le code.


– Naturellement. Rentrez bien fort votre carte dans le lecteur. »

Rand souffla sur sa carte, l’essuya encore, espérant qu’il n’ait pas un problème avec sa banque.

Il remit la carte, fit son code. Le lecteur marqua que son paiement avait été accepté.

« – Oh ! Quel dommage !

– Ah c’est plutôt une bonne nouvelle pour moi !

– Sinon, je vous aurai bien fait payer en nature.

– J’ai pas de liquide sur moi.

– Je ne parlai pas de ce genre de nature, si vous voyez ce que je veux dire… »

Un long silence pesant s’imposa. Rand prit ses cafés, lâcha un ‘au revoir’ précipité et se hâta rapidement vers la sortie.

Jaskiers