Récit de la Kolyma de Varlam Chalamov

Quatrième de couverture :

Les Récits de la Kolyma, réunis pour la première fois en français, retracent l’expérience de Varlam Chamalov dans les camps du Goulag où se sont écoulées dix-sept années de sa vie.

Fragments qui doivent se lire comme les chapitres d’une œuvre unique, un tableau de la Kolyma, ces récits dessinent une construction complexe, qui s’élabore à travers six recueils. Chaque texte s’ouvre sur une scène du camp. Il n’y a jamais de préambule, jamais d’explication. Le lecteur pénètre de plain-pied dans cet univers. Les premiers recueils, écrits peu après la libération, porte en eux toute la charge du vécu. À mesure que le narrateur s’éloigne de l’expérience, le travail de la mémoire se porte aussi sur la possibilité ou l’impossibilité de raconter le camp. Certains thèmes sont alors repris et transformés. La circulation des mêmes motifs entre différents récits, différentes périodes, constitue à elle seule un élément capital pour le décryptage de la réalité du camp ; on y retrouve la grand préoccupation de Chamalov : comment traduire dans la langue des hommes libres une expérience vécue dans une langue de détenu, de « crevard », composée de vingt vocables à peine ?

Les récits s’agencent selon une esthétique moderne, celle du fragment, tout en remontant aux sources archaïques du texte, au mythe primitif de la mort provisoire, du séjour au tombeau et de la renaissance.

On y apprend que le texte est avant tout matière : il est corps, pain, sépulture. C’est un texte agissant. A l’inverse, la matière du camp, les objets, la nature, le corps des détenus, sont en eux-mêmes un texte, car le réel s’inscrit en eux. Le camp aura servi à l’écrivain de laboratoire pour capter la langue des choses.

Les camps, dit Chamalov, est une école négative de la vie. Aucun homme ne devrait voir ce qui s’y passe, ni même le savoir. Il s’agit en fait d’une connaissance essentielle, une connaissance de l’être, de l’état ultime de l’homme, mais acquise à un prix trop élevé.

C’est aussi un savoir que l’art, désormais, ne saurait éluder.

Varlam Chalamov lors de sa première arrestation en 1929.

Avec une telle quatrième de couverture, dur d’écrire sur cette l’œuvre. Mais je vais essayer.

J’ai eu envie d’acheter cet ouvrage après voir lu « L’archipel du Goulag » de Alexandre Soljenitsyne, autre auteur étant passé par le Goulag, par le système de répression et de « nettoyage » ethnique et idéologique de l’état Soviétique. Le passage qui m’a le plus marqué dans l’œuvre de Soljenitsyne, et celui ou il déclare que l’homme cesse d’être un être humain quand une figure d’autorité use de violence physique. C’est encore d’actualité.

D’ailleurs, ces deux auteurs, Chalamov et Alexandre Soljenitsyne, ont communiqué par lettre. Je crois même qu’un recueil de leurs échanges est disponible. Malheureusement, leurs amitié ne durera pas longtemps, Chalamov reprochant à Soljenitsyne d’écrire des récits trop « doux » sur son vécu au Goulag.

Chamalov vise aussi Dostoïevski et sa « Maison des morts », qu’il juge, la encore trop doux, portant aux nues les truands.

L’emplacement de la Kolyma.

1 500 pages. 1 500 d’histoires, que l’on pourrait appelé un « recueil de nouvelles » écrit par un prisonnier, un Zek, un « crevard » des goulags, ou comme le dirai Chalamov, des camps d’exterminations stalinien. Chalamov connaîtra la détention dès la vingtaine pour n’en ressortir que vers la cinquantaine.

Chalamov n’était pas un prisonnier de droit commun, un truand, ceux là sont la terreurs des camps. Non Chalamov était un « 58 », emprisonné pour activités anti-soviétiques. Ces détenus étaient voués à être exterminer par le travail, par leurs gardes, par les truands, ces derniers étaient considérés comme des personnes à rééduquer et non des ennemis du peuple.

Être un « 58 », nom de l’article condamnant les activités anti-soviétiques dans le « code-penal » de l’ex-URSS de Staline, c’était être condamner à piocher, creuser, pousser des brouettes, être frappé, humilié, violé, assassiné et j’en passe. Vous pouviez être arrêter sur dénonciation, et souvent, vous étiez condamné sans savoir quel avait été votre crime. Dans l’ignorance. Et votre vie de prisonnier commençait sans que vous n’en connaissiez la raison. Et quand vous étiez accusé, il était impossible de ressortir lavé de tout soupçons, impossible de vous défendre. Vous étiez emprisonné et c’est tout.

Être « 58 », c’est travailler plus de 16 heures par jours, sous un froid de moins 60 dégrées (Celsius), c’est trouvé que moins 40 dégrées (Celsius) c’est doux, presque l’été.

C’est avoir les mains bloqués en position fermée à force de tenir les outils.

C’est avoir le scorbut. La pellagre. La dysenterie. Être utilisé comme objet de pari quand les truands non plus d’objets à parier. C’est d’être voler, de n’avoir aucun objet personnel.

C’est se faire voler la photo de sa femme pour que les truands puissent faire une « session de masturbation collective » avec.

C’est voir un autre 58 se faire éviscérer par des truands, ces derniers utiliseront les intestins de la victime pour étrangler un autre 58.

C’est être victime, 24 heures sur 24. Ne plus avoir de contact avec sa famille.

C’est d’être utilisé comme simple pion dans la politique, le microcosme concentrationnaire.

C’est de travailler jusqu’à l’épuisement total, physique et moral. Avec le ventre vide.

Si vous êtes une femme, c’est de se faire violer, en groupe. Et j’en passe…

Prisonnier de la Kolyma construisant la « route des ossements». Je vous laisse deviner pourquoi cette route se nomme ainsi…

Varlam a vécu tous cela juste parce qu’il avait dit qu’il appréciait un poème de Bakounine…

Je pourrai continuer encore. La lecture de ces 1 500 pages étaient éprouvante. Varlam Chalamov raconte ses histoires à la troisième personnes, ou à la première. Se livre contient tout ses récits, certaines histoires se répètent mais apportent toujours un nouveau détail ou point de vue de l’auteur. L’écriture à là troisième personne est un fait commun dans la littérature, elle permet aux victimes de s’exprimer plus « librement », donnant une certaines distance pour leurs permettre d’écrire.

Chalamov lors de sa deuxième arrestation en 1937

La lecture de cette œuvre immense vous hantera la nuit. Comme un bon roman d’horreur, sauf que se que vous avez lu a été vécus par des centaines de milliers de personne. Hommes, femmes et même adolescent. Vous en sortirez exténué. Vous ne verrez plus un mélèze comme avant. Une pioche, une pelle, une cigarette, une cuiller comme avant. Je conseillerai de lire se livre sur un tapis roulant à vitesse maximale pour bien comprendre la souffrance physique et mentale des récits. Votre corp sera ainsi en symbiose avec se que subit votre psyché. Et vous n’avez pas le droit d’arrêter jusqu’à l’évanouissement. Vous trouvez cela stupide ? Je ne l’ai pas lu comme cela bien sur, mais votre corps sentira la douleur lors de cette lecture. L’enfer est stupide. Les camps, les régimes totalitaires sont stupides. Sortez votre tapis roulant et soyez stupide.

Monument dédié aux morts à Magadane. Le visage de la tristesse.

Il n’y a aucune chronologie logique dans se recueil, vous êtes propulsé à Magadane sur une histoire, pour être propulsé à l’hôpital, puis dans la forêt ou dans les mines. Vous êtes perdu vous aussi, Chamalov vous entraîne avec poésie (si si) dans l’enfer. Et l’enfer concentrationnaire ne connaît pas de temps ni de logique.

La route des ossements aujourd’hui.

L’œuvre complète des Récits de la Kolyma est coûteuse. Je sais que l’ouvrage se vends en plusieurs parties. Je vous conseillerai la partie appelée Le gants.

Varlam Chamalov

Chaque histoire est imprégnée d’horreurs, de dénonciations, d’actes inhumains, cruels. Il n’existe pas d’amour dans les goulags, ni de merci. On y meurt, et si on survit aujourd’hui, demain on meurt. On utilise des tracteurs pour creuser des fosses communes, pour y lâcher des cadavres que même la terre gelée de la Kolyma ne veut pas. Rejetant, conservant, le permafrost ne veut pas de l’horreur humaine. Les mélèzes centenaires n’oublient pas, sont les témoins silencieux du massacre de millions d’êtres n’innocents poussés aux dernières limites de la vie.

J’ai omis volontairement de trop parler de politique, de citer l’action des services soviétiques tél que la Guépéou, le NKVD, la Tchéka, les Troïkas, le NKGB, des services qui massacrent et qui se font massacrer à leur tour quand leur horrible travail est fait.

Chalamov compare les camps d’extermination nazis et les Goulags, similaire selon lui, et je suis d’accord. Selon Varlam, les chambres à gaz sont remplacées par le travail forcée à moins 60 dégrée (Celsius) sans protections adéquates.

De loin une des lectures les plus terribles que j’ai eu l’opportunité de faire.

« La détention en camp est une chose atroce qu’aucun homme ne devrait jamais connaître. L’expérience du camp est, à chaque instant, absolument négative. L’homme n’y fait que devenir plus mauvais. Il ne saurait en être autrement. Au camp, il se passe des choses dont un homme ne devrait jamais être témoin »

Varlam Chamalov

Varlam Chalamov peu avant sa mort. Il finira sa vie dans un hôpital psychiatrique.

Jaskiers

Les nus et les morts – Norman Mailer

Quatrième de couverture :

« Le plus grand roman sur la Seconde Guerre Mondiale… et peut-être sur toutes les guerres. »

San Francisco Chronicle

Provocateur, iconoclaste, talentueux, Norman Mailer a été l’un des enfants terribles de la littérature américaine tout comme l’observateur subversif d’un pays dont il n’a cessé de condamner les dérives.

Lorsqu’il publie Les nus et les morts en 1948, il n’a que vingt-cinq ans mais a déjà vécu l’expérience de la guerre. Traduit en 25 langues, ce récit fulgurant de réalisme et de révolte, qui met en scène des hommes envoyés en mission derrière les îles japonaises pour conquérir une petite île du Pacifique Sud, connaît un retentissement immédiat. Couronné par le prix Pulitzer, il marque l’entrée en littérature mais aussi dans la légende l’un des plus grands romanciers américains.

« Brutal, angoissant, incroyablement puissant. »

Newsweek

« Un livre éclatant de vie, vibrant de vrais personnages, de scènes mémorables. Bien plus qu’un formidable récit sur la Seconde Guerre Mondiale, une œuvre à part entière. »

The Philadephia Inquirer

« Sept cents pages de bruit et de fureur raconté avec un stylo en guise de lance-flammes. »

Éric Neuhoff, Le Figaro

Depuis Les nus et les morts, Norman Mailer (1923-2007) n’a cessé d’occuper le devant de la scène internationale. Ravageur, survolté, vigilant, il fut, avec Un rêve américain, Les armées de la nuit ou Le chant du bourreau, l’écrivain à la « démesure » de l’Amérique de la seconde moitié du XXe siècle.

J’avais tellement entendu parler de Norman Mailer et il semble que je sois tomber sur une de ses meilleurs œuvres.

À 25 ans, publier un ouvrage de 600 pages avec comme sujet son expérience de la guerre et en sortir le prix Pulitzer… l’écrivain doit-être d’un autre monde.

Le premier paragraphe, la première ligne donne le ton et est peut-être une des meilleurs entames romanesque que j’ai lu.

Rien qu’en lisant ces lignes, vous savez le drame qui s’annonce. Surtout qu’au long du roman, vous êtes au côté de ces hommes, qui parlent crûment, comme des charretiers.

Le roman traite plus de la psychologie des soldats que des combats. Mailer démonte avec se roman l’incroyable « fraternité », la relation de frères d’armes qu’Hollywood et même d’autres livres nous ont colporté.

Entre jalousies, manipulations, traîtrises, et disputes, l’image des soldats frères d’armes prends une balle en pleine tête.

La narration utilisée par Norman est atypique, comme noté précédemment, les soldats s’insultent, se révolte, s’énervent, se rebiffent. Le roman est entrecoupé de petits récits, des flash-back, tantôt avec un style journalistique ou l’auteur semble interviewer les proches des soldats sur leurs enfances, d’autres où ils rentrent directement dans l’intimité et l’ancienne vie des soldats. C’est cru. La vraie violence du roman est la cruauté et la haine, pas nécessairement contre les japonais, mais envers eux même, leurs proches, leurs femmes. Fait encore rare dans se genre de roman, l’antisémitisme dans les rangs de l’armée américaine. Le sujet est traité du point de vue d’un soldat juif et pratiquant et d’un soldat juif mais dont la religion n’as aucun poids dans sa vie. Il est intéressant de voir l’antisémitisme dans les rangs américains durant la guerre du Pacifique, tandis qu’en Europe, des américains se battent contre l’Allemagne Nazie et découvrent les horreurs de l’Holocaust.

Encore plus intéressant et rare, l’auteur parle énormément de sexualité, omniprésente jusqu’à la fin. Les hommes parlent de femmes, la peur d’être trompé par la femme restée au pays, l’envie charnelle qui les hantes, les souvenirs d’amours passés et avec espérance, ceux à venir.

Vous aurez vos préférés, ceux envers qui vous vous identifierez, et ceux que vous détesterez. Et certains d’entre eux mourront.

Jaskiers

Terres de sang – L’Europe entre Hitler et Staline – par Timothy Snyder

Quatrième de couverture :

« Voici l’histoire d’un meurtre politique de masse. » C’est par ces mots que Timothy Snyder entame le récit de la catastrophe au cours de laquelle, entre 1933 et 1945, 14 millions de civils, principalement des femmes, des enfants et des vieillards, ont été tués par l’Allemagne nazie et l’Union soviétique stalinienne. Tous l’ont été dans un même territoire, que l’auteur appelle les « terres de sang » et qui s’étend de la Pologne centrale à la Russie occidentale en passant par l’Ukraine, la Biélorussie et les pays Baltes.

Plus de la moitié d’entre eux sont morts de faim, du fait de deux des plus grands massacres de l’histoire : les famines préméditées par Staline, principalement en Ukraine, au début des années 1930, qui ont fait plus de 4 millions de morts, et l’affamement par Hitler de quelque 3 millions et demi de prisonniers de guerres soviétiques, au début des années 1940. Ils ont précédé l’Holocauste et, selon Timothy Snyder, aident à le comprendre.

Timothy Snyder en offre pour la première fois une synthèse si puissante qu’un nouveau chapitre de l’histoire de l’Europe paraît s’ouvrir avec lui.

Avertissement : le contenu de cet article est choquant.

Le « pari » est osé. L’auteur pense que les crimes commis avant l’Holocauste peuvent nous aider à « comprendre » la Shoah. La quatrième de couverture nous annonce même un nouveau chapitre potentiel de l’Histoire européenne qui s’ouvrira avec se livre. Quant est-il ?

Les « terres de sang » selon l’auteur.

L’ouvrage commence logiquement sur l’accès au pouvoir des deux dictateurs Hitler et Staline. Si vous avez bien suivis vos cours d’histoires-géographies je n’ai pas grand chose à vous apprendre là dessus.

Suit bien sur la grande famine en Ukraine de 1933 provoquée par Staline. Et c’est là que le livre devient un vrai livre d’histoire. Et que l’horreur prends de la vitesse. Car en plus du récit historique, l’histoire agrémente son travail de plusieurs extraits de témoins. Écrivains, journalistes, artistes et mêmes civiles. Le lecteur est plongé encore plus dans le cauchemar.

Le livre a encore plus raffermi mon opinion, ni communisme, ni nazisme. Les deux régimes bien que différents aux premiers abords sont en faite les mêmes. Et heureusement qu’ils finissent tous, à la fin, par mordre leurs propres queues.

L’auteur commence donc son ouvrage sur la famine en Ukraine provoqué par Staline. Le récit est terrifiant. Rarement j’ai lu autant d’horreur. Voici un petit extrait, et encore, se passage n’est pas le plus glauque.

Extrait : attention passage choquant.

Face à la famine, certaines familles se déchiraient, des parents se retournaient contre leurs enfants, et les enfants les uns contre les autres. La police d’Etat, l’Oguépéou, fut bien obligé de le reconnaître : en Ukraine soviétique, « des familles tuent les plus faibles, habituellement les enfants, pour en manger la chair ». D’innombrables parents tuèrent et mangèrent leurs enfants, avant de finir par mourrir de faim quand même. Une mère fit cuire son fils pour nourrir sa fille et elle-même. Une fillette de six ans fut sauvée par des parents : la dernière fois qu’elle vit son père, il affûté un couteau pour la tuer. Toutes les combinaisons étaient bien entendu possibles. Dans une famille, on tua une belle-fille pour donner sa tête au cochon et faire rôtir le reste de son corps.

La paranoïa de Staline est inimaginable. Trouvant et manipulant le plus possible, il exécute par centaine de milliers d’innocents. L’excuse qu’il trouve pour convaincre son parti que les ukrainiens faméliques que les cadres du parti voient en Ukraine est… que les ukrainiens font exprès de mourrir de faim pour saboter le grand plan quinquennal du parti…

Paysans affamés à Kharkiv en 1933. Ukraine.

Vient aussi la comparaison avec Hitler. Le pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’URSS, la Pologne divisée par les deux puissances. Les polonais subiront des exactions commises dans les deux camps.

Puis, le déclenchement de la guerre. Hitler et Staline, deux dictateurs sanguinaires, sans pitié aucune pour la vie humaine. L’irrespect des conventions de Genève, la mise à mort et le privation de nourriture pour des millions de personnes.

Voici un extrait du livre sur le siège de Lenindrad par les allemands :

-Le journal le plus marquant d’une petite leningradoise est celui de Tania Savitcheva, que je cite ici dans son intégralité :

Jenia est morte le 28 décembre 1941 à minuit trente.

Grand-mère est morte le 25 janvier 1942 à 15 heures.

Leska est morte le 5 mars 1942 à 5 heures du matin.

Oncle Vassia est mort le 13 avril 1942 à 2 heures du matin.

Oncle Lecha est mort le 10 mai 1942 à 16 heures.

Maman est morte le 13 mai 1942 à 7 h 30 du matin.

Les Savitchev sont mort.

Il ne reste que Tania.

Tania Savitcheva est morte en 1944.-

Trois hommes enterrant les victimes du sièges de Leningrad. 1 octobre 1942.

L’horreur ne fini jamais dans les pays coincés entre les deux belligérants. La Pologne, l’Ukraine, la Biélorussie sont mis à feu et à sang, par les deux camps. Les civiles sont assassinés, hommes, femmes et enfants sans aucune autre forme de procès. Les témoignages sont terribles, les survivants, très peu nombreux, ne parleront que des décennies plus tard, libérés du joug soviétique.

Officiers Nazis exécutant un civil russe.

La Biélorussie sera le pays le plus touché par les atrocités, autant nazis que soviétiques.

Extrait :

Autour de 2 millions de mort sur le territoire de l’actuelle Biélorussie au cours de la Seconde Guerre Mondiale est une estimation apparemment raisonnable et sans doute en deçà de la réalité. Plus d’un million d’habitants fuirent les Allemands, et deux autres furent déportés comme travailleurs forcés ou déplacés pour une autre raison. À partir de 1944, les Soviétiques déportérent 250 000 personnes vers la Pologne et des dizaines de milliers d’autres à destination du Goulag. À la fin de la guerre, la moitié de la population de la Biélorussie avait été tuée ou déplacée. On ne saurait en dire autant d’aucun autre pays européen.

Trois civile Biélorusse pendus par les SS. Sur le panneau est écrit : Nous sommes des partisans et avons tiré sur des soldats allemands. Écrit en Russe et en Allemand. 1942.

Le massacre commis par deux régimes anti-démocratique, mené par des hommes prêt à tout pour prouver qui est le meilleur. Quitte à massacrer, trouvant toujours quelqu’un pour mener ces massacres d’innocents. Et ces gens n’étaient pas des « monstres », ils étaient comme vous et moi.

L’auteur précise avec justesse et démonte la « pensée » que le plupart des Juifs étaient partis à la mort sans résister. Cela est faux. Les Juifs du ghetto de Varsovie ont tenus en respect des soldats SS très entraînés et armés jusqu’aux dents avec de simple pistolet et quelques grenades. Himmler en deviendra fou furieux, demanda à la Whermacht et à la SS de brûler et raser le ghetto. Contrairement à une idée « populaire » la Wehrmacht a bien commis des crimes de guerres et exécutés des Juifs.

Une fois rasé, le ghetto de Varsovie deviendra un camp de concentration. Chose que je ne savais pas.

Résistant juif arrêté par les nazis durant l’insurrection de Varsovie. Le soldat allemand à gauche tient un lance-flammes, qui selon l’auteur, aurait-été prêté par la Wehrmacht. Avril 1942. © BELGA/AFP

Les Alliés étaient au courant du génocide et du massacre des juifs mais n’en n’ont jamais fait part dans leurs communiqués. Je vous laisserai en découvrir les raisons dans l’ouvrage. L’enfer de la percussion des Juifs ne finira malheureusement pas avec la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le Stalinisme usera d’antisémitisme jusqu’au bout. Les horreurs continueront. Et l’antisémitisme est toujours présent aujourd’hui.

La fin du livre permet à l’auteur de rassembler sa « théorie », d’affirmer et d’expliquer sa méthode de travail et de recherche. Il souligne avec raison que les nombres des massacres, 14 millions de morts, selon l’auteur, dans la zone des « terres de sang » n’est pas juste un nombre, 14 millions de personnes, d’être humains qui pensaient, aimaient comme nous, ont été assassinés sans pitié. Par d’autres êtres-humains.

Le pari de l’auteur as-t-il été tenu ? Je dirai oui, mais l’ouvrage tendrai plus à être lu par d’autres chercheurs, historiens et autres spécialistes pour confirmer ou infirmer.

Jaskiers

Le photographe de Mauthausen |Le Film | par Mar Targarona.

Synopsis :

Un jeune photographe prisonnier à Mauthausen échafaude un plan pour révéler au monde les atrocités commises dans les camps nazis.

Acteurs principaux :

Mario Casas – Richard Van Weyden – Alain Hernandez

Bande annonce :

Bande annonce sur YouTube

Après avoir lu le livre « Le photographe de Mauthausen » de Benito Bermejo et la bande dessinée éponyme de Salva Rubio, Pedro J. Colombo et Aintzane Landa, j’ai découvert à ma grande surprise qu’il existait le film sur Netflix.

Ayant lu les livres, je me devais donc de regarder le film. Comme je l’ai déjà mentionné auparavant, je ne suis pas un expert du monde cinématographique ni de ses mécanismes. La « critique » de ce film sera plutôt basée sur les lectures des deux livres.

L’histoire est basée sur plusieurs théories sur la manière dont Francisco Boix a sorti les négatifs du camp. Des théories que je n’avais pas lu dans les deux ouvrages m’ont surpris, je ne sais pas si ils sont véridiques ou fabriqués pour le besoin du scénario. Cela peux être déstabilisant si vous avez lu les deux ouvrages avant le film, ce que je vous conseil de faire. Les photographies prise par Ricker (un SS photographe qui avait prit Boix comme assistant) et Boix lui même sont mise en scène de manière parfaite dans le film. Je dirai que c’est un bon complément graphique et vidéoludique pour l’histoire des négatifs de Mauthausen. L’acteur jouant Francisco Boix, Mario Casas, est très bon et très convaincant dans son rôle.

Mario Casas dans le rôle de Francisco Boix.

Côté esthétique, le film est bon, même si on peux voir parfois l’effet fond vert et quelque décors pas très crédible mais cela reste très minime vu la qualité du jeux des acteurs et le scénario « remodelé ».

Je vous conseil le film APRÈS avoir lu les livres. Les photographies que vous verrez dans les livres se transposeront dans le film. L’expérience est intéressante.

Chose importante qu’il faut noter, il est très difficile de faire un film sur les camps nazis. Ne pas tomber dans le voyeurisme, le gore, le « pathos », le « too-much ». Dans cette optique là, la réalisatrice Mar Targarona a fait un excellent travail, ne tombant pas dans les pièges, concentrant son film sur les détenus, leurs relation entre eux et avec les SS.

Richard van Weyden dans le rôle du SS Paul Ricken.

J’ai regardé le film en version originale sous-titré et je pense que vous devriez faire de même. Le film ayant comme sujet les républicains espagnoles et les nazis, la langue vous permet de rentrer plus facilement dans le film.

Femmes libérées devant leurs block à Mauthausen. Photo Boix.

C’est tous pour cette « review » de film, je ne suis pas cinéphile, prenez cette critique avec des pincettes. Mais je vous le conseil. L’horreur et le sacrifice qu’ont vécus les espagnols ne doivent pas être oubliés.

Détenu de Mauthausen à la libération du camp. Le détenu est au bord de la mort, allongé dans ses excréments. photographe inconnu (Boix ?).

Dedico este artículo a los refugiados españoles de la Segunda Guerra Mundial a quienes Francia traicionó.

Jaskiers

Histoire vraie et personnelle n#7 : Un message de l’inconscient ?

L’entrée dans la chambre funéraire fût la chose la plus dure.

La vue d’un corps sans vie provoque une blessure dans l’âme. Cette blessure ne se refermera pas. La douleur peut s’atténuer mais c’est tout.

Encore plus quand le corps est celui d’un proche.

L’odeur d’une de ces chambre est caractéristique. Elle s’imprimera dans votre cerveau et reviendra vous hantez des années après, au milieu de la journée ou de la nuit.

La froideur du corps après l’épreuve de l’entrée de la chambre détruit toute résistance. Vous n’êtes plus rien, bien que vous soyez le seul vivant dans cette salle. En fait, vous mourrez un peu. Quelque chose part en vous. Un peu de votre innocence enfantine, une part de ce que vous étiez se retire. Surtout car vous ne vous posiez pas les bonnes questions vous et votre proche. Les non-dits, l’affection, les secrets, tous ça resteront en vous tout en vous enlevant une partie de vous même. C’est la vie. La vie est un paradoxe, de mon point de vue.

C’est à se demander si à la vue du corps inanimé d’un être aimé ou d’un inconnu, votre propre corps, votre cerveau, votre organisme, vos cellules, se demandent « Est-ce possible ? ».

Ne me dite pas que vous n’avez pas peur de la mort. On peux faire les malins à se dire que l’on n’en a pas peur, mais je pense que quand elle vient vous chercher, quand le souffle de la vie vous ai retiré, la terreur du « et après ? » doit vous submerger. Une sorte d’attente, un temps de latence terrible, de quelque millisecondes, une antichambre avant de quitter se monde.

Votre corps a une mémoire, vous avez votre conscience, les deux sont peut-être lié par l’inconscient, je n’en sais rien, je présume juste. Cette entité s’exprime souvent sans que vous vous en rendiez compte.

La nuit, vous faite se rêve. Ou se cauchemar. Vous choisissez.

Vous rentrez encore dans cette chambre à l’odeur ténue, froide, pathétiquement décorée. Votre proche est allongé la. Rien ne bouge. Vous vous approchez doucement. Ses yeux s’ouvrent. Ses iris sont rouge. Vif. Vous vous approchez, se rouge est en faite une rose. L’être aimé ne cligne pas des yeux, il ne bouge pas il est mort. Mais ses yeux sont ouverts, ses yeux vous offrent deux rose rouges pourpres. Et vous vous réveillez.

Vous ne savez plus quand exactement vous avez fais se rêve. Une semaine ? Deux mois ? Un an après l’enterrement ?

Dans tous les cas se rêve reste avec vous. Son sens vous échappe. L’inconscient a communiqué son message, à vous de le décrypter.

Et aucune réponse ne semble être la bonne ou la mauvaise. Et vous vivez avec. Hanté.

Je crois que pour l’Homme vivant, la mort est un désert, chaque grain de sable est une question. Peut-être devrions nous pensez à la vie, la mort elle est une énigme insoluble. Pendant que l’on se pose des questions sur la mort, le sablier de notre vie s’écoule. Irrémédiablement. Le temps ne se rattrape pas, ne s’achète pas. Il est notre ennemi. Il nous soumet. Corps et âme.

Demain sera toujours un autre jour, jusqu’à ce que le sablier se vide.

Vivons.

Jaskiers

Saturno devorando a un hijo de Francisco de Goya

Saturne dévorant un de ses fils – Francisco de Goya

J’ai découvert Goya grâce à Hemingway. Goya n’était pas le peintre préféré de Hemingway, lui c’était Cezanne. L’une des occupations préférées d’Ernest en Espagne après la Corrida était de visiter le musée du Prado, il en parlait beaucoup dans ses correspondances, tombant même amoureux d’une peinture ! Il y mentionnait Goya, que j’avais déjà vu en lisant La Peste de Camus car une peinture de Goya, Le préau des pestiférés faisait office de couverture.

Ma curiosité était piquée !

À la première vue de ses œuvres, j’ai ressenti beaucoup de colère, du sombre, de la tristesse et de la violence.

Et la vue de cette peinture sanguinolente m’as interpellé.

Quelle violence ! C’en est presque gore ! C’est dérangeant. Choquant. Je m’imagine Goya, peignant cette œuvre, dans quel état d’esprit était-il ? Pourquoi faire cette œuvre ? Il y a t’il un message personnel ? Un besoin d’extérioriser une colère ? Une angoisse ? Une peur ?

Et que dire du titre de l’œuvre ? À l’image de la terreur que peut exercer sur vous se tableau. Même le nom est dérangeant !

En tous cas, je doute que cette peinture vous ai laissé indifférent.

Je ne suis pas nécessairement amateur de peinture, je n’ai aucune connaissance solide en la matière ni de vraie culture. Je partage juste mon sentiment à l’égard de cette peinture comme le néophyte que je suis.

Voici la page Wikipedia de l’œuvre pour en prendre connaissance.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saturne_d%C3%A9vorant_un_de_ses_fils?wprov=sfti1

Jaskiers

Mes saisons en enfer | Cinq voyages cauchemardesques de Martha Gellhorn

Photographie de couverture par Robert Capa prise en 1940.

Quatrième de couverture :

Déployant une joyeuse fureur et une élégante ironie, l’illustre correspondante de guerre américaine Martha Gellhorn raconte ses cinq pires épopées autour du monde. On se réjouit de la suivre dans ses tribulations, tout en se félicitant – souvent – de ne pas être de l’aventure.

« Le bréviaire du reportage en milieu hostile. »

Sylvain Tesson, Lire

« Une magnifique héroïne garantie sans testostérone. »

Marguerite Baux, Elle

L’introduction nous présente une biographie courte de Martha, aucune biographie française n’as été publiée pour l’instant. Ce que j’ai appris, c’est qu’à ses débuts, Gellhorn faisait beaucoup de fautes d’orthographes, comme Hemingway et F.Scott Fitzgerald (ce dernier, selon Hemingway, été à la limite de l’alphabétisme, il n’a jamais su écrire Hemingway correctement) !

Hemingway est présent dans la première histoire de se livre sous le nom de : CR. Que veux dire CR ? Compagnon réticent ! Cette première histoire se passe en Chine durant la guerre Sino-Japonaise. Martha avoue avoir poussée Hemingway à la suivre dans cette aventure. Chose qu’elle regrettera, les chocs culturels, politiques, climatiques seront trop pour elle. Ce dont Ernest, qui lui s’habitue plus facilement, utilisera pour se moquer d’elle à chaque fois qu’elle se plaint « C’est toi qui a voulu venir ! ».

Il n’y a pas que du mauvais écrit sur Hemingway, Martha relate aussi des péripéties et des frasques typiques d’Hemingway, qui pourraient vous arracher un petit sourire ou deux !

Durant un voyage en Amérique Centrale, Martha découvrira l’horreur des bagnes français en Guyane. Horreur qui semble n’être connue de plus personne en France. Une honte pour le pays des Droits de l’Homme. Enfin, si il n’y avait que ça que la France devait avoir honte…

Le livre ne traite que peu de la guerre. Je pensais qu’elle parlerai de ses voyages sur le front, sur des théâtres de guerres. Mais ses récits sont en faite des voyages cauchemardesques comme vous et moi aurions pu faire il y a de ça des décennies ou même encore aujourd’hui même si les Tour-opérateurs et autres agences de voyages vous évite, je pense, de galérer comme Martha l’as fait en Afrique.

La partie sur l’Afrique est la plus conséquente du livre, mais aussi la plus dérangeante car Martha semble se prendre pour une anthropologue, comparant les Africains aux Européens de manière assez dures et je dirai même irrespectueuse. Je n’ai pas aimé cette grosse partie du livre et je trouve que cette mentalité de jugé par la couleur de peau allant jusqu’à la nationalité m’as gêné. Peut-être est-ce moi qui ai tord au final mais je ne vois plus la dame de la même manière.

C’était une autre époque, bien sur, mais cela excuse-t-il tous ces propos, osons le dire, raciste ?

Il n’en reste pas moins que Gellhorn était une grande journaliste et écrivaine, philanthrope oui, mais se texte sur l’Afrique reste dérangeant et je n’ai pas apprécié la lecture de ce voyage… En faite, à mon grand désarroi, je n’ai pas vraiment aimé le livre globalement.

Pour faire court, c’est le livre d’une américaine qui décide de voyager et écrit ses plaintes concernant les aléas et soucis de son périple. Pendant 500 pages, ne lire que des plaintes devient un peu énervant et frustrant. Je ne m’attendais pas à cela en achetant se livre.

Cela ne m’empêche pas d’avoir beaucoup de respect et d’admiration pour Martha Gellhorn, sa vie et son œuvre. Je pense juste que ce livre n’était pas pour moi, je ne pense pas avoir compris ce terrible passage sur l’Afrique et j’espère me tromper en ayant parler de racisme. Il faut que je l’avoue, ce livre a terni l’image que j’avais de Martha Gellhorn.-

Jaskiers

C’est dimanche, un peu de Stephen King !

Stephen King, psychiatre macabre !
Le stylo, le traitement de texte sur ordinateur et la machine à écrire aussi peut-être ? Je vais bientôt craquer et dépenser une somme astronomique pour une machine à écrire. Je vais craquer je vous le dis !
(Y’a une machine à écrire sur cette image !!!) Mon obsession avec ces machines doit cesser !
« I lived a thousand lifes »
Stephen King Motivational Speaker !

J’ai lu pas mal d’ouvrages du King, mais je suis loin, très loin d’avoir tout lu. Shining et Docteur Sleep sont très beaux, Histoire de Lisey est mystérieux autant qu’émouvant, Élévation est une nouvelle ancrée dans son temps, Marche ou crève rappel le génie précoce qu’il état déjà étudiant, n’oublions pas Ça qui a marqué des générations et mit les clowns aux chômages, la trilogie Mr Mercedes – Carnets noirs – Fin de ronde terrifiante et montre le talent monstrueux du King, Dôme 1 vous donnera des crises d’angoisse (je n’est pas lu le 2), Écriture : mémoire d’un métier est à mettre dans les mains des futurs écrivains, 22/11/63 est obsédant, Simetierre tellement sombre, Misery terrifiant, Carrie, son premier succès, captivant, La Tour Sombre et sa saga (que je suis loin d’avoir fini…) déroutante, L’Outsider vous retourne le cerveau, Anatomie de l’horreur montre l’obsession de l’écrivain et sa connaissance dantesque en littérature, cinéma et série télévisées, La part des ténèbres est l’un de mes favoris car il a réussis à me donner des cauchemars mais bien sur, Cher(e)s lecteurs et lectrices, comment ne pas oublier (COMMENT !) La ligne verte ? Le livre est sublime, le film l’est tout autant.

Voici en gros tous ce que j’ai lu du King, un auteur que j’ai commencé à lire très jeune et qui continue à marquer les générations. On m’a souvent dit que ce n’était pas de la « vraie » littérature, mais dites-moi alors qu’est ce que la vraie littérature ?

Jaskiers

Sylvain Tesson et 120 personnes du monde des Arts appellent à soutenir l’Arménie et l’Artsakh dans Le Figaro Magazine

J’espère que vous pouvez lire la page du magazine avec ma photographie. Merci de m’avertir en commentaire si ce n’est pas le cas.

En espérant que les choses changent… Comme d’habitude.

En attendant : #jesoutienslarmenie – #jesoutienslartsakh

Jaskiers

Les brouillards de guerre de Anne Nivat

Quatrième de couverture :

Interrogée lors d’une émission de télévision québécoise sur ses reportages hors normes dans des guerres où il ne fait pas bon être journaliste, Anne Nivat séduit si bien son auditoire que, le lendemain, elle est invitée par un officier canadien, sur le point de partir en mission de combat en Afghanistan, à venir parler à ses hommes. Non seulement elle accepte, mais elle obtient de le rejoindre sur le théâtre d’opération dans la très hostile zone de Kandahar, ex-capitale mythique des taliban, qu’elle connaît bien pour l’avoir sillonnée à sa façon depuis 10 ans, intégrée dans la population locale et protégée par celle-ci.

Sur place, Anne Nivat troque avec courage et discrétion le gilet pare-balles contre un chadri qui la soustrait aux regards sans l’empêcher d’observer, et multiplie les allers-retours entre les acteurs de cette « drôle de guerre » : militaires alliés, armée locale à l’incertaine loyauté, administration hypercorrompue du président Hamid Karzai, sympathisants talibans, ex-moudjahidine, profiteurs de guerre en tous genre, candidats à l’exil, qui lui font partager leur vision du conflit. Grâce à elle, nous nous glissons dans l’envers du décor, loin des images officielles ou convenues.

À travers ce double regard unique et troublant – côté militaire et côté population – qui aide enfin à en saisir les rouages et les enjeux, Anne Nivat, encore sur le terrain en mai 2011, livre ici un grand document sur l’interminable guerre d’Afghanistan.

Anne Nivat est grand reporter indépendante. En 2000, elle a obtenu le prix Albert-Londres pour Chienne de guerre, son récit de la seconde guerre de Tchétchénie. Depuis le 11-septembre, elle arpente seule et sans protection les théâtres d’opérations les plus dangereux, de l’ex-URSS à l’Asie centrale, de l’Afghanistan à l’Irak. Auteur de nombreux livres, tous publiés aux éditions Fayard, elle collabore au Point, à L’International Herald Tribune, à la revue de reportage Feuilletons et participe à l’émission AgÔra sur France Ô. (photo : Wikipedia)

– Ce n’est pas mon premier livre de Anne Nivat, journaliste et reporter de guerre respectée et que j’admire pour son travail acharné et dangereux. Un travail que très peu d’homme ne fait ou ne peut pas faire… Car oui, être une femme dans certaine situation peut aider. Les gens font souvent plus de confidence à une femme qu’à un homme, même dans des contrée jugée patriarcale. En tous cas, être une femme permet à Anne Nivat de parler aux femmes de ces pays, femmes dont les voix ne sont jamais entendus ou très très peu.

Le problème avec ce genre de livre, c’est qu’il date… Celui là par exemple date de 10 ans. Mais bizarrement, en lisant ce livre, je n’avais pas l’impression que la décennie passée ait changer beaucoup de chose en Afghanistan. L’armée américaine se retire en fin 2020 progressivement d’Afghanistan, en laissant les reines de la sécurité du pays à l’ANA, l’armée nationale Afghane, qui ne semble toujours pas prête à pouvoir se défendre contre toute offensive ou retour massif des taliban.

Anne Nivat, après sa « prestation » dans une émission canadienne ce voit offrir l’opportunité de suivre une division canadienne dans sa dernière intervention en Afghanistan. Elle ne reste que quelques jours auprès d’eux, décidant, comme souvent, de passer de « l’autre côté du rideau ». De passer du temps avec les civiles et débattre avec eux, d’écouter leurs points de vues, de partager leurs griefs et parfois même de rencontrer « l’ennemi ».

L’Afghanistan s’est perdue, le régime des Taliban tombé, ils cherchent tant bien que mal à faire fonctionner une démocratie qu’ils peinent à mettre en place. Les force de l’OTAN, les ONG apporte de l’argent, beaucoup d’argent, et les afghans ne se cachent pas en disant que l’argent est une des seules choses qui les intéressent. Les ONG, par exemple, recrutent beaucoup d’étudiants masculin ayant une bonne maitrise de l’anglais. Ces places pour ces jeunes hommes sont de véritables trésors, avec, souvent comme ambition « dissimulée » de partir d’Afghanistan pour essayaient de trouver une meilleure vie, pour eux et leurs proches.

Malheureusement, la plupart de cet argent fini dans les mains de politiciens véreux, qu’ils utilisent pour leurs propres projets et surtout pour corrompre policiers et autres hauts fonctionnaires. Bien sur, les taliban ne sont jamais loin. Usant de terreur et d’intimidation sur la population pour héberger leurs soldats, les nourrirent et les couvrirent. Les répercussions en cas de refus pourraient être terribles. Kidnapping, prise d’otage, assassinat.

Les militaires de l’OTAN le savent, le gamin que l’on soigne aujourd’hui peuvent être le même qui va cacher des IEDs (engin explosif caché dans le sol et qui explose à la moindre pression ou « télécommandé » par téléphone.) qui blessent, mutilent et tuent les soldats « de l’Ouest ».

Il n’y a pas ou très peu de bataille rangée, ces IEDs sont les seules armes efficaces pour les taliban qui manquent d’armes lourdes pour faire front aux armées de l’OTAN. Cela frustre ces derniers qui voudraient en découdre, tirer, se battre contre un ennemi visible.

Les armée de l’OTAN ont donc miser sur l’assistance à la population. Autant médicale, que financier, ce dont les afghans, comme écrit au dessus, ne se cachent pas de profiter.

Nivat arrive aussi en Afghanistan en même temps que le débat sur le voile intégral fait rage en France. La place des femmes en Afghanistan n’a pas ou peu changé depuis la fin du régime taliban. Les écoles et universités sont ouverts aux femmes, mais peu de parents les laissent partir, par peur de représailles, d’attentat, de kidnapping ou d’être mal vus par les voisins. Certains professeurs sont même assassiner. L’Afghanistan ne compte qu’une seule femme Gouvernante, qui se bat sans se cacher pour les femmes et leurs droits, mais ses efforts sont souvent réduis à néant dans une société puissamment patriarcale. Pour preuve une loi légalisant le viol marital promulguée par le président Karzai.

La démocratie… C’est dur à mettre en place. J’ai réalisé après lecture de ce livre que je suis née dans un pays démocratique, j’en ai eu la chance, je la considère pour acquis, mais pour un pays qui n’a connus que des dictatures et des monarchies, la démocratie est quelque chose de nouveau, compliquée et même un peu effrayante. La démocratie « d’urgence » (terme inventé par les américains) change leurs cultures, leurs manières de vivre, leurs croyances. Doit-elle être imposée abruptement ou s’installer avec souplesse pour garder certains aspects de la vie que les afghans peinent à se délaisser ? Un afghan dira à Nivat : pourquoi nous imposer la démocratie « d’urgence » ? Pourquoi pas directement une vraie démocratie ?

Je sais par la lecture de ce livre et par d’autres antérieures que l’Afghanistan est un magnifique pays, son peuple se fait un devoir d’accueillir l’étranger sous sont toit et de le traiter comme un roi. Ils n’ont pas grand chose mais donne ce qu’ils peuvent. La guerre et les taliban ont ternie l’image de ce pays mais nous, ceux de l’Ouest comme ils nous appellent savons que ce pays est en souffrance et que nous ne pouvons qu’espérer qu’un jour, ce grand peuple vive dans la paix, l’égalité, la démocratie. Mais certains afghans ne voient pas le futur pays devenir comme ceci. Est-ce que l’Occident doit continuer a essayer d’imposer la démocratie que soutiens la plupart des Afghans ? Ou laissez le pays aux mains d’autorités préférant imposer une vision anti-démocratique et radical islamique ? Le choix n’est pas dans nos mains. La guerre en Afghanistan est, je crois, peine perdue. L’ANA se montrera ferme et courageuse ou alors sera anéanti par le retour des talibans et de leurs régime.

Jaskiers