Les maux violets

C’est dans le domaine onirique que l’anxiété se déploie dans sa plus forte forme. Cauchemars qui se répètent de nuit en nuit, d’une régularité effrayante, la plupart du temps indescriptibles car au réveil, il ne me reste que des images floues et incohérentes mais surtout, il me reste ces sensations d’angoisses terribles.

J’imagine, quand je suis éveillé, une vapeur de couleur violette très sombre qui est tapit dans mon estomac et dans les moments d’angoisses terribles, cette vapeur se propage dans mes bras, mes jambes et le reste de mon corps. Elle stagne dans mon ventre la plupart du temps, se nourrissant de tout les petits tracas du quotidien, de la douleur physique et des angoisses. Un feu grégeois qui attend les moments opportuns pour enflammer mon esprit et mon corps dans les temps où j’ai le plus besoin d’être serein. Donc serein, je ne l’ai jamais été. « Il ne sert à rien de s’inquiéter » est la phrase que je reçois souvent en guise de conseil. Si seulement c’était si simple !

J’ai essayé, il y a longtemps, de méditer. J’ai lu pas mal de blogueurs ici en parler, de la méditation.

J’essayais de m’installer confortablement, de faire attention à ma respiration. Tout ce que je ressentais, c’était cette vapeur qui languissait tranquillement dans mon ventre. Elle me montait à la tête et mes pensées se mettaient à vagabonder dans mes souvenirs les plus terribles.

Elle m’empoisonne, cette « vapeur » et je dois vivre avec.

Je réalise que je ne peux être totalement détendu. Impossible. Physiquement et mentalement. Rien ne m’apaise à part mon traitement.

Mon corps ne peut pas se détendre, mes muscles et mes nerfs sont constamment en feux, empoisonnés par cette entité colorée mais invisible au yeux et ressenti d’autrui. Je suis toujours crispé. Un kinésithérapeute m’a un jour dit qu’il n’avait jamais vue de personne si nerveuse, si tendue à un si jeune âge.

Mon corps, et je présume, mon psyché, sont toujours sur le qui-vive. Essayer de me relaxer est impossible car mon corps est habitué à cette tension permanente et me relaxer semble un danger pour mon entité physique et, peut-être aussi, psychique. La normalité, ma normalité, c’est la tension permanente.

Je ne peux rester à ne rien faire, il faut que je sois toujours occupé à quelque chose. Lire, écrire, aller sur internet, regarder un film ou une série, jouer à un jeu-vidéo. Je ne peux rester sans rien faire car la vapeur se répand dans mes membres et mes pensées s’affolent et m’angoissent.

Je ne peux rester seul avec moi même qu’avec l’écriture. Mon esprit fonctionne, mon corps bouge pour écrire. C’est une introspection, la seule que je puisse pratiquer ayant un impact positif sur ma vie.

C’est pour cela aussi que mes récits de fictions s’avèrent violents. Je m’adonne à l’exorcisation de mes peurs, angoisses, souvenirs, inspirations du moment.

Je pense parfois que derrière ma dépression aiguë, mon anxiété, mes névroses, se cache une maladie non-diagnostiquée. J’ai ma petite idée sur ce dont je crois pouvoir souffrir mais, pour l’instant, après avoir parlé avec des professionnels, rien n’est sûr. J’espère avoir raison et poser une bonne fois pour toute un nom sur mon mal-être perpétuel.

Est-ce que je vis par procuration avec mes lectures ? Oui. En grande partie même. Et je pense que chaque lecteur, chaque personnes qui prennent le temps de lire un livre vivent par procuration, le temps de leur lecture.

Est-ce un mal ? Je préfère ça plutôt que d’autres méthodes plus violente, tel la drogue ou l’alcool ou tout autre addiction.

Lire, une addiction ? En tous cas un besoin. Je ne m’imagine pas passer une journée sans lire une page d’un livre. Depuis 10 ans, tous les jours, j’ai quelque chose à lire. Je ne dois pas lire, ce n’est pas une obligation, c’est plutôt un plaisir, quelque chose que je m’accorde à moi-même.

Pendant la lecture, le feu grégeois s’évapore, lâche mon corps et ne préoccupe plus mon esprit. Pendant l’écriture aussi parfois mais je l’utilise aussi pour m’aider à créer. Faire d’une tare un atout, ou du moins essayer.

Le futur est incertain, pour moi. Mon corps vieillit, les choses ne sont plus aussi simples qu’avant, elles deviennent parfois même plus difficiles. Parfois, une simple broutille devient une terrible épreuve pour ma petite personne. J’ai réalisé que je n’était pas le seul. Nous sommes tous de grands acteurs et actrices pour cacher nos névroses. Nous avons tellement peur d’être vulnérable, ou de se montrer vulnérable au yeux des autres. Nous sommes humains, je crois, et personne n’est invulnérable, tout le monde a ses faiblesses. Mais l’avis et le regard des autres nous obligent à tout cacher. Et si on a de la chance, parfois, cela arrive, on peut trouver quelqu’un avec qui vous pouvez baisser la garde. SI on a de la chance. Et si nous-même pouvons accepter et comprendre les peurs et les faiblesses d’autrui.

Maintenant, je vis, tant bien que mal. Et tant qu’il y a de la vie… vous connaissez la suite.

Jaskiers

Billet d’humeur (ou d’actualité ?)

Fallait-il vraiment cet article ? Au fond de moi, je pense qu’il le faut.

La dernière fois que j’avais écris ce genre d’article, disons personnel, je parlais de mes cauchemars, cauchemars où je me retrouvais en plein milieu du conflit entre la Russie et l’Ukraine bien que la Russie n’avait pas encore attaquée son voisin et que l’espoir d’une résolution diplomatique sans sang versé était encore d’actualité.

Maintenant, c’est chose faite, le sang a coulé. Et je me retrouve dans une situation confuse. J’ai écris un article à chaud le jour de l’attaque, prévoyant ceci et cela pour finalement ne pas le poster. Je ne veux pas être cette personne qui d’un coup devient expert en géopolitique et en stratégie militaire. On en a déjà assez comme cela. Mais inévitablement, j’en parlerai dans cet article.

J’avais par contre besoin de m’exprimer sur ce conflit, j’ai posté ces musiques, des « protest songs », que j’écoute régulièrement et qui maintenant ont une toute autre saveur.

Le jour de l’attaque, j’ai senti que nos vies, notre société allaient encore êtres impactées. L’Histoire, après le Covid, avait pris un autre tournant.

Sur internet, les anglophones appellent déjà la décennie 2020 : The Roaring 20’s of the What the Fuck. Traduction : la furieuse décennies 2020 du grand n’importe quoi.

En effet, depuis 2020, tout tourne à la débandade. Les plus optimistes se taisent maintenant, on parle de guerre, d’une vraie cette fois, d’une moderne que l’on peut presque suivre en temps réel grâce aux réseaux sociaux et aux chaînes d’informations en continues. Nous voyons les drames, les morts, les civiles toujours les premières victimes. Un monde qui s’est tourné tout entier pour observer un petit pays affronter un mastodonte. À notre grande surprise, ce petit pays tient bon. Et heureusement. Je paris que tout les matins vous ouvrez les informations où les réseaux sociaux pour voir si le président ukrainien Zelensky est encore vivant, voir si l’Ukraine a encore tenue bon, un jour de plus.

Nous avons eu le discours du président qui, peut importe notre opinion sur lui, fait tous son possible pour nouer un dialogue avec un dangereux qui ne lâchera rien. Et cette phrase qu’il a prononcé : la guerre en Europe n’est plus que dans nos livre d’Histoire, elle est là.

Nous avons vu les politiques de tous les pays du monde, ou presque, s’unirent contre ce criminel russe. Nous avons encore en tête la Seconde Guerre Mondiale et c’est rassurant de savoir que nous n’avons pas oublier que la guerre est toujours une infamie. Nous avions oublié les conflits au Moyen-Orient qui font rage depuis plus d’une décennies. Nous avons tous eux cette anxiété de savoir que nous aussi, nous n’étions pas à l’abris des bombes. Réalisé que la guerre n’était pas une chose du passé mais présente.

Nous avons deux peuples qui souffrent directement, dans leur chair, l’Ukraine et la Russie. Nous ne détestons pas les russes mais leur gouvernement. Le peuple russe, peuple qui a toujours vécus les conséquences désastreuses et les malheurs des guerres n’a pas demandé ce conflit. Je me demande toujours, si il n’y avait pas ce fou furieux à leurs têtes, y’aurait-il des Tolstoï, des Dostoievski, Vassili Grossman et autres génies qui, ne pouvant s’épanouir, se cachent à cause de cet homme et nous privent de leurs talents et génies ?

Comment cela va terminer ? J’essaierai d’être positif : le peuple russe destitue son dictateur. Le pire des cas sera une guerre à grande échelle. Je doute fortement que les généraux en chargent d’envoyer les missiles nucléaires appuieront sur le bouton. Je suis intimement (naïvement ?) convaincu que ces hommes et femmes n’appuieront jamais sur ce maudit bouton, sachant que cela ne réglerait rien et marquera la fin de notre civilisation. Car il n’y aura plus de retour en arrière possible, plus de vie possible. Pourquoi faire cela ? Ce serait amener la mort partout, pas de gagnants ni de perdants. Aucun bénéfice, aucune victoire. Sinon celle de l’inventivité humaine en matière de (auto?)destruction et sa folie.

Je crois à l’âme du peuple russe, qui mérite tellement mieux, une place d’exception dans le monde que l’homme à sa tête actuellement assouvit et martyrise. Je crois en eux, j’ose. Un peuple qui a eu un jour un Tolstoï ne peut déclencher un cataclysme. Je ne le crois pas. Des militants LGBT qui risquent l’humiliation et la prison, ainsi que des les féministes, les Pussy Riots, qui eux aussi risquent leurs libertés et leurs vies pour la défense de leurs droits. Des Navalny qui osent tenir tête au dictateur, et qui finissent la plupart du temps assassinés. Les russes ne sont pas du tout à l’image de leurs dirigeants, beaucoup ne l’acceptent pas, et confrontent l’oppresseur payant de leurs vie leurs militantismes.

Il faut mentionner l’abnégation, le sacrifice, le courage du peuple ukrainien. Personne ne prédisait une résistance si solide contre l’ogre russe. Tous les jours, je regarde la prise de parole de leur président Volodomyr Zelensky. Nous sommes à la croisée des chemins de l’histoire, ce que nous pensions ne jamais pouvoir se produire s’est produit : un conflit majeure en Europe. Fébrilement, j’espère un dénouement, une aide plus sérieuse devrait être apportée à l’Ukraine, montrons au furieux dictateur russe que ses menaces ne nous font pas peur. L’entourage de ce Tsar de pacotille est loin de le soutenir. Il est seul, seul ! Le peuple ukrainien supporte seul la folie d’un seul homme, les soldats russes se retrouvent à tuer des gens, des civiles, qui ne leur ont rien fais. Ils savent que la roue va tourner. Ils savent que tous cela va amener le peuple russe à souffrir encore, éternels martyrs. Martyrs à chaque fois des décisions d’un seul homme. Quand réaliseront-ils qu’ils méritent mieux ? Que leur culture est immense mais bafouée par les seuls caprices d’un seul homme ?

Si ce bouffon a la tête enflée obtient l’Ukraine, il ne s’arrêtera pas. Il a déjà menacé la Suède et la Norvège. L’Ukraine partage une frontière avec la Pologne, membre de l’OTAN. Il cherchera la petite bête et cela continuera. Il fera mine de s’apaiser au début mais travaillera dans l’ombre pour déclencher encore des conflits meurtriers jusqu’à obtenir ce qu’il veut, l’Europe. Disons le clairement.

J’espère que l’Ukraine résistera encore longtemps et sera plus efficacement épaulée, car il le faudra. Beaucoup d’admiration pour ces ukrainiens, hommes et femmes qui se battent pour leurs futurs contre une agression sanglante et perfide. Voyez ces réfugiés, qui se trouvent sous les bombes dans des « couloirs d’évacuations » instaurés par les deux pays mais qui sert de cible aux obus russes. Comment ne pas ressentir colère, honte ? J’espère que le peuple russe se soulèvera car il le faudra. Il lui faudra comprendre qu’il mérite bien mieux que cette abjecte personne qui les gouvernes. Et je sais que cela est possible, le réveil du peuple russe, pour son propre bien contre son vrai ennemi : leur « président ».

Après cet article, je recommencerai à poster mes histoires, mes textes. J’écris encore, je lis encore, je pensais ne plus pouvoir après ces événements mais ils s’avèrent que si, qu’en faite c’est un besoin. D’évasion, de déconnection. Je ne pouvais reprendre mes articles habituels sans parler des événements. Je veux que les gens sachent que, même si mes textes ne parlent pas du conflit, je reste conscient que le monde est à un tournant. Nous sommes tous dans le même bateau. Nous marchons sur une fine corde qui s’effrite et va se briser, ce qui compte, c’est de quel côté nous allons tomber.

Qui vivra verra comme dit l’autre.

Sur un plan plus personnel : mes vertiges sont encore présents. Cela pourrait venir de mon traitement anti-dépresseur, rien de sur. Ma tension est aux alentours de 10. On m’a prescris des bas de contention, comme les vieux ! Je refuse de les mettre. C’est idiot je sais mais je suis persuadé que ça n’arrangera pas grand-chose.

J’écris toujours au minimum 500 mots par jours, la plupart du temps plus. J’ai écrit un court récit en anglais inspirée de la situation actuelle, mais il requiert une grosse dose de réécriture, correction et relecture avant de sauter le pas et de le partager.

J’ai enfin reçus tous les ouvrages de Francis Scott Fitzgerald. Un article arrive.

J’ai finis « Moby-Dick » de Melville que j’ai bien aimé, aussi lu « L’étrange cas du Dr Jekyll et M. Hyde » de R. L. Stevenson. Mon deuxième livre de cet auteur cette année (le premier était bien sûr « L’île au trésor »). J’ai beaucoup aimé ! Je regrette cependant le look d’homme des cavernes/ loup-garou qu’Hollywood a affublé à M. Hyde. Je ne me rappelle pas avoir lu une description du double maléfique du Docteur qui laisse penser à une créature comme celle-ci. Je vois plutôt M. Hyde comme quelqu’un qui ressemble à n’importe qui mais dont les traits, inexplicablement, mettent mal à l’aise ceux qui le regarde. Je pense qu’il ressemble à un être humain, plus qu’à un animal, et c’est ça qui fait de Hyde un personnage terrifiant. Impossible à le décrire, sanguinaire, violent mais dont le visage est humain, banal. Le mal est humain, c’est cela, je pense, qui déstabilise ceux qui le rencontre et qui l’ont vus commettre des méfaits. Je pense que Stevenson a fais de Hyde un personnage différent, physiquement, de son double « gentil » tout en gardant un certains mystère quand à son apparence mais je ne me rappel pas, et c’est probable que je sois passé à côté, qu’il ai créé Hyde avec ce look de loup-garou. Le mal a une forme humaine.

Je lis actuellement « Tristan et Iseut ». J’ai eu l’agréable surprise de retrouver chez ma mère de vieux livre dont : Ivanhoé, Les Chevalier de la Tables Rondes, Jane Eyre, Pinocchio, Alice au Pays des Merveilles et j’en passe. Et dire qu’elle voulait les jeter ! Sacrilège !

Cela me fais plaisir de redécouvrir le royaume des chevaliers, des reines, rois, princesse, des dragons, des amours interdits, des péripéties, des manipulations et coup bas, maints philtres magiques, l’univers médiévale avec son parlé tellement… atypique (?) mais au combien séduisant et poétique ! L’ouvrage que j’ai en ma possession est un vieux livre dont les tranches des pages sont colorées en rouge, avec une préface exquise et provocatrice de Jean Giono.

Encore dans mes péripéties et mes découvertes (obsessionnelles ? Définitivement) littéraire, je semble être poussé par le genre de la nouvelle dernièrement : Maupassant et Tchekov entre autre.

L’article est déjà assez long comme cela, je vous laisse et je voulais vous remerciez de me lire, c’est toujours une source de… fierté ? En tous cas, je me sens chanceux et j’ai un sentiment de gratitude de savoir qu’on prend la peine de me lire. Merci !

Photo d’une boîte à livre derrière la mairie de Darnétal.

Jaskiers

Un peu de mes nouvelles (ou comment mon corps me lâche).

Ça faisait longtemps hein ? Longtemps que je n’ai pas écris un article sur ma petite personne ! Mon égo surdimensionné en a besoin.

Parlons d’abord des mauvaises nouvelles, comme ça, on est débarrassé.

Comme indiqué dans le titre, mon corps me lâche, ce n’était qu’une question de temps honnêtement. Depuis environ 2 mois, j’ai des vertiges, des sortes de torpeurs, l’impression que mon cerveau fait des bonds dans ma tête, mes oreilles bourdonnent et j’ai cette sensation que vous avez déjà sûrement tous vécue, celle où quand vous êtes à deux doigts de vous endormir, vous faite ce rêve ou vous tombez et vous vous réveillez en sursaut. Hey bien j’ai cela, en moins intense mais à répétition et éveillé. Avec l’impression que je sors de mon corps. Ajoutons à cela des « bouffées » de chaleurs et des nausées avant de me coucher.

Évidement, j’ai pris rendez-vous avec mon médecin traitant qui, évidemment, n’était pas là et était remplacée par une jeune femme d’environ 35 ans. Résultat : 10 de tension. Pour elle, je ne mange pas assez. Sacré blague, je mange comme un porc à cause du Norset (médicament antidépresseurs qui fait aussi somnifère).

Je n’ai jamais été « gros » dans ma vie, mais maintenant, si. Mon ventre ressort, mes pectoraux s’emplissent des graisses. Je sens des plis dans ma peau que je peux attraper à pleines mains. J’ai des vergetures, des « stretch marks » (comme disent les anglophones) sur mes hanches. Je ne rentre que difficilement dans mes jeans et mes ceintures ne me sont plus d’aucunes utilités.

Ma mère mets ça sur le compte de la vieillesse. Je ne sais pas si elle est sérieuse, j’arrive doucement vers mes 28 ans… déjà ?

Vous me direz, « t’as qu’à faire du sport ». Viens en Normandie ou ça pleut et sa caille tous les jours. Pas les sous pour un abonnement à la salle de sport. Et avec 10 de tension, j’ai pas envie de m’éclater la tête.

Je ne dors que 6 heures par nuit, impossible, ou presque, de me rendormir. Je prends 2 Norset mais l’insomnie est coriace.

Je fais un cauchemar récurent : je me retrouve en plein champ de bataille, en plein milieu du conflit ukraino-russe (ça se dit ça « ukraino-russe ?).

J’avais écrit dans mon article de bonne année que je pensais que le monde irait de mal en pis cette année. Je ne crois pas me tromper. Une bonne chose cependant, le « pass vaccinal » semble passer à la trappe fin mars. Tant mieux, je n’ai pas fais ma troisième dose.

Les élections présidentielles (et législatives) approchent et déjà, les gens se crachent leurs venins. Cette morosité ambiante devient pesante.

Le positif sinon ?

Malgré ces déboires physiques, je vais plutôt bien niveau psychique.

J’écris entre 500 et 2 000 mots par jours. Pas sûr un seul projet, sur plusieurs. J’écris sur quelque chose qui m’inspire, souvent mes lectures du moment.

Niveau lecture : j’ai commencé l’année en lisant les récits d’Homère puis j’avance dans le temps en prenant certains virages suivant une logique de lecture bien à moi.

J’ai commandé toutes les œuvres de Francis Scott Fitzgerald, j’ai écris un article dessus, j’attends de recevoir un livre, livre qui doit traverser l’Atlantique sous peu, pour poster l’article.

J’ai aussi, grâce à mes pérégrinations littéraire, découvert Stefan Zweig. Comment ai-je pu passer au travers de ses œuvres pendant mes (presque) 28 ans de vie ?

Et Herman Hesse aussi.

Et Marcel Proust ! Merde, Proust !

Et Dickens ! Mince !

Et pire, Shakespeare !

Mais je me rassure. Je lis actuellement Moby-Dick (dick lol) de Herman Melville. Dans l’édition que je me suis procuré (Quarto Gallimard), nous avons le droit à un dossier bien étoffé, dans lequel j’ai pu découvrir que Melville, lui aussi, a découvert Shakespeare sur le tard… à 28 ans !

Avec la littérature, j’ai l’impression que j’ouvre une porte, qui s’ouvre sur une autre, puis 3 autres et ainsi de suite. L’impression que je serai un éternel apprenti de la littérature, et c’est une bonne chose, aimer quelque chose qui ne semble pas avoir de fin. Après tout ces deuils, cette impression de perte de contrôle injustifiée et injuste, j’ai trouvé quelque chose qui ne me quittera pas. C’est peut-être quelque chose de mal, ou bien une bonne catharsis.

La découverte Stefan Zweig et la psychologie de ses personnages a été une agréable surprise, j’étais passé à côté de cette porte sans m’en rendre compte. Enfin, je traiterai le sujet Stefan Zweig dans un autre article. Je passe du coq à l’âne. Désolé, mais vous êtes habitués n’est-ce pas ?

Niveau blog :

J’ai cette frustration de ne pas partager avec vous mes lectures et mes découvertes. Ça m’agace, j’aime l’échange et j’apprends beaucoup de ceux qui me lisent. Et j’aime aussi faire découvrir aux autres d’autres horizons. C’est pour cela que j’écris des petits textes « inspiré par X ou Y ». Plus qu’une indication, j’ai envie de vous tenir au courant de mes lectures mais cela m’amènerait à retomber dans la « review » de livre, que j’ai arrêté, si je continus.

Partager mes écrits me fait encore peur, mais j’ose. La série « California Rocket Fuel », écrit avec un style plutôt atypique, a été une sorte de test, voir si mes lecteurs resteraient, ou me liraient, qu’importe le sujet, le style.

Le style ? Ce foutu terme m’obnubile. Je cherche, je me cherche. J’ai découvert que la littérature cachée bien des arcanes qui semblent insondables. Elles ne le sont pas si nous plongeons et explorons.

C’est pour cela que je vais relire mes classiques, déjà lu ou pas. Il me faut apprendre et emmagasiner ce que les maîtres nous ont laissé pour évoluer. Enfin c’est ce que je pense.

J’ai aussi acheté des livres, en anglais et en français, sur l’écriture. Je n’ai pas pris les premiers ouvrages sur lesquelles ont tombe en recherchant sur internet, j’ai fais mes recherches. « A year of writing dangerously » de Barbara Abercrombie n’est pas mauvais, d’ailleurs, je poste ici les quelques « writing prompts » qu’elle nous propose en fin d’ouvrage. Certains sont très… intimes et je ne vois pas l’utilité de les poster ici.

On parlait du style non ? Donc, Zweig ! Encore. Les personnages, la psychologie, c’était cela que je cherchais depuis tous ce temps sans vraiment m’en rendre compte. J’écris maintenant en prenant conscience que mes personnages ont une vie, une pensée. En prenant en compte l’aspect social, la communication, l’environnement, les mœurs et tutti quanti. C’est très dur, pas si simple d’écrire mais c’est passionnant.

Enfin, j’ai parlé de Fitzgerald, et j’ai dis qu’un article sur lui allait arriver. Mais je voulais vous dire que « Gatsby le Magnifique » m’obsède actuellement. Le personnage de Gatsby, son aura, ses mystères, son charisme forgés par les mains de Fitzgerald. Est-ce que Gatbsy est pour Fitzgerald ce que la voute de La Chapelle Sixtine était à Michel Ange ou ce que Le Penseur était à Rodin ?

J’aime, je me ruine (économiquement parlant), je dépense beaucoup pour des livres. Le monde s’arrêtera de tourner peut-être demain, ou dans un mois, ou dans deux ans, pourquoi me priver ? Tous ce que je veux, honnêtement, c’est de lire des œuvres, apprendre et pouvoir écrire comme je l’ambitionne.

Lire et écrire me permet de m’accrocher, un pilier majeur de ma vie.

Cet article a dépassé les 1 000 mots, merci de m’avoir lu jusqu’ici. Merci à ceux qui me lisent. C’est énorme, d’être lu. On ne s’en rend pas compte mais quelle aubaine internet parfois. Je m’avance peut-être un peu, mais j’ai écrit deux nouvelles, aux antipodes de « California Rocket Fuel » qui seront peut-être poster dans les prochaines semaines. Pas de promesses, mais je suis curieux, impatient, de voir ce que vous en penserez si je décide de les partager.

Avant de finir, rapidement, un article sur New-York et sa littérature devait faire son apparition. Je n’ai pas tous les livres que je voulais, manque d’argent, et je n’ai aucune idée de comment le traiter ce sujet. Donc, pour l’instant, New-York attendra.

Merci de m’avoir lu ! Et j’espère que vous allez bien, prenez bien soin de vous et de ceux que vous aimez ! À la prochaine si une bombe nucléaires ne nous anéantit pas avant !

Quelques ouvrages de mon immense pile à lire :

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre Final

Index – Chapitre 1Chapitre 2Chapitre 3 Chapitre 4

Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Vous revoilà ! Tant mieux parce que c’est la fin ! Fini après plus de moi, Telemaque tête a claque !

Je vous dis, mes parents m’ont appelé comme ça, et tu peux être sûr que si je suis fou, c’est aussi à cause d’eux. En faite je crois qu’on devient fou à notre enfance et que nos parents sont à blâmer. C’est pour ça que je ne veux pas de gamin, je ne veux pas qu’ils deviennent fous, ou qu’ils naissent fou à cause de moi. Et en plus c’est beaucoup trop de boulot et de responsabilité.

Putain des responsabilités ? Je rejette déjà tous sur ma copine comme on jette notre linge sale sur une chaise. On a plus d’ami(e)s car je ne supporte plus les conversations sans fond. Ils m’énervaient tellement. En faite elle a encore ses amies à elle. Je l’encourage à sortir aller les voir.

Je sais qu’elle a honte de moi, qu’on doit lui dire que je l’entraîne vers le fond, qu’elle devrait me lâcher. Elles n’auraient pas tout à fait tords ses connasses de copines. Peut-être la seule fois de leurs misérable vie où elles auront eux raisons.

Chère lectrice je m’adresse à vous. Sachez que votre homme ne cherche pas à vous tromper, non. Il VA VOUS TROMPER ! C’est dans nos gène de sauter sur tous ce qui écarte les cuisses. Les mecs quand on est en couple on a plus de succès et je peux vous dire que chacun de mes potes trompaient leurs copines. Pas une seule exception. Et toutes disaient qu’ils étaient « le bon ». Si elles savaient… Et vous pensez sûrement comme elle de votre Jules. Mais je vous le dis, dès qu’il le peut, il vous trompera, par la je veux dire qu’il couchera avec une amie à vous sans vergogne aucune et qu’il s’en ventera à ses potes, à moi par exemple. C’est dans nos gènes je pense. Se reproduire autant qu’on peut avec différente femelle pour perpétrer la race immonde des humains. Mais vous n’êtes pas obligées de me croire hein, après tous je suis fous. Mais combien de fous voient en faite la réalité quand les gens normaux se mettent des ornières pour justement ne pas devenir fous.

J’avance vers mon canapé et je suis en colère. Je suis colère. J’ai envie qu’elle me déteste. J’ai envie qu’elle me déteste mais qu’elle s’allonge à côté de moi dans le lit ce soir comme si de rien n’était.

Je lui demande si ce soir elle sort, elle me dit non. Je lui dis qu’elle devrait, elle me dit non. Je lui dis qu’elle va pas rester toute la soirée avec moi, c’est pas une vie pour elle. Elle sait très bien que dans ces moments-là, je cherche à la pousser à la faute, au reproche, au mot de trop pour qu’on s’engueule et que je puisse allègrement l’insulter, la blesser, me défouler verbalement. Je n’ai jamais été violent physiquement, la violence physique, c’est pour les derniers des porcs et encore, c’est irrespectueux pour les porcs. J’emmerde ces types. Mais verbalement, je suis d’une violence extrême, ça me ronge de l’intérieur et il faut que j’évacue cette rage. Malheureusement il n’y a qu’elle pour la recevoir.

Je vous l’avez dit chers lecteurs et lectrice que j’étais un connard finit ! Je manipule parce que ma vie n’a plus de sens.

Je l’a presse de sortir, l’a fais culpabiliser, sort putain ! Casse toi ! Va ! Va te plaindre de moi à tes pouffiasses de copines avec leurs mecs qui trempent leurs queues partout où ils le peuvent. Vas-y j’te dis. Et je te dirai même les noms des meufs avec qui ils niquent ! Et toi tu me trompe avec l’un d’eux j’en suis sûr !

Je veux qu’elle parte en pleurant allez voir une de ces potes. Je veux la tension, l’énervement. Je veux que son dernier souvenir de moi soit une engueulade car comme ça elle sera rongée par les remords.

« Salope ! Pute ! Dégage. Va voir ton mec ! Et tes connasses ! Barre-toi ! Et revient quand tu aura fini de te faire tirer ! Sale putain ! »

Et elle pleure, elle n’y comprends rien. Elle me dit que je ne suis qu’un fou et que je devrai être interné, mais oui bien sûr mais pour l’instant casse toi ! Grognasse !

Elle pleure, elle part.

Je lui lâche un dernier salope pour la route. Et j’entends le bruit de la portière de la voiture et son moteur et elle se casse.

Je ferme la porte à clé, double tour.

Je prends la bouteille de whisky bon marché qu’il nous reste en bas du réfrigérateur. Campbell machin chose. Je déballe ma réserve de xanax, enfin son dérivé, le Norset et la venlafaxine sans oublier de vieux somnifères. J’écrase et je mélange les médicaments, je fais ma mixture, je bois mon whisky pur comme les cowboys américains.

Et je mets la poudre de mon mélange médicamenteux dans la bouche, et je bois et je manque de m’étouffer, je prends des comprimés, ceux qui me tombe sous la mains. Et j’ai notre couteau de cuisine, je l’enfonce comme je peux dans mon bras, ça fais mal je sais pas comment les gens font. Moi je peux le faire aussi je suis pas pire qu’un autre non ?

J’espère juste ne pas vomir, je ne veux pas me réveiller et finir en psychiatrie. Et mon bras saigne, tentons le coup avec un coup de lame dans le bide. N’importe où. Et ma tête tourne et tout se dédouble et j’ai l’impression d’entendre l’oxygene dans l’air.

Mes oreilles bourdonnent ma vie tangue.

Ma vie bascule. J’emmerde l’être humain, vous me dégouttez cher lecteur et lectrice et je me dégoutte. Et s’en est enfin fini, de ma vie. La vie.

Fin

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 4

Index : Chapitre 1Chapitre 2 Chapitre 3

Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Me revoilà chers lecteurs et lectrices.

Là, on est en voiture, sur le chemin du retour. Déjà j’anticipe la petite engueulade pour savoir qui de nous deux va monter les courses. Ces petites choses de merde de la vie quotidienne m’énervent. Ma grand mère avait coutume de dire que la vie était comme une tartine de merde, on en mange un peu tous les jours. Joël Robuchon (qu’il repose en paix) l’a bien garnis ma tartine, parfois je pense que s’est plutôt Maïté qui me l’a tartiné. Avec autant de classe et de délicatesse que quand elle assommait des anguilles…

Mon traitement, le California Rocket Fuel, l’essence de fusée californienne, est une foutue blague de merde. Censé être un remède contre les insomnies sévères et tenaces ainsi que la dépression aiguë et ses névroses, n’est en faite en rien un truc qui vous fait décollez votre gros cul du canapé. C’est tous l’contraire en faite. Vous dormez d’un sommeil chimique, vous vous réveillez la nuit, le matin, c’est comme une petite gueule de bois. En faite toute la journée est une sorte de gueule de bois où vous avez faim, tout le temps, vous avez la bouche sèche, tout le temps, vous avez la tête lourde, tout le temps, vous êtes fatigué, tous le temps. Les psychiatres sont de sacrés comiques parfois. « Il faut que vous sortiez monsieur Telemaque ». Mais quand t’as l’impression que tu vas tourner de l’œil n’importe quand, t’as pas envie non. T’as pas envie de tomber dans la rue, de rameuter des gens, de finir dans l’ambulance du SAMU ou des pompiers et devoir tout leur expliquer. Non, j’suis mieux chez moi.

Un jour j’ai entendu dire, et là honnêtement je ne me rappel plus où et par qui j’avais entendu ça, que les psychiatres étaient aussi fous que leurs patients. Enfin y’a un truc bizarre avec les psy. D’entre nous tous, ce sont ceux qui devraient être les plus heureux car ils savent quoi faire quand il ne vont pas bien psychologiquement et s’autosoignent ou un truc dans le genre mais je suis sûr que ce n’est pas le cas. On fonctionne bizarrement nous les humains. J’pense que c’est le libre arbitre le problème. On réfléchit beaucoup trop. En faite on réfléchit plus que nécessaire et on se fout un bordel monstre dans le cerveau. Comment dit l’adage déjà, « les cordonniers sont les plus mal chaussés » ?

Toujours est-il que le trajet se fait sans parole. Musique en sourdine. On ne se parle pas, on anticipe l’engueulade. Moi j’ai pas envie de me défoncer le dos à monter les courses mais en même temps je ne veux pas tout laisser à la demoiselle. Mais j’ai payé moi. Ouai c’est ça que j’lui dirais. C’est batard mais je ne sais plus communiquer comme il faut. Ou c’est dans ma nature et on peux rien y changer. Et en ce moment, j’aime blesser verbalement.

Comment elle peut rester avec moi, ça s’est un mystère. Je pense qu’elle doit avoir un autre gentlemen et je ne serai même pas en colère de l’apprendre. J’aurai sûrement fais la même chose. Elle ne reste pas avec moi pour l’argent, ça s’est sur, pour ma beauté, encore moins car je grossis à vu d’œil, pour ma personnalité ? Ah la bonne blague ! Si je pouvais me dédoubler je me mettrai une raclée à moi-même ! Et pour ce qui est du sexe, z’avez sûrement pas couché avec un type sous traitement anti dépressif, parce que c’est une tragi-comédie qui fini souvent par une gêne, tellement gênante que dormir est la seule activité au lit. Sa craint n’est-ce pas ? Enfin je vous en avez déjà parlé au premier chapitre. Je me répète, le traitement donne des trous de mémoires. 30 piges et déjà des symptômes de vieux.

Elle mérite une médaille ma copine comme on dit par ici.

Et nous prenons le dernier virage pour arriver à l’appartement. Des regards de biais. Qui va dire quoi ?

Je me dévoue, je lui propose de partager.
Elle répond oui sans sourciller. Et une fois dans l’appart’, il va falloir tout déballer et ranger. Et j’ai pas envie. Je poserai les sacs et j’irai me vautrer sur le canapé, fidèle ami du dépressif. Et je foutrai ma tronche dans les coussins. Et si je me fais engueuler, et bien j’ai l’habitude. Je le mériterai dans un sens. Je me morfondrai mais ne m’excuserai pas. Jusqu’aux soir, l’heure de bouffer où une autre engueulade risque de s’imposer pour savoir qui fait à bouffer et quoi. Le mieux en début de mois et qu’on a de la thune, c’est qu’on se commande un uber-eat, on se fait livrer par des jeunes gens exploités et on graille comme des morfales.

La race humaine est une sale race. On bouffe pendant que les autres triment et meurent de faim pour nous amener notre manger.

On descend de la voiture. Ça caille. Je jette un œil sur le voisin voyeur mais il est pas là, peut-être a-t-il découvert le porno gratuit sur internet. Et les autres mégères derrières leurs rideaux, on ne peut que supposer qu’elles sont là. Mais je sens des yeux qui me m’observent de partout.

Je demande à la dame de se dépêcher, elle fait se qu’elle peut. Je le sais mais c’est plus fort que moi. Vite, mon petit confort d’occidental privilégié !

J’ouvre l’énorme porte de notre immeuble.

Je vais regarder le courrier, je dis. Comme si c’était un incroyable acte de bravoure. C’en est un pour moi. Limite une preuve d’amour. On donne à l’être aimé ce que l’on peut. C’est-à-dire par grand chose personnellement.

Bien sûr, un tas de pubs que je ne regarderai pas, mademoiselle non plus. Je lui dis qu’il faut vraiment qu’on pense à mettre un stop pub ou un truc comme ça. Ça nous donnera un air « écolo » respectable devant les voisins.

Elle acquiesce et on grimpe l’étage. Devant la porte j’ai un sentiment, pas de sécurité, mais que je retourne où je suis censé être. A l’intérieur chez moi à ne rien foutre, à me morfondre et à comater. C’est ma vie, c’est comme ça. Une fatalité ? À vous de voir, mais honnêtement, votre opinion je m’en fous. Enfin peut-être que non. Je m’en fous un peu. Mais j’vous aime bien quand même hein ?

On se retrouve au prochain chapitre, le dernier, vous avez lu jusqu’ici, vous n’allez pas rater la fin quand même si ? Finissez ce que vous avez commencé ! Et faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 2

Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Index : Chapitre 1

Chapitre 2

Te revoilà cher(e)s lecteur ou lectrice ou n’importe. Ici, tu peux être illuminati et profiter de mes divagations, moi Télémaque, viens, viens on est bien. Viens, mets toi à l’aise, enlève ton sous-tif’ si tu veux. Nan j’deconne, c’est une ligne de Scary Movie 1, j’adore les Scary Movie, j’adore les frères Wayans, j’adore l’humour subtile. J’adooooore, regarder danser les gens…

Donc on est parti pour le Super U avec ma dame et c’est silencieux, on oublie d’mettre la musique maintenant, on est vieux, la trentaine à tout casser. Ça évite les engueulades aussi, chacun a ses goûts et on déteste les goûts de l’autre.

Je regarde les gens déambuler dans la rue et j’me demande où il vont, à quoi ils pensent, si ce matin ils ont fait l’amour mais vu leurs gueules non. Si y’avait pas les masques ce serait plus simple.

J’suis mentaliste vois-tu, Simon Baker, Red John, tu vois l’truc, tu connais. J’aime m’imaginer la vie des gens. Comme j’aime m’imaginer m’approcher d’une personne lentement et lui susurrer : je suis de la police. Et c’est tous. Juste voir leurs réactions tu vois. Comme imagines tu rentres dans un ascenseur et une fois dedans tu restes en face du mur, tu ne te retourne pas pour faire face aux portes automatiques comme tous le monde fait. Juste tu rentre et tu fixe le mur pendant que l’ascenseur monte (ou descend). Apparemment ça mets les gens très mal a l’aise, j’le sais car j’ai regardé MindHunter sur Netflix.

« Ils nous faut quoi pour les courses ?

Je sais pas. »

Je laisse tout à faire à ma copine parce que je ne suis plus bon à rien et que je ne veux pas faire d’effort. Elle répond pas, la pauvre. A sa place je me quitterai et fissa. Mais elle reste. Elle serait moche je comprendrai, mais elle est belle. Elle reste avec moi car sinon elle serait toute seule mais elle est belle et elle reste. Je crois qu’elle m’aime vraiment et que c’est son seul défaut. Tu vois, Dieu a crée l’Homme à son image et l’Homme, lui, a crée l’a connerie et la dépendance affective. Y’a des choses qui s’expliquent et d’autres pas. Comme quand une femme t’aime vraiment. Toi tu comprends pas.

« Bah il me reste un peu de galette ?

Non et puis c’est passé la période y’en aura plus. »

J’aime la galette, oui comme dans la chanson. J’en boufferai matin, midi, soir et la nuit. La vraie galette, à la frangipane ! Si tu prends de la galette à la pomme, je suis désolé mais tu devrais consulter cher(e) lecteur et lectrice. C’est pas normal. Parfois j’enlève la patte de ma part et je sens la frangipane t’vois ? Je renifle l’odeur du nectar des Dieux t’vois ? L’Ambroisie j’crois qu’on appel ça, bah c’est ça.

« C’est à ton tour de payer » qu’elle me dis. J’aime pas payer. C’est comme ça. Elle, elle paie et ne se plaint pas, mais quand c’est à moi, je questionne tout ce qu’elle fourre dans le cadis. J’ai peur d’être endetté, ça va tellement vite. Le pire avec les cartes bleus c’est que tu vois pas l’argent sortir et moi, ça me donne l’impression d’être dans un jeu vidéo, je vois mon argent que sur un écran. Et je m’angoisse car c’est pas un jeu et y’a pas de code de triche pour remédier à un découvert.

Le parking est plein, on est en milieu de semaine il est à peine 11h et bien sûr, on attends qu’une mamie sorte pour lui prendre sa place de parking. Le temps, elle le prends la vieille mais j’aimerai lui dire que le temps qu’elle passe sur ce parking et débité de son temps de vie qui commence sûrement à arriver au bout. T’imagine, mourir sur le parking de Super U ?

« Mesdames, messieurs, nous recueillons aujourd’hui pour honorer la mémoire de Thérèse, morte sur le parking de Super U.

Ah putain Super U avec leurs foutus parking !

Ta gueule Jackie merde !

Bah t’façon elle est morte ça doit pas la déranger. »

Donc on prends la place, il y a le débat du chariot. Tout dépend de ce qu’on va prendre et vu que mon cocktail médicamenteux me donne faim H24 on peux être sûr que y’aura au moins quelques gâteaux. Et j’ai toujours la chance de prendre le cadis avec la roue de travers tu vois c’que je veux dire ?

Donc on prends pas de chariot en faite car il n’y en a plus.

On rentre dans le magasin et comme vous sûrement, j’ai cette foutue sensation quand je passe les portiques de sécurités, même en entrant. Ces trucs ont déjà sonné sur un type qui rentrait juste j’en suis sûr. T’imagine l’angoisse ?

Le pire c’est ceux des caisses, t’a rien fais d’mal mais tu passe ces portiques avec parfois un p’tit pas chaloupé parce qu’on sait jamais. Là si ça sonne c’est la sueur ! Tous le monde te regarde, et la caissière te gratifie automatiquement d’un : « Monsieur ? » et là bah tu fais quoi ? Immédiatement tu penses à baisser ton froc devant elle, te déshabiller façon Magic Mike sauf que, cher lecteur, t’es sûrement pas Channing Tatum.

Mais on vient juste d’entrer dans le Super U là. On se retrouve à l’intérieur ?! Allons-y !

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 1

CALIFORNIA ROCKET FUEL EST UNE FICTION

California Rocket Fuel : un traitement psychiatrique mélangeant Venlafaxine et Mirtazapine pour traiter les dépressions aiguës, névroses sévères, insomnies coriaces entre autres.

Chapitre 1

M’éclater la gueule contre le bureau.

Oui ! Tu vois, prendre de l’élan même, me cambrer en arrière le plus possible et BAM ! Rapide, efficace, surprenant ! Le front qui percute le bureau en bois massif de la psychiatre, sentir l’onde de choc résonner dans ma boîte crânienne et surtout, voir leurs réactions !

J’imagine l’infirmière, elle pousse un crie et la psychiatre qui se recule et me regarde ébahit !

« Oh là y’a un cas là ! »

Hey ouai l’amie, t’as un gros cas là ! Tu va en avoir pour ton argent. Et puis je recommence à prendre de l’élan avec l’envie cette fois d’ajouter mon gros pif dans le coup. BAAM !

C’est ce que je m’imagine planté là, devant elles. J’aimerai le faire juste pour voir leurs réactions. Leurs visages pétrifiés, terrorisées.

Foutu métier que d’être psychiatre. Est-ce que c’est impossible d’être fou quand t’es psy ? Tu t’autodiagnostique ? Ta vie est réglé au millimètre près, à la pensée près ? T’es parfait ? Et si tu te suicide c’est un peu la loose non ? Limite faute professionnelle !

Et si je me levais doucement, et que je commençais à faire d’amples mouvements avec les bras et mon bassin et que j’entonnais un « hmmmmmm » même, je pourrais dire quelque chose comme : « Vous sentez vous aussi cette tension ?! Oh oui chuuut j’invoque ! » Et je gueule d’un seul coup d’un seul « WE WANT THE WORLD AND WE WANT IT… NOW » et je me dandine comme Jim Morrison. Et je finis par un « All right all right ! »

Une performance psychédélique pour la psychiatre acariâtre, dame maigre, cheveux blanc qui ressemble à la tante avec qui votre mère se prends la tête. Elle a toujours les yeux sur l’écran, peut-être qu’elle se tape un solitaire.

L’infirmière est trentenaire. On l’a sens terrorisé par cette femme, acquiesçant à tous ce qu’elle dit, la psy’. Elle aide aussi la docteur avec son ordinateur.

« Non madame, il faut cliquer juste là.

Là ?

Non là.

Là ?

Oui. »

Sacré duo !

La pauvre. Travailler avec une femme comme ça, la panacée !

Et j’attends les médicaments. Ce sera duoxetine et norset.

« Et si vous avez peur du traitement, vous n’avez qu’a vous renseigner. »

Bien sûr, au lieu d’expliquer au patient, autant qu’il ou elle cherche sur internet. Internet ça fait tous maintenant. Vous voulez savoir pourquoi vous avez la diarrhée aujourd’hui, et bah doctissimo vous dira que c’est sûrement un cancer du cerveau. Panique pas, internet a des remèdes miracles ! Tu peux même grossir ton penis à l’aide d’une pilule magique ! En plus, elle guérira ton cancer mais aussi ta dépression et en prime, si tu l’a mélange à des herbes aromatisées elles te feront maigrir et tu aura une réduction d’impôts ! Et pendant que tu y es lecteur, accepte l’offre du prince saoudiens super riche qui t’a contacté par mail et qui a besoin de toi pour fuir en France. C’est pas une arnaque tu verra !

Toujours est-il que je sors. Je croise des cou-cous comme moi. Des types de toutes les couleurs des femmes, des hommes, des cyborgs !

« Quand est-ce que vous êtes disponible Telemaque ? »

J’adore cette question. Je ne travail pas, en faite si, ma vie c’est de rester en vie. Un peu comme tous le monde, ou presque, peut-être comme les Kardashian mais moi j’suis en mode hardcore, sans sex-tape ni les millions. Pas moi qu’est décidé vraiment d’être déglingué du cerveau. Bon j’lui ai pas répondu ça bien sûr car je suis conscient. Enfin je crois.

« N’importe, comme ça vous arrange.

Mardi 12 à 15h ? »

Non j’ai pas envie mais je réponds

« Oui oui merci. »

Je dis merci tous le temps comme ça.

« Et pour voir l’infirmière, jeudi 7 a 10 h ?

Oui oui, merci. Au revoir. »

Et j’me tire. J’en ai pleins le cul de ces rendez-vous. Je viens pour faire le plein du cocktail de médocs qu’on appelle « California Rocket Fuel ». Je sais car je me suis renseigné sur internet. La vielle psychiatre est en faite une ricaine qui va pécho du jeunot en Floride pendant le spring-break. J’savais bien qu’y’ avais un truc avec elle. Au détour elle va a une conférence de psychiatre, un truc, j’en suis sûr, qui doit ressembler à un rite de la Bohemian Grove Society. Puis elle répare pour Vegas et se fracasse la tête comme Hunter S. Thompson, et se fait bourlinguer par des escorts boys qui profiterons de son coma pour lui faire les poches mais, pas surprise, elle avait tout prévu avant. Il reparte la queue entre les jambes, avec sûrement quelques toiles d’araignée dessus. Et une MST et la coronavirus variant VegasCon. Ça se soigne par inhalation de poudre de coca.

Je sors.

Et ça klaxonne. Là, dans la voiture de marque japonaise blanche, c’est ma blonde, qui est brune. Nan chèr(e)s lecteurs et lectrices, c’est pas une bière qui conduit. C’est les Canadiens nos cousins qui surnomment leurs demoiselles comme cela. Et pour eux des « gosses » ce n’est pas des marmots mais des testicules. Enfin j’crois. Ils sont taquins les cousins canadien tabernacle !

Quand elle klaxonne ça veut dire qu’il faut que je me grouille le cul. La pauvre.

J’ouvre la portière et c’est des discussions bateaux :

« Ça s’est bien passé ?

Oui

T’a donné quoi comme médicaments ?

Ça.

C’est quand le prochaine rendez-vous ?

J’m’en rappel plus mais ils m’ont donné un carton, c’est marqué dessus tient garde le s’il te plaît car moi je vais le perdre. C’était pas trop long ?

Non. »

Mais là, je sais qu’elle veut dire oui. Mais elle garde ça pour elle. C’est pas parce qu’elle est gentille, enfin elle l’est mais c’est pour me ressortir en cas d’engueulade :

« Et c’est qui qui t’emmène aux psy et qui t’attend une plombe hein ? »

Mais c’est de bonne guerre tu vois, moi je lui ai dis que c’était une pute par exemple. Juste pour la blesser. C’est le but d’une dispute, blesser l’autre le plus possible et après t’as gagné. J’ai aussi dis qu’elle pourrait aller faire le tapin quand même histoire de ramener plus d’argent à la maison qui est en faite un appartement minable où le gamin du haut passe ses journées à courir. D’ailleurs dans des pensées inavouables tu rêve de balancer le gamin par la fenêtre et de te taper sa mère, avec consentement bien sûr tu vois, t’es érotomane, fou et t’a déjà défenestré un gamin donc va pas trop loin dans le délire.

C’est la dame qui conduit. J’aimerai lui dire qu’elle est belle et gentille et tous mais je ne peux plus. Ni la toucher. Y’a un truc qui a merdé dans mon cerveau. La pauvre. Et en plus de ça je n’ai même plus envie de coucher avec elle, elle est belle tu vois, mais le traitement fait que tu pourrais avoir Rihanna, Beyoncé, Miss Univers et Patrick Sébastien nus devant toi que tu ressentirais même pas le désir qui fait monter ton penis en toile de tente. Et même si d’avenir tu l’as, hey bien bonjour l’orgasme ! Tiens, au moins tu tiendras pour celui de ta dame, pour une fois, mais le tiens AhAh tu peux aller te faire foutre (haha).

On sort du parking et on va sûrement faire des courses. Attends t’vas voir le prochain épisode sera peut-être folklorique. À tal’heure !

Jaskiers

Le jour où j’ai faillis finir en hôpital psychiatrique

art work : pinterest

C’était la fin 2019. J’avais eu la (très) mauvaise idée d’arrêter mon traitement contre la dépression.

Hey quoi ! J’allais mieux ! Je n’allais pas rester éternellement sous traitement, surtout qu’étant ambulancier, conduire sous médicaments est dangereux, et aucun patron n’aurait voulu prendre de risque, ça va de soi !

J’avais déjà dû arrêter mon traitement en fin 2018, cette fois, indépendamment de ma volonté. Vivant en plein désert médical et avec les médecins en vacances, j’avais dû faire sans. Bien sûr ça a failli mal se terminer, après deux semaines je me sentais replonger avec mes démons. J’avais vite repris en début d’année rendez vous chez le médecin, il m’avait re-prescris mon médicament habituel. Les démons ont pris leurs temps pour se calmer, ils avaient par contre laissé des dégâts. Prêt à bondir au moindre nouveau faux-pas. Et si la chance de s’engouffrer une nouvelle fois se présentait, ils n’allaient pas se faire prier. Mais cela, je ne le savais pas…

Ce bref moment sans médicaments a fais revenir l’anxiété en flèche, impossible de contrôler mes tremblements, les pensées néfastes, noires comme de l’ébène m’attaquaient dès le réveil.

Bien que le traitement avait été repris, il a fallu du temps pour que le médicament fasse sont effet. Comme tout traitement antidépresseurs.

Puis, tout est redevenu à la normal. Ou presque.

Le contraste entre la souffrance et l’apaisement a fais que je me sentais guéri. Au final, me suis-je dis, si cette fois j’arrêtais mon traitement par moi même, car je me sentais prêt à affronter la vraie vie sans artifice aucun, peut-être réussirai-je a vivre sans, à être libre, guéri et reprendre ma vie en mains.

Quelle erreur !

Les deux semaines après mon arrêt volontaire ce sont déroulées normalement. J’y étais enfin arrivé ! J’étais encouragé par certains proches à abandonner, je pensais qu’ils m’aideraient si les choses tournaient mal…

Bien sûr, l’inévitable est arrivé. Et c’était pire, bien pire que la dernière fois. Le faits de me l’être imposé, pensant réussir sans, pensant avoir la force de vivre sans béquilles médicamenteuses, l’intime conviction que je pouvais être libéré de ces médicaments n’ont pas suffis, loin de là, à rester sain d’esprit.

Ces deux premières semaines sans antidépresseurs ont été positive, comme je l’ai écris plus haut, tout avait l’air de ressembler à un bon et nouveau départ.

Et puis est arrivé ce qui devait arriver. La re-descente aux Enfers de mon esprit.

Passez Cerbère, le Styx, illico dans l’antre de l’horreur de mon esprit, là où se nichent mes Érinyes, mes démons.

Je me rappel avoir craqué, en larme, criant dans mon bureau qui ressemblait maintenant à un capharnaüm. Mes yeux brûlaient de fatigues, mon corps tremblait à chaque instant, même la nuit je me réveillais parfois en criant, en sueur. Mes nerfs, mon système nerveux, je sais que ce n’est pas possible, mais j’avais l’impression que mon réseaux nerveux était en feu. Mon esprit se battait, tous les jours. Comme un Sisyphe, chaque matin il fallait recommencer à affronter la terreur.

Je ne mangeait presque plus, la faim avait disparu. Mon cerveau a demandé à mon corps de lâcher, mais mon corps est solide, mon système nerveux était fracassé mais mon entité physique elle ne lâche pas facilement.

Mais j’ai tremblé. Tellement.

Je passais des heures à regarder le sol, le sol car il n’y avait pas ou peu d’information à apporter à mon cerveau, ceci est dur à expliquer : le sol, c’est juste un sol. Mon cerveau devait-être en surchauffe et a décidé de ne regarder que des endroits vierges ou presque de toutes informations, informations qui passeraient par mes yeux et finiraient traitées par mon cerveau épuisé. Ne pas regarder. Sinon :

Quatre symboles sur cette partie du mur, selon le pattern il devrait y en avoir 40 au moins, chiffres pairs c’est mal, le 3 c’est mieux, le père mort, le fils mort et le sain esprit qu’à besoin d’un psy. Je vais devenir aveugle si je ne compte pas entièrement tout les symboles, il est quelle heure 13 heure ? 13 ça porte malheur attendre 14 h c’est mieux, 14h03 même car 03, la sainte trinité, et mon père c’est ma faute si ça s’trouve c’est parce que j’ai mal compté, ramasser la poussière à la main car j’peux compter mais pas penser au bonheur sinon je l’aurai pas donc j’vais pas le jeter et faut que regarde cette vidéo YouTube si je le fais pas ma mère attrapera un cancer et ça sera d’ma faute et j’dois souffrir pour mon frère ça aurait dû être moi pas lui et ne pas parler surtout à la minute 08 juste pour être sûr puis ect…

La folie était déjà là mais je ne me l’avouais pas. C’est les autres qui sont fous, pas moi !

Je luttais comme je le pouvais, c’est-à-dire presque plus. A par lire, et encore, je ne pouvais pas (plus) faire grands choses.

La date anniversaire de la mort de mon père arrivait. Trop, c’était trop. Je ne pouvais encaisser la décharge de pensées, d’émotions, de démons, de tristesses et de réflexions qui arriveraient avec cette date.

La veille de l’anniversaire, j’ai décidé que j’allais me faire du mal, pour demander de l’aide ou mieux, pour mourrir. Je voulais mourrir doucement, comme avoir un cancer et ne pas décider de se soigner. Sachant que ça aurait été mes derniers moments sur Terre, je me serais libéré de mes carcans et supprimé en même temps mes démons pour vivre libre quelque instant en sachant que la mort viendrait me libérer.

Debout à côté de mon lit, dans le noir, je me suis mis des coups de poings dans mes côtes flottantes, espérant briser une côte qui, elle, endommagerait un organe interne, un foie, un rein, la vésicule biliaire, le pancréas, l’estomac ou même des organes, pourquoi pas aussi une artère, une veine n’importe quoi, je ne connais pas grand chose à l’anatomie du corps humain… il fallait que je m’inflige quelque chose de grave, d’irréversible. Je ne sais pourquoi j’ai choisi cette « méthode ».

Les coups que je m’infligeait faisait un bruit sourd, et moi de taper de plus en plus fort. Je ne ressentais aucune douleur, pourtant je frappais au niveau où la cage thoracique semblait la plus vulnérable.

C’est là qu’un coup, finalement, m’enflamma le côté droit du corps, la respiration presque coupée, une douleur, franche, s’était insinuée au milieu de mon ventre.

Je m’étalais sur mon lit, respirant, souriant. Enfin la douleur ! Physique et non psychique, cette dernière, personne ne l’a prend au sérieux ! La douleur physique, elle, est normale.

Peut-être que j’aurais la chance de ne pas me réveiller demain matin.

La fatigue prit l’ascendant sur la douleur. Je m’endormis… pour me réveiller. Vivant.

J’avais mal aux côtes droites mais c’est tout. J’avais échoué et je n’avais aucunement la force, mentale, de recommencer.

Seul la lecture m’apaisait mais ce n’était pas assez, je ne pouvais même plus écrire. Trop de tremblements et aucunes pensées saines ni cohérentes.

Des jours à affronter une dépression aiguë, des névroses extrêmes, une anxiété débilitante, jusqu’à ce que je demande de l’aide.

Mon médecin traitant est venu à domicile. Me voyant dans l’état lamentable où j’étais, nous parlâmes d’une potentiel hospitalisation. J’étais d’accord. Allons-y, pourquoi pas, finissons-en. Tout un côté de ma famille voulait que je sois hospitalisé, pour eux c’était la chose à faire.

Le médecin appela un ami à lui, psychiatre, qui accepta de me recevoir en urgence pour évaluer mon état et voir si une hospitalisation s’avèrerait nécessaire. La consultation était primordiale, l’hospitalisation n’était pas forcément sur la table.

Le médecin parti, il me prescrivit 3 piqûres de Valium et mon antidépresseurs habituel. J’ai eu le droit à la leçon de morale, méritée, du docteur, ne jamais arrêter son traitement sans en parler à son médecin.

Je pleurs. D’une part je pleurs car j’ai peur de ce qui va arriver, de l’autre je suis heureux car je vais peut-être moins souffrir. Et puis je me demande si on peut lire à l’hôpital psychiatrique.

Mes proches appellent un taxi et une infirmière au cas où je reviendrai de l’hôpital, les piqûres ne se font pas toutes seules.

Il est 19 h quand je quitte mon domicile pour grimper dans le taxi. Le même qui a emmener mon père à sa chimiothérapie, le même chauffeur.

En route, nous parlons. Cela faisait des jours que je n’avais pas eu de conversation avec quelqu’un. Je tremble de tout mes membres mais de parler avec le chauffeur m’aide à me détendre. Nous passâmes à travers le village, je n’étais pas sorti depuis tellement longtemps que j’avais presque l’impression de le redécouvrir. J’espérais en moi-même que personne ne me voit dans le véhicule. Dans un village, les informations, les rumeurs et ragots circulent à grande vitesse. Le fou du village, c’était moi…

Le trajet prit un quart d’heure. Nous arrivâmes.

Je fut accueilli par une infirmière à l’accueil d’urgence. En faite, je croyais que c’était l’accueil, je me retrouve en faite en plein milieu de l’hôpital, dans son cœur même car les patients y mangeaient.

L’infirmière referma derrière moi.

« On a un fugueur » me dit-elle.

Autant vous dire que je n’aime pas, je déteste, j’exècre être enfermé contre mon gré, comme beaucoup de personnes vous me direz, c’est normal mais j’en ai une peur panique. Par exemple, je ne ferme pas la porte des toilettes à clé, je suis resté coincé dans des toilettes à l’école primaire, je ne ferme pas non plus la porte à clé quand je prends ma douche au cas où je tombe et me blesse ou qu’un incendie ou un truc dans le genre se déclare. Je ne prends jamais d’ascenseurs de peur de rester coincé, cela m’est arrivé quand j’étais petit. Je ferme quand même la porte de chez moi à clé, être cambriolé (ou pire) ne fais pas parti de mes projets.

Je suis maintenant enfermé, je vois des patients déambulants, traînants les pieds, le regard dans le brouillard. Leurs regards n’étaient pas vides, non, ils pensaient, rêvassaient peut-être. Une femme dans la quarantaine me dévisagea de la tête au pieds, nos regards se croisèrent, elle devait sûrement penser : « Hey bien, encore un jeune qui va nous rejoindre, là-bas dehors, ça ne s’arrange pas

Elle continua sa marche, doucement, elle semblait être autre part. Perdue dans la recherche de quelque chose qu’elle ne trouvera sûrement pas ou plus.

Un jeune homme, je dirais dans les 25-27 ans arriva, des boots noires aux pieds, la coupe de cheveux à la mode, rase très court sur les côtés et une mini queue de cheval sur la tête. Il regarde les autres patients manger. Il semble être à l’aise ici.

L’odeur de soupe, cette odeur épaisse, qui aurait presque une consistance à elle seule me monte au nez, mélangée avec l’odeur de javel qu’à tout les hôpitaux me donne une seule envie : fuir.

Pour ne pas arranger la situation, certains patients se mettent à crier, une infirmière accourt, d’une table à l’autre, demandant à ses patients de se calmer où la prochaine fois, ils mangeront seuls.

Ces cris m’ont rappelé mes visites à mon arrière-grand-mère paternelle à la maison de retraite. Elle était centenaire et non, ce n’était pas elle qui criait, elle avait toute sa tête, elle était un phénomène qu’elle disait. Deux guerres mondiales, 4 enfants à élever pendant que son mari était dans le maquis. Les nazis ont cogné à sa porte, soupçonnée d’avoir donné refuge à un réfractaire au STO (elle avait bien donné refuge à un réfractaire, un collègue de mon arrière-grand-père).Jamais elle n’a perdu la tête elle, à croire que les générations d’antan était faites d’un autre bois. On soignait la dépression à coup de Pinard à cette époque, mais elle, elle n’a jamais touché une goutte d’alcool et encore moins fumée. Elle est partie à 1 mois de ses 106 ans.

Retournons à ma petite visite en psychiatrie.

Après les cris, une infirmière demande qui a éteint la télé, un patient répond que c’était lui, personne ne l’a regardé cette émission ! L’infirmière de rétorquer : Avez vous au moins demandé si personne ne l’a regardé ? Et lui de répondre non, et de se prendre une petite semonce. La télé est rallumée.

C’est à se moment que j’entends « La chambre du nouveau patient est prête. » Une infirmière, jeune, 22 ans grand maximum, brune, yeux gris, plutôt petite, teint bronzé et sacrément belle demande où peut bien être ce nouveau patient.

Parle-t-elle de moi ?

À tout hasard je répond : Je suis là !

Elle me fait un signe de tête me disant qu’elle a compris et demande à ses collègues « le numéro de chambre du nouveau patient c’est laquelle déjà car il est là ».

Là, c’est un électrochoc, l’hospitalisation était probable mais pas certaine, je devais voir un psychiatre avant.

Je m’adressa à une infirmière, dans la cinquantaine, sûrement la chef de service, je lui dis qu’une hospitalisation n’était pas sûr, que je devais et voulais voir un psychiatre d’abord.

Elle me regarda d’une moue étonnée, on l’avait appelé pour une hospitalisation. De toute façons, le médecin de garde allait arriver, je n’avais qu’à l’attendre. (Après tout, on appelle pas « patient » les patients pour rien…)

Retour donc au petit sas d’entrée. Mon chauffeur m’attend… et moi aussi d’attendre ce docteur qui tient peut-être en main mon futur. Mais ma décision est déjà prise, je ne resterai pas ici.

Tout les voyants de mon mental fracassé virèrent aux rouge ! Enfermé dans un endroit qui ne respire pas du tout la sérénité ni la guérison, c’est l’instinct de fuite qui à prévalu chez moi. Je ne peux pas partir en essayant d’enfoncer la porte, il va falloir m’affirmer devant le docteur, rester sur mes positions tout en prenant des décisions pour ma guérison.

Je reste 10 minutes à me motiver, sans bouger, en regardant le sol. Je ne céderai pas, je veux rentrer chez moi avec ma médication, me stabiliser et passer à la suite de ma guérison. Je le sais, je le sens, ici ce n’est pas pour moi.

Le docteur rentre, je trouve qu’il titube et je pense sentir un léger relent d’alcool, odorat entraîné par un père alcoolique, j’ai l’odorat et la vue extrêmement bien calibrés pour repérer l’effet de l’alcool chez quelqu’un, surtout quand il essaie de le cacher. Directe je m’imagine le psychiatre à bout, un boulot difficile et peut-être qu’il est en plein divorce, un truc comme ça.

Je lui souris de toute mes dents, lui adresse un bonsoir, lui tend la main. Réflexe. (C’était avant la Covid hein…)

Lui, passe tout de go, sans même me répondre et se dirige je ne sais où.

J’attends encore, le balais des infirmières (toutes des femmes) est ma seule distraction. Dès que je vois un patient je baisse les yeux, je suis comme eux tout compte fait. Je relève brusquement mon regard à chaque fois qu’une infirmière passe. Je le comprend maintenant que je l’écris, j’avais devant moi le reflet de ma maladie : les patients. Peut-être que mes proches avaient cette même vision.

Mon attente s’arrêtent brusquement quand une grande infirmière de 40 ans, les cheveux courts et dont la teinture blonde commençait à déteindre me demande de la suivre.

Putain mais où je vais là ?

Et bien en faite pas loin, quelques mètres. J’entre dans un bureau, le docteur est assis devant son ordi, l’infirmière s’assoit au bord de la table, stylo bic et énorme bloc note posés sur la table.

Je n’attends pas que l’on me propose de m’assoir, comme le veut la politesse. Je passe entre les deux chaises qui me sont proposés et manque de m’étaler.

Je tremble.

À ce point, je ne me rappel pas exactement de la conversation. Je me rappel du fort accent du psy, de l’infirmière qui écrit et me demande des renseignements sur ma situation.

Au docteur de dire : « Monsieur Jaskiers, dans l’état où vous êtes, là, j’ai peur de vous renvoyer chez vous ! Vous avez l’air vraiment très mal, vous n’arrêtez pas de trembler !

– Non je ne veux pas rester là, j’ai peur, je pense pas que cela soit bon pour moi.

– Restez avec nous 1 ou 2 jours aux moins, en observation. Dit l’infirmière.

– Non, désolé mais je ne peux pas. Je vais rentrer chez moi, le docteur m’a donné des piqûres de Valium puis je prendrai rendez-vous avec l’un de vos médecins pour voir pour un traitement.

– Vous êtes libre monsieur, mais je vous dis qu’en temps que professionnel, vous serez bien ici.

– Oui j’comprends bien mais je ne peux pas être ici.

L’infirmière : – Vous avez peur ?

– Un peu. Je veux rentrer chez moi, prendre mon médicament et dormir. Je verrai un psychiatre mais je ne veux pas être ici.

– On nous a parlé d’hospitalisation pourtant.

– Appelez mon médecin traitant et il vous dira qu’il était question d’abord d’une consultation puis, peut-être, d’une hospitalisation.

– C’est n’importe quoi.

Le psychiatre d’appeler mon médecin traitant, qui lui confirme mes dires. Ce n’étais bien sûr pas le psychiatre que mon médecin traitant avait eu au téléphone quand il était chez moi. C’est dire la confusion qui a régné durant tout l’entretient et avant…

Et un ping-pong d’arguments et de contre-arguments se déroule entre nous trois. Mais je n’ai pas cédé.

L’entretien finit, l’infirmière me déverrouille la porte de sortie. Je crois n’être jamais sorti aussi vite d’un établissement de ma vie.

Je saute dans le taxi, direction la maison.

Le lendemain matin, j’ai le droit à un piqure de Valium dans la fesse droite (désolé pour les détails). Les couleurs sont devenues… intenses, l’anxiété quittait mon corps, la faim revenait. Sacré drogue. J’ai eu ce traitement pendant 3 jours, puis je n’ai eu que les antidépresseurs pendant 1 mois, 1 mois d’anxiété abrutissante avant de voir un psychiatre.

Un super psychiatre, un excellent. Il m’a tellement aidé.

Maintenant, j’ai déménagé, je ne le vois plus mais je suis content de moi car j’ai demandé de l’aide et je mesure la grande chance que j’ai eu d’avoir rencontré un très bon psychiatre.

Aujourd’hui, la vie suit son cours dans une nouvelle ville, loin de mon village, tant mieux. Les soins continuent, le traitement est fort mais il faut ce qu’il faut. Et le plus important, j’ai ma famille, ma mère et ma sœur à mes côtés. Il y a des jours avec et des jours sans. La lutte sera encore longue et difficile, je le sais.

Et durant tout ce temps, les livres, silencieux compagnons remplis d’histoires m’ont tenu compagnie, même dans les moments où le sombre gouffre dans lequel je m’étais fourré raisonnait de mes plaintes, pleurs et cris pathétiques, ils m’apportaient la lumière, le réconfort, couvants en moi la voix de l’espérance. M’ouvrants la voie d’un futur possible.

C’est ainsi que je me suis passionné pour Hemingway et ses œuvres.

Pour terminer, juste un petit message personnel https://youtube.com/watch?v=26Nuj6dhte8

Si vous souffrez actuellement, demandez de l’aide est la meilleure chose que vous pouvez faire. C’est un énorme pas en avant, vers la voie de la guérison. Vous n’avez pas nécessairement à dire « oui » à tous ce que l’on vous propose, écoutez-vous aussi. Mais gardez en tête que le combat contre la maladie psychique ne peut pas être gagné seul. Se battre seul contre la maladie c’est comme vouloir courir sous l’eau, c’est ne pas avancer malgré tout les efforts que vous y mettez et s’épuiser.

Voici un numéro d’aide en cas d’urgence, pour vous ou un proche en difficulté : S.O.S suicide : 09 72 39 40 50

La guérison prend du temps, tout ce qui est important dans la vie en prends.

Ne désespérez pas, et n’oubliez pas que si l’aide apportée ne vous convient pas, ou que quelque chose vous dérange, vous avez le droit de dire non. Mais vous vous devez d’écouter vos proches et les professionnels de santé pour avancer.

Si je l’ai fais, vous pouvez le faire aussi.

Jaskiers

How It Was de Mary Welsh Hemingway (English book version)

Quatrième de couverture :

‘As honest and revealing as Hemingway ever wrote’

Los Angeles Times

BRILLANTLY IMMEDIATE

Sunday Times

Ernest Hemingway – the heroïc and finally tragic figure who lived and wrote three wars, hunted big game in Africa, fished giant marlin from the Gulf Stream, fought bulls in Spain – and won the Nobel prize for literature.

With him Mary Welsh experienced a courtship that ragged across Europe, a marriage that made headlines for a generation, and ended in his suicide.

This is her uniquely intimate and loving look behind the legend – and much more.

This is how it was

‘A MASSIVE PORTAIT’

Daily Telegraph

‘FASCINATING READING’

Daily Express

Ce livre est une autobiographie de Mary et non un livre totalement basé sur Hemingway. Le première quart du livre ne mentionne pas du tous Ernest.

Le livre commence par l’enfance de Mary dans le Minnesota, une mère et un père aimants dans la campagne du Mid-West américain.

Son père l’amène très jeune à voyager et à naviguer sur les nombreuses rivières près de leurs maison. Elle apprends auprès des Indiens leurs cultures et leurs langues. Son père l’emmène camper dans les bois, peuplés d’ours, de cerf et de biches. Elle devient amoureuse de la nature, de ses balades avec son père, qui est un homme aisé grâce à ses premier investissements de jeunesse dans le bois.

Son père semble le père « cliché » des bons paternels. Il ne lui crit jamais dessus, même si il faut dire que Mary est une enfant sage, il lui apprends à penser par elle même, et lui transmet sa passion et ses connaissances sur la littérature. Notamment Shakespear, qu’il aime citer dès que la discutions ou la situation si prête.

Puis vient l’adolescence, sans problème, l’âge adulte, ou Mary décide de devenir journaliste.

Ses premières expériences lui montreront à quel point le métier est exigeant, et que les journalistes peuvent parfois être compétitif.

Voyant la situation politique se dégrader en Europe, et la guerre arriver, elle fera des pieds et des mains pour pouvoir se faire engager dans un journal à Londres.

Mary Welsh Hemingway

Après moult péripéties et tout en gardant ses propres valeurs, Lord Beaverbrook, un grand magnat de la presse anglaise lui fera des avances très osé qu’elle refusera, elle réussira grâce à sa persévérance à trouver un emploi de correspondante pour le journal anglais Daily Express et se mariera avec Noel Monks, un journaliste australien.

Puis vient la Seconde Guerre Mondiale et la chute de la France, auxquels elle assiste aux côtés des français. La confusion, l’incompréhension de la débâcle française puis le retour à Londres.

Ernest Hemingway et Martha.

Voici un petit extrait du jour où elle rencontra Robert Capa et Lee Miller pour la première fois :

[…]Bob Capa came to photograph the war and one could almost hear the upswing in female heartbeats around the office. Lee Miller came to photograph the war and with her crusty, cool intelligence smoothed down the office airwaves, but not the heartbeats.[…]

Bien sur, il faut une première fois à chaque chose. Voici la première fois que Mary voit Hemingway :

John Stais gave us a tiny table by the door of his second floor where half a dozen friends were already roosting, and Shaw murmured that the big fellow lunching alone across the room was Hemingway. In his heavy woolen R.A.F. uniform he looked much too warm and uncomfortable.

Ernest et Mary s’amourache rapidement l’un de l’autre. Ernest allant jusqu’à la proposer en mariage lors de leurs première rencontre. Bien sur, c’était pour casser la glace, Ernest étant encore marié avec Martha Gellhorn, célèbre reporter de guerre. Mais les relations entre Ernest et Martha ne sont pas au beau fixe et Hemingway gagne le cœur de Martha, l’histoire de leur amour commence !

Les deux tourtereaux s’installent au Ritz après la libération de Paris, rien de moins. Hemingway continue son travail de reporter de guerre / commandant de troupe officieux, tandis que Mary continue son métier de reporter pour le Daily Express.

Tôt dans leurs relations, Hemingway se dévoile très amoureux et possessif, ce qui engendrera leurs premières bagarres, Hemingway l’a gifla, Mary le rua de coups. Leurs premières disputes se réglera grâce à l’intervention de Marlène Dietrich.

Les amoureux se découvrent peu à peu.

Revenu auprès de Mary au Ritz après un voyage sur le front, Hemingway apprend la blessure et la capture de son fils, parachutiste, près de Nancy. Mary se déplacera en personne près du lieu du drame pour en apprendre plus sur la capture de son nouveau beau-fils.

Elle apprendra aussi que Hemingway est un casse cou. Un homme d’action. Avec les blessures qui vont avec.

His health was a question mark. His old friend Dr. José Luis Herrera, who had been chief surgeon for the 12th International Brigade in Spain, lunched with Ernest at the pool and told him that the first hemorrhage, from a motocar’s collision with a London water tank in the street should have been opened and drained, with three months of convalescence afterward. Instead, in August 1944, Ernest, riding in a motorcycle’s side-car, with his driver and photographer Bob Capa, had rushed into the path of a German antitank gun. The three had jumped into ditches and Ernest had banged his broken head, hard, against a stone. But he now wrote : « Am so much better than have ever been since you’ve known me that please don’t think of me as a hypochondrious »

Elle découvrira aussi l’amour d’Hemingway pour les animaux, notamment les chats de la Finca Vigia :

Ernest introduced me to […] the principal cats : Princessa, the fine-boned elegant gray Persian, mother of the tribe, beautiful, and with her Persian secret a bit to feminine for me; Uncle Willy, the children’s favorite cat, a square, striped, businesslike male, who disdained cats but liked people; Bigotes, the big rough endearing fighting stud of the family; Uncle Wolfie, long-haired and silvery like his mother, debonnair and timid; and that’s year’s crop of young mothers with their children. They sunned in their respective favorite places along the terrace every morning. I noticed, and took to promenading it regularly, offering greetings and ears for scratching.

Mary Welsh Hemingway caressant un chat de la Finca Vigia.

À noter aussi une croustillante anecdote. Boyse, un des chats mâles d’Hemingway s’amourache de Mary. Et Boyse et tellement jaloux et possessif qu’il griffera les organes génitaux d’Hemingway !

Un dernière info sur les chats et Hemingway ?

Il est responsable de la prolifération des chats polydactyles, c’est à dire des chats à 6 ou 7 doigts, à Cuba ! Les chats de la Finca Viga se reproduisant sans aucune limite ! La preuve ? Regardez le Wikipedia des chats polydactyles.

J’ai pas pu résister de vous poster se petit gif !

Puis viendra la découverte du Pilar, le fameux bateau de pêche d’Hemingway ! Et même ces utilisations pour le moins atypiques !

In World War II she [Pilar] had been loaded with radio, high-explosive and sound-detection gear and had served as a Q-ship hunting German submarines which were torpedoing Allied tankers off Cuba and along the eastern coast of the United State. She had cruised the Gulf Stream and the islands off Cuba’s north coast a month at a time for about a year and a half pretending to be a scientific expeditionnary ship.

Hemingway sera toujours hanté par la guerre. Comme cette extrait d’une de ses lettres à Mary :

Meanwhile he was indignant about the Allied treatment of the Germans. […] « We killed 60,000 civilians with one bomb; hang sixty-year old women for killing aviators. […] War is completely and utterly barbarous, a crime against man and mankind. »

Mary fut une fausse couche. Elle faillit en mourir. Le docteur de Cuba ne lui donnait aucune chance. Hemingway prit les choses en mains et la sauva ! Il joua au chirurgien amateur et réussis à sauver in-extrémis sa femme en lui déviant une veine. On pourrai croire à une de ces histoire rocambolesques attribuées souvent à Hemingway mais Mary, après avoir interrogé le médecin et les infirmières lui confirmeront l’intervention héroïque d’Ernest !

Vient les soucis, et souvent ils ne viennent jamais seul. Patrick, le deuxième fils d’Hemingway est victime d’un grave accident, il souffre d’un sévère traumatisme crânien. Le père de Mary est hospitalisé pour un sérieux problème à la prostate. Les voilà séparé, physiquement. Les (très) nombreuses lettres qu’ils s’échangent entre Chicago et Cuba leurs permettent de garder un contact. Les échanges épistolaires sont magnifiques. Entre deux êtres qui s’aiment.

Viendra ensuite un moment rare pour Mary, Ernest parlant de son enfance. Fils d’un père médecin et d’une mère professeur de musique, chanteuse d’opéra américaine et peintre, son enfance se partage entre chasse, et travailles en tout genre, la lecture, l’écriture, son premier amour avec une indienne américaine, des déboires avec sa mère (qu’il insultera abondamment car la famille ayant des finances très limitées, la mère achètera des vêtements et objets hors de prix. Son père, soumis selon Hemingway, ne disait rien). Vient ensuite l’histoire d’une chasse qui fera d’Ernest un hors-la-loi. Ayant tiré sur un animal hors-saison, et sous les yeux du fils du maire de l’époque, il est recherché par les gardes forestiers. Averti par sa sœur il s’enfuira pour travailler dans une ferme et vivre avec des Indiens Ojibwés.

Son père se suicidera à 57 ans.

Dr. Clarence Hemingway et Grace Hemingway.

L’Italie, un voyage en amoureux, direction Venise, ou le couple rencontrera la fine-fleure aristocratique et artistique italienne. Hemingway fera la connaissance d’une jeune femme, Adriana Ivancich, 18 ans, aristocrate italienne, dont la « beauté » aidera Hemingway à débuter son roman Au-delà du fleuve et sous les arbres. Mary ne sera pas jalouse, elle sait que Ernest ne fera pas l’impardonnable pour un couple marié.

Le retour à Cuba, leurs chats, leurs chiens, la construction d’une tour dont le sommet sera le bureau de travail d’Ernest.

Puis reviennent les disputes, surtout à cause de la consommation excessive d’alcool d’Ernest. Ce qui est intéressant, c’est que même dans leurs propres maisons, ils communiquent par lettres durant les moments difficiles.

Mary défiera Ernest dans un concours de pêche, pari et argent à la clé ! (Le résultat ? Désolé mais je ne vais pas tous vous dévoiler).

J’ajoute que durant ces périodes, la santé d’Ernest n’est pas au beau fixe. Des maladies en tous genre l’atteignent et Mary trouve le moyen de se blesser plusieurs fois.

Un autre accident. Pendant une virée de pêche en haute mer sur le Pilar dans le Gulf-Stream, Hemingway est victime d’une chute violente, la tête prendra le choc. Encore une fois.

Les Hemingway aiment recevoir chez eux, à Cuba, dans leurs maison, la Finca Vigia. D’ailleurs, les Ivancich sont invités, et Hemingway devient de plus en plus irascible, insultant Mary sans raison. Mais Madame Hemingway n’est pas le genre de personne à se laisser faire. Elle répond intelligemment, mettant Hemingway devant ses responsabilités. Certes le couple as perdu beaucoup d’ami(e)s, dont F. Scott Fitzgerald, mort à 44 ans d’une crise cardiaque. Le roman d’Hemingway, Au-delà du fleuve et sous les arbres, est miné par la critique. Mary est là, fidèle au poste pour le soutenir.

Et sortant presque de nul part, Monsieur Hemingway sort Le vieil homme et la mer.

Pauline, la deuxième femme d’Ernest et la mère de ses deux plus jeunes fils, meurt, minant sévèrement le moral d’Hemingway ET de Mary avec qui elle était entretenez des relations amicales.

L’énorme succès de Le vieil homme et la mer permets à Ernest de faire un retour tonitruant, prouvant aux critiques qui l’avaient enterrés pour Au-delà du fleuve et sous les arbres qu’il n’était pas fini. D’ailleurs, ils remportera le prix Pulitzer, récompensant sa carrière d’écrivain et de journaliste.

Et vient le temps du grand voyage en Afrique, en n’oubliant pas de passer par la Normandie, Rouen, Paris et le Ritz, l’Espagne, Saint-Sebastian, Saint-Firmin, Pampelune, Madrid avec des fiestas, des corridas, des fêtes entre vieux ami(e)s, avant de remonter pour Marseille et embarquer pour l’Afrique de l’Est pour leurs dernier safari.

Ernest Hemingway (centre avec sa barbe iconique) et Mary à droite assistant à une corrida.

Suis une magnifique épopée, Mary conte leurs aventures peuplées dès légendaires guerriers Maasaï, qui les aident dans leurs périples. Madame Hemingway se révèle être une excellente écrivaine, vous êtes plongé avec eux dans la beauté, et il faut le dire, la cruauté d’un safari. Ne tenez surtout pas les Hemingway pour des braconniers, ils sont suivis et conseiller par des « gardes-chasses » et ont aidé la communauté Maasaï à tuer des animaux nuisibles pour leurs précieuses récoltes, bétails et même leurs vies. Mary s’amourachera d’un bébé gazelle, qu’elle nourrira et s’occupera jusqu’à leurs séparation qui est d’ailleurs plutôt triste. Cette partie contient aussi des péripéties d’Ernest, bien sur, mais ce sera au lecteur/lectrice de le découvrir par lui même, je ne vais pas écrire tout non plus, j’ai peur de vous gâcher la lecture si un jour vous lisez se livre (non traduit en français).

Ernest et Mary avec un bébé gazelle de Grant nommé Baa que Mary as adoptée en Afrique de l’Est. Circa 1953

Le récit des deux accidents d’avions consécutifs en Afrique de l’Est est écrit de façon plus personnel chez Mary que dans celui d’Ernest.

Après le premier crash, au milieu de deux troupeaux d’éléphant, Mary s’en sort avec une côte cassée, Ernest et le pilote presque rien.

L’avion qui doit les rapatrier à l’aéroport et à la ville la plus proche s’écrase encore ! Cette fois, le feu se déclenche, leurs affaires brûles, Mary et le pilote sorte de l’appareil sain et sauf, Ernest lui, est obligé de cassé une fenêtre à coup de tête. Il en sortira grièvement blessé. Traumatisme crânien extrêmement grave, le foie et les reins gravement endommagés. Dans un hôpital de fortune, Ernest essaiera d’éteindre un feu de brousse seul, il ne réussira pas bien et souffrira de nombreuses brûlures. Rapatriés en Europe, Ernest dédaigne de faire soigner, son attitude devient de plus en plus irascible. Mary voyage, Paris, Londres, puis rejoins Ernest en Espagne où elle rencontrera la célèbre actrice Ava Gardner.

Ernest Hemingway, Mary Welsh Hemingway, Ava Gardner

Le jour de gloire de Ernest arrive grâce à un coup de téléphone d’United Press : Ernest Hemingway as remporté le prix Nobel de Littérature.

Pas de fête ou de folies pour fêter cela, les Hemingway font simple, entre eux, à Cuba, à la Finca.

Malheureusement, peu après, le père de Mary décède. Sa mère se retrouvant seule et en proie à un début de démence, Madame Hemingway se démène pour trouver une solution, avec le soutien d’Ernest, qui ne tari jamais d’effort pour aider sa belle famille.

À Cuba, la situation politique se dégrade, ainsi que l’insécurité. Le couple s’étant fait cambriolé plusieurs fois. Le coup d’état de Baptista contre le président Prio à La Havane inquiète.

La Finca Vigia de nos jours.

Malgré grès la terreur qui s’installe à Cuba, Mary trouve le temps de s’occuper de la maison et comme souvent dans se livre, elle écrit sur ses chats. Elle nous décrit leurs comportements et leurs personnalités très en détails. Et leurs aventures.

One day we missed him. He did not come trotting into my room under my breakfast tray to share my egg. He was not lounging on any window sill with his DON’T DISTURB sign nearly visible. Ernest could not recall having let him outdoors after diner for an hour or two of helling around, pretending to frighten lizards in the dark, and we heard no vigorous climb up a window screen, meaning « Let me in ».

I put the whole household on search detail, hunting the thick shruberry outside, calling, checking the gutters of the roof and, most unlikely, the corners of the Cat House. We hunted under chairs and beds, in linen shelves and closets. We suspected the ice man might have run over him with is rickety truck, but there were no trace of slaughter on the road. We interviewed the dogs, but none of them looked guilty. I wondered if we had been hexed.

On the third morning I pulled open my big bottom drawer for clean shorts and a shirt, and out jumped Cristobal eluding my arms and heading, composed but determined, for the pantry where the food was, He spurned out effusive welcomes, ate a snack of ground beef and went to loll and bathe himself on his favorite window sill. He had been most respectful of my clothes, sullying only one pair of shorts. His three-day imprisonment lessened only slightly his interest in the contents of drawers, but ever afterward we left them open a couple of inches.

Mary et un chat à Cuba.

Ernest vend les droits de son livre Le vieil homme et la mer pour en faire un film. Il sera engagé comme consultant, et tentera de se s’occuper de filmer un vrai marlin pour les besoins du film. Malheureusement, rien ne fonctionne comme prévu, le tournage prenant du retard et dépassant le budget, Hollywood s’occupera de construire un faux marlin. Ernest dira dans une de ses lettres, non présente dans se livre mais que je vous livre, qu’Hollywood à été irrespectueux en engageant un acteur américain, ne ressemblant pas du tous à l’image du vieil homme. Il aurait préféré un vrai cubain.

Et retour pour l’Espagne, avec les fêtes, l’alcool, les ami(e)s et un Hemingway devenant de plus en plus irascible envers Mary. Quelque chose ne va pas avec lui. Elle le sait mais fait l’autruche. Ce n’est pas la première fois pense-t-elle, tout reviendra dans l’ordre bientôt.

Après les fiestas, retour à Cuba. Malheureusement, Mary apprendra par télégramme le décès de sa mère. Elle s’occupera de l’enterrement et de son organisation seule.

À Cuba, la situation politique devient délétère. Les forces de Fidel Castro, accompagnées du Che, affronte les forces du dictateur Baptista. Les meurtres en pleine rues, les pendues, les tortures. Les Yankees, le surnom donné aux américains par les cubains, ne sont plus les bienvenus. Il faut trouver un pied-à-terre aux U.S.A.

Ce sera Ketchum, dans l’Idaho. Mary y achète une maison dans la campagne. Ernest ayant retrouvé grâce à des employés du Ritz à Paris des documents datant d’avant la Seconde Guerre Mondiale qu’il avait laissé au bon soin du maître du célèbre hôtel, décidé d’écrire un livre sur son époque à Paris. Paris est une fête est entamé.

La maison des Hemingway à Ketchum, Idaho, U.S.A.

Encore une fois, un voyage en Espagne pour suivre le Mano a Mano entre Luis Miguel Dominguín et Antonio Ordóñez, matadors et beaux-frères. Ernest écrira pour le magazine Life un article sur le duel entre les frères qui durera tout l’été. Cette article deviendra un livre, « l’été dangereux ».

Après un bref retour à Cuba pour entretenir la Finca Vigia et choisir les meubles qui partiront pour Ketchum, Ernest déclare qu’il doit repartir pour l’Espagne, n’ayant pas assez de matériel pour finir son article. Mais.

Son état mental se dégrade grandement. De retour à Ketchum, Mary joue de subterfuges pour interner Ernest en Hôpital psychiatrique. Sous un faux nom pour éviter que la presse ne fouine, mais le poteau rose sera vite découvert. Ernest se dit traqué par la CIA, pense avoir commis des crimes financiers, il est obnubilé par son argent et ses impôts . Il devient paranoïaque.

Ernest se baladant dans la campagne de Ketchum.

Invité à l’inauguration du président J.F. Kennedy, il répond qu’à la vue de sa santé, il ne peut malheureusement pas assister à se moment historique. On lui demandera d’écrire quelques mots sur le nouveau président pour un livre, il mettra une semaine à écrire deux lignes.

La paranoia du prix Nobel de littérature s’empire.

[…] Ernest wanted no visitors, spend his morning mute and brooding at his writing table, his afternoons wandering aimlessly around the house or resting without riding in his room. […] I was not helping him [Ernest] find someplace safe from taxes. I was spending too much money on groceries. I had neglected him throughout his stay at St. Mary’s hospital. How could I have enjoyed a TV program that evening when we were such in great danger ? I was betraying our well-being.

Non seulement Ernest est malade, mais Mary se blesse, encore une fois, en tombant des escaliers. Rien ne va plus.

On Friday, April 21, I compled downstairs to find Ernest, still in his plaid Italian bathrobe, standing in the front vestibule of the sitting room, one of his favorite shotguns in his hand and two shells standing upright on the window sill in front of him.

Grâce à l’intervention de son médecin personnel, Ernest accepte de se faire hospitaliser, encore une fois. Il y reste de longues semaines.

Photographie d’Ernest. Il semble amaigrit et mal en point. Je ne connais pas l’année de prise de la photo.

Une fois revenu à la maison, des ami(e)s de la famille le retrouve avec le fusil à la main. Ils réussissent à le désarmer. Une autre hospitalisation. Avec une surveillance plus sévère. Ernest ressortira, mais il n’est pas guéri. Loin de là.

As we wedged into the small far-corner table, Ernest noticed a couple of men seating themselves at a small table farther inside […]

« They’re F.B.I. » Ernest muttered.

Puis Ernest se suicide. Mary voit le corps de son mari, le sang. Elle fuit. Racontant au média qu’il s’était tué suite à une mauvaise manipulation, parce que, dit-elle, elle ne pouvait se faire à l’idée qu’il s’était tué.

La succession, le régime Castro qui demande de faire de la Finca Vigia un musée, rapatrié des manuscrits, de l’argent. Mary tombe malade sous le poids des responsabilités et du deuil.

Elle voyagera, beaucoup, Nouvelle-Zélande, France, Afrique de l’Est, Honolulu et même l’ex-U.R.S.S. À noter que Hemingway n’est JAMAIS allé en Russie. Surprenant non ? Vu l’estime qu’il avait de Léon Tolstoï. Mary visitera d’ailleurs la maison du grand écrivain russe lors de son escapade en terre communiste.

Ses voyages ne l’empêcheront pas de travailler sur le manuscrits de Paris est une fête et sur d’autres nouvelles et recueils d’Ernest.

Le dernier chapitre du livre et une auto-interview qui répond à plusieurs questions que les lecteurs pourraient se poser à la lecture du livre.

En refermant le livre, j’ai eu comme une sensation que tout n’avait pas été dit… Peut-être est-ce dû à ma lecture du très bon livre de Aaron E. Hotchner, écrivain, journaliste, metteur en scène et grand ami personnel de Hemingway, qui a écrit un livre intitulé Papa Hemingway que je vous conseil fortement.

Mary as semblé omettre les séances électrochocs subit par Ernest, et les deux tentatives de suicide d’Hemingway ( il tentera de sauter d’un avion qui l’amenait à l’hôpital psychiatrique.) Elle a aussi omise le fait qu’Hemingway avait manipulé ses psychiatres, jouant la comédie du patient guéri pour sortir de son internement. Notamment lors de sa première hospitalisation. Vous pouvez lire tous cela dans le livre de Hotchner.

C’est un livre très long, mais aussi très beau. Un livre d’amour oui, mais aussi d’aventures, de voyages, d’amitiés, de drames. Bref, la vie d’une grande femme, intelligente, moralement solide (par expérience, les femmes sont beaucoup plus solide que les hommes mentalement parlant. Mais ce n’est là que mon avis personnel.), elle tient tête à un mari caractériel, parfois violent, physiquement une fois, verbalement durant toute leurs relations. Mais elle était amoureuse de lui, il était amoureux d’elle. Un homme n’avance jamais bien loin sans le soutien d’un ou d’une compagne, et Mary le prouve.

Réussir à vivre dans l’ombre d’Hemingway, tout en gardant son intégrité, ses valeurs et son courage ne devait pas être chose aisée. Mais elle l’as fait. Jusqu’au bout et encore après.

Bien sur, si vous aimez Hemingway, se livre est fait pour vous. Il est long, mais la lecture en vaut la peine. Malheureusement, il n’as pas été traduit en français.

Voici comment se termine m’as dernière lecture sur Ernest Hemingway avant un bon bout de temps. Il va me manquer, mais je crois qu’Ernest n’est jamais vraiment mort. Ses œuvres vivent en nous, comme vivent en nous nos proches disparus.

But I starved for the smell of Ernest’s chest, where my nose always nuzzled. I ached to touch is skin, which was smoother than any other, I thought. Having no creature to absorb and appreciate pats, hugs, kisses, I floundered in a void of unexpressed affections, and I missed my husband’s daily offerings of endearments and flattery. I also missed is discipline, his counseling of restraint when I veered into erratic enthusiasms or fears.

Mary et Ernest.

Jaskiers