Have You Ever Seen The Rain par Creedance Clearwater Revival

Have You Ever Seen The Rain par Creedance Clearwater Revival sur YouTube

Nous sommes en 1971, quelque part au Vietnam du Sud.

De retour d’une patrouille en pleine jungle qui a tourné au vinaigre, vous avez gagné le droit à un peu de repos à l’arrière.

Vous n’êtes sûrement pas loin de Saigon, certains frères d’armes y sont partis pour s’amuser, filles de joies, opium, herbe et LCD, les boys l’ont bien mérités comme l’a dis votre vieux commandant.

Vous ? Vous avez besoin d’un peu de repos, allongé sur la première chose qui vous semblez confortable. Ou plutôt affalé. La nuit ne vous a pas apaisé. Toutes ces foutues scènes d’horreurs vous reviennent en mémoire. Et les fameux « et si ». Ça vous détruit un homme autant qu’une balle en pleine tête. Ou presque.

Un gars dans la tente allume sa radio. Un type y gueule « Goooooood mooorning Vietnam ! ». Il a l’air sympa se type à la radio. Vous ne savez pas ce qu’il fume pour être d’aussi bonne humeur le matin. Ou peut-être est-ce comme ça pour ceux qui ne cauchemardent pas, qui n’ont pas cette fièvre qui s’allonge sur vous à la fin d’une méchante escarmouche et vous tiens compagnie jusqu’aux petit matin comme une fidèle amante.

Il lance une chanson. La mélodie est entraînante. Presque douce. La voix du chanteur est nasillarde, il semble la pousser aussi fort qu’il peut, c’est à dire pas beaucoup. Vous l’avez déjà entendu se type, se groupe, chanter à propos d’un fils malchanceux ou un truc comme ça.

Là, il vous demande si vous avez déjà vue la pluie tomber un jour ensoleillé.

« Oh que oui » vous avez envie de lui dire. De la pluie orange même. Même une pluie de feu. Vous aimerez bien lui dire de venir voir par lui même, mais qui voudrai venir ici ? À par les couillons « draftés » comme toi et ces têtes brûlées avec leurs appareils photos qui s’embarquent avec vous aussi tranquillement qu’une mouche se pose sur la merde.

La vraie pluie ici au Vietnam, vous avez envie de lui dire, quand elle tombe, elle ne fait pas semblant la garce ! On appelle ça la mousson. Enfin elle rafraîchie. Comme une gaze, imbibée d’onguent qui pue, qui se pose sur votre chair rougeâtre, parfois noircie et brûlante. Tellement froide cette gaze que quant elle se pose au contact de votre moignon, vous pourriez penser y voir de la fumée sortir. Et puis elle disparaît sous le bandage.

Ah oui, vous avez perdu une jambe.

Ça sera bientôt le retour au pays.

Ça gronde sévère là-bas aussi, à la maison. Comme la tempête dans la musique qui passe dans vos oreille tel un mirage. Elle est trop courte cette musique. Trop longue cette guerre.

Vous n’avez rien demandé vous. Les Vietnamiens ne vous ont jamais rien fais de mal. Mais c’était la loi. De retour au pays, vous savez que deux clans vous attends, ceux qui pensent que vous avez fais votre devoir et ceux qui pensent que vous êtes un bourreau de plus.

Pour être franc vous n’en savez rien. Vous voulez juste la paix. Vous êtes fatigué.

Il fait chier cet animateur radio… Pourquoi il a pas mis se Hendrix avec sa guitare bourrée de LSD ?

Votre pied commence à vous faire mal, même si se dernier est quelque part dans la jungle, à des centaines de kilomètres de votre jambe. Vous ressentez une douleur… une douleur fantôme.

Vous avez envie d’entendre la pluie, la fraîcheur oui, la pluie vous berce, son rythme vous hypnotise. Se concentrer sur autre chose que la douleur lancinante, qui vous élance à chaque battements de votre cœur. Finalement, cette musique n’était pas si mal…

I want to know,
Have you ever seen the rain
I want to know,
Have you ever seen the rain
Comin’ down on a sunny day ?

Jaskiers

Our house par Crosby, Still, Nash and Young

Our House par Crosby, Still, Nash and Young sur YouTube

Nous sommes en 1970, un autre monde de nos jours.

Les cheveux sont longs, on combat la guerre par l’amour. La douleur par drogue. La société par la musique.

Le trio Crosby, Stills et Nash est rejoint par un jeune virtuose de la poésie et de la guitare, un certain Neil Young, grand, maigre, cheveux long. Ils sortiront de leur collaboration un magnifique album.

Cette chanson, dans laquelle vous vous plongez, nécessite que vous fermiez les yeux et écoutiez leurs harmonies accompagné de leurs guitares et leurs paroles.

Tout va bien, vous êtes avec l’être que vous aimez, dans une maison parfaite pour vous et vos deux chats qui se prélassent dans le jardin. Vous avez allumé le feu dans la cheminé, des fleurs sont posées par votre âme sœur dans un vase, tout neuf. Après tant de déboire, vous êtes heureux, donc vous chantez.

J’espère que vous apprécierez. Je vous conseil vivement de découvrir Crosby, Still, Nash qui formaient un groupe appelé… Crosby Still and Nash !

Pendant quelques temps, un jeune musicien surnommé The Loner, le solitaire en français, Neil Young, les rejoindra pour ajouter sa voix à la leur. Magie de la musique.

D’une époque où la jeunesse proclamait l’amour contre la haine.

Malheureusement, cette jeunesse a vite retournée sa veste, laissant les futures générations dans la confusion. Encore aujourd’hui…

Our house is a very, very, very fine house

With two cats in the yard

Life used to be so hard

Now everything is easy ’cause of you

Petite anecdote : Neil Young a dit que Kurt Cobain n’était pas juste le meilleur, mais le meilleur de tous les temps.

Jaskiers

Far From Any Road par The Handsome Family

The handsome family

Cela faisait longtemps que je n’avais pas partagé de musique avec vous. Je vous présente donc :

Far From Any Road – The Handsome Family (sur YouTube)

Cette musique est spéciale pour moi, car c’est celle du générique de la saison 1 de True detective, l’une des meilleurs séries que j’ai vu. Je n’ai pas vu la saison 2. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être car je ne pense pas que l’on peux battre le duo Matthew McConaughey – Woody Harrelson. Leurs complicités, leurs énormes talents et leurs longues amitié dans la vraie vie en font une série incroyable.

Regardez déjà l’esthétique du générique, et cette magnifique musique, je pense que l’on pourrais appeler cette musique de Folk ? Doit-on définir le genre d’une musique obligatoirement ? Je pense que non, du moment que nous l’aimons et qu’elle nous donne ces fameux frissons !

En tous cas, les paroles sont enivrantes, mystérieuses, poétique et la mélodie accompagnée d’instruments qui n’ont que rarement dévoilés leurs magies à mes oreilles en font une musique très spéciale pour moi, car liée à une de mes séries préférées.

J’espère que vous aimerez, je vous conseil aussi la saison 1 de True Detective et si vous l’avez déjà vu, je vous conseil une tout autre série, sur laquelle j’écrirai peut-être un jour un article, j’ai nommé The OA. Là encore, la saison 1 est magique, la deuxième m’a moins plus.

Bonne écoute (et bon visionnage si vous décidez de regarder ces séries) !

Jaskiers

Fear and Loathing at Rolling Stone de Hunter S. Thompson (English version book)

Quatrième de couverture (en anglais) :

Edited with an Introduction by Jann S. Wenner

Glorious… wave upon wave of wild, ferocious, perfectly rendered prose… Thompson changed the meaning of journalism’ – Wall Street Journal

This is the king of Gonzo journalism’s most scorching, original and inspired work for Rolling Stone, showing a writer’s evolution at the magazine that he helped put on the map. From Thompson’s first piece – on his infamous run for sherif of Aspen in 1970 on the freak party plateform – to his last essay on the Kerry/Bush showdown in 2004, via portraits of Nixon, Watergate, Vietnam and Muhammad Ali, this volume also includes some articles not previously collected, as well as correspondence between Thompson and his friend and editor, Jann S. Wenner. The result is a vital portrait of a writer as he pursues his lifelong obsession : The Death Of the American Dream.

‘The great comic writer of the twentieth century’ Tom Wolfe

Un dilemme s’est imposé à moi pour écrire cette article. Je comprend l’anglais, mais l’écrire est une autre pair de manche ! J’ai donc décidé d’écrire mon article sur ce livre en français. Sachant que la plupart de mes abonné(e)s sont français, et sachant que mon anglais écrit est horrible.

Hunter S. Thompson est le créateur d’un genre de journalisme appelé Gonzo.

Le journalisme Gonzo, c’est quoi ?

Un journaliste Gonzo est un journaliste qui s’infiltre, voir se fond dans son sujet d’écriture avec comme particularité une subjectivité assumée et de l’humour. Le journaliste DEVIENT le sujet.

Qu’est ce qu’on apprend à lire ce livre de Thompson ?

Déjà, que Las Vegas Parano est tiré d’une histoire plus ou moins vraie. Hunter S. Thomson, s’étant présenté à l’élection de Shérif de Aspen (Colorado). Il a perdu, mais de très peu ! S’appuyant sur une politique réunissant les « Deglinguosses » (c’est moi qui traduit, à ma sauce), c’est à dire les laissés pour compte, les drogués, les types qui « écoutent du rock », ont appellerais cela la « Sub-Culture » aujourd’hui.

Grâce à cette presque victoire, il réussis à se faire inviter à Las Vegas à… Une convention pour policier et procureurs sur la drogue. Lui, et son avocat Acosta se rendent donc à cette conférence, défoncés à la marijuana, aux Quualudes (somnifère moyennement puissant, mais qui mélangé à d’autres drogues peut faire l’effet d’un LSD) et à l’acide.

La scène où les deux lurons défoncés racontent à un policier accoudé à un bar que des « drogués à la marijuana devenez des vampires. Qu’ils coupaient les têtes de vendeurs de fast-food pour sucer leurs sang et qu’ils les démembraient pour faire des rites sataniques sur les parkings ». Bien sur, tout cela est faux, mais les voir se payer la tête d’un pauvre policier venant d’un patelin perdu d’Amériques est hilarant. Moins pour le policier c’est sur, mais quel toupet.

Ce livre est aussi un énorme complètement à la lecture du livre de Thompson sur l’élection présidentielle américaine de 1972.

Chose que l’on apprends aussi, c’est que Hunter déteste suivre la politique mais va quand même devenir un grand journaliste politique.

Aussi, vous apprendrez comment il a construit son alter-égo Raoul Duke… et se s’autoproclame chef de la rédaction des sports. Raoul est le type qui aime faire sa loi. Il « menace » la rédaction de Rolling Stone, alors à ses tout débuts, que si il voit de la drogue ou des personnes shootées a la rédaction, il leurs cassera la gueule et démissionneras. Le truc, c’est que Raoul Duke est aussi un gros Junkie lui même. Thompson s’amuse donc à utiliser son alter-égo pour faire rire son lecteur (et la toute jeune rédaction de Rolling Stone).

Vous pensez que c’était finis ? Lisez l’oraison funèbre écrit à la disparition, toujours mystérieuse, de son avocat Acosta avec lequel il a eu beaucoup de problème pour publier son roman « Las Vegas Parano ». Je vous laisse découvrir cet article délirant dans le livre.

Aussi, lisez l’article sur le jour où il secoure un juge et ses prostitués au bords d’une route. Le sauvetage finit avec des échanges de coups de feux avec la police.

Lisez le jour ou, défoncé à la coke, il décide de réciter des passages de la bible en plein hôtel jusqu’à provoquer l’intervention de la sécurité.

Ou le jour où le trésorier de Rolling Stone a reçu une facture de 7 000 $ parce que Hunter avait décidé, pour une raison encore inconnue, de brûler les canapés de l’hôtel. Il était censé écrire un article… qu’il n’écriera finalement pas pour des raisons tout aussi mystérieuses.

Il l’avoue et le revendique, depuis tous jeune, il est un hors-la-loi. Il connaît ces derniers, sait comment les gérer et écrire des articles à ce propos.

Mais absolument rien ne vaut sa haine ténue envers Nixon et Bush Jr.

Des pépites d’humour saupoudre tout ses articles. Le journalisme Gonzo, s’est ça aussi !

Le journalisme de Hunter ne plait pas forcément à tous le monde. Mais l’homme et l’écrivain sont indissociables. Ses articles sont lui, SON expérience. À vous de découvrir pour voir si le Gonzo est pour vous !

Jaskiers