Le pianiste par Wladyslaw Szpilman

L’extraordinaire destin d’un musicien juif dans le ghetto de Varsovie (1939-1945)

Quatrième de couverture :

Septembre 1939 : Varsovie est écrasées sous les bombes allemandes. Avant d’être réduite au silence, la radio nationale réalise sa dernière émission. Les accords du ‘Nocturne en ut dièse mineur’ de Chopin s’élèvent. L’interprète s’appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. Pour lui, c’est une longue nuit qui commence…

Quand, gelé et affamé, errant de cachette en cachette, il est à un pouce de la mort, apparaît le plus improbable des sauveteurs : un officier allemand, un Juste nommé Wilm Hosenfeld. Hanté par l’atrocité des crimes de son peuple, il protègera et sauvera le pianiste.

Après avoir été directeur de la radio nationale polonaise, Wladyslaw Szpilman a eu une carrière internationale de compositeur et de pianiste. Il est mort à Varsovie en juillet 2000. Il aura fallu plus de cinquante ans pour que l’on redécouvre enfin ce texte étrangement distancié, à la fois sobre et émouvant.

« Wladyslaw Szpilman restitue à chaud et sans fard, comme pour les exorciser, ses souvenirs hallucinés de rescapé. » – Libérations

« Un témoignage bouleversant venu du froid et de l’horreur. » – Annie Coppermann – Les Echos

Est-il utile de parler du pianiste, du livre plus précisément, quand vous avez sûrement tous visionnés le film éponyme de Roman Polanski avec Adrien Brody dans le rôle principal, rôle qui d’ailleurs lui vaudra l’Oscar du meilleur acteur ?

Je ne sais comment écrire cet article. Dois-je comparer le livre au film ? Parler uniquement du contenu de l’ouvrage littéraire, bien que nous savons, probablement, tous ce qu’a vécu Wladyslaw Spizlman grâce au film ?

Le dilemme est là. J’essaierai tant bien que mal de gérer les deux composants pour cet article en me concentrant plus sur le livre.

Il est important de noter que des extraits du journal intime de l’officier allemand, Wilm Hosenfeld, qui a sauvé la vie du pianiste, est présenté en fin d’ouvrage. Ajout extrêmement important et intéressant sur le sauveur du Pianiste.

L’ouvrage de Szpilman a été écrit en 1945, à la toute fin de la guerre, l’auteur ayant décidé de consigner son témoignage immédiatement, donnant ainsi au texte la force qu’apporte l’immédiateté d’écrire ce qu’il a vécu sans les potentiels pièges, failles, inventions et atermoiements de la mémoire.

Ce que je retiens du début du récit de Szpilman, c’est l’enfer se déchaînant sur Varsovie, et l’espoir, vite anéanti, de l’intervention de la France et de la Grande Bretagne, laissant les polonais sans défenses, à la merci des bourreaux nazis.

Le carnage dans Varsovie bombardée sans pitié. Des cadavres dans les rues et sous les décombres. L’odeur de la mort et la vision cauchemardesque d’une ville détruite et en flamme.

Le système nazi qui s’impose, les privations, les humiliations, la manipulation. Le début dès l’occupation des mesures de répressions contre les Juifs. L’appréhension de la communauté Juive ainsi que leurs fausses espérances entretenues par les nazis pour mieux réaliser leur horrible projet.

Puis le ghetto. Son horreur connu de tous. Ces tortures physiques et morales incessantes, ces femmes, enfants et vieillards affamés, mourants de faim et de maladies sur les trottoirs. Les rafles et les exécutions sommaires. Survivre en volant, en risquant sa vie à chaque minute. La mort qui plane jour et nuit, des âmes sans repos et tourmentées attendant la prochaine rafle.

Puis la déportation, à laquelle Szpilman évitera grâce à un inconnu qui le sortira in-extrémis de la file de déporté se dirigeant vers les trains de la mort.

Viendra l’errance, l’aide apporté par des résistants, une trahison, la mort qui rôde à chaque seconde, là aussi. L’auteur est dans l’angoisse perpétuelle, à la merci de ses sauveurs. Chaque pas, même dans son refuge, peut lui être fatale. Aucun bruit. Il doit être fantôme. Aucun son ne doit être émis pour le musicien. Silence total.

Après moult péripéties pour Szpilman, la guerre reprendra ses droits. L’armée Rouge est lancée dans une offensive que les allemands ne peuvent stopper. Le ghetto de Varsovie se soulève pour être exterminer quelques semaines plus tard malgré un résistance héroïque. Puis, c’est toute la ville qui se soulève. Lâché par l’armée Rouge, le soulèvement échoue même si les combattants, femmes, hommes et mème enfants se sont battus courageusement et vaillamment.

Dans l’enfer de Varsovie en ruine, Szpilman survit comme il le peut. Traqué par les allemands, les ukrainiens et les lituaniens qui, malgré la défaite, continuent à traquer les Juifs.

De cachettes en cachettes, de taudis en taudis, de décombres en décombres. le froid qui ronge. La faim qui épuise. Le désespoir qui mine. Mais malgré tout une envie et une force insoupçonnée de survivre à l’horreur. Le pianiste, durant tout le livre, est obsédé par ses mains, il ne veut pas les abîmer, espérant survivre à la guerre et continuer à jouer du piano. L’espoir et l’instinct de survie, la peur de l’artiste de perdre les moyens de continuer son art malgré la désolations et la mort qui rôde.

Puis l’aide invraisemblable d’un officier allemand, Wilm Hosenfeld, qui lui trouvera un abris, une cachette, de la nourriture et de quoi se tenir relativement chaud quand tout semble perdu. Wilm Hosenfeld est horrifié par le régime nazi et ses crimes sur des innocents sans défenses. Hosenfeld décidera de sauver le plus de ces innocents possible.

Et viens la libération, en passant encore à deux doigts de la mort, presque tué par les russes. Szpilman retrouve la liberté… sans les siens, morts dans un camp d’extermination.

Si je devais comparer avec le film, je dirai que certains passages du livre ont été supprimés et que le film en a ajouté (inventé ?) d’autres. Je crois que le film n’en reste pas moins fidèle au livre, à un niveau décent.

Il est intéressant de lire le journal du soldat allemand Wilm Hosenfeld en fin d’ouvrage. Un allemand qui dès le début refuse le nazisme. Fervent catholique, il aidera plusieurs Juifs durant son service à Varsovie et dans l’Est.

Szpilman demandera plusieurs fois sa libération du camp soviétique dont son sauveur est prisonnier, mais le régime stalinien refusera. Hosenfeld y mourra.

Szpilman, lui, continuera sa vie, en travaillant comme pianiste, compositeur. Il deviendra un immense artiste dont le travail est aimé et respecté dans la Pologne et l’Europe de l’Est d’après-guerre.

Il ne parlera jamais de ce qu’il a vécu à ses proches. Seul se livre, écrit à la toute fin de la guerre, fera forme de témoignage.

Puissant témoignage de la survie d’un homme contre le monde entier. Le climat et surtout, la folie des Hommes. Nous dévoilant au passage, ce que l’Homme a de pire ET de meilleur en lui. On découvre ainsi avec quel facilité l’Homme se mets à faire le pire, et le courage, l’effort, le risque, nécessaire pour faire le bien.

À gauche, Wilm Hosenfeld. À droite Wladyslaw Szpilman.

Jaskiers