J’accélère

J’accélère. Jamais je n’ai roulée si vite. Je ne ralentie pas, l’environnement n’est plus qu’un immense flou multicolore.

Pied au plancher, j’allume une cigarette. La vitesse et le cancer, plus rien ne m’importe que de rouler. Où ? On verra demain, si j’ai la chance de voir se lever un nouveau soleil.

Je sens la voiture quitter l’asphalte, le temps de quelques millisecondes. Qu’à cela ne tienne, mieux vaut une mort rapide que la vieillesse, refuge des optimistes. Je pourrai accélérer encore plus. Ces routes californiennes déploies leurs miles sur de longues lignes droites. Parfois la mer m’accompagne. Je roule direction le nord, à ce rythme, j’aurai Seattle demain mais avoir un objectif, c’est pour les naïfs. Demain, demain c’est trop loin.

La liberté dans la vitesse. Dans un cercueil d’acier qui avance grâce à de explosions, oui des explosions, nous roulons tous dans un corbillard, nos siège notre bière, la tôle froissée, comme créée des mains d’un Ephaïstos aviné, est notre cercueil.

Promis demain j’accélère encore plus !

Qui de nous deux méritait le plus de vivre ? Qui vit le plus longtemps vit sur le dos des autres, regardes moi, tu n’est plus, j’ai pris ta voiture. Ma seule hantise sera de m’arrêter, je ne pense déjà plus à toi et à ce que je t’ai fais. On récolte ce que l’on sème, cliché pourtant vrai quand on voit comment tu as finis. Est-ce que mourir de la main d’un autre c’est mourir seul ? Qu’importe que l’on meurt en société, moi je voudrais me voir partir, succomber doucement aux ténèbres éternelles, faire la comparaison : vie et trépas, quel sort envier ? Vivre vieux ou mourir jeune ? Si nous vivons plus longtemps dans la mort, je choisis de mourir jeune, je serai déjà plus habitué, pas de temps à perdre, l’éternité nous attends, vivre est une parenthèse loin d’être enchantée. Nous sommes ici pour être punit, j’en suis sûr. Qui peut se targuer d’avoir une vie de bonheur sans une once de malheur ? Voyez, l’éternité n’offre rien que du temps à profusion, la vie n’offre rien qu’une torture perpétuelle ou dés la naissance notre corps est voué à ne plus être, chaque seconde nous dévore. Nous pensons construire un futur, quelque chose qui nous restera après notre passage dans les ténèbres éternels, égoïste ! Rien ne nous ressemble totalement car rien n’est sous notre contrôle total. Peut-être que tout est écrit, prévue, peut-être que notre vie n’est que recommencement. Peut-être que je t’ai tué pour la centaine de milliards de fois, que vous lirez ces mots pour la centaine de milliards de fois. Quand tout recommence ? Quand l’humain s’éteindra, naissance c’est destruction, mort c’est libération.

Je confesse j’en oublie, je longe les côtes, l’océan sur ma gauche, l’humain sur ma droite, le vent droit devant moi, la justice derrière.

Loi humaine, il suffit d’un faux pas pour être endetté par la société, cruelle, mais c’est la loi des Hommes. Plus que d’argent, notre amende est de temps, trop précieux. Temps et liberté, si vous avez ces deux choses, vous êtes chanceux. J’ai eu les deux.

Que le moteur gronde ! À l’arrêt il ronronnait mais maintenant à pleine puissance il rugit. Puissance, la puissance c’est le pouvoir. Et qui a le pouvoir possède tout. Qui a dit cela… ah oui Tony Montana dans Scarface. Oliver Stone est-il un philosophe ?

Ce vent qui fouette mon visage, légèrement frais, j’ai détachée mes cheveux, ils batifolent maintenant, libres eux aussi mais toujours attachés à leurs racines. Comme l’être humain moderne. Qui se dit libre mais reste où il est. Il regrettera sur son lit de mort, mais qui ne mourra pas sans regret ?

Le sel sur mes lèvres. Il me disait qu’elles étaient sucrées, voici maintenant qu’elles sont salées. Les tiennes étaient sans goût. Rien chez toi n’était atypique. Toute ta vie semblait avoir été réglée, chaque situations prévues, parfois au mot près ! Il y a une chose que tu ne pouvais pas contrôler, l’amour. Tu le savais, t’es parents aussi, je n’étais pas femme à marier, je n’étais pas pour toi. La survie du plus fort existe encore, l’exercice a juste pris des nuances différentes. Encore la loi des Hommes, ou des hommes en ce qui nous concerne, nous créatures émettrices d’œstrogènes.

Est-ce que je regrette ? Regret, regret, regret et puis on ne vit plus !

Quand j’ai brandie le calibre, mon bon vieux Smith & Wesson, les regrets, ils y a bien longtemps que je les aies mis de côté.

C’est fou, ils peuvent avoir tout l’argent du monde, quand un calibre les braques, ils sont prêts à tout te donner, avec femmes et enfants si ils en ont.

Je ne t’ai rien réclamé. Tu as jouer, j’ai gagné. Ton gain, tu le ramasses dans ce petit morceau de métal dans ton cerveau.

Mon gain ? Quelques centaines de milliers de dollars, un bon cabriolet avec une lionne en guise de moteur, et les moyens d’arriver à bon port pour la prochaine chasse.

Des amies ? Lesquelles ? Ce n’est que perte de temps pour les gens comme moi. Je me sers, comme dans un restaurant, je picore. Je prends ceux qui m’intéressent. Intérêt, c’est tous ce que vous êtes pour moi. Ne soyez pas hypocrite, vous êtes pareils. Une fois qu’une personne ne peut plus rien nous apporter, nous la laissons sur le côté de la route. Tout n’est que question d’opportunisme. C’est le fonctionnement des relations humaines. Des miennes en tous cas. Je ne ressens aucune peine ni pitié. La culpabilité, c’est pour ceux qui ont le temps de s’apitoyer sur leur sort. Je n’ai jamais compris ces faiblesses humaines, si vous regrettez tant, tuer-vous et laissez la place à nous, les loups et louves. Tous, solitaires mais vivants, regardez nous. Nous sommes les maîtres du monde. Les puissants : chefs d’entreprises, politiques, artistes et j’en passe. C’est nous qui dirigeons le monde, nous qui vous dictons quoi penser, ce qui est bien ou mal, normal ou pas, moral ou amoral. On ne dirige pas avec des valeurs mais avec des décisions. Et ceux qui tranchent dans le vifs sont ceux qui ont le plus de pouvoir. Un jour peut-être vous comprendrez.

C’est incroyable, j’ôte une vie et je roule, libre comme l’air. C’est tellement simple ! Rien à voir avec vos séries télévisées, vos livres, vos films. Ces choses sont faites pour vous garder docile. Nous, les loups et louves, n’avons pas le temps pour ces inepties. Nous prétendons nous intéresser à vos centres d’intérêts mais c’est pour mieux vous cerner mes enfants !

Je roule, j’ai des milliers dans le coffre et pilote un engin qui en coûte autant. Aucune dette. Libre.

Libre, vous devriez essayer. Je croise vos regards, vous m’enviez. Je serai pareil à votre place. Ça se lit dans vos yeux « Les yeux Manny, ils ne mentent jamais », Al Pacino dans Scarface.

Vous avez sûrement oublié d’oser. On ose plus, on s’écrase, on laisse sa place et on vit notre vie par procuration, on regarde des émissions de télé-réalité et des talk-shows pour oublier notre médiocrité. Pardon, pas « notre » médiocrité mais la vôtre !

Travailler pour votre patron qui lui vous dirige depuis son yatch. Après tout, vous êtes à votre place, lui a osé et prit des risques, vous non.

Je suis différent de ceux là aussi. Moi je prends, je prends des vies et leurs fortunes pour disparaître. Sociopathe ? Psychopathe ? Quelle beaux mots ! Vous perdrez trop de temps à vouloir toujours mettre les gens dans des cases. Vous réfléchissez trop ! Il y a les chassés et les chasseurs, ceux qui dégustent et ceux qui mangent les miettes. Prenez place à la table, appuyez-vous sur un malheureux. Dans toute crise, ceux qui n’ont rien paient car ceux qui ont tout les forcent à payer et s’enrichissent. Tout est prévu pour enrichir les riches et appauvrir les pauvres. Statu Quo !

Ceci étant dit, j’accélère. J’ai d’autres hommes à croquer, à escroquer et à tuer. Voyez-vous la liberté à un prix, voici le prix de la mienne, celle d’une vie.

La mienne arrivera à son terme, la cabane ce n’est pas pour moi, je ne me ferai pas prendre par les cow-boys, je ne resterai jamais enfermée. La mort, c’est ça la vraie libération, s’évader par une porte dont on ne peut plus revenir, et surtout, personne ne peut venir vous y chercher.

Rappelez-vous, le monde n’est pas à vous, mais à moi et aux loups. Vous êtes le gibier, payer vos impôts et enrichissez votre patron ! Toute dérogation à cette règle vous mènera dans de terribles soucis. Vous auriez dû être comme moi, visionnaire, égoïste, manipulatrice, tueuse, profiter de chaque faille dans l’armure humaine ! L’adage dit qu’il n’est jamais trop tard mais si, trop tard, vous êtes un moucheron dans la toile d’une araignée qui vous déguste lentement, vous laissant de la force pour vous nourrir, grossir et vous faire dévorer, guérir et rebelote, comme Prométhée. Qu’avez à gagner Prométhée à donner le feu à l’Homme ? Rien ! Tous ce que vous auriez dû faire, vous auriez dû le faire pour vous et vous seul ! Et quand ça coinçait, rien de tel qu’un bon calibre qui crache ce pruneau de mort.

Nous sommes plus présent nous, les sauvages, que vous pouvez le penser. Nous sommes vos voisins, compagnons, amis, femmes, maris, sœurs, frères et même enfants. Tous, nous nous reconnaissons et ne marchons pas sur nos plates bandes. Cela nous prendrait beaucoup trop de ressource pour rien.

Je quitte la Californie à l’instant, la prochaine ville, ma prochaine victime et mon butin. N’oubliez pas, les regrets, gardez les pour votre lit de mort. Et si c’est moi qui vous y allonge, merci de m’avoir laissée vous plumer.

The World (could have been) Yours.

Jaskiers

R.I.P tome 1-Derrick, Je ne survivrai pas à la mort par Gaet’s & Monier

Quatrième de couverture :

Tu veux savoir ce que je fous de mes journées ? Attends un peu que je te raconte. Ça vaut pas un cachou ma vie, mais je suis prêt à parier que tu ne tiendras pas jusqu’au bout.

Ayant vu ce livre sur pas mal de blog et de bon retour, je me suis dis, « pourquoi pas ? »

Le scénario ? Celui d’un homme et de ses collègues dont le métier est de nettoyer les endroits où des personnes sont décédées (crime, suicide ect…). Curiosité malsaine doublée par une quatrième de couverture provocante. J’ai cédé.

Suis-je resté jusqu’au bout ?

C’est l’histoire d’un mec (salut Coluche si tu nous regarde d’en haut) dont le job est de nettoyer les maisons des personnes décédées dans leurs demeures et sans famille.

Il déteste ce travail et va commettre une erreur en essayant de trouver une porte de sortie pour ne plus faire ce métier plus que glauque.

Parlons de glauque. L’ambiance est crade, dégoûtante. Les personnages, les cadavres sont aussi déroutant les uns que les autres. C’est morbide. Des hommes dont le psyché est atteint par leur vie professionnelle atypique. Ou peut-être étaient-ils déjà atteints avant de commencer ce job des plus… révulsants.

Une des premières planches de l’ouvrage. Glauque à souhait. Ça annonce la couleur !

Il faut avoir le cœur bien accroché. Les couleurs portent sur le spectre de la saleté, la poussière, les insectes mangeant les cadavres, la pourriture. Et la misère humaine à son paroxysme, mourrir seul, vieux et souvent dans la misère. Un ouvrage coupe-faim et pas forcément là pour vous donner le moral.

Le dessin est bien sûr excellent.

L’histoire est des plus originale, et les deux artistes l’ont bien développé.

La narration et les dialogues reflètent bien le feeling de types complètement pommés dont le futur semble être aussi morose que leurs gagne-pain.

Je conseil, si vous aimez le glauque, les scénarios originaux et le cœur bien accroché !

Plusieurs tomes sont disponibles, un tome pour chaque employé de cette morbide entreprise, si le coeur vous en dit… enfin si il est toujours à sa place !

Bon courage pour cette lecture cauchemardesque si l’aventure de cette bande de déglinguée vous tente !

Jaskiers

Les plus grands gangsters & criminels – Ça M’intéresse

« Les lois sont semblables aux toiles d’araignées, qui attrapent les petites mouches, mais laissent passer guêpes et frelons » Jonathan Swift

Ils ont défrayé la chronique. Un escroc « vend» la Tour Eiffel, les « notorious » Bonnie et Clyde, les mafias et les gangs, les « pyramides de Ponzi », Jérôme Kerviel, l’enlèvement d’Ingrid Betancourt, tueurs en série, truands, cybercriminels, prédateurs en tous genre. Avec des photos et des illustrations. Une lecture terrifiante qui, je pense, plaira aux amateurs de crimes en tout genre.

Jaskiers

Putain de mort – Michael Herr. La guerre du Vietnam avec les trou-fions

Quatrième de couverture : Sur fond de rock’n’roll, de drogue et d’images fulgurantes, le livre culte de Michael Herr, correspondant d’Esquire au Vietnam, est un des témoignages les plus forts jamais écrits sur la guerre. Voyage halluciné au bout de l’horreur, la fresque monumentale et enragé de celui qui collabora aux scénarios d’Apocalypse Now et de Full Metal Jacket dépeint, dans une langue crue et délirante, l’obscénité et la folie meurtrière des hommes, mais aussi les peurs et le sentiment de gâchis d’une nouvelle « génération perdue ».

« Splendide… Ce livre rend la terreur des combats aussi tangible qu’À l’ouest rien de nouveau. ». Tom Wolfe

Mon avis (si quelqu’un en a à foutre) : La guerre du Vietnam vécus par un correspondant de guerre, sans langue de bois. L’herbe, l’alcool et du Jimi Hendrix pour (essayais d’oublier les amis mort et les cadavres), d’hélicoptères en hélicoptères, de bataille en bataille, de carnage en carnage, de cauchemars en cauchemars. Quel correspondant de guerre se Michael Herr qui réussis à nous faire sentir la terreur ressentie dans ces jungles où la vie peut basculer en quelque secondes. Terriblement bien. L’avant dernier chapitre intitulé Les collègues est un bel hommage à ces correspondants de guerre, notamment Tim Page, qui risquent leurs vies, de leurs propres grès, au grand damne des jeunes soldats américains appelés sans pouvoir refuser. Putain de putain de mort en effet

Jaskiers

Un petit moment à la mare aux canards (avec des mouettes).

#swag #twerk
#flemmedemanger
#changementdheureetdecouleurs
#squad
#quandlapolicearrive
#toujoursunepoursefaireremarquer

C’est tous pour aujourd’hui car 2 minutes après la grêle nous ai tomber dessus. Jaskiers