La panthère des neiges par Sylvain Tesson [Prix Renaudot 2019]

Quatrième de couverture :

– Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur le plateau du Tibet. J’y retourne cet hiver, je t’emmène.

– Qui est-ce ?

– La panthère des neiges. Une ombre magique !

– Je pensais qu’elle avait disparu, dis-je.

– C’est ce qu’elle fait croire.

Sylvain Tesson a notamment publié aux Éditions Gallimard Dans les forêts de Sibérie (prix Médicis essais 2011), Une vie à coucher dehors (Goncourt de la nouvelle 2009) et Sur les chemins noirs.

Quel voyage que d’ouvrir ce livre et quel supplice que de devoir le refermer. Fini ! Plus une seule page, plus un seul paragraphe, plus une seule phrase, plus un seul mot à se mettre sous la dent.

C’est comme un retour de vacance, on est tristes, déprimés mais il nous reste les souvenirs, au moins, avant nous eut la chance de partir. Du moins, grâce aux livres, et pour moi, grâce à Sylvain Tesson.

Écrire un article sur un livre de Tesson n’est pas chose aisée quand on a un vocabulaire qui reste à désirer, un intellect plutôt brouillé.

Je parlerai d’une quête dont Sylvain Tesson n’était pas préparé mentalement. Ce n’est pas tant l’aventure, l’action qui a bousculé Tesson mais l’inactivité, la patience, l’observation et prendre le temps d’apprécier le spectacle de la nature sauvage.

Et bien sûr, cette panthère des neiges qui prends la forme d’une déesse, d’un spectre antique, d’une femme disparue, d’une statue païenne à l’allure hautaine, d’une créature de mythologie que l’Homme ne mériterait pas de regarder en face tant son esprit n’est pas préparé à être bousculé par l’immensité d’un regard, d’une attitude exposant un monde qui garde encore ses mystères. Nous, les Hommes, qui pensons tout connaître.

Saupoudré par des messages écologiques, de critiques sur l’être humain et son comportement, sur la société actuelle et bien sûr, quelque coups de plumes en direction des « meilleurs amis » de Tesson, les chasseurs.

Certains lecteurs ne pourraient pas apprécier ce genre de réflexion, ce n’est pas mon cas bien au contraire. Prêcher un converti !

Je me suis permis de partager quelques extraits que j’ai trouvé importants, j’aurai pu carrément réécrire le livre ici tant l’ouvrage a été plaisant à lire. J’ai choisis ces extraits en essayant de ne pas vous gâcher votre lecture.

Extraits :

Les fidèles [d’un temple bouddhiste] tournaient, attendant que passe cette vie. Parfois s’avancer dans la ronde un groupe de cavaliers du haut-plateau, avec des gueules de Kurt Cobain – surplis de fourrure, Ray-Ban et chapeau de cow-boys -, chevaliers du grand manège morbide.

Un renard s’offrît au soleil, découpé sur l’arête, loin de nous. Revenait-il de la chasse ? À peine mon œil le quitta qu’il s’évanouit. Je ne le revis jamais. Première leçon : les bêtes surgissent sans prémices puis s’évanouissent sans espoir qu’on les retrouve. Il faut bénir leur vision éphémère, la vénérer comme une offrande.

Je rêvais d’une presse quotidienne dévolue aux bêtes. Au lieu de : « Attaque meurtrière pendant le carnaval », on lirait dans les journaux : « Des chèvres bleues gagnent les Kunlun ». On y perdrait en angoisse, on y gagnerait en poésie.

La préhistoire pleurait et chacune de ses larmes était un yack. Leurs ombres disaient : « Nous sommes de la nature, nous ne varions pas, nous sommes d’ici et de toujours. Vous êtes de la culture, plastiques et instables, vous innovez sans cesse, où vous dirigiez-vous ? »

Ainsi, les bêtes surveillent-elles le monde, comme les gargouilles contrôlent la ville, en haut des beffrois. Nous passons à leur pied, ignorants.

L’intelligence de la nature féconde certains êtres sans qu’ils aient accompli d’études. Ce sont des voyants, ils percent les énigmes de l’agencement des choses là où les savants étudient une seule pièce de l’édifice.

Un vrai souverain se contente d’être. Il s’épargne d’agir et se dispense d’apparaître. Son existence fonde son autorité. Le président d’une démocratie, lui, doit se montrer sans cesse, animateur du rond-point.

Rencontrer un animal est une jouvence. L’œil capte un scintillement. La bête est une clef, elle ouvre une porte. Derrière, l’incommunicable.

Au « tout, tout de suite » de l’épilepsie moderne, s’opposait le « sans doute rien, jamais » de l’affût. Ce luxe de passer une journée entière à attendre l’improbable !

En espérant que cet article vous ai plus, difficile comme je l’ai écris plus haut de parler d’un Tesson. Un jour j’avalerai un Beschrelle, pour faire justice à ce genre d’ouvrage.

Quel ironie de lire ce livre dans mon appartement, accompagné des sirènes de pompiers, de SAMU, de polices, de Klaxons et d’alarmes de voitures.

Le silence est un luxe et la patience : une qualité mise à mal par la technologie.

Jaskiers

Dans les geôles de Sibérie par Yoann Barbereau

Quatrième de couverture :

« Cueilli impréparé, j’étais de ces taulards qui font leur entrée dans le monde sans aucun effet personnel. »

Irkoutsk, Sibérie orientale. Yoann Barbereau dirige une Alliance Française depuis plusieurs années. Près du lac Baikal, il cultive passion littéraire et amour de la Russie. Mais un matin de février, sa vie devient un roman, peut-être un film noir. Il est arrêté sous les yeux de sa fille, torturé puis jeté en prison. Dans l’ombre, des hommes ont enclenché une mécanique de destruction, grossière et implacable, elle porte un nom inventé par le KGB : kompromat. Il risque quinze années de camp pour un crime qu’il n’a pas commis. L’heure de l’évasion a sonné…

Un fait étonnant que ce livre écrit par un français, emprisonné en Sibérie, et surtout qui se déroule au début de XXIeme siècle.

Le récit d’une vie qui bascule dans l’enfer sans raison. Yann Barbereau se fait arrêter devant sa fille et sa femme de manière brutale. Pourquoi ? La question le hante. Extrait :

Que diable allais-je foutre dans cette galère ? On m’emmènerait en forêt pour un petit exercice d’intimidation ? Pour m’exécuter ? Mais pour quelle raison ? Au nom de quelle religion obsolète ? Au nom de quels intérêts supérieurs ? Ou alors il s’agirait d’un enlèvement… Ils vont réclamer une rançon ? Improbable. Quelle énorme connerie aurais-je faite ? Qui aurais-je pu offenser récemment ?… Personne… Un politique ? Mais non. Peut-être… Je ne vois pas.

Grand amoureux de la Russie, représentant culturel de la France à Irktousk en Sibérie, il se nourri du froid, de la littérature, des gens et d’amour. Extrait :

Le monde était simple. Devant moi, il y avait l’humanité chaude et minuscule, celle qui fend le cœur. J’étais venu en Sibérie pour ça. Je le croyais.

Trahis par le pays, le gouvernement plutôt, qu’il aimait, il va devoir apprendre à vivre comme un zek argot de russe qui signifie prisonnier. Plus qu’un mot en faite, une condition. Extrait :

« Mais pour ce qui te concerne, silence ! Tu fermes ta gueule. C’est capital. Tu es un zek [prisonnier] ici, c’est-à-dire moins qu’une merde. Nous sommes à la merci de salopards qui peuvent nous frapper, nous torturer, nous mettre plus bas que terre. Ils nous écoutent, ils nous regardent.»

Et vivre, non, survivre en tant que Zek dans une prison de Sibérie en attendant son jugement et son envoie très probable en camps de travail.

Mais que s’est-il passé pour que Yoann finisse dans cette terrible situation. Le FSB, anciennement connu sous le nom de KGB, lui a réservé une petit « surprise », elle s’appelle le Kompromat. Qu’est-ce que ce mot veut dire ? Une contraction russe de Compromis et Dossier. Yoann a été piégé. Pourquoi ? Par qui ? Qui a-t-il offensé ? Quel crime a-t-il commis ? Qui voulait le voir souffrir et mourrir ? Je vous laisse le découvrir dans le livre mais je vous rapporte deux extraits de l’ouvrage décrivant ce qu’est dans le fond et la forme se piège russe du XXIe siècle :

Un homme ayant du savoir-vivre privilégiera le kompromat. C’est une expression du jeu social au début du deuxième millénaire. On travail à la ruine d’une réputation et, dans le même mouvement, on déclenche une procédure judiciaire. Avec les appuis nécessaires, on commandite, on piège, on manipule. L’homme fort peut se débarrasser d’une entreprise concurrente, d’un rival, d’un adversaire politique, il rackette, s’empare du bien d’autrui, aplatit les réfractaires ou se venge ni plus ni moins.

Le kompromat est une mécanique grossière et subtile. La manipulation a beau être criante, un fond de vilénie s’accroche à votre peau. Le prestidigitateur fabrique et lance sa poudre par poignées, il sait pouvoir compter sur quelques faux sages et vrais imbeciles qui répéteront toujours d’un air entendu : « Pas de fumée sans feu. »

Quelqu’un manœuvrait dans l’ombre, et ne faisait pas dans la dentelle. On m’en voulait, et ont le faisait bien voir. Il ne s’agissait pas seulement de m’empêcher de travailler, pas même de m’écarter de la ville ou du pays. On voulait m’enterrer, que j’étouffe sous des tonnes de boue et que j’aille crever en silence dans un camp.

Heureusement, Yoann est plein de ressource, son amour et sa connaissance de la littérature russe, Soljenitsyne, Varlam Chalamov et leurs récits de l’horreur des goulags en tête lui permettront de garder la tête hors de l’eau. Extrait :

Dans un texte sur le monde du crime :

« L’attention des gardiens est toujours moins grande que celle du détenu, nous le savons par Stendhal, qui dit dans La Chartreuse de Parme : ‘Le geôlier pense moins à ses clés que le prisonnier à s’enfuir.’ »

Barbereau s’évade par la lecture et l’écriture. Comme beaucoup, il ne sera jamais seul en présence d’un livre, d’un papier et d’un crayon. Extrait :

La solitude est un bienfait dès lors que l’on dispose de livres, de papier et d’un crayon.

S’évader, l’auteur ne se contentera pas de la lecture et de l’écriture pour cela. Armé de courage, de connaissances et d’alliés russes et de soutiens français (ces derniers donnant une aide plutôt timorée pour la libération d’un compatriote), Yoann réussira, affrontant bien des obstacles et utilisant de subterfuges digne de roman et de film d’espionnage à s’enfuir.

Yoann Barbereau a une plume magnifique. Un amoureux de la littérature russe et française. Le livre n’est pas dénué d’humour, d’amour et de sexe. La vérité a tenu la plume de Yoann, ainsi qu’elle a révélé un talent d’écrivain mélangeant le verbe français avec la culture russe.

Mélange de références d’écrivains et de poètes de l’hexagone et russe, nous avons l’impression, surprenante et désagréable que les récits de Chalamov, Guinsbourg ou autre Soljenitsyne sont encore d’actualités en Russie.

Pays et peuple et culture magnifique, malheureusement plombé par des forces gouvernementales violentes, racistes, homophobique et ploutocratique. L’impression que la Russie est un tableau de maître que les politiques et surtout les oligarques barbouillent sans scrupules.

Jaskiers

Random access photography #2

Another brick in the… door ?

Voici quelques clichés prit durant mes pérégrinations et mon quotidien. Pour changer un peu des livres !

Basilique
Le Calvaire
Roméo, mon fidèle partenaire de lecture, et moi, nous apprêtant à lire une nouvelle inédite d’Ernest Hemingway – La poursuite comme bonheur dans le dernier numéro d’America. Pour la petite histoire, ou la grande, cette nouvelle a été retrouvé par le petit fils d’Hemingway, Sean, l’année dernière !
J’ai profité des soldes ! Je rêvais, vraiment, d’une paire de Timberland, et j’en suis devenu foutrement amoureux ! À moi l’aventure ! (En arrière plan, la boîte du dessus contient tous les livres que je n’ai pas encore lu…)
Jeanne d’Arc et le Soleil qui se prépare à céder sa place à la Lune
Jeanne d’Arc #2
Jeanne d’Arc #3
Quelqu’un sait quel est le nom de cet arbre ?
La basilique avec l’ombre de Jeanne d’Arc projetée.
Une partie de Rouen s’apprête à se coucher.
Roméo en pleine course !
Roméo au milieu de ses fleurs favorites, les Pâquerettes. Il les aiment tellement qu’il les mangent !
Roméo adore les bouchons. Clown ou cochon ?
New-York ? Non Barentin !
Mesdames/Messieurs, permettez moi de vous présenter le Pussy Van. Ce n’est pas le Pussy Wagon de Kill Bill ! Honnêtement, je ne sais pas à quoi il sert. J’ai bien une petite idée mais je la garde pour moi. Sacré Normandie !
Le calme avant…
La tempête !
C’est un débarquement ! On est en Normandie donc ne soyez pas surpris !
Pourquoi les canards aiment montrer leur arrière-train ? Encore une question pour vous !
Et bon appétit bien sûr !
Petit canard tout mignon deviendra fort !
Roméo a couru après quelques canards plus gros que lui ! Et il faisait chaud comme nous pouvons le remarquer !
Couleurs d’été
Je sais qu’il y a des experts en fleurs par ici, une poignée de photos pour vous. Si vous avez le temps, partagez avec nous leurs noms !
La Lune était déjà de sortie !
Des amis d’Edgar Allan Poe nous surveillent. Ils guettent le port du masque et bientôt ils nous demanderont notre pass sanitaire !
Palais des expositions ?
La cathédrale de Rouen. Super original Jaskier ! Ce n’est pas comme si 20 personnes par minutes la photographient aussi !
Bon dimanche à vous les ami(e)s ! Roméo s’endort pendant la lecture, sauf quand je lui lis Croc-Blanc ou L’appel de la forêt de Jack London.

Jaskiers

L’épopée de Christopher McCandless en trois ouvrages

Si il y a une histoire qui a accroché ma curiosité, c’est bien celle là.

Un jeune homme issu d’un milieu aisé décide de tout quitter pour vivre son aventure. Avec comme inspiration Jack London , Guerre et Paix de Tolstoï et les œuvres de Thoreau, la vie devant lui, l’aventure comme présent. La mort pour dernier compagnon de solitude.

Into the Wild par Jon Krakauer

Quatrième de couverture :

Toujours plus loin. Toujours plus seul. Inspiré par ses lectures de Tolstoï et de Thoreau, Christopher McCandless a tout sacrifié à son idéal de pureté et de nature. Après deux années d’errances sur les routes du Sud et de l’Ouest américain, il rencontre son destin (à vingt-quatre ans) au cœur des forêts de l’Alaska. Un parcours telle une étoile filante dans la nuit froide du Grand Nord.

« C’est un voyage à travers une Amérique très petite et très grande, à travers des paysages aussi beaux que les avait rêvés un jeune homme qui prit juste le temps de les atteindre. C’est un voyage absurde et exaltant, qui commence par un geste de folle liberté et s’achève par une mort de haute solitude. Bref, c’est une histoire. Et elle a le mérite et la tristesse d’être vraie. »

Daniele Heymann – Marianne

Qui était Christopher McCandless, AKA Alex Supertramp ?

Pourquoi est-il parti à la conquête de l’Ouest Américain ?

Pourquoi a t’il quitté Atlanta, sa famille, ses amis, pour l’aventure ?

Pourquoi partir, sans le savoir, à sa mort, lui, le très bon élève et travailleur qu’il était ?

La famille et ses secrets l’ont-ils poussé à partir ?

La solitude, c’est se que Chris semblait chercher en premier. Bien qu’il faisait comprendre à ses rencontre de voyage qu’il ne voulait pas de leur amitié, il attirait les gens comme un aimant. Intelligent, éloquent, amical (!) et travailleur, ce sont les termes par lesquelles ceux qui l’ont croisés le décrivent.

Les récits de Jack London dans la tête, la philosophie d’un Thoreau dans l’esprit, il partit pour l’Ouest.

Rencontres, escapades, risques, amitiés et surtout Liberté et Nature.

L’auteur nous présente Christopher grâce à ses proches, aux gens qu’il a rencontré, qui l’ont aidés et aimés. En saupoudrant son récit de ses propres expériences d’alpinismes et d’aventuriers ayant trouvé la mort sur le chemin de leurs espoirs et de leurs rêve, Krakauer essaie de comprendre la mentalité de McCandless, sa motivation, sa philosophie, son but, ses réflexions, sa mentalité. La mort du jeune Christopher semble le hanter, sans qu’il le dise. Pourquoi est-il mort ? Comment ?

Nous suivons avec lui son enquête et ses réflexions sur l’aventure tragique de Alex Supetramp. Jon Krakauer fera un énorme travail de recherche sur les causes de la mort de Chris. Je ne divulguerai pas le fruit de son travail acharné ici. Krakauer a voulu donner au lecteur la possibilité de savoir qui était Chris, pourquoi il était parti, pourquoi l’Alaska, sans jamais l’influencer. Exercice remarquable. À nous de nous faire notre propre avis sur le jeune homme qui finira son aventure dans un bus utilisé comme refuge par les randonneurs, chasseurs, alpinistes et autres aventuriers.

Encore une fois, après avoir été marqué par le récit des miraculés des Andes, j’ai appris que la nature n’avait aucune pitié pour l’Homme. Non prépare, non équipé, non instruit correctement, l’humain ne semble pas pouvoir survivre, seul, en pleine nature.

Cette réflexion est de moi, nous construisons des grattes-ciel, allons dans l’espace, opérons à cœur ouvert. Tous cela, nous le faisons avec succès car nous avons besoin des autres, d’un environnement contrôlé, connus. Sauf que nous sommes loin de tout savoir et de tout comprendre de la nature, de ses lois dures et cruelles.

Quand nous viens le temps d’être seul, face à nous, la tâche semble plus ardu, l’Homme est un animal sociable. Nous avons survécu ensemble.

Mais que se passerait-il si vous, cher(e) lecteur, était plongé à l’instant même au milieu d’une chaîne de montagne, au sommet d’un glacier, sur un radeau au milieu de la mer, au beau milieu d’une dense forêt ?

Pour mon compte, la solitude ne me trouble pas tant que ça, le problème serai la survie. Je n’ai pas les connaissances, ni les techniques et les capacités de survivre dans la nature. J’ai été élevé comme tout occidentaux, je sais remplir un chèque, passer un coup de téléphone, conduire, prendre le bus… Par contre, je n’ai pas appris survivre. Nous n’avons pas appris à survivre dans la nature à l’école car nous sommes censés rentrer dans le moule de la société, être des gens productifs, dans la normale, faire de l’argent de ne pas faire de vague. Sauf que certains ne rentrent pas dans se moule, ou feintent d’y avoir été modelé. Comme je l’ai déjà dis dans de précédents articles, nous sommes qui nous sommes, et n’avons pas à nous excuser de ne pas faire comme Monsieur tout-le-monde.

Je me pose donc la question, sommes-nous perdu face à la nature, quant est-il de notre instinct de survie ?

Sédentarité est devenu synonyme de normalité, nous vivons plus longtemps comme cela, dans de meilleurs conditions, avec plus de sécurité, entouré de nos proches. L’instinct de survie est encagé et poussé en arrière plan de notre cerveau car tout, ou presque, est sous notre contrôle.

Le livre nous rapporte les critiques dont a été la cible Chris après sa mort. Chacun son avis.

Le problème est que nous jugeons trop sévèrement ceux qui préfèrent la solitude, ceux qui préfèrent affronter l’incertitude du lendemain, ceux qui partent pour l’aventure. Nous avons chacun notre chemin, est-il déjà tracé d’avance ? Qui le sait ? Vivons comme nous l’entendons, du moment que personne n’en souffre. Jugeons moins, cherchons à comprendre plus.

Christopher McCandless, posant devant le bus où il mourra de faim.
Christopher posant devant sa caméra pour sa toute dernière photo. Il tient en main sa note d’adieu : J’ai eu une vie heureuse, merci Seigneur. Au revoir et que Dieu vous bénisse tous !
Lettre retrouvée par des randonneurs sur le bus où ils trouveront le corps sans vie de Chris une dizaine de jours après sa mort : Attention possible visiteurs S.O.S J’ai besoin de votre aide. Je suis blessé, près de mourrir, trop faible pour partir d’ici. Je suis tous seul. Ce n’est pas une blague. Au nom de Dieu, s’il vous plaît, restez et sauvez moi. Je suis dehors en train de cueillir des baies pas très loin et je devrai revenir se soir, Merci. Chris McCandless. Août ?

——

Into the wild. L’histoire de mon frère par Carine McCandless

Quatrième de couverture :

Au mois d’avril 1992, Christopher McCandless décide de s’enfuir pour voyager à travers l’Amérique. Pendant deux ans, il va errer avant de s’installer au cœur de l’Alaska. Il ne survivra pas à cette retraite sauvage et mourra seul dans un bus désaffecté. Son aventure, relatée par Jon Krakauer dans Into the Wild, deviendra un best-seller mondial et sera adapté au cinéma par Sean Penn. Plus de vingt ans après la mort de Chris, Carine, sa sœur et sa plus proche confidente, revient sur leur jeunesse dans une famille instable, à l’ombre d’un père manipulateur. Convaincue que seule la vérité permet de dépasser la douleur, elle a choisi de dévoiler ce qui a poussé son frère à se retirer du monde.

« Carine McCandless publie un témoignage bouleversant. » – Anne Seften – Grazia

Préface de Jon Krakauer.

À la lecture de l’introduction, j’ai été surpris. Le livre ne racontera pas que de belles choses, loin de là. Dès l’introduction, nous apprenons que nous allons lire un livre dur, un livre sur la maltraitance et sur la violence au sein d’une famille dont les secrets sont nombreux. Des parents alcoolisés et drogués. Une enfance face à la bêtise du monde adulte, que Carine affrontera avec son grand frère, Christopher.

C’est aussi le combat d’une jeune femme, conseillée par un psychologue de partir le plus vite possible du domicile familial. Un combat pour son indépendance, contre la violence conjugale, contre les malheurs et les défis que lui impose la vie. Jamais elle ne baisse les bras, se battant dans un monde de l’entreprise sexiste, trouvant la force et l’énergie de pardonner pour être trahis presque à chaque fois, surtout, pour révéler la vérité sur le passé douloureux que son frère et elle ont affrontés contre des parents manipulateurs, envieux.

Ce livre est une libération pour Carine, faire éclaté la vérité, sur son enfance et celle de son frère et rechercher le pouvoir de pardonner et de vivre malgré tout.

C’est aussi la rencontre avec le monde du cinéma, avec Sean Penn. Ce sera pour la suite de l’article.

Carine McCandless sur la piste Stampede, menant au fameux bus, emprunté par son frère Christopher lors de son ultime voyage. Source : CarineMcCandless.com
Carine McCandless sur la même chaise où son frère a pris son auto-portrait lors de son aventure. Source : CarineMcCandless.com
Carine McCandless posant devant le bus où son frère vivra et mourra de faim. Elle a créé avec des cailloux le mot « Truth », vérité, en français. Source : CarineMcCandless.com

Extrait :

Si notre mère avait eu davantage confiance en ses capacités, elle aurait pu accomplir n’importe quoi – y compris se rebeller. Malgré tous ses diplômes et son expérience, notre père n’en serait jamais arrivé là sans elle. J’ai appris très tôt à identifier un salaud narcissique et autoritaire, et je me suis juré de ne pas tolérer se genre de comportement quand je serais en âge de donner mon avis.

Into the Wild par Sean Penn

Synopsis

D’après une histoire vraie

Christopher McCandless a 22 ans, de brillant diplôme et une vie qui semble déjà toute tracée. Le jeune homme a pourtant bien d’autres routes dans le sang. Animé par une soif d’absolu et de liberté sans limite, il plaque tout du jour au lendemain pour partir à l’aventure.

Des champs de blé du Dakota aux flots déchaînés du Colorado, en passant par les déserts de Californie, Christopher croise des hommes et des femmes qui façonnent sa vision de la vie.

Au bout du voyage, le choc avec la Nature brute : l’Alaska.

Le film est un bon condensé des deux ouvrages, esthétiquement plus basé sur le livre de Krakauer, mais la voix de Carine, sa sœur nous accompagne au long de son aventure en nous informant, parallèlement à l’aventure de son frère, ses sentiments et ceux de ses parents.

Le film est magnifique, les décors à couper le souffle. Emile Hirsch est impressionnant, sa transformation physique, surtout à la fin, est déroutante tellement la ressemblance est forte. La bande son créé par Eddie Vedder (le frontman de Pearl Jam) ajoute se côté poétique, avec des mélodies typées folk et country.

Le film suit avec scrupules le travail d’enquêteur qu’a fais le journaliste et écrivain Jon Krakauer. Lisez le livre avant, et celui de sa sœur, tout aussi important.

Carine McCandless avec Emile Hirsch, l’acteur qui joue son frère dans le film. Source : CarineMcCandless.com
Jon Krakauer, l’auteur de Into the Wild, Carine McCandless et Sean Penn, réalisateur et scénariste du film. Source : CarineMcCandless.com
Carine McCandless avec Eddie Vedder, du groupe Pearl Jam, qui signe la bande originale du film. Source : CarineMcCandless.com

Je ressors de cet aventure avec Christopher, non pas changé, du moins pas complètement, mais avec une philosophie différente, sur la vie, son sens. La quête de vérité, entamée de manière différente par Christopher et Carine m’a amener à me conforter dans ma position. La vérité quoiqu’il en coûte. Sinon se taire. Qui ne dit mot consent, selon votre philosophie, je dirai qui ne dit mots garde ce qu’il veut garder.

Quel besoin les gens ont d’attendre de nous de nous justifier sur nos choix de vie ? Les chemins sont différents comme les envies. Chaque chemin représente une envie. Cette envie s’explique ou ne s’explique pas. Nous sommes libres. Si ce n’est physiquement, soyons le mentalement.

Que nous restera t-il à la fin, regrets ou comblé ? Chacun ses choix, et que vos vies reflètent vos envies. L’ambition c’est beau comme mot. Qu’il évolue en action est encore plus beau.

Les risques peuvent être énorme, mais chaque jour nous en prenons. Vous mettez votre vie en danger (et celle des autres aussi) rien qu’en conduisant, en traversant la route. Il faut relativiser certes, mais à trop réfléchir on avance pas. Dans votre voiture vous ne pensez pas à l’accident, la pensée est dans un coin de votre tête, mais vous avancez.

Peut-être la vie est-elle pareille. Ne pas trop réfléchir. Ou trouver le juste milieu. Et tant qu’à faire, on est jamais trop vieux pour réaliser un rêve, et se battre pour la vérité, la notre, et l’amour, à partager car au final, l’amour et la base de tout, peut-être le plus puissant atout que l’être humain peut avoir, avec le libre arbitre.

Le lien de fraternité entre Carine et son frère Alexandre et celui de mon propre vécu c’est fait en moi, j’ai compris facilement où voulait en venir Carine. Connaissant son frère mieux que quiconque, elle a décidé de parler en son nom. Son deuil est passé par l’écriture et le cinéma. A t’elle réussis à le faire ? Je ne le sais pas, cela ne nous regarde peut-être pas. En tous cas, le lien fraternel n’a pas été rompu, car Carine semble avoir fais revivre son frère, le monde entier connaît son histoire, il est immortel grâce à elle et à nous.

Une expérience que vous devriez faire. Les fesses sur votre canapé, lisez et regardez. On ne sais pas se que ces œuvres pourraient vous apportez, mais je peux vous dire qu’il chamboulera ne serait-ce qu’un peu votre vie, votre philosophie et votre manière de penser.

On peut braver les lois humaines, mais non résister aux lois de la nature.

Vingt mille lieues sous les mers (1870), Jules Verne

Jaskiers

Le dernier ermite de Michael Finkel

Quatrième de couverture :

En 1986, Christopher Knight, un jeune homme intelligent et timide, décide de quitter la société des hommes pour vivre dans une solitude totale au cœur de la forêt du Maine. Pendant près de trente ans, il ne parlera à personne, fuira tout contact, apprenant à survivre au froid et à la faim grâce à son courage et à son ingéniosité. Pendant toutes ces années aussi, il réussira à s’introduire dans des cottages pour trouver des vêtements, des livres, des piles, de la nourriture… qui lui permettront de traverser sous sa tente les terribles hivers de cette région américaine, jusqu’à son arrestation en 2014.

Michael Finkel a été le seul journaliste auquel Christopher Knight a accepté d’accorder de nombreux entretiens. Un ouvrage qui n’est pas seulement un récit de survie mais qui pose des questions fondamentales sur la solitude et les contrastes de notre société.

J’avais acheté ce livre durant le deuxième confinement, à la fin de l’année dernière. Je m’étais dis qu’il serait intéressant de voir comment un homme avait pu être isolé de tout et de tous durant 27 ans. Et il s’avère que même après cette lecture, finie durant ces temps de déconfinement, se livre m’a beaucoup apporté.

Étant un solitaire, je me suis reconnus dans certains traits de caractères de l’homme, Christopher Knight, l’Ermite. Devenu une légende de son vivant.

Les gens racontaient des histoires sur un homme des bois mystérieux qui volait de la nourriture dans les petits chalets des vacanciers du camp de Pine Tree, au bord du North Pond à l’ouest d’Albion, dans l’état du Maine.

En 27 ans, Christopher Knight, l’ermite du Maine, au nord-est des États-Unis n’a prononcé qu’un seul mot : « Bonjour », à un randonneur passant près de la forêt où il vivait.

Il vivait de petit larcins, de cambriolages, effectués dans les petites cabines des vacanciers. Il volait de la nourriture et des habits, des piles et des batteries de voitures, quelquefois des deodorants et de vieilles consoles de jeux vidéos. Il ne cassait jamais rien, ne volait jamais d’objets précieux. Il n’était jamais armé. Les propriétaires de ces cabines ne l’ont jamais attrapés. Quelques images sur des caméras de surveillances mais rien de plus. Il aura fallu le garde du camps de vacanciers et quelques ami(e)s à lui pour réussir à l’attraper. Pendant 27 ans, il a réussis à échapper à ces hommes et femmes. Malgré les battues, les vacanciers, les randonneurs, personne ne savait qui il était. Ni où il vivait. Son campement n’était pas extrêmement loin des chalets. Même plutôt proche. Mais Knight connaissait par cœur son environnement, il pouvait le faire lors de nuit sans Lune, sans faire un seul bruit. Les types de sols, les branches, il connaissait son environnement comme si il l’avait créé. La nature a créé son environnement, il s’est juste adapté.

L’Homme a une capacité d’adaptation à son environnement incroyable. Chris l’a utilisé avec intelligence pendant plus de deux décennies.

Son camps était extrêmement difficile d’accès aussi bien qu’il était caché. Il y survivra durant les terribles hivers qui s’abattent sur le Maine chaque année.

Le camp de Christopher Knight.

Lire, méditer, construire, voler. Ça vie se résumait à ces quatre mots. Surtout, ne jamais rencontrer d’être humain. Il ne les comprends pas. Il n’est pas méchant, ni violent. Mais les interactions avec autrui étaient trop compliquées pour lui. Certains psychiatres soupçonnent que Chris souffrirai du syndrome autistique, plus précisément d’Asperger. Mais cela ne reste que des suppositions.

Une fois arrêté, en prison, c’est un enfer qu’il affronte, intérieurement, dans son âme. Le bruit, les prisonniers, les gardes, les murs. Il est perdu, inconsolable. Michael Finkel, l’auteur, qui lui rendra plusieurs fois visite, ne croisera que très peu son regard.

Michael est froid, distant, parfois arrogant. Il a une vision bien à lui de la vie. Chaque interaction avec un autre être humain est un supplice.

Après son procès, sa vie changera, il sait qu’il ne pourra jamais retourner dans SES bois. Dans son univers, à lui. Dans son silence. Il se voulait être l’ermite « ultime », il l’a été, de son point de vue, pendant toutes ces années.

Apprendra à vivre avec les autres, travailler, parler à des psychothérapeutes. Autant de défi, pour celui qui n’a prononcer qu’un seul et unique mot pendant 27 ans.

Christopher Knight durant son procès.

J’ai moi même de l’affection pour le silence, c’est rare de nos jours, le silence. C’est un luxe, une rareté. Le bruit est une pollution qui agit grandement sur la santé mentale, pouvant entraîner des problèmes de santés physiques. Pour moi, et pour Christopher Knight aussi, le silence va de pair avec la solitude. Se retrouver face à soi-même peut être terrifiant, mais je pense qu’il faut s’affronter parfois.

J’ai découvert que personnellement, la solitude est presque addictive. Personne pour vous juger, personne pour critiquer ou déranger. Malheureusement, se déconnecter de la société est dangereux, surtout en France où les relations humaines priment. Le contact humain est important en France. Bien sur, il n’y a pas que dans l’hexagone. Mais la France a sa culture, et elle aime le contact.

Certaines personnes devraient comprendre qu’avoir envie d’être seul est aussi normal qu’avoir envie d’être avec le monde. Même, les solitaires sont solitaires et n’ont pas à être jugés comme égoïstes ou égocentriques, comme nous ne jugeons pas négativement les personnes ultra-sociable, être solitaire ne devrait pas être une tare. Nous sommes qui nous sommes, même la science nous le dit. Vivez votre vie comme vous l’entendez, mais ne jugez pas les personnes qui pensent et vivent différemment de vous comme mauvais.

Pas d’enfant, pas de mari/femme, pas de maison ni de voiture à rembourser. Certains veulent vivres comme ils l’entendent, rien ne force à suivre les mêmes routes. Nous sommes libres et certains prennent cette liberté et la bichonne et l’utilise, la polisse comme bon leur semble.

Ne vous engagez à rien avant d’avoir bien réfléchis, si comme moi, ou Chris, votre liberté est le bien le plus précieux que vous avez.

Laissez nous être. Laissez vous vivre.

Le silence est d’or et la parole et d’argent. Comme nous disons en France. Lequel de ces deux métaux est le plus précieux ?

Voici pour vous de nombreux extraits, à méditer, à débattre ou juste à lire.

Extraits :

Après un quart de siècle d’enquêtes décousues, assorties de battues, de survols et de relevés d’empreintes, menées par qu’âtre force de maintien de l’ordre distinctes […] personne n’avait jamais pu découvrir l’identité de l’ermite.

Christopher Knight, pourrait-on avancer, est de toute l’histoire de l’humanité l’être le plus solitaire qu’il nous ait été donné de connaître.

« […] Que le silence intimide, cela me rend perplexe. Pour moi, le silence est normal, confortable. » Plus tard il ajoutait : « J’admets ressentir un peu de mépris envers ceux qui sont incapables de se taire. »

La mousse recouvrant les rochers, mon pied a ripé et le poids de mon sac à dos, bourré de matériel […], m’a fait perdre l’équilibre d’un coup. J’ai roulé-boulé la tête la première, me suis cogné le front contre une roche […] L’une de mes chaussures de marches, pas adaptées à ces bois, s’était déchiquetée. Knight arpentait ces lieux sans arrêt. En silence. Sans se blesser. De nuit. Comment était-ce possible ?

[…] Un marteau arrache-clou presque avalé par un tronc était devenu impossible à retirer, et Terry Hughes [le Shérif] m’a confié que c’était ce marteau, plus que tout le reste, qui lui avait fait comprendre combien de temps l’ermite avait vécu là.

Le désir d’être seuls, ont découvert les biologistes, est en partie génétique et quantifiable, dans une certaine mesure. Si vous présentez de bas niveau d’ocytocine, neuropeptide sécrété par l’hypophyse – parfois qualifiée de principale composante chimique de la sociabilité – et de fortes concentrations d’une hormone, la vasopressine, susceptible de réduire votre besoin d’affection, vous aurez tendance à moins exiger de relations personnelles.

Sa famille n’avait apparement jamais contacté la police au sujet de la disparition de Chris.

Une force qui le dépassait l’avait attiré loin du monde avec toute le persistance de la gravité. Il aura été l’un des solitaires les plus endurants qui soient, et parmi les plus fervents. Christopher Knight était un véritable ermite.

Il souhaitait vivre une solitude inconditionnelle, un exilé dans une île de sa propre création, former la tribu d’un homme seul, sans aucun contact extérieur.

Les saletés qui comptent, les mauvaises bactéries, le virus malfaisant, tout cela se transmet généralement par la toux, les éternuements, les poignées de mains et les baissés. Notre santé et parfois le prix à payer de notre sociabilité. Il s’était placé en quarantaine loin de l’espèce humaine et s’évitait nos dangers biologiques. Il restait d’une santé phénoménale.

La lecture était sa principale forme de divertissement. […] À l’intérieur d’un livre, la vie lui semblait toujours accueillante. Elle ne lui imposait aucune exigence, alors que le monde des relations humaines étaient si complexes.

Les physiologistes pensent que, dans des environnements naturellement silencieux, notre organisme se détend, parce que c’est le cadre dans lequel nous avons longtemps évolué. Nos sens ont mûri dans les prairies et les bois, et restent calibrés sur cette base.

Il a pu se considérer comme l’un des rares individus sains d’esprits qui restent. Il était déconcerté de ce que passer les meilleurs années de sa vie dans le box d’un bureau, de passer des heures, tous les jours, devant un ordinateur, contre de l’argent, soit jugé acceptable, mais que se détendre dans une tente au fond des bois soit la marque d’un être dérangé.

Il renonçait à tout artifice ; il devenait à la fois personne et tout le monde. […] Il existait, simplement, pour l’essentiel, dans un maintenant perpétuel.

Il obéissait à un appel très étrange et demeurait fidèle à lui-même, plus que nous ne l’oserons jamais.

En espérant que ces lignes vous aiderons à comprendre le besoin de certains d’être seuls, d’avoir besoin de silence et d’introspection. De vivre leurs vies comme bon leurs sembles.

Jaskiers

Dead dream society | Poème |

Où êtes vous les hippies pourquoi nous avoir laissé tomber ?

Pour la menue monnaie.

Pensiez vous à nous ? Déjà mort-né ?

Peut-être l’avions nous pensés

Ces plaie ouvertes, seule nous devons les panser.

N’aviez qu’à protester.

Nous l’avons fais !

Et que s’est-il passé ?

Vous nous avez frappé.

Génération de fainéant, drogué faible et pleurnichard !

Comme vous vous l’étiez avant de plier genoux, avares !

Partez donc jeune insolent !

Pas avant de faire de votre monde du chiendent !

Jaskiers

Random access photos

Rouen – Avril 2021
Rouen mi-mai 2021
L’Amérique, la littérature et le polar.
Never enough
Moutons, cotons. Mère nature plus grande artiste.
Roméo prends la pose. Il essaie du moins.
La Normandie, toujours marquée par la culture militaire du dernier conflit mondial.
Buchy – fin mai 2021
Buchy
Buchy
Buchy
Buchy
Buchy
Ernest Noury – Naturaliste (1877-1968)
Ernest Noury – Naturaliste (1877-1968)
Buchy
Buchy
Buchy
Madame Bovary quelqu’un ? -Buchy-
Buchy
Buchy
Buchy
Buchy
Merci aux cousins canadiens ! – Buchy-
Buchy
« – Excusez moi humain, un peu d’intimité, est-ce trop demander ? » -Buchy-
Vous le voyez ? Il roucoulait juste au dessus de ma tête. Cachotier ! – Buchy-
Buchy
Buchy
Buchy

Quelques photographies qui trainaient dans mon téléphone. Je n’est pas la prétention d’être un grand photographe, j’avais juste envie de partager quelques unes de mes photos prises lors de mes balades.

Je découvre la Normandie, petit à petit. Pleine de beautés, d’histoires, de mystères et de talents.

J’espère du moins que ces quelques clichés vous plairont.

Jaskiers

Varúð par Sigur Rós

Varúð par Sigur Rós sur YouTube

J’ai découvert se groupe islandais par hasard après avoir écouté une musique de M83.

J’ai été envoûté par cette musique. L’instrumental d’un autre monde, les voix douces, le rythme qui s’accélère pour finir sur une apothéose liant le tous.

Bien sur, je ne parle pas l’islandais, et bizarrement je n’ai pas envie de regarder la traduction car j’ai envie de garder une part de mystère à cette musique.

Pour ceux qui regarderons le clip, les petits personnages sur la montagne communiquent en morse avec leurs lumières. Je vous laisse découvrir ou faire vos recherches pour savoir de quoi ils parlent !

Tout est dans le mystère.

Crédit photo : NewYorkTimes

Bonne écoute !

Jaskiers

Une petite balade dans mon patelin.

Roméo, 4 mois, prêt pour la petite balade !
Roméo, parti pour l’exploration !
Essayer de faire prendre la pose à un Chihuahua n’est pas aussi simple qu’on pourrai le penser !

Nous sommes partis pour une petite balades durant un bel après midi normand. Du soleil, quelque nuages et bien sur le vent !

Eh bien sur, les masques sur nos ganaches ! #gestesbarrieres

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris de photo et surtout, cela faisait trop longtemps que je n’avais pas posté de photo de mon Chihuahua Roméo qui as maintenant 4 mois et demie. S’est un amour de chien, rempli de fougue, intelligent et n’est pas avare en bisous (en même temps, quand on s’appelle Roméo !).

J’ai pris la décision de prendre des photos des monuments que je trouve très beaux, j’aurai aimé monter près de la statue de Jeanne d’Arc mais l’accès y est interdit depuis plus d’un an maintenant. Pour des raisons que je ne connais pas. La vue sur Rouen y est magnifique.

Monument aux morts
Basilique Notre-Dame de Bonsecours
Ancienne cloches de la basilique. Les gravures dessus sont très intéressantes, malheureusement je n’ai pas pu la prendre en photo sous toutes les coutures car un cimetière se trouve à côté.
Jeanne d’Arc en vue !
Jeanne d’Arc contemplant Rouen.
Jeanne d’Arc veillant sur Rouen
Jeanne d’Arc de trois quart (c’est bien ça?)
Ce n’est pas vraiment une photo que je trouve belle, mais je l’aime bien car on dirait que la statue du soldat tient le drapeau.

J’espère que vous passerez un bon Week end !

Jaskiers

Défense du titre de Ernest Hemingway

Quatrième de couverture :

« J’ai commencé en douceur, avec une victoire sur M. Tourgueniev. Après un entraînement intensif, j’ai envoyé M. de Maupassant au tapis. J’ai livré deux rounds contre M. Stendhal, avec un léger avantage pour moi dans le second. Mais personne ne me fera monter sur le ring pour me mesurer avec M. Tolstoï. Il faudrai que je sois devenu fou ou que je passe une fois pour toutes dans la catégorie supérieure. »

Tout Hemingway est dans ce trait ; pour lui, la passion de la littérature n’est en rien séparable de la vie aventureuse qu’il a mené, car elle tient à la fois de la boxe et de la tauromachie, de la chasse au lion et de la pêche à l’espadon. Mais sous le côté hâbleur, c’est un homme finalement plutôt ironique à l’égard de lui-même que nous livrent ces trente-huit entretiens, publiés entre 1919 et 1965 pour le compte de divers journaux américains, et qui tracent, comme en pointillé, l’autobiographie intellectuelle d’un écrivain devenu presque une légende de son vivant.

Avant de commencer cet article, j’ai trouvé dans se livre, acheté d’occasion, cette belle carte postale qui semble représenter une feria dans les rues de Pampelune. Je ne sais pas si elle appartient à l’ancien propriétaire du livre ou si le libraire qui me l’as expédié l’a mis dedans comme un petit bonus. La tauromachie était la plus grande passion d’Hemingway, ainsi que l’Espagne.

Si vous connaissez l’espagnole, pourriez vous traduire ce qu’il y a de marqué ? Merci d’avance si vous le pouvez !
L’envers de la carte postale.

L’ouvrage est relativement court, mais truffé de magnifique leçon que l’écrivain souhaitait distiller dans ses interviews, même si il détestait se faire interviewer.

L’ouvrage se concentre beaucoup sur les années 50.

J’ai choisi plusieurs extraits et phrases mais les choix ont été difficiles. Il y avait tellement de phrases magnifiques que j’avais envie de partager avec vous, mais j’ai dû me réfréner car j’espère qu’un jour vous aurez le plaisir de le lire.

Même si j’ai noté plus haut qu’il détestait les interviews, il semble vouloir partager sa passion de l’écriture, son art, l’artisanat, l’alchimie comme il le décrit souvent. Certains journalistes le disaient timide, peut-être, certains disaient qu’il rechignait de parler de ses collègues, ami(e)s ou ennemi(e)s, écrivain, cela peut s’avérer vrai. Car quand il daigne parler d’eux, des mots crus qui pour moi son une certaine preuve de décontenance envers ses connaissances. Ne sachant pas comment répondre à ces questions il attaque.

« Pour me donner des coups, la vie, le plus souvent ne m’a pas demandé mon avis » – Ernest Hemingway

En parlant d’attaque, comme écrit sur la quatrième de couverture du livre, Hemingway parle beaucoup en terme de combat, de lutte, il rapporte et s’exprime avec maintes comparaisons à la violence, physique. Ernest ne croyait pas à la psychiatrie. Un jour qu’il rencontra Ava Gardner, la célèbre actrice américaine, cette dernière lui confia qu’elle voyait un psychologue et demanda à Hemingway comment lui pouvait faire sans. Il répondit que pour lui, son psychiatre était une machine à écrire Smith-Corona (s’il vous plaît, pas de mention du virus, ceci est une vraie et bonne marque de machine à écrire).

« – La machine à écrire… elle change le plomb en or, murmura Hemingway. »

Un superbe article relate l’échange entre Hemingway et un apprenti écrivain. Ernest y donne ses méthodes, ses règles, sa vision, sa technique pour écrire. L’article se déroule comme un dialogue et est une mine d’or pour tous ceux qui s’intéressent à l’écriture et/ou s’intéressent à Hemingway et à son processus créatif.

L’article où il prédit l’attaque de Pearl Harbor

Je pense que les journalistes et lecteurs se posent encore trop de question sur Ernest Hemingway, et je crois que les réponses ne tienne qu’à une seule réponse : tout est dans l’écriture. Comme il le fait remarquer dans son discours lors de la réception de son prix Nobel : « Je suis un écrivain et je vous parle depuis trop longtemps. Plutôt que d’exprimer mes pensées à hautes voix, nous devrions toujours prendre la plume. »

Extrait 1 :

Tous les jours, à sept heures du matin, je suis au travail et je m’y tiens jusqu’au début de l’après-midi. Ma première tâche consiste à relire ce qui précède, de façon à me replonger dans le récit avant de prendre une page blanche. J’aligne les mots l’un après l’autre, avec autant de soi qu’un maçon disposant ses briques, à la main, toujours. J’ai bien essayé des techniques d’écriture rapide en repoussant à plus tard le travail de mise en forme, mais comment savoir où est la place du roman dans le chaos qui s’installe inévitablement ?

Extrait 2 :

« Le premier devoir de l’écrivain est la sincérité. Brasseur de fiction, le romancier doit puiser ses sujets dans sa propre expérience. Non pour offrir une photographie banale de la vie, sombrer dans le réalisme, mais pour faire preuve de hardiesse tout en étant fidèle à ce qu’il sait de la réalité. Être original, pour un écrivain, c’est être soi-même. »

Jaskiers