
Inspirée par Fahrenheit 451 de Ray Bradbury
La jungle n’est pas douce avec l’être humain, et vice-versa.
C’est peut-être pourquoi Damon court à en perdre perdre haleine. La sueur dégouline sur son front, elle lui brûle les yeux, mais il doit continuer à courir.
Ses grosses chaussures de randonnées sont à la fois une bénédiction et une tare. Robustes et étanches, elles sont faites pour les terrains difficiles. Mais elles sont lourdes, courir n’est point aisé, et encore moins pour se mouvoir rapidement et éviter les obstacles.
Damon a déjà mordu plusieurs fois la poussière en se prenant les pieds dans des racines et autres obstacles cachés. En pleine fuite, il est risqué de s’arrêter pour voir dans quoi vous avez butté. Surtout dans la jungle. Des racines, oui, sûrement, mais la pensée d’avoir heurté un animal et d’être poursuivie par ce dernier terrifiait Damon. Cela ne l’aida pas à fournir encore plus d’effort pour sa fuite, l’adrénaline ne peut insuffler qu’une dose très limitée dans le corps, même si ce dernier voudrait en recevoir plus pour assurer sa survie.
Mais notre homme court déjà pour s’échapper du limier, tout ça pour avoir gardé « 50 nuances de Grey » dans son appartement. De tous les livres qu’il aurait pu cacher, la détention d’ouvrage littéraire sous toutes forme étant illégale, et sévèrement réprimé par le gouvernement, il a choisi ce livre par pure curiosité, mais aussi pour rire avec sa petite amie.
Cette dernière, il évitait d’y penser. Elle devait être en détention en ce moment même, interrogée et poussée vivement à dénoncer son petit ami aux autorités, sous la menace d’une peine de prison doublé de travail forcé pour elle et sa famille. Il ne lui en veut pas, ne lui en voudrait jamais. Il s’est lui-même mis dans cette situation, ce n’est pas à elle de payer pour sa fantaisie stupide.
Et de toute façon, la chasse est ouverte, la machine au corps de lévrier afghan, avec une tête plus large que le reste du corps, comme celui d’un python, équipé de radar, de caméra de tout type, est à sa poursuite.
Les robots sont devenus la nouvelle norme, le gouvernement et l’humanité toute entière leur ont laissé la place. Dans le domaine policier et militaire, les résultats sont terrifiants. On ne compte plus les morts d’innocents, il y en a trop. Plus d’innocents sont tués que de coupable. Vous pensez vraiment que l’Homme ne pouvait faire pire ? Voici pour vous les robots.
Crime contre l’humanité ? Un robot programmé pour tuer n’est pas très bavard en face d’un juge. Personne n’est puni, on se tait, on obéi. Si vous avez été tué, c’est de votre faute. Si vous étiez innocent ? On ne casse pas d’omelette sans casser des œufs. Et puis, s’il le fallait, le gouvernement fabriquerait des preuves, faisant de vous un employé modèle doublé d’un leader d’une cellule terroriste consistant à kidnapper les chiens de vos voisins pour les mener à la guerre contre la modernisation. Et vos voisins, proches et familles y croiraient, ils y seraient forcés.
Damon s’était échappé à temps pour ne pas être cueillie directement… la suite est une autre affaire.
Jaskiers
