Wild Horses par The Rolling Stones

Wild Horses par The Rolling Stones sur YouTube

Laissez moi accompagné votre écoute par un petit texte, écrit à la va-vite.

Il y a de cela plus de 10 ans.

Mon père se garé à côté d’une grande maison, perdu dans la campagne bourbonnaise. Des vieux amis à lui, qu’il m’a dis. Mais nous n’étions pas là pour leurs rendre visite. Nous avions besoin de passer à travers leurs champs, pour arriver à notre destination. En faite, nous étions venus pour pêcher. Le goujon.

La barrière du champs était « ouverte », plutôt qu’ouverture on devrais parler d’une petite faille dans le système de barbelé un peu archaïque, avec nos cannes à pêche, nos seaux, nos casse-croûtes, nos caisses à équipement, nos bottes et la gadoue, c’était sportif ! Nous aurions dis des trou-fions ayant déserté le champs de bataille pas couardise, déterminé à rentrer au bercail le plus vite possible.

Une fois dans l’immense champs, nous nous dirigions vers une petit rivière, qui prenait sa source dans l’Allier, enfin je crois.

Arrives à la limite du champs, ils nous fallait descendre une petite berge, assez abrupte, composée d’arbustes, de cailloux, de racines et de sable. Là aussi, c’était sportif, soit on tenez l’équilibre, soit on tomber sur le cul, et on se laissez glisser jusqu’à un petit banc de sable.

Arrivés sur notre petite bande de plage, la rivière ! Pas très profonde, heureusement d’ailleurs si vous voulez pêcher le goujon.

Après avoir préparé nos gaules, mis nos petits vers pour hameçons, réglé les plombs et la hauteur des bouchons, nous rentrâmes dans l’eau.

La rivière n’était pas large, pas profonde, mais son débit était assez surprenant. Nous marchions à contre-courant, avec mon père qui me disait de faire attention aux trous d’eaux qui avaient failli noyer un de mes oncles il y a quelque décennies de cela.

Marcher à contre-courant contre Mère nature est une petite expérience. Nous comprenions la force de celle-ci et les pièges qu’elles recélait.

Pour pêcher le goujon, il faut battre le fond de la rivière avec vos pieds. Faire du remous, cela les attirent. C’est une belle vision, de regarder à vos pieds l’eau clair devenir marrons, vos pieds sont comme entouré d’une épaisse fumée marron, dans l’eau ! Comme une petite éruption de poussière volcanique. Et puis vous sentez les petits poissons grouillez autour de vos mollets. Même avec mes bottes, ces petites créatures arrivaient à se faire remarquer.

Ma ligne lancée, un petit poisson ne perdit pas de temps pour mordre. À la vue de mon bouchon coulant, je redressais ma canne. Mon premier goujon de l’après-midi ! Ce ne sera pas le dernier.

Après avoir attrapé un de ces petits poissons, il vous faut la mettre dans la bourriche. Cela nécessite une certaine dextérité car le petit poisson est vif, une fois délicatement retiré de l’hameçon, le petit chenapan est glissant. Vos mains mouillées n’aidant pas !

Le soleil tapait, je ne suis pas du genre à mettre une casquette, je suis de ces gens qui ne supportent pas d’avoir quelque chose sur la tête.

Les arbres et leurs racines qui dépassent de la berge me faisaient penser à des gros serpents immobiles, se reposant dans le frais de la terre, pas loin, quelques roseaux se mouvaient aux grès des caprices du vent, je cherchais inconsciemment des coquillages sur les petits bancs de sables (il n’y en avait pas évidemment). Quelques oiseaux virevoltaient, leurs ombres se reflétaient sur les eaux de la rivière de manière saccadée à cause des ondulations de l’eau. Se reflétait aussi le soleil dans la rivière maintenant mouvementée à cause de cette danse rituelle bizarre pour attirer les poissons. Des libellules bleutées ou vertes, dont les corps longitudinal rayonnés au soleil comme si elles avaient été polis, tournoyaient avec cette légèreté qui me fais encore penser à des hélicoptères, des mouches venants se poser sur votre visage le temps d’une seconde avant d’être chassées par un mouvement brusque de l’une de votre mains, le bruit de l’eau s’écoulant tout autour de vous, qui percute des petits rochers, l’odeur de l’herbe mouillée, de votre transpiration, du poisson, des arbres, ces géants qui semblent vouloir garder pour eux seuls le secret de cette rivière des yeux humains.

Moi, je savais que j’allai ressortir bronzé de cette pêche. Et que le soir arrivé, ma grand-mère préparerait les goujons, comme elle en avait le secret, avec du sel et du beurre. Je mangerai le fruit de notre labeur en moins de 10 minutes. Et je serai heureux de cette journée.

Deux heures passèrent, nous avions eu une pêche décente, parfois, même en faisant le plus de battage possible dans l’eau, rien ou peu ne mordait. Mais c’était un jour prolifique ! Il fallait maintenant rebrousser chemin, mettre les poissons en sécurité, replier et ranger le matériel.

Remonter la berge était une petite bataille réservé par Mère nature. Il faut payer de sa personne pour prendre quelque chose d’elle. S’accrocher à une racine, mettre son pied sur une pierre en priant que cette dernière soit bien encastrées dans la terre, s’accrocher à une touffe d’herbe, planter la pointe des pieds, presque comme un alpiniste.

Après maints efforts, nous y sommes arrivés, non sans nous être décoré d’un peu de crasse et écorché les genoux. Le soleil avait déjà commencé son déclin, il nous fallait retraverser le champs.

C’est en contant notre pêche que je sentis le sol vibrer sous mes pas. J’ai pensé à un tremblement de terre, bien que je sache qu’en France, les plaques tectoniques n’étaient pas vraiment actives, merci à nos chaînes de montagnes !

Il me fallut tourner la tête pour voir 6 cheveux, certains noirs, d’autres marrons, galloper dans notre direction.

Cher(e) lecteur/lectrice, je n’avais jamais vu de chevaux galloper, encore moins sentis la puissance de leurs muscles et de leurs sabots marteler le sol, ni le bruit que fait leurs courses, comme un grondement constant d’un orage qui approche.

J’étais fasciné autant qu’effrayer ! Mon père sûrement de même, car nous nous mîmes à courir, avec nos bras pleins de matériels, suants, les pieds dans l’herbe inégale et la boue. Une caméra nous aurait filmé, vous auriez vu deux guignols, les bras écartés, gueulant, à deux doigts de trébucher à chaque pas, les yeux pleins de peurs avec en arrière-plan, une bande de chevaux arrivant à pleine vitesse, leurs sabots arrachants des mottes d’herbes et de terres sans rien pour les arrêter.

La barrière menant au salut était loin, des matadors incongrus dans un immense pré avec comme Toro des immenses équidés. La bataille était perdue d’avance pour nous. Ils allaient nous rattraper, nous étions épuisés. D’un commun accord, nous nous arrêtâmes, regardant derrière nous ces chevaux sans cavalier.

Par chance ils s’arrêtèrent eux aussi ! Bien sur, ils n’étaient pas sauvages, comme dans la chanson, ils étaient juste curieux de voir deux blancs becs sur leurs territoires. Ils nous regardaient, un ou deux hennissaient comme pour dire : « Hey les mecs, c’est juste deux humains qui sentent le poisson, retournons brouter, le dernier arrivé est un âne bâté ! »

Nous avancions maintenant en marche arrière, une question me taraudait l’esprit, je dis donc à mon père :

« – Tu savais qu’ils avaient des chevaux tes amis ?

⁃ Nan ! Ils ne m’en avaient jamais parlés !

⁃ Comment on a fais pour ne pas les voir à l’aller ?

⁃ J’y connais rien aux chevaux !

⁃ Moi non plus figure toi ! ».

Nous arrivâmes finalement à destination, la barrière, plutôt des barbelés, fixés à des poteaux de bois plutôt rudimentaires.

« – Hey pa’, si les chevaux le voulaient, ils pourraient facilement passer à travers ces barrières, ils ont pas peur tes amis ?!

⁃ Ils bougent plus, les bêtes savent ce qui est bon pour eux, ils ne sortiront pas à l’aventure comme ça.

⁃ En tous cas, ils feraient de bon chiens de garde !

⁃ Ou des bons gardes-pêches ! »

Une fois rangé le matériel et notre pêche dans le coffre, nous fîmes demi-tour, en étant, bien sûr, à deux doigts de nous embourber en faisant marche arrière avec notre petite voiture pas du tout tout-terrain. Je savais que les chevaux nous regardaient et se disaient : « Mais quelle chose bizarre que ces humains ! ».

Pourquoi cette histoire ?

Le titre de la musique : Wild Horses en français, chevaux sauvages. Et ces paroles sur la douleur d’une rupture avec un être aimé. Et ces dures paroles :

Wild horses

Couldn’t drag me away

Wild, wild horses

Couldn’t drag me away

I watched you suffer

A dull aching pain

Now you’ve decided

To show me the same

No sweeping exit

Or offstage lines

Could make me feel bitter

Or treat you unkind

Je dédie se texte à mon père. Et me permet un petit clin d’œil a la magnifique nouvelle d’Hemingway : La grande rivière au cœur double qui m’a inspiré pour écrire cette histoire vraie.

Jaskiers

La guerre et après… par Pauline Maucort

Quatrième de couverture :

En Afghanistan, un tireur d’élite abat un homme. Trois mois plus tard, en France, son visage revient le hanter. Il commence à lui parler.

Un officier psychologue rapatrie contre son gré un soldat dont les mains tremblent si fort qu’elles n’arrivent plus à tenir un fusil.

Un caporal infirmier soigne la blessure par balle d’un Afghan sur lequel il pense avoir tiré la veille.

Un sergent maître chien démissionne et se forme au massage aux pierres chaudes et aux bols tibétains pour répandre la paix dans le monde.

Pendant ce temps, un caporal-chef enfile ses gants blancs. Il va rendre visite aux familles et leurs annoncer que leurs maris et fils sont décédés.

Dans La guerre et après… neuf militaires français racontent leurs missions en Afghanistan, au Mali et en Centrafrique. Ce qu’ils ont fait, ils n’ont jamais osé le dire à personne. S’ils acceptent de témoigner ici, c’est pour rendre hommage à leurs camarades morts au combat. Donner du sens à ce qu’ils ont enduré et partager les questions qu’ils se posent sur l’existence.

Ce livre raconte ce que font les militaires français en notre nom, nous, dont le quotidien n’est plus fait de guerre. De l’aventure, des tragédies, des histoires d’amour, de camaraderies, des trahisons, du sexe et des larmes. La guerre révèle les recoins les plus inavouables de l’âme humaine.

Pauline Maucort est journaliste (France Culture, RFI). Depuis 2008, elle s’intéresse aux traces que laisse la guerre sur ceux qui la font. Elle est l’auteure de documentaires, reportages et fictions radiophoniques diffusés dans Sur les Docks, Les Pieds sur Terre, Une vie une œuvre, et La Vie Moderne (France Culture).

Ce livre m’a été conseillé par Guillaume Ancel, quand je lui ai demandé se que pouvait ressentir un soldat après avoir été sur un théâtre de guerre. Comment revenir à la vie civile, comment vivre avec l’horreur, comment vivre avec le fait d’avoir tiré sur d’autres êtres humains et de se faire tirer dessus ? Comment retrouvent-ils une vie normale ? Le peuvent-ils ? Comment les civiles se comportent avec eux, quelles sont les questions les plus dures qu’ils aient à affronter de la part de leurs concitoyens qui n’ont pas vécus de conflit ? Peut-on reprendre ne serait-ce qu’un semblant de vie normale ?

En Amérique, on parle beaucoup des vétérans, souvent en proie au syndrome de stress post-traumatique. Souvent laisser sur le côté, beaucoup de vétérans américains finissent alcooliques, drogués, sans domicile fixe. Catégorisés comme des Bad boys, leurs réputations de soldats les précèdent dans leurs retour à la vie civile.

En France, je n’ai JAMAIS entendu parler des vétérans. Que ce soit dans les médias ou autre, leurs sorts ne semblent pas inquiéter, ou préoccuper, la population. Le tabou de la santé mentale en France est toujours présent, mais c’est silence total à propos des soldats revenant traumatisés. Jamais les médias ne semblent leurs donner la parole. L’introduction de Pauline Maucort apporte une très intéressante information : l’armée recrute. Pourquoi laisser la parole aux vétérans quand on peux projeter à la télé et sur internet des publicités à l’esthétique hollywoodienne ?

Si vous lisez le blog de Guillaume Ancel, ou l’un de ses ouvrages, vous savez que l’armée conseille aux vétérans de « fermez leurs gueules ». Et à quel point il est difficile de parler des expériences vécues sur les théâtres de guerre aux civiles. Soit ces derniers ne veulent pas écouter, soit ils cherchent à savoir les détails morbides, des questions déplacées. Cet ouvrage confirme ses dires.

J’avais comme projet d’écrire plusieurs nouvelles sur se thème, avec différents théâtres de guerre et différentes expériences, portant sur le trauma d’après-guerre. L’exercice s’annonce pour l’instant beaucoup trop difficile pour moi. Même si j’ai entrepris l’écriture d’une nouvelle, en anglais, ayant pour sujet la guerre dans le Pacifique. Il me faut en savoir plus, et surtout, quant on écris, de savoir la vérité, et de le poser sur papier. De ne pas d’auto-censurer, ne pas se trahir sois-mème, ni le lecteur. Jamais. Un projet qui ne vera peut-être pas le jour.

C’est avec ces questions et ces projets que j’ai ouvert le livre de Pauline Maucort.

J’ai décidé d’écrire cette article avec quelques extraits glanés dans l’ouvrage (avec l’autorisation de l’auteure). Je vous retrouve après ces extraits, qui répondent à mes questions posées en début d’article :

Extraits (ces témoignages proviennent de différentes personnes. De différents soldats. J’ai omis volontairement d’indiquer qui témoignait pour vous laissez découvrir par vous-même) :

[…] les Français nous ignorent complètement. Les politiques nous envoient en mission à droite, à gauche, on obéi consciencieusement, dans l’indifférence générale. C’est peut-être ça le plus douloureux, ce sentiment d’aller au carton pour défendre des gens qui n’en ont rien à foutre de ta gueule.

On tirait dans la direction d’où venaient les coups de feu. Je crois que je n’aurai pas aimé devoir tirer sur quelqu’un. Je veux dire, voir la personne sur qui je tirais. Viser quelqu’un, le voir et tirer, c’est chaud quand même.

Au début c’était toutes les nuits, avec le temps les cauchemars se sont espacés. Deux fois par semaine, puis des trêves pendant plusieurs mois. Ils reviennent quand je traverse des moments de mélancolie.

Je dors, jusqu’à ce que mon sommeil se change en sang.

Le psy m’a dit que c’était important de l’écrire, c’est une façon d’en parler. Il faut parler de la guerre. Des événements comme ça, c’est pas anodins pour le psychisme, dans notre société, ça crée des décalages. Alors en mettant des mots, je construit des ponts entre notre cerveau et le monde.

Si tu savais… La guerre, c’est pas ce que tu crois. C’est avant tout l’attente. L’ennui à t’en donner la nausée.

Quand tu reviens, t’es comme un con : la vie des autres a continué, mais la tienne, où est-elle ? Tu réalise que t’es que dalle. […] Les parents et toi, vous me demandez de raconter ce que j’ai vécu, mais je n’ai pas envie. […] Le risque, si je commence l’histoire, c’est que j’arrive au moment où il faudra raconter ces trucs que personne ne veut entendre. […] Je préfère me taire, dans ma bulle, c’est plus simple. Parfois je me demande si je vais bien. C’est quoi allez bien ? Je ne ressens plus rien.

Je viens d’expérimenter la règle : ne jamais partager avec des proches ces moments si intense du combat, pourtant essentiels pour nous. Il doivent rester entre nous. Pour le bien de tous.

[…] Première fois de ma vie qu’un gars me tire dessus volontairement. C’est seulement en écrivant ces mots que la peur arrive et me submerge.

Je suis changé. Où est-ce la vie qui a changé pendant mon absence ? Je ne me reconnais pas, je ne suis pas patient. La violence est en moi, elle a besoin de sortir. […] La vie quotidienne en couple me rend dingue.

Les médecins étaient formels, j’étais diagnostiqué syndrome de stress post-traumatique. Mais le conseiller [de l’assurance] n’en démordait pas, je n’avais pas de blessure physique, je devais m’estimer heureux, j’avais des camarades qui revenait amputés, handicapés à vie. À quelle indemnisation pouvais-je prétendre ?

Quand c’est pas avec mes filles, c’est au boulot qu’ils me harcèlent, les flashs. […] Si il n’y avait pas mes filles, ça ne me dérangerait pas de m’ôter la vie. Ce serait tellement simple. Léger, efficace, rapide. J’y pense quand elles ne m’appellent pas. Quand je me demande je suis quoi sur cette terre, je sers à quoi ?

[…] on est les premiers exposés aux tirs des insurgés, on en crève, pour des salaires de misère, pendant que les grands patrons, payés cinq ou dix fois plus, restent planqués. C’est nous qui faisons les frais de leurs décisions à la con. Ou plutôt de leur indécision.

J’ai ôté la vie à un père de famille. Je ne peux en parler à personne. Ça tourne en boucle. Ça me ronge le sommeil.

Quand je suis rentré, quelque chose s’est brisé en moi. J’étais heureux de revoir ma compagne et mes enfants, mais j’avais changé, et je craignais que cela ne se voie. En France, je subis le système. La vie me pèse. Je me retrouve seul.

[…] une porte qui claque, je sursaute et je me plaque au sol, la tête dans les épaules, c’est automatique. Une bouffée de chaleur m’envahît.

Avant notre départ [pour la France], le général P., commandant des forces spéciales, nous avait rassemblés pour donner des consignes : interdiction formelle de parler à quiconque, encore moins à un journaliste. On devait fermer nos gueules, ce qui se passait là-bas devait rester là-bas.

La colère que je ne pouvais pas envoyer contre mes supérieurs, c’est mon fils aîné qui se l’est prise en pleine face. Il est devenu mon punching-ball.

Ce que j’ai découvert, c’est que la sacro-sainte légende des Frères d’armes n’est bien qu’une légende. Je l’avais déjà remarqué dans le livre de Norman Mailer : Les nus et les morts, je l’avais d’ailleurs écris dans mon article.

Bien sur, on se protège entre soldats, entre amis, mais se cercle est réduit à votre unité.

J’ai aussi appris à quel point l’armée française était pauvre. Elle n’a pas les moyens de « rivaliser » avec l’armée américaine, bien sur, les US ont un budget défense colossal comparé aux français. L’armée française. c’est la débrouille. On vole, on chaparde, on a pas les moyens…

Appris aussi la violence dont sont capable les officiers, déchaînants leurs frustrations à coups de claques et de poings sur les soldats du rang.

Le sexisme, la misogynie dans les rangs de l’armée française est omniprésente. Il est bien plus difficile d’être une femme soldat qu’un homme. Leurs parcours dans l’armée est miné par les soldats masculins, les officiers, les commandants, les « hauts gradés ». Une femme soldat dans l’armée française est en guerre, avec l’ennemi ET avec sa propre armée. Le témoignage d’une de ces femmes, présenté dans le livre, est extrêmement choquant et troublant. Honteux aussi il faut le dire. Une chose que j’ai appris, bien que je me doutais que le microcosme de l’armée n’acceptait qu’avec beaucoup de réticences les femmes. À lire pour comprendre à quelle point les femmes doivent se battre pour s’imposer dans l’univers militaire.

J’ai regardé ma dose de documentaire sur l’armée française, la Légion Étrangère ect… et j’ai découvert à quel point ces documentaires étaient édulcorés. Nous apprenons plus à lire se livre qu’à regarder ces documentaires qui ne montre que très peu de la réalité des légionnaires, sur le terrain, en France et après.

Le livre aborde aussi un sujet que je n’avais, pour le coup, jamais pensé : le sexe. Sujet tabou, dans le civil oui, mais dans l’armée ? Jamais se sujet ne m’avait traversé l’esprit. Et c’est un sujet qui s’avère important. Tant pour les hommes, que pour les femmes engagés.

Même si j’ai échangé avec Pauline Maucort, je vais donner mon avis, franc et sincère, comme je l’ai fais avec l’ouvrage de Guillaume Ancel, je ne mentirai pas.

Le livre est excellent. J’ai beaucoup lu de témoignage, de journal de guerre, de toute les époques. Depuis longtemps j’étais à la recherche d’un livre sur le retour des vétérans, la vie après la guerre. Le livre tombe pile dans ce que je recherchais, c’est à dire que deviennent nos militaires, qui sont encore présents sur de nombreux théâtres de guerre à l’heure où j’écris ces lignes, quand ils rentrent chez eux, dans le silence, après des mois de tensions intenses, physiques, psychiques et émotionnelles ? Le corps et « l’esprit » sont des éponges, notre inconscient enregistre des milliers de données à la seconde, rien qu’en lisant ces lignes. Imaginez donc se qu’il enregistre lors de situations de dangers extrêmes. Tous les soldats dans le livre font face à de terribles cauchemars, l’inconscient se déchaîne, le corps a trop enduré, lui aussi a une mémoire. Et ces hommes et femmes sont seuls. Terriblement seuls dans leurs malheurs.

C’est un livre important. Il faut le lire, pour savoir. Savoir que des hommes et femmes souffrent dans le silence. Ils méritent notre respect, notre considération et compassion. Se livre devrait être lu dans les collèges ou les lycées. Bien sur, cela ne se fera sûrement pas, nous devons nous éduquer nous mêmes. N’oubliez pas, l’armée recrute. Mais si ces femmes et ces hommes se battent pour notre liberté, nous nous devons de les accueillirent et de les aider. Qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls. Car c’est aussi en notre nom qu’ils se sont battus. Qu’on l’ai voulu ou pas. Et leurs combats continuent, personnel celui-là, de retour à la maison.

Jaskiers

Have You Ever Seen The Rain par Creedance Clearwater Revival

Have You Ever Seen The Rain par Creedance Clearwater Revival sur YouTube

Nous sommes en 1971, quelque part au Vietnam du Sud.

De retour d’une patrouille en pleine jungle qui a tourné au vinaigre, vous avez gagné le droit à un peu de repos à l’arrière.

Vous n’êtes sûrement pas loin de Saigon, certains frères d’armes y sont partis pour s’amuser, filles de joies, opium, herbe et LCD, les boys l’ont bien mérités comme l’a dis votre vieux commandant.

Vous ? Vous avez besoin d’un peu de repos, allongé sur la première chose qui vous semblez confortable. Ou plutôt affalé. La nuit ne vous a pas apaisé. Toutes ces foutues scènes d’horreurs vous reviennent en mémoire. Et les fameux « et si ». Ça vous détruit un homme autant qu’une balle en pleine tête. Ou presque.

Un gars dans la tente allume sa radio. Un type y gueule « Goooooood mooorning Vietnam ! ». Il a l’air sympa se type à la radio. Vous ne savez pas ce qu’il fume pour être d’aussi bonne humeur le matin. Ou peut-être est-ce comme ça pour ceux qui ne cauchemardent pas, qui n’ont pas cette fièvre qui s’allonge sur vous à la fin d’une méchante escarmouche et vous tiens compagnie jusqu’aux petit matin comme une fidèle amante.

Il lance une chanson. La mélodie est entraînante. Presque douce. La voix du chanteur est nasillarde, il semble la pousser aussi fort qu’il peut, c’est à dire pas beaucoup. Vous l’avez déjà entendu se type, se groupe, chanter à propos d’un fils malchanceux ou un truc comme ça.

Là, il vous demande si vous avez déjà vue la pluie tomber un jour ensoleillé.

« Oh que oui » vous avez envie de lui dire. De la pluie orange même. Même une pluie de feu. Vous aimerez bien lui dire de venir voir par lui même, mais qui voudrai venir ici ? À par les couillons « draftés » comme toi et ces têtes brûlées avec leurs appareils photos qui s’embarquent avec vous aussi tranquillement qu’une mouche se pose sur la merde.

La vraie pluie ici au Vietnam, vous avez envie de lui dire, quand elle tombe, elle ne fait pas semblant la garce ! On appelle ça la mousson. Enfin elle rafraîchie. Comme une gaze, imbibée d’onguent qui pue, qui se pose sur votre chair rougeâtre, parfois noircie et brûlante. Tellement froide cette gaze que quant elle se pose au contact de votre moignon, vous pourriez penser y voir de la fumée sortir. Et puis elle disparaît sous le bandage.

Ah oui, vous avez perdu une jambe.

Ça sera bientôt le retour au pays.

Ça gronde sévère là-bas aussi, à la maison. Comme la tempête dans la musique qui passe dans vos oreille tel un mirage. Elle est trop courte cette musique. Trop longue cette guerre.

Vous n’avez rien demandé vous. Les Vietnamiens ne vous ont jamais rien fais de mal. Mais c’était la loi. De retour au pays, vous savez que deux clans vous attends, ceux qui pensent que vous avez fais votre devoir et ceux qui pensent que vous êtes un bourreau de plus.

Pour être franc vous n’en savez rien. Vous voulez juste la paix. Vous êtes fatigué.

Il fait chier cet animateur radio… Pourquoi il a pas mis se Hendrix avec sa guitare bourrée de LSD ?

Votre pied commence à vous faire mal, même si se dernier est quelque part dans la jungle, à des centaines de kilomètres de votre jambe. Vous ressentez une douleur… une douleur fantôme.

Vous avez envie d’entendre la pluie, la fraîcheur oui, la pluie vous berce, son rythme vous hypnotise. Se concentrer sur autre chose que la douleur lancinante, qui vous élance à chaque battements de votre cœur. Finalement, cette musique n’était pas si mal…

I want to know,
Have you ever seen the rain
I want to know,
Have you ever seen the rain
Comin’ down on a sunny day ?

Jaskiers

Random access photos

Rouen – Avril 2021
Rouen mi-mai 2021
L’Amérique, la littérature et le polar.
Never enough
Moutons, cotons. Mère nature plus grande artiste.
Roméo prends la pose. Il essaie du moins.
La Normandie, toujours marquée par la culture militaire du dernier conflit mondial.
Buchy – fin mai 2021
Buchy
Buchy
Buchy
Buchy
Buchy
Ernest Noury – Naturaliste (1877-1968)
Ernest Noury – Naturaliste (1877-1968)
Buchy
Buchy
Buchy
Madame Bovary quelqu’un ? -Buchy-
Buchy
Buchy
Buchy
Buchy
Merci aux cousins canadiens ! – Buchy-
Buchy
« – Excusez moi humain, un peu d’intimité, est-ce trop demander ? » -Buchy-
Vous le voyez ? Il roucoulait juste au dessus de ma tête. Cachotier ! – Buchy-
Buchy
Buchy
Buchy

Quelques photographies qui trainaient dans mon téléphone. Je n’est pas la prétention d’être un grand photographe, j’avais juste envie de partager quelques unes de mes photos prises lors de mes balades.

Je découvre la Normandie, petit à petit. Pleine de beautés, d’histoires, de mystères et de talents.

J’espère du moins que ces quelques clichés vous plairont.

Jaskiers

Rwanda, la fin du silence par Guillaume Ancel

Quatrième de couverture :

Au lourd secret qui entoure le véritable rôle de la France et de son armée lors du génocide des Tutsi au Rwanda, Guillaume Ancel oppose la vérité de ses carnets de terrain, témoignage des missions auxquelles il a participé durant l’opération Turquoise. La fin du silence est aussi le récit du combat mené par cet ancien officier pour faire savoir ce qui s’est réellement passé durant cet été 1994 et « rendre hommage, dignement, aux centaines de milliers de victimes rwandaises que nous n’avons pas su empêcher. »

Officier de la Force d’action rapide, détaché au sein d’une unité de la Légion étrangère, le capitaine Ancel mène avec ses hommes des opérations d’extractions de personnes menacées. Sous couvert d’une opération humanitaire destinée à mettre fin aux massacres, cet officier comprend vite que la France soutient le gouvernement génocidaire rwandais dont elle a formé l’armée. Il décrit les errements de l’armée française, ballottée au gré de décisions politiques dont les motivations sont toujours tenues secrètes, les archives officielles restent inaccessible. Ce témoignage dévoile également certains épisodes méconnus de cette opération « humanitaire » durant laquelle l’armée française a tué. Parfois pour se défendre, parfois pour des raisons moins avouables.

Je préfère vous informez avant que que vous commenciez à lire cet article. Je communique avec l’auteur, Guillaume Ancel, via son blog et par mail. Nous avons beaucoup échangé. J’ai lu Vent glacial sur Sarajevo il y a presque un an, et après une recherche internet plutôt sommaire, j’ai trouvé le blog d’Ancel.

Et je dois aussi avouer que j’ai commencé à bloguer à cause de lui.

J’admets avoir eu peur d’entamer cet ouvrage, et surtout d’écrire cet article. J’ai déjà lu 2 – 3 ouvrages concernant le génocide Tutsi au Rwanda, j’ai eu un aperçus de cette horreur par le biais de ces livres, tous écrits soit par un journaliste ou un historien, des personnes qui étaient certes très bien renseignées, mais pas sur le terrain comme Guillaume.

J’ai été surpris par l’ouvrage d’Ancel.

Il faut dire que Guillaume n’est pas journaliste ni historien, mais un ancien soldat, casque bleu, qui a été sur le terrain. Ce point de vue est unique et important, car si vous lisez le blog d’Ancel, se dernier dévoile que les soldats français sont priés de Fermez leurs gueules, d’où le peu d’ouvrage écrit, ou de témoignage, d’ancien soldat du rang français. À l’inverse, les gros bonnets de l’armée, eux, ne se gêne pas pour écrire leurs « mémoires » et autres ouvrages. Édulcorant, se justifiant, se trouvant des excuses, ces mémoires de hauts gradés sont peu intéressants. Les récits de ceux qui décident dans leurs bureaux, loins de la réalité du terrain et de l’horreur n’apportent rien. Du moins de mon point de vue.

J’ai toujours préféré la lecture des récits des soldats sur le terrain, aux contact du danger et loin des commodités, au contraire des généraux. Cette proximité de l’auteur avec le théâtre d’opération permet aussi une meilleure compréhension des raisons d’un conflit. Les livres de Guillaume en sont un exemple probant.

Ce qu’il me fallait pour bien comprendre le génocide au Rwanda et l’influence de l’armée française se trouvait bien dans se livre. Le récit d’un témoin oculaire, d’un soldat français.

Écrit comme un « journal » personnel, nous suivons Guillaume dans l’opération Turquoise. À ses côtés, nous comprenons mieux la situation, les belligérants et la politique menée par la France. Il est extrêmement intéressant de voir le basculement de Turquoise, à la base une mission « offensive », chargé d’aider le FAR (les forces gouvernementales ET génocidaire du Rwanda, bien qu’à l’époque de l’intervention de Guillaume, le FAR, les Hutu, n’étaient PAS reconnus comme les génocidaires, Ancel ne le découvrira que plus tard) pour devenir, brusquement, une mission « humanitaire ». Mission humanitaire étant ici un terme trompeur, étant devenu une assistance au génocidaire. Appelée Mission Humanitaire pour camoufler « l’aide » des français envers les assassins, pour aveugler les observateurs extérieurs et le public. Un excellent usage de la sémantique.

Mais que peut bien faire Guillaume Ancel, opérateur TACP, c’est à dire qu’il guide du sol les avions de combats, leurs indiquants les cibles à détruire, sur le terrain, dans une mission humanitaire ? Vous plongerez avec lui dans la confusion. Et dans l’action.

Guillaume fera face à des situations qui le mettent dans la plus grande des confusions, il commence à réaliser de quel côté la France penche dans le conflit.

Amené à visiter un « havre de paix », en plein génocide, un petit village accueil Guillaume. Le « maire » se félicite d’avoir « éliminé » tous les Tutsi, et pire, il est heureux de montrer à Guillaume sa cache d’arme au cas où un Tutsi repasserai. Problème, le village se situe dans la Zone Humanitaire Sûre. Toutes les armes y sont confisquées. Ahurissement quand leader de se petit village indique qu’un officier français l’a autorisé à garder ses armes.

Ce n’est qu’une situation, assez significative, déjà, de l’influence française au Rwanda. Le massacre qui s’est déroulé à Bisero est le symbole de cette intervention française, massacre stoppé par quelques soldats français d’une manière peu conventionnelle, mais malgré tout tardive. Le récit de cette horreur est présent dans le livre.

Guillaume, d’opérateur TACP donc, devient un « simple » officier, s’occupant de l’extraction de civile, de personnalité étrangère pour la plupart européen et/ou ayant des contacts avec avec l’Europe.

Ces extractions ne sont pas des promenades de santé, le danger, l’angoisse et l’horreur sont omniprésents. La manière dont Guillaume écrit me fait penser à un film d’action. Exactement comme il l’a fais pour son intervention à Sarajevo, et même mieux. Le même ressentiment m’a assailli lors de cette lecture que lors de la lecture de Vent glacial sur Sarajevo, la frustration, l’incompréhension et la confusion de l’action des français dans ces conflits. Lien que j’ai aussi découvert, celui de la négociation avec l’ennemi. Dans les deux livres, les négociations, toujours tendues pouvant se finir dans un bain de sang, sont présentes et nombreuses. La tension des opérations d’exfiltrations est incroyable, avec ses lots de rebondissements.

Ancel aurait pu ajouter négociateur à son CV. On découvre une autre facette du travail de militaire, la négociation. Je ne sais pas si il a appris cet art à St-Cyr, sûrement que oui, car comme noté précédemment, ces négociations peuvent tourner au drame juste à cause d’un regard ou d’un mauvais mouvement. Ce sont des moments d’extrêmes tensions. Je ne savais pas qu’un soldat devait faire avec sur le terrain. Les casques bleues semblent être négociateurs autant que soldats.

Guillaume parle avec émotion du racket que les forces Zaïroises (maintenant la République Démocratique du Congo) useront sur les pauvres rescapés épuisés et démunis du génocide fuyant les massacres à la frontière. Les militaires français ne pouvaient pas les aider. L’impuissance, la frustration, confusion, mensonge, secret. il semble que ce soit le lot des soldats français durant ces interventions.

Ce n’est pas un exercice facile de parler de la qualité de la plume d’un auteur quand se dernier écrit sur des événements terribles. Il doit être tout autant difficile d’écrire sur ces moments horribles. Choisir les bons mots, le ton adéquate. Guillaume, lui, a réussis. Tout en n’oubliant pas d’exprimer son propre ressenti, durant et même des années après cette mission.

L’humour y est présent, de façon subtile, car oui, Guillaume use d’ironie et partage des moments cocasses, le lieutenant-colonel a de la répartie. Jamais au dépend des victimes du génocide et du terrible drame, je tiens à le préciser.

Guillaume Ancel finira par rentrer en France, et c’est une partie des plus intéressante du livre. Le retour dans la société, la famille, après avoir vu l’horreur d’un génocide fratricide. Et les questionnements incessants sur le rôle de la France au Rwanda qu’il ne cesse de ressasser. Qu’à t’il vraiment fait au Rwanda ?

J’ai très apprécié le lien subtile que Guillaume a créé entre son ouvrage sur Sarajevo et le Rwanda. Deux opérations françaises où l’hexagone a pris des positions plus que douteuses en faveur des criminels. Ce qui fait de la France une complice ? Pour Guillaume définitivement. Pour le lecteur, les faits sont sous ses yeux, à lui de creuser et de faire sa propre opinion.

Il est intéressant aussi de faire le lien avec la guerre d’Algérie, que Guillaume fait d’ailleurs allusion dans son livre. Le silence des vétérans sur cette guerre est une preuve de plus que les soldats sont priés de se taire. Même à Saint-Cyr, les instructeurs ne parlent pas de se conflit. Pourquoi ?

L’opération Turquoise s’est déroulée en 1994, année de ma naissance. J’aurai pu apprendre à l’école à propos de ces conflits, mais ils n’ont jamais été mentionné dans aucun de mes cours d’histoires. Si ils l’étaient, je sais pertinemment qu’ils auraient été édulcorés, minimisant ou glorifiant l’intervention d’une France, gardienne des valeurs du pays des droits de l’Homme. Droits dont elle se proclame la garante, en tous cas c’est comme cela que je le ressentais. Comment pouvait-il en être autrement, quand les militaires sont priés de « fermez leurs gueules » ? Le mythe d’une France exempte de tout reproches s’effondre pour moi. La remise en question est nécessaire, brutale mais nécessaire.

Est-ce la fin du silence sur l’aide apportée au génocidaire par la France au Rwanda ?

C’est un début, le président Macron ayant commencé, doucement et presque discrètement, à ouvrir cette boîte de Pandore bien française. [À l’heure où j’écris cet article, le président est allé au Rwanda, pas pour s’excuser, semble-t-il, mais pour apaiser les tensions et admettre qu’il y a peut-être eux des fautes commises.] La « Francafrique » recèle bien des secrets que les vieux de la vielle semblent vouloir garder… à tous prix ? Saurons nous un jour, une bonne fois pour toute qui a tiré sur l’avion du président Habyarimana, attentat qui marquera le début d’un génocide faisant 1 millions de victimes en une poignée de jours ? En tous cas, des français, surtout des jeunes, veulent des réponses. Autant pour eux que pour les victimes. Le massacre des Tutsi a flirté avec le million de mort, dans se tout petit pays au milieux de l’Afrique des Grands Lacs. Hommes, femmes, enfants, aucun Tutsi n’étaient épargnés. Une folie meurtrière fratricide, entre voisin. Le Rwanda a besoin de réponse pour continuer à panser ses plaies, et nous savons où les réponses se cachent après la lecture de se livre. Comme me l’a dit Guillaume, « l’Histoire est un puzzle. » Je lui demanderai qui à la tache de le rassembler ? En espérant que le président Macron continu ses efforts pour révéler les secrets bien enfouis d’une intervention qui aujourd’hui ne fais presque plus de doute, la France a aider des génocidaires.

Pour en savoir plus sur le combat (car il s’agit d’un combat, avec menace physique et autres joyeusetés) de Guillaume Ancel et ses ami(e)s, dont Stéphane Audoin-Rouzeau qui signe une excellente préface dans se livre, laissez moi vous donnez le lien menant sur les articles du Rwanda que l’ancien lieutenant-colonel tient, avec ténacité et brio sur son blog : https://nepassubir.home.blog/category/democratie-politique-et-defense/rwanda-genocide-des-tutsi/

Voici deux extraits extrêmement importants que je partage, avec l’autorisation de l’auteur (pour une fois) :

Extrait 1 :

[…]Je suis sidéré.

– Attendez, on les désarmes et ensuite on va leur livrer des armes, dans des camps de réfugiés, alors que ce sont des unités en déroute, sans doute liées aux milices et, pire encore, au ravage de ce pays ?

Garoh me répond avec son calme imperturbable,

– Oui, parce que les FAR sont à deux doigts d’imploser et d’alimenter effectivement les bandes de pillards. En donnant ces armes à leurs chefs, nous espérons affermir leur autorité. De plus, nous ne sommes que quelques centaines de combattants sur le terrain et nous ne pouvons pas nous permettre le risque qu’ils se retournent contre nous, alors que le FPR nous menace déjà.

Lemoine, son adjoint, ajoute pour l’aider,

– Ancel, nous payons aussi leur solde, en liquide, pour éviter qu’ils ne deviennent incontrôlables, ce que nous sommes souvent obligés de faire dans ces situations.

Je trouve le raisonnement court-termiste et indéfendable : comment avaler qu’en livrant des armes à ces militaires, nous améliorons notre propre sécurité ? Je leur rappelle que nous n’avons plus vraiment de doute sur l’implication des FAR dans les Massacres de grande ampleur qu’aucun d’entre nous ne nomme encore génocide. […]

Extrait 2 :

Pour résumer, nous avons reçus l’ordre de livrer des armes à des génocidaires dans des camps de réfugiés pendant une opération humanitaire et alors que nous étions sous embargo de l’ONU.

Nous avons ainsi transformé ces camps de réfugiés en bases militaires qui allaient ensanglanter l’est du Zaïre pour des décennies. Je ne l’avais pas compris à l’époque parce que je n’osais même pas l’imaginer.

Petite note : le Zaïre est actuellement connu sous le nom de République Démocratique du Congo.

Quelques photos issues du blog de Guillaume, avec l’autorisation de se dernier.

Camp de rescapés Nyarushishi, 1994. Crédit : Guillaume Ancel.
Guillaume Ancel, au centre, opération d’extraction de la famille Correa, juillet 1994. Crédit : Guillaume Ancel.

Je précise que malgré mes contacts avec Guillaume, je vous direz la vérité. Si le livre ne m’avait pas plu, je vous l’aurai dit. Je fais beaucoup d’erreurs (d’orthographes, de grammaires, de conjugaisons je sais…) mais je ne mentirai pas si l’ouvrage m’avait déplu, je le dirais. Mentir dans mes écrits est une chose que je trouve injuste, envers moi-même déjà, et envers le lecteur ensuite. Même si l’auteur de cet (excellent) ouvrage est un ancien lieutenant-colonel de l’armée de terre qui pourrait facilement venir m’influencer en venant frapper à la porte de mon petit appartement avec quelque vieux amis à lui. Dommage pour lui, mon chihuahua, petit mais teigneux ne négocie pas, lui.

Pour finir, j’ai trouvé que Rwanda : la fin du silence aussi bon et intéressant que Vent glacial sur Sarajevo, même, je dirai que Guillaume s’est amélioré dans son écriture et dans le partage de son expérience. Se dévoilant plus, mais toujours aussi clair et « ludique », le conflit, autant de Bosnie que le génocide Tutsi au Rwanda me sont devenus bien plus clairs, plus compréhensibles grâce aux livres de Ancel. Lui qui ne se voyait pas être écrivain. Lui qui semble hanté par sa mission au Rwanda, au point de ne pas lâcher les hauts responsables français, des décennies après, du massacre d’innocents, hommes, femmes et enfants, que la France aurait pu sauver, semble avoir trouver un nouveau combat, car l’écriture est un combat. Et un soldat reste un soldat, du moins mentalement. Ou peut-être pas, c’est à lui de nous le dire, mais son esprit combatif ne semble pas s’être atténué après sa sortie de l’armée. Guillaume ne lâchera pas avant que justice pour les victimes du génocide du Rwanda ne soie rendue. Du moins, c’est mon avis.

Sur ces dernier mots, Guillaume Ancel a sorti sont dernier ouvrage : Un casque bleu chez les Khmers rouges : Journal d’un soldat de la paix, Cambodge 1992.

Impatient de voir dans quelles situations Guillaume va nous mener cette fois. Car c’est à ses côté que nous nous sentons quand on le lis. Impatient de comprendre encore un pan de l’histoire française que je ne connaissais absolument pas.

Je vous laisse, on cogne de manière assez martiale à ma porte et mon Chihuahua se fait nerveux…

Jaskiers

Our house par Crosby, Still, Nash and Young

Our House par Crosby, Still, Nash and Young sur YouTube

Nous sommes en 1970, un autre monde de nos jours.

Les cheveux sont longs, on combat la guerre par l’amour. La douleur par drogue. La société par la musique.

Le trio Crosby, Stills et Nash est rejoint par un jeune virtuose de la poésie et de la guitare, un certain Neil Young, grand, maigre, cheveux long. Ils sortiront de leur collaboration un magnifique album.

Cette chanson, dans laquelle vous vous plongez, nécessite que vous fermiez les yeux et écoutiez leurs harmonies accompagné de leurs guitares et leurs paroles.

Tout va bien, vous êtes avec l’être que vous aimez, dans une maison parfaite pour vous et vos deux chats qui se prélassent dans le jardin. Vous avez allumé le feu dans la cheminé, des fleurs sont posées par votre âme sœur dans un vase, tout neuf. Après tant de déboire, vous êtes heureux, donc vous chantez.

J’espère que vous apprécierez. Je vous conseil vivement de découvrir Crosby, Still, Nash qui formaient un groupe appelé… Crosby Still and Nash !

Pendant quelques temps, un jeune musicien surnommé The Loner, le solitaire en français, Neil Young, les rejoindra pour ajouter sa voix à la leur. Magie de la musique.

D’une époque où la jeunesse proclamait l’amour contre la haine.

Malheureusement, cette jeunesse a vite retournée sa veste, laissant les futures générations dans la confusion. Encore aujourd’hui…

Our house is a very, very, very fine house

With two cats in the yard

Life used to be so hard

Now everything is easy ’cause of you

Petite anecdote : Neil Young a dit que Kurt Cobain n’était pas juste le meilleur, mais le meilleur de tous les temps.

Jaskiers

Joker : Killer Smile de Jeff Lemire et Andrea Sorrentino

Quatrième de couverture :

Quand un psychiatre affilié au Joker tente de guérir le plus grand criminel de Gotham, c’est le début d’une descente aux Enfers, pour celui qui était jusqu’ici un père de famille aimant et paisible. Mais cette spirale de dépression et d’hallucinations violentes ne cache-t-elle pas un réel gouffre au sein même de son psyché ?

JOKER KILLER SMILE est un récit complet inédit réalisé par le talentueux tandem aux commandes de GREEN ARROW et de GIDEON FALLS : Jeff LEMIRE (SWEET TOOTH) et Andrea SORRENTINO (Secret empire). Inspirés tout autant par KILLING JOKE que par les œuvres de de David LYNCH, le scénariste et le dessinateur embarquent leur protagoniste principal, mais aussi le lecteur, dans une traversée éprouvante au cœur des ténèbres.

Il faut que je l’avoue, je suis arrivé sur le tard dans l’univers des Comics. Même si j’ai été, et suis encore, un grand fan d’Asterix et Obelix, je pense, peut-être à tord, que la B.D. de super-héros américaine est différente des bandes dessinées européennes.

Au cours des dernières années, l’engouement énorme envers les films Marvels et DC Univers m’ont amené à m’ouvrir un peu à cet univers.

Et pour cette BD, le film Joker de Todd Phillips a été la raison pour laquelle je l’ai acheté. Le personnage du Joker est énigmatique, pas de super pouvoir, mais extrêmement puissant et intelligent. Avec un passé douloureux et des problèmes de santés psychiques. Beaucoup de personne sont attirés par se personnage, le plus grand méchant de l’univers des super-héros. Il a un air d’Hannibal Lecter, se tueur en série cannibal créé par Thomas Harris qui a marqué le cinéma et le petit écran. Nous avons cette fascination pour ces personnages car le mystère les concernants, leurs manières de manipuler nous fais peur tout en nous attirant. On veux comprendre !

C’est surprenant. Loin des stéréotypes que je pouvais avoir sur les BD de super-héros, cette œuvre n’est pas bourrée de testostérone et de scène de combat multiple et violente. Non, l’album est plus centré sur la psychologie.

Le combat dans se livre est mental. Bien qu’il y ait quelques scènes violentes, et des scènes de bastons, l’œuvre est axé sur le thème de la folie.

Encore choqué, après des mois de visionnage, par le film Shutter Island, cette BD m’a agréablement surpris. J’aime ces œuvres qui mettent en doute la réalité. Qui nous amène à questionner notre monde, le présent. Qui mettent en doute la véracité de se que nous voyons et vivons maintenant.

J’ai moins apprécié la fin, qui finit sur un cliffhanger, ne nous apportant pas ou très peu de réponse et nous forçant à attendre/acheter la suite.

Il n’en reste pas moins une bonne lecture, les dessins sont beaux autant qu’effrayants. Le jeux sur les couleurs sont très intéressants, apportant des indications sur la santé mentale du personnage principal.

Je le conseil si le personnage du Joker vous intéresse, ou si vous êtes amateurs de thrillers psychologiques.

Jaskiers

Far From Any Road par The Handsome Family

The handsome family

Cela faisait longtemps que je n’avais pas partagé de musique avec vous. Je vous présente donc :

Far From Any Road – The Handsome Family (sur YouTube)

Cette musique est spéciale pour moi, car c’est celle du générique de la saison 1 de True detective, l’une des meilleurs séries que j’ai vu. Je n’ai pas vu la saison 2. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être car je ne pense pas que l’on peux battre le duo Matthew McConaughey – Woody Harrelson. Leurs complicités, leurs énormes talents et leurs longues amitié dans la vraie vie en font une série incroyable.

Regardez déjà l’esthétique du générique, et cette magnifique musique, je pense que l’on pourrais appeler cette musique de Folk ? Doit-on définir le genre d’une musique obligatoirement ? Je pense que non, du moment que nous l’aimons et qu’elle nous donne ces fameux frissons !

En tous cas, les paroles sont enivrantes, mystérieuses, poétique et la mélodie accompagnée d’instruments qui n’ont que rarement dévoilés leurs magies à mes oreilles en font une musique très spéciale pour moi, car liée à une de mes séries préférées.

J’espère que vous aimerez, je vous conseil aussi la saison 1 de True Detective et si vous l’avez déjà vu, je vous conseil une tout autre série, sur laquelle j’écrirai peut-être un jour un article, j’ai nommé The OA. Là encore, la saison 1 est magique, la deuxième m’a moins plus.

Bonne écoute (et bon visionnage si vous décidez de regarder ces séries) !

Jaskiers

Trois ouvrages de Stéphane Bourgoin sur les serial killers.

Avant de commencer mon article, je suis tombé sur un article très bizarre concernant l’auteur, Stéphane Bourgoin. J’ai donc pris mes pincettes avant de commencer à lire ses ouvrages. Voici l’article en question : https://www.google.com/amp/s/amp.parismatch.com/Actu/Faits-divers/Stephane-Bourgoin-Serial-Menteur-Dans-Match-il-passe-aux-aveux-1684548

Je tiens aussi à préciser que cet ouvrage et les deux autres qui arrivent sur le blog étaient des cadeaux de Noël offert à une proche, passionnée de ce genre de chose. Et je suis curieux, donc j’ai décidé de m’y ouvrir pour voir de quoi il en sortait.

Descendons ensemble, ou pas, dans l’horreur gratuite.

Quatrième de couverture :

Les terrifiantes confessions de 12 tueurs en série

« Un descente aux enfers dans le psyché des pires criminels que l’histoire a vus naître »

Les Inrockuptibles

Stéphane Bourgoin réunit pour la première fois en un volume les confessions, textes autobiographiques et nouvelles, inédits ou rares, de tueurs en séries, meurtriers de masses et autres criminels. Aussi terribles qu’éprouvante, cette anthologie meurtrière donne à voir l’abîme ouvert par ces esprits maléfiques et dérangeant. Une véritable plongée au cœur d’une machine implacable, où l’autre n’est qu’un simple objet destiné à assouvir le goût du meurtre.

Spécialiste français des tueurs en séries, Stéphane Bourgoin est mondialement reconnu. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et documentaires sur le sujet.

Je n’ai aucune sympathie pour les tueurs en séries. Ce qui peut m’intéresser dans leurs cas, c’est leurs psychologies. On ne peux porter aux nues ces laches qui tuent plus faible qu’eux. Voici l’extrait d’un texte biographique écrit par un de ces serials killers dont je ne nommerai que par ses initiales :

« Si vous prenez la peine d’examiner en détails tous mes crimes, vous vous rendrez compte que j’ai toujours suivi un seul et unique précepte dans l’existence. De m’attaquer aux plus faible, aux plus vulnérables et à ceux qui n’étaient pas sur leurs gardes. C’est ce qu’on m’a appris : la puissance fait Loi. »

C.P.

Autant vous dire que l’ouvrage est un tout petit recueil d’écrits de tueurs agrémenté de commentaires de l’auteur.

Je n’ai rien appris dessus. Non en faite, j’ai appris ce qu’ils ont fais, mais rien d’important dans la lecture ne m’a appris quelque chose d’important. C’est une lecture pour ceux qui ont un intérêt et/ou une curiosité morbide à combler.

J’ai peut-être appris quelque chose en fin de compte, que l’être humain peut tuer sans raison et être lâche. Mensonge, mes lectures précédentes m’ont déjà montré se côté de l’Homme, mais sous d’autres formes.

Je ne conseil pas se livre, à par comme je l’ai dis plus haut, si le gore et le dérangeant (extrêmement d’ailleurs) vous passionne. Les victimes ne sont que très peu mentionner, les survivants non plus. Je pense que l’auteur s’est fait de l’argent facile avec se petit livre. 90 % des textes à l’intérieur proviennent des tueurs en série.

Deuxième Ouvrage

Le livre noir des serial killers de Stéphane Bourgoin

Quatrième de couverture :

Plongeon abyssal dans la tête de tueurs en série

Stéphane Bourgoin a rencontré plus d’une soixantaine de tueurs en série à travers le monde. Il relate ici l’histoire, retrace le profil psychologique et analyse la personnalité de six d’entre eux. Et non des moindres. Du Vampire de Düsseldorf à l’Ogre de Santa Cruz, en passant par le Cannibal de Milwaukee, ce sont à chaque fois de véritables monstres auxquels il nous confronte. Âmes sensibles s’abstenir !

Entamons donc la deuxième lecture. Le livre est un peu plus consistant que le premier présenté si-dessus.

Il se concentre sur 6 tueurs, en détails.

Beaucoup de répétitions, beaucoup de détails horribles… J’ai trouvé cet ouvrage un peu plus intéressant, comparant récits de tueurs avec rapports de psychiatre et survivante (car l’écrasante majorité des victimes sont des femmes). Les témoignages sont dure à encaisser. L’horreur, l’inhumanité et la manipulation de ces assassins transpirent via leurs comportements et leurs aveux. Ils manipulent les autorités, les policiers, les lois avec une impressionnante facilitée. Aucun d’eux ne semble éprouver de vrais remords. À part quant il s’agit de manipuler.

Beaucoup de ces tueurs ont eu une enfance difficile. Mais ce n’est pas une excuse. Beaucoup de personnes ont eux une enfance difficile et ne sont pas devenues des assassins sans pitiés. « L’excuse » de l’enfance difficile, bien qu’ayant joué sur le psyché des tueurs n’est pas une explication, ou la raison, de leurs crimes atroces. Puis souvent, ils mentent.

De la documentation provenant du FBI apporte une dose importante dans la compréhension et les manières que les forces de l’ordre utilisent pour appréhender ces criminels. Bien que les forces de l’ordre ai commis d’énormes erreurs, laissant parfois le champs libre à ces criminels pour continuer leurs horribles forfaits.

Voici un passage intéressant que Bourgoin partage, celui de l’agent du FBI Robert Kessler sur la peine de mort (je censure le nom du tueur) :

« D’une certaine manière, K, avec ses souvenirs précis, son regard critique sur les actes qui l’ont amené en prison, illustre parfaitement la nécessité pour la société de maintenir en vie ces meurtriers implacables. Je reste persuadé qu’on commet une grave erreur en les exécutant ; il faut contraire les garder en prison, les soigner et, ce faisant, apprendre d’eux les moyens de combattre à l’avenir une criminalité qui nous dépasse. Oui je maintiens que nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Exécuter de tels assassins n’offre aucun avantage pour la société. La peine capitale n’a rien d’exemplaire, et n’empêchera certainement pas des serial killers en herbe de tuer, tout simplement parce que l’emprise de leurs fantasmes restera toujours la plus forte. De plus, il est faux de prétendre qu’une exécution économise l’argent de l’Etat : aujourd’hui, pour tuer un condamner, il faut dépenser des millions de dollars en frais de justice. Il est bien plus utile de garder des assassins comme K en prison ; nous gagnons beaucoup à les étudier. »

— Troisième Ouvrage —

Serial Killers : enquête mondiale sur les tueurs en série de Stéphane Bourgoin.

Quatrième de couverture :

Noms des tueurs censurés par mes soins

Avec la collaboration d’Isabelle Longuet et Joël Vaillant

Ouvrage de référence, traduit dans le monde entier, cette édition revue et augmentée pour la quatrième fois et le résultat d’une trentaine d’années de recherches sur ces criminels qui tuent en série sans mobile apparent, et le plus souvent sous l’emprise de pulsions sexuelles. Ils commettent leurs forfaits en toute impunité pendant des mois, voire des années.

Stéphane Bourgoin a pu s’entretenir avec plus de soixante-dix de ces serial killers dans des prisons de hautes sécurités. Cannibales, comme O.T. ou le pedophile sud-africain S.W. ; psychotiques, tel G.H., dont le cas inspiré le personnage de Buffalo Bill dans Le silence des agneaux ; ou R.C. et J.R., authentiques vampires modernes ; femmes criminelles, comme M.B. ou C.F. ; tueurs d’enfants à l’exemple de J.J. et A.F. ; nécrophiles et chasseurs de têtes, à l’image de G.S. et E.K. qui sert de modèle au Hannibal Lecter de Thomas Harris ; étrangleurs de prostituées à la façon d’A.S., tous expérimentent les mêmes fantasmes sanglants – et une absence totale de remords.

Grâce à de nombreux séjours à l’étranger, l’auteur a rencontré les agents spéciaux du FBI chargés d’étudier ces assassins hors norme, ainsi que des profilers du monde entier qui utilisent une approche psychologique et des bases de données informatiques pour résoudre les enquêtes. Leurs conclusions sont confrontées à l’avis des plus grands psychiatres dans le domaine.

L’ouvrage est complété par de nouveaux entretiens et portraits de tueurs, un cahier-photos revisité, une étude sur la « détection de la sérialité » par le colonel de gendarmerie Joël Vaillant et une étude sur les nouvelles méthodes d’investigation informatique du FBI.

Le livre est un mastodonte de plus de 1 000 pages, coupé à la moitié par un album photo.

La première partie concerne les manières et tactiques que les forces de l’ordre utilisent pour arrêter ces criminels. Il est terrifiant de réaliser que la Police et la gendarmerie française sont encore très loin d’être au niveau des forces américaines. Nous sommes à la traîne.

Une partie sur les femmes serial killers éclaire les théories selon lesquelles il y a peu de tueuses en série, ce qui est vrai. Mais leurs méthodes sont complètement différentes de celle des hommes. Et tout aussi meurtrière.

L’interview de 3 profilers s’avère très intéressant dans le ressenti et l’impact que se métier peut avoir sur leurs vies.

Stéphane Bourgoin reprend des passages des deux livres précédents, se qui est un peu frustrant. Mot à mot ou presque. Si l’un de ces ouvrages vous intéressent, je vous conseil de prendre celui la. Prenez note qu’il fait plus de 1 000 pages.

L’ouvrage prends un tournant très intéressant, il faut l’avouer. Et il est très bien écrit. Les interviews réalisaient par Bourgoin sur ces tueurs s’avèrent très intéressant, une plongée dans le psyché directement. Sans fard. Je suis maintenant tenté de me procurer des ouvrages sur l’interview de ces tueurs, quelque chose dans ces interviews est captivant, je l’avoue. Mais après la lecture de se livre, j’ai ma dose d’horreur. Ces trois livres ont remplis leur objectif, nourrir ma curiosité morbide, je n’ai plus besoin de dose d’horreur humaine.

La fin du livre est une sorte de « compilation » de tueurs en séries, classés par ordres alphabétiques avec énormément d’ouvrage pour en apprendre plus sur chacun d’entres eux.

Je quitte se livre exténuant en me demandant comment des personnes peuvent bien baigner dans ces horreurs, par « passion », « intérêt ». Je peux comprendre l’utilité de se genre de livre pour les professionnels, gendarmes, enquêteurs, psychiatres, psychologues ect… je ne dénie pas que ces livres pourraient les aider dans leurs métiers, quant à nous, lecteur lambda, je me demande ce qu’ils peuvent bien apporter… peut-être à nous rendre plus attentif envers notre environnement et notre entourage. Peut-être. Car cela pourrait mener à de la paranoïa.

Mais après tout, ce n’est pas parce que vous êtes paranoïaque que quelqu’un ne vous suit pas actuellement. Peut-être même que ce quelqu’un vous regarde actuellement.

Mon verdict :

Comme noté au début de mon article, les serial killers ne sont pas une de mes passions. Par contre, je mentirai si je n’avouai pas la curiosité morbide qui m’a attiré à lire ces livres. Avouons le, nous sommes humains, nous aimons nous faire peur, nous ralentissons notre allure quand un accident s’est déroulé sur le bord de la route, et nous nous devons de jeter un coup d’œil.

Ce qui m’intéressais le plus, c’était le côté psychologique. Les maladies. Les personnalités. Les crimes, ça, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais j’ai quand même été servis par ces ouvrages.

Je voudrais pointer un problème que j’ai observé sur internet. Celui des gens, et disons la vérité, des femmes, qui adulent ces tueur en séries. Il y a des fanbases de tueurs en séries, des site de Murderabilia (terme signifiant la vente d’œuvres d’arts, d’objets, ayant appartenus à des tueurs sur internet). Je pense qu’il ne faut pas confondre fascination et admiration. Comme il ne faut pas confondre évolution et amélioration. Nous pouvons évoluer (dans tous sujets) négativement comme positivement. Amélioration par contre signifie que quelque chose devient positif, de retour à la normale. Fascination, pour moi, semble synonyme de curiosité, d’intérêt, tandis qu’admiration semble porter un intérêt plus poussé pour un sujet, un modèle, un but. Et cela est effrayant. Effrayant n’est peut-être pas le bon mot, mais je crois qu’admirer un tueur signifie qu’il y a peut-être un petit soucis, un manque à combler ou plus grave, mais je ne suis pas psychiatre. Les tueurs en série sont des lâches, la grande majorité des hommes qui s’attaquent à plus faible qu’eux. On oublie les victimes, les survivants, leurs familles. Imaginez vous, tant que faire se peut, être un proche d’une victime d’un de ces assassins et de voir que des gens l’admirent, le vénèrent, sont même attiré par eux. Que ressentiriez vous ? Certains même de ces fans vont jusqu’à insulter les victimes, les traiter de menteurs.

Tous cela pour dire qu’il faut faire attention sur internet, qu’il ne faut pas se faire berner par ces tueurs qui, si vous les admirez, ne vous considère pas comme des êtres humains mais des objets. Rien n’est possible avec eux.

Ces monstres ne ressemblent pas, pour la plupart, à des tueurs comme notre imaginaire peut se les représenter. Ils ressemblent à des personnes comme vous et moi, on ne peux plus normales. Du moins extérieurement. Certains même ont du charme, de l’intelligence, du savoir-vivre. Les vrais monstres ne ressemblent pas à des monstres. Mais à votre voisin, à votre collègue, voir même peut-être à vos amis.

Voici un extrait de l’avis de Stéphane Bourgoin dans Serial Killers : enquête mondiale sur les tueurs en série. :

Pourquoi un tel intérêt [pour les tueurs en série] ? Serait-ce un moyen pour chacun d’entre nous de transgresser la morale ou une transposition moderne de la « catharsis » ? Ne s’explique-t-il pas aussi par le désir profond de comprendre ce qui peut inciter ces tueurs, que rien ne distingue des honnêtes gens, à passer à l’acte ? Il doit bien exister une raison à ces actes irrationnels ! La réponse n’est pas évidente surtout quand les avis des experts divergent quant aux origines du « mal ». Cette violence résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs : prédispositions génétiques, dérèglements hormonaux ( sérotonine, testostérone…), événements déstructurants (violences familiales, abus sexuels…), influence du milieu dans lequel ils évoluent depuis leur naissance. Difficile aujourd’hui de cerner la part exacte de l’acquis et de l’inné. Les travaux des experts en neurosciences apporteront peut-être d’autres éléments de réponse. Néanmoins pour tous les spécialistes, une seule certitude, on ne naît pas tueur en série, on le devient.

Jaskiers

Ernest Hemingway VS William Faulkner : une guerre de style.

Faulkner : « Il [Hemingway] n’a jamais été connu comme un écrivain utilisant des mots forçant le lecteur à ouvrir un dictionnaire. » Hemingway : « Pauvre Faulkner. Est-ce qu’il pense vraiment que les grandes émotions viennent des grands mots ? »
Suite de la réponse d’Hemingway : « Il pense que je ne connais pas les mots qui rapportent gros. Je les connais tous. Mais il y a des mots plus vieux, plus simple, des mots meilleurs, et ceux là sont les mots que j’utilise. »

Pour ceux qui n’étaient pas au courant, Hemingway et Faulkner ne s’appréciaient pas. Leur clash était équivalent à celui de vos rappeurs américains préférés ! (Sans les insultes sur les mères et autres immondices.)

Cela a commencé avec Faulkner, disant qu’Hemingway n’utilisait pas de mots savants, compliqués. Et Hemingway était du genre à répondre férocement quant l’envie lui en prenait. Et on connaît l’ego que peuvent avoir certains écrivains, voir les jalousies qu’ils entretiennent.

Mais je n’écris pas cet article pour parler de leur clash en détail. Je voulais exposer mon avis sur ces deux différentes vues sur l’écriture.

Je ne crois pas qu’il faille utiliser des mots compliquer pour écrire ou s’exprimer. Les discours de Churchill n’utilisaient pas de mots compliqués, ils étaient juste parfaitements agencés. Il était un orateur exceptionnel, sa tonalité tapée et rythmée avec son accent, sa prestance et son charisme finissaient le travail.

Je pense que les personnalités politiques utilisent des mots simples pour toucher et se faire comprendre de la masse et des mots compliqués pour éluder une question, pour embrouiller l’auditeur lambda.

On pourrait parler de sémantique, de la dialectique, voir, si on pousse, de la réthorique. La manipulation, pour pousser les trois termes dans un cadre politique et/ou d’agenda divers, est un ingrédient essentiel pour gouverner/manipuler une masse. En tirant un peu, nous en avons l’exemple avec la crise de la Covid-19. Nos politiques (en France) ont usé de mots nouveaux (reconfinement, cluster…) et de manipulation de masse (attention je ne parle pas ici de théorie du complot, ni de la crise sanitaire en profondeur, ce n’est pas le sujet) quand par exemple au début de la pandémie, il nous a été dit que les masques n’étaient pas nécessaires pour ensuite nous dire qu’ils étaient indispensables quelques semaines plus tard. L’académie française s’est même penchée sur le genre du mot « Covid-19 » (il est féminin). Il y a moult exemples mais je pense que pour cet article, nous en avons assez.

On pourrait presque parler de la Novlangue de Georges Orwell, se génie dont le livre, 1984, est tellement puissant qu’il semble avoir été écrit ces dernières années. Je pense qu’Orwell a puisé son Novlangue en observant l’URSS et le régime Nazi et leurs méthodes de communications verbales, leurs propagandes, aux masses. Mais j’ai encore pris une tangente à la Thompson, bien que les tangentes de cette tête brûlée étaient bien plus marrantes et intelligentes. Ceci reste mon article donc mes avis, mes erreurs.

On reprochais à Hemingway sa prose simple, pourtant il accuse à son palmarès littéraire un prix Nobel. Mais Faulkner aussi a été le lauréat de se fameux prix littéraire.

Peut-on aimer Faulkner en même temps qu’Hemingway ? Il serait grave, de mon point de vue de répondre non. Les deux hommes étaient en concurrences, étaient talentueux, compétitifs et avaient chacun leur propre style. C’est une histoire de style. De mon point de vue.

Bien sur, étant un grand amateur de littérature américaine, j’aime les deux. Mais si vous me connaissez, j’ai mon champion. Hemingway.

Comme je l’ai écris plus haut, je pense qu’écrire et la qualité d’un écrit ne tient pas au nombre de mots compliqués insérés dans le texte. Écrire tiens plus d’un besoin de s’exprimer, de raconter, de partager, d’exorciser, d’expliquer. D’abord. Puis ensuite et tout naturellement vient le style, qui se développe au fur et à mesure de la pratique, du temps, de l’expérience. Un style direct, « simple », bien organisé visera le lecteur en pleine face, sans pitié. Tandis qu’un texte contenant ces fameux mots compliqués vise à quelque chose qui tend à me dépasser. Mais qui n’en est pas moins dénué de beauté. Ni d’intérêt. Ni de sens, cela va de soi. Mais je dois le dire que parfois, je me perds à la rencontre de ces mots trop compliqués, trop nombreux.

Lire un récit contenant trop de mot qui me sont inconnus ou abstraits me frustre. Que cherche l’auteur écrivant avec se style ? Personnellement, j’ai l’impression que la personne derrière la plume cherche à étaler son savoir, son érudition, un « je connais des mots compliqués, voyez vous comment je suis intelligent et à quel point je suis un très bon auteur ? ». Ont-ils quelque chose à prouver ?

De même, utiliser des mots « simples », juste, précis ne fait pas de l’auteur une personne non-instruite, sans culture, sans intelligence. Loin de là. Il faut d’ailleurs, je pense, avoir une connaissance, comme le dit Hemingway, de ces mots compliqués pour pouvoir écrire avec des mots simples.

Utiliser des mots compliqués avec parcimonie ne me dérange nullement, mais un texte truffé de mots savants m’amène à vite bâcler ma lecture.

Je ne blâme en aucun cas ces auteurs, chacun a ses préférences et ses goûts. Peut-être que je juge trop sévèrement, que je changerai d’avis (et de goûts ?) dans le futur. Mais pour l’instant, je cherche des lectures qui atteignent mon esprit et mon cœur plutôt que mon vocabulaire. Et il faut dire que je suis une sacré tête de bois. J’apprends un mot nouveau pour l’oublier dans les minutes qui suivent. Peut-être lisez vous actuellement quelqu’un de frustré de ne pas avoir une connaissance des mots en béton, ni une bonne mémoire. C’est même sur.

J’ajouterai, et là encore c’est un avis purement personnel que c’est très français d’utiliser des mots compliqués. Les mots simples ont plus de poids car ils atteignent beaucoup plus de personnes. Et c’est ce que l’on veux à la fin non ? Partagez au plus grand nombre et se faire comprendre ? Ou peut-être voulons-nous attirer un groupe de lecteur spécifique grâce à notre style ? Le style est-il quelque chose d’innée, qui peut évoluer, s’améliorer mais ne pas changer, fondamentalement ? Sommes nous cantonnés à une certaine audience/public à cause de notre style ?

En tous cas, j’essaie actuellement d’écrire une nouvelle en anglais, c’est un exercice difficile donc un bon challenge. Je sais que je ferai des erreurs mais j’avais envie d’essayer et je ne trouve pas l’exercice repoussant. Et comme je ne suis pas totalement bilingue, je peux me permettre d’écrire mon histoire sans trop de fioriture et de mot « à 10 dollars » car j’ai cette excuse et donc une pression en moins. Mais cela est personnel. Et si ça se trouve, je ne finirai jamais se projet. Je procrastine. ( J’ai utilisé un mot savant ! Je vous vois de ma fenêtre avec vos fourches ! « Mais s’est quoi cet article de merde ! »)

Je pense que le plus important est de prendre du plaisir à écrire. Et à lire. Le reste n’est que fioriture.

« La meilleure fiction est bien plus vraie que n’importe quel journalisme »

Et les deux ennemis avec cette citation de Faulkner se trouvent un terrain d’entente. Hemingway revendiquait lui aussi l’utilisation de la fiction pour parler d’expériences ou de faits réelles. Voir ses nombreux récits autobiographiques qu’il a écris en mettant en scène un personnage, Nick Adams, qui n’est autre que Hemingway lui même.

Jack Kerouac : Un jour je trouverai les bons mots, et se seront les plus simples.
En attendant, j’ai choisis mon champion.

P.S : Je ne déteste pas Faulkner pour autant, bien au contraire !

Jaskier