Une opportunité rêvée – Chapitre 4

Nous sortîmes du cabinet pour déambuler, nous enfoncer encore plus dans le couloir. J’avais l’impression d’être dans l’organisme d’une créature extraterrestre tant l’endroit, sa couleur, son odeur de javel, et surtout son immensité me rendait mal à l’aise.

Le docteur ouvrit une porte, à gauche du couloir cette fois. C’était, là aussi, un cabinet, sauf qu’il y avait tout le matériel nécessaire, me semblait-il, pour une opération chirurgicale.

Il me fit entrer et m’assoir, encore, sur une table d’auscultation. Le médecin ouvrit une armoire fermée par un lecteur de carte. Il y prit rapidement une petite fiole mais j’eus le temps de voir que l’armoire était rempli de fioles, de tubes, seringues et tutti quanti.

« – Allongé vous sur votre flanc gauche, je vais vous faire une légère piqure entre les omoplates. Je ne vais pas vous mentir, vous sentirez une légère pression suivie d’un liquide chaud. Prêt ?

  • Ouai… enfin… »

Je n’eus pas le temps de finir ma phrase qu’il enfonça l’aiguille. En effet, je sentis la pression et le liquide chaud, disons même brûlant rentrer dans mon corps. Mais ce n’était rien, absolument rien comparée à la douleur qui envahissait mes poumons.

Je m’étais brûlé la main quand j’étais petit en la posant sur une plaque de cuissons. Je me rappelle la terrible douleur, ma mère avait appliqué immédiatement un gant d’eau froide dessus, ce qui atténua légèrement la douleur avant d’aller à l’hôpital.

Je ressentais ce même genre de brûlure mais à l’intérieur de mes poumons, et là, impossible de faire quoi que ce soit pour réduire la douleur. Je pouvais respirer, là n’était pas le problème, j’avais juste la sensation d’avoir un incendie dans chaque bronche, chaque alvéole de mes poumons.

Je me tournais pour demander des explications au docteur mais je vis un deuxième homme qui m’attrapa assez brutalement pour m’attacher sur une planche.

Une planche ; un morceau de bois épais et rectangulaire plus grand et large que mon corps.

J’essayais de parler mais c’était comme si je ne pouvais plus contrôler mes cordes vocales. Tout ce que je pouvais sortir d’eux était des sons rauques et plaintifs.

« – Bien John attachez le bien. Ça commence déjà voyez-vous, la science, la médecine elle commence sa magie sans nous prévenir ! Elle ne perds pas de temps ! »

John était un sacré colosse mais je ne suis pas un petit gabarit non plus, j’essayais de me défendre mais chacun de mes membres semblaient être de plombs, impossible de les mouvoir ou presque. Je criais, de colère mais surtout de terreur !

John ne peina pas à m’harnacher avec des sangles en cuirs enroulées autour de mes poignets, de mes chevilles, de mes bras et une énorme ceinture autour de mon bassin ; j’étais attaché à la planche. Après avoir été sanglé, des crampes se déclarèrent dans chacun de mes muscles. La douleur était terrible, j’avais l’impression que mes membres allaient se désarticuler. Je ne pouvais que gémir, en espérant attirer l’attention du docteur, c’était peine perdue.

« – John, amenons notre ami pour un peu d’exercice ! Direction la piscine ! Allez, on n’a pas de temps à perdre ! »

Jaskiers

Une opportunité rêvée – Chapitre 3

De grande taille, les yeux bleus perçants, les cheveux poivre et sel, une barbe finement taillée de même couleur, la peau hâlée, des pattes d’oies sur les yeux et un sourire rassurant, voici qui était mon référent, comme il me demanda de l’appeler. Ce fut la première chose qu’il me dit :

« – Eugène Zweik je présume ! Je suis votre référent ! Appelez-moi comme cela d’ailleurs. Oh, et bienvenue ! Suivez-moi, ne perdons pas de temps avec les présentations et les politesses, car le temps joue contre la science et la médecine, le temps joue contre tout ! »

Je ne lui répondis pas. Son ton, amical mais aussi déterminé ne me laissa pas le temps de lui dire quoi que ce soit et je le suivais par une des portes de droite.

Une fois franchis cette porte, nous nous retrouvâmes dans un long couloir, toujours aussi blanc avec ces mêmes portes sur les murs, placé pareillement, à droites et à gauches, symétriquement et espacées avec la même régularité que celles du hall. Je n’eus pas le temps de voir jusqu’où pouvait bien aller ce couloir, à première vue il était immense car je n’en vis pas la fin.

Mon référent en ouvrit une, sur la droite encore, m’emmena par le bras jusqu’à une table d’osculation. Il me demanda, ou plutôt m’ordonna, de retirer ma veste puis me mit un brassard sur le biceps gauche, glissa son stéthoscope sous le brassard et prit ma tension. Puis il mesura ma taille en me plaquant sur un des murs d’une main ferme. Enfin, il me demanda de monter sur la balance pour noter mon poids.

Il rejoignit ensuite son bureau et m’invita à m’assoir en face de lui.

« – Bien parfait. Une dernière chose, signez ce papier et nous pourrons commencer immédiatement. »

Je jetais un coup d’œil à ce papier quand il m’interpella :

« – Si vous lisez tout, on n’aura pas fini avant demain ! En gros, c’est un papier qui vous engage au silence, interdit de parler de ce qui se passera ici, et aussi une déclaration comme quoi vous connaissez les risques et que, quoiqu’il arrive, vous ne pourrez pas vous retourner contre nous devant les tribunaux, nous dédouanant de toutes responsabilités en cas de problème de santé futur.

  • C’est… pas très rassurant tout ça pour être honnête.
  • Écouté, je comprends, mais ayez confiance, vous n’êtes pas le premier à servir de « cobaye », je déteste ce mot soit dit en passant, pour notre programme spécial. Personne n’a eu à se plaindre de nous, d’ailleurs vous ne nous connaissiez même pas avant notre prise de contact non ?
  • Non en effet mais si vos cobayes sont forcés au silence…
  • Y en a toujours pour se plaindre, ils s’en fichent d’avoir signé tel ou tel papier. Si on faisait quelque chose de dangereux, vous pouvez être sûr que vous en auriez entendu parler.
  • Oui…
  • Et d’ailleurs, nous ne l’avons pas mentionné dans nos mails mais si vous signez ces closes, votre paix passera à 2 000 €.
  • Ah !
  • Oui ! Ah j’adore vos têtes quand j’annonce cette info !
  • Effectivement…
  • Bon vous signez ou vous rentrez chez vous ? »

Je pris le stylo qu’il me tendait et, un peu anxieux, tremblant légèrement, j’apposai ma signature sur les différents documents.

« – Bien ! Bon cobaye ça ! Allez venez, on va commencer, suivez-moi ! »

Jaskiers

Une opportunité rêvée – Chapitre 2

Je descendais du bus après avoir pris le métro et changé deux fois de station. J’étais maintenant dans une banlieue limitrophe à la Capitale. Une banlieue… plutôt une sorte d’ancien secteur industriel désaffecté.

Je devais me rendre dans le seul bâtiment en bon état du secteur. Il n’était pas difficile à rater, c’était le seul peint d’un blanc immaculé avec d’imposantes fenêtres, qui semblaient tout juste installées. L’entrée était située sous un porche.

Selon les indications que j’avais reçues par mail, il me fallait sonner à l’interphone et dire mon nom. Ce que je fis.

Une voix robotique me répondit : « Fixer la caméra. Fixer la caméra. Fixer la caméra… » Elle n’arrêtait pas de réciter cela, je cherchais la caméra en levant la tête, pensant instinctivement qu’une caméra se devait d’être accrochée quelque part en hauteur mais je découvris qu’elle était insérée dans l’interphone.

Je fixais donc mes yeux sur la caméra, un buzz sonore retentit, le bruit se répercutant dans toute la zone, où peut-être était-ce dû à ce porche plutôt imposant.

La double porte vitrée de l’entrée s’ouvrît. Je rentrais. À ma droite était un guichet, où devait travailler les secrétaires à l’époque, mais pas de secrétaire derrière le bureau, non, mais une borne qui me demanda mon nom et de fixer la caméra, encore une fois.

Cela me prit une minute, j’eus le temps d’observer un peu l’intérieur de cette ancienne usine remise à neuf. Tout semblait avoir été repeint en blanc, sauf les portes, repeintes en noires. Le sol immense était carrelé et coloré en damier. Ce hall de réception était gigantesque, quelque chose me dérangeait, sûrement le fait d’être seul au milieu d’un si grand espace. En face de moi, de large et grandes fenêtres par où la lumière passait et se réverbérait contre les murs blancs immaculés. Il y avait des puissants néons produisant une vive lumière jaunâtre. Il fallait se rendre compte de la puissance de ces néons pour arriver à imposer leur lumière à l’immense espace déjà éclairé par la lumière du jour.

Le plafond était plutôt bas, je pensais, à raison, que cela signifiait que le bâtiment comportait plusieurs étages. Les murs latéraux comportaient bien au moins une dizaine de portes chacun, espacés symétriquement, et peintes de cet imposant noir de jais. Elles semblaient lourdes, blindées, leur poignée étaient massives. Et pas de petite fenêtres à ces portes, ce qui leur donnait un côté brute. Je constatais qu’il y avait, situé à côté de chacune de ces portes, une sorte, je présumais et encore avec raison, de lecteur de carte.

Je n’eus pas le temps pour cette première visite d’observer un peu plus cet étage car une des porte s’ouvrît brusquement, je ne pu voir laquelle car mon attention se fixa sur l’homme en blouse blanche qui approchait d’une démarche assurée et faisant raisonner chacun de ses pas dans le hall.

Jaskiers

Un coma et puis…

Fiction

Je suis réveillé depuis plus de 24 heures, d’un coma, apparemment.

Personne, seulement le personnel de l’hôpital était à mon chevet à mon réveil.

Le médecin m’a demandé si je me souvenais de ce qu’il s’était passé. Je n’ai aucune idée de comment je suis arrivé ici, pourquoi je suis sortie d’un coma et surtout comment j’y suis entré.

Quand j’ai demandé pourquoi, comment je m’étais retrouvé ici, ils me répondaient qu’ils ne pouvaient rien me dire. La police devait venir me poser des questions.

Un accident de voiture ? Une agression ? Un accident quelconque ? Personne ne voulait me dire les raisons de mon putain de coma !

La police arriva quelques heures après mon réveil, j’étais fatigué, encore alité, je le suis encore d’ailleurs.

Les policiers sont arrivés, un, grand et gros, et une jeune femme, le gros était l’archétype du flic bourru. La jeune était très fluette, maigre comme un clou.

Même pas un bonjour, directement aux questions :

« – Bon, on va faire vite, vous rappelez vous de quelque chose ?

  • Avant le coma ?
  • Évidemment ! » Répondit le gros flic en roulant des yeux.

Il ouvrit promptement son carnet, appuya sur son stylo et le donna à la jeune femme flic.

« – Reb’, tu notes d’accord ?

  • Oui chef.
  • Oui, donc avant le coma, vous rappelez vous de ce qui s’est passé ? Ce qui vous a amené dans ce lit.
  • Je ne sais même pas combien de temps j’ai passé dans le coma ! Les médecins n’ont pas voulu trop m’en dire.
  • 2 mois, répondit la flic.
  • Reb’ ! Fermes-la ! C’est moi qui parle avec le suspect !
  • Suspect ? De quoi ?
  • Justement, vous rappelez-vous de quelque chose, un détail ?
  • Je ne sais rien… je sais même pas ce que je… écoutez, je me suis réveillé, je ne me souvenais que de mon nom et prénom, mon adresse et l’année. Le reste je ne me rappelle plus de rien monsieur l’agent…
  • Tu notes Reb’ tu notes.
  • Oui oui.
  • Ecoute-moi bien le comédien, dis-moi maintenant ce qui s’est passé, et tu auras beaucoup moins de problèmes.
  • Mais je vous dis que je ne me rappelle de rien !
  • Ça t’arrangerait !
  • Mais qu’est-ce qu’il s’est passé !
  • Dite-le-nous !
  • Mais puisque je vous dis que je n’ai aucune putain d’idée…
  • Restez poli !
  • Bien dis Reb’ mais occupes toi de noter.
  • Je me réveille d’un coma de 2 mois, aucun souvenir de ma vie d’avant à part le plus important. Mon adresse, prénom et nom. Le reste je ne me souviens de rien. Vous n’avez qu’à parler au médecin.
  • Justement, il nous a dit que les souvenirs allaient sûrement revenir, tout doucement. Mais je t’ai connu moi, enfin le toi d’avant. Tu étais un sacré connard !
  • Dite m’en plus…
  • Ce serait te faire un trop beau cadeau salopard !
  • Partez, je ne suis pas en état d’arrestation n’est-ce pas ?
  • Oh non, ce serait trop beau !
  • Laissez-moi, je n’ai rien à vous dire car je ne me rappelle de rien. Notez ça agent Reb’, suspect ne se souvient de rien.
  • Je n’ai pas d’ordre à recevoir de vous !
  • Exactement ! Petit salopard, tu sais quoi, c’est Dieu, dans sa miséricorde, qui t’a enlevé tout souvenir de ta vie d’avant.
  • J’ai… putain mais vous allez me dire ce qui s’est passé pour que je finisse ici.
  • Disons… certaines personnes parleraient de Karma.
  • Oui d’accord, j’ai bien compris mais qu’est-ce que j’ai fait ?
  • Je vais respecter mon Seigneur qui, par la perte de mémoire, vous préserve d’être tourmenté par… votre ancien vous.
  • S’il vous plaît !
  • Ok Reb’, on y va !
  • Mais attendez… »

Les deux policiers partirent et je restais seul. Je m’endormis, aucun rêve.

Après des examens, IRM, scanner, les médecins confirmèrent que ma perte de mémoire pouvait se soigner facilement avec une thérapie et un traitement, et surtout beaucoup de repos.

Je ne veux plus me souvenir de ma vie d’avant.

Le gros flic a sûrement raison, si le destin a décidé cela, peut-être mieux vaut-il que je vive sans souvenirs.

Je me suis réveillé avec le journal sur la table de chevet ce matin. Je l’ai pris. Un encart était entouré au crayon fluo :

« Le principal témoin dans l’affaire des policiers « ripoux », Joseph A., victime d’un grave accident de voiture quelques jours avant sa déposition au tribunal, se serait réveillé hier, deux mois après son accident.
Des sources nous apprennent qu’il souffre d’amnésie temporaire.
Un sursis pour les « ripoux » ? Rien de plus sûr, car à en croire nos sources, la mémoire de Joseph A. pourrait revenir. Mais est-ce que sa déposition sera crédible aux yeux du jury ? Là encore, rien n’est sûr. »

Cette nuit j’ai entendu du bruit, comme quelqu’un faisant des allers-retours dans le couloir, devant ma porte. Je pensais que c’était un infirmier, quelqu’un de garde. Je pense maintenant que ce n’était pas un infirmier. « Ils » ne prendront pas le risque de laisser ce témoin gênant recouvrir la mémoire.

Et je ne peux pas m’enfuir et encore moins me défendre.

Jaskiers

Les maux violets

C’est dans le domaine onirique que l’anxiété se déploie dans sa plus forte forme. Cauchemars qui se répètent de nuit en nuit, d’une régularité effrayante, la plupart du temps indescriptibles car au réveil, il ne me reste que des images floues et incohérentes mais surtout, il me reste ces sensations d’angoisses terribles.

J’imagine, quand je suis éveillé, une vapeur de couleur violette très sombre qui est tapit dans mon estomac et dans les moments d’angoisses terribles, cette vapeur se propage dans mes bras, mes jambes et le reste de mon corps. Elle stagne dans mon ventre la plupart du temps, se nourrissant de tout les petits tracas du quotidien, de la douleur physique et des angoisses. Un feu grégeois qui attend les moments opportuns pour enflammer mon esprit et mon corps dans les temps où j’ai le plus besoin d’être serein. Donc serein, je ne l’ai jamais été. « Il ne sert à rien de s’inquiéter » est la phrase que je reçois souvent en guise de conseil. Si seulement c’était si simple !

J’ai essayé, il y a longtemps, de méditer. J’ai lu pas mal de blogueurs ici en parler, de la méditation.

J’essayais de m’installer confortablement, de faire attention à ma respiration. Tout ce que je ressentais, c’était cette vapeur qui languissait tranquillement dans mon ventre. Elle me montait à la tête et mes pensées se mettaient à vagabonder dans mes souvenirs les plus terribles.

Elle m’empoisonne, cette « vapeur » et je dois vivre avec.

Je réalise que je ne peux être totalement détendu. Impossible. Physiquement et mentalement. Rien ne m’apaise à part mon traitement.

Mon corps ne peut pas se détendre, mes muscles et mes nerfs sont constamment en feux, empoisonnés par cette entité colorée mais invisible au yeux et ressenti d’autrui. Je suis toujours crispé. Un kinésithérapeute m’a un jour dit qu’il n’avait jamais vue de personne si nerveuse, si tendue à un si jeune âge.

Mon corps, et je présume, mon psyché, sont toujours sur le qui-vive. Essayer de me relaxer est impossible car mon corps est habitué à cette tension permanente et me relaxer semble un danger pour mon entité physique et, peut-être aussi, psychique. La normalité, ma normalité, c’est la tension permanente.

Je ne peux rester à ne rien faire, il faut que je sois toujours occupé à quelque chose. Lire, écrire, aller sur internet, regarder un film ou une série, jouer à un jeu-vidéo. Je ne peux rester sans rien faire car la vapeur se répand dans mes membres et mes pensées s’affolent et m’angoissent.

Je ne peux rester seul avec moi même qu’avec l’écriture. Mon esprit fonctionne, mon corps bouge pour écrire. C’est une introspection, la seule que je puisse pratiquer ayant un impact positif sur ma vie.

C’est pour cela aussi que mes récits de fictions s’avèrent violents. Je m’adonne à l’exorcisation de mes peurs, angoisses, souvenirs, inspirations du moment.

Je pense parfois que derrière ma dépression aiguë, mon anxiété, mes névroses, se cache une maladie non-diagnostiquée. J’ai ma petite idée sur ce dont je crois pouvoir souffrir mais, pour l’instant, après avoir parlé avec des professionnels, rien n’est sûr. J’espère avoir raison et poser une bonne fois pour toute un nom sur mon mal-être perpétuel.

Est-ce que je vis par procuration avec mes lectures ? Oui. En grande partie même. Et je pense que chaque lecteur, chaque personnes qui prennent le temps de lire un livre vivent par procuration, le temps de leur lecture.

Est-ce un mal ? Je préfère ça plutôt que d’autres méthodes plus violente, tel la drogue ou l’alcool ou tout autre addiction.

Lire, une addiction ? En tous cas un besoin. Je ne m’imagine pas passer une journée sans lire une page d’un livre. Depuis 10 ans, tous les jours, j’ai quelque chose à lire. Je ne dois pas lire, ce n’est pas une obligation, c’est plutôt un plaisir, quelque chose que je m’accorde à moi-même.

Pendant la lecture, le feu grégeois s’évapore, lâche mon corps et ne préoccupe plus mon esprit. Pendant l’écriture aussi parfois mais je l’utilise aussi pour m’aider à créer. Faire d’une tare un atout, ou du moins essayer.

Le futur est incertain, pour moi. Mon corps vieillit, les choses ne sont plus aussi simples qu’avant, elles deviennent parfois même plus difficiles. Parfois, une simple broutille devient une terrible épreuve pour ma petite personne. J’ai réalisé que je n’était pas le seul. Nous sommes tous de grands acteurs et actrices pour cacher nos névroses. Nous avons tellement peur d’être vulnérable, ou de se montrer vulnérable au yeux des autres. Nous sommes humains, je crois, et personne n’est invulnérable, tout le monde a ses faiblesses. Mais l’avis et le regard des autres nous obligent à tout cacher. Et si on a de la chance, parfois, cela arrive, on peut trouver quelqu’un avec qui vous pouvez baisser la garde. SI on a de la chance. Et si nous-même pouvons accepter et comprendre les peurs et les faiblesses d’autrui.

Maintenant, je vis, tant bien que mal. Et tant qu’il y a de la vie… vous connaissez la suite.

Jaskiers

Abercrombie Writing prompt 5 – Coup de stress

L’heure de cours de français était enfin finie, il nous restait encore une heure à tiré. Nous avions le droit à une petite pause.

Toute l’heure passée avait été dédiée à « L’assommoir » d’Emile Zola. Je n’avais pas lu entièrement le livre, que nous devions pourtant avoir lu pendant les vacances. Quelle panacée que cette lecture !

Je me rappelle l’avoir lu jusqu’à la moitié, un peu plus peut-être. Tous les soirs avant de me coucher, très tard, je lisais ce que je pouvais, et je n’aimais pas le livre. Bien que j’eus beaucoup apprécié « Germinal », « L’assommoir » était vraiment un… assommoir.

J’ai toujours eu un soucis avec les livres données à lire au lycée. Au collège et même en primaire, je me rappel avoir lu des ouvrages intéressants qui me marquent encore. Mais le lycée semblait vouloir vous dégoûter de la littérature. Et puis, je n’aimais pas ma prof. Je crois que c’est la seule prof de français que je n’ai pas aimé. Quelque chose ne passait pas avec elle. Je ne pouvais pas la voir en peinture, ses cours n’étaient pas forcément mauvais mais elle ne dégageait pas la passion qu’avaient eu mes autres professeurs. Elle avait sa façon à elle de faire son cours, ça plaisait ou ça ne plaisait pas. Moi, ça ne me plaisais pas.

Toujours est-il qu’en essayant de me lever de ma chaise pour sortir dans le couloir, la tirette (petit bout de métal pour ouvrir ou fermer la fermeture éclair) de mon jean s’est coincée entre les lattes de ma chaise.

Donc en me levant, la chaise était collée à mon fessier.

Autant dire que j’ai eu une sacré bouffée de chaleur. J’essayais d’enlever la tirette, mais impossible. Comment j’avais réussis à emmêler ce petit truc dans ma chaise ? Il fallait que je me presse un peu car les élèves sortaient de la classe, j’allais me retrouver seul, avec madame la prof de français.

Déjà, la honte et puis elle aurait l’occasion de parler avec moi. C’était le genre de professeur à étaler votre vie privée, très privée, devant la classe. Sans gênes aucunes !

Et puis mes copains qui m’attendaient à la sortie n’auraient pas manqué l’occasion de se payer ma tronche. Aucunes pitiés !

Je mis ma main sous la chaise, pressa la tirette, la remettant droite, qui libéra enfin mes fesses de la chaise.

Je croisait le regard curieux de la professeur. Non je n’étais pas resté pour vos beaux yeux.

Je sortis dans le couloir, c’était une petite pause de cinq voir dix minutes entre deux heures de cours.

Mes camarades remarquèrent que j’étais un peu bizarre. Je donnais l’excuse de la fatigue du cours sur ce foutu livre, que j’avais bien besoin d’une pause.

Les minutes passèrent rapidement. Nous rentrâmes dans la classe. Elle allait interroger un élève, au tableau, poser des questions, voir si il avait bien lu le livre et bien sûr, c’était noté.

Je détestais, j’exécrais, ce genre de chose. Comme vous sûrement, mais une peur panique m’envahissait à chaque fois que je devais faire ce genre de chose. J’ai toujours détesté l’oral à l’école. Et encore plus avec une prof qui n’allait pas hésiter à faire remarquer à toute la classe que j’avais l’air très stressé. Et surtout, à ce moment précis, je n’avais pas lu entièrement le livre, et j’étais tellement peu passionné par sa lecture que je n’y avais pas compris grand chose.

Après avoir annoncé ça, elle fit ce que tout professeur digne de ce nom fait ; balayer la classe du regard.

La règle dans ce genre de situation, ne pas croiser le regard de la prof. Le visage neutre. Tout le contraire de ce que j’ai fais.

J’entendis la sentence : Jaskiers, allez, au tableau !

Je ne réfléchis même pas. Je me lève et je sens la chaise se lever avec moi. Cette fichue tirette était encore accrochée à mon derrière !

Mon cœur manqua un battement, ou presque. Vous savez cette sensation que vous allez sacrément être humilié devant plus de 30 personnes ? Personnes que vous devez vous coltiner tout les jours en plus de ça.

Je me rassis rapidement, prétextant ranger un truc dans ma trousse. Mais comment vais-je enlever cette chaise accrochée à mon jean sans que personne ne le remarque.

Et puis, la providence intervint !

« – Madame, vous aviez dis la dernière fois que je pouvais faire l’interro oral pour le livre

– Ah mais oui Camille ! Comment on dit Jaskiers ? Sauvé par le gong ! »

Que Dieu et tout ses Saints soient loués ! Mon corps relâcha la tension extrême dans laquelle il était. Mon esprit se déconnecta du présent, occupé à enlever la tirette d’entre l’interstice entre les deux planches de la chaise. Ce qui fut fait en moins de deux, comme si j’étais habitué.

Je chéris ce moment, remercie encore après toutes ces années Camille, la seule personne qui semblait aimer se faire interroger devant toute une classe par une professeure sans tabous ni pitié.

Je n’ai toujours pas lu l’Assommoir.

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 4

Index : Chapitre 1Chapitre 2 Chapitre 3

Rappel : California Rocket Fuel est une FICTION

Me revoilà chers lecteurs et lectrices.

Là, on est en voiture, sur le chemin du retour. Déjà j’anticipe la petite engueulade pour savoir qui de nous deux va monter les courses. Ces petites choses de merde de la vie quotidienne m’énervent. Ma grand mère avait coutume de dire que la vie était comme une tartine de merde, on en mange un peu tous les jours. Joël Robuchon (qu’il repose en paix) l’a bien garnis ma tartine, parfois je pense que s’est plutôt Maïté qui me l’a tartiné. Avec autant de classe et de délicatesse que quand elle assommait des anguilles…

Mon traitement, le California Rocket Fuel, l’essence de fusée californienne, est une foutue blague de merde. Censé être un remède contre les insomnies sévères et tenaces ainsi que la dépression aiguë et ses névroses, n’est en faite en rien un truc qui vous fait décollez votre gros cul du canapé. C’est tous l’contraire en faite. Vous dormez d’un sommeil chimique, vous vous réveillez la nuit, le matin, c’est comme une petite gueule de bois. En faite toute la journée est une sorte de gueule de bois où vous avez faim, tout le temps, vous avez la bouche sèche, tout le temps, vous avez la tête lourde, tout le temps, vous êtes fatigué, tous le temps. Les psychiatres sont de sacrés comiques parfois. « Il faut que vous sortiez monsieur Telemaque ». Mais quand t’as l’impression que tu vas tourner de l’œil n’importe quand, t’as pas envie non. T’as pas envie de tomber dans la rue, de rameuter des gens, de finir dans l’ambulance du SAMU ou des pompiers et devoir tout leur expliquer. Non, j’suis mieux chez moi.

Un jour j’ai entendu dire, et là honnêtement je ne me rappel plus où et par qui j’avais entendu ça, que les psychiatres étaient aussi fous que leurs patients. Enfin y’a un truc bizarre avec les psy. D’entre nous tous, ce sont ceux qui devraient être les plus heureux car ils savent quoi faire quand il ne vont pas bien psychologiquement et s’autosoignent ou un truc dans le genre mais je suis sûr que ce n’est pas le cas. On fonctionne bizarrement nous les humains. J’pense que c’est le libre arbitre le problème. On réfléchit beaucoup trop. En faite on réfléchit plus que nécessaire et on se fout un bordel monstre dans le cerveau. Comment dit l’adage déjà, « les cordonniers sont les plus mal chaussés » ?

Toujours est-il que le trajet se fait sans parole. Musique en sourdine. On ne se parle pas, on anticipe l’engueulade. Moi j’ai pas envie de me défoncer le dos à monter les courses mais en même temps je ne veux pas tout laisser à la demoiselle. Mais j’ai payé moi. Ouai c’est ça que j’lui dirais. C’est batard mais je ne sais plus communiquer comme il faut. Ou c’est dans ma nature et on peux rien y changer. Et en ce moment, j’aime blesser verbalement.

Comment elle peut rester avec moi, ça s’est un mystère. Je pense qu’elle doit avoir un autre gentlemen et je ne serai même pas en colère de l’apprendre. J’aurai sûrement fais la même chose. Elle ne reste pas avec moi pour l’argent, ça s’est sur, pour ma beauté, encore moins car je grossis à vu d’œil, pour ma personnalité ? Ah la bonne blague ! Si je pouvais me dédoubler je me mettrai une raclée à moi-même ! Et pour ce qui est du sexe, z’avez sûrement pas couché avec un type sous traitement anti dépressif, parce que c’est une tragi-comédie qui fini souvent par une gêne, tellement gênante que dormir est la seule activité au lit. Sa craint n’est-ce pas ? Enfin je vous en avez déjà parlé au premier chapitre. Je me répète, le traitement donne des trous de mémoires. 30 piges et déjà des symptômes de vieux.

Elle mérite une médaille ma copine comme on dit par ici.

Et nous prenons le dernier virage pour arriver à l’appartement. Des regards de biais. Qui va dire quoi ?

Je me dévoue, je lui propose de partager.
Elle répond oui sans sourciller. Et une fois dans l’appart’, il va falloir tout déballer et ranger. Et j’ai pas envie. Je poserai les sacs et j’irai me vautrer sur le canapé, fidèle ami du dépressif. Et je foutrai ma tronche dans les coussins. Et si je me fais engueuler, et bien j’ai l’habitude. Je le mériterai dans un sens. Je me morfondrai mais ne m’excuserai pas. Jusqu’aux soir, l’heure de bouffer où une autre engueulade risque de s’imposer pour savoir qui fait à bouffer et quoi. Le mieux en début de mois et qu’on a de la thune, c’est qu’on se commande un uber-eat, on se fait livrer par des jeunes gens exploités et on graille comme des morfales.

La race humaine est une sale race. On bouffe pendant que les autres triment et meurent de faim pour nous amener notre manger.

On descend de la voiture. Ça caille. Je jette un œil sur le voisin voyeur mais il est pas là, peut-être a-t-il découvert le porno gratuit sur internet. Et les autres mégères derrières leurs rideaux, on ne peut que supposer qu’elles sont là. Mais je sens des yeux qui me m’observent de partout.

Je demande à la dame de se dépêcher, elle fait se qu’elle peut. Je le sais mais c’est plus fort que moi. Vite, mon petit confort d’occidental privilégié !

J’ouvre l’énorme porte de notre immeuble.

Je vais regarder le courrier, je dis. Comme si c’était un incroyable acte de bravoure. C’en est un pour moi. Limite une preuve d’amour. On donne à l’être aimé ce que l’on peut. C’est-à-dire par grand chose personnellement.

Bien sûr, un tas de pubs que je ne regarderai pas, mademoiselle non plus. Je lui dis qu’il faut vraiment qu’on pense à mettre un stop pub ou un truc comme ça. Ça nous donnera un air « écolo » respectable devant les voisins.

Elle acquiesce et on grimpe l’étage. Devant la porte j’ai un sentiment, pas de sécurité, mais que je retourne où je suis censé être. A l’intérieur chez moi à ne rien foutre, à me morfondre et à comater. C’est ma vie, c’est comme ça. Une fatalité ? À vous de voir, mais honnêtement, votre opinion je m’en fous. Enfin peut-être que non. Je m’en fous un peu. Mais j’vous aime bien quand même hein ?

On se retrouve au prochain chapitre, le dernier, vous avez lu jusqu’ici, vous n’allez pas rater la fin quand même si ? Finissez ce que vous avez commencé ! Et faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Jaskiers

California Rocket Fuel – Chapitre 3

Index : Chapitre 1Chapitre 2

Rappel : California Rocket Fuel est une fiction

Vous êtes encore là chers lecteurs et lectrices ? Z’avez pas mieux à faire ? Fermer cette page et soyez un membre productif de la société, allez travailler et surtout payer vos impôts car c’est à ça qu’on sert au final, les employés de l’état, qu’importe votre métier. Si vous êtes malade, on veut vous soignez le plus vite possible non par bonté mais parce qu’il vous faut retourner travailler pour payer vos impôts. Et ceux qui gagnent des milliards et payent moins d’impôt que l’infirmière ? Ou mieux qui ne paie rien du tout (coucou Amazon) ? On s’en fiche, si t’es riche, tu peux faire ce que tu veux dans ce monde.

Pour ceux qui restent, et bien je ne vous juge pas. Merci d’avoir arrêter votre vidéo porno pour me lire.

Enfin on rentre dans le Super U, les trucs de sécurité n’ont pas sonné. Y’a le gel hydroalcoolique à l’entrée, ma demoiselle de dire :

« Ils vont finir par nous le faire boire ce gel !

Trump voulait nous mettre des lampes UV dans le derches donc je serais pas étonné qu’on nous le propose. D’ailleurs je fais pas la troisième dose c’est mort, on parle déjà de la quatrième. J’sais bien que l’acupuncture c’est une bonne thérapie mais on va se calmer. Et puis ça va bien se calmer un jour hein ?!»

Directe à l’entrée, y’a des galettes, j’m’y précipite mais y’a déjà une vielle sur mes talons, j’vois frangipane, j’en prends trois, j’laisse rien à mamie après tout elle va peut-être nous faire un arrêt cardiaque et personne les bouffera ces galettes donc je suis légitime. Jeune, con et insolent en plus de ça !

Bref on continue, rayons gâteaux. Je jette un œil sur mes galettes et je vois que c’est marqué sur l’emballage ‘frangipane aux amandes grises´. Amandes grises ? Jamais entendu parler de ça et j’ai ce mauvais pressentiment tu vois, que c’est pas la bonne frangipane foutrement putain de normale ! Qu’est-ce qui s’est passé avec les galettes cette année ? Sérieusement ! On peux pas avoir une foutue galette à la frangipane NORMALE !

Merde, le virus, mon cerveau en bouillit, ma copine au bout du rouleau qui veut pas me le montrer et en plus pas foutu de trouver une galette des rois digne de ce nom !

J’pose la question à ma dame au cas ou, mais non, jamais entendue parler non plus d’amande grise… faute de mieux, je garde. En plus j’ai pas envie que mamie se réjouisse de ma déconvenue donc.

Rayons bouffe, je prends des brioches aux pépites de chocolat, deux marques différentes, des PIMs framboises, ça s’est bon ! Jamais déçus. Quoi ? Qui a dis que c’était des gâteaux de vieux ?! Madame prends des céréales Trésor avec du chocolat dedans. Ça me fais bien envie aussi mais je digère plus le lait.

I’M LACTOSE INTOLERENT HAAAAAAAANN I’M A VALLEY GIRL YAH HAN HAN TINDER PREGNANT HAAANNN FUCK BOY MOI J’ÉCOUTE BILLIE EILISH TU VOIS QUOI J’SUIS DEPRESSED À MORT QUOI !

J’aime Billie Eillish au passage, et l’article n’est pas sponsorisé par kellogs, ok ? Bon continuons.

Le norset donne faim 24h sur 24. Ce n’est pas une plaisanterie. Je n’ai jamais eu si faim de toute ma vie. Non seulement ça donne faim, mais ça vous donne la gorge sèche. Et ça vous endors comme un somnifère, voir pire. Du coup vous mangez et vous dormez. Les kilos s’agglutinent à vitesse grand V. Ça ne vous rappelle pas une certaines drogue ? Cannabis ? C’est exactement la même chose. Parfois, j’espère que la France comprendra les effets thérapeutiques du cannabis. Mais on peut encore rêvé, par contre l’alcool, vrai poison, continue à détruire des vies et personnes ne dit rien. Enfin où on en était déjà ?!

Mademoiselle, prends aussi des gaufres nappées de chocolat. Et puis un autre truc mais j’regarde pas. J’ai des moments de déconnexion voyez vous, on peux me parler, j’écoute, mais je comprends pas. C’est comme si l’interlocuteur (interlocutrice aussi je vous oublie pas mesdames) parlait un langage barbare, un charabia. Donc je souri niaisement j’dis « Ah ouai… oui » et j’espère que c’était une réponse adéquate parce que sinon la personne va répéter ce qu’elle a dis et se demander ce qui va pas chez moi. C’est naturel on juge, on est tous de sacré connard quand même !

On va à la caisse, bien sûr, des articles seuls sur le tapis en face de nous. La caissière nous dit que la femme devant nous est partie à sa voiture mais nous fait passer quand même. Cool.

Je paie finalement, le sans-contact marche pas, ça m’aurait étonné. J’enfonce ma carte dans le lecteur, ça mets carte muette, pas étonnant non plus. J’attends que la caissière appuie sur un bouton pour que le lecteur se remette à la normale. J’essuie ma carte avec ma veste en espérant que ça passe.

Oui !

J’tape mon code et j’attends de voir si mon paiement passe. Toujours cette crainte d’être à sec sans le savoir bien que je sache que je ne le suis pas.

Ça passe ! Et non madame vous pouvez garder le ticket. Merci au revoir, à vous aussi, bonne journée, au revoir. Merci.

On sort, j’ai même pas stressé à cause des portiques antivols.

On fourre tout dans le coffre, madame, prévoyante avait mis des sacs au cas ou et elle a bien fais. Que ferais-je sans elle ?

Et ça repart comme en 14. Direction la maison.

On se revoit au prochain chapitre n’est-ce pas ? Merci !

Jaskiers

J’approche doucement mais sûrement de mes 27 ans et…

Dont expect me to die for thee.

27 ans, c’est l’âge où beaucoup de mes héros ont disparus.

Cobain, Morrison, Joplin, Hendrix.

J’ai découvert sur le tard Morrison, disons vers 20 ans. De même pour Janis Joplin et Hendrix. J’ai même appris la guitare seul dans l’espoir que cela m’aiderai à m’occuper l’esprit, ne pas trop réfléchir. J’ai vite progresser, je n’avais qu’une guitare sèche ce qui limitait pas mal l’univers musical que je voulais réinterpréter. Mais je pouvais (j’ai arrêté il y a 3 ans après ma dépression aiguë) jouer Smell like teen spirit, et la cover Nirvana de The men who sold the world et quelques autres passages de morceaux divers. Ceux qui son guitariste me diront que ce n’est pas grand chose mais en 1 ans de pratique sans professeur, je crois que c’est plutôt pas mal.

J’ai lu deux superbes biographies, une sur Jimi Hendrix et une autre sur Jim Morrison, toutes les deux des éditions Folio. Je vous les conseils.

Le film Feast of friends réalisé par Morrison est pas mal mais Jim n’as jamais eu vraiment le temps de le finir ni de le peaufiner.

Vient maintenant le cœur de l’article. Nirvana, que j’écoute je pense depuis mes 11 ans. À l’époque, je n’avais pas internet, juste un vieux CD de Nevermind. Ce que je savais de Kurt et ses acolytes venait des grands du collège qui arboraient avec fierté des patchs au Nirvana, de Slipknot, de Korn. Des jeunes gens qui bien que gentils ne se laissaient pas faire et préféraient rester en groupe. J’ai souvent été ami avec des gens plus âgé. J’ai passé la plupart de mon enfance en cité, et en cité, on apprend des grands.

Et puis j’ai perdu mon grand frère. Il avait 18 ans. Il aurait eu 34 ans aujourd’hui. Il était mon héros. L’homme le plus important de ma vie, mon modèle, était parti. Brusquement, sans dire au revoir. Les meilleurs partent les premiers comme dirait l’autre mais plus j’y pense, plus j’y crois. Ça pue sacrément les excréments de vaches si vous lisez ça à 80 printemps. (Je plaisante bien sur.)

Je pensais mourrir à mes 18 ans comme mon frère, vivre plus longtemps aurait été le trahir. Mais les années sont passés foutrement vites et me passer la corde au cou, me foutre sous un train, m’ouvrir les veines, c’était beaucoup trop dur à faire pour moi. On peux penser ce que l’on veut du suicide. Je ne l’encourage pas. Certains disent que c’est lâche, je ne débattrai pas là dessus, mais passer à l’acte, vous enlevez votre propre vie, c’est pas si facile que ça. Il doit y avoir le côté reptilien, primaire, au fond de nous qui bombarde notre cerveau de je ne sais quelle matière chimique pour vous en empêcher. Dans ce cas pourquoi pas les médicaments et l’alcool ? C’est casse gueule l’ami. J’en ai vu beaucoup, en faite tous, se rater. Ratage signifie hôpital psychiatrique, et un séjour là-bas les ami(e)s, c’est peut-être ce que vous avez besoin pour, qu’une fois sortie vous preniez un flingue et le mettez dans la bouche. Là encore vous pouvez vous rater, l’instinct de survie, paraît-il, ferait que par réflexe de conservation la main peut dévier le pistolet au moment où vous appuyez sur la gâchette. Vous retrouvez défiguré dans un hôpital psychiatrique. Aucun moyen de partir. À part peut-être avec l’aide d’un Jack Nicholson, et encore.

Putain qu’elle tangante j’ai prise cher lecteur, toujours est-il qu’à 18 ans, j’étais occupé à me saouler tous les week ends, à faire les 400 coups, trouver des remèdes contre la gueule de bois (jamais vraiment trouver, je peux la réduire mais pas la faire disparaître), conquêtes amoureuses qui ne mèneront strictement nul part, car j’étais un connard il faut le dire.

Passé le cap de ces 18 ans, il me fallait un autre héros. Je suis revenu à Nirvana. Avec internet, j’en avais déjà appris un peu plus sur Cobain, Krist et Dave. Quand l’argent a commencé à rentrer, j’ai cassé ma tirelire, acheté les CD qu’ils me manquaient. Puis est arrivé « Montage of Heck » que j’ai acheté. Dvd et livre. Et l’attachement à un nouveau héros s’est fait naturellement.

Cobain, était loin d’être juste un Junkie suicidaire que le premier venu qui n’écoute et ne connaît que Smell Like Teen Spirit aime à la dire. J’ai découvert quelqu’un qui pouvait remplacer mon frère. Mon frère et Cobain sont différents sur beaucoup de plan. En faite totalement. Ce n’est pas parce que j’ai pris Cobain pour héros que je me suis mis à l’héroïne, la coke. La seule « drogue » que j’ai pris était du Shit, que je déteste, et de la Marijuana que je porte plus dans mon cœur même si le conditionnement dans lequel j’ai grandit, c’est à dire drogue = prison, m’a empêché de trop en consommer. Cela fait peut-être 5 ans que je n’en ai pas fumer et je n’étais vraiment pas un gros consommateur, du tout. Ça, et surtout l’alcool les week-ends, a été remplacé par le Xanax et les antis-dépresseurs. Le xanax c’est légale, l’herbe non. Allez savoir pourquoi.

Cobain et Burroughs dans le jardin de ce dernier.

J’ai ouvert du William S. Burroughs grâce à Kurt. Allen étant l’écrivain préféré de de Cobain.

Burroughs et Cobain dans la maison de William.

Burroughs m’a ouvert les portes de la Beat Génération, Kerouac et tous le gang. Les portes de la littérature américaine se sont ouverte, les unes après les autres, toujours un nouveau livre à me procurer. Qu’est ce que j’ai lu. On dirait pas hein ? Mais je vous promet que j’ai dépensé des milliers d’euros en livre. Mon bureau de travail était rempli de bouquin comme l’était la chambre de Morrison.

Burroughs et Cobain.

Les années ont finalement passées, avec d’autres événements et drames que j’ai déjà conté précédemment sur le blog, et j’arrive à 27 ans dans quelques jours. J’ai laissé mon frangin sur le bord de la route en restant en vie tout se temps. Il me manque et le deuil n’est toujours pas fait.

Passé les 27 ans dans quelques semaines, j’aurai Cobain dans ma tête. Pourrais-je encore écouter sa musique, son travail ? Dive, Plateau, Scentless apprentice, The men who sold the world, Polly, Pennyroyal Tea, Jesus doesn’t want me for a sunbeam, Dumb, Lake of fire, All apologies, Radio Frendly Unit Shapeshifter, Lithium, Stay away, Something in the way, Breed, Aneurysm, School, About a girl, Been a son, The money will roll right in, D-7, Territorial Pissing… (Pour les puristes, je sais qu’il y a beaucoup de covers, notamment The Vaselines, ne me brûlé pas dans les commentaires…)

Kurt restera dans chacun de mes écrits, c’est à cause de lui que j’écris. Kurt tenait des journaux intimes, on appellerai ça Scrapbook si vous étiez une influenceuse Instagram trop fashionnable aujourd’hui. Un de ses journaux intimes est en vente, disponible partout. Je l’ai lu, j’ai décidé de faire pareil, ça va faire 7 ans que je tiens un journal intime, 5 minutes d’écritures après la cigarette du matin (je sais fumer c’est mal.) Un moment pour moi.

Je n’aimerai pas que quiconque lise mes journaux, je présume que pour Kurt, ce serait pareil… Je me suis sentie comme un voyeur, mais en même temps ça m’a donné envie d’écrire. Une thérapie. Il m’a ouvert un monde que je ne pensais jamais ouvrir. Pour compenser cette gêne d’avoir lu son journal, je n’ai jamais lu entièrement sa lettre de suicide.

Si vous auriez dis au moi de 15 ans, que dans 10 ans je lirai 3 heures par jours en moyenne avec l’envie d’écrire aussi. Cet ado de 15 ans vous aurait regardé avec des yeux ronds et serait retourné jouer à la console.

Mais ceci est comme cela.

Je ne me butterai pas à 27 ans. M’étant trouvé un Hemingway comme nouvel héros. De Kurt Cobain (et grâce à) je suis passé à Hemingway. Deux hommes que presque tout opposent, quoique…

Lui s’est tiré une balle a 61 ans. J’ai le temps de voir venir. J’aurai bien choisis un Abel Tesfaye, AKA The Weeknd, mais il n’est pas mort, Dieu merci qu’il le garde le plus longtemps possible avec nous.

J’avais écouté un neuro physicien dire que 27 ans était un âge pivot dans une vie. Une histoire de passage de l’enfant à adulte ou quelque chose de se genre. Un truc qui se passerai dans le cerveau (tous ce passe dans le cerveau à bien y regarder). Je prends cette information avec précaution, le type a sorti ça et d’une certaine manière je me suis dit qu’il n’avait peut-être pas tord. Mais tous le monde peut s’autoproclamer médecin sur internet.

J’ai qu’un vieil article tout pourri bourré de faute et mal organisé pour rendre un hommage à mon frangin le jour de son anniversaire.

Mais s’est Punk ça non ? Qu’elle était gênante cette question, j’ai honte de moi, je deviens vieux tout doucement. C’est moche.

L’art permet à beaucoup de personne de s’accrocher à la vie et de lui donner parfois un sens. En tous cas pour moi.

Et dire que Cobain détestait être un Role-Model…

Want’s some help, help myself.

P.S. : même si j’ai parlé de suicide, je ne vais PAS me suicider. Le travail que j’ai fais et que je fais encore sur moi même m’a éloigné définitivement de cette perspective d’avenir. Si on peux appeler ça une perspective. Si vous avez des idées suicidaires ou connaissez un proche à la limite de passer à l’acte, voici un numéro d’urgence : 0800 23 52 36.

Jaskiers