Un nouveau basculement [6-11-2024]

Normandie – 6/11/2024

C’est donc ce que nous sommes, ce que nous avons décidé pour le futur, un criminel, reconnu, condamné par la justice, est (re)devenu le chef du monde libre.

Moi qui pensais me réveiller devant une nouvelle page d’histoire pleines d’espoirs, d’une femme présidente des Etats-Unis, la première, mais encore une fois – l’Histoire se répète, j’ai coutume de le dire ici, je n’ai rien inventé mais ce n’est on ne peut plus vrai – je me lève pour voir que l’humanité en a décidé autrement.

Pas une femme hautement qualifiée, charismatique, capable, non, toujours pas. L’Amérique, qui me fascine, en a décidé autrement, elle déçoit, cette Amérique, encore. Je ne comprends pas comment l’on ait pu « hésiter » entre ces deux candidats. Pourquoi les Américains acceptent-ils, et veulent, un personnage des plus abjects à sa tête ? Faut-il laisser l’Amérique de côté ? En tant qu’Européen, je pense qu’il faut que l’Europe soit plus unie que jamais, donc forte. Qu’elle soit la puissance mondiale qu’elle est supposée être. Et laissez les Américains dans leur coin le temps que leur crise s’arrête.

C’est que j’ai l’impression que nous sommes entrés dans une autre dimension depuis quelques années. La fiction a maintes fois dépassé la réalité.

Jon Stewart a délivré un discours d’espoir, voyant la défaite de Kamala Harris devenir inévitable. Devant son discours émouvant, j’ai compris, qu’une fois encore il va falloir continuer à se battre. Pour que les femmes soient libres de faire ce qu’elles veulent de leurs corps, pour que nous réduisions notre impact dévastateur sur l’environnement, pour que nous ne cédions pas à la haine, ni à la peur. Il va falloir être courageux, et solide, face au racisme, à la xénophobie, l’homophobie, transphobie et j’en passe.

Nous arrivons bel et bien devant un carrefour, chacun va devoir choisir son chemin, son camp. Même moi, le nihiliste en herbe. Je suis moi-même à ma propre croisée des chemins. Comme mes héros littéraires, je compte bien mettre la plume là où ça fait mal.

L’éternel pessimiste que je suis ne va pas m’empêcher de me battre pour ce en quoi je crois. C’est dans les crises que je préfère sortir de ma coquille, pas quand tout va bien. J’aime la difficulté, car elle pousse à nous dépasser, à se confronter à soi-même autant qu’aux autres.

Je pense souvent à l’enfant que je n’aurai sûrement jamais, et quel monde je lui laisserais si je venais à partir. Je veux pouvoir me regarder dans la glace, et me dire que je n’ai pas laissé la bigoterie et la haine nous envahir.

Nous ne contrôlons pratiquement rien, nous voyons le mur, nous voyons que l’impact est imminent, mais, il y a une lutte, entre ceux qui pensent que ce mur nous détruira, et ceux qui pensent que ce mur n’est qu’une illusion. Mais quand les grands penseurs, les grands scientifiques de notre epoque, et même ceux d’avant, nous disent que le mur est réel, certains préfèrent écouter des illuminés, qui, sans preuve, aucune, utilisant la haine et la peur de l’autre, ont réussi à persuader monsieur et madame tout-le-monde que ce mur, ce n’est qu’une illusion.

Les freins ont été desserrés, nous fonçons à pleine vitesse dans ce mur. C’est là, qu’il va falloir trouver les moyens, des systèmes, pour ralentir, au minimum.

C’est une époque, comme tant d’autres , où il va falloir choisir son camp. Il n’y a plus de place pour attendre et observer, car c’est nous, le monde entier, qui sommes lancés à pleine vitesse contre ce mur. Et, pour moi, ce mur est on ne peut plus réel.

Les ceintures de sécurité ne seront d’aucune aide.

Jaskiers