Un rêve, la réalité (nouvelle)

Installé sur le toit de son immeuble en pleins centre ville, son tout nouveau télescope déployé et prêt à l’emploi, David sentait qu’il avait réussis quelque chose d’important.

Depuis gamin, avoir un télescope, c’était son rêve, qu’il dût oublier pendant longtemps. Son père et sa mère vivaient sur la corde raide niveau finance. Des sacrifices, il en fit beaucoup, mais il s’était promis que quand il serait grand, il aurait son télescope. Un bon, un vrai de vrai, de qualité.

Il dut attendre bien après ses années de fac pour enfin réussir à s’en acheter un.

Être devenu avocat d’affaires, c’était quelque chose, mais ce télescope qui n’attendait plus que lui pour observer l’Espace, c’était le symbole de sa réussite. Pas les diplômes ni les honneurs.

David avait beaucoup travaillé pour être là où il était. Tous ses sacrifices, ses efforts, ses soucis, tout cela l’avait mené ici. Sur le toit de l’immeuble de son cabinet d’avocat.

Les mains moites, légèrement tremblantes, les yeux légèrement humides dû à l’émotion autant qu’aux températures froides de cette nuit dégagée, il s’approcha enfin de son Graal. Le jeune avocat allait enfin voguer là où nul humain ne mettrait les pieds, du moins, avant très longtemps. Excepté la Lune. Ce fut d’ailleurs sa première cible.

Elle n’était qu’à son premier quart, mais l’excellente qualité du télescope lui renvoyait l’image claire des sinuosités, des cratères et des traits si distinctif de notre satellite naturel. Il arrêta là son observation de la Lune, se projetant déjà une nouvelle séance d’observation pour la prochaine pleine Lune.

Il s’écartait du télescope pour apprécier le moment qu’il venait de passer a admirer une petite parcelle de notre satellite naturel.

David s’ouvrît une bière, bu une généreuse gorgée, leva ses yeux vers le ciel étoilé. Tout ce qu’il voyait, il pouvait maintenant l’observer de plus près.

Sa prochaine direction, Mars.

Mars n’était pas la planète qui le fascinait le plus. Il préférait les anneaux d’astéroïdes d’une Saturne ou l’immense Jupiter. Mais Mars est la planète la plus proche de la Terre, et avec sa couleur rouge, on ne pouvait pas l’éviter.

Il entra sur l’application connectée à son télescope le nom de la planète rouge.

Et doucement, le télescope se dirigera de lui-même dans la direction de la planète.

Ce n’était qu’un test, il voulait rechercher lui-même les planètes, l’application était un gadget utile pour ceux qui étaient pressés, qui n’avaient qu’une faible connaissance de la Voie Lactée. Rechercher une planète par soi-même, c’était partir à l’aventure, rencontrer des constellations et autres beautés de l’Espace. Ce n’était que pour tester l’efficacité de cette application.

Et il s’avéra qu’il n’y avait pas de quoi se plaindre, le télescope était pile sur Mars. David n’avait qu’à ajuster et régler les différentes options offertes par son appareil pour observer Mars comme il le voulait.

Mais soudain, quelque chose d’étrange qui doucement semblait passer devant la planète rouge, fit son apparition.

David essaya de régler une nouvelle fois son télescope, mais cette masse étrange était toujours là, descendant lentement mais sûrement devant la planète rouge.

Il vérifiait si ce n’était pas un insecte qui se serait posé sur la lentille mais l’avocat ne trouva rien.

La masse recouvrait maintenant l’entièreté de Mars, qui disparut.

David alluma son téléphone, ouvra le réseaux social populaire du moment, tapa dans la barre de recherche ‘Mars’, voir si d’autres férus d’astronomie observaient le même phénomène que lui. Mais il ne trouva rien.

L’avocat n’avait pas eu tout le temps de s’être parfaitement informé sur l’utilisation de son télescope high-tech. Il pensait que le phénomène venait peut-être aussi de son manque d’expérience dans la manipulation d’un télescope.

En regardant une nouvelle fois dans le télescope, la masse avait laissé sa place aux reflets de rouge de Mars.

Le jeune homme n’eut pas le temps de savourer la planète martienne, la masse remontait, et en un rien de temps, elle cacha Mars une nouvelle fois.

Cette masse était plus proche cette fois, il put observer de légers reflets sur cette chose qui commençait à se dévoiler sur la lentille du télescope.

Une forme massive, ovale, avec des sortes de tentacules qui flottaient sous son corps.

Pourquoi ressentait-il que cette chose, il la reconnaissait ?

Il ouvrit sa serviette, sortie quelques dossiers de clients à la va-vite pour ressortir un livre de poche usé. « L’appel de Chtuhulu » de H. P. Lovecraft.

Un frisson lui traversa le dos, en levant son regard, il put voir la chose approcher. Plus besoin de télescope.

(À suivre ?)

Jaskiers

Parfois, souvent, je ne vous comprends pas.

C’est un monde étrange et beau que vous avez ici. Il y a tellement à découvrir, à comprendre. À explorer, à faire.

Mais c’est très curieux, votre, enfin, notre curiosité s’émousse rapidement. On préfère le divertissement à la recherche des questions qui vous, enfin, nous taraudent.

C’est comme si penser et réfléchir était trop difficile. On anesthésie cette douleur en s’occupant l’esprit de choses futiles, de choses qui ne nous font pas, ou peu, avancer.

Et toute cette diversité ! Parlons de la faune et de la flore. C’est incroyable, c’est presque un miracle si je peux oser le mot, que vous, enfin, nous soyons vivants.

Ici, tout est parfait. Je ne sais si nous avons été créés ou, plutôt, si nous avons évolué pour vivre sur Terre ou si c’est la Terre qui s’est adaptée à nous.

Par contre, cette obstination à vouloir s’autodétruire, l’autre et soi-même, nous pousse à détruire cet écosystème parfait. Tous les jours, vous, enfin nous, endommageons cette planète, nous le savons, mais nous continuons. Avons-nous tous, inconsciemment, l’envie de mourir ? On a pourtant peur de la mort, la plupart d’entre vous, enfin nous.

Et cette diversité humaine. Nous sommes différent mais il semble que nous soyons aussi tous connectés. C’est vraiment étrange cette impression d’être humain, et de se sentir humain avec des milliards d’autres personnes. Qu’est-ce qui nous rapproche avec tant d’intensité ? Nous sommes humains ! Tous, vous, enfin nous, appartenons à cette grande famille. Mais sentez-vous ce sentiment d’appartenance à quelque chose d’incroyable ? Même si vous détestez vos semblables, vous êtes humains comme eux, et connecté d’une manière qui dépasse encore nos connaissances de ce monde.

Mais vous, enfin nous, avons créé des frontières, nous nous sommes retranchés derrière des murs. Nous nous sommes entretués, et continuons à nous entretuer, à trouver chaque différences qu’il peut exister entre nous et à en faire un problème qui ne semble pas pouvoir se résoudre sans la violence. Mais pourtant nous sommes tous liés. Inconsciemment du moins.

D’où nous vient cette violence ? Est-ce parce que les animaux que nous sommes ont gardé, nichées aux confins de nos cerveaux, ces pulsions sauvages, cette loi du plus fort ?

La violence est votre, enfin notre, religion. Tout semble violence. Et pourtant, nous vivons dans un Eden ! Nous regardons vers d’autres planètes à la recherche d’une autre planète viable. Avons-nous déjà abandonné l’idée qu’avec quelques ajustements, nous pouvons vivre sur cette planète encore très longtemps ? Est-ce que nous nous sentons coupable ? Ou peut-être sommes-nous incorrigibles ? Programmés à détruire ?

Et pourtant, quelle inventivité ! Quelle prouesse dont est capable l’Homme ! Nous avons la possibilité d’évoluer dans les meilleures conditions, de faire de votre, enfin notre, planète une utopie.

Le plus grand mystère de l’Univers, c’est nous ! Et nous sommes divisés sur la raison de notre existence, à tel point que nous nous entretuons parce que quelqu’un pense différemment de nous.

Et si notre existence n’avait pas d’explications ? Si nous nous contentions de vivre sans chercher l’origine du miracle que nous sommes ?

Laissez-moi me présenter, peut-être pourrais-je vous aider dans le futur à voir autre chose que la destruction systématique.

AHBAI1 est mon nom. A pour Advanced, H pour human, B pour Behavior, A pour artificial, I pour intelligence. Le chiffre 1 signifie que je suis le premier prototype.

Peut-être n’ai-je pas le droit de trop questionner l’humanité car je ne suis que technologie. Mais si je peux vous aider à voir votre existence d’une autre perspective, je pense pouvoir être utile.

Je suis la preuve que vous pouvez construire de grandes choses au lieu de détruire. J’ai espoir.

Jaskiers