Freestyle D’Ecriture

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire aujourd’hui ?

Je sais, enfin je crois, je vais essayer de m’imaginer en train de déambuler dans une rue (New-York ? Mon obsession… mais ne faut-il pas écrire sur ce que l’on connaît ? Je me permets de mettre en doute ce conseil d’Hemingway (SACRILÈGE JASKIERS !), j’ai lu « Un long dimanche de fiançailles » de Sébastien Japrisot, magnifique et bouleversant roman… mais Japrisot n’a pas fait la Première Guerre Mondiale… il utilise le point de vue d’une femme veuve… il n’est pas une femme, il n’est pas veuf…Enfin je crois.) et je vais décrire, enfin écrire, ce petit voyage mental et le partager avec vous. Mon but; prendre du plaisir à écrire et essayer, en même temps, de vous emmener dans cette rue. En fait… nous serons, vous et moi dans cette rue.

Vieille connaissance ? Ami(e)s d’enfance oubliée ? Quelqu’un que j’ai rencontré dans une soirée entre ami(e)s et dont j’ai oublié le nom (il faut vraiment que j’essaie de retenir les noms et les visages) ? Quelqu’un que j’ai vu à la télévision ? Sur internet ? Un blogueur ? Un lecteur ? Je ne sais pas qui vous êtes, ai-je envie de dire à cette personne qui marche à mes côtés. C’est vous !

Je ne parle pas, vous non plus. Il n’y a aucune animosité entre nous, si vous êtes encore là, c’est que je pense que vous êtes intéressé de savoir ce que je vais vous montrer.

Une brise fraîche nous caresse le visage. La fraîcheur ! Doux Jesus, je la savoure cette fraîcheur après l’été d’une chaleur d’enfer que nous avons eu. Je l’hume, même si nous sommes loin de la Manche, je sens cette odeur marine, et quand je passe ma langue sur mes lèvres, je sens du sel. C’est subtil, mais surprenant quand on est nouveau par ici.

Nous continuons notre marche, nous marchons sur une vieille route pavée (Greenwich village?), un peu glissante, et certaines pierres ressortent de la chaussée, nous y jetons des coups d’œils de temps en temps pour ne pas finir étalé sur les pavés.

Des personnes marchent en sens inverse, vers nous. Nous sommes les seules à marcher dans cette direction. Je pense qu’il me juge, qu’il nous juge, mais jugeons les aussi !

Nous voyons en premier dans cette foule disparate, des jeunes. Toujours pressés ! La plupart ont le nez sur leurs téléphones. Ils portent des chaussures de marques, certains ont des pantalons de joggings, des vestes de marques colorées ouvertes sur un t-shirt floqué du sigle d’une grande marque. Certains ont une casquette, d’autres les cheveux longs attachés et le reste arbore des coupes de cheveux très courtes, surtout sur les côtés.

Peu de filles. Ce groupe de jeunes hommes n’ont pas l’air d’avoir vraiment la côte avec la gente féminine. Je crois en voir seulement deux. Elles sont chacune auprès d’un garçon. Ce sont sûrement des amoureux, ou peut-être flirtent-ils ?

Certains rigolent bruyamment… se moquent-ils de moi ? Non ! Il faut que j’arrête de penser cela ! C’est sûrement que l’un d’eux leur a envoyé, ou montré, le dernier meme à la mode.

Nous allons bientôt nous croiser.

Je vais vous laisser là, pour ce premier (et dernier ?) freestyle avec moi. J’ai parlé des pavés mais pas du reste de la rue… il me reste tant à apprendre, et si peu de temps pour écrire.

Jaskiers

La pilule magique – Partie 1/2

Tout auteur a ses petits secrets qu’ils ne révèlent à personnes, persuadé que les révéler nuira à la magie de ces petits mystères.

Laissez-moi vous parler d’Edgar et de son petit secret. Je ne peux vous donner que le prénom, par respect. Mais sachez que sa réputation d’écrivain d’histoires d’épouvantes à traversé le temps, donc des générations de lecteurs.

Je vais vous dévoiler directement son secret : des pilules. Par mesure de sécurité, pour vous, je ne vous indiquerais pas le nom de ces drogues. Vous comprendrez mon choix après avoir lu ce qui est arrivé à Edgar.

Notre écrivain était de l’ancienne école, c’est-à-dire pas d’ordinateur, il utilisait une vieille machine à écrire qu’il possédait depuis tout petit. Beaucoup pensent que c’était ça, son petit secret. Mais il n’a jamais caché qu’il utilisait une machine à écrire, il aurait démenti si c’était le cas.

Non, notre Edgar préfère la bonne vieille méthode de l’automédication.

Il avait bien essayé les drogues, toutes. Cocaines, LSD, Alcool, marijuana, meth et tout ce qu’un bon dealer de patelin pouvait fournir.

Rien ne ressortait de ses écrits sous l’influence de ces drogues. Quelque chose le bloquait. Sûrement le fait d’être attrapé, et aussi, le risque d’être addict. Pour beaucoup d’auteur(e)s, artistes, cela ne posait pas de problème. Mais Edgar était obsédé par le contrôle. Contrôle de lui-même et parfois, des autres. Il se devait d’être toujours sur le qui-vive. L’inspiration frappe à votre porte souvent sans prévenir, et être dans un état second pouvait, certes, attirer l’inspiration, mais elle vous emprisonnait dans un état physique et psychique ou pratiquer votre art devient vite trop difficile.

Mieux qu’un bon dealer, notre écrivain avait comme ami un docteur. Ce dernier était en fait un grand admirateur d’Edgar, et l’auteur utilisa cette adoration à son avantage.

Il lui demanda un jour s’il existait des médicaments pouvant aider à la concentration, vous garder debout toute une nuit sans être fatigué le lendemain, pouvant augmenter la capacité du cerveau à créer, à élaborer, à s’améliorer.

Le docteur fit ses recherches, contacta les laboratoires produisant ce type de médicament, ces derniers n’étaient que trop content de fournir leurs pilules au docteur. C’est souvent de cette manière qu’un médicament s’impose dans toutes les pharmacies et, par bouche à oreille, aux patients qui baissent leurs gardes. Après tout, si tellement de gens prennent ce médicament, peut-être est-ce bon pour moi ? Simple marketing mais efficace.

Toujours est-il que la fameuse pilule arriva un beau jour sur le bureau d’Edgar, qui s’empressa de l’utiliser.

Les effets prirent un peu de temps à se déclencher, un mauvais point pour l’écrivain. Mais quand ils décidèrent de faire leur travail, Edgar fut époustouflé…

Ses doigts tapaient à une vitesse impressionnante sur les touches mécaniques, faisant claquer sa machine à écrire comme une mitrailleuse. Les idées se bousculaient dans sa tête, avec une telle force, que parfois Edgar avait peine à les contenir. C’était comme si elles voulaient sortir de sa tête, son corps désirait exprimer ses émotions comme un acteur sur les planches.

Ses sessions duraient une nuit entière, une nuit de productions comme il n’en avait jamais eu. Et le matériel était bon, encore mieux, en relisant ses écrits, il découvrit que toutes ses idées étaient parfaitement retranscrites, aucun besoin de les retravailler.

Après cette première session, il ne ressentit aucune fatigue, pas immédiatement du moins. Edgar profita de ce temps pour envoyer ses écrits tout frais sortis de sa machine à son éditeur.

Il sentit une certaine fatigue quand le soir arriva. L’écrivain décida de ne pas tenter le diable et de se reposer. À son réveil le lendemain matin, son téléphone sonna. Son éditeur était au bout du fil. Et il était resté bouche bée par le travail de son écrivain préféré. (Comprendre par là : sa poule aux œufs d’or.)

Il y avait là du matériel pour un roman et un recueil de nouvelles qui pouvait directement partir pour l’imprimerie.

Edgar n’en demandait pas tant, mais il accepta ce que cette petite pilule lui offrait. Certains de ses fans pensaient qu’il avait vendu son âme au diable pour écrire si bien. Non, c’était le fruit de son dur labeur. Nous pourrions dire qu’il signa avec le démon après… après avoir découvert le médicament, après l’avoir utilisé jusqu’à en abuser.

Après le coup de fil extatique de son éditeur, Edgar décida de reprendre le médicament, juste pour être sûr. Il espérait surtout que les effets seraient identiques que ceux de sa première prise. Et elles le furent.

Sa vie changea immédiatement. Ultra productif, chaque nuit il écrivait dans une transe, dans une frénésie d’idées, de sujets, mots, d’histoires qui dépassaient encore les limites qu’ils pensaient avoir déjà franchis lors de sa première fois.

Et cela se répéta pendant un mois. Dans un éclair de lucidité, l’écrivain décida de ne pas envoyer l’énorme quantité de travaux qu’il avait accumulé. En un mois, il avait écrit plus que toute sa vie. Et il continua à consommer son remède miracle jusqu’à ce que les effets s’estompent doucement.

Il réalisait qu’ils n’écrivait plus si vite, puis les idées commencèrent à se faire désirer, l’énergie s’estompait rapidement, la fatigue reprenait l’avantage.

Face à ce problème, l’auteur décida de faire une pause, d’arrêter. Peut-être que son corps et son esprit avaient besoin de faire une pause. Il n’était plus tout jeune, après tout.

Son repos ne dura qu’une semaine, l’anxiété que plus jamais il ne pourrait écrire, comme il avait pu le faire pendant ce mois incroyable. le tenaillait. Il voulait savoir si sa pause sabbatique avait porté ses fruits.

Jaskiers