Les lumières, entre autres chose.

Un taux d’alcool qui pourrait rendre n’importe quels parents malades d’inquiétudes, le jeune homme brun danse au milieu de la piste de dance de la boîte de nuit.

Il ne sait pas si l’on peut qualifier de danse ses enchaînements de mouvements erratiques et parfois amples, bousculant les autres danseurs et ses ami(e)s, mais il s’en fiche.

C’était le samedi soir, enfin, il pouvait être lui-même ; saoul, avec quelques amis et avec des filles. Toute la semaine, il n’attendait que ce jour. Ce pouvait aussi être le vendredi, tout cela dépendait des plans de ses copains. Rarement, mais cela s’était déjà produit, le week-end festif commençait le vendredi, et finissait le dimanche avec une gueule de bois à rendre jaloux un bûcheron.

L’alcool jouait un rôle important dans sa vie sociale. Il joue un rôle important dans la vie sociale française. Sa première cuite, il la eut à 12 ans, après avoir bu de la bière aux 18 ans de son frère. Une cuite accidentelle. Son grand frère et ses amis lui avaient fait croire que les bières étaient sans alcool. Il trouva le goût de la bière étrange, pas vraiment mauvaise mais loin de l’idée qu’il s’en était faite. Pas vraiment sucrée, un goût étrange et cette sensation légèrement amère qu’elle laissait sur le palais l’avait surpris. Mais pour faire comme les grands, il avait enchaîné. La deuxième bière fut plus douce à passer, la troisième aussi, la quatrième lui donna des vertiges. Mais il n’était pas saoul. Il se rappelait avoir vomi une fois de retour à la maison. Il eut le droit à une petite leçon de morale de la part de sa mère. Il avait beau blâmer son frère et ses amis, sa matriarche en avait profité pour lui montrer les conséquences de l’abus d’alcool.

Ça deuxième cuite, la vraie, la volontaire, c’était au 14 juillet de son village, à 16 ans.

Créchant chez un ami dont les parents étaient absents, ils se réunirent entre eux, avec de l’argent de poche ou volé aux parents, achetèrent sans problème quelques bouteilles de vin rouge et de whisky au Carrefour du coin. Il était évidemment interdit de vendre de l’alcool aux mineurs, mais il fallait attendre l’amie caissière qui y travaillait, ne faire rentrer que deux des leurs, ceux qui avaient l’air les plus vieux, et le tour était joué.

L’achat se fit la veille du jour de fête nationale. Il leur fallut un certain self-control pour ne pas entamer l’alcool immédiatement. Mais le lendemain, ils ne se firent pas prier.

Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils buvaient de l’alcool. L’euphorie s’empara de certains, qu’il fallait calmer, il n’était même pas midi.

Après avoir mangé une bonne plâtrée de pâtes engouffrée en une poignée de minutes, le groupe se dirigea vers la mairie, attenante à la salle des fêtes où le bal des pompiers allait se dérouler après le feu d’artifice.

Cette fois, notre sujet ressentit l’euphorie, la soûlerie, celle qui vous fait oublier vos problèmes et vous rends confiant, beaucoup trop, surtout pour lui qui en manquait beaucoup.

Pendant 6 ans, l’alcool allait être synonyme de vie sociale, d’amitié et d’amour. Impossible de sortir entre amis sans boire. D’ailleurs, aucun de ses amis ne sortaient sans être sûr pouvoir se saouler.

Le temps a passé maintenant. Plus d’alcool, plus de fête, plus de vie sociale comme avant. Des amis morts sur la route, d’autre de cancer.

Mais aujourd’hui, quand il regarde en arrière, il se dit qu’il a profité de sa jeunesse. Ceux partis, beaucoup trop tôt, leurs souvenirs, il ne sait pas vraiment comment penser à eux. Tous ces souvenirs, ses conneries faites sous l’influence de l’alcool et parfois de la marijuana, ces souvenirs d’écoles aussi, il ne sait pas quoi en faire.

C’est pour cela qu’il a écrit ce texte. Pour eux, car il aurait pu être l’un d’eux, et parfois, il regrette de n’être pas parti à la place de ceux partis trop tôt.

Jaskiers

C’est simple, je n’aime rien, sauf moi-même, et encore… pas sûr. (Article personnel)

J’aime pas Noël. J’aime pas le jour de l’An. J’aime pas les obligations sociales, les pressions qui amènent ses fêtes de fin d’année m’emplissent d’anxiété.

J’ai passé trop de Noël seul, quand quelqu’un n’est plus là, à disparu, cela mine ces moments censés être de joie. Mais même, trop de gens, pas assez, je ne suis jamais content. Je crois n’aimer que ma seule compagnie, et celle d’une poignée de proches.

Je n’ai jamais eu de grande famille, enfin si, mais maintenant je suis adulte et je n’ai plus envie de côtoyer cette petite foule d’hypocrites (juste pour certains, pas tous, évidement). Et d’ailleurs, ma famille ne se parle plus. Pour quelle raison ? Il y en a beaucoup. Je ne parle qu’à deux personnes dans un seul côté de la famille où l’argent, et pourtant il n’y en a pas beaucoup, a gâché les relations.

Les jours de l’An, les vrais, j’en garde des souvenirs mitigés. Ces fêtes se déroulent le plus souvent entre ami(e)s. Et entre nous, cette fête était l’excuse, encore une si besoin est, de nous saouler.

J’ai vu des ami(e)s vomir, faire des comas éthyliques, des bagarres et disputes, s’endormir dans leurs vomis… nous pratiquions le Binge Drinking, anglicisme à la mode pour simplement dire : boire pour l’ivresse, à l’extrême. Mais entre-nous, je ne connais personne qui boive juste pour… j’en sais rien, déguster ? Arrêter de vous mentir, l’alcool c’est pas si bon. On boit pour être saoul. Pourvu que l’on est l’ivresse ! Il faut bien s’évader de se present anxiogène.

Vous avez les occasionnelles personnes qui me feraient mentir, elles ne boivent que quelques verres et puis s’arrête… de l’alcool gâché de mon point de vue. On boit pour se désinhiber, non ?

Je rêve parfois que je bois en faisant la fête, et je commence à angoisser à la perspective de la gueule de bois qui attendra sagement de me cueillir le lendemain.

Combien ça fait d’années que je n’ai pas bu… 5 ans ? Et encore, ce n’était peut-être qu’un seul verre entre amis, ceux qui me restaient avant que je déménage. Un seul verre donc, de l’alcool gâché. Un verre en appel un autre. Non, je ne comprends plus l’alcool.

La dernière fois que j’ai été saoul, cela doit remonter à 8-9 ans.

Le temps passe vite. Très vite. L’alcool ne me manque pas, ne m’a jamais manqué. J’avoue que les gueules de bois carabinées et affreuses en sont la principale raison. L’horreur que sont les lendemains de cuites. La bouche en miette, la gorge qui brûle, l’insatiable soif (déshydratation), le mal de crâne terrible (encore la déshydratations, l’alcool déshydrate), la nausée qui ne vous lâchera pas tant que vous ne vomirez pas, la lumière qui brûle les yeux, ne pas savoir si vous avez faim ou si c’est l’envie de vomir qui vous travaille. Les mains qui font mal, le bout des doigts qui piquent, des douleurs à cause de blessures que vous vous êtes infligées, sans vous en rappelez parfois, font leurs apparitions. La fatigue, vous avez beau dormir, essayez de dormir plutôt, cela n’arrange rien.

C’était terrible pour mon corps, sûrement aussi pour mon esprit, c’était insupportable. J’étais encore jeune, entre 18 et 21 ans, mais déjà mon corps criait pitié. Je n’ose même pas voir ce que me réserverait une gueule de bois à 29 ans… (enfin bientôt 30, Jaskiers, assumes, tu arrives vers la trentaine dangereusement… qui aurais pensé que tu vivrait si vieux ? Sûrement pas toi. Au fond de toi, tu es déçu car tu n’as toujours pas réussi ta vie. Mais gardes ça pour tes séances chez la psy.)

Article étrange et brouillon n’est-ce pas ? C’est peut-être à l’image de ma vie actuelle.

Brutale réalisation que l’âge vous apporte. Les personnes qui sont censées vous aimer inconditionnellement se révèlent au grand jour, personne ne me doit rien. Et vice-versa. Étrange fin d’article pour une étrange tranche de vie qui dure depuis trop longtemps. Essayons de penser positif, juste une fois, pour voir. Ne pas nourrir la bête assoiffée de négativité qui sommeil en nous, et qui, tapie, discrète, se nourrie de chaque petits morceaux de négatif jusqu’à en vouloir toujours plus. Essayons de nourrir notre être de positivité. De peur de devenir, de rester, asservie, par la bête.

Jaskiers

Un homme portant un chapeau, c’est toujours suspicieux – Partie 2/2

Par exemple, il pouvait rester des heures, pas des minutes, mais des heures entières à faire face à notre bâtiment, se tenant debout et sans bouger sur le trottoir d’en face.

Nous avons fait passer une lettre faisant grief de nos inquiétudes au syndicat de l’immeuble. On nous répondit qu’il n’y avait rien à faire, si quelqu’un avait envie de rester à faire le piquet devant nos appartements pendant des heures, rien ne pouvait l’empêcher, il ne violait aucune loi. Certes, ce comportement était porteur d’anxiété chez beaucoup d’entre nous, mais l’homme n’était pas dangereux. Et c’est tout.

Cela dura pendant deux longs mois. Presque tous les jours, l’homme au chapeau restait parfois quatre heures, qu’il pleuve, neige ou vente, il était là, fidèle à son poste.

Ceux qui avaient des enfants ont décidé de le confronter. Il ne réagissait pas, ni aux insultes, ni aux menaces. Par contre, ceux qui avaient oser lui demander des comptes finirent par recevoir une visite de la police.

Et des menaces d’assignations en justice si les menaces venaient à se reproduire.

Après trois mois, nous nous étions plus ou moins habitués, il était devenu comme une statue qui perd de sa magie à force de la regarder. Un pot de fleurs.

Jusqu’au jour où il s’évapora, aussi rapidement que quand il avait emménagé.

Pendant quelques jours, l’homme au chapeau n’était plus sur son trottoir. Puis deux semaines passèrent. Nous réalisâmes que l’étranger n’habitait plus l’appartement. Nous ne le croisions plus nulle part.

Des locataires intéressés par l’appartement laissé vacant venaient le visiter, y emménageaient pendant quelques semaines pour repartir sans nous l’annoncer.

Quelque chose changeait quand les locataires passaient leurs premières nuits dans leur nouveaux chez eux. Nous pouvions entendre leurs disputes, des cris, des bagarres, des choses se briser. Leurs visages devenaient fatigués, creusés par des soucis qu’ils ne semblaient pas avoir avant d’emménager. Leurs comportements devenaient vraiment inquiétants. Ils se montraient irrespectueux, nous insultant, parfois violents, nous retrouvions nos boîtes aux lettres défoncées, nos portes taguées d’obscénités, et cela pouvait tourner à l’affrontement physique. Surtout quand des parents s’en mêlaient.

Soit ils finissaient par être expulsés à cause de nos plaintes, soit ils déménageaient sans demander leur dû, du jour au lendemain.

Aujourd’hui, nous sommes angoissés à chaque nouveau locataire. Et nous sommes persuadés que l’homme au chapeau a quelque chose à voir avec tout ceci.

Le plus étrange ? Il semble que les locataires semblent avoir oublié l’homme au chapeau. De plus en plus disent ne pas savoir de quoi l’on parle quand on évoque cette personne… bientôt, je serais le seul à me rappeler de lui, jusqu’à ce que, peut-être, un jour, moi aussi, je l’oublie.

(À suivre ?)

Jaskiers