Et si tout ça n’était pas réel ? (Hommage à Philip K. Dick et son Exégèse)

(Merci de prendre ce texte avec des pincettes, voir le titre de l’article et la vidéo qui vous attend à la fin.)

Bonjour, c’est moi. De retour, ou pas…

Il n’y a pas de retour dans un monde qui n’existe peut-être pas.

Je n’existe pas, ou peu. Vous non plus.

Vous lirez ce texte peut-être pour la centième fois. Pour la centième fois, vous vous plaindrez encore des fautes d’orthographe. Mais laissez-moi vous dire, il n’y a pas de règles. Rien de tout cela n’est vrai. Tout est un éternel recommencement.

La réalité, il faut en parler, car elle n’existe pas. Je le refuse.

Quand des gamins reçoivent des missiles sur la tête au lieu de la remplir de doux contes laissés par leurs sages aînés, je refuse cette réalité.

Je refuse, j’ai honte, d’être née dans un pays « libre », car cela veut dire qu’il y a des pays qui empêchent un être humain d’être lui-même.

Ce monde n’existe pas, non.

Écoutons un peu les gnostiques, dont certains sont persuadés que cette planète est une prison.

Et que dire de certains scientifiques de physique quantique, qui ont émis l’hypothèse que la mort, étant incompréhensible pour notre nature, notre cerveau nous ferait « sauter » de dimension à chaque fois que nous mourrons. C’est-à-dire : vous mourrez dans une dimension, mais vous êtes « transporté » automatiquement (comment ? Je ne sais pas, allez le leur demander à ces physiciens quantiques) dans une autre dimension, celle où vous ne mourrez pas, ou vous aurez juste le souvenir d’avoir frôlé la Grande Faucheuse.

Si la vie sur cette planète est éternelle, autant donner raison à ces gnostiques. Nous sommes des prisonniers.

La mort, c’est quoi au final ? Tout dépend de vos croyances. Mais arrêtez de vous mentir à vous-même, croyant ou non, au plus profond de vous, vous espérez qu’il y aura quelque chose après. Le Paradis, un Purgatoire, le Cosmos, Dieu(x), vos proches disparus, quelque chose d’autre, ce que vous voulez, désirez ardemment.

Si vous réalisiez que la réincarnation était réelle, résigneriez-vous pour une nouvelle vie ?

(I don’t wanna be buried, in the Pet Semetary/ I don’t wanna live my Life again – Ramones)

Et si tout ça était un long rêve… ou plutôt un cauchemar. Tout est possible. C’est ça qui est terrifiant, car nous n’avons aucunes réponses à toutes ces questions.

Dans la culture des Natifs (Indiens) Américains, les extraterrestres sont à l’origine de la vie sur Terre. Leurs ancêtres ont peint sur les roches des canyons à quoi ressemblait ces Aliens, ces messagers, il y a de ça des milliers d’années…

Peut-être sommes-nous les rejetés d’une civilisation avancée qui a décidé de se débarrasser de leurs éléments les plus problématiques sur une planète parfaitement viable à la vie humaine. Et nous leur prouverions que oui, nous ne méritons pas de vivre dans l’harmonie, car nous ne créons que Chaos.

Ou sommes-nous seulement dans une simulation, dans l’ordinateur de notre créateur. Toute notre vie est déjà décidée, chaque parole émises prévues, chaque mouvement programmé, chaque pensée une illusion d’un libre arbitre qui n’est qu’un code binaire (ou autre, je n’en sais rien, je ne suis pas ingénieur informaticien non plus).

À quoi rime la vie, au final ? Mangez, boire, dormir, travailler, faire l’amour (et/ou), la guerre, déféquer et puis ?

La vie est un éternel recommencement car nous tournons en rond, en pensant que nous allons de l’avant, que nous sommes des inventeurs, des génies, que le futur est pour nous. Mais non, car l’Histoire se répète, un recommencement incessant, nous ne sommes qu’un rouage, un tout petit, dans l’immense connerie de l’Humanité.

Création de machines de mort, engins de malheurs, mécaniques de la torture physique et psychique, abrutissement, dépersonnalisation..,

Combien d’innocents sont morts sous les bombes depuis que vous lisez ce texte ? Quelques minutes avant, ils respiraient, aimaient, se projetaient, pensaient, espéraient et puis, plus rien.

La vie est-elle fragile ou futile ? Pour certains, elle n’est rien, car ils ne se à risquent rien. Ils préfèrent le Statu Quo, car, faire bouger les lignes, c’est risquer de perdre.

Et si les Dieux de toutes les religions existaient vraiment ? Et si ces êtres extraordinaires étaient en fait des extraterrestres venus nous montrer un chemin clair à prendre ? Et si tout ce qui nous a été conté sur eux, leur soit-disante lois à suivre, pour une vie éternelle, avaient été détournées par l’Homme pour contrôler ses semblables ? Le message des Dieux ayant disparu, au profit de la mécanique machiavélique de l’Humanité ?

Nous vivons dans les mots d’un écrivain de science fiction. -Philip K. Dick

L’Homme est un loup pour l’Homme. Sommes-nous donc sur cette Terre pour souffrir et faire souffrir l’autre ? Car, de toutes les sensations que nous avons ressenties dans nos vies jusqu’ici, je parierai que c’est la souffrance qui prédomine.

Le bonheur n’existe pas, ou peu. Et dans notre monde, il faut souffrir, se sacrifier pour l’atteindre (ou le frôler, comme la plupart du temps, en fait). De Facto, le bonheur est un malheur bonifié.

Qui suis-je pour écrire des inepties pareilles ? Qui êtes-vous, vous qui lisez cet article ? Qui sommes-nous pour juger ? Tout le temps, nous sommes dans le jugement, de soi, d’autrui. Nous nous comparons ; « c’est humain ». C’est bien, le jugement, car cela nous fait tourner en rond. Notre spécialité. Un être jugé n’est pas un être qui ne va pas recommencer, seulement, il fera attention de ne pas être vu. Car pas vu, pas jugé. Pas vu, pas pris, n’est-ce pas ?

Admettons-le, nous sommes des Monstres. Ceux sous nos lits n’existent pas, car ces monstres sont SUR le lit, c’est vous et l’autre.

Pendant que des milliardaires font des voyages dans l’Espace, un gamin regarde le ciel, en se demandant quelle étoile lui envoie des obus.

Ce milliardaire a le pouvoir d’arrêter ces « étoiles » de tuer. Mais ce serait trop simple, d’intervenir, de faire parler l’argent, car il est maître ici-bas. La guerre, rien de mieux pour se faire des millions. Trop dangereux d’aider son prochain. Un Homme à terre, on peut l’utiliser, l’user, le manipuler plus facilement qu’un Homme se tenant sur ses deux pieds. D’ailleurs, la tête dans la poussière, il continuera à contribuer à votre richesse. Vous avez gagné le grand jeu de société dans lequel nous vivons. Plus vous pouvez asservir d’Homme, plus riche vous serez. Qu’Ils perdent leur temps à vous faire devenir riche.

Vous devriez regarder l’art produite par les personnes sous psychédéliques. Vous noterez cette sorte de grille, fine, subtile, mais très souvent présente dans ces créations… Est-ce notre cage ?

Qui nous empêche d’en sortir ? Nous-mêmes. La « société ». Sortir de cette matrice, serait, peut-être, échanger un enfer pour un autre, n’est-ce pas ? Mieux vaut un enfer que nous connaissons, qu’un que nous ne connaissons pas…ou bien, c’est derrière cette cage invisible que se situe notre Salut.

Le temps est venu pour vous de retourner à vos occupations, les élucubrations d’un tout nouveau trentenaire perdu, qu’est-ce que c’est emmerdant n’est-ce pas ?

Continuons à creuser nos tombes, chacun de notre côté, en espérant se revoir (ou pas) de l’autre côté.

Si vous pensez que ce monde est mauvais, vous devriez voir les autres – Philip. K. Dick

Conférence hallucinante de Philip K. Dick à Metz en 1977 :

Jaskiers

Des bouteilles et l’irrémédiable (histoire vraie/personnelle)

Un cadavre sur un banc dans le parc du village. Les rumeurs disent que l’homme avait vomi ses tripes, littéralement. Que son ventre était gonflé. La douleur était son masque de mort.

Il était connu pour boire, beaucoup. Mais personne n’a daigné lui en parler, semble-t-il. Le cadavre retrouvé mort sur un vulgaire banc en bois était connu de son vivant comme étant un habitué du bar du bourg.

Il laisse derrière lui une jeune fille. Jeune fille qui avait dû faire face durant sa scolarité, au collège du village, à l’harcèlement sur son physique. En filigrane, des remarques sur l’alcoolisme de son père avaient sûrement dû lui arriver en échos. Car l’alcoolisme, et surtout l’alcoolique, on s’en moque en cachette. Les personnes semblent savoir que le sujet est tabou, ils préfèrent lâcher leurs blagues de mauvais goût dans le dos plutôt qu’en face. Cette jeune fille a sûrement dû souffrir autant des blagues cruelles sur son physique que sur le penchant pour la boisson de son père.

Cette jeune fille l’a-t-elle rejeté, ce père alcoolique ? Sa femme, ou son ex-femme, la mère de la jeune fille, l’a t’elle écartée de lui ? Car il est mort seul. Dans le froid d’une nuit d’automne. On ne peut que tergiverser sur comment il a fini sa vie dans cet endroit. Sentait-il que la fin approchait ? Que son corps refusait de subir cette torture ? Dans son agonie supposée, pourquoi avoir choisi le parc de la commune pour dernière demeure ? Une réponse simple, la maison où sa fille vivait n’était pas loin.

Personne ne sait vraiment qui l’a trouvé. La gendarmerie, la plus proche, c’est-à-dire a une bonne vingtaine de kilomètres du village, est venue et a constaté le décès. Enfin, c’est la rumeur qui rapportait ça.

C’est une chose d’avoir un proche alcoolique. Une autre d’avoir un proche alcoolique dans un petit village où tout le monde se connaît.

L’hypocrisie des villageois est déroutante.

« Ça allait mal finir, on le savait de toutes façons.

J’avais de la peine pour lui, et sa gamine.

Il était gentil, même avec un coup dans le nez. »

Une question me saute à la gorge à chaque fois que je me rappelle les mots de ces gens : si vous étiez persuadés que sa consommation d’alcool était excessive, pourquoi n’avez vous rien fait ?

Dans un village, on ne se mêle pas des problèmes des autres, on écoute, on plaint un peu l’autre en face. Mais surtout, on s’en remet aux copains pour en rire. Mais on ne fait rien. On s’occupe de ses propres problèmes.

Les amis de cet homme mort n’étaient pas les personnes qui allaient l’aider, ils étaient eux aussi des piliers de comptoir.

Le barman du village afficha au moins deux photos de ces malades alcooliques sur le comptoir de son bar, en souvenir.

De mon point de vue, cela est plus qu’irrespectueux. C’est comme si Kalachnikov affichait les photos de toutes les personnes tuées par un AK-47 dans son bureau.

Ce tenancier de bar n’était pas blanc comme neige, de mon point de vue.

Je sais qu’il n’hésitait pas à vendre quelques verres de blanc cassis à mon paternel… bien que mon père était en train de combattre une leucémie.

Il n’y avait pas sa photographie dans le bar à sa mort. Mon père ne l’aimait pas trop, apparement.

Ce bar est maintenant fermé depuis une décennie. Tenir une entreprise dans un village est difficile. Tellement que l’on n’hésite pas à servir de l’alcool à des personnes vulnérables, à des adolescents. Si l’argent rentre, après tout…

Devrais-je mettre les buralistes sur la même balance ? Cela aurait du sens. Mais il y a une différence entre être alcoolique et fumeur. Celle évidente de la proximité d’un barman et de ses clients réguliers. Celle où la consommation de la substance, et l’abus, se voient directement, via le comportement, surtout chez le barman.

Mais à quoi bon écrire là-dessus… l’homme a crevé seul sur un banc, le village a montré son hypocrisie habituelle quand l’alcool tient un rôle majeur.

Dans un village, j’estime que 90 % des adultes boivent régulièrement.

Je le sais, mon père était alcoolique et vivait dans ce village.

Je le sais, pendant 3 ans, tous les week-ends je pratiquais le Binge-Drinking dans ce village.

Je pense écrire sur d’autres drames liés à l’alcoolisme. J’ai été observateur pendant une partie de mon enfance puis acteur les week-ends dans ma vie de jeunes adultes.

Ai-je mentionné que le barman vendait de l’alcool aux mineurs ? Oui. Il vendait aussi des cigarettes… au détail ! Une cigarette = 1 €.

Si jamais la police entrait, il laissait le paquet ouvert sur le comptoir : « J’le laisse ouvert et j’enlève quelques cigarettes. Et s’ils demandent, je leur dis que c’est mon paquet. »

Dire que cet homme était à la crémation de mon père. Qu’il m’a accosté sur le trottoir. J’avais quelques moments auparavant juste placé les cendres de mon père à côté de ceux de mon frère…

Attention, cet homme n’est pas responsable de l’alcoolisme de ses clients. Mais il ajoutait de l’huile sur le feu. Je doute qu’il ait ne serait-ce qu’une once de remords. Il dort la conscience tranquille.

Peut-être pensait-il que c’était de ma faute. Après tout, c’était mon père, j’aurai dû l’aider à arrêter de boire. Mais j’ai essayé, tellement. Jusqu’à me détruire. Jusqu’à me juger responsable de sa mort. Mais plus je pense à cette personne, plus je me remarque que certains hommes sont foncièrement mauvais. L’argent est maître. Je ne l’accuse pas évidemment d’avoir tué ces hommes. Je pose juste la question éthique. Une question de moral, de valeurs.

Je ne sais ce qu’est devenue la jeune fille dont le père mourra seul dans le parc.

J’ai quitté ce village. J’espère qu’elle aussi.

Jaskiers