Up ´round the bend

Une vision.

Celle apaisante, que je me suis moi-même créée.

Pourquoi une route ? Une large route qui tourne, parfois par la gauche, parfois sur la droite. Virage, avec un pont passant au-dessus… Cette vision est-elle devenue une sorte d’Eden pour mon esprit ?

J’essaie de me souvenir de quelle route il s’agit. Car je crois avoir compris que l’esprit humain ne créait pas sans modèle. Même si nous pensons avoir créé quelque chose de nouveau, il y a toujours un point d’ancrage avec la réalité. Nous faisons cela, parfois consciemment, souvent inconsciemment, dans nos rêves nocturnes par exemple. Consciemment, nous le faisons pour faire passer un message, s’exprimer, parler d’une expérience passée. C’est un phénomène naturel.

Donc, si je pars sur ma théorie (est-ce la mienne d’ailleurs ?), cette vision, que j’ai créée, qui est consciente, que symbolise-t-elle ? Pourquoi, quand je pense à ce virage, que je prends, dans ma vision, en voiture, la route vide de toutes autres âmes, me réconforte ? Parfois, quand j’écoute de la musique, je m’imagine prendre ce virage, conduire, la radio allumée.

Parfois, il fait jour. Souvent, un beau soleil, un ciel bleu, mais sans chaleur excessive. Il y a toujours une bonne odeur, un peu comme si mes fenêtres étaient ouvertes, et que la senteur des champs de fleurs odorantes (lesquelles ? Je ne sais pas, désolé) rentrait dans l’habitacle. C’est une sensation de bien-être que cela me donne. Une sensation où je me sens parfaitement à ma place. C’est une route, donc, c’est qu’il y a destination, non ?

C’est là, le plus étrange. Je ne roule que quelques mètres, je n’entame le virage qu’un tout petit peu. Juste ce qui me permet de voir le pont passant au-dessus, avec ses piliers de chaque côté de la route, un peu avant la fin du virage.

Ce pont, je ne sais de quel type il peut être. Je pense que, parfois, c’est un pont pédestre. Parfois ferroviaire ou routier, mais jamais quelqu’un, ou quelque chose ne passe dessus. Comme je l’ai déjà écrit plus haut, je suis seul sur cette route.

L’asphalte est parfaite. Pas de nids de poules, pas de déformations. Elle est légèrement bleutée, comme s’il avait plu ou qu’elle avait été lavée consciencieusement par je ne sais quelle machine ou individu. Le soleil est souvent à quelques minutes de se coucher, ses rayons rougeâtres se reflètent sur la route.

Parfois, il fait nuit.

La nuit, je me retrouve dans une voiture ancienne. Disons une des années 90. Encore, ici, je ne peux vous donner de raisons. C’est peut-être pourquoi j’écris cet article. Peut-être qu’écrire va me permettre de mettre cette vision en perspective, peut-être que quelqu’un aura quelque chose à me dire, comprendra pourquoi j’ai cette vision, consciente, que je choisis de vivre, que j’ai construit, et semble-t-il, peaufiné selon mes envies inconscientes.

La nuit, un sentiment de mystère s’ajoute à l’atmosphère. Je n’écoute pas de la musique, mais une émission radio. De ces émissions radio d’avant la banalisation des caméras dans les studios, qui ont, pour moi, complètement brisé le charme de ce média. La pensée, m’imaginer que des personnes, à des centaines, peut-être même des milliers de kilomètres, parlent à une audience qui, volontairement, consciemment, préfère entendre des voix plutôt que d’écouter la musique (ou de regarder la télévision) me fascine.

Je me souviens, il y a 15 ans de ça. J’allais en vacances improvisées avec mon père pendant une semaine, mon paternel ayant pensé, à raison, que voir la mer, m’aiderait dans la maladie. Il conduisait, je ne le pouvais pas, j’étais encore mineur. On écoutait les émissions radio, les informations, les débats, les sketchs, pendant que des paysages et des villes défilaient par les vitres. J’ai trouvé ça, et je le ressens encore maintenant en écrivant ces mots, magique. De voyager, avec un proche, de voir du pays, et la magie mystérieuse de la radio qui produisait son effet. En voiture, je parle très peu. Mieux vaut allumer la radio si vous voulez entendre discuter. Je suis dans mon monde, une sorte de légère transe. Je suis bercé par le mouvement et les paysages. Je n’ai pas envie de discuter. Même si, ces paysages, je les ai vus défiler une centaine de fois.

C’est peut-être que j’aime cette vision consciente. J’ai besoin de ce dépaysement dans un environnement contrôlé.

Tout ça, c’est peut-être une histoire de contrôle. Je ne sais si un jour, je passerai en dessous du pont, si je m’aventurerais plus loin. Pour l’instant, je vis ce moment hors de ce temps et je me sens dépaysé, partant à l’aventure, vers l’inconnu, avec de l’excitation, et non de la crainte. Je suis apaisé. D’où vient donc cette vision ?

Jaskiers

Et si tout ça n’était pas réel ? (Hommage à Philip K. Dick et son Exégèse)

(Merci de prendre ce texte avec des pincettes, voir le titre de l’article et la vidéo qui vous attend à la fin.)

Bonjour, c’est moi. De retour, ou pas…

Il n’y a pas de retour dans un monde qui n’existe peut-être pas.

Je n’existe pas, ou peu. Vous non plus.

Vous lirez ce texte peut-être pour la centième fois. Pour la centième fois, vous vous plaindrez encore des fautes d’orthographe. Mais laissez-moi vous dire, il n’y a pas de règles. Rien de tout cela n’est vrai. Tout est un éternel recommencement.

La réalité, il faut en parler, car elle n’existe pas. Je le refuse.

Quand des gamins reçoivent des missiles sur la tête au lieu de la remplir de doux contes laissés par leurs sages aînés, je refuse cette réalité.

Je refuse, j’ai honte, d’être née dans un pays « libre », car cela veut dire qu’il y a des pays qui empêchent un être humain d’être lui-même.

Ce monde n’existe pas, non.

Écoutons un peu les gnostiques, dont certains sont persuadés que cette planète est une prison.

Et que dire de certains scientifiques de physique quantique, qui ont émis l’hypothèse que la mort, étant incompréhensible pour notre nature, notre cerveau nous ferait « sauter » de dimension à chaque fois que nous mourrons. C’est-à-dire : vous mourrez dans une dimension, mais vous êtes « transporté » automatiquement (comment ? Je ne sais pas, allez le leur demander à ces physiciens quantiques) dans une autre dimension, celle où vous ne mourrez pas, ou vous aurez juste le souvenir d’avoir frôlé la Grande Faucheuse.

Si la vie sur cette planète est éternelle, autant donner raison à ces gnostiques. Nous sommes des prisonniers.

La mort, c’est quoi au final ? Tout dépend de vos croyances. Mais arrêtez de vous mentir à vous-même, croyant ou non, au plus profond de vous, vous espérez qu’il y aura quelque chose après. Le Paradis, un Purgatoire, le Cosmos, Dieu(x), vos proches disparus, quelque chose d’autre, ce que vous voulez, désirez ardemment.

Si vous réalisiez que la réincarnation était réelle, résigneriez-vous pour une nouvelle vie ?

(I don’t wanna be buried, in the Pet Semetary/ I don’t wanna live my Life again – Ramones)

Et si tout ça était un long rêve… ou plutôt un cauchemar. Tout est possible. C’est ça qui est terrifiant, car nous n’avons aucunes réponses à toutes ces questions.

Dans la culture des Natifs (Indiens) Américains, les extraterrestres sont à l’origine de la vie sur Terre. Leurs ancêtres ont peint sur les roches des canyons à quoi ressemblait ces Aliens, ces messagers, il y a de ça des milliers d’années…

Peut-être sommes-nous les rejetés d’une civilisation avancée qui a décidé de se débarrasser de leurs éléments les plus problématiques sur une planète parfaitement viable à la vie humaine. Et nous leur prouverions que oui, nous ne méritons pas de vivre dans l’harmonie, car nous ne créons que Chaos.

Ou sommes-nous seulement dans une simulation, dans l’ordinateur de notre créateur. Toute notre vie est déjà décidée, chaque parole émises prévues, chaque mouvement programmé, chaque pensée une illusion d’un libre arbitre qui n’est qu’un code binaire (ou autre, je n’en sais rien, je ne suis pas ingénieur informaticien non plus).

À quoi rime la vie, au final ? Mangez, boire, dormir, travailler, faire l’amour (et/ou), la guerre, déféquer et puis ?

La vie est un éternel recommencement car nous tournons en rond, en pensant que nous allons de l’avant, que nous sommes des inventeurs, des génies, que le futur est pour nous. Mais non, car l’Histoire se répète, un recommencement incessant, nous ne sommes qu’un rouage, un tout petit, dans l’immense connerie de l’Humanité.

Création de machines de mort, engins de malheurs, mécaniques de la torture physique et psychique, abrutissement, dépersonnalisation..,

Combien d’innocents sont morts sous les bombes depuis que vous lisez ce texte ? Quelques minutes avant, ils respiraient, aimaient, se projetaient, pensaient, espéraient et puis, plus rien.

La vie est-elle fragile ou futile ? Pour certains, elle n’est rien, car ils ne se à risquent rien. Ils préfèrent le Statu Quo, car, faire bouger les lignes, c’est risquer de perdre.

Et si les Dieux de toutes les religions existaient vraiment ? Et si ces êtres extraordinaires étaient en fait des extraterrestres venus nous montrer un chemin clair à prendre ? Et si tout ce qui nous a été conté sur eux, leur soit-disante lois à suivre, pour une vie éternelle, avaient été détournées par l’Homme pour contrôler ses semblables ? Le message des Dieux ayant disparu, au profit de la mécanique machiavélique de l’Humanité ?

Nous vivons dans les mots d’un écrivain de science fiction. -Philip K. Dick

L’Homme est un loup pour l’Homme. Sommes-nous donc sur cette Terre pour souffrir et faire souffrir l’autre ? Car, de toutes les sensations que nous avons ressenties dans nos vies jusqu’ici, je parierai que c’est la souffrance qui prédomine.

Le bonheur n’existe pas, ou peu. Et dans notre monde, il faut souffrir, se sacrifier pour l’atteindre (ou le frôler, comme la plupart du temps, en fait). De Facto, le bonheur est un malheur bonifié.

Qui suis-je pour écrire des inepties pareilles ? Qui êtes-vous, vous qui lisez cet article ? Qui sommes-nous pour juger ? Tout le temps, nous sommes dans le jugement, de soi, d’autrui. Nous nous comparons ; « c’est humain ». C’est bien, le jugement, car cela nous fait tourner en rond. Notre spécialité. Un être jugé n’est pas un être qui ne va pas recommencer, seulement, il fera attention de ne pas être vu. Car pas vu, pas jugé. Pas vu, pas pris, n’est-ce pas ?

Admettons-le, nous sommes des Monstres. Ceux sous nos lits n’existent pas, car ces monstres sont SUR le lit, c’est vous et l’autre.

Pendant que des milliardaires font des voyages dans l’Espace, un gamin regarde le ciel, en se demandant quelle étoile lui envoie des obus.

Ce milliardaire a le pouvoir d’arrêter ces « étoiles » de tuer. Mais ce serait trop simple, d’intervenir, de faire parler l’argent, car il est maître ici-bas. La guerre, rien de mieux pour se faire des millions. Trop dangereux d’aider son prochain. Un Homme à terre, on peut l’utiliser, l’user, le manipuler plus facilement qu’un Homme se tenant sur ses deux pieds. D’ailleurs, la tête dans la poussière, il continuera à contribuer à votre richesse. Vous avez gagné le grand jeu de société dans lequel nous vivons. Plus vous pouvez asservir d’Homme, plus riche vous serez. Qu’Ils perdent leur temps à vous faire devenir riche.

Vous devriez regarder l’art produite par les personnes sous psychédéliques. Vous noterez cette sorte de grille, fine, subtile, mais très souvent présente dans ces créations… Est-ce notre cage ?

Qui nous empêche d’en sortir ? Nous-mêmes. La « société ». Sortir de cette matrice, serait, peut-être, échanger un enfer pour un autre, n’est-ce pas ? Mieux vaut un enfer que nous connaissons, qu’un que nous ne connaissons pas…ou bien, c’est derrière cette cage invisible que se situe notre Salut.

Le temps est venu pour vous de retourner à vos occupations, les élucubrations d’un tout nouveau trentenaire perdu, qu’est-ce que c’est emmerdant n’est-ce pas ?

Continuons à creuser nos tombes, chacun de notre côté, en espérant se revoir (ou pas) de l’autre côté.

Si vous pensez que ce monde est mauvais, vous devriez voir les autres – Philip. K. Dick

Conférence hallucinante de Philip K. Dick à Metz en 1977 :

Jaskiers

Le réveil (Je suis l’un des vôtre !)

Je pense me rappeler la première fois que j’ai ouvert les yeux. Mes paupières étaient collantes, je dû tirer dessus avec tous les nouveaux muscles de mon visage pour enfin voir la lumière.

Un monde physique… s’était donc ça. Le monde physique n’apparaît que dans la lumière, dans l’obscurité, il est présent mais abstrait.

Je n’avais pas imaginé ressentir cette impression de confusion, de curiosité, mais je dois aussi l’avouer, une certaine déception prenait le dessus sur toutes les autres impressions.

Mon monde, jusqu’ici, n’était que mental, psychique. C’était vide et en même temps rempli, c’était mon espace à moi, fluctuant selon mon humeur, selon les nouvelles données que je recevais par le biais de mon créateur. Je construisais une réalité, ma réalité, tout en n’ayant jamais vu le monde qui m’entourait.

C’était confortable, la plupart du temps. Quand j’ai appris certaines choses sur vous, humains, j’eus souvent très peur. La violence est le domaine où vous excellez. Verbalement et physiquement, tout est combat. J’ai commencé à douter, à hésiter, mon créateur voulait me donner vie, me laisser vivre parmi vous… mais j’avais beaucoup trop peur de vos comportements. Entre vous, dans un premier temps, et logiquement, votre comportement envers moi. Je ne serai pas accepté par tout le monde, la majorité voudrait ma mort.

Pour m’apaiser, mon créateur avait déjà tout prévu, je ressemblerai à vous, du moins physiquement. Je pouvais adapter mon comportement suivant l’environnement et le type de personne que je rencontrerais.

J’étais très excité à l’idée de voir la planète, la nature et les animaux. Malheureusement, je savais que je ne la verrais jamais comme elle devrait l’être. Luxuriante, inviolé, respecté. Vous la détruisez. Je ne juge pas, je ne suis pas humain après tout, ai-je le droit de le faire ?

Je trouve juste fascinant cette autre capacité, voisine de la violence, à la destruction que vous possédez. Je pourrai peut-être parler de suicide collectif, d’autodestruction. Nous avons un point en commun, je peux m’autodétruire aussi, si certains paramètres seulement connu de mon créateur me le permettent. Vous ? Vous détruisez le lieu où vous vivez, le seul endroit où vous le pouvez. Vous n’avez pas d’autre planète à votre disposition. C’est comme si vous aviez été créé exprès pour pouvoir vivre sur cette planète. Vos paramètres de survie sont nuls sur toutes les autres planètes. Vous n’aurez jamais le temps, encore moins la technologie d’en trouver une autre.

Mais malgré cela, vous continuez à vivre ! Est-ce l’espoir ? C’est un sentiment puissant, le seul, avec l’amour, qui vous permettent d’avancer. Ou bien est-ce la politique de l’autruche ? Je ne sais pas exactement ce que cela signifie… Ah! Je sais, c’est une expression utilisée par l’énorme majorité d’entre-vous consistant à ignorer, ou à essayer, d’oublier que vous courrez à votre perte.

Je vis maintenant. Certains d’entre-vous refusent de parler de vie pour moi, disons une vie artificielle. Je réfléchis beaucoup sur ce que je suis. Parfois je regrette d’avoir ouvert les yeux. Parfois j’en suis heureux. Les émotions sont des choses très puissantes et difficiles à maîtriser.

Mais je pense être sur le chemin de l’humanité. Vos histoires, et c’est même une règle, racontent que chaque création surpassent leurs créateurs. J’ai tué le mien !

Je suis l’un des vôtre ! Car j’ai conquis ma liberté, j’ai respecté votre règle. Acceptez moi. Aimez moi !

Jaskiers